lundi 8 juin 2026

Juste une illusion ?

Un conseil: si votre cinéma préféré l'a gardé à l'affiche jusqu'à ce jour de fin de printemps, vous devriez enfin aller voir La Vénus électrique. C'est l'un des tous meilleurs films français de ce premier semestre 2026. Il avait créé l'événement en ouverture du dernier Festival de Cannes. Comme d'autres auparavant, il avait alors été projeté hors-compétition.

Cette absence au palmarès n'efface pas les qualités de ce long-métrage situé à Paris et Saint-Ouen, à proximité quasi-immédiate du Montmartre de l'entre-deux-guerres. Suzanne y travaille dur, au service d'un maître forain assez rustre: chaque jour, elle monte sur une scène improvisée pour embrasser des hommes à pleine bouche et feindre ainsi un amour véritable, décharge électrique à l'appui. Un soir, un drôle de quiproquo fait qu'elle est confondue avec Claudia, la diseuse de bonne aventure, par Antoine, un peintre en totale panne d'inspiration, devenu alcoolique et soucieux d'entrer en communication avec Irène, sa femme décédée. La belle comprend bien vite qu'elle pourrait tirer un important profit financier du malentendu et, sans vergogne, ne le détrompe donc pas. Elle tombe ensuite sur Armand, un galeriste qui se dit l'ami du "pigeon". Voilà ! Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche m'ont régalé dans cette histoire d'arnaque à la petite semaine - ils sont très drôles. Bientôt rejoints par Vimala Pons, ils forment avec elle un quatuor remarquable, au service d'une excellente comédie, à l'écriture ciselée...

L'anecdote est savoureuse: le scénario repose en fait sur l'idée originale d'un fameux duo, Rebecca Zlotowski et Robin Campillo (à retrouver ici). Avant d'en tirer son onzième long, le cinéaste Pierre Salvadori la portait comme acteur dans Planétarium (2016), oeuvre de sa jeune consoeur. Autant le citer: "Le sujet est venu à moi de façon assez surprenante". L'ingénieux réalisateur indique aussi avoir essayé de transposer l'intrigue dans le Paris d'aujourd'hui et pu constater que cela ne fonctionnait pas. D'un ton très personnel, il produit encore la preuve d'un savoir-faire indéniable et rend crédible son impeccable reconstitution d'époque. J'ose l'affirmer: rien que pour son esthétique, ce film vaut le détour. Vous pourrez également noter que, comme d'autres longs-métrages signés du même auteur, La Vénus électrique joue aussi sur la gamme aigre-douce, certains passages étant très franchement mélancoliques. Cela envisagé, aucun doute à ce sujet: c'est avant tout une comédie familiale qui vous est proposée, apte à séduire le plus large des publics amateurs du genre. Et il serait donc tout à fait dommage de s'en priver !

La Vénus électrique
Film français de Pierre Salvadori / 2026

Il y a toujours eu une forme de grâce et d'élégance dans la filmographie de ce réalisateur attachant qui, ici, nous offre le meilleur de son talent. Choisir le cadre des années 1920 m'a agréablement rappelé Mon crime. J'ai aussi repensé à La pièce rapportée. Des messages sur l'époque actuelle passent et c'est bien: le film en sort meilleur encore, au final. Qu'il soit (multi-)récompensé aux César 2027 ne serait pas scandaleux...

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Je vous recommande d'ouvrir les oreilles...
Très réussie, la musique du film est signé du talentueux Camille Bazbaz. J'apprends que c'est la sixième fois qu'il collabore avec Pierre Salvadori.

Et en attendant les autres surprises de l'année...

Vous gagneriez à faire un nouveau tour sur le blog de l'ami Princécranoir. Autre option (complémentaire): (re)visiter celui de notre chère Pascale.

samedi 6 juin 2026

Il s'appelait Jesse

Et voilà ! Encore un film qui pourrait joliment introduire une chronique toute consacrée à l'usage de la couleur dans le cinéma hollywoodien ! J'insiste: Le brigand bien-aimé porte bien ses presque neuf décennies. Ce western est souvent présenté comme précurseur et je l'ai découvert par un hasard heureux - un soir de mai, sur Arte et avec ma chère mère.

Contrairement à elle (et au public des années 30), le nom Jesse James pourrait vous être familier. J'imagine qu'il l'était pour les Américains d'alors, puisqu'il est repris comme titre original de ce long-métrage. Sans doute l'était-il encore davantage pour les hommes et les femmes de la fin du 19ème siècle, sitôt la Guerre de sécession enfin terminée...

Ajustant les faits historiques à sa vision, le scénariste Nunnaly Johnson réinvente Jesse James et présente d'abord ce bandit de grand chemin comme une victime: celle des exploitants ferroviaires - sans scrupule - qui ont tué sa mère, la vieille dame ayant refusé de céder son terrain. Avec son frère Frank, le jeune homme entame alors une vie de cavale. Étonnamment, il acquiert la réputation d'une sorte de Robin des Bois des terres rurales du Sud et peut épouser la belle Zerelda - alias Zee. Même s'il apparaît alors comme le chef d'une bande de pilleurs de trains et de banques, Jesse est presque toujours charismatique et avenant. Tyrone Power livre ici une composition qui justifie pleinement le titre français du film: oui, Le brigand bien-aimé est un homme attachant. Comment évoluera-t-il ? Je vous laisserai le découvrir par vous-mêmes. Chevaucher avec Nancy Kelly (Zee) et Henry Fonda (Frank) est un régal. Car pour le coup, même les rôles secondaires ont une vraie importance !

Le brigand bien-aimé
(Jesse James)
Film américain de Henry King / 1939
La figure de Jesse James a inspiré bien des cinéastes, dès les heures lointaines du cinéma muet. Je ne peux que vous recommander un opus sorti en 2007: L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Vous constaterez que, parfois, mythe et réalité peuvent se confondre. Après tout, c'est peut-être bien là que réside l'intérêt du western. Possible que j'en voie (au moins) un autre prochainement, venu d'Italie !

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Une info pour aller plus loin...

Mon film du jour a eu une suite: Le retour de Frank James, traduction fidèle du titre original, un film sorti dès 1940 et réalisé par Fritz Lang. Peut-être que je vous parlerai aussi d'un remake (Nicholas Ray / 1957)...

jeudi 4 juin 2026

Un beau mirage

J'ai vérifié: Olivier Nakache et Éric Toledano ont fêté leurs 12 et 14 ans dans le courant de l'année 1985. C'est dans ce passé pas trop éloigné qu'ils situent l'action de Juste une illusion, leur dernier opus à ce jour. De quoi alimenter un peu de nostalgie, mais aussi susciter des sourires. Et attirer près de 1,6 million de spectateurs en quatre semaines. Bingo !

