dimanche 6 septembre 2026

Un autre cap...

J'ai donc dépassé le cap des 3.000 films présentés sur le blog ce jeudi et, aujourd'hui, j'en atteins un autre: celui de mes 19 ans d'écriture. Cela vient renforcer mon envie de poursuivre AU MOINS jusqu'au bout des 365 prochains jours et d'anticiper sur de nouvelles rubriques lancées dans le futur encore lointain. Rien n'est encore décidé ! On verra bien...

Mille et une bobines
a 19 ans et cela m'impressionne déjà, a fortiori quand je constate que vous lisez actuellement sa 3.549ème chronique. Je la dédie à mon père, qui dirait que j'entre dans la vingtième année. Merci à vous, toutes et tous, qui me faites confiance depuis longtemps ! Nous ne formons qu'une petite communauté, mais elle m'est précieuse. Chaque texte publié sur ces pages vient encore conforter mon intérêt pour le cinéma, une passion que je suis toujours heureux de partager. Écrire pour soi, c'est chouette, mais écrire et échanger des opinions avec d'autres, c'est toujours bien plus intéressant. L'ensemble des films internationaux que j'ai vus depuis 2007 ne me donne aucune autorité. J'invite volontiers ceux qui n'en ont pas vu autant à s'exprimer librement sur "mes" colonnes - le septième art, comme tous les autres, est conçu pour favoriser le partage. C'est en tout cas appuyé sur cette conviction que je vous parlerai d'un énième film - le 3002ème ! - dès mardi midi. Lequel ? Vous vous doutiez bien que je ne vous le dirai pas aujourd'hui...

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Une précision, tout de même...

Je pensais d'abord publier demain et garder le rythme d'une chronique par jour jusqu'à l'approche du prochain week-end. Et j'ai changé d'avis ! On se retrouvera donc après-demain pour une semaine quasi-complète. Puis, à partir du 14, je repasserai à un billet tous les deux ou trois jours.

samedi 5 septembre 2026

En direct !

Une de mes ex-profs l'affirmait: "Le journaliste qui n'a pas de chance commet une faute professionnelle". C'était sa façon à elle d'expliquer que, sur le terrain, ce qu'on n'aurait jamais cru possible peut survenir. Pourtant, il faudra très certainement "ramener un sujet" à la rédaction. J'ai pensé à Brigitte R. dernièrement, en regardant le film 5 septembre.

Jeux de Munich 1972. Un commando pro-palestinien pénètre au village olympique et s'en prend à la délégation israélienne, dont les athlètes dorment encore (il est 4h30 du matin). Moshe Weinberg, un entraîneur de lutte, est abattu presque aussitôt. Une prise d'otages démarre alors. Les terroristes exigent la libération de plus de 200 détenus palestiniens des prisons d'Israël. Cet événement inattendu et tragique sera couvert en direct par la chaîne américaine ABC - une première à la télévision. C'est bel et bien le service des sports qui, alors installé à proximité immédiate du lieu de l'attaque, se chargera de cette mission sensible. Ses chefs ont en effet refusé que les journalistes d'actualité générale prennent le relais depuis les States. C'est ce que raconte 5 septembre. Haletant, le film ne quitte pratiquement jamais les studios de la chaîne. Il montre tout ce qui s'y passe, questionnements éthiques sur la manière de traiter l'info "à chaud" compris. On ne voit vraiment aucune scène violente, les faits eux-mêmes étant illustrés par des images d'archives. Une leçon de cinéma ? Oui, mais surtout un rappel historique. Très utile.

5 septembre
(September 5)
Film germano-américain de Tim Fehlbaum / 2024
L'histoire date d'il y a cinquante ans, une époque où le traitement live de l'info nécessitait... un créneau disponible pour l'usage du satellite. Cela ne veut surtout pas dire que les réflexions du film sont obsolètes ! Le sujet vous plaît ? Good night, and good luck. parle aussi de la télé. Les hommes du président et Pentagon papers méritent votre attention pour les enquêtes au long cours. Ou Camille et À son image côté photo.

