jeudi 2 juillet 2026

La fille d'un ogre

La joie que je ressens à fréquenter des professionnel(le)s du théâtre m'offre une précieuse visibilité sur les ressorts de la création artistique. C'est l'un des sujets de L'être aimé - qui serait le film le plus ambitieux du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen, à en croire certains critiques. OK, j'ai quelque peu tergiversé avant d'enfin me décider à aller le voir...

Emilia connaît à peine son père. Elle l'a "rencontré" à l'âge de neuf ans et n'a jamais passé plus que quelques jours avec lui. Esteban lui affirme qu'il en garde de très bons souvenirs, mais, déformés par une personne extérieure ou non, ceux de sa fille sont franchement moins agréables. C'est le tout premier constat qui vient tendre la longue conversation qu'ils mènent lors de leurs retrouvailles dans un restaurant madrilène. Esteban est un cinéaste reconnu: il a proposé à Emilia le rôle principal d'un film qui sera pour lui celui du retour dans son pays, après un exil volontaire aux États-Unis. Une belle opportunité pour une jeune femme courant les castings et peinant encore à percer comme comédienne. "Dira-t-on aux autres que je suis ta fille ?", demande-t-elle à son père. L'enjeu est posé. L'être aimé se penche sur l'idée d'une réconciliation possible, mais pas garantie. Le scénario oppose ainsi deux caractères déterminés, face à la perspective d'un nouveau choix de vie décisif. Reste à évaluer ce que chacun garde en lui de treize ans sans l'autre. L'absence pourrait de fait conduire à la souffrance et au ressentiment...

Aborder ce vaste sujet des plus sensibles dans le cadre d'un tournage complexe est une très bonne idée que je porte au crédit de Sorogoyen et de son habituelle coscénariste, la non moins admirable Isabel Peña. C'est une évidence: la totalité (ou presque) des productions de cinéma repose d'abord sur une démarche collective, d'où la nécessité absolue d'une véritable forme de solidarité durable entre l'ensemble des parties prenantes, artistes, techniciens et/ou même personnels administratifs. Dans cette logique, L'être aimé est une passionnante mise en abyme que l'on découvre en somme empreinte d'une tension quasi-constante. Ce n'est pas forcément ce qui pourrait vous attirer en premier lieu ! J'aimerais donc vous assurer de l'excellente prestation des deux têtes d'affiche: Victoria Luengo est épatante, Javier Bardem extraordinaire. Une bonne nouvelle: leur duo-duel ne sombre jamais dans la caricature. Par ailleurs, sur le plan formel, le film est pour ainsi dire irréprochable. Seuls quelques inserts en noir et blanc ont pu légèrement me dérouter. Je tiens en revanche à saluer le superbe travail sur la musique et le son.

L'être aimé
(El ser querido)
Film franco-espagnol de Rodrigo Sorogoyen / 2026
Bon... je peux imaginer que le titre que j'ai choisi pour cette chronique laisse entendre que la relation Emilia-Esteban est à tendance orageuse. C'est vrai, mais c'est aussi plus nuancé que je peux ainsi le suggérer. J'avais aussi aimé découvrir celle, bien réelle, de Francesca Comencini avec son père Luigi, sublimée dans Prima la vita - un film merveilleux. Sur la difficulté d'être actrice, Sils Maria est une autre bonne référence.

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J'ai écrit "franco-espagnol" ?

Oui: Le Pacte figure parmi les producteurs, à hauteur de 10% des crédits alloués. On pourra noter la présence de Marina Foïs (dans un petit rôle).

Et maintenant, pour aller plus loin...

Je vous renvoie à mon index des réalisateurs pour retrouver la trace d'autres films du même réalisateur. L'un d'eux - Madre - est disponible sur le site de France TV, de même que sa série Los años nuevos sur Arte.

Et si vous n'êtes toujours pas rassassiés...
Vous pouvez aussi lire d'autres avis sur ce nouveau long-métrage 2026 chez Pascale, Dasola et Princécranoir. Ou sur tout support (im)pertinent.

lundi 29 juin 2026

Un répit ?

Avez-vous vu Les rayons et les ombres ? Ce saisissant long-métrage évoque les heures sombres de l'Occupation et la collaboration (active) de certains Français avec les nazis. Il rappelle notamment le parcours de Corinne Luchaire, née en 1921, jeune actrice en pleine ascension. Aujourd'hui, pas de biopic, mais un beau film d'avant-guerre, avec elle !

Le déserteur 
est le tout premier titre de ce film passé sous les ciseaux de la censure et qui a alors été re-titré Je t'attendrai. Son personnage principal s'appelle Paul. C'est un Poilu. Nous sommes en octobre 1918. Au nord de la France, un train transporte des troupes vers le front quand, soudain, des avions ennemis détruisent une partie de la voie ferrée. Paul se rend compte que le convoi s'est arrêté à proximité immédiate du village où vivent ses parents, ainsi que la jeune orpheline qu'ils avaient recueillie et dont il est amoureux. Il obtient d'un copain sous-officier de ne pas participer aux travaux de réparation et de filer rejoindre cette Marie qui le laisse sans nouvelles depuis plusieurs mois. Que se passe-t-il lorsqu'il la retrouve ? Je vais vous laisser le découvrir par vous-mêmes. Sachez simplement que vous pourriez être surpris ! Plus complexe qu'un mélo, le film est empli d'émotions contradictoires. Et oui, j'ai trouvé les acteurs qui les ressentent vraiment convaincants...

Le duo Corinne Luchaire - Jean-Pierre Aumont sort du lot, bien entendu. Cela dit, les quelques personnages secondaires existent aussi à l'écran grâce aux prestations solides de toute une troupe de comédiens inspirés. J'ai ainsi pris plaisir à découvrir le couple de parents interprété par Berthe Bovy et Édouard Delmont, ainsi que d'autres seconds rôles marquants tels que celui du généreux sergent confié à Raymond Aimos. Ce n'est pas tout: Le déserteur s'illustre aussi par de belles qualités formelles. Je pense notamment à une scène de retrouvailles muettes avec la mère, particulièrement touchante. En contrepoint, un son sourd retentit régulièrement pendant tout le film: on dirait une canonnade lointaine... et c'est une belle idée pour suggérer la menace, constante. La tension apparaît d'autant plus vite que l'histoire se déroule presque en temps réel: rebondissements compris, tout tient en une heure vingt. Beaucoup de choses sont dites et le film apparaît tout à fait pertinent dans le contexte de son époque. Il mérite donc d'être vu - et réhabilité. Je reviendrai peut-être un jour sur le destin de ceux qui l'ont fabriqué...

Le déserteur
(ou Je t'attendrai)
Film français de Léonide Moguy / 1939
Ce film, sorti juste avant le chaos de la guerre, dit tout de l'horreur qu'elle représente pour les soldats, mais également pour leurs proches. Pour moi, il n'est pas antimilitariste... mais ce sera à vous d'en juger. Moi, je vais l'ajouter à la liste de mes (bons) films sur 1914 et ses suites. Je recommande aussi Un long dimanche de fiançailles, Les fragments d'Antonin, L'odeur de la mandarine et Les gardiennes... entre autres !
 