Sans être exceptionnel, ce joli petit film est assez agréable à regarder. L'intrigue tourne autour de Vincent, un préado amoureux d'une copine de classe. De classe scolaire, mais pas de classe sociale: le garçon habite dans un HLM, mais la demoiselle une maison d'apparence cossue. Si vous avez connu cette époque, vous la reconnaîtrez - sans nul doute. Il y a probablement plusieurs séquences directement inspirées de la vie réelle des deux réalisateurs, qui dédient d'ailleurs chacun leur création à leur père, l'un et l'autre décédés au cours du tournage. Je veux dire qu'heureusement, leur éventuelle mélancolie ne plombe pas le film. Parfois aigre-doux, Juste une illusion est avant tout une comédie familiale, destinée au plus large public (qui n'en fait pas un triomphe). Comme son titre invite d'emblée à l'imaginer, l'un des meilleurs atouts de cette prod' 100% française est sa bande originale, toute en "tubes" des eighties. C'est parfait: Camille Cottin, Louis Garrel et Pierre Lottin s'amusent - nous aussi. Idem pour l'enfant, Simon Boublil, le jeune fils de Philippe Torreton. Une troupe et assurément une joyeuse compagnie.

Juste une illusion
Film français d'Olivier Nakache et Éric Toledano / 2026

En ces temps difficiles, la douceur de cet opus fait du bien au moral. Quelque chose rappelle l'atmosphère de La boum ou Le péril jeune. L'idéal est de ne pas en attendre trop: cela reste un tout petit film d'auteur, fragile mais je crois sincère. Je doute qu'il tutoie les sommets du box-office national, comme Intouchables ou Le sens de la fête. Qu'importe car mon Nakache/Toledano préféré restera... Hors normes !

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Y a-t-il d'autres nostalgiques dans la salle ?

Je vous laisse prendre connaissance des avis de Pascale et Princécranoir.

mardi 2 juin 2026

La blessure du père

Que cache Tom, exactement ? Quelle raison intime peut bien le pousser à partir une année entière, avec son fils Roy, sur une petite île inhabitée de Norvège ? On peut se poser ces questions devant Sukkwan Island. Rien d'obligatoire. On peut aussi voir le film comme une robinsonnade du côté des fjords et y puiser le plaisir d'une escapade en pleine nature.

Autant vous le dire: si tout cela m'a attiré et si, loin de mes habitudes citadines, j'ai fait ce choix, c'était avant tout pour suivre Swann Arlaud. Il n'est pas le plus médiatique, j'ose l'affirmer, mais je le considère comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération - il est né en 1981. Une fois de plus, je l'ai trouvé à son aise dans les habits d'un homme tourmenté, et ce alors qu'il s'exprime presque intégralement en anglais. Avec Woody Norman, 17 ans, que je découvrais, il forme un duo crédible et attachant. C'est vrai que cette incarnation s'appuie sur le long travail d'adaptation effectué par le metteur en scène, à partir d'un roman original de l'Américain David Vann (édité en 2010 chez Gallmeister). L'auteur lui-même s'est d'ailleurs dit très satisfait du résultat à l'écran. Vous comprendrez en le voyant et/ou en le lisant que Sukkwan Island n'est pas pour lui un récit comme les autres. J'en viens même à espérer que le cinéma encouragera un plus large public à s'y intéresser. À suivre.

Rassurez-vous: je ne vous ai donné qu'un tout petit indice avec le titre choisi pour cette chronique. Parcourir quelques critiques a posteriori m'a par ailleurs appris que l'intrigue dont je vous dis un mot aujourd'hui n'était pas tout à fait présentée de la même façon dans le bouquin. J'ajoute cette autre certitude: les images qui lui donnent vie désormais sont très belles et peuvent éveiller l'envie de partir loin, à l'aventure. Les acteurs ont parfois dû affronter des températures de -25/-30°C. Sans mentir, Sukkwan Island a aussi été un voyage pour le spectateur ordinaire que je suis, habitué au confort silencieux des salles obscures. Assurément, ses presque deux heures sont passées à toute vitesse. Après la séance, j'ai apprécié qu'il fasse nuit et que les rues de ma ville soient donc relativement calmes, en écho au sublime environnement que je venais de quitter - je compte le retrouver bientôt, avec l'écrit. Avis de passionné: le film, lui, aurait mérité un accueil plus chaleureux !

Sukkwan Island
Film français de Vladimir de Fontenay / 2026

C'est en fait une coproduction internationale, tournée à 99% en langue anglaise, avec également des appuis britanniques, belges et norvégiens. Elle évoque Le retour et Into the wild, mais le propos est différent. Idem pour La vie pure ou La belle vie, qui retracent des aventures vécues en solitaire (avec toute la dose de risque que cela peut induire). Je peux conseiller Tracks pour un retour à la nature un peu plus apaisé !

lundi 1 juin 2026

Marilyn

Je vous dois la vérité: j'avais tout d'abord imaginé vous parler d'un film pour démarrer cette nouvelle semaine, mais j'ai soudainement réalisé que Marilyn Monroe aurait eu cent ans aujourd'hui ! Son destin tragique alimente sa légende, mais on en oublie presque ses qualités d'actrice. L'étoile s'est trop vite éteinte ! Serait-ce parce qu'elle brillait trop fort ?

Prétendre que je place Marilyn tout en haut du classement des stars hollywoodiennes serait mentir. J'ai cependant une certaine sympathie pour elle, ainsi que du respect. J'ai vu et apprécié plusieurs de ses films que je vous propose de retrouver ci-dessous, dans l'ordre chronologique:
► Quand la ville dort / John Huston / 1950,
► Ève / Joseph L. Mankiewicz / 1950,
► Niagara / Henry Hathaway / 1953,
► Comment épouser un millionnaire / Jean Negulesco / 1953,
► Rivière sans retour / Otto Preminger / 1954,
► Sept ans de réflexion / Billy Wilder / 1955,
► Arrêt d'autobus / Joshua Logan / 1956,
► Certains l'aiment chaud / Billy Wilder / 1959,
► Les désaxés / John Huston / 1961.

Les cinéastes qui lui ont fait confiance comptent parmi les plus grands. J'aime autant vous épargner la liste exhaustive de ses partenaires masculins et, à plus forte raison, celle de ses amours tourmentées. Avant le mythe Monroe, il y a bien sûr Norma Jean Baker, une femme fragile que les hommes de son temps ont parfois traitée indignement. Cette partie de son histoire, il serait à mes yeux indécent de l'occulter !

On peut bien sûr s'interroger sur la part d'héritage léguée aux têtes d'affiche féminines d'aujourd'hui, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs. Je vous invite à me donner votre avis dans la section "commentaires". Une certitude: à Los Angeles, sa trace demeure sur le Walk of Fame parmi celles de plus de 2.800 autres personnalités (cf. le site officiel). Je suis convaincu que beaucoup d'eau coulera encore sous les ponts avant qu'elle ne s'efface - et pas du tout certain que ce soit possible. Cela valait bien une chronique, sans doute ! Et cent bougies à souffler...

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Il faut croire que j'ai hiberné...

J'aurais pu parler de cet "anniversaire" bien plus tôt. La Cinémathèque française consacre en effet une exposition à Marilyn depuis le 8 avril. Elle s'accompagne d'une rétrospective de ses films et de conférences. Vous êtes (ou irez) à Paris ? L'événement se prolonge jusqu'au 26 juillet.

dimanche 31 mai 2026

Du cinéma retrouvé

Bon... je publie une chronique de plus aujourd'hui et ça en fera donc 22 pour le seul mois de mai. Le même total qu'en janvier, une période partiellement consacrée au "rattrapage" d'après-pause de fin d'année. C'est beaucoup, mais je tenais à évoquer Gugusse et l'automate. J'admets aussi que d'autres cinéphiles ont été bien plus rapides que moi.

