jeudi 2 février 2023

Des revenants

Ciel ! J'ai eu la chance de faire un petit séjour à Vienne (en Autriche) et je viens de réaliser que c'était il y a bientôt... quatorze ans. J'aurais aimé en revenir avec trois-quatre DVD, mais je me souviens de mon incapacité à en trouver - on m'avait proposé un Spiderman ! Tout cela pour dire qu'en janvier, j'ai ENFIN revu un film autrichien...

Je ne suis certes pas le dernier à penser d'abord à Michael Haneke quand on évoque l'Autriche, mais j'en ai été content de me pencher sur le travail d'un autre réalisateur: Stefan Ruzowitzky (né en 1961). Son tout dernier film, Hinterland, a des producteurs dans son pays d'origine, de même qu'en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique. Précision, si besoin: dans la version originale, les protagonistes s'expriment en allemand. Le scénario nous invite à nous intéresser d'abord à un groupe de soldats - vaincus - de la Première guerre mondiale. Nous sommes au début des années 20: ces pauvres bougres viennent d'en terminer avec de longs mois de captivité en Russie. Personne ne les attend en héros: l'empire dont ils étaient les gardiens n'est plus. Il a cédé sa place à une République fragile, où anarchistes, communistes et proto-nazis battent le pavé. Cet "arrière" que le titre évoque est presque plus difficile à vivre que le front ! En tout cas pour le personnage principal, Peter Berg, qu'une série de meurtres vient vite impliquer. Les victimes ? Ses anciens compagnons d'armes.

Je n'ai pas envie de vous raconter par le menu cette histoire criminelle. Pas envie non plus d'explorer la noirceur du film, en partie compensée par un beau personnage féminin (de médecin légiste !). Hinterland m'a fait forte impression avec ces deux éléments, oui. Pourtant, je veux souligner que c'est pour ce qu'il dit de l'après-guerre qu'il m'a le plus intéressé. Mon histoire familiale fait que j'ai une idée du sentiment d'incompréhension qui pouvait animer les rescapés français lorsque, après 1918, ils ont pu revenir chez eux. Dans le film d'aujourd'hui, les survivants m'apparaissent encore plus déphasés. Leurs défaites militaires les ont éloignés de leurs compatriotes restés à couvert. Et l'Histoire, désormais, semble devoir s'écrire sans eux ! Pour symboliser leur mal-être ou leur névrose, Stefan Ruzowitzky réinvente une Vienne expressionniste, dont chaque mur est déformé. L'effet est saisissant et, bien évidemment, décuplé sur grand écran. Le comble, c'est que le film semble être passé relativement inaperçu. De quoi m'inciter à regarder les réseaux de distribution de plus près...

Hinterland
Film autrichien de Stefan Ruzowitzky (2021)

Mon premier film vu au cinéma en 2023 aura donc mis plus d'un an pour arriver jusqu'en France, dans des conditions sûrement difficiles. J'imagine qu'il n'est plus en salles, désormais, mais c'est un titre digne d'être retenu pour son exploitation future télé / DVD / VOD. L'aspect "serial killer" est commun, mais son arrière-plan historique vaut le coup d'oeil. Comme pour Frantz. Ou encore Les gardiennes...

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Un mot pour finir...

Je dédie ce texte à Pascale, qui a parlé du film deux fois, ici et . Sans son "insistance", il est probable que je serais passé à côté. Salutations aussi à Dasola, qui a également apprécié ce long-métrage.

lundi 30 janvier 2023

Erreur sur la personne

Tout ce que j'ai pu lire sur Le faux coupable après l'avoir regardé souligne qu'il s'agit d'un Hitchcock presque unique en son genre. Même si d'autres films du grand Alfred montrent des personnages accusés à tort, celui-là part en fait d'une histoire vraie et a été tourné avec un grand souci d'authenticité. Presque comme un documentaire !