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Pour finir, une anecdote savoureuse...
Vous aurez reconnu Quentin Tarantino sur la photo ci-dessus. Elle date du 16 octobre 2013. L'Américain est au 6ème Festival Lumière de Lyon. Thierry Frémaux, délégué général de l'événement, lui sert d'interprète pour expliquer comment il a pu découvrir le cinéma de Léonide Moguy. Le cinéaste, débordant d'excitation, lance Le déserteur en projection devant un public chaud bouillant. Une folie dont Youtube garde la trace.

dimanche 28 juin 2026

Tous aux écrans !

Bon... je vais être franc: il ne me paraîtrait pas tout à fait incroyable que vous zappiez totalement le film (indien) que j'ai présenté vendredi. Cela dit, une info: aujourd'hui, c'est le début de la Fête du cinéma ! Jusqu'à mercredi inclus, les exploitants de France qui y participent réduisent le tarif "de base" à cinq euros - hors suppléments 3D et autres.

La Fédération nationale des cinémas français a indiqué que 2,2 millions de tickets avaient été vendus en mars au cours du Printemps du cinéma. Un chiffre de 9% inférieur au résultat de 2025. Reste une donnée jugée encourageante: "Pendant les trois jours de l'opération, les spectateurs ont été deux fois plus nombreux à aller au cinéma que les mêmes jours de la semaine précédente, avec une croissance de la fréquentation constatée de 74% pour le dimanche, 94% le lundi et 115% le mardi". Point très important: la Fête du Cinéma, elle, dure 24 heures de plus. L'an passé, j'y avais vu trois films assez intéressants: Elio, Life of Chuck et Amélie et la métaphysique des tubes. Ferai-je mieux ? On va voir...

vendredi 26 juin 2026

Tout pour le buzz

J'en ai compté quatre en 2023, sept en 2024 et seulement deux l'année dernière: le nombre de films indiens arrivés jusqu'aux salles françaises m'apparaît extrêmement faible, d'autant que je n'en ai pas vu la moitié. C'est pourquoi, attiré par son titre insolite, j'ai accepté une commande des Fiches du Cinéma... et j'ai découvert Eega, la mouche vengeresse !

Attention les yeux, hein ? Ce n'est pas tous les jours qu'un long-métrage aussi déjanté débarque sous nos latitudes. Je suis vraiment incapable d'expliquer pourquoi, mais celui-là a mis une petite quinzaine d'années à arriver jusqu'à nous. Il paraît qu'au pays, on parle de cinéma masala. Pas de mélange d'épices, cette fois, mais une combinaison de genres. Concrètement, Eega, la mouche vengeresse mise à la fois sur l'action débridée, la romance, un trait d'humour proche de l'esprit cartoonesque d'un Tex Avery et plein d'autres choses encore. Son personnage principal n'est en réalité qu'un insecte solitaire, réincarnation d'un brave garçon dragueur, assassiné par un rival. Toute la question est en fait de savoir si, sous cette apparence, Nani pourra reconquérir le coeur de Bindhu. Pour cela, il faudra d'abord que la belle le reconnaisse et se débarrasse de son deuxième prétendant, Sudeep, un promoteur immobilier véreux. D'où maintes scènes qui peuvent être pénibles pour le public occidental.

Reste que cette incroyable créativité a quelque chose de très ludique. Elle pourra dès lors certainement séduire séduire quelques spectateurs déterminés à se tenir à l'écart des sentiers les mieux balisés et capables d'accepter les 3-4 chansons (souvent sirupeuses) qui émaillent le récit. Je passe sur les ralentis vus mille fois et quelques effets spéciaux ratés. Le pire émane peut-être du méli-mélo sonore induit par une version originale en anglais et télougou, une langue indienne bien spécifique. Parfois, il faudra "digérer" des sous-titres rapides et/ou redondants. Quand on arrive à s'accrocher, je crois qu'on peut passer un bon moment avec Eega, la mouche vengeresse et sa folie douce, une production estimable à sa juste valeur - celle d'une fable comme on en voit peu. Face au risque de consternation, on peut aussi débrancher son cerveau et rire un bon coup. Cela n'arrive pas si fréquemment, de nos jours. Reste à vérifier... que le film est bien sorti dans votre cinéma mercredi !

Eega, la mouche vengeresse
(Eega)
Film indien de S. S. Rajamouli / 2012

Une note généreuse pour la bizarrerie - en toute connaissance de cause. Après tout, Tiger 3, ma dernière découverte indienne, était fou aussi ! Bon... je préfère cela aux comédies musicales de Bollywood (Devdas). Et le cinéma indien contemporain, c'est aussi The lunchbox ou Titli. Promis: une prochaine fois, j'essayerai de vous parler d'un vrai classique. Déjà hâte ? Je vous renvoie à mon billet sur La complainte du sentier...

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Un autre rappel toujours utile...
De nombreux articles des Fiches du Cinéma sont à lire sur le site Actu.fr.

Une précision liée au calendrier...
Eega... pourrait ne sortir qu'aujourd'hui (ou attendre jusqu'à dimanche).

Et, pour finir, une drôle de blague...
Carlotta, éditeur-distributeur du film en France, dit de son réalisateur qu''il est une "méga-star" et qu'il a "réinventé le cinéma de spectacle". Allant jusqu'à le comparer à James Cameron et Steven Spielberg, si, si !

mercredi 24 juin 2026

Encore d'autres étoiles

Le temps passe vite, n'est-ce pas ? Cela fait désormais plus de treize ans que George Lucas a vendu sa société de production aux studios Disney. Je suppose qu'on continuera de parler (longtemps) de ce que Mickey fait de la lointaine, très lointaine galaxie Star wars. Et c'est sans état d'âme que je suis allé voir le tout dernier opus au cinéma, histoire d'en juger...

Pas de surprise pour les connaisseurs: on nous parle encore et toujours d'une opposition entre un Empire - désormais déchu - et une République nouvelle, où règnent l'harmonie entre les peuples et une grande liberté. The Mandalorian and Grogu imagine que cette démocratie renaissante lance un chasseur de primes aux trousses des derniers chefs ennemis pour qu'ils soient enfin traduits en justice - ou simplement "neutralisés". C'est l'occasion pour les fans inconditionnels de retrouver le personnage d'une série VOD estampillée Disney: le Mandalorien, donc, alias Mando. Comme à la télé, il est accompagné par une minuscule créature verte présentée comme son fils: Grogu, doté de quelques aptitudes au combat toujours utiles pour faire face aux aléas politico-militaires du moment. Les films antérieurs vous ont échappé ? Pas grave ! Laissez-vous porter...

