mercredi 28 janvier 2026

2025, mes sommets

Je vous l'indiquais dimanche: j'ai vu 83 films au cinéma l'an passé. 2025 restera dans ma mémoire comme un bon cru, riche d'oeuvres venues de tous les horizons. J'en ai retenu douze pour un classement subjectif de mes préférences, "séances de rattrapage" exceptées. C'est je crois un chiffre raisonnable, sinon raisonné. À vous de voir...

1. Une bataille après l'autre (One battle after another)
Paul Thomas Anderson - États-Unis
Une bonne nouvelle de cette année: il ne faut pas réduire le cinéma américain aux films de super-héros et autres avatars de ce genre. Avec - entre autres - un Leo DiCaprio au meilleur de sa forme, PTA signe un opus tout à fait mémorable, aussi engagé que divertissant. Qu'il obtienne pour cela quelques Oscars serait tout sauf un scandale !

2. Un simple accident (یک تصادف ساده - Yek tasadof-e sadeh)
Jafar Panahi - Iran
Juliette Binoche et son jury ont tapé dans le mille: la Palme d'or 2025 est bien un autre des très grands films politiques du millésime écoulé. Découvrir une oeuvre aussi limpide et qui est pourtant venue d'Iran demeure un privilège qu'il faut chérir absolument: celui de la liberté. Pour résister aux mollahs, 668.460 entrées dans les salles françaises !

3. La chambre de Mariana
Emmanuel Finkiel - France

On peut aborder la Shoah de bien des façons, bonnes ou mauvaises. Le cinéma est l'une des armes de mémoire à notre disposition. Franchement, j'ai adoré ce film et je veux redire que Mélanie Thierry m'impressionne d'être allée jusqu'à apprendre l'ukrainien pour le rôle. Prochaine étape personnelle: lire (enfin) le roman d'Aharon Appelfeld.

3 ex-aequo. Berlin, été 42 (In Liebe, eure Hilde)
Andreas Dresen - Allemagne
Encore un film sur une forme de résistance: celle de contemporains d'Hitler qui n'avaient pour seul tort que d'émettre des messages radio vers un pays lointain à une époque où le régime nazi l'avait interdit ! Je suis ressorti de la salle de cinéma en fin d'hiver, à la nuit tombée et le coeur serré. Il est des destinées qu'il ne faut surtout pas oublier.

5. Dossier 137
Dominik Moll - France

L'avenir nous dira si nous tenons là le film ultime sur le mouvement des Gilets jaunes. J'y ai plutôt vu un regard sur la police aujourd'hui. Qu'est-ce que le maintien de l'ordre ? Telle est la question, en fait. Ancrée dans le réel, la réponse est évidemment un sujet de débat(s). Le film ne les élude pas, mais laisse chacun libre de ses conclusions...

6. La petite dernière
Hafsia Herzi - France

On prend les paris ? Quelque chose me dit qu'on retrouvera le visage de Nadia Melliti aux César, le 27 février. La jeune comédienne débutante a tout d'une révélation, déjà repérée à Cannes l'an passé. Son incarnation d'une ado musulmane découvrant son homosexualité pourrait bien n'être que la première d'une longue carrière ! À suivre...

7. Sirāt
Oliver Laxe - Espagne

Ça passe ou ça casse ! Cette longue dérive dans le désert d'un père cherchant sa fille disparue m'a scotché, mais j'ai constaté depuis qu'elle était loin de faire l'unanimité. En cause: un certain radicalisme narratif, qui vient percuter notre attention portée aux personnages. Je dirais que c'est le prix à payer pour des images à couper le souffle.

8. Le quatrième mur
David Oelhoffen - France

Oui, le théâtre peut sauver le monde: c'est le credo du personnage principal de ce très beau film, déterminé à faire jouer une pièce classique - j'ai nommé Antigone - en plein conflit israélo-palestinien. Dans ses bagages, un rêve de fraternité - qui pourrait ne pas suffire. Une (méritoire) adaptation d'un roman du journaliste Sorj Chalandon !

9. Vermiglio ou la mariée des montagnes (Vermiglio)
Maura Delpero - Italie
L'un des sommets esthétiques de 2025 et une plongée vertigineuse dans l'Italie de la grande ruralité, aux sombres heures du fascisme triomphant. Cet opus est peut-être également le plus triste de ceux que j'ai vus l'année dernière. On y découvre le destin d'une femme amoureuse d'un déserteur étranger à son village. C'est bouleversant...

10. Les enfants rouges (الذراري الحمر - al-shabāb al-aṣfar)
Lofti Achour - Tunisie
Lourds de nos deuils passés, nous oublions parfois que le terrorisme islamique frappe aussi des innocents loin des pays dits occidentaux. C'est ce que nous rappelle avec force ce film inspiré d'une histoire vraie, survenue en