Gugusse et l'automate 
est le titre d'un court-métrage de Georges Méliès supposément perdu, mais que les équipes de la Bibliothèque du Congrès américain ont miraculeusement retrouvé, puis restauré et mis en ligne. Ces quelques secondes de pure magie nous ramènent en 1897: le cinéma venait de naître - la première séance remontant au 28 décembre 1895. Ceux qui ont retrouvé ce petit film ont dû connaître une belle émotion !

Dernièrement, il semble que des bobines inédites de Marcel Pagnol soient également remontées à la surface. J'ai en outre entendu parler d'un trésor caché de Federico Fellini, mais... déjà oublié les détails. Quoiqu'il en soit au juste, je suis toujours heureux que du matériel cinématographique ressorte parfois des limbes où il avait été relégué. Cela ne change pas le monde, mais évacue quelque temps son actualité morose. Oui, comme les six autres, le septième art garde ce pouvoir ! J'espère qu'il en disposera longtemps et qu'en 2172, un archéologue malicieux remettra au (goût du) jour les images oubliées de l'an 2026. Mais nos films seront-ils bien conservés ? C'est une tout autre question...

vendredi 29 mai 2026

Les murs du son

Mes chiffres datent de septembre 2025: sept millions de personnes sourdes ou malentendantes vivent en France métropolitaine aujourd'hui et, parmi elles, 500.000 sont atteintes d'une surdité profonde ou sévère. Ce handicap est le sujet d'un film espagnol arrivé jusqu'à nous le mois dernier: Sorda. Pas le premier du genre: le second... de la réalisatrice !

Eva Libertad García s'est inspirée de l'expérience de sa soeur cadette pour imaginer le beau personnage d'Ángela, une jeune femme sourde enceinte de son premier enfant. Visiblement, tout va pour le mieux dans le couple qu'elle forme avec le futur papa, Héctor, grâce à l'usage constant de la langue des signes et/ou à la lecture labiale. Le duo s'inquiète cependant de l'éventuelle incapacité d'audition de son bébé. Sitôt après sa naissance, les tests médicaux n'apportent aucune réponse définitive: il lui faudra attendre deux mois pour en avoir le coeur net. Autant l'affirmer: Sorda aurait très bien pu être un banal film voyeuriste et larmoyant. J'ai une bonne nouvelle: c'est exactement le contraire. L'association des deux frangines, l'une placée derrière la caméra, l'autre dans le rôle principal, produit une alchimie narrative toute particulière. Remarquablement écrit, le scénario n'élude aucun des vifs sentiments qui habitent Ángela, Héctor et leur entourage. C'est souvent touchant...

C'est précisément parce qu'il privilégie une approche à la fois collective et individuelle que j'ai trouvé le film si réussi, mais aussi si lumineux. Sans jamais verser dans le pathos, il nous permet d'approcher le ressenti des personnages et, littéralement, va même nous inviter à le partager. Comment ? Je préférerais vous laisser le découvrir en le voyant en salle. Ainsi que je l'ai lu, c'est aussi l'occasion de se souvenir qu'il est facile d'éviter des images, en détournant le regard ou en fermant les yeux, tandis qu'au cinéma, il est pratiquement impossible d'échapper au son. Or, Sorda nous invite justement à un complet repli sur notre intériorité et nous offre l'opportunité de découvrir les sensations que cela procure. Soyez rassurés: c'est potentiellement éprouvant, mais pas douloureux. J'oserai dire qu'il y a, à l'inverse, quelque chose de vibrant et d'unique dans cette proposition, vous laissant alors libres d'y répondre (ou pas). L'idéal étant, évidemment, de vivre cette émotion face à un écran XXL !

Sorda
Film espagnol d'Eva Libertad García / 2025

Je ne veux assurément pas oublier le formidable travail de l'actrice principale, Miriam Garlo, qui est elle-même devenue sourde à 7 ans. Autre grand mérite du film: son sous-titrage intégral pour les personnes malentendantes, qui le rend de fait plus inclusif que La famille Bélier. Un espoir: que cela ouvre la porte à d'autres cinéastes... et spectateurs. Je suis convaincu qu'on ne parlera jamais assez du handicap au cinéma !

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C'est aussi l'occasion de relayer d'autres avis...

L'ami Princécranoir a été le premier de mes comparses à parler du film. Et Pascale, elle aussi, l'a chroniqué, en quelques mots (plutôt élogieux).

[MAJ - samedi, 23h42 : j'avais d'abord indiqué qu'il s'agissait des débuts d'Eva Libertad García comme réalisatrice. Or, elle s'était déjà illustrée au format court, mais aussi dans le cinéma documentaire. Mea culpa !]
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mercredi 27 mai 2026

À propos d'Iizuka

L'animation a très clairement pris le dessus. J'ai vu La fille du konbini toute fin avril et c'était mon premier film japonais en images réelles depuis Egoist en septembre dernier. Tiens ! Lui aussi était sorti en 2022 dans son pays d'origine. Je n'ai aucune explication sur les quatre années passées avant sa diffusion en France. Un oubli des festivals, peut-être...

Iizuka faisait trop d'heures sup' et a quitté son poste de commerciale. Elle a facilement été embauchée comme caissière dans une supérette et, confrontée parfois à des clients malpolis, accepte toutefois d'y faire régulièrement... des heures sup' (en particulier les mercredis soirs). Toute sa vie se déroule selon une routine qui semble presque immuable. Sur le chemin du travail, la jeune employée passe sur un pont et se dit qu'elle pourrait un jour disparaître, sans que cela n'émeuve personne. Pensées suicidaires ? Pas sûr. Mais une profonde mélancolie, sûrement...

Réalisé par une femme, La fille du konbini nous propose un tableau assez sombre de la société japonaise contemporaine, via une héroïne solitaire. Ce n'est d'abord que superficiellement qu'elle tissera des liens avec d'autres filles et garçons de son âge, après avoir retrouvé une amie d'enfance. Le rythme du film ? Même chose: il... prend... son... temps. Moins d'une heure vingt, en l'occurrence, qui peut paraître longuette. Heureusement, Iizuka profite tout de même de ses belles rencontres pour marcher vers la lumière, s'acceptant doucement comme elle est. Ses pérégrinations peuvent ainsi avoir quelque chose de réconfortant. Je ne suis pas sûr en revanche qu'elles suscitent un grand enthousiasme.

La fille du konbini
(朝がくるとむなしくなる - Asa ga kuru to munashiku naru)
Film japonais de Yûho Ishibashi / 2022
"Quand vient le matin, je me sens vide": oui, c'est la traduction littérale du titre originel, la version française reprenant en fait celui du roman dont le film est l'adaptation (Sayaka Murata - éditions Denoël, 2016). Comparer ce morne quotidien à celui du vieil homme de Perfect days m'apparaît audacieux. Je pense à About Kim Sohee, en moins tragique. Et, pour le calme qui se dégage, à Takara. Loin des Clerks made in US...

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Le visage de l'actrice vous est familier ?
Elle s'appelle Erika Karata, a 28 ans et s'illustre aussi dans des séries TV. Vous l'aviez peut-être remarquée dans un autre (bon) film: Asako I et II.

Je termine, comme d'habitude, avec des liens...