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Une précision...
Le réalisateur du film est de nationalité suisse. Il s'est (bien) entouré ici d'un talentueux casting international, avec les Américains John Magaro et Peter Sarsgaard, ou l'Allemande Leonie Benesch en têtes d'affiche. Avec eux, le Britannique Ben Chaplin... et le Français Zinedine Soualem.

D'autres avis pourraient vous intéresser ?
Un petit "tuyau" (au besoin): Pascale et Lui ont également publié le leur.

jeudi 3 septembre 2026

L'enfant aux brebis

Ce 3 septembre n'est pas pour moi un jour tout à fait comme les autres. J'ai en effet la fierté et la joie de vous dire que vous lisez la chronique du 3.000ème film présenté sur Mille et une bobines ! Je suis content qu'il ait été tourné dans un pays assez méconnu: la Macédoine du Nord. Le garçon qui faisait danser les collines est ensuite passé par Cannes...

Ahmet n'a plus le droit d'aller à l'école: il est obligé d'assister son père dans son double travail de cultivateur de tabac et d'éleveur de brebis. Comme si la vie n'était pas assez difficile, sa maman est déjà décédée et l'adolescent (de 15 ans) doit dès lors veiller sur son petit frère, Naïm. Ses seuls et courts moments de liberté surviennent lorsque le paternel embarque l'enfant dans le cabinet d'un simili-guérisseur, laissant Ahmet livré à lui-même. Tout va encore s'aggraver lorsque le pauvre gosse perdra l'une des bêtes de son troupeau - à vous de découvrir comment. Bon... cela ne vous explique pas pourquoi le long-métrage d'aujourd'hui s'intitule Le garçon qui faisait danser les collines. Et je ne le dirai pas ! Simplement, une indication: la musique va occuper une place centrale dans cette histoire, qu'on pourrait considérer comme un conte moderne. Une hypothèse que je fonde sur le constat qu'au tout début et à la fin du film, un petit groupe semble réuni autour d'une personne qui parle...

Un point plus important: le scénario tourne aussi autour d'un personnage féminin du même âge qu'Ahmet, la jolie Aya. Il s'avère que sa famille veut la marier de force avec un homme plus âgé, au nom d'un honneur soit-disant mis à mal par le comportement insouciant de la jeune fille. Vous devriez avoir compris que Le garçon qui faisait danser les collines n'est pas une comédie. Est-ce un drame ? Oui, mais avec de la lumière et l'espoir que la génération bientôt adulte saura dépasser les traditions archaïques imposées par ses aînées. Ce n'est pas garanti, mais possible. En attendant, le récit nous propose d'arpenter une partie de l'Europe rarement visible sur nos écrans, dans les pas d'une communauté locale dont j'ignorais même jusqu'alors l'existence: les Yörük (cf. Wikipédia). Choisir la seule approche ethnologique ne me paraît pas une démarche suffisante pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur, mais c'est une idée qui peut être intéressante avant de faire un grand "saut dans l'inconnu" !

Le garçon qui faisait danser les collines
(DJ Ahmet)
Film tchéco-croato-serbo-macédonien de Georgi M. Unkovski / 2025
Quelle histoire originale ! Je sais que je ne vous ai pas dit grand-chose de ses développements, mais je crois qu'elle pourrait vous surprendre ! L'humour y a une (petite) place, grâce notamment aux sons de Windows ou à une brebis rose, improbables avatars d'une supposée "modernité". Rappel: d'autres films comme Vingt dieuxCiudad sin sueño et La fille condor présentent un cadre rural - et/ou montagneux - à hauteur d'ado.

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Je termine avec des remerciements...

Ils sont pour Pascale: c'est grâce à elle que j'ai eu envie de voir le film. Malgré une erreur de titre, Dasola l'avait présenté... deux jours plus tôt.

mercredi 2 septembre 2026

Amour et parapluies

Le cinéma japonais d'aujourd'hui m'intéresse, mais Sous le ciel de Kyoto n'était pas sur la liste de mes priorités. Je suis finalement allé le voir avec une amie qui en avait envie. Pas de regret: un plaisir "mesuré". C'est typiquement le genre de films dont j'ai du mal à... dire du mal ! Néanmoins, il est vrai qu'il ne m'inspirera pas un très long commentaire.

