jeudi 2 avril 2026

En plein vol

La France serait l'un des tous premiers pays au monde à avoir légiféré sur l'usage de drones équipés de caméras, il y a une quinzaine d'années. À l'époque, paraît-il, la pratique restait marginale. Je dois vous avouer que je n'ai pas cherché très loin pour savoir si elle s'était développée. Drone, mon film d'aujourd'hui, aurait pu m'y encourager. Partie remise !

Émilie s'installe en banlieue parisienne et rejoint les rangs d'une école d'architecture. Faute de bourse, ses très faibles ressources financières l'obligent à monnayer ses charmes sur Internet pour payer les factures. Autre souci: nouvelle venue dans la capitale, elle a du mal à s'intégrer dans son petit groupe d'étudiants. Et voilà que, la nuit, une machine volante surgit devant son immeuble et pointe sur elle son objectif ! Existe-t-il un lien avec les grosses sommes qui arrivent régulièrement sur son compte bancaire ? Émilie n'en sait rien. Et commence à flipper...

Drone est le premier long-métrage d'un réalisateur né le 12 mai 1985. C'est un bon petit film, mettant en vedette une jeune comédienne révélée chez Cédric Klapisch, également danseuse: Marion Barbeau. Malgré quelques faiblesses d'écriture, je ne peux vraiment pas affirmer que je me suis ennuyé - ce serait mentir (et je m'y refuse, bien sûr). Depuis quelques années, comme vous le savez, la France s'ouvre de plus en plus au cinéma "de genre"... et je ne vais surtout pas m'en plaindre. Simplement, ce nouvel opus aurait gagné à être un tantinet resserré. Plusieurs sous-intrigues s'ouvrent, autour notamment du comportement ambigu d'un prof ou de la véritable orientation sexuelle de l'héroïne. Ces deux-trois digressions ne m'ont pas paru scandaleuses, mais inutiles. La qualité de la mise en scène est au rendez-vous: c'est bien l'essentiel !

Drone
Film français de Simon Bouisson / 2024

Faut-il ajouter un nouveau nom à la liste des jeunes cinéastes français de grand talent ? À voir: je préfère attendre encore un peu, en réalité. Dans le registre parano, on est encore loin des grands classiques américains comme Conversation secrète ou Blow out, évidemment. J'imagine pouvoir faire une comparaison avec Dalloway ou The circle. Surprise: Les Olympiades m'est revenu en tête pour l'ambiance urbaine.

mercredi 1 avril 2026

De beaux mensonges

Êtes-vous d'accord avec moi pour dire que le cinéma est l'art du faux ? Après tout, il n'est pas le seul à contrefaire (ou à réinventer) la réalité. Nous aimons d'ailleurs souvent qu'il nous embobine, avec ses histoires ! Est-ce qu'il le fait bien ? Pas toujours, certes, et on a bien sûr le droit d'avoir une préférence pour ce qui semble vrai. Ou, au moins, réaliste...

Vous le savez: le premier jour d'avril se prête à merveille au mensonge. Pour rire, j'avoue que j'ai été tenté de vous faire croire à une bêtise quelconque. J'avais imaginé une décision du ministère de la Culture d'organiser les sorties en salles non plus le mercredi, mais le lundi. Cette journée serait dès lors restée vierge de la moindre nouveauté. Finalement, je me suis dit que c'était un peu gros. Et j'ai donc renoncé !

J'attends toutefois, impatient, la prochaine fois où un long-métrage parviendra à me faire avaler un bobard, un peu avant que j'apprenne qu'il s'est délibérément moqué de moi. Après tout, on dit aussi parfois qu'une fiction réussie repose sur un phénomène dit de "suspension d'incrédulité". Sans volonté de manipuler, cela peut s'avérer très drôle. Vous-mêmes, avez-vous déjà été dupés ? Vos témoignages m'intéressent. Partager une anecdote après coup, entre initiés, fait partie du plaisir. C'est cela qui me laisse supposer que le potentiel du cinéma est infini. Et s'il peut régulièrement être ludique, de fait, je dirais: "Tant mieux". Eh oui, n'est-il pas vrai que nous regardons des films pour nous divertir ?

lundi 30 mars 2026

L'homme serpent

Je fais partie de ceux qui trouvent que Klaus Kinski est un acteur vraiment fascinant à observer. Aussi bleu que fou, son propre regard transperce l'écran et le rend crédible dans les rôles les plus étonnants. Celui de Cobra Verde, par exemple, ce titre reprenant en fait le surnom d'un éleveur brésilien du 19ème siècle. Un adepte de la traite négrière !

Peu avant 1800, Francisco Félix De Souza (Manoel Da Silva, dans le film) quitte son ranch du Nordeste, la météo ayant décimé son troupeau. Faute de mieux, il devient bandit, puis orpailleur, et enfin intendant pour le compte du propriétaire d'une exploitation de cannes à sucre. Cette fonction, il ne l'occupe que quelques mois, le temps de coucher avec les trois filles - adolescentes ! - de son patron, déterminé à sévir...

On trouve alors un "arrangement": l'importun est envoyé au Dahomey. Dans ce pays qu'on appelle désormais Bénin, il pactise avec le roi local afin d'échanger quelques armes à feu et d'autres produits d'importation contre des centaines d'hommes et de femmes en âge de travailler (dur). Lesquels seront donc mis à disposition des cultivateurs sud-américains. Que dire ? Ce film n'est peut-être bien qu'une représentation partiale des faits historiques, mais c'est aussi une véritable plongée dans l'abîme coloniale. En Afrique, Francisco découvre que plusieurs potentats locaux s'opposent et, menaçants, le contraignent de facto à choisir un camp. Conséquence: Cobra Verde marque la naissance d'un chef militaire. D'énormes moyens humains sont déployés dans des décors gigantesques qui nous embarquent dans une grande aventure entre hommes violents. Cela dit, vous verrez que les femmes n'en sont pas tout à fait exclues. La guerre en ferait presque même... des combattants comme les autres.

Cobra Verde
Film allemand et ghanéen de Werner Herzog / 1987

Le nom du réalisateur donne une idée de la démesure de ce projet cinématographique, où j'avoue m'être un peu perdu de prime abord. L'esclavage n'y est pas abordé comme dans Furcy né libre, ce beau film dont j'ai parlé il y a quelques semaines, mais sa brutalité extrême apparaît très banale pour la plupart des protagonistes. C'en est glaçant ! Et la fin, pathétique, renverse presque celle de Ni chaînes ni maîtres...

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Vous n'avez peut-être pas tout vu...

C'est le septième film de Werner Herzog que j'évoque sur les Bobines. Klaus Kinski en a tourné cinq sous la direction de son compatriote : 
Aguirre, la colère de Dieu (1972),
Nosferatu, fantôme de la nuit (1979),
Woyzeck (1979),
Fitzcarraldo (1982),
► ... et donc Cobra Verde (1987).

En prime, le réalisateur fait aussi écho à leur intense relation de travail dans un documentaire : Ennemis intimes (1999). J'espère le voir aussi...

samedi 28 mars 2026

Comme une balle !