Et je balance: c'est Princécranoir qui rapproche cet opus du Wenders ! Pascale est plus nuancée: elle dit avoir vu un film "plaisant" et "mignon".

lundi 25 mai 2026

Cavalerie

L'aviez-vous reconnu ? Mon personnage-mystère de samedi n'était autre que Michael Douglas, distingué d'une Palme d'or d'honneur en mai 2023. Aujourd'hui, je remonte le cours du cinéma américain avec deux films d'une autre légende de Hollywood: le réalisateur John Ford (1894-1973). Vous noterez la présence de John Wayne dans chacune des distributions.

Le massacre de Fort Apache (Fort Apache) 
/ 1948
Le colonel Owen Thursday - Henry Fonda - traverse le désert d'Arizona pour rejoindre sa nouvelle affectation. Dépité, cet intransigeant officier voyage avec Philadelphia, sa fille, âgée d'une petite vingtaine d'années. Arrivés à destination, les deux découvrent la garnison... en plein bal. Face à ce qu'il lui apparaît d'emblée comme le relâchement coupable d'une troupe indigne, Thursday entend restaurer une discipline de fer. Très vite, il s'oppose aux capitaines York et Collingwood, exigeant d'eux qu'ils préparent la troupe à une reprise de la guerre contre les Indiens. Le mérite de ce film ? Faire coexister une multitude de personnages parfaitement incarnés, militaires et civils, dans une mise en scène souvent spectaculaire (notamment lors des séquences de cavalcade). J'émettrais quelques réserves sur le montage, mais j'ai cru comprendre qu'il en existe d'autres versions, dont le director's cut, un peu plus long. Autant profiter de la musique, proche parfois d'une ouverture d'opéra. Sans oublier d'observer Shirley Temple dans l'un de ses derniers rôles. Vingt ans, c'est assez pour montrer que les grands mythes sont éternels !

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En bonus

"L'oeil sur l'écran" donne un avis et Vincent partage une belle trouvaille.

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Rio Grande 
/ 1950

On prend le même et on recommence ? Oui, John Wayne est de retour dans l'uniforme de Kirby Yorke, arrivé toutefois à un stade de carrière plus avancé, puisque passé du grade de capitaine à celui de colonel. Désormais affublé d'une moustache, il commande une garnison entière et, lorsque le film commence, rentre juste d'une mission sur le terrain menée pour éloigner des Apaches toujours belliqueux. Le scénario évoque ces guerres indiennes incessantes des deux côtés du fleuve séparant le Texas du Mexique, mais s'attarde plutôt sur une histoire intime. Yorke a un fils, Jeff, qui vient d'échouer à l'académie militaire et, de ce fait, se retrouve simple soldat alors qu'il ambitionnait un poste d'officier. Son père lui indique qu'il ne lui accordera aucun passe-droit. Arrive ensuite Kathleen, la mère (jouée par la sublime Maureen O'Hara). Parfois jugé mineur dans la carrière de John Ford, le long-métrage trouve dans ce personnage son originalité et le motif de ses chansons. Le respect dû aux héros militaires s'efface - un peu - derrière l'absence d'un vrai foyer familial. Ce qui en ressort alors, c'est... de la mélancolie.

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En bonus :

Vous trouverez un autre avis de "L'oeil sur l'écran" et celui de Benjamin

[MAJ - mercredi, 9h30: Vincent, lui aussi, avait déjà chroniqué le film. Je vous encourage à lire au moins ce qu'il m'explique en commentaires].

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Il s'est passé quelque chose entre ces deux films...

John Ford en a sorti QUATRE autres, dont La charge héroïque (1949). Cet opus vient compléter ce qu'on a appelé "la trilogie de la cavalerie". Cette fois, le maître a même opté pour une réalisation en Technicolor. Avant, donc, d'en revenir à un beau noir et blanc pour conclure sa série.

Pour finir, j'ajoute une petite leçon de géographie...
Le majestueux Rio Grande porte ce nom hispanophone aux États-Unis. Au Mexique, ce fleuve-frontière est désigné comme étant le Rio Bravo ! Ce qui dit quelque chose, je trouve, de la relation entre les deux pays...

samedi 23 mai 2026

Faute de mieux...

Vous êtes partis pour profiter d'un long week-end de Pentecôte, vous ? Pour ma part, c'est surtout par flemme (et mini-obligation extérieure) que je ne reviendrai pas demain sur le palmarès cannois dévoilé ce jour. Pour me faire pardonner, je prévois de vous parler de deux films lundi. D'un même cinéaste, ils seront les 2955ème et 2956ème de cette liste !

Je suppose qu'il sera toujours temps de revenir sur la Palme d'or 2026 quand je la découvrirai à mon tour, idéalement sur un écran géant. Avant cela, service minimum: son titre et le nom de son auteur(e) devraient apparaître au plus vite sur mon index des Festivals de Cannes. Il est déjà bien fourni, ainsi que vous pourrez le constater ou le vérifier. Avoir un jour vu l'ensemble des films ayant reçu la récompense suprême sur la Croisette demeure pour moi un objectif - non-daté, les plaisirs que procure le cinéma m’apparaissant peu compatibles avec la rigueur d'un quelconque ultimatum. J'évite donc de m'ajouter des contraintes. Sans encore faire de pause, je souhaite d'ailleurs revenir à un rythme légèrement moins soutenu: une chronique tous les 2 ou 3 jours, disons. En restant aussi à l'écoute de mes envies... et de vos possibles attentes.

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Et si jamais le temps vous semble long...

Vous pouvez essayer d'identifier le star à qui j'ai coupé la tête ci-dessus. Attention: il s'agit bien d'une photo prise à Cannes, mais il y a un piège !

vendredi 22 mai 2026

Mythes et réalités

J'ai laissé plusieurs fois passer l'occasion de voir mon premier film africain pour 2026. À présent, c'est chose faite... et c'est avec plaisir que je vous parlerai aujourd'hui de Soumsoum, la nuit des astres. Cette coproduction franco-tchadienne a reçu le Prix de la Fédération internationale de la presse cinéma au Festival de Berlin, l'hiver dernier !
 
Une grosse quantité de pluie s'est abattue sur le village où vit Kellou. Une importante partie des habitations n'y a pas résisté. Un vieil homme confirme à la jeune femme que cela n'arrive que très rarement. Désormais, le chaud soleil est revenu et un ciel uniformément bleu surplombe la petite communauté installée aux confins du Sahara. Sujette à d'effrayantes visions, Kellou s'en inquiète auprès de son père et veut vivre la vie normale d'une adolescente, amoureuse d'un garçon de sa classe, Baba. Problème: elle se heurte à un modèle social archaïque, qui l'accuse d'être une fille de sang, responsable de la mort de sa mère (lors de sa naissance). C'est dans ce contexte assez tendu qu'elle se rapproche d'Aya, que le chef et les hommes du village considèrent comme une sorte de sorcière. Vous aurez sûrement compris que Soumsoum, la nuit des astres nous entraîne dans un voyage étonnant, loin des représentations qui sont les nôtres dans le monde occidental. J'avoue qu'il m'a fallu un peu de temps pour "embarquer". Les dialogues, peu nombreux, m'amenaient une impression de torpeur...