Le personnage principal s'appelle Christopher Balestrero, dit "Manny". Musicien dans un club chic de New York, c'est un homme droit, marié et père de deux jeunes garçons. Sa femme et lui font très attention au budget familial et ne contractent que de petites dettes que Manny s'efforce de régler rapidement. Cette vie d'apparence respectable déraille soudain quand notre homme est reconnu par divers témoins comme l'auteur de divers holdups à main armée. Or, le titre du film n'est pas une fausse piste: Le faux coupable parle... d'un innocent que la police, l'opinion publique et la morale accablent sans raison. L'idée du scénario est surtout de montrer les graves conséquences qu'une telle vindicte peut avoir. Henry Fonda, dans son unique rôle devant la caméra d'Alfred Hitchcock, est tout simplement parfait. Vera Miles, qui joue son épouse, est très bien, elle aussi. Le duo porte le film sur ses épaules, plus solides que celles des personnages. J'ai juste deux (petits) bémols: quelques effets visuels trop appuyés et des références à la religion un peu lourdingues. Je chipote, ouais...

Le faux coupable
Film américain d'Alfred Hitchcock (1956)

Je suis bien content d'avoir pu découvrir ce prétendu opus mineur. Même s'il n'est pas parfait, il montre de Hitch une facette "nouvelle" qui m'a relativement convaincu de sa sincérité. Je trouve intéressant qu'il ait fait appel à l'acteur qui, ensuite, sera un défenseur acharné de 12 hommes en colère - un film qui s'inscrit dans la continuité. L'injustice est décidément un point de départ intéressant au cinéma !

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En bonus, une anecdote...

Un personnage apparaît au début du métrage, filmé de loin, de haut et en contre-jour, pour dire que le film présente des faits réels. D'après mes sources, ce serait bien Hitchcock et, sur l'image, sa voix. En VF, elle a été remplacée par celle d'un narrateur - terminé, le "je" !

Et en prime, une seconde...
Un mot sur Henry Fonda, aussi: lui qui a si souvent joué les hommes respectables rejetait les injustices après avoir été le témoin direct d'un lynchage quand il avait 14 ans (voir Été rouge 1919 / Wikipédia). Bien plus tard, il accepta d'être un tueur d'enfant chez Sergio Leone...

Et enfin, pour en revenir au cinéma...
Vous pourrez lire aussi une ancienne chronique de "L'oeil sur l'écran".

vendredi 27 janvier 2023

Vérités relatives

Allez, pour ce week-end, je vous propose un film sérieux ! L'occasion d'observer au plus près le fonctionnement de la justice pénale demeure l'apanage des professionnels et de quelques rares citoyens tirés au sort lors des procès criminels. Et le travail des avocats, sortis des audiences d'assises demeure bien (trop ?) souvent dans l'ombre...

Je l'ai déjà dit ou au moins suggéré: le crime et la mécanique judiciaire exercent sur moi une curieuse fascination. La violence s'avère contraire à toutes mes valeurs, mais je me dis que chacun(e) de nous pourrait au minimum avoir à collaborer à l'oeuvre de justice ou, pire, à rendre des comptes. Le film Une intime conviction s'appuie sur une affaire réelle: le dossier Viguier, du nom d'un homme dont la femme a disparu en février 2000, vite suspecté de l'avoir tuée et finalement acquitté, en 2009 tout d'abord et en 2010 en appel. Éléments particuliers des années de procédure: l'absence de cadavre et les investigations à charge menées par... l'amant de la victime supposée. Le film a l'intelligence de ne pas faire de troisième procès. Il titille ce que nous croyons savoir au sujet du fonctionnement institutionnel de la justice en interrogeant les notions de présomption d'innocence, de vérité et de doute - avec chaque partie prenante. L'ajout d'un personnage permet de voir que la défense d'un innocent n'est pas toujours vertueuse. Marina Foïs et Olivier Gourmet brillent !

Une intime conviction
Film français d'Antoine Raimbault (2019)

Beau boulot du réalisateur, qui signait ici son premier long-métrage. Le montage est précis et l'histoire se suit donc comme celle d'un polar franchement accrocheur. Au final, on a un bon exemple de cinéma français intelligent et sans fioriture, donc. Tout ce que j'apprécie. Cela m'a rappelé le plaisir (cinéphile, oui !) pris devant L'affaire SK1. Il me semble qu'un BAC Nord, dans la forme, est bien plus "bourrin"...