The Mandalorian and Grogu
présente un avantage: il n'a guère besoin d'explication, se suffit à lui-même et se passe même des longues scènes d'exposition propres à beaucoup des blockbusters de notre époque. Toute sa première heure est presque entièrement consacrée à l'action. Illustrant les complots post-impériaux, l'image que j'ai choisie ci-dessus apparaît comme l'une des premières d'un film à l'esthétique soignée. Nous n'atteindrons pas des sommets visuels, mais bon... ça fonctionne. Les éternels nostalgiques (comme moi) seront ravis de revoir des designs familiers et d'en découvrir d'autres, vraiment réussis dans l'ensemble. Aurais-je voulu d'un épisode sans innovation dans ce domaine ? Non ! Star wars, c'est un cahier des charges ET une saga qui doit surprendre...

La très bonne nouvelle, c'est que le bestiaire et la collection de robots s'agrandissent encore, ce qui nous offre notamment plusieurs batailles épiques, dans la pure tradition. Mon ami Jean-Mi le dit: "Ça fait le job". N'en attendez pas trop, cela dit: il paraît tout à fait évident que Disney cible un large public et vise ainsi à amasser un maximum d'argent. C'est... logique: la compagnie avait acheté les droits de George Lucas pour la bagatelle de 4,05 milliards de dollars (sans compter les cents). Pas sûr, d'ailleurs, que ce film-là soit véritablement le plus rentable. Autant dès lors le prendre pour ce qu'il est un: un divertissement XXL inscrit dans une longue série de divertissements XXL, ouverte dès 1977. Si cela ne vous tente pas du tout, le mieux est de passer votre chemin. Quant à moi, j'y trouve encore de quoi satisfaire mon esprit nostalgeek !

Je peux admettre qu'au-delà de l'imagerie-culte, le succès d'un tel opus repose sur d'autres facteurs. Exemple: le son et, bien sûr, la musique. Le compositeur historique des Star wars, Sir John Williams, a 94 ans. Pour The Mandalorian and Grogu, il a passé le relais à un musicien suédois assez expérimenté, né "seulement" en 1984: Ludwig Göransson. Bon... le résultat m'a semblé tout à fait honorable, à la fois respectueux de l'héritage et suffisamment innovant pour nous emmener ailleurs. Cela n'était pas gagné d'avance et donc, je dis merci au petit nouveau ! J'évite en revanche de vous parler des acteurs: ce serait un peu long. D'après moi, le plus bel atout de ce film réside plutôt dans sa patine ancienne et des effets qui ne font pas toujours appel à la technologie numérique. "Telle est la voie", comme l'assure le personnage principal. Qu'en adviendra-t-il ? Je ne suis pas spécialement pressé de le savoir. Mais je reste confiant en la chance de savourer d'autres prolongations...

Star wars - The Mandalorian and Grogu
Film américain de Jon Favreau / 2026

Vous l'aurez remarqué: avec le titre complet, on ne peut pas se tromper d'aventure interstellaire. Cette volonté de coller ensemble des récits similaires n'enlève rien à la qualité (relative) de ce tout nouvel opus. Cela dit, je reste avant tout fan des épisodes historiques, IV, V et VI. Pour la SF adulte, voyez Blade runner ("tout court" et 2049) ou Dune. En notant que ce dernier film verra sa propre suite se prolonger à Noël !

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Un autre écho ?
Celui de Pascale: elle n'a pas aimé le film et en parle très brièvement. Mais... elle dit aussi deux mots de quatre des autres films sortis en mai !

Pour finir...
J'ai eu très envie de râler un bon coup sur les prix prohibitifs de ce film dans certains multiplexes (jusqu'à 24,90 euros pour la VO-3D chez moi). Mieux vaudrait saluer la mémoire de Marcia Lou Griffin, Madame Lucas. L'épouse de George l'a beaucoup aidé. Elle a rejoint les étoiles le 27 mai dernier. Quatre jours seulement avant que je ne voie ce nouveau film...

lundi 22 juin 2026

Écoutez voir...

Il en est des acteurs comme des vins: ils se bonifient parfois avec l'âge. J'avoue toutefois qu'en général, je préfère les aimer sans trop attendre. J'y ai justement pensé en allant voir Le virtuose - pour Dustin Hoffman. 89 ans bientôt et encore un (petit) rôle: je ne lui ai donc pas résisté. D'autant moins, c'est vrai, que ce que j'avais anticipé un film agréable...

Je peux à présent vous le confirmer: Le virtuose est un film agréable. Et peut-être un passage de témoin, en quelque sorte. L'ami Dustin incarne Harry Horowitz, un vieux monsieur qui exerce la profession d'accordeur de piano. Il est assisté d'un jeune homme, Niki White. Passionné de musique, ce dernier souffre d'un grave problème auditif qui l'a empêché de faire une carrière d'interprète. Sa vilaine frustration semble pouvoir lui passer quand... il rencontre une bande de truands. Un peu perdu, il mettra sa capacité à déceler les sons les plus infimes au service de leurs combines - je vais vous laisser découvrir comment. Sur la base de ce scénario, le récit dresse progressivement le portrait sensible d'un garçon qui l'est tout autant, bien joué par un Leo Woodall que j'ai découvert à l'occasion et qui capte l'essentiel de la lumière. Parce qu'il est aussi question d'une romance, la jolie Havana Rose Liu apporte une touche féminine bienvenue (je n'en dirai pas davantage). Bref... j'insiste: j'ai passé un bon moment, même si j'ai vu des choses beaucoup plus originales. Et ma note illustrera un côté "coup de coeur" !

Le virtuose
(Tuner)
Film canado-américain de Daniel Roher / 2026
Des opus ciné aussi finement ciselés, j'en verrais volontiers davantage ! Sans rien révolutionner, celui-là est parvenu à m'offrir un divertissement notable, totalement dépourvu d'esbroufe et de fausse grandiloquence. Résultat: le même plaisir que devant L'intermédiaire l'année dernière ou bien Les faussaires de Manhattan (un peu) plus loin dans le passé. Merci, Dustin ! Le septième art gagne aussi quand il se montre "humble".

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Et ailleurs, on en dit quoi ?

Plutôt du bien, il me semble ! Exemple: Dasola l'a trouvé "très plaisant".

samedi 20 juin 2026

Les filles, les garçons

Le calendrier est très clair: le printemps s'achève et c'est l'été demain. Je me suis donc dit qu'une soudaine envie de vacances loin de chez moi pourrait être l'occasion de regarder À l'abordage, un joli film-escapade nous emmenant vers la Drôme, sur les bords de la rivière du même nom. J'y suis parti en covoiturage. Destination: un camping avec bar karaoké !