Ce n'est en fait que très progressivement que j'ai fait la part des choses entre la forme du conte et un récit inscrit dans une certaine réalité contemporaine. La jeune Kellou fait bel et bien face à des superstitions anciennes, mais c'est de fait une femme de son temps, des écouteurs sur les oreilles, qui avance en somme vers une meilleure connaissance d'elle-même. Pour reprendre aussi les mots du réalisateur, elle apprend petit à petit "ce qui relie tous les éléments du vivant", dans un cadre géographique d'une incroyable beauté. Sauf si vous êtes un voyageur acharné, je suppose que Soumsoum, la nuit des astres sera à la source pour vous d'un profond dépaysement, ainsi qu'il l'a été pour moi. Sincèrement, de jour comme de nuit, certains plans sont magnifiques ! "Les paysages sont toujours pourvoyeurs d'histoires", souligne l'homme derrière la caméra, qui dit avoir "voulu créer une sorte de mythologie". Conséquence: l'ancrage dans le réel n'est finalement que très partiel. Les yeux grand ouverts, le mieux est, je crois, d'adopter une posture contemplative. Elle peut favoriser la rencontre avec de belles émotions.

Soumsoum, la nuit des astres
Film franco-tchadien de Mahamet-Saleh Haroun (2026)
Un voyage dont j'ai aussi eu du mal à revenir ! Le cinéma africain s'avère beaucoup trop rare sur nos écrans: c'est en fait ce que je pense depuis le choc lié à ma découverte (tardive) de Yeelen, primé à Cannes en 1987. J'ai aussi vu et aimé Lamb ou Wallay. D'autres viendront, donc. Au besoin, mon index des réalisateurs peut rapidement vous orienter vers d'autres longs-métrages du cinéaste du jour, né en 1961. À suivre...

jeudi 21 mai 2026

Du tac au tac

Pourquoi ce titre de chronique ? Parce que le film que je veux évoquer aujourd'hui se caractérise notamment par une profusion de dialogues. Bonne nouvelle: ils sont en général assez subtils - une grande qualité pour cette comédie qu'est La dame du vendredi. Il n'y a pas de réplique définitive, toutefois. Un humour de situations, plus que de punchlines...

Hildy Johnson, une excellente journaliste, a décidé de changer de vie. Elle explique donc à son chef qu'elle va quitter le journal et se marier avec un courtier en assurance dans l'idée d'enfin fonder une famille. Problème: elle se heurte à un homme qui refuse d'admettre la situation et qui veut la reconquérir, puisqu'il se trouve être aussi son ex-époux. Des "négociations" vont alors s'ouvrir autour d'une (ultime ?) interview que la belle devra réaliser pour se libérer de ses engagements passés. Plein d'ironie, le portrait que La dame du vendredi dresse de la presse n'a rien de flatteur... mais c'est très précisément cela qui est drôle. L'impayable duo Rosalind Russell / Cary Grant fait de belles étincelles. Leur joute verbale est la force motrice de cet opus du studio Columbia. Je l'ai trouvé moins drôle quand le récit nous embarque dans le milieu judiciaire, ne montrant plus alors que des reporters si avides de scoops qu'ils sont prêts à les monnayer auprès d'élus assez nuls et corruptibles. Cela dit, il y a là-dedans une certaine critique du sensationnalisme toujours pertinente en 2026. Un atout pour un film plus qu'octogénaire !

La dame du vendredi
(His girl Friday)
Film américain de Howard Hawks / 1940

Le mieux est sans doute de replacer cette production dans son contexte d'époque pour - justement - savourer ce qu'elle nous dit de son temps. Pour d'autres regards critiques sur la presse, on peut également revenir au sommet avec Citizen Kane ou L'homme qui tua Liberty Valance. Côté positif, Les hommes du président rend son honneur aux métiers de l'investigation et trouvera encore un bel écho avec Pentagon papers.

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Vous aimeriez en savoir (un peu) plus ?

Je vous propose de lire d'autres avis et notamment celui de Benjamin. "L'oeil sur l'écran" nous offre en prime une explication du titre du film. Non, non, non, ce n'est pas parce que le journal évoqué est un hebdo...

mercredi 20 mai 2026

Un roi et son fils

Il vaut sans doute mieux que je vous laisse chercher ailleurs des infos sur le peintre, journaliste et écrivain italien Dino Buzzati (1906-1972). Seule précision de ce jour: La fameuse invasion des ours en Sicile adapte son roman-jeunesse illustré, paru pour la première fois en 1945. Le cinéma nous offre une nouvelle occasion de découvrir cette histoire !

Quelque part dans la haute montagne, le froid et la faim sont sans pitié avec le baladin Gédéone et sa jeune assistante Almerina, trop épuisés pour poursuivre leur route vers Caltabellotta - un village bien réel. Réfugié dans une grotte, le duo réveille par mégarde un vieil ours solitaire en pleine hibernation. Bonne surprise: le menaçant animal hurle, mais finit par accepter d'entendre l'histoire d'autres plantigrades. Celle de Léonce, roi des ours, et de son fils Tonio, que des chasseurs diablement efficaces ont enlevé. Résultat: le souverain déprime ferme. Des mois ont passé quand l'un de ses conseillers suggère que l'enfant disparu pourrait être encore en vie. Je vous laisse découvrir la suite ! Plutôt agréable à regarder, La fameuse invasion des ours en Sicile donne deux fins à son récit et suggère qu'il en existe une troisième. C'est parfait, me semble-t-il, pour stimuler l'imagination des 8-12 ans. Adolescents et adultes, les "grands" pourraient aussi y prendre du plaisir.

La fameuse invasion des ours en Sicile

(La famosa invasione degli orsi in Sicilia)
Film franco-italien de Lorenzo Mattotti / 2019
Sans doute moins profond que d'autres, ce très joli long-métrage présente tout de même de sérieux arguments pour séduire un public passionné, à commencer par sa relative originalité et sa provenance géographique. Je vais oser un rapprochement esthétique avec l'oeuvre du maître Jean-François Laguionie (Le tableau en est un bon exemple). Je veux l'affirmer: l'animation européenne offre encore bien des trésors.

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Quelques mots pour finir...

Bien accueilli à sa sortie en salles, cet opus a également été nommé pour le César du meilleur film d'animation, un prestigieux trophée finalement décerné à J'ai perdu mon corps - que je recommande aussi. Le dernier lauréat en date de ce prix créé en 2011 n'est autre que Arco.

Et du côté de la blogosphère...
Vous pouvez trouver le film chez Dasola et sur le site "L'oeil sur l'écran".

mardi 19 mai 2026

Leurs vies cabossées

Que voir (ou pas) au cinéma ? Nous nous sommes tous posé la question. Je crois que, du mieux possible, il faut avant tout écouter ses envies. Après quelques hésitations, je suis donc allé voir Ceux qui comptent. J'ai trouvé trop difficile de résister à Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. Sauf oubli de ma part, c'est le tout premier film commun de ce joli duo.

Rose n'est pas pauvre, dit-elle, mais "fauchée". On la découvre en train de voler un caddie entier de produits de qualité dans un supermarché. Jean intervient alors pour éviter qu'elle soit arrêtée par les vigiles. Aussitôt après, il aimerait pouvoir reprendre le cours de son existence ordinaire, mais Rose déborde de reconnaissance et ne le lâche plus. Jean, qui vit en fait dans une camionnette, ne peut qu'entrer dans la vie de cette femme inconnue, une mère célibataire qui squatte un hôtel désaffecté avec ses trois enfants. Et ça démarre comme une comédie ! Ceux qui comptent en est une, assurément, mais qui s'oriente bientôt vers un genre plus sérieux, proche finalement d'un certain cinéma social. Le film évolue dès lors sur une gamme émotionnelle assez large. Je ne vais pas tout vous dévoiler, évidemment, des sujets qu'il aborde...

