Avez-vous vu Les rayons et les ombres ? Ce saisissant long-métrage évoque les heures sombres de l'Occupation et la collaboration (active) de certains Français avec les nazis. Il rappelle notamment le parcours de Corinne Luchaire, née en 1921, jeune actrice en pleine ascension. Aujourd'hui, pas de biopic, mais un beau film d'avant-guerre, avec elle !
Le déserteur est le tout premier titre de ce film passé sous les ciseaux de la censure et qui a alors été re-titré Je t'attendrai. Son personnage principal s'appelle Paul. C'est un Poilu. Nous sommes en octobre 1918. Au nord de la France, un train transporte des troupes vers le front quand, soudain, des avions ennemis détruisent une partie de la voie ferrée. Paul se rend compte que le convoi s'est arrêté à proximité immédiate du village où vivent ses parents, ainsi que la jeune orpheline qu'ils avaient recueillie et dont il est amoureux. Il obtient d'un copain sous-officier de ne pas participer aux travaux de réparation et de filer rejoindre cette Marie qui le laisse sans nouvelles depuis plusieurs mois. Que se passe-t-il lorsqu'il la retrouve ? Je vais vous laisser le découvrir par vous-mêmes. Sachez simplement que vous pourriez être surpris ! Plus complexe qu'un mélo, le film est empli d'émotions contradictoires. Et oui, j'ai trouvé les acteurs qui les ressentent vraiment convaincants...
Le duo Corinne Luchaire - Jean-Pierre Aumont sort du lot, bien entendu. Cela dit, les quelques personnages secondaires existent aussi à l'écran grâce aux prestations solides de toute une troupe de comédiens inspirés. J'ai ainsi pris plaisir à découvrir le couple de parents interprété par Berthe Bovy et Édouard Delmont, ainsi que d'autres seconds rôles marquants tels que celui du généreux sergent confié à Raymond Aimos. Ce n'est pas tout: Le déserteur s'illustre aussi par de belles qualités formelles. Je pense notamment à une scène de retrouvailles muettes avec la mère, particulièrement touchante. En contrepoint, un son sourd retentit régulièrement pendant tout le film: on dirait une canonnade lointaine... et c'est une belle idée pour suggérer la menace, constante. La tension apparaît d'autant plus vite que l'histoire se déroule presque en temps réel: rebondissements compris, tout tient en une heure vingt. Beaucoup de choses sont dites et le film apparaît tout à fait pertinent dans le contexte de son époque. Il mérite donc d'être vu - et réhabilité. Je reviendrai peut-être un jour sur le destin de ceux qui l'ont fabriqué...
Le déserteur (ou Je t'attendrai)
Film français de Léonide Moguy / 1939
Ce film, sorti juste avant le chaos de la guerre, dit tout de l'horreur qu'elle représente pour les soldats, mais également pour leurs proches. Pour moi, il n'est pas antimilitariste... mais ce sera à vous d'en juger. Moi, je vais l'ajouter à la liste de mes (bons) films sur 1914 et ses suites. Je recommande aussi Un long dimanche de fiançailles, Les fragments d'Antonin, L'odeur de la mandarine et Les gardiennes... entre autres !
Le déserteur est le tout premier titre de ce film passé sous les ciseaux de la censure et qui a alors été re-titré Je t'attendrai. Son personnage principal s'appelle Paul. C'est un Poilu. Nous sommes en octobre 1918. Au nord de la France, un train transporte des troupes vers le front quand, soudain, des avions ennemis détruisent une partie de la voie ferrée. Paul se rend compte que le convoi s'est arrêté à proximité immédiate du village où vivent ses parents, ainsi que la jeune orpheline qu'ils avaient recueillie et dont il est amoureux. Il obtient d'un copain sous-officier de ne pas participer aux travaux de réparation et de filer rejoindre cette Marie qui le laisse sans nouvelles depuis plusieurs mois. Que se passe-t-il lorsqu'il la retrouve ? Je vais vous laisser le découvrir par vous-mêmes. Sachez simplement que vous pourriez être surpris ! Plus complexe qu'un mélo, le film est empli d'émotions contradictoires. Et oui, j'ai trouvé les acteurs qui les ressentent vraiment convaincants...
Le duo Corinne Luchaire - Jean-Pierre Aumont sort du lot, bien entendu. Cela dit, les quelques personnages secondaires existent aussi à l'écran grâce aux prestations solides de toute une troupe de comédiens inspirés. J'ai ainsi pris plaisir à découvrir le couple de parents interprété par Berthe Bovy et Édouard Delmont, ainsi que d'autres seconds rôles marquants tels que celui du généreux sergent confié à Raymond Aimos. Ce n'est pas tout: Le déserteur s'illustre aussi par de belles qualités formelles. Je pense notamment à une scène de retrouvailles muettes avec la mère, particulièrement touchante. En contrepoint, un son sourd retentit régulièrement pendant tout le film: on dirait une canonnade lointaine... et c'est une belle idée pour suggérer la menace, constante. La tension apparaît d'autant plus vite que l'histoire se déroule presque en temps réel: rebondissements compris, tout tient en une heure vingt. Beaucoup de choses sont dites et le film apparaît tout à fait pertinent dans le contexte de son époque. Il mérite donc d'être vu - et réhabilité. Je reviendrai peut-être un jour sur le destin de ceux qui l'ont fabriqué...
Le déserteur (ou Je t'attendrai)
Film français de Léonide Moguy / 1939
Ce film, sorti juste avant le chaos de la guerre, dit tout de l'horreur qu'elle représente pour les soldats, mais également pour leurs proches. Pour moi, il n'est pas antimilitariste... mais ce sera à vous d'en juger. Moi, je vais l'ajouter à la liste de mes (bons) films sur 1914 et ses suites. Je recommande aussi Un long dimanche de fiançailles, Les fragments d'Antonin, L'odeur de la mandarine et Les gardiennes... entre autres !
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Pour finir, une anecdote savoureuse...
Vous aurez reconnu Quentin Tarantino sur la photo ci-dessus. Elle date du 16 octobre 2013. L'Américain est au 6ème Festival Lumière de Lyon. Thierry Frémaux, délégué général de l'événement, lui sert d'interprète pour expliquer comment il a pu découvrir le cinéma de Léonide Moguy. Le cinéaste, débordant d'excitation, lance Le déserteur en projection devant un public chaud bouillant. Une folie dont Youtube garde la trace.
Pour finir, une anecdote savoureuse...
Vous aurez reconnu Quentin Tarantino sur la photo ci-dessus. Elle date du 16 octobre 2013. L'Américain est au 6ème Festival Lumière de Lyon. Thierry Frémaux, délégué général de l'événement, lui sert d'interprète pour expliquer comment il a pu découvrir le cinéma de Léonide Moguy. Le cinéaste, débordant d'excitation, lance Le déserteur en projection devant un public chaud bouillant. Une folie dont Youtube garde la trace.
