Malins, Félix et Chérif ont utilisé un faux compte féminin sur BlaBlaCar pour trouver un garçon de leur âge qui pourrait les conduire vers le Sud. Plutôt mécontent de cette supercherie, Édouard finit par les accepter comme passagers. Lui-même devrait être ailleurs: il a menti à sa mère sur ce qu'il compte exactement faire de la voiture qu'il lui a empruntée. Chérif en rigole et saisit la chance de suivre Félix au soleil, l'intéressé voulant surtout retrouver une fille qu'il a brièvement rencontrée à Paris. Écrit pour une promo d'étudiants du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, À l'abordage fleure l'esprit de la jeunesse, éternelle et insouciante. Vraiment ? Oh... c'est vrai que les relations garçons-filles n'apparaissent pas toujours aussi fluides qu'attendu, dans le scénario. Mais, sorti deux mois après les fermetures COVID, le film reste lumineux dans son ensemble et porteur d'espoirs en un avenir meilleur, dirais-je. Cela ne parlera pas à tout le monde, mais c'est fort agréable à regarder. Sans doute parce que le réalisateur, généreux, pose un regard tendre sur ses personnages, imparfaits et touchants. Et les traite tous à égalité.

À l'abordage
Film français de Guillaume Brac / 2021
Le cinéaste cite Éric Rohmer, Jacques Rozier et Hong Sang-soo au rang des confrères qui l'inspirent, tout en parlant de la comédie américaine contemporain comme d'une grande influence. Architecte des sentiments communs ou contraires, j'avais aimé son Tonnerre, sur le versant froid de sa filmographie amoureuse. Et il tourne aussi des documentaires ! Aujourd'hui, je reste sur un texte court, mais j'y reviendrai sans doute...

mercredi 17 juin 2026

Coeurs solidaires

Une question pour commencer: existe-t-il un meilleur artisan du cinéma social que Ken Loach ? Le cinéaste anglais fête aujourd'hui ses 90 ans. Pour l'occasion, j'ai tenu à vous parler de son dernier film: The Old Oak. Ce "vieux chêne" est un pub dans lequel se retrouvent d'anciens mineurs d'un village du nord de l'Angleterre - de pauvres gens, bien évidemment.

Le film commence par quelques photos noir et blanc illustrant l'arrivée soudaine de migrants en provenance de Syrie. Certains des habitants acceptent de les accueillir, sans hésiter, quand d'autres les rejettent avec force, les insultent et les malmènent. On découvre la jeune femme qui prenait les images. Dans une échauffourée, son appareil est cassé... 

Pas de doute: on est bel et bien chez Ken Loach, éternel porte-parole des opprimés. Je l'appelle affectueusement le vieux lion britannique. Comme toujours, il navigue sur une ligne de crête, où son idéalisme forcené côtoie du pessimisme et parfois un peu de misérabilisme. J'imagine qu'en moins de deux heures, il est difficile de faire un film très nuancé. Le scénario de The Old Oak déploie de tels archétypes qu'il semble parfois ne s'adresser qu'aux convaincus de sa (noble) cause. Les acteurs, eux, sont irréprochables, et le duo Dave Turner - Ebla Mari affiche de fait une vraie belle complémentarité, lui comme restaurateur bourru au coeur tendre, elle en exilée fragile, humble et combattive. Dépourvu de véritable surprise, le film laissera passer un petit souffle d'espérance en nous parlant d'empathie et de possibles réconciliations. Il nous assure qu'un repas pris ensemble peut faire beaucoup de bien. Naïf ? Peut-être. Mais par les temps qui courent, plutôt salutaire, aussi !

The Old Oak
Film britannique de Ken Loach / 2023

Toute une cohorte de seconds rôles rend de fait ce film incarné, sincère et attachant. Je continue de penser que Ken Loach est le cinéaste idéal pour ce type de propos, mais d'autres opus tels que Fisherman's friends ou Pride me laissent penser qu'il aura aussi quelques dignes héritiers. Resterait à choisir (ou pas) entre les drames et les feel good movies. Autre horizon possible: la Belgique des frères Dardenne et de Rosetta...

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NB: le cinéaste était en France il y a peu...
Lors d'un passage à Cannes, le réalisateur a remercié le public français pour son soutien constant. Il a cité Martin Luther King: "La pire chose n’est pas la violence des méchants, mais le silence des gens de bien". Vous pourrez retrouver ses propos dans un compte-rendu de Télérama...

Et j'y ajoute les liens de mes p'tits camarades...
"L'oeil sur l'écran" a mentionné le film, de même que Pascale et Dasola.

mardi 16 juin 2026

Nos patrimoines

Le saviez-vous ? Le Centre national du cinéma et de l'image animée appelle "films de patrimoine" les longs-métrages qui sont sortis en salles depuis plus de vingt ans. Tel l'univers, la liste s'étend constamment ! Pour autant, elle ne recoupe pas forcément celle de nos "classiques" personnels ou de nos "films cultes". Et, après tout, à chacun ses choix...

J'y pensais dernièrement car il me semblait que mon compteur de films anciens repartait à la hausse, ces derniers temps. J'en ai la confirmation chiffrée: à ce rythme, en 2026, j'aurai bientôt évoqué autant d'oeuvres datant des décennies d'avant ma naissance que pour toute l'année 2025. Cela concerne presque une séance sur cinq (19,18% très précisément). Et alors ? Cela m'a amusé de le constater. Et bien sûr, je vais continuer...

En dehors des salles obscures, ma collection de DVD et mes chaînes payantes (Ciné+ OCS et Disney +) m'offrent de fait un très large choix. Difficile de résister aux plaisirs... de l'anticipation: je prépare des listes de films, à court et moyen termes, et y inclus très souvent divers opus considérés de longue date comme des chefs d'oeuvre in-con-tour-nables. Certains soirs, je vous l'avoue: j'ai du mal à me décider définitivement. Résultat: je regarde un film imprévu, je tire au sort parmi les options possibles ou je renonce totalement, quitte à lire ou à dormir plus tôt ! Cela peut parfois me donner une nouvelle idée de chronique, d'ailleurs. Rassurez-vous: dès demain midi, j'aurai un autre film à vous présenter...

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Et je vous donne évidemment la parole...

On peut parler de vos films de patrimoine et/ou de vos choix difficiles !

lundi 15 juin 2026

Homérique

Sa position face à un détroit lui permet d'exercer un véritable contrôle sur les navires qui, jour après jour, assurent le commerce international. La puissance qui en résulte vient nourrir les inquiétudes et intentions belliqueuses d'autres États, enclins à lui faire une "guerre préventive". S'agit-il de l'Iran ? Non: aujourd'hui, j'évoque... la ville antique de Troie !

Nul ne peut affirmer avec certitude que cette cité a réellement existé. J'imagine que vous connaissez déjà - au moins sommairement - l'histoire qu'entre autres auteurs de l'Antiquité, Homère racontait à son sujet. Pâris, fils de Priam, roi de Troie, décide de partir en mission à Sparte pour maintenir la paix avec l'ensemble des peuples grecs voisins. Problème: il rencontre alors Hélène, la femme de Ménélas, un souverain dont il espérait se faire un allié. C'est un coup de foudre réciproque ! Parti nouer une alliance, le prince troyen fait naître un conflit majeur. Cette légende, maintes fois racontée à travers les âges, l'est à nouveau dans Hélène de Troie, un majestueux péplum américain des années 50 que j'ai découvert récemment. Surprise: il commence par cinq minutes d'ouverture musicale, aussitôt suivies de deux autres de générique. Cette caractéristique vintage nous habitue aussitôt à la patine ancienne du long-métrage et, à mes yeux, contribue nettement à son charme. Tout cela n'a rien de moderne, bien sûr, mais ce côté tout à fait désuet correspond bien à ce que j'attendais: un pur régal visuel - "à l'ancienne".