Un bon point: malgré leur vingtaine d'années d'écart, Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin sont crédibles et créent entre eux une belle alchimie. Ils sont d'ailleurs parfaitement secondés par les jeunes acteurs choisis pour former la tribu - Louise Labèque, Alexis Rosenstiehl et Alma Ngoc. Soit une jeune adulte, un ado et une toute jeune fille, tous bien à l'aise dans leurs rôles respectifs et toutes les nuances de leurs personnages. Résultat: assez dur parfois, Ceux qui comptent est bel et bien un film optimiste. Un film qui nous rappelle notamment que certains combats valent le coup, parce qu'ils peuvent être gagnés face à l'adversité. Franchement, ce récit est-il bien réaliste ? Non, il ne l'est pas toujours. Et alors ? Il faudrait voir à ne pas oublier que cela reste du ci-né-ma ! Comme le disait mon grand-père, "il n'est pas défendu de rêver un peu".

Ceux qui comptent
Film français de Jean-Baptiste Leonetti / 2026

Bon... vous l'aurez compris, non ? Quelques petites faiblesses d'écriture et/ou de montage ne m'auront pas empêché d'apprécier cette histoire. Pas de doute: les acteurs en sont le meilleur atout, les têtes d'affiche entraînant derrière elles quelques autres personnages, bien campés. Honnêtement, je n'en attendais pas mieux. Cette tonalité douce-amère était aussi celle de Sur la branche. Ou de Dans la cour - entre autres...

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Un autre avis vous intéresserait ?

Je vous suggère donc d'en découvrir... deux: ceux de Pascale et Dasola.

lundi 18 mai 2026

Quiproquo(s)

Saperlipopette ! Je vous ai assuré hier de mon retour à des chroniques liées à des films de fiction. J'avais même déjà choisi le long-métrage que j'évoque aujourd'hui. Le coup du parapluie répondait à un souvenir d'enfance - sinon de l'avoir vu, je suis sûr que j'en avais entendu parler. Et, avec l'ami Pierre Richard, j'avais parié sur du cinéma à 100% farfelu !

Et non ! C'est plutôt à 99,9% ! Ce "classique" du cinéma comique français puise son inspiration dans de très étranges faits divers survenus à Paris et Londres en 1978: la tentative d'assassinat de deux dissidents bulgares d'un coup de parapluie empoisonné. Dans le film, ce cher Pierre Richard n'incarne pas un tueur, mais un acteur minable. Un énorme quiproquo fait qu'il imagine négocier le premier rôle d'un grand film d'espionnage. Erreur: le supposé producteur avec qui il discute est en fait un parrain croyant lui-même traiter avec celui qui liquidera pour lui son rival. S'ensuivent une escapade à Saint-Tropez, où maintes scènes burlesques rappellent plutôt les vaudevilles que les films sur la mafia. Je dois dire qu'en bon anti-héros, le personnage principal ne mesure pas le danger auquel il s'expose et ne cesse de gaffer. Un cas d'autant plus désespéré qu'il court après trois femmes, dont une jalouse et une vengeresse ! Honnêtement, ce humour paraît daté, mais jamais vraiment méchant. Cela m'incite à une relative indulgence - en connaissance de cause. Entre deux films sérieux, j'ai besoin parfois d'une gaudriole de ce genre.

Le coup du parapluie
Film français de Gérard Oury / 1980

Ai-je besoin de présenter le réalisateur ? Il me semble que sa réputation n'est plus à faire, au moins auprès des quinquas et plus. Les curieux pourront trouver quatre autres de ses films via mon index des cinéastes. Pierre Richard ? Je le préfère dans La course à l'échalote ou Le jouet. Sans oublier ses propres films, comme celui présenté l'année dernière. Rappel: si tout se passe bien, ce grand monsieur aura 92 ans le 16 août !

dimanche 17 mai 2026

La vie, la vraie ?

Je pensais être arrivé à quatre, mais j'en étais finalement... à sept. Oui, j'ai vu consécutivement SEPT films inspirés d'une histoire vraie ! Souvent, c'est annoncé au début. "Based on a true story", en anglais. D'ailleurs, j'ai l'impression que les Anglo-saxons en sont les plus friands. C'est un joli paradoxe, non ? La vie réelle irrigue clairement la fiction...

Avez-vous vu Une histoire vraie, que certains grands connaisseurs présentent comme le film le plus "accessible" du grand David Lynch ? Très sincèrement, je vous le recommande (et vous laisse donc cliquer). Avec un peu de recul, il me semble qu'il y eut un temps une mode autour des biopics, ces films biographiques - plus ou moins réussis. Sincèrement, quand ils sont trop complets, je trouve leur intérêt discutable. Autant lire une page Wikipédia, dit l'expression consacrée. Après, je vais aviser en fonction de ce que l'on souhaite nous raconter...

J'ai un côté puriste. Fan de Queen, je suis allé voir Bohemian Rhapsody sans grande hésitation, mais j'en ai un peu voulu aux deux producteurs que sont Brian May et Roger Taylor, ex-membres du groupe, d'inventer quelques épisodes de la vie de leur ami Freddie Mercury dans une visée mélodramatique. Il me semble que revenir sur une "histoire vraie" autorise 2 ou 3 entorses, certes, mais avec une certaine honnêteté intellectuelle. Ou alors, il faut clairement oser en revenir à la fiction ! Bon, je peux comprendre que le juste équilibre soit difficile à trouver...

En revenant aux premiers temps de ce blog, je me souviens l'avoir lancé avec un opus de pure fantaisie: La voce della luna, le chef d'oeuvre ultime du maestro Federico Fellini. Ma deuxième chronique-critique traitait ensuite d'un film signé Clint Eastwood, Mémoires de nos pères. Un long-métrage inspiré du parcours de soldats anonymes, honorés toutefois pour avoir hissé le drapeau des États-Unis sur l'île japonaise d'Iwo Jima en février 1945, pendant la terrible Guerre du Pacifique. Tiens, tiens... cette remarquable reconstitution fit, à sa sortie, l'objet de critiques quant à la manière dont elle aborde la réalité historique. En cause: une image de l'armée américaine sans le moindre combattant noir - j'ai de fait entendu parler de quelque 500 figurants islandais. Bilan: qu'il soit individuel ou collectif, il vaut mieux manipuler le passé avec précaution. Mais aussi laisser les artistes libres... de le réinventer !

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Et pour la suite, alors, qu'est-ce que je prévois ?

Mes prochaines chroniques devraient largement revenir vers la fiction. Je vous invite cependant à réagir en commentaires, si vous le souhaitez.

samedi 16 mai 2026

En marge

Le film dont je veux vous parler aujourd'hui s'inspire d'une histoire vraie et la reprend avec une retenue très louable. J'ai pu lire une interview du réalisateur, qui n'avait jusqu'alors tourné "que" des documentaires. Camille Ponson a voulu cette fois nous parler d'une petite communauté qui fut la sienne, dans un village des Cévennes. Et sans lui causer tort...