Le rôle principal est celui d'un jeune garçon de 18-20 ans, Konishi Toru. Cet étudiant est plus que timide: il ne sort JAMAIS sans un parapluie pour se protéger aussi du soleil et du regard des autres. Un hasard malicieux place sur sa route la jolie Sakurada Hana, jeune femme solitaire. Et, contre toute attente, il entame avec elle une relation affective, qui semble assise sur une bonne compréhension réciproque...

Las ! Assez vite, la demoiselle disparaît et le film bascule vers le drame. Ce n'est pourtant pas la (supposée) rupture qui entraîne alors le récit dans cette direction, mais les propos d'un autre personnage féminin. Après cette belle séquence, Sous le ciel de Kyoto m'a semblé s'écarter de sa manière subtile d'aborder la question universelle des sentiments adolescents. Dès lors, le pathos s'impose, d'autant plus vif à vrai dire qu'il se concentre presque exclusivement sur le personnage masculin. Cela m'a étonné et un peu dépité: j'attendais certainement autre chose d'un film réalisé par une femme - d'où, je crois, ma légère frustration. Point positif: sur la forme, cet opus a su me surprendre agréablement lors d'assez courtes séquences, notamment par l'usage de split screens impromptus ou de quelques (bons) effets sonores. Et le jeu des acteurs !

Sous le ciel de Kyoto 
(今日の空が一番好き、とまだ言えない僕は)
(Kyo No Sora Ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa)
Film japonais d'Akiko Okhu / 2025
Le titre original donne le ton: ce long-métrage est un peu trop explicite pour me convenir - je vous laisserai d'ailleurs en chercher la traduction. En Asie, les amours adolescentes me paraissent mieux représentées dans My sassy girl, film coréen beaucoup moins porté sur le tragique. J'aime toujours les mélos japonais, peut-être davantage les classiques. L'intériorité d'un Printemps tardif (1949) reste sans égale... à mes yeux.

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Tout est question de sensibilité, bien sûr...

C'est donc sans hésitation que je vous invite à lire aussi l'avis de Pascale.

mardi 1 septembre 2026

L'enfer bleu

Je crois bien difficile d'échapper à l'actualité de la rentrée des classes pour la grande majorité des enfants de France. J'ai un temps imaginé qu'il serait judicieux de vous présenter aujourd'hui un film dans le cadre scolaire. Sauf que j'ai renoncé et décidé de vous reparler de vacances ! Celles de Susan et Daniel aux Bahamas ne sont pas idéales, à vrai dire...

On découvre d'abord ce jeune couple pris dans la très pesante routine du quotidien professionnel, en fait presque incapable de décrocher. Façon de parler, puisque elle et lui restent pendus au téléphone. Finalement, tout semble s'arranger à l'arrivée au paradis des touristes. Or, dès le lendemain, nouveau gros accroc: partis faire de la plongée sous-marine, les deux Américains remontent à la surface pour constater que le bateau censé les ramener vers la plage est reparti sans eux ! Open water - En eaux profondes entre alors dans le vif de son sujet convenu: la survie en milieu hostile. Il s'agit bien d'un "film de requins". A-t-il du mordant ? Pas autant que j'avais pu l'espérer, je dois l'avouer. Les premières images, filmées à terre, m'ont même paru assez laides. Cela s'arrange (un peu) par la suite, surtout quand le récit se contente de suivre au plus près les deux naufragés. Rien de bien transcendant. Allez ! Vous saurez peut-être apprécier cette mise en scène focalisée sur les personnages, là où je n'ai vite vu que la conséquence du budget de tournage, plus resserré encore ! J'aurais aimé frissonner davantage...

Open water - En eaux profondes
(Open water)
Film américain de Chris Kentis / 2004
La comparaison bien naturelle avec un certain classique signé Spielberg joue fatalement au détriment de cet opus, nettement moins inventif. Instinct de survie n'était pas parfait, mais plutôt agréable à regarder. Finalement, j'en viens presque à préférer Les seigneurs de la mer ! Nageant à contre-courant, vos kids pourraient aimer Gang de requins. Voire, si l'intention est de réhabiliter les squales, Les bad guys 1 et 2...

lundi 31 août 2026

La loi contre eux ?