Ce qui a su rendre mon immersion facile, c'est sans nul doute l'absence d'acteurs déjà vus ailleurs, à l'exception d'une Brigitte Bardot pimpante du haut de ses 22 ans, dans le rôle d'Andraste, une jeune esclave. Vedettes d'un casting largement britannique, l'Italienne Rossana Podestà et le Français Jacques Sernas se distinguent donc par leurs nationalités latines - je suppose qu'ils auront aussi été retenus pour leur physique. Une chose est sûre: tout ce petit monde s'est déplacé jusqu'en Italie pour un tournage de quelques mois (mars - août 1954), orchestré en duo par la Warner et la société italienne Lux Film. C'est sans réelle surprise que j'ai appris la mise à contribution des fameux studios de Cinecittà. Tourné en Cinémascope, Hélène de Troie est une grosse production. Mais, même à sa sortie, elle semble ne pas avoir connu un accueil public et critique aussi enthousiaste que ses concepteurs avaient pu l'espérer. Pourquoi cela ? Je l'ignore, mais la concurrence était rude, à l'époque. Quelque sept décennies plus tard, le film m'a touché par sa démesure. Je préfère le carton-pâte et les figurants à TOUS les effets numériques !

Hélène de Troie
(Helen of Troy)
Film italo-américain de Robert Wise / 1956
Une réussite qui devrait - aisément - satisfaire les amateurs du genre. Le péplum est né aux heures du muet et a vécu jusqu'aux sixties. L'alliance Italie / États-Unis accouchait alors d'oeuvres spectaculaires. Sans grand studio américain, la vieille Europe tient aussi son lot de films intéressants, tels que Le colosse de Rhodes, le premier Sergio Leone. Lequel, deux ans plus tôt, avait signé... la course de chars de Ben-Hur !

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On reviendra à Troie dans un mois pile...
C'est en effet à partir du 15 juillet prochain que les salles françaises accueilleront L'odyssée, le tout nouveau film de Christopher Nolan. L'impayable Elon Musk n'a pas attendu pour témoigner de son opposition frontale à ce projet d'envergure, au seul motif que l'interprète d'Hélène sera une actrice... noire: la sublime - et déjà oscarisée - Lupita Nyong'o.

Bon, si vous n'avez pas envie d'attendre...
Vous pouvez chercher la mention du film de 1956 chez Princécranoir. Autre option: lire Vincent et en savoir (beaucoup) plus sur Robert Wise !

dimanche 14 juin 2026

Sang et poussière

Il y a quelques jours, je vous avais promis de vous parler d'un western italien: Les cruels est en réalité une coproduction hispano-italienne. Son réalisateur, Sergio Corbucci, est l'un de ceux qui, depuis Cinecittà, ont eu cette audace de s'emparer du genre américain "par excellence" pour mieux le pervertir et le remettre aux mains des mauvais garçons...

Comme avec Le brigand bien-aimé, revenons à la fin du 19ème siècle ! Le film européen qui nous intéresse aujourd'hui présente une singularité certaine: il bénéficie également de la présence au casting d'une vedette hollywoodienne au talent plus que confirmé, j'ai nommé Joseph Cotten. D'aucuns ont suggéré que ses heures de gloire étaient alors derrière lui. C'est possible, mais peu importe: c'est un acteur que j'ai aimé retrouver.

Ancien soldat de l'armée confédérée, le colonel Jonas a rendu les armes sans pour autant avoir fini de digérer la victoire des Yankees du nord. Ses fils et lui ont donc tendu un piège à un convoi de transport de fonds dans l'idée que l'argent leur permettrait de réunir une nouvelle troupe prompte à reprendre le combat. Les bandits ont ainsi planqué le magot dans un cercueil et prétendent que ce dernier est celui d'un officier tué au front... et dont la dépouille doit désormais être ensevelie chez lui. Ils ont même trouvé une femme pour porter l'habit de la veuve éplorée. Je salue la Brésilienne Norma Bengell dans le (quasi-)seul rôle féminin. Claire est centrale dans ce road movie dans le Grand Ouest - on notera toutefois que, pour l'essentiel, le tournage a eu lieu sur le sol espagnol. Que dire ? Comme d'autres de cet acabit, Les cruels est un film violent. Je dirais même davantage: un film quasi-nihiliste, sans morale véritable et sans vrai héros. Je peux d'ailleurs concevoir que ce qu'il nous raconte soit réaliste dans le contexte de l'immédiate après-Guerre de sécession !

Les cruels
(I crudeli)
Film hispano-italien de Sergio Corbucci / 1967
Peut-être davantage encore que Leone et Sollima, le "troisième Sergio" aura pu se targuer d'une filmographie aussi pléthorique que diversifiée. Ce western n'est pas le plus connu, un cran en-dessous des références que sont - dans cet ordre - Django (1966) et Le grand silence (1968). Découvrir cette fausse trilogie en 2026 est tout sauf une mauvaise idée. Quitte, ensuite, à se tourner vers des longs-métrages d'un autre genre...

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Vous cherchez d'autres desperados pour vous accompagner ?

J'ai le regret de vous dire que, cette fois, "L"oeil sur l'écran" a mis pied à terre. Bon, fidèle d'entre les fidèles, Vincent, lui, chevauche encore...

samedi 13 juin 2026

Au plus malin

Certains d'entre vous le savent: c'est à Nice que j'ai terminé mes études supérieures et, alors que je pensais y rester deux ans, j'en suis reparti en 2019 après y être arrivé en 1998 ! Depuis, c'est toujours avec plaisir que je retrouve la Côte d'Azur - y compris sur les écrans de cinéma. Quand j'ai regardé Le plus escroc des deux, j'étais en terrain familier...
 
Récemment diffusé sur Arte, ce petit film américain s'appuie sur un duo sympathique (et inédit, il me semble): Steve Martin et Michael Caine. Autant vous le dire tout de suite: le premier nommé en fait des caisses. Cela dit, son rôle s'y prête, mais le fait est que son camarade de jeu s'illustre dans un registre plus sobre. Ouf ! Le plus escroc des deux demeure toutefois un très honnête divertissement. Dans une station balnéaire, un homme bien habillé se cache derrière diverses identités prestigieuses pour mieux séduire des femmes et prendre leur argent. Alors que ses affaires tournent rond, il voit débarquer un autre type usant des mêmes stratagèmes, plus jeune et (beaucoup) moins discret. Un rival avec lequel il devra composer, au moment où une jolie héritière verra son nom s'ajouter à la déjà longue liste des potentielles victimes. Vous l'aurez compris: tout cela n'est pas très sérieux, mais assez riche en rebondissements pour vous offrir un bon moment devant la téloche. Pour une soirée de fin de printemps, c'est donc tout à fait acceptable. Au pire, vos yeux pourront se régaler des beaux paysages de la Riviera...