Il faut comprendre que, pour une partie de ces gens, les faits réels évoqués dans Sauvage restent sensibles. Le scénario reprend l'histoire d'une adolescente, installée avec ses parents dans une grande maison isolée (et partagée entre plusieurs familles). Au moment où le film commence, Anja se place déjà un peu "en marge" des autres. Il arrive qu'elle parte sans dire où elle va... et sans alors réapparaître, à l'heure des repas pris en commun ou celle du coucher, pour dormir sous un toit. D'abord jugée acceptable pour le petit groupe, cette curieuse attitude commence toutefois à lasser - voire à énerver - certains des adultes. Seule Sam, sa mère, s'inquiète vraiment de cette disparition progressive de la jeune femme et tient à maintenir le contact, autant que possible. Autant vous prévenir: cette histoire enferme quelque chose de très dur. Elle donne très peu d'explications rationnelles au comportement d'Anja. Et c'est peut-être bien la meilleure façon de dire qu'il n'y en a aucune...

Je dirais que le film en appelle à notre sensibilité et à notre empathie. Il nous montre d'abord une communauté soudée autour d'une gamine visiblement tourmentée et nous laisse libres de lui trouver des raisons. Quand cette "héroïne" s'écarte de la loi, il nous suggère que ce n'est pas par malveillance pure et simple, mais plutôt par instinct de survie. Bref... Sauvage est un récit complexe, éprouvant, mais pas manichéen. Humain, donc, comme l'ensemble de ses protagonistes, soumis aux aléas de l'existence et, de ce fait même, traversés d'émotions contradictoires. Pour les incarner, il fallait sans doute miser sur de très bons interprètes. Pari gagné. Les femmes sont très belles: dans le silence, Lou Lampros exprime parfaitement les troubles d'Anja, tandis que Céline Sallette déploie toutes les facettes de son jeu pour devenir une formidable Sam. En retrait, le reste de la troupe, elle, ne commet aucune fausse note. Mention spéciale à Bertrand Belin, dans le rôle (parfois ingrat) du père. C'est cela aussi, pour moi, qu'on peut appeler le grand cinéma populaire français. Peu ou prou, nous pouvons toutes et tous nous y reconnaître...

Sauvage
Film français de Camille Ponsin / 2026

C'est peut-être à ce long-métrage, posé dans un cadre montagneux sublime, que j'accorderais ma Palme du printemps (je l'ai vu en avril). J'ai le souvenir d'autres ados "en fuite", dans Les géants notamment. Proche de l'esprit du conte, lui aussi, ce qui permet d'adoucir le propos. En parallèle, je trouve pertinent et très intéressant de (re)voir un film pour questionner les choix de vie parentaux - La belle vie par exemple.

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Avant que j'y revienne peut-être...

Vous serez sans nul doute intéressés par la lecture de l'avis de Pascale. C'est en fait grâce à elle que je me suis décidé à aller voir ce beau film.

vendredi 15 mai 2026

Une métamorphose

Je visualise une simple boule hérissée de pics. On le représentait ainsi quand j'étais ado, parlant d'une menace dont on pouvait se préserver. Pour moi, le Sida a plutôt eu un double visage: celui de Freddie Mercury et celui d'une jeune femme séropositive, Barbara Samson, venue parler de son quotidien dans un collège. J'apprends qu'elle est toujours en vie !

Du côté du cinéma, mon amie Aurelia m'a conseillé Dallas buyers club. Le film a déjà treize ans et je l'ai regardé sans rien savoir de son sujet. Retour dans les années 1980. Nous rencontrons Ron Woodroof, un type franchement détestable, à la fois violent, machiste et homophobe. Alcoolique, toxicomane et gagnant sa pitance autour de paris foireux dans le milieu du rodéo. Cet homme apprend qu'il est porteur du VIH. Que croyez-vous qu'il fasse ? Il insulte le médecin qui l'a diagnostiqué. Pour lui, il est impossible qu'il ait attrapé cette "maladie de pédales". Face à l'évidence, il va toutefois faire face à la situation. Et se battre pour dépasser un pronostic vital que le corps médical limite à un mois. Nous voilà aussitôt face au récit d'une complète métamorphose. Personnage bien réel, Ron Woodroof a en fait pris sa destinée en mains lorsqu'il a décidé de se documenter sur la maladie et de chercher seul comment se soigner - aux États-Unis tout d'abord et à l'étranger ensuite.

Sciemment, il s'est alors écarté des protocoles hospitaliers "classiques" et a suivi sa propre thérapie, hors du cadre légal. Oubliant son métier d'électricien, il a progressivement mis en place une sorte d'association pour fournir à toute personne atteinte par la maladie des médicaments achetés au Mexique ou au Japon (moyennant 400 dollars de cotisation). Dans le film, il bosse avec Rayon, une femme transgenre, mais je crois que ce personnage a été inventé - ce qu'on pourra trouver regrettable. Que dire ? Matthew McConaughey et Jared Leto m'ont vraiment bluffé. Au-delà de leur transformation physique, ils se frottent à des rôles ambivalents, durs, sans jamais verser dans la vulgarité ou la caricature. Leur implication a valu à chacun d'eux un Oscar et plusieurs autres Prix. Elle permet en effet à ce biopic de s'élever plus haut que la moyenne. Retenez que ce n'était pas gagné d'avance: le réalisateur est québécois et il aura fallu que son équipe soit tenace pour trouver des producteurs. On pourra à la limite déplorer un manque d'audace sur le plan formel. En fait, ce cinéma laisse toute la place aux acteurs. Et c'est bien aussi...

Dallas buyers club
Film américain de Jean-Marc Vallée / 2013

Un long-métrage "casse-gueule"... et pourtant une vraie belle réussite. J'ai l'impression qu'on parle - beaucoup ! - moins du Sida qu'à l'époque de mon adolescence (disons qu'au début des années 90, pour situer). Peut-être qu'il faudrait que je revoie Philadelphia (1993), un film-phare dans ce domaine, porté par le tandem Tom Hanks / Denzel Washington. Et aussi Les nuits fauves (1992) ou 120 battements par minute (2017) !

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Une précision...
Ce récit n'est pas tendre avec les labos et la médecine "officielle". Aurait-il été imaginé comme une dénonciation ? Peut-être bien, oui. Chacun reste libre de son avis au sujet de Big Pharma et de ses dérives. 

Et si, de votre côté, vous voulez creuser le sujet...
Je vous suggère un petit tour chez Pascale et/ou vers "L'oeil sur l'écran".

mardi 12 mai 2026

Cannes en lumière

Le Festival de Cannes s'est donc relancé le 20 septembre 1946, un jour de paix retrouvée également marqué par la mort du grand Raimu. Encore disponibles, les images d'archives montrent des stars débarquer sur la Croisette... en hydravion. Nous saurons vite ce que l'année 2026 voudra bien nous proposer: oui, la 89ème édition démarre aujourd'hui !