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Si vous voulez prolonger le débat...

Je vous y invite... et, d'une certaine façon, le ferai moi-même lundi. D'ici là, passez donc lire - ou relire - les avis de Dasola, Strum et Lui !

mercredi 25 janvier 2023

Petit et grand

Il faudra que tôt ou tard, je consacre une chronique à George Lucas. L'année prochaine, peut-être, pour ses 80 ans - qu'il fêtera le 14 mai. Avant cela, je veux revenir ce jour sur un film qu'il a produit: Willow. Un (vague) souvenir d'enfance peut encore vous expliquer mon envie d'approcher à nouveau de son univers fantasmagorique. Et j'ai adoré !

Willow Ufgood est un jeune homme de la tribu des Nelwyns, un peuple de petite taille qui, dans son monde imaginaire, se méfie d'un autre plus grand - les Daïkinis. Ces derniers sont gouvernés par une reine maléfique, Bavmorda, entourés de mages qui ont prédit qu'un enfant tout juste né viendrait renverser la souveraine. La cruelle intéressée exige alors l'arrestation de tous les nourrissons et leur mise à mort. Or, il se trouve que Willow et sa famille en ont recueilli un et s'y sont attachés. Je vous passe quelques détails et vous crois assez futés pour imaginer la suite. Willow est à mes yeux un très chouette film classé au rayon heroic fantasy. En clair, l'incessante lutte du bien contre le mal prend place dans un vaste univers chevaleresque fantasmé, enrichi de personnages bigarrés et de monstres nombreux. Les effets spéciaux ? Ils restent parcimonieux. Certaines séquences paraissent un peu "moches" aujourd'hui, mais, le film a belle allure dans l'ensemble. Dès lors, ses deux heures dix passent vite et bien. Bon, il faudra qu'un jour, je prévoie également un top des années 80 !

Willow
Film américain de Ron Howard (1988)

Un parcours initiatique qui pourra plaire aux enfants, ados et adultes amoureux du cinéma US des eighties. Oui, oui, je me suis ré-ga-lé ! Aucun temps mort à déplorer et, au contraire, un vrai souffle épique porté par la musique du grand et regretté James Horner (1953-2015). Entendu: Le seigneur des anneaux est allé un bon cran au-dessus. Mais un film comme Eragon, lui, n'arrive jamais à de tels sommets...

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Si vous voulez aller plus loin...

Ideyvonne a rappelé la carrière de Dennis Murren, créateur des effets spéciaux. Benjamin, quant à lui, a évoqué le film dans son ensemble.

lundi 23 janvier 2023

Disney pour commencer

Mon début d'année du côté cinéma ? Je l'ai passé face au petit écran avec des films Disney ! Je pensais n'en voir qu'un, le Jour de l'An. Finalement, j'en ai vu un second le 4 janvier. Je les regroupe aujourd'hui dans une même chronique, malgré leurs dissemblances. Mon idée: revenir à mon rythme habituel d'un billet tous les 2-3 jours.

 
Merlin l'enchanteur
Film américain de Wolfgang Reitherman (1963)

Je dois dire que cela faisait un petit moment que l'adulte que je suis voulait chroniquer ce dessin animé vu, je crois, quand j'étais môme. Pas sûr que mon très vague souvenir soit exact, mais qu'importe ! Passionné par les mythes arthuriens, je tenais à retrouver l'enfance du roi légendaire tel que réinventée par la bande à Walt. Le titre français du film ne trompe pas: c'est avant tout son comparse magicien qui s'illustre ici, en sa qualité de mentor d'un petit garçon innocent promis à un brillant avenir. Et ? Le résultat est plutôt sympa. Daté, sans doute, en l'absence de tout personnage féminin positif. Pas très ambitieux sur le plan narratif, mais efficace sur la forme. Bilan globalement positif, donc, tout bien pesé soixante ans après. Avis aux curieux: Ideyvonne en a publié une belle collection d'images !