Le plus escroc des deux
(Dirty rotten scoundrels)
Film américain de Frank Oz / 1988
Les arnaqueurs sont toujours de très attrayants personnages de fiction ! C'est donc avec plaisir que j'ai regardé ce long-métrage old school réalisé par un cinéaste que je connaissais déjà un peu (cf. In & out). Pour la Côte d'Azur, on peut aussi se tourner vers de grands classiques français d'une autre époque, comme par exemple Ne nous fâchons pas. Rien ne va plus restant un excellent plan B pour les embrouilles en duo.

vendredi 12 juin 2026

Un bébé pour cible

Deux parfaites réussites. En avril, les membres de la mission Artémis II ont mis cinq jours et 27 minutes pour émettre du point le plus éloigné de la Terre jamais atteint par un être humain. Quatre jours, 13 heures et 24 minutes étaient passées, en juillet 1969, entre l'envol d'Appolo XI et les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune. L'aventure continue...

Je pensais à cela il y a peu, en regardant un film d'action américain sorti l'année dernière: Les 4 Fantastiques - Premiers pas. Son scénario repose sur l'idée (assez peu originale) qu'un gigantesque vaisseau spatial approche de notre planète afin que son pilote, un titan de taille démesurée, la détruise. Par l'intermédiaire d'une créature humanoïde argentée, étonnamment dotée d'une planche de surf, le sieur Galactus fait toutefois savoir qu'il est disposé à épargner l'humanité... si un bébé lui est livré pour assouvir son appétit d'ogre. Mais pas n'importe lequel. Avant même sa naissance, l'abominable géant a en effet jeté son dévolu sur un nouveau né spécifique: l'enfant de Susan Storm et Reed Richards. Ces astronautes ont développé des super-pouvoirs après une exposition aux radiations solaires: il se peut donc que leur progéniture en hérite. Les périls qui pèsent sur elle laissent imaginer la suite du programme déroulé à l'écran. Je vous le confirme: on va droit vers une bataille XXL.

Les amateurs du genre auront su compter et noté que ce long-métrage est en fait le 37ème film du Marvel Cinematic Universe. Il se présente comme le premier d'une phase VI censée durer jusqu'en décembre 2027. D'où cette question légitime: faut-il avoir vu les 36 épisodes précédents pour apprécier Les 4 Fantastiques - Premiers pas ? Je ne le crois pas. Pour ma part, je n'en ai vu que sept, et cela m'a semblé bien suffisant pour comprendre les enjeux (fort limités) de cet opus. Un carton final souligne d'ailleurs que les personnages reviendront dans un épisode ultérieur, attendu dans les salles françaises le 16 décembre prochain. Bon... celui que je vous présente aujourd'hui a le mérite d'être court. J'admets que son esthétique - rétrofuturiste - a du charme: son décor reproduit le New York des années 60 et, ma foi, c'est plutôt réussi. Après, bien évidemment, il faut accepter les grosses ficelles narratives comme celle qui prétend que tous les pays s'allient contre la menace extraterrestre, juste après le discours mobilisateur d'une jeune maman. Et encore une fois, ce sont des Américains blancs qui sauvent le monde !

Les 4 Fantastiques - Premiers pas
(The Fantastic 4 - First steps)
Film américain de Matt Shakman / 2025
Rien de bien extraordinaire, mais rien de honteux dans ce long-métrage considéré comme un bon cru dans la longue liste des Marvel au cinéma. Je l'ai rattrapé en VOD sur Disney + et j'ai passé une soirée correcte. Vais-je enchaîner ? Non. Les gardiens de la galaxie 1, 2 et 3 resteront probablement comme les superproductions Marvel les plus satisfaisantes pour le geek que je suis ! Je resterai toutefois à l'écoute de vos conseils.

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De votre côté, si vous voulez d'autres avis...

Je vous invite à trouver votre bonheur chez Pascale et/ou Princécranoir.

mercredi 10 juin 2026

Après Cannes, l'attente

Vous avoir parlé lundi du film d'ouverture du dernier Festival de Cannes m'a donné envie de jeter un oeil au calendrier prévisionnel des sorties des autres films récemment projetés sur la Croisette. J'ai vu la moitié des 22 films retenus en sélection officielle l'an passé. Mon score 2026 sera-t-il plus élevé ? Peut-être. Ou pas ! Je n'en ai pas la moindre idée...

Ce qui semble acquis, c'est qu'il nous faudra attendre jusqu'au 19 août pour voir Fjord, la Palme d'or. C'est la deuxième fois que la récompense suprême consacre le réalisateur roumain Cristian Mungiu, déjà honoré en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, un film sur l'avortement. D'après le Figaro, son nouvel opus "suit les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux installé dans un village, où leurs voisins et la protection de l’enfance vont faire vaciller un fragile équilibre". Présenté ainsi, cela ne me tente que très moyennement, mais on verra !

A priori, je suis plutôt attiré par Minotaure, le Grand Prix du jury 2026. Une raison à cela: l'identité de son réalisateur, Andreï Zviaguintsev. Généralement, ce réalisateur russe propose des films d'une intensité remarquable et n'hésite pas à faire entendre une voix tout à fait libre. Après avoir reçu son trophée, il a d'ailleurs évoqué la guerre en Ukraine et appelé Vladimir Poutine à  "mettre un terme à cette boucherie". Soyons patients, désormais: son film doit sortir le 14 octobre prochain. Parmi ses sources d'inspiration, on a parlé d'un certain Claude Chabrol...

Et sinon ? Je constate que, cette année, le jury s'est montré généreux en désignant au total QUATRE lauréats pour les Prix d'interprétation. Chez les dames, d'abord, Virginie Efira et la Japonaise Tao Akamoto décrochent la timbale pour Soudain, un film nippon sur les soins apportés aux personnes âgées (sortie française programmée le 12 août). Du côté des hommes, un duo franco-belge s'illustre: Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, 20 et 22 ans, occupent les deux rôles principaux de Coward, un long-métrage sur l'homosexualité de deux soldats engagés dans la Guerre de 1914 (sans encore de date de sortie connue). Il y a aussi eu deux ex-aequo pour la mise en scène, cette année. Soit...

Je ne vais pas citer tout le monde: ce serait sans nul doute fastidieux. Une chose à ne surtout pas oublier: plusieurs films présentés à Cannes sont d'ores et déjà sortis dans les salles obscures... et je pense en voir quelques-uns. Au choix: Autofiction, le nouveau Pedro Almodovar, et L'être aimé, signé Rodrigo Sorogoyen, sont certes repartis bredouilles de la Croisette, mais semblent faire honneur à la vitalité du cinéma espagnol. On peut aussi opter pour Histoires parallèles, le film français de l'Iranien Asghar Farhadi - le mélange des cultures est une chance. Perso, je tiens à voir Garance, avec une Adèle Exarchopoulos alcoolique au mieux de son talent, Notre salut, qui nous présente Swann Arlaud dans le costume d'un collabo, et Sheep in the box, le tout nouvel opus de Hirokazu Kore-eda. Est-ce que j'en ai négligé ? L'avenir nous le dira...