Égaré entre Troie et Ithaque, je n'ai pas célébré le 90ème anniversaire de la naissance de Robert Redford - c'était le 18 août. J'aurais pu choisir de n'évoquer l'acteur que le 16 septembre, un an après sa disparition. Mais finalement, je crois bon de présenter Willie Boy dès aujourd'hui. J'en avais moi-même entendu parler l'an passé, à l'heure des hommages.

Notre ami Bob interprète un shérif, Chris Cooper, gardien de l'ordre officiel dans un coin de Californie doté - entre autres - d'une réserve indienne. Descendu d'un train, un jeune Païute vient juste d'y revenir dans l'espoir d'épouser une femme de sa tribu, dont il est amoureux. L'idée déplait fort à certains ! Une nuit, le couple encore "clandestin" subit l'assaut d'un petit groupe mené par le père de la belle, que Willie est soudain obligé de tuer pour sauver sa peau. Les pauvres tourtereaux entament alors une cavale forcée. Avec Cooper, lancé à leurs trousses...

Sachez-le: je ne vous ai parlé que des premiers instants d'un western d'apparence assez classique et toutefois surprenant à bien des égards. Face à l'intense Robert Blake, Robert Redford devient un anti-héros soumis à des injonctions contradictoires, comme on dit de nos jours. Parfois, Cooper donne l'impression d'effectuer la sale besogne d'hommes ouvertement racistes, qui préfèrent, eux, éviter de se salir les mains. Dans d'autres séquences, il apparaît plus dur, pris au piège de son ego. Willie Boy apparaît dès lors comme un film à rebours de la politique conservatrice (et suprémaciste !) que les Étatsuniens adoptent parfois. Ce n'est pas un film pamphlétaire, mais c'est un film qui fait réfléchir. On retiendra qu'avant de le réaliser, le scénariste-metteur en scène était longtemps resté sur la liste noire des studios, inspirée des travaux du si sympathique sénateur Joseph McCarthy. J'en reparlerai, promis. D'ici là, j'espère que vous pourrez voir ce film, rare... et donc précieux !

Willie Boy
(Tell them Willie Boy is here)
Film américain d'Abraham Polonsky / 1969
Il m'amuse plutôt de constater que le titre original est plus revendicatif que celui (raccourci et neutre ?) retenu pour l'exploitation dans les pays francophones. Le film, de fait, nous parle de la difficulté de s'affirmer comme porteur d'une identité propre et très respectable. Vaste débat ! Les peuples amérindiens d'aujourd'hui vous intéressent ? Un film récent comme Les chansons que mes frères m'ont apprises mérite d'être vu...

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Un mot sur le principal personnage féminin...

Cette Lola est incarnée par Katharine Ross, 29 ans, avec qui Redford jouait déjà dans Butch Cassidy et le Kid juste quelques mois plus tôt. Cette fois, ils n'ont pour ainsi dire aucune vraie scène commune. D'abord connue à la télé, l'actrice a fait une carrière cinéma honorable. En 1967, elle jouait Elaine - la fille de Mrs. Robinson ! - dans Le lauréat.

Et, pour finir, de petits liens vers des blogs-amis...
Dasola et Princécranoir ont mentionné le film dans un texte-hommage dédié à Redford. Je crois avoir compris qu'ils l'ont également apprécié. J'espère bien qu'ils passeront par ici pour nous en dire un peu plus long !

dimanche 30 août 2026

Dans leur monde

Lola, la vingtaine, est montée en train jusqu'à Paris pour un coup d'éclat au Salon de l'agriculture. La jeune militante animaliste est descendue dans un hôtel et y rencontre Félix, le fils (tourmenté) du propriétaire. Vont-ils se rapprocher et si oui, à quel point ? À vous de le découvrir. Mon espoir: que L'écologie des sentiments vous attire... et vous plaise.