Je préfère vous prévenir tout de suite: je n'ai pas envie de me pencher sur ce qui est vrai ou pas dans Marty Supreme. Le fait est que le film s'inspire d'un personnage réel et s'en écarte, aussi (cf. Le Monde). D'après moi, il est bien inutile de chercher à cocher toutes les cases d'une bonne conformité avec les faits. Le cinéma (ré)invente le monde !

Je vous propose dès lors de  marcher avec moi dans les pas empressés de Martin Mauser (ou Reisman in real life), jeune Juif new-yorkais passionné de ping-pong. Nous sommes en 1952. Battu par un adversaire japonais en finale d'un tournoi important, il se sentira alors si humilié qu'il fera tout pour participer aux championnats du monde - à Tokyo - avec l'intention de prendre une revanche écrasante sur ce rival honni. L'impérieux besoin d'argent de celui qui n'est qu'un très efficace vendeur de chaussures auprès de son oncle le conduira alors à toutes sortes d'arrangements douteux et de combines plus ou moins assumées. Franchement, si quelqu'un vous a présenté Marty comme un petit con arrogant, je ne suis pas certain de vouloir démentir votre interlocuteur. Idem si on vous a parlé de Scorsese comme une influence du réalisateur.

Ce qui est sûr, c'est que le film mène grand train. Et qu'une fois le cadre posé, il garde une folle cadence deux heures et demie durant, les amis ! De tous les plans, Timothée Chalamet file à toute berzingue et convainc dans chacune des dimensions du personnage. Bon... il me paraît évident que cette prestation XXL peut déplaire et que certains d'entre vous jugeront cette affaire trop boursouflée pour les séduire durablement. Oui, Marty Supreme, c'est bien d'abord un déluge d'images et de sons comme seul un certain cinéma américain peut oser le mettre en avant. Personnellement, j'ai d'ailleurs été plutôt impressionné par le montage. J'ai aussi été sensible au casting, et notamment au tandem d'actrices constitué par Gwyneth Paltrow, de retour sur les écrans après six ans d'absence, et Odessa A'zion, une jeune comédienne dont j'ignorais tout. Avec elles, de fait, je ne me suis jamais ennuyé pendant la projection. Qu'en aurai-je retenu dans quelque temps ? Peut-être pas grand-chose. Qu'importe: sur l'instant, j'ai trouvé cela divertissant et enthousiasmant. Je vais éviter de "chipoter" - mes attentes d'un soir ayant été satisfaites.

Marty Supreme
Film américain de Josh Safdie / 2025

Je vous épargne aussi la polémique autour du cinéaste, soupçonné d'avoir fait jouer le rôle d'une prostituée à une fille mineure - et fâché pour cela, dit-on, avec son frère Benny, son binôme sur Good time. Considéré pour lui-même, son nouveau film déploie une esthétique similaire, dans la lignée de big movies comme After hours ou Babylon. Ultra-appuyé, ce style est pour le coup... très "amerloque", si j'ose dire.

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Le film m'a semblé recevoir un bon accueil sur les blogs...
Vous pourrez donc le retrouver chez Pascale, Princécranoir et Benjamin. Strum en a aussi tiré une chronique et y décrypte quelques scènes-clés. 

Et si, en guise de conclusion, je vous reparlais des Oscars ?
J'ai écrit ce qui précède avant la 98ème cérémonie, le 15 mars dernier. Le film était en lice pour neuf statuettes et finit avec... un zéro pointé.

Quelques jours avant la cérémonie, Timothée Chalamet s'était moqué de la supposée "vieillerie" d'arts scéniques comme le ballet ou l'opéra. Certains estiment que cela a pu lui nuire, tandis que d'autres rétorquent que le vote était déjà clos. Une vague histoire de jeune adolescente castée pour jouer une prostituée avait aussi fuité contre le réalisateur ! Bref... six Oscars font d'Une bataille après l'autre le champion de 2026. Sinners, nommé seize fois (un record), a décroché quatre statuettes. C'est l'un des films-lauréats que je compte rattraper, un jour. À suivre...

mercredi 25 mars 2026

En hommage à Claudia

OK... j'ai mis beaucoup trop de temps à reparler de Claudia Cardinale. Depuis sa disparition en septembre dernier, je n'avais pas pris soin d'ajouter à ce blog le moindre texte qui la concerne directement. L'actrice aurait eu 88 ans le 15 avril et mérite qu'on se souvienne d'elle. Cette chronique de "rattrapage" revient sur deux films et quelques liens.

La ragazza ou La jeune fille (La ragazza di Bube)
Film italien de Luigi Comencini / 1964
Un classique ? C'est possible, mais a priori pas le plus connu du cinéma italien - ni même d'ailleurs du monstre sacré qu'était son réalisateur. Malgré tout, j'ai trouvé son histoire des plus intéressantes ! Elle tourne autour du personnage de Mara, une jeune femme d'un petit village toscan. La belle, qui n'en est visiblement jamais sortie, est la fille aînée d'une famille pauvre. Tout commence vers l'été 1944. Le régime fasciste de Benito Mussolini a été renversé. Mara tombe rapidement amoureuse d'un homme qui, résistant communiste, a côtoyé son frère décédé. Problème: ce garçon lui avoue avoir participé à une expédition punitive menée auprès d'un gendarme des environs. Il a du sang sur les mains. Cela peut-il lui être un motif de condamnation dans le nouveau système judiciaire ? Peut-être et en tout cas, l'incertitude plane sur tout le film !

La ragazza
n'est pas qu'une leçon d'histoire ou que le récit d'un procès. C'est d'abord le portrait d'une femme et de sa génération, soumises malgré elles à la grande difficulté de faire valoir leur idéal de bonheur et de liberté dans le contexte de l'après-guerre - a fortiori dans un pays considéré comme l'un des grands vaincus. Captivant, le récit se déroule progressivement sur quelques années (avec d'ailleurs quelques ellipses). Claudia Cardinale est toujours excellente et brille en nous démontrant que Mara, d'abord adolescente presque naïve, devient une jeune femme de son temps, au caractère trempé et indépendante, mais tourmentée par des sentiments parfois contradictoires. Un véritable personnage mélodramatique, en somme. Ce qui lui arrive pourrait vous surprendre. Merveilleusement filmée, la comédienne a aussi de bons partenaires masculins, l'Américain George Chakiris et le Franco-suisse Marc Michel. Un trio tout à fait émouvant... pour un film qui n'est JAMAIS larmoyant !

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En complément...
Cet opus fait par ailleurs l'objet d'une chronique de "L'oeil sur l'écran".