Hocus Pocus - Les trois sorcières
Film américain de Kenny Ortega (1993)

Vous connaissez des enfants curieux de cinéma ? Je pense que ce film pourrait leur convenir... pour fêter Halloween. L'histoire se déroule autour de la fête celtique, au moment où un pré-ado arrive à Salem avec ses parents. Max vit mal ce déménagement et n'a pas trop envie de s'occuper de sa petite soeur: il n'a pas encore de nouveaux copains et a bien du mal à parler avec la fille dont il est tombé amoureux. Bientôt, pourtant, il lui faudra affronter un péril XXL, avec le retour d'êtres maléfiques revenus d'entre les morts. Bon... sans effets spéciaux excessifs, le film a un petit côté vintage qui peut le rendre fréquentable pour les adultes. Il est clair toutefois que le public ciblé reste celui des kids assez ouverts pour apprécier l'image old school. Dix ou douze ans maximum, je dirais - un peu au pifomètre, ma foi...

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Ah ! Je profite que vous êtes là !
Je serais honnêtement curieux de savoir...
- si vous regardez parfois du cinéma "jeune public",
- si oui, comment vous choisissez alors les films en question,
- et si oui toujours, s'il vous arrive d'en voir sans enfant à vos côtés !

jeudi 19 janvier 2023

Mon best of 2022

Une (petite) précision tout d'abord: après mûre réflexion, j'ai décidé de ne revenir sur l'année écoulée qu'en évoquant mes préférences parmi les films récents vus en salles. Mes tops "plaisir" et "émotion" extraits de la masse des autres reviendront - au mieux - début 2024 ! Je me concentre sur l'actualité... et je vous invite, bien sûr, à réagir.

1. L'ombre d'un mensonge / Bouli Lanners
Belgique
Dans mon Panthéon francophone, on compte pas mal d'artistes belges. Bouli Lanners est le premier d'entre eux. Ce beau drame classique m'a beaucoup touché. J'estime qu'il magnifie encore l'Écosse dans ses paysages les plus sauvages ! Et Michelle Fairley est superbe !

2. Les bonnes étoiles / Hirokazu Kore-eda
Corée du Sud
Un autre chouchou en médaille d'argent: le grand cinéaste japonais poursuit sa carrière en toute cohérence avec son humanisme profond. Son univers semble très naturel dans cet "exil" coréen (volontaire). J'attends impatiemment ses prochains films. Comme ceux d'un ami...

3. La nuit du 12 /Dominik Moll
France
Une gifle. Un polar (avec Bouli Lanners !) qui semble un écho parfait aux questions soulevées par la lutte contre les nombreuses violences faites aux femmes. Une oeuvre où, parfois, l'espoir est très ténu. Mais qui permet aussi de réfléchir. Et de croire à un monde meilleur.

4. Mes frères et moi / Yohan Manca
France
Un pied de podium à bas bruit, synonyme de coup de coeur personnel. Oui, même s'il n'est pas exempt de clichés, j'ai aimé ce premier long autour d'un gamin de banlieue passionné (et sauvé ?) par le chant lyrique. J'aimerais tellement que l'opéra soit aussi un art populaire...

5. Twist à Bamako / Robert Guédiguian
France
Le réalisateur est toujours renvoyé à son évident amour de Marseille et à ses idées sociales - à gauche toute. Dans l'histoire du Mali décolonisé, il a trouvé la matière à un drame superbe, (trans)porté par d'excellents jeunes comédiens. Bilan: une belle leçon d'humanité. 

6. Licorice Pizza / Paul Thomas Anderson
États-Unis
PTA et moi, ça passe ou ça casse. Je n'ai pas senti de demi-mesure dans les précédents opus que je connais de la carrière du cinéaste californien. Son opus 2022 a l'allure d'une autobiographie idéalisée. Les amours adolescentes y sont tapageuses et solaires. Un vrai régal !

7. Goliath / Frédéric Tellier
France
La puissance des lobbies est mise au coeur de ce film dénonciateur. Bien qu'éprouvant parfois, il est assez subtil pour éviter la caricature. Toute ressemblance avec des faits réels n'est sûrement pas fortuite. Et une mention spéciale pour un Gilles Lellouche meilleur que jamais !