Moi ? Je n'en savais pas grand-chose avant de le mettre au programme de ma cinquantième sortie ciné de l'année. En gros, la bande-annonce m'avait fait l'impression - nette et favorable - d'une douce fantaisie. Vérification faite, je peux vous confirmer que l'aspect environnemental passe vite au second plan, le film s'intéressant plutôt aux interactions sociales et affectives de ses personnages (principaux ou secondaires). C'est à la fois décalé et possiblement touchant, pour peu qu'on s'attache auxdits personnages. Or, le tandem Salomé Rose Stein - Andranic Manet fonctionne bien ! Il a clairement contribué au plaisir que j'ai ressenti face à ce que d'aucuns qualifient volontiers de comédie romantique. L'écologie des sentiments n'est pas que cela, non, mais c'est cela aussi. Je dois dire que j'ai souri, très souvent, même devant certains passages moins propices, abordant par exemple la question des aidants familiaux. Tout est traité avec pudeur et délicatesse, ce qui ne fait jamais de mal !

L'écologie des sentiments
Film français d'Alexandre Steiger / 2026
Le réalisateur signe ici son premier long-métrage. Il était déjà l'auteur de quelques courts et de deux romans et a aussi joué pour des cinéastes nombreux et originaux, tels que Sólveig Anspach (Queen of Montreuil) ou Erwan Le Duc (Perdrix). Poétique et intemporel, son univers créatif me rappelle les mondes de Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes) et du trio Abel-Gordon-Romy (Paris pieds nus). À voir sans modération !

samedi 29 août 2026

Un horizon incertain

Je crois pouvoir dire sans me tromper que le road movie est un genre typique du cinéma américain - le premier après le western, peut-être. C'est fort de cette conviction que j'ai vu Sur la route d'Omaha, un film présenté en avant-première au Festival de Sundance (en janvier 2025). L'occasion aussi de retrouver John Magaro, un acteur plutôt attachant...

Le jour ne s'est pas encore levé quand un père réveille ses deux enfants et leur demande de se dépêcher pour monter dans sa vieille bagnole. Charlie, 6 ans, obéit vite, tandis qu'Ella, l'aînée, traîne encore un peu. Mais finalement, la petite troupe s'en va et les images nous expliquent qu'elle pourrait bien ne jamais revenir en arrière. Découvrir où elle va est moins évident, même si le titre du film semble le révéler d'emblée. Une certitude: ledit long-métrage est presque toujours en mouvement. Assez joliment filmé et habilement monté, Sur la route d'Omaha témoigne aussi d'une certaine réalité sociale des États-Unis aujourd'hui. Ce premier opus d'un cinéaste passé par la pub porte une esthétique que certains pourraient juger trop consensuelle ou disons trop "lisse". Pour ma part, je préfère de loin m'attarder sur les belles performances des acteurs et surtout des enfants - Molly Belle Wright et Wyatt Solis. Leur duo confère une âme à ce bon petit film, les prénoms et visages pouvant conduire nos pensées vers d'autres gosses, bien réels ceux-là. Avant de les suivre, les plus émotifs auront prévu un ou deux mouchoirs.

Sur la route d'Omaha
(Omaha)
Film américain de Cole Webley / 2025
C'est bel et bien de l'Amérique pauvre dont il est question ici, un pays que vous aviez pu (re)découvrir en 2020 avec Nomadland, par exemple. Plus anciens, L'épouvantail et Macadam cowboy restent des références impeccables pour qui voudra bien emprunter leurs chemins de traverse. Je suis sûr qu'il en existe d'autres et je ne m'en lasse absolument pas. Filer En roue libre ou prendre Rendez-vous à Kiruna ? C'est bien aussi !
 
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Si vous voulez retrouver John Magaro...

Il est dans deux films de Kelly Reichardt: First cow et The mastermind. Je l'avais d'abord apprécié dans LaRoy et il était au casting de Carol. Mais aussi dans un (très chouette) film... allemand: Au rythme de Vera.

Autre option: lire l'avis de mes camarades...
Aïe ! Je n'ai pas relevé d'autre chronique que celle que propose Pascale.

samedi 22 août 2026

Je regarde ailleurs...