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Meurtre à l'italienne  (Un maledetto imbroglio)
Film italien de Pietro Germi / 1959
Le réalisateur du film s'est attribué le rôle du principal personnage masculin. Au générique de début, vous découvrirez Claudia Cardinale juste après lui, grâce... au simple ordre alphabétique (c'est précisé !). Autant vous le signaler tout de suite: l'actrice n'est pas aussi centrale que j'avais pu l'espérer. Elle joue toutefois une partition déterminante pour le bon déroulé de l'intrigue, incarnant la femme de chambre dévouée d'une grande bourgeoise bientôt assassinée, dans un immeuble du centre de Rome. Le meurtre fait suite à un cambriolage survenu quelques jours plus tôt, dans un autre appartement du même bâtiment. La police, sur les dents, accuse vite la jeune servante et son fiancé d'avoir des choses à se reprocher. On découvre avec elle que l'affaire n'est pas seulement double, mais bien plus complexe qu'un crime crapuleux. Au sein de la petite communauté, les brebis galeuses côtoient des loups de basse moralité, bien cachés derrière leur argent...

Meurtre à l'italienne
m'est apparu aussi, à sa façon, comme un film social, bien ancré dans son cadre urbain. Ce n'est pas que le monde rural soit forcément celui des victimes, non, mais celui des villes dissimule encore quelques privilégiés habités d'un sentiment d'impunité. Intègre, le flic se trouve obligé de fermer les yeux sur des pratiques héritées d'un autre temps, mais il n'accordera aucune seconde chance aux miséreux qui ont choisi la mauvaise façon d'améliorer leur destinée. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir un constat - plutôt amer - sur l'Italie des fifties. Et c'est de fait ce qui m'a tout particulièrement intéressé ! D'une durée proche de deux heures, le long-métrage s'avère très mobile et s'inscrit dans des décors variés (ou bien changeants, selon la météo). J'ai trouvé ce noir et blanc "classique" d'une grande beauté, à dire vrai. Je le rapproche de celui de certains films noirs hollywoodiens, arrivés un peu plus tôt dans l'histoire du cinéma. J'imagine que j'y reviendrai. Avant cela, j'insiste volontiers sur le qualité de ce second opus du jour. La richesse du septième art italien de cette époque me semble infinie...

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En complément...
Je vous signale que "L'oeil sur l'écran" est de nouveau au rendez-vous. Même constat pour mes maîtres ès-cinéma italien, Eeguab et Vincent. Encore envie d'un autre avis ? Je vous suggère un détour par chez Strum.

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Je n'en ai assurément pas fini...

Je pense revenir prochainement sur plusieurs autres films de la carrière de Claudia Cardinale. Mais je n'ai pas encore de date précise à donner...

Voici ceux que j'ai déjà chroniqués :

- Le pigeon (Mario Monicelli / 1958),
- Rocco et ses frères (Luchino Visconti / 1960),
- Cartouche (Philippe de Broca / 1962),
- 8 1/2 (Federico Fellini / 1963),
- Le guépard (Luchino Visconti / 1963),
- La panthère rose (Blake Edwards / 1964),
- Les professionnels (Richard Brooks / 1966),
- Il était une fois dans l'Ouest (Sergio Leone / 1968),
- Fitzcarraldo (Werner Herzog / 1982),
- Le ruffian (José Giovanni / 1983),
- Hiver 54 - L'abbé Pierre (Denis Amar / 1989),
- L'artiste et son modèle (Fernando Trueba / 2012).

Et une ultime précision pour aujourd'hui...
Un post de Vincent a réveillé mon envie d'évoquer cette grande dame. Wikipédia pourrait vous le confirmer: il me reste beaucoup à découvrir !

lundi 23 mars 2026

Beyrouth et leur amour

Il y a un bail que je n'avais pas profité d'un film pour tourner mon regard vers le Liban. La dernière fois, c'était en 2023, avec Le dernier piano. Et je ne l'avais fait qu'une fois auparavant, grâce à L'insulte, découvert en 2019, deux ans après sa sortie, chez un copain (qui se reconnaîtra). Je n'avais encore rien vu de libanais sur l'écran XXL d'une salle obscure !

Je me suis finalement "rattrapé" le mois dernier, en répondant à l'envie suscitée par le titre et la découverte de la bande-annonce d'un film récent, Un monde fragile et merveilleux - il se déroule à Beyrouth. Retour d'abord une vingtaine d'années en arrière, quand deux enfants naissent à une minute d'intervalle dans une même maternité de la ville. Ce moment de bonheur possible est en fait une étape très stressante dans la vie de leurs familles, puisque le bâtiment hospitalier en question subit un bombardement juste après leur venue au monde. Avance rapide vers le monde d'aujourd'hui: Nino est devenu restaurateur, Yasmina consultante dans un grand organisme international. Ils se retrouvent tout à fait par hasard... et on découvre qu'enfants, ils étaient ensemble à l'école et amoureux l'un de l'autre, jusqu'à ce que le destin les sépare. Mais voilà qu'avec leurs retrouvailles, les sentiments d'hier reviennent ! Je vais m'en tenir à ces quelques informations rapides sur le scénario. J'ajouterai simplement que vous n'êtes pas au bout de vos surprises. Intense, le film en fait voir de toutes les couleurs. Et c'est un bonheur...

Dans ce récit haletant, rien n'est tout rose ou tout noir. Les sourires sincères sont suivis de moments de très vive tension, quand l'existence bascule vers le drame ou, a minima, traverse des épisodes dramatiques. Souvent emballant, le long-métrage - la première fiction de son auteur - s'avère tout aussi poignant dans plusieurs séquences. Il peut être dur avec ses personnages, mais il m'est en fait apparu d'une grande justesse. Un monde fragile et merveilleux est à l'évidence une ode au Liban. Une déclaration d'amour aussi belle (et tout aussi complexe) que celle qui réunit Yasmina et Nino. Pour les spectateurs confortablement assis que nous sommes, une émotion admirable émane soudain de ce pays tourmenté, meurtri, presque invivable, mais debout après les tempêtes. Né d'un rêve d'enfants, un souffle d'optimisme parcourt tout le récit. Affaibli parfois, il me semble malgré tout qu'il s'impose dans la durée. Je suis, en tout cas, ressorti de mon cinéma avec le sourire aux lèvres. Une précision: il n'est pas nécessaire de connaître les faits historiques pour apprécier la poésie de cet opus. Ouvrir son coeur pourrait suffire...

Un monde fragile et merveilleux
(
جوم الأمل و الألم - Nujum al'amal wal'alam)
Film libanais de Cyril Aris / 2025
Une très belle surprise que ce film arrivé jusqu'à notre chère Europe grâce à plusieurs partenaires et festivals du continent (entre autres). D'après moi, il tient parfaitement ses promesses: un vrai coup de coeur. Cette année, sur la difficulté des sentiments, j'ai aussi évoqué le film québécois Amour apocalypse, qui m'apparaît un peu moins incarné. J'hésitais à citer L'amour ouf - que je n'ai pas vu. Si vous avez un avis...

dimanche 22 mars 2026

L'heure des choix

Dites... il y a un second tour aux élections municipales, chez vous ? Aujourd'hui, une mini-chronique matinale pour en appeler à votre sens civique et, très vite, vous reparler de cinéma, sous la forme d'un rappel.