8. Decision to leave / Park Chan-wook
Corée du Sud
Je n'ai pas aimé Park Chan-wook au premier regard, mais je dirais sans hésiter désormais que c'est un cinéaste majeur de son temps. L'un de ceux qui, depuis l'Asie, ont su acquérir une dimension internationale. Ce chassé-croisé policier et sentimental est une perle.

9. Piccolo corpo / Laura Samani
Italie
Enfin un film de femme dans ce classement ! Et quel film ! Reparti cent ans en arrière dans l'Italie rurale et peu bavard, ce drame s'avère une pure merveille esthétique, d'une pudeur épatante. Ses images sublimes restent gravées dans ma rétine. J'espère les revoir un jour !

10. I'm your man / Maria Schrader
Allemagne
Encore une vraie intelligence dans le propos de ce film "de femme". L'homme idéal pourrait-il n'être qu'un robot ? La question est posée. Maria Schrader esquisse des réponses possibles, mais ne tranche pas. Une drôle d'invitation à l'échange entre spectateurs. Des deux sexes !

Hors classement 1. Atlantis / Valentyn Vasyanovych
Ukraine
Ce vrai-faux onzième du classement pour saluer un cinéaste ukrainien dont j'ignorais tout jusqu'alors. J'ai vu son film au cours d'une soirée de solidarité gratuite, ouverte aussi bien aux dons qu'aux rencontres. Et quelle claque ! Sorti en 2019 et resté inédit, il semble prophétique.

Hors classement 2. Notre-Dame brûle / Jean-Jacques Annaud
France
L'un des réalisateurs en vogue du temps de ma pré-adolescence demeure à mes yeux un artisan du cinéma tout à fait respectable. Loin d'un prosélytisme aveugle, son film sur la cathédrale parisienne meurtrie rend hommage à celles et ceux qui l'ont sauvée. Émotions...

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On continue ?

Maintenant, si vous avez envie de (re)découvrir d'autres films encore et/ou de comparer mon classement avec celui d'autres passionnés d'images en mouvement, je vous renvoie volontiers aux chroniques spéciales de mes camarades cinéphiles Pascale, Dasola et Benjamin. NB: je suis aussi à votre écoute pour d'autres tops passés inaperçus. Et je vous donne rendez-vous lundi avec mes premiers films de 2023 !

On va plus loin ?
Pascale - oui, encore ! - a fait écho à l'initiative de son amie Aifelle pour nous offrir un second bilan de son année 2022 dans les cinémas. Je vous laisse apprécier le résultat obtenu et y reviendrai peut-être...

mercredi 18 janvier 2023

De drôles de dames

Le tout dernier film que j'ai choisi de voir en 2022 ? Un classique hollywoodien: Arsenic et vieilles dentelles. Je suis friand d'oeuvres de ce genre au moment du réveillon du 31 décembre. Un p'tit bonheur qui, idéalement, peut être partagé avant ou après un dîner familial. Mais basta ! Mes habitudes hivernales ne sont pas mon sujet du jour !

Arsenic et vieilles dentelles
, donc. Je trouve toujours surprenant d'imaginer qu'au moment où le film est sorti, les GI américains n'avaient débarqué en France que depuis un peu plus de deux mois. Cette comédie ne sera visible dans notre pays qu'en décembre 1946. Elle met en scène Cary Grant, auteur connu comme un adversaire proclamé du mariage, prêt... à convoler en justes noces. Situation ubuesque et moteur possible pour le rire, mais fausse piste ! L'idée du scénario est plutôt de suivre ce personnage lors de la journée précédant son union, alors qu'il apprend que ses deux vieilles tantes reçoivent chez elles de vieux messieurs tristes... et les empoisonnent allégrement pour, assurent-elles, les soulager enfin de leur solitude accablante. Et, à partir de là, on voit débouler d'autres personnages farfelus, l'un se prenant pour le président Teddy Roosevelt, les autres s'avérant de grands criminels en quête d'une planque pour un cadavre. Stop ! J'en ai assez dit sur le fond. Le film m'a (un peu) déçu. Échevelé, il est sympa, mais pas aussi corrosif que je l'avais espéré...