La rumeur veut qu'un bon Festival de Cannes n'existe pas... sans pluie. Mais, plus que les intempéries, ce sont régulièrement les polémiques plus ou moins fondées qui viennent animer les habitués de la Croisette. Cette année, les débats se sont enflammés autour d'une tribune signée par quelque 600 professionnels du cinéma - des acteurs, réalisateurs, scénaristes, producteurs ou techniciens. Objectif: dénoncer la mainmise de Vincent Bolloré sur le secteur. De quoi pousser Canal +, par le biais de son président Maxime Saada, à prendre la défense de son actionnaire de référence et à indiquer que les signataires seraient désormais privés de financement. 160 millions d'euros devaient être alloués cette année !

Je n'ai que peu d'infos supplémentaires à ce stade, n'ayant suivi l'actu festivalière que de loin, cette fois. J'ai tout de même eu des échos favorables de la prestation d'Eye Haïdara en maîtresse de cérémonie. Elle aussi est visible sur grand écran en ce moment, avec Mata, un film d'espionnage sorti le 27 mai (et dont je vous reparlerai... peut-être). Comme souvent, le temps est vite passé sur la Croisette: les habitués des festivals se tournent désormais vers Venise, où la 83ème Mostra démarrera le 2 septembre prochain. D'ici là, il se peut que Cannes nourrisse d'autres chroniques sur Mille et une bobines, à court terme. Négliger ce grand événement serait à mes yeux tout à fait impensable...

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Que faut-il en espérer pour le millésime 2027 ?

Il est beaucoup trop tôt pour le savoir, mais on peut d'ores et déjà noter que le Festival célébrera sa 80ème édition (les dates restant à préciser).

En bonus, ce que j'ai vu de la sélection officielle 2025...
La Palme bien sûr : Un simple accident 
Et (par ordre alphabétique) : L'agent secret / Alpha / Dossier 137 
The mastermindNouvelle vague / La petite dernière 
The Phoenician scheme / Romería / Sirāt / Le son des souvenirs 

Et sans transition aucune...
Un petit rappel: Disclosure day, le nouveau Spielberg, sort aujourd'hui.

lundi 8 juin 2026

Juste une illusion ?

Un conseil: si votre cinéma préféré l'a gardé à l'affiche jusqu'à ce jour de fin de printemps, vous devriez enfin aller voir La Vénus électrique. C'est l'un des tous meilleurs films français de ce premier semestre 2026. Il avait créé l'événement en ouverture du dernier Festival de Cannes. Comme d'autres auparavant, il avait alors été projeté hors-compétition.

Cette absence au palmarès n'efface pas les qualités de ce long-métrage situé à Paris et Saint-Ouen, à proximité quasi-immédiate du Montmartre de l'entre-deux-guerres. Suzanne y travaille dur, au service d'un maître forain assez rustre: chaque jour, elle monte sur une scène improvisée pour embrasser des hommes à pleine bouche et feindre ainsi un amour véritable, décharge électrique à l'appui. Un soir, un drôle de quiproquo fait qu'elle est confondue avec Claudia, la diseuse de bonne aventure, par Antoine, un peintre en totale panne d'inspiration, devenu alcoolique et soucieux d'entrer en communication avec Irène, sa femme décédée. La belle comprend bien vite qu'elle pourrait tirer un important profit financier du malentendu et, sans vergogne, ne le détrompe donc pas. Elle tombe ensuite sur Armand, un galeriste qui se dit l'ami du "pigeon". Voilà ! Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche m'ont régalé dans cette histoire d'arnaque à la petite semaine - ils sont très drôles. Bientôt rejoints par Vimala Pons, ils forment avec elle un quatuor remarquable, au service d'une excellente comédie, à l'écriture ciselée...

L'anecdote est savoureuse: le scénario repose en fait sur l'idée originale d'un fameux duo, Rebecca Zlotowski et Robin Campillo (à retrouver ici). Avant d'en tirer son onzième long, le cinéaste Pierre Salvadori la portait comme acteur dans Planétarium (2016), oeuvre de sa jeune consoeur. Autant le citer: "Le sujet est venu à moi de façon assez surprenante". L'ingénieux réalisateur indique aussi avoir essayé de transposer l'intrigue dans le Paris d'aujourd'hui et pu constater que cela ne fonctionnait pas. D'un ton très personnel, il produit encore la preuve d'un savoir-faire indéniable et rend crédible son impeccable reconstitution d'époque. J'ose l'affirmer: rien que pour son esthétique, ce film vaut le détour. Vous pourrez également noter que, comme d'autres longs-métrages signés du même auteur, La Vénus électrique joue aussi sur la gamme aigre-douce, certains passages étant très franchement mélancoliques. Cela envisagé, aucun doute à ce sujet: c'est avant tout une comédie familiale qui vous est proposée, apte à séduire le plus large des publics amateurs du genre. Et il serait donc tout à fait dommage de s'en priver !

La Vénus électrique
Film français de Pierre Salvadori / 2026

Il y a toujours eu une forme de grâce et d'élégance dans la filmographie de ce réalisateur attachant qui, ici, nous offre le meilleur de son talent. Choisir le cadre des années 1920 m'a agréablement rappelé Mon crime. J'ai aussi repensé à La pièce rapportée. Des messages sur l'époque actuelle passent et c'est bien: le film en sort meilleur encore, au final. Qu'il soit (multi-)récompensé aux César 2027 ne serait pas scandaleux...

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Je vous recommande d'ouvrir les oreilles...
Très réussie, la musique du film est signé du talentueux Camille Bazbaz. J'apprends que c'est la sixième fois qu'il collabore avec Pierre Salvadori.

Et en attendant les autres surprises de l'année...

Vous gagneriez à faire un nouveau tour sur le blog de l'ami Princécranoir. Autre option (complémentaire): (re)visiter celui de notre chère Pascale.

samedi 6 juin 2026

Il s'appelait Jesse

Et voilà ! Encore un film qui pourrait joliment introduire une chronique toute consacrée à l'usage de la couleur dans le cinéma hollywoodien ! J'insiste: Le brigand bien-aimé porte bien ses presque neuf décennies. Ce western est souvent présenté comme précurseur et je l'ai découvert par un hasard heureux - un soir de mai, sur Arte et avec ma chère mère.

Contrairement à elle (et au public des années 30), le nom Jesse James pourrait vous être familier. J'imagine qu'il l'était pour les Américains d'alors, puisqu'il est repris comme titre original de ce long-métrage. Sans doute l'était-il encore davantage pour les hommes et les femmes de la fin du 19ème siècle, sitôt la Guerre de sécession enfin terminée...