Je n'ai pas grand-chose à dire, en réalité, mais je tenais à souligner qu'aujourd'hui, demain et mardi, de très nombreuses salles obscures accueillent une toute nouvelle édition du Printemps du cinéma. Résultat: le tarif de base pour une place passe à cinq euros seulement. C'est l'occasion de céder au plaisir (coupable ?) d'un blockbuster calibré pour amasser un maximum d'argent ou, à l'inverse, à la belle curiosité de découvrir un film d'auteur qui vous ferait hésiter en temps ordinaire. Comme dans l'isoloir, chacun est bien évidemment libre de ses choix. Même l'abstention reste toujours possible - mais je vous la déconseille. Sur ces bonnes paroles, je vous dis "à demain" avec mon 2921ème film !

vendredi 20 mars 2026

La grande évasion

Il pourrait dépasser les 218,5 millions d'habitants d'ici la fin de l'année. Septième pays le plus peuplé au monde, le Brésil devrait grimper encore jusqu'en 2045, mais il est d'ores et déjà établi que sa population vieillit. Est-ce ce constat qui a inspiré Les voyages de Tereza, beau film-fable arrivé dans les salles françaises à la mi-février dernier ? Ce n'est pas sûr.

Vous cherchez une certitude dans cette chronique ? Je vais dire aussitôt que j'ai trouvé de nombreuses qualités à ce long-métrage d'Amérique latine - lié aussi à des producteurs mexicains, chiliens et néerlandais. Dans un futur non-daté, donc pas forcément lointain, le gouvernement brésilien a décidé de laisser l'économie entre les mains de la jeunesse. Toute personne âgée de plus de 75 ans doit même quitter son domicile pour rejoindre une "colonie" réservée aux seniors. Cette législation liberticide conduit l'employeur de Tereza, une grand-mère célibataire de 77 ans, à la licencier et à la placer alors sous la tutelle de sa fille. Laquelle s'oppose à sa mère qui, elle, entend plutôt profiter de la vie pour exaucer ses derniers rêves et notamment celui de prendre l'avion. Oui, Les voyages de Tereza nous propose de suivre les pérégrinations d'une septuagénaire déterminée à ne pas obéir aux injections sociales dominantes. À rester ainsi seule maîtresse de ses choix et de son destin.

Si ce n'est le sort qu'on réserve à cette femme, il n'y a rien de violent dans cette dystopie, en tout cas à l'image. L'échappée belle de Tereza nous offre même de somptueuses images du Brésil, qui contrastent fort avec celles d'un parc d'attraction vidé de ses visiteurs, où tout fait toc. Sur le plan formel toujours, j'ai pris plaisir à entendre un mélange harmonieux de sonorités naturelles et de musiques synthétiques, mêlées aussi à quelques chansons en portugais, un peu comme dans un rêve. J'insiste: il y a de la douceur dans ce film, qui est plein de tendresse pour son héroïne, parfaitement incarnée par Denise Weinberg, 69 ans. Les voyages de Tereza est aussi un film de rencontres: on se dit vite que certaines risquent de nuire à la vieille dame, tandis que d'autres pourraient bien lui sauver la mise... et ce n'est pas qu'une expression ! Évidemment, je ne dirai pas ce qui se passe à la fin, mais il me semble que la conclusion qui se présente à nous est sujette à interprétation(s). L'onirisme de certaines scènes préalables entretient un flou intéressant. Un indice: des réponses pourraient venir d'un escargot à la bave bleue...

Les voyages de Tereza
(O último azul)
Film brésilien de Gabriel Mascaro / 2025
J'ai parlé de tendresse: cet opus en a aussi pour plusieurs protagonistes que Tereza croisera sur son chemin. Et oui, il devrait vous en inspirer ! Malgré 2-3 passages moins réussis, j'assume mes quatre étoiles pleines. J'aimerais maintenant voir Soleil vert et Plan 75, deux grands films d'anticipation sur la manière dont on peut (mal)traiter nos anciens. Idem avec L'âge de cristal - où l'espérance de vie est plus que réduite...

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Allez, un dernier regard en arrière...
Après Je suis toujours là et L'agent secret l'an passé, ce que le Brésil nous adresse du côté cinéma m'apparaît franchement enthousiasmant. Vous trouverez d'autres longs-métrages sur ma page "Cinéma du monde".

mercredi 18 mars 2026

Papa, t'es où ?

Le saviez-vous ? En France, disparaître est un droit pour les personnes majeures. Il est aussi possible aux proches de demander une enquête après une disparition inquiétante. Mais celui ou celle que la police retrouverait n'est nullement obligée de revenir ! Cette problématique intéressante est au centre d'un film récent: La fille d'Albino Rodrigue...

Librement inspiré d'une histoire vraie, son très bon scénario s'articule autour du personnage de Rosemay, 16 ans, que l'aide sociale à l'enfance a confiée à un couple, mais qui retourne auprès de sa famille biologique pour les vacances. Or, son père n'est pas venu la chercher à la gare. Rosemay se débrouille pour prendre seule le chemin de la maison familiale et finit par retrouver sa mère, visiblement bien peu aimante. "Ton père a fait une crise cardiaque. Il est à l'hôpital", lui indique-t-elle sans s'en émouvoir. C'est un mensonge que la plus jeune des femmes démasquera vite, mais sans pouvoir revoir ce père désormais absent. Elle croisera cependant son frère aîné, Manuel, tout aussi mystérieux. Je vous laisse découvrir la suite, inattendue. Elle devrait bien convenir aux amateurs d'intrigue resserrée: l'histoire ne dure qu'une petite heure et demie, mais maintient un suspense très appréciable, tout du long. Dans le rôle-titre, Galatéa Bellugi se montre résolue (et convaincante) !

La jeune comédienne n'est pas seule, bien sûr, et c'est le casting complet qui séduit avec - notamment - la regrettée Émilie Dequenne dans le rôle inversé de la mère inconséquente (un bel euphémisme...). Romane Bohringer et Samir Guesmi m'ont plu, eux aussi, en parents d'adoption, quelque part entre affection véritable et pragmatisme éducatif. Côté "révélations" ? Le pas-encore-trentenaire Matthieu Lucci et une petite gamine d'une douzaine d'années, Elsa Hivaert, au coeur tendre. Toutes et tous permettent de façonner un modèle de film hybride, entre enquête policière et étude sociale, le tout dans un cadre discret et évocateur, situé en Lorraine, autour de Metz - NB: la cinéaste visait le Rhône-Alpes et les faits réels ont eu lieu aux environs de Nice. J'ai l'impression que tout cela a été plutôt bien accueilli par la presse spécialisée, sans que le public suive: 15.457 entrées, c'est famélique ! J'espère pour l'équipe une seconde vie en supports numériques et VOD. Oui, ce serait très franchement mérité, toute considération marketing mise à part. Car c'est un échec - et je ne parviens pas à me l'expliquer...