Arsenic et vieilles dentelles
Film américain de Frank Capra (1944)

Un classique, comme je vous le disais, mais diversement apprécié. D'aucuns l'élèvent au rang de film-culte, d'autres le trouvent mineur dans la carrière du réalisateur. Moi ? Je suis un peu entre les deux. Plus concrètement, j'ai certes préféré Mr. Smith au Sénat et La vie est belle, mais ce n'est pas le même genre ! J'ose une comparaison avec une pure perle du cinéma britannique: Tueurs de dames (1955).

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D'autres avis sur la toile ?

Of course ! Et notamment ceux d'Eeguab et Lui, dans le camp positif !

mardi 17 janvier 2023

Retour sur Pandora

Avatar - La voie de l'eau est bien le succès attendu. Il n'est pas exclu que je revienne sur les chiffres du box-office réalisés par cette suite du film sorti en 2009, mais je la laisse achever son chemin triomphal. La salle où je l'ai vue avec mes deux parents était presque pleine. Une info: c'était à Reims, lors de l'après-midi du 27 décembre dernier.

Je tiens à dire tout de suite que je n'ai pas vu le film en 3D, le cinéma que nous avions choisi n'offrant pas cette possibilité supplémentaire. C'est dommage, car le long-métrage n'exploite pas cette technique particulière: il a véritablement été conçu dans sa logique. Mais bref ! Pour qui sera passé à côté du phénomène, je rappelle brièvement qu'Avatar - La voie de l'eau pose ses valises sur Pandora, planète imaginaire peuplée de grandes créatures bleues à la morphologie humaine, mais beaucoup plus hautes et fortes. Un détail: l'une d'elles est un ancien militaire venu de la Terre leur mener une guerre effroyable... et qui s'est lié d'amitié avec ce peuple na'vi au point d'accepter que son nouveau corps, d'abord conçu pour une mission d'infiltration en terre ennemie, reste définitivement le sien ensuite. Après avoir rallié l'autre camp, Jake Sully a fait souche et, respecté comme chef, a pu fonder une famille avec une femme de l'espèce rivale. Treize ans plus tard, des humains belliqueux et revanchards reviennent en découdre ! Et la lutte armée reprend, inévitablement...

Ce scénario, que je vous ai résumé en quelques lignes, est présenté comme "crétin" par une partie de la critique professionnelle. Personnellement, je le trouve léger et ne suis qu'à moitié convaincu par ses résonances écologistes - les Na'vi vivant dans une nature luxuriante, forestière et maritime, que les humains (oui, nous !) exploitent et détruisent sans vergogne, et ce à leur seul avantage. Oublions un instant la grosse machinerie déployée par le tournage XXL du blockbuster: elle a été en partie compensée par des mesures écoresponsables, paraît-il. Je suis allé voir Avatar - La voie de l'eau avec l'espoir de constater de visu à quel point l'image de synthèse pouvait aujourd'hui paraître réelle. Au final, j'ai trouvé cela bluffant et la partie médiane du film, pacifique et sous-marine, m'a "scotché". Au reste, cet énième conflit de science-fiction n'apporte guère d'idée nouvelle à ce genre rebattu, mais qu'importe: les plus de trois heures de projection m'ont tout de même offert un voyage à nul autre pareil. Ni le plus beau, ni le plus intéressant en effet, mais j'ai aimé le faire.

Avatar - La voie de l'eau
Film américain de James Cameron (2022)

J'ai envie de dire "mission accomplie" pour le réalisateur-scénariste canadien qui, fort de sa vision, recycle certains de ses thèmes favoris pour bâtir un nouvel opus au succès public considérable. J'ajouterai que, pour ma part, sans bouder mon plaisir, je préfère les oeuvres plus modestes et, généralement, plus anciennes - à l'image d'Abyss dans la filmographie de James Cameron. Et j'y reviendrai sûrement...

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En attendant, si vous voulez rester sur Pandora...