Vous savez quoi ? Je vous ai désormais présenté les cent premiers films que j'ai eu l'occasion de découvrir depuis le début de cette année 2026. Je suis constant, non ? L'an passé, à la même époque, j'en étais à... 99. Avant d'aller plus loin, je suppose que j'ai bien mérité une petite pause !

J'en ferai peut-être une plus longue à l'automne, mais ce break estival doit me permettre de me concentrer pleinement sur un rendez-vous grenoblois que j'attends désormais depuis plusieurs semaines: le Festival de la Cour du Vieux Temple. Ce bel événement culturel de quasi-fin d'été proposera - à partir d'aujourd'hui et jusqu'à vendredi prochain inclus - 18 spectacles théâtraux et/ou musicaux de grande qualité. J'essaye d'en voir au moins quelques-uns à chaque édition. Il est possible que j'y passe beaucoup de temps, cette fois, et ce pour une raison particulière: j'ai très envie de revoir les artistes... que j'ai interviewés. En bonne entente avec l'équipe du Festival, je suis allé à leur rencontre et rouvre mon blog Envies de partages (pour une durée indéterminée). J'y prends un plaisir complémentaire à celui que me procure le cinéma et d'autant plus vif que tout ou presque doit se dérouler en plein air. Vous passerez en Isère, un de ces jours ? N'hésitez plus à me le signaler !

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Et si seul le septième art vous intéresse...

Je prévois de revenir aux chroniques "embobinées" dès samedi prochain.

jeudi 20 août 2026

Un astre amoureux

Je vais revenir aujourd'hui vers le cinéma de cette réalisatrice japonaise dont j'ai commencé à vous parler il y a deux semaines: Kinuyo Tanaka. La lune s'est levée est son deuxième film et, pour un noir et blanc arrivé du Pays du soleil levant, je l'ai trouvé étonnamment primesautier. Pour autant, il n'est assurément pas dénué d'intérêt, bien au contraire...

Les esthètes retiennent que le film est né à partir d'un scénario original du grand maître Yasujrō Ozu (secondé par un dénommé Ryōsuke Saitō). L'intrigue s'inscrit dans le cadre d'une famille et autour d'un vieux père resté seul après le décès de son épouse. J'exagère un peu: Mokichi Asai n'est pas complètement isolé, ses trois filles demeurant auprès de lui. Chizuru, l'aînée, est veuve, elle aussi, et ne parle pas de remariage. Ayako, elle, pourrait convoler, mais semble n'en avoir aucune envie. Quant à Setsuko, elle préfère s'intéresser à ses soeurs qu'à elle-même...

Toute la première partie de La lune s'est levée adopte un ton badin auquel le cinéma japonais de cette époque (l'immédiate après-guerre) ne m'avait pas habitué. Et pourquoi pas ? C'est tout à fait charmant. C'est presque drôle, aussi, à l'image de cette séquence où deux âmes généreuses font tout leur possible pour que des tourtereaux - supposés - puissent enfin s'avouer leurs sentiments réciproques et vivre ensemble. D'aucuns y voient d'ailleurs l'influence directe de la screwball comedy américaine. Vous noterez que les traditions et modes de vie japonais conservent une importance capitale, sinon décisive, dans le déroulé d'un récit finalement plus mélancolique qu'il n'y paraît de prime abord. Détail amusant: la présence d'un personnage ingénieur en téléphonie. Elle s'explique par celle d'une entreprise spécialisée parmi les soutiens financiers du film, soucieuse alors d'une juste promotion de ses services. Résultat: une scène au dialogue un rien abscons. Bon... j'ai déjà vu pire.

La lune s'est levée
(月は上りぬ - Tsuki wa noborinu)
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1955
Une belle réussite, même si j'aurais bien aimé que la réalité politique et/ou économique du Japon d'alors apparaisse un peu plus en détails. J'ai toutefois beaucoup apprécié l'exposé de quelques rituels sociétaux. Finalement, tout cela est assez révélateur d'un pays en plein évolution. Je prends le même plaisir devant Printemps tardif ou Voyage à Tokyo. Une esthétique dont Hirokazu Kore-eda (Still walking) est bien l'héritier.

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Si vous voulez aller plus loin...

Il vous sera possible de le faire en compagnie de Pascale, Strum et Lui.