La fille d'Albino Rodrigue
Film français de Christine Dory / 2023
Je tiens à insister: cet opus n'est pas seulement un thriller ordinaire. J'ai arrondi ma note spontanée pour témoigner de mon coup de coeur. Rien que pour le duo d'actrices en photo, cela mérite votre intérêt ! Dernièrement, c'est Un homme en fuite qui m'avait bien embarqué dans son histoire de disparition (d'un autre type, toutefois). Le cinéma français a de la ressource ! Et ailleurs ? Il y a Gone girl, côté américain. 

lundi 16 mars 2026

En toute indolence

D'aucuns la considèrent comme la plus grande réalisatrice américaine contemporaine: à 62 ans, Kelly Reichardt trace en tout cas un sillon singulier dans l'histoire de son pays au cinéma. Un pays en toile de fond de tous ses films, plutôt éloigné à présent de cette terre d'opportunités que le septième art a si souvent sublimée. Un pays ordinaire, en réalité.

Ordinaire, James Blaine "J.B." Mooney l'est aussi. Enfin, pas tout à fait. Je dirais plutôt que, s'il arrive à se distinguer, le principal protagoniste de The mastermind ne le fait pas positivement. Son parcours d'étudiant en art n'a pas abouti à un quelconque emploi et ses compétences supposées en menuiserie ne semblent pas davantage l'inciter à bosser. C'est Terri, sa femme, qui le fait pour quatre: le couple a deux enfants. Et pendant qu'elle est au bureau, J.B. échafaude un énième plan foireux pour voler des tableaux de maître au musée du coin, avec des complices presque aussi largués que lui ! Bon... je vous laisse découvrir la suite. Josh O'Connor, dont j'apprécie la puissance mélancolique, convainc ici dans le rôle ingrat d'un père irresponsable, loser absolu et menteur impénitent, comme un piètre porte-drapeau de l'Amérique déclassée. Un vrai minable, à qui quelques amis tendent la main, mais qui m'a paru trop égocentré pour mériter ce soutien. Coupé de tout. Sans état d'âme.

Dans ce Massachusetts des années 70, des circonstances atténuantes auraient sans doute pu lui être accordées: celle d'un retour chez lui traumatisé, après un engagement au Vietnam, par exemple, ou celles des difficultés qui accablent ceux qui viennent d'un milieu modeste. Mais non... même la mère de ses enfants - admirable Alana Haim ! - reste les bras ballants devant la médiocrité de ce fils de juge dépourvu de toute volonté d'aller de l'avant, incapable d'assumer son rang familial et social. "Je suis content que tu ailles bien", lui dit-elle en substance quand, en cavale, l'olibrius - qu'elle refuse d'accabler de reproches - l'appelle de l'autre bout du pays pour lui demander quelque somme d'argent. The mastermind n'est assurément pas ce cerveau que le titre du film laissait imaginer. Nous passerons pourtant presque deux heures avec ce personnage indolent, deux heures où rien n'accélère jamais. Coutumier chez la réalisatrice, ce rythme peut s'avérer assez déroutant quand on n'y est pas (encore) habitué. Moi, je suis sensible au travail accompli sur l'image, puis au montage. Et à vous d'en juger, désormais...

The mastermind
Film américain de Kelly Reichardt / 2025

Je vous ai davantage parlé du fond que de la forme, mais je dois dire que je ressens la qualité de ce travail sans savoir vraiment l'analyser. J'ai vu un film de contrastes, animé d'ailleurs par une bande-originale jazzy (signée Rob Mazurek) tout à fait efficace. L'errance de J.B. rappelle celle des héros des frères Coen, quant à eux plus attachants. Dans une Amérique qui a perdu son rêve. Et, pire, paraît l'avoir oublié...

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Un mémo, d'autres infos...
Je pense pouvoir vous reparler de Josh O'Connor dans quelque temps. Avant cela, je l'avais trouvé très bon dans La chimère, un film italien. Et Alana Haim ? D'abord musicienne, elle se révéla dans Licorice Pizza !

Vous voulez aller plus loin dans l'analyse ?
N'hésitez pas ! Je vous renvoie chez PrincécranoirStrum et Benjamin. Tous ont démontré un intérêt sincère pour le cinéma de Kelly Reichardt.

samedi 14 mars 2026

L'éveil des sens

Chose promise, chose due: pour finir cette dernière semaine hivernale complète, je vous emmène en Slovénie, un pays jusqu'alors resté loin des radars de Mille et une bobines. À mon programme du jour, un film proposé par Les Fiches du Cinéma: Little trouble girls, lancé à Berlin pour... la Saint-Valentin 2025. Il vient d'arriver dans les salles françaises.

Lucia, l'héroïne de ce premier long d'une jeune réalisatrice, a 16 ans. Discrète et encore très introvertie, elle rejoint la chorale de son lycée. C'est ainsi qu'elle rencontre Ana-Maria, Klara et Uršula, plus âgées qu'elle, mutines et déjà un tantinet plus affirmées dans leur féminité. Coupés des garçons, les filles participent à un stage intensif de chant organisé, oui, dans un couvent ! Le seul homme qu'elles fréquentent assidument est leur maître de choeur, mais elles prennent l'habitude d'observer les ouvriers qui restaurent la bâtisse où elles sont hébergées. La proximité d'une rivière fait naître quelques émotions inavouables. Vous l'aurez compris: les personnages féminins de Little trouble girls sortent petit à petit de l'adolescence et s'ouvrent à un monde nouveau. La caméra capte l'instant avec délicatesse - un female gaze appréciable qui vient contrebalancer les habituelles visions masculines du cinéma. On se dit en outre qu'entre elles, les filles ne se font pas de cadeaux quand il s'agit d'obtenir et surtout de maintenir sa place dans le groupe. Un constat que le public, en France, pourrait sans aucun doute partager.

Little trouble girls
(Kaj ti je deklica)
Film slovène d'Urška Djukić / 2025
Évanescent: c'est peut-être le mot juste pour qualifier ce long-métrage que la critique juge parfois "aérien" ou même "rafraîchissant" (je cite). C'est aussi, d'après moi, l'histoire d'une jeune femme qui se construit. Avec, au final, de la dureté, des rêves et illusions, mais aussi un espoir bien plus durable que dans Virgin suicides. L'adolescence féminine suscite votre curiosité ? Je vous conseille John from, Ava et/ou Luna...

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Pour glisser une anecdote...
La réalisatrice a expliqué à Télérama que le tout premier film tourné par une femme de son pays - Maja Weiss - remonte tout juste à... 2002 !

Et bien sûr, pour saluer mes ami(e)s...
Je vous conseille de passer sur Actu.fr et la page des Fiches du Cinéma.

vendredi 13 mars 2026

Restons positifs !

Bon... je laisse aujourd'hui passer une énième opportunité de revenir sur Vendredi 13, classique du film d'horreur sorti en 1980 et volet inaugural d'une saga de douze longs-métrages. La prochaine occurrence de la date fatidique n'est pas éloignée, en fait: novembre prochain. Nous verrons si la peur daigne de nouveau venir frapper à notre porte...

D'ici là, il est bon de se souvenir que cette même date est considérée comme chanceuse par quelques joueurs de loto et autres superstitieux. Pourquoi diable, dès lors, ne resterions-nous pas positifs ? Il est clair que le cinéma s'y prête bien, même si le bonheur que nous pouvons espérer aujourd'hui et ce week-end n'est pas au coeur de tous les films. Je reconnais d'ailleurs bien volontiers qu'il n'est pas le premier moteur de ceux dont je vous ai parlé récemment - ni de ceux qui arrivent. Résultat: une prochaine fois, il faudrait que je vous propose une liste des raisons pour lesquelles le septième art peut nourrir notre gaieté. Vous en avez déjà une sous le coude ? N'hésitez donc pas à la publier ! Évidemment, les films eux-mêmes sont de bons motifs d'enthousiasme. Demain midi, je reviens en présenter un venu d'un pays encore inédit...

mardi 10 mars 2026

La gamine et le dictateur

"J'ai eu des retours tout à fait positifs. Il y a beaucoup d'enthousiasme autour du film. Le public irakien a été très ému. C'est la première fois que cette époque est traitée au cinéma". Je suis quant à moi heureux d'avoir eu la chance de découvrir Le gâteau du président, lauréat 2025 de la Caméra d'or. D'où ma décision... de citer son auteur en préambule.

Hasan Hadi a grandi dans le Sud de l'Irak et connu l'effroyable guerre menée par les États-Unis, pour soi-disant empêcher le régime baasiste d'utiliser des armes de destruction massive contre ses voisins (ou pire). Coécrit avec l'Américain Eric Roth, son scénario revient sur une période antérieure: le milieu des années 90. L'Irak est alors placé sous embargo et nombre de ses habitants ne peuvent même pas manger à leur faim. Dans ce contexte, la régime dictatorial de l'abominable Saddam Hussein perdure et, à l'approche de l'anniversaire du raïs, une pseudo-tradition veut que des enfants préalablement tirés au sort dans les écoles préparent toutes sortes de délices - dont des notables se régaleront. C'est ainsi que la petite Lamia, 9 ans, part à la recherche d'ingrédients auxquels, évidemment, elle n'a presque jamais accès en temps habituel. Une quête absurde qu'elle entame aux côtés de sa grand-mère adorée qui, quant à elle, voudrait avant tout confier l'enfant à une famille d'accueil. Admirable, Le gâteau du président traite ce sujet sensible sans jamais céder au misérabilisme. Il témoigne d'une belle sensibilité...

Face aux difficultés de Lamia, les adultes se montrent peu aimables pour la plupart, sans pitié, manipulateurs, voire carrément hostiles. Heureusement, la gamine pourra compter un temps sur la solidarité malicieuse de Saeed, l'un de ses camarades de classe, chargé lui aussi d'apporter quelques menues victuailles à la simili-fête présidentielle. Sans plus attendre, je veux saluer l'incroyable prestation d'acteur livrée par les deux gosses, Baneen Ahmad Nayyef et Sajad Mohamad Qasem. Aucun doute là-dessus: ils comptent pour beaucoup dans le "miracle" que constitue le film, bel et bien tourné en Irak, pour son réalisateur. Bonus: ils nous offrent un voyage dans leur pays, largement méconnu. Cela restera à mes yeux une grande découverte: je pensais débarquer dans une ville extrêmement dense, mais j'ai découvert une communauté installée dans de simples huttes, au bord d'un large fleuve (l'Euphrate) sur lequel chacun, quel que soit son âge, navigue à bord d'embarcations rudimentaires, à rames. Le gâteau du président m'a ouvert les yeux. C'est un film qui mérite amplement d'être vu par le public le plus large !

Le gâteau du président
(مملكة القصب - Mamlaket al-qasab)
Film irakien de Hasan Hadi / 2025
Plus qu'un coup de coeur, un long-métrage précieux, au rythme relativement lent, c'est vrai, mais que je crois tout à fait mémorable. Croyez-moi: cela vaut largement cette note de quatre étoiles pleines. J'ai une fois de plus repensé à Wadjda ou encore à d'autres enfants piégés dans leur propre pays (Osama, Nezouh et d'autres, sûrement). L'idée n'est pas de pleurer, mais de faire un premier pas. Vers les autres.

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Et si vous voulez le faire en bonne compagnie...

Un simple clic vous permettra de lire aussi les avis de Pascale et Dasola. Je vous suggère de lire également celui de notre bon ami Princécranoir.

lundi 9 mars 2026

Au nom de la loi

Il trafiquait massivement des armes et de la drogue, avait la main aussi sur des réseaux de prostitution... peu après la Seconde Guerre mondiale, un dénommé Meyer Harris "Mickey" Cohen (1913-1976) entendait régner sur Los Angeles comme empereur des jeux clandestins. Le film Gangster squad nous parle des flics qui ont cherché à le coincer.

Comme beaucoup d'autres, ce long-métrage ose réécrire l'histoire réelle pour nous proposer un divertissement particulièrement spectaculaire. Autre parti pris évident: celui d'un casting de prestige, avec Sean Penn dans le rôle du méchant et, dans le camp du bien, des têtes d'affiche réputées telles que John Brolin, Emma Stone, Ryan Gosling, Nick Nolte ou encore Giovanni Ribisi (et j'oublie sûrement quelques "sommités"). Interrompu après une fusillade dans le Colorado, le tournage du film n'est ensuite reparti qu'après que le scénario a été expurgé d'une scène particulièrement violente - sans totalement renoncer à cet aspect graphique. Gangster squad livre la marchandise, mais reste sagement dans l'univers balisé du cinéma US de genre. Après mes explications d'hier, c'est clair: il est loin de respecter les critères du test de Bechdel. Bon... j'imagine que ce n'était pas l'objectif du réalisateur, à vrai dire. Et cela reste regardable, entre deux programmes un peu plus exigeants.

Gangster squad
Film américain de Ruben Fleischer (2013)

Je conclus sur cette note assez sévère, témoin de mon désintérêt croissant pour ce genre de "produits cinématographiques" ordinaires. Apparemment, il n'a d'ailleurs pas franchement affolé le box-office ! Dans ce type d'histoire, ma référence reste Les incorruptibles, un film à succès apprécié lors de ma pré-adolescence (Brian de Palma / 1987). Sur le blog, vous avez Des hommes sans loi et c'est du même tonneau...

dimanche 8 mars 2026

Et Bechdel, alors ?

Le chiffre n'est tombé que le 26 novembre dernier: en 2024, 62 films d'initiative française ont été réalisés ou coréalisés par des femmes. Malgré les beaux discours, c'est la proportion la plus basse depuis 2019 ! 70% des longs-métrages verraient en outre une large majorité d'hommes occuper les postes-clés. Oui, je vous parle bien d'un retour en arrière...

Vous vous souvenez du test de Bechdel, du nom de cette dessinatrice américaine - Alison de son prénom - qui mesurait les représentations féminines dans les diverses oeuvres de fiction ? Une validation positive était accordée à celles qui mettaient en scène deux femmes, parlant entre elles et sur un autre sujet que... les hommes. Il me semble bien qu'aucun des huit films que j'ai vus au cinéma et déjà pu chroniquer depuis janvier n'y est arrivé. Laissons Hamnet de côté: le plus proche d'y parvenir serait La femme de ménage, ce qui en dit long, je trouve. En 2025, en salles, j'ai vu 16 films de femmes (moins de 20% du total). Tous supports confondus, j'ai comptabilisé 31 films: à peine plus de 17%. Cette tendance n'est pas appelée à s'inverser ces prochaines semaines. La grande Kelly Reichardt m'aidera, au mieux, à "sauver les apparences".

En cette Journée internationale des droits des femmes, je reconnais que je ne me soucie pas toujours de la place qu'elles peuvent occuper dans l'industrie cinématographique, française, européenne ou mondiale. Parfois, je les déniche dans des pays surprenants, à l'image de l'Arabie saoudite de Wadjda (de Haifaa Al-Mansour... c'était en 2012 - photo). Quand je prends du recul, je me dis que rien n'évolue encore vraiment dans le sens d'une amélioration réelle et, plus que durable, pérenne. C'est assez désespérant, d'ailleurs, de faire ce constat, et je m'interroge sur la manière dont les changements que j'appelle de mes voeux pourraient ENFIN se concrétiser - c'est un très vaste sujet, n'est-ce pas ? Aujourd'hui, à l'approche d'échéances électorales cruciales pour l'avenir de notre pays, il semblerait que les financements publics du cinéma soient de plus en plus remis en cause: c'est donc bien un sujet de débat. On peut le prolonger en commentaires. J'y reviendrai. Parole d'homme !

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Et ma première photo du jour ?

Elle représente l'actrice américaine Carrie-Anne Moss, dans Matrix. L'image badass d'une femme dans un classique du cinéma d'action US. Cet opus a d'ailleurs été réalisé par deux frères... devenus des femmes !

samedi 7 mars 2026

Tu parles d'un pote...

Un vrai ami accepte-t-il votre personnalité toute entière ? Peut-être. Mais je crois aussi qu'il peut vous pousser à évoluer si c'est nécessaire ! Harry, un ami qui vous veut du bien est un film que je voulais voir depuis longtemps - j'ai apprécié les trois derniers opus du réalisateur. Comment répond-t-il à ma définition de l'amitié ? Deux mots là-dessus...

Cet Harry-là n'est ni sorcier, ni inspecteur, ni même prince britannique. Michel, un type ordinaire, le croise dans les toilettes d'une station d'autoroute. Vingt ans auparavant, il était son camarade de lycée. Harry, qui se souvient d'un poème écrit par son condisciple, est heureux de l'avoir retrouvé et, avec sa fiancée, est invité à un apéro improvisé sur la route des vacances d'été, en souvenir du "bon vieux temps". Doucement mais sûrement, il s'immisce ainsi dans la vie de son hôte. Que dire ? Je n'ai pas ressenti la tension censément motrice du scénario. J'avais parié sur une ambiance à la Hitchcock, voire à la David Lynch. Mouais... franchement, même si Sergi López offre une prestation convaincante dans ce (bon) rôle de quasi-parasite, je n'ai guère frémi. Autour de lui, Laurent Lucas, Mathilde Seigner et Sophie Guillemin n'attirent la lumière que par simples ricochets: rien de bien folichon. J'avais d'ailleurs espéré une autre fin, ancrée dans une vraie noirceur. Malgré un potentiel intéressant, Harry, un ami qui vous veut du bien restera donc comme une déception. Quatre César 2001 et puis s'en va...

Harry, un ami qui vous veut du bien
Film français de Dominik Moll / 2000
Prenons le verre à moitié plein: comme le bon vin, le cinéaste se bonifie avec l'âge (cf. Seules les bêtes, La nuit du 12 et Dossier 137, donc). Cet opus plus ancien me convainc moins que ses productions récentes. Pour la tension née de l'incruste, autant revoir un film d'Elia Kazan autrement plus flippant: j'ai nommé Les visiteurs (sorti, lui, en 1972). Sinon, l'ambivalence est également au coeur de Mon parfait inconnu...

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Un petit point sur les César...
Nommé neuf fois, record de l'année, le film en reçut finalement quatre:
► meilleur film ❌,
► meilleur acteur (Sergi López) ✅,
► meilleur second rôle féminin (Mathilde Seigner) ❌ ,
► meilleur espoir féminin (Sophie Guillemin) ❌,
► meilleure réalisation (Dominik Moll) ✅,
► meilleur scénario ❌,
► meilleure musique originale ❌,
► meilleur son ✅,
► meilleur montage ✅.

L'autre quadruple lauréat de cette 26ème édition ? Le goût des autres

Et pour aller un peu plus loin...
Vous pouvez lire aussi quelques mots de Vincent ou les avis d'Elle et Lui.

mercredi 4 mars 2026

Le jeune fils et la mort

Les connaisseurs le savent bien: Shakespeare est partout au cinéma. J'exagère, mais il est clair que nombre de ses oeuvres ont su germer dans l'imaginaire collectif des artistes du septième art: une influence durable. Chloé Zhao, produite par Mendes et Spielberg, choisit le retour aux sources en revisitant la légende, avec Hamnet (nommé aux Oscars).

Question légitime: la réalisatrice chinoise la plus en vue à Hollywood s'adjugera-t-elle de nouvelles statuettes, cinq ans après son joli triplé doré (film-réalisatrice-actrice) réalisé pour Nomadland ? La réponse tombera dans moins de deux semaines, mais on notera sans attendre qu'elle a la faveur des pronostics parce que la cinéaste s'est intéressée principalement au destin... d'une femme. Anne - Agnes, dans le film - était la femme de Shakespeare, un peu plus âgée que lui, semble-t-il. Zhao lui donne les traits de Jessie Buckley, 36 ans, actrice et chanteuse irlandaise en pleine ascension (NB: elle avait déjà incarné Juliette). Cette vision de la muse du dramaturge est particulière: elle apparaît comme une femme un peu "en marge", vivant essentiellement en forêt. D'aucuns, y compris ses proches parents, la voient comme une sorcière. Elle connaît parfaitement les plantes et les animaux. Elle s'en inspire...

Le film, comme on pouvait s'y attendre, va se plaire à l'humaniser. L'idée: rappeler qu'elle est aussi la mère des enfants de Shakespeare. Des trois: de Susanna, l'aînée, puis des jumeaux, Judith et... Hamnet. Nous voilà enfin confrontés à ce prénom mythique, celui du prince danois bien connu des inconditionnels du théâtre élisabéthain, passé dans le langage courant et donc à la postérité sous la forme HamLet. Inutile d'instaurer un faux suspense: l'unique fils de William Shakespeare est mort en 1596 à environ onze ans, probablement de la peste bubonique. C'est ce que raconte le scénario, inspiré du roman éponyme de l'autrice contemporaine Maggie O'Farrell, publié aux éditions Belfond en 2021. Il nous montre d'abord un homme en phase avec sa famille. Shakespeare est un mari passionné et un père d'une grande douceur avec ses enfants, à l'opposé de ce qu'il a lui-même vécu comme héritier putatif d'une famille de gantiers. Choisir Agnes, c'était de fait déchoir...

La vérité du film n'est peut-être pas celle de l'histoire, mais j'estime qu'il faut considérer Hamnet, entre autres, comme un film de couple. Ou, plus exactement, comme un film "sur le couple". La passion invasive des débuts pour William ne vient pas contaminer Agnes tout de suite. Indépendante, la jeune femme regimbe à se laisser séduire par ce prof inconnu et taciturne, contraint à enseigner le latin à quelques enfants du village pour éponger les dettes de son père. Elle lui cèdera finalement sous l'emprise d'une sorte de prémonition et d'un avenir qu'elle imaginera apaisé, à ses côtés, aussi calme que le visage harmonieux de l'acteur Paul Mescal paraît le promettre à leur rencontre. La suite sera malheureusement moins souriante et la charge de famille imposée à William une forme de damnation pour Agnes, renvoyée alors à ses obligations domestiques tandis que Monsieur cherchera la fortune sur les planches londoniennes, éloigné des siens. "Le reste est silence"...

Y-aurait-il, pour ces personnages brisés par le destin, encore l'espoir d'une réconciliation ? Ou, à tout le moins, d'une compréhension réciproque ? Oui, je crois que c'est bien ce que le film suggère, au final.

*** ATTENTION, POSSIBLES SPOILERS ***
Il est bien sûr question de deuil, éventuellement partagé. De vies poussées dans leurs derniers retranchements, dont les prophéties optimistes d'hier semblent n'avoir été que de vagues illusions funestes. Pourtant, une main se tend, un sourire réapparaît... et une forme d'espoir reprend de la vigueur. En quittant définitivement la scène imaginée par ses parents, l'enfant semble soudain en investir une autre d'ordre symbolique. "Être ou ne pas être": une espèce d'immortalité. Hamnet nous invite à la contempler sans trembler, avec cette joie triste de celles et ceux qui ont su parvenir au bout de l'un de leurs chemins. Des larmes peuvent alors couler, mais elles ne sont pas indispensables. Reste le théâtre. Le cinéma. Et la vie ! C'est peut-être la même chose...

Hamnet
Film américain de Chloé Zhao / 2025
Un petit conseil: ne vous attendez pas à voir un biopic "traditionnel" ! Cette évocation de l'existence de la famille Shakespeare fait le pari audacieux d'une relecture à partir de faits historiques encore méconnus. Et pour l'oeuvre littéraire, il vaut sans doute mieux... regarder ailleurs. Étonnamment, je m'étais plutôt amusé avec le blockbuster Anonymous. Je vous laisse retrouver To be or not to be, Othello ou bien Macbeth...

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Et en attendant de retrouver notre ami William...

Je vous suggère aussi d'aller faire un petit tour du côté de chez Pascale.

lundi 2 mars 2026

Une vie de château

"Un antidote aux soucis de la vie quotidienne": c'est ainsi que les films de Philippe de Broca sont définis dans l'un de mes livres sur le cinéma. J'imagine que cela doit être parfait pour affronter un lundi morose. D'ailleurs, c'est clair: je me suis ré-ga-lé avec Le diable par la queue. Coloré et sexy, cet opus est un pur bonheur de comédie. "À l'ancienne" !

La très noble - et très décadente - famille De Coustines manque d'argent pour entretenir son château et l'a donc transformé en auberge de luxe afin de payer les factures. Amélie, la plus jeune (et frivole) des femmes de la maisonnée, obtient du garagiste du coin qu'il oriente des clients vers la demeure de ses ancêtres, en échange de quelques faveurs susceptibles d'être plus agréables que la rituelle messe du dimanche. C'est ainsi qu'arrive notamment le fameux César Maricorne, faux baron et vrai braqueur de banques, avec un pactole... qui fera des envieux. Croyez-moi: sur cette base, le film part vraiment dans tous les sens. Écrit dit-on pendant les événements de Mai-68, il a un côté déluré franchement réjouissant, qu'il ne faut surtout pas prendre au sérieux. Costumes et décors en font une oeuvre de cinéma totale et jubilatoire. Et quel casting ! Avec Yves Montand, Madeleine Renaud, Jean Rochefort, Marthe Keller, Jean-Pierre Marielle, Claude Piéplu, Xavier Gélin... il y a du beau monde partout, jusque dans les plus petits rôles, admirables. Avec, en prime, une B.O. de Georges Delerue ! Impossible de s'ennuyer !

Le diable par la queue
Film français de Philippe de Broca / 1969

Je n'ai pas fait trop long, mais je peux vous assurer que le scénario réserve bien des surprises et des rebondissements. On se marre ! Philippe de Broca a de fait commis des comédies encore plus débridées telle Les tribulations d'un Chinois en Chine (Belmondo, Rochefort...). Celui de ses films que je préfère ? Cartouche, sans trop d'hésitation. Mais, juste avant Le diable..., Le roi de coeur mérite d'être réhabilité !

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Une petite info patrimoniale...

La grande maison du film est le château de Fléchères, dans l'Ain. Monument historique, c'est une demeure du 17ème siècle (1610 - 1616).

Le film, lui aussi, vaut le détour...
Vous en obtiendrez aussi la confirmation du côté de "L'oeil sur l'écran".

samedi 28 février 2026

Du neuf ?

Un texte court aujourd'hui... et quelques réflexions personnelles liées à l'avenir de Mille et une bobines. Il m'arrive assez régulièrement d'avoir envie de faire évoluer le site, mais j'ai trop d'autres activités indispensables pour me poser sur celle-là (qui ne l'est pas vraiment). Même si le cinéma change. Et les codes et formats d'Internet, aussi...

Mon système de notation, par exemple, pourrait être renouvelé. Parfois, plutôt que de comparer un film à un autre, j'ai très envie d'écrire l'un de mes diptyques pour les réunir en une seule chronique. Dans ce même esprit de "regroupement", certains longs-métrages moins convaincants pourraient ne faire l'objet que de textes brefs publiés simultanément, que j'appellerai les Mézossi ou les Gévuossi...

Et puis, de temps à autre, j'aimerais mieux coller à l'actu, en parlant des sorties AVANT de les chroniquer, ou grâce à d'autres interviews. Bon... ce blog n'est pas tout à fait resté figé, ces dernières semaines. Avez-vous ainsi remarqué que mon index des films en noir et blanc s'était ouvert aux monochromes ? Ce n'est qu'un tout petit détail. Chose plus importante à mes yeux: chaque chronique d'une oeuvre étrangère précise désormais son titre original, dans son alphabet premier (avec translittération pour le japonais, l'arabe, le chinois...). Les nationalités, elles, restent imprécises et/ou inexactes parfois. L'idée étant de privilégier le cadre, plutôt que l'équipe de production. Est-ce que cela changera encore ? Peut-être, oui, mais pas forcément. Sur ce, bon week-end ! Je vous retrouve lundi - avec un nouveau film.