Le prestigieux poste de président du jury (*) appelé à décerner la Palme d'or a été confié à un cinéaste asiatique: le Sud-coréen Park Chan-wook. Je n'ai pas vu Aucun autre choix, son dernier film, sorti en février. J'aimerais revoir Old boy, qui avait reçu le Grand Prix du jury en 2004. Plusieurs autres de ses oeuvres ont également été projetées et primées à Cannes: je recommande le thriller Mademoiselle (Prix du jury 2016) et le pseudo-polar Decision to leave (Prix de la mise en scène 2022). Parcourir cette filmographie, cela peut aussi être une très bonne façon d'aborder une nation méconnue et des artistes aux talents multiples comme Im Kwom-taek, Lee Chan-dong et évidemment Bong Joon-ho. Pour info, les six plus grands succès du cinéma sud-coréen en France sont récents: le film le plus "ancien" - Snowpiercer - était sorti en 2013.

(*) Les autres membres du jury sont...
Demi Moore / Ruth Negga / Laura Wandel / Chloé Zhao
Isaach de Bankolé / Diego Céspedes / Paul Laverty / Stellan Skarsgård

Qui succèdera à Un simple accident, le film iranien couronné en 2025 ? Il est bien sûr trop tôt pour le dire et même pour mesurer les chances de Hope, un film de Na Hong-jin qui est le seul long-métrage sud-coréen en sélection officielle cette année. Les autres représentants de ce pays présentés à Cannes ces jours-ci se comptent sur les doigts d'une main. Personnellement, mon regard se tournera plutôt vers d'autres horizons cinématographiques: le nouveau film de Pierre Salvadori dès l'ouverture et, dans la compétition, celui du Japonais Hirokazu Kore-eda ensuite. J'ai aussi noté la venue de quelques réalisatrices et -teurs dont le nom m'évoque de bons souvenirs: Andreï Zviaguintsev, Rodrigo Sorogoyen, Asghar Farhadi, James Gray ou bien encore Léa Mysius du côté français. Le Roumain Cristian Mungiu décrochera peut-être sa deuxième Palme tandis que l'Espagnol Pedro Almodovar court toujours après la première. On peut par ailleurs s'étonner de la relative discrétion de la délégation américaine - sans Tom Cruise, Christopher Nolan et Steven Spielberg. Cela offre la possibilité de faire bientôt un grand voyage vers l'inconnu !

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J'en terminerai avec quelques chiffres...
D'abord organisé dans un casino, le Festival a vite pris de l'ampleur. Cette année, le comité de sélection a reçu 2.541 films (de 141 pays) pour participer à la sélection officielle. 22 seront en lice pour la Palme. Une mini-anecdote: il n'y a plus eu d'ex-aequo au palmarès depuis 1997.

Et c'est maintenant à vous de relancer le débat...
Je serai très heureux de répondre à vos éventuels avis et commentaires.

lundi 11 mai 2026

Cannes dans le rétro

J'ai évoqué hier les (presque) 80 ans d'un de mes réalisateurs préférés. J'enchaîne aujourd'hui avec ceux du Festival de Cannes, l'édition 2026 devant se dérouler dès demain - j'ai d'ailleurs prévu d'en dire un mot. Oui, d'abord inauguré en 1939, le grand rendez-vous de la Croisette s'était interrompu après quelques jours et était ensuite reparti en 1946 !
 
Depuis, seules quelques années sont "passées à la trappe": 1948 et 1950 pour des raisons financières, 1968 par décision des festivaliers et 2020 du fait de la pandémie de Covid-19. La photo de Michèle Morgan apparaît d'un autre temps: il faut bien dire que le Festival a changé. D'abord conçu comme une réponse à la Mostra vénitienne, accusée d'offrir une tribune au fascisme, il avait été programmé en septembre. Lors des premières éditions, c'est plutôt auprès du corps diplomatique qu'il fallait s'enquérir de la sélection officielle. Celle de l'année 1946 s'orchestra autour de films choisis pour représenter leur pays d'origine. Tous reçurent à son issue un Grand Prix: la célébrissime Palme d'or viendrait plus tard, entre 1955 et 1963, puis définitivement dès 1975. Les présidents du jury n'étaient pas toujours professionnels du cinéma...

L'histoire retient aussi que, la toute première fois, peu de journalistes avaient fait le déplacement sur la Côte d'Azur. Les quelques présents auront peut-être participé à un événement relativement révélateur d'une manifestation un peu bancale: l'élection de Miss Festival, arbitrée par de véritables experts, dont notamment Édith Piaf et Jean Cocteau. Las ! Il semble que le nom de la lauréate ait désormais été oublié. Cependant, j'ai cru comprendre que d'autres élections de ce genre furent organisées, dont une dernière il n'y a pas si longtemps: en 2017. J'ai d'ailleurs un souvenir assez proche de l'époque où le groupe Canal + déboulait en force à Cannes pour les Hot d'or, sous-festival (bien) monté pour mettre en valeur les têtes d'affiche du cinéma porno international. Polémiques, scandales et autres excentricités restent le pain quotidien d'un événement qui, peu ou prou, a toujours su évoluer avec son temps. Revenir à ses fondements premiers n'aurait pas nécessairement de sens. Comme chaque année, j'espère simplement voir émerger de bons films. Seul l'avenir pourra révéler la valeur - relative - de cette 79ème édition.

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Et maintenant ?

Je ne pourrai malheureusement pas vous proposer un compte-rendu cannois chaque jour, mais je vous donne rendez-vous dès demain matin pour une présentation de ce Festival 2026. Je ne suis pas sûr à 100% d'avoir le temps d'en faire le bilan après coup, mais... je vais essayer ! D'ici là, les commentaires sont bien sûr ouverts à TOUTES vos réflexions.

dimanche 10 mai 2026

Steven en vue

Je vous ai parlé hier midi du cinéma européen. J'enchaîne aujourd'hui avec une chronique consacrée à un vrai monstre sacré du septième art hollywoodien: Monsieur Steven Spielberg. J'anticipe en réalité la sortie de son nouveau film, Disclosure day, attendu dans les salles françaises dans pile un mois. Et j'y reviendrai bien évidemment, le moment venu...

Avec Spielberg, c'est simple: j'ai l'intention de ne faire AUCUNE impasse. Il me reste moins d'une dizaine d'oeuvres à découvrir (ou à rattraper). Je me dis que je pourrais avoir terminé tout cela avant l'an prochain. Ou, soyons fous, d'ici au 18 décembre, date de son 80ème anniversaire. Il y a des dates symboliques que les cinéphiles prennent plaisir à cocher et je peux confirmer que, pour moi, celle-là en fait clairement partie. Je me dis en effet que Steven n'a peut-être pas fini de nous surprendre. Et l'ex-kid de Cincinnati a encore, j'espère, quelques années devant lui !

Voici où j'en suis ce jour de ma volonté de voir l'ensemble ses films...

Années 60 et 70 
Je n'en ai raté aucun, si ce n'est Firelight, projeté le 24 mars 1964 devant 500 personnes. Et depuis, les bobines Super 8 auraient disparu...

Années 80
Deux films à voir : Empire du soleil (87) et Always (89).

Années 90
Un film à voir : Amistad (97),
Un autre à revoir : La liste de Schindler (93).

Années 2000 et 2010 
Deux films à voir : Munich (05) et Le bon gros géant (16),
Deux autres à revoir : Arrête-moi si tu peux (02) et Le terminal (04).

Et donc... années 2020
Un film à venir : Disclosure day (26).

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Je conclus en vous donnant la parole...

Il faut dire que je suis également curieux de vos avis sur cette carrière. Oui, TOUS les autres films figurent donc sur mon index des réalisateurs !