Vous le verrez: Pascale et Princécranoir ont aussi fait le déplacement. Je vous informe / rappelle qu'un troisième film est prévu - dès 2024 !

lundi 16 janvier 2023

Sacré reptile !

Le saviez-vous ? L'heure est grave ! Des alligators batifolent gaiement dans les égouts de New York. C'est du moins ce que dit une rumeur que j'ai entendue pour la première fois il y a... euh... très longtemps.

Est-ce cette légende urbaine qui a servi d'idée de départ à l'auteur américain Bernard Waber (1921-2013), créateur d'une série de livres pour enfants intitulée Lyle, Lyle, Crocodile ? J'avoue que je l'ignore. Toujours est-il que je suis allé voir l'adaptation cinématographique récente, sortie en France sous le titre Enzo le croco ! Un plaisir enfantin savouré auprès de ma très chère mère, disposée à s'amuser sans se soucier de l'âge du véritable public-cible (6-10 ans, je dirais) ! Bref... il s'agissait de partir à Manhattan pour rencontrer un reptile géant et plantigrade, élevé par un artiste de cabaret passé de mode. Lyle ou Enzo, donc, qui ne parle pas et chante à la perfection. Si, si...

Résultat: seuls dans la salle, Maman et moi nous sommes amusés. J'imagine que ce petit film a un bon potentiel... auprès des enfants plus jeunes que nous ! Oui, il est naïf, bien entendu, mais pas crétin. C'est ce que je pourrais appeler un "gentil divertissement familial". Logique: il se passe principalement dans une famille, le crocodile chanteur étant d'abord recueilli par un petit garçon (un peu timide). Surprise du chef: son propriétaire légitime est incarné par un acteur espagnol décidément étonnant et polyvalent, le grand Javier Bardem. Que puis-je ajouter ? Que le film semble rencontrer un succès d'estime assez mérité. Et je suis content d'y contribuer à ma mesure !

Enzo le croco
Film américain de Josh Gordon et Will Speck (2022)

Quatre étoiles qui s'assument et cherchent d'abord à attirer le regard d'un public soucieux d'un soupçon de nouveauté au rayon des films pour enfants. Voilà... j'oublierai ce long-métrage, mais l'ai apprécié pour sa modestie (et malgré donc deux réalisateurs sur le dossier !). Maintenant, c'est vrai: dans le domaine des créatures aussi étranges qu'attachantes, ce bon vieil E.T. reste évidemment très loin devant...

dimanche 15 janvier 2023

Ce matin, un lapin...

OK. J'ai un peu honte d'évoquer un "tube" de Chantal Goya pour parler ensuite d'un film de 1950 avec James Stewart (fringuant quadra). Harvey ? J'en avais d'abord entendu parler comme pièce de théâtre. L'adaptation cinéma est un bonbon à la saveur vintage, plaisant, oui. Mais sans (grandes) étincelles. Je ne veux en retenir que le positif...

Notre ami James est un grand garçon célibataire, Elwood, très gentil. Seule ombre au tableau: il risque de perturber les soirées mondaines de sa frangine, qui  tremble pour sa fille à marier. Le brave garçon n'est pas tout à fait "normal", pour tout dire, puisqu'il se croit constamment accompagné par... un lapin géant - le fameux Harvey ! Je vous laisse découvrir les mille et une péripéties qui s'ensuivent. Plutôt apprécié aux States, le film paraît un peu daté, mais se laisse regarder grâce à de très sympathiques acteurs, lancés en cabotinage intensif - ce qui, en l'espèce, n'est pas un reproche, soyez-en sûrs. J'ai peut-être perdu un peu du sel du truc, avec le doublage français...

Harvey
Film américain de Henry Koster (1950)
À l'époque, James Stewart comptait déjà une quarantaine de films derrière lui - ainsi qu'un long engagement militaire durant la Guerre. Dans ce genre de comédies, j'ai vu mieux, mais j'ai plutôt envie d'accorder à Harvey une vraie chance de vous plaire, 73 ans après. Hollywood tournait vraiment à plein régime, à cette - belle - époque. Et même avant, comme vous le verrez avec Rendez-vous ! J'dis ça...