Ajustant les faits historiques à sa vision, le scénariste Nunnaly Johnson réinvente Jesse James et présente d'abord ce bandit de grand chemin comme une victime: celle des exploitants ferroviaires - sans scrupule - qui ont tué sa mère, la vieille dame ayant refusé de céder son terrain. Avec son frère Frank, le jeune homme entame alors une vie de cavale. Étonnamment, il acquiert la réputation d'une sorte de Robin des Bois des terres rurales du Sud et peut épouser la belle Zerelda - alias Zee. Même s'il apparaît alors comme le chef d'une bande de pilleurs de trains et de banques, Jesse est presque toujours charismatique et avenant. Tyrone Power livre ici une composition qui justifie pleinement le titre français du film: oui, Le brigand bien-aimé est un homme attachant. Comment évoluera-t-il ? Je vous laisserai le découvrir par vous-mêmes. Chevaucher avec Nancy Kelly (Zee) et Henry Fonda (Frank) est un régal. Car pour le coup, même les rôles secondaires ont une vraie importance !

Le brigand bien-aimé
(Jesse James)
Film américain de Henry King / 1939
La figure de Jesse James a inspiré bien des cinéastes, dès les heures lointaines du cinéma muet. Je ne peux que vous recommander un opus sorti en 2007: L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Vous constaterez que, parfois, mythe et réalité peuvent se confondre. Après tout, c'est peut-être bien là que réside l'intérêt du western. Possible que j'en voie (au moins) un autre prochainement, venu d'Italie !

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Une info pour aller plus loin...

Mon film du jour a eu une suite: Le retour de Frank James, traduction fidèle du titre original, un film sorti dès 1940 et réalisé par Fritz Lang. Peut-être que je vous parlerai aussi d'un remake (Nicholas Ray / 1957)...

jeudi 4 juin 2026

Un beau mirage

J'ai vérifié: Olivier Nakache et Éric Toledano ont fêté leurs 12 et 14 ans dans le courant de l'année 1985. C'est dans ce passé pas trop éloigné qu'ils situent l'action de Juste une illusion, leur dernier opus à ce jour. De quoi alimenter un peu de nostalgie, mais aussi susciter des sourires. Et attirer près de 1,6 million de spectateurs en quatre semaines. Bingo !

Sans être exceptionnel, ce joli petit film est assez agréable à regarder. L'intrigue tourne autour de Vincent, un préado amoureux d'une copine de classe. De classe scolaire, mais pas de classe sociale: le garçon habite dans un HLM, mais la demoiselle une maison d'apparence cossue. Si vous avez connu cette époque, vous la reconnaîtrez - sans nul doute. Il y a probablement plusieurs séquences directement inspirées de la vie réelle des deux réalisateurs, qui dédient d'ailleurs chacun leur création à leur père, l'un et l'autre décédés au cours du tournage. Je veux dire qu'heureusement, leur éventuelle mélancolie ne plombe pas le film. Parfois aigre-doux, Juste une illusion est avant tout une comédie familiale, destinée au plus large public (qui n'en fait pas un triomphe). Comme son titre invite d'emblée à l'imaginer, l'un des meilleurs atouts de cette prod' 100% française est sa bande originale, toute en "tubes" des eighties. C'est parfait: Camille Cottin, Louis Garrel et Pierre Lottin s'amusent - nous aussi. Idem pour l'enfant, Simon Boublil, le jeune fils de Philippe Torreton. Une troupe et assurément une joyeuse compagnie.

Juste une illusion
Film français d'Olivier Nakache et Éric Toledano / 2026

En ces temps difficiles, la douceur de cet opus fait du bien au moral. Quelque chose rappelle l'atmosphère de La boum ou Le péril jeune. L'idéal est de ne pas en attendre trop: cela reste un tout petit film d'auteur, fragile mais je crois sincère. Je doute qu'il tutoie les sommets du box-office national, comme Intouchables ou Le sens de la fête. Qu'importe car mon Nakache/Toledano préféré restera... Hors normes !

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Y a-t-il d'autres nostalgiques dans la salle ?

Je vous laisse prendre connaissance des avis de Pascale et Princécranoir.

mardi 2 juin 2026

La blessure du père

Que cache Tom, exactement ? Quelle raison intime peut bien le pousser à partir une année entière, avec son fils Roy, sur une petite île inhabitée de Norvège ? On peut se poser ces questions devant Sukkwan Island. Rien d'obligatoire. On peut aussi voir le film comme une robinsonnade du côté des fjords et y puiser le plaisir d'une escapade en pleine nature.

Autant vous le dire: si tout cela m'a attiré et si, loin de mes habitudes citadines, j'ai fait ce choix, c'était avant tout pour suivre Swann Arlaud. Il n'est pas le plus médiatique, j'ose l'affirmer, mais je le considère comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération - il est né en 1981. Une fois de plus, je l'ai trouvé à son aise dans les habits d'un homme tourmenté, et ce alors qu'il s'exprime presque intégralement en anglais. Avec Woody Norman, 17 ans, que je découvrais, il forme un duo crédible et attachant. C'est vrai que cette incarnation s'appuie sur le long travail d'adaptation effectué par le metteur en scène, à partir d'un roman original de l'Américain David Vann (édité en 2010 chez Gallmeister). L'auteur lui-même s'est d'ailleurs dit très satisfait du résultat à l'écran. Vous comprendrez en le voyant et/ou en le lisant que Sukkwan Island n'est pas pour lui un récit comme les autres. J'en viens même à espérer que le cinéma encouragera un plus large public à s'y intéresser. À suivre.

Rassurez-vous: je ne vous ai donné qu'un tout petit indice avec le titre choisi pour cette chronique. Parcourir quelques critiques a posteriori m'a par ailleurs appris que l'intrigue dont je vous dis un mot aujourd'hui n'était pas tout à fait présentée de la même façon dans le bouquin. J'ajoute cette autre certitude: les images qui lui donnent vie désormais sont très belles et peuvent éveiller l'envie de partir loin, à l'aventure. Les acteurs ont parfois dû affronter des températures de -25/-30°C. Sans mentir, Sukkwan Island a aussi été un voyage pour le spectateur ordinaire que je suis, habitué au confort silencieux des salles obscures. Assurément, ses presque deux heures sont passées à toute vitesse. Après la séance, j'ai apprécié qu'il fasse nuit et que les rues de ma ville soient donc relativement calmes, en écho au sublime environnement que je venais de quitter - je compte le retrouver bientôt, avec l'écrit. Avis de passionné: le film, lui, aurait mérité un accueil plus chaleureux !

Sukkwan Island
Film français de Vladimir de Fontenay / 2026

C'est en fait une coproduction internationale, tournée à 99% en langue anglaise, avec également des appuis britanniques, belges et norvégiens. Elle évoque Le retour et Into the wild, mais le propos est différent. Idem pour La vie pure ou La belle vie, qui retracent des aventures vécues en solitaire (avec toute la dose de risque que cela peut induire). Je peux conseiller Tracks pour un retour à la nature un peu plus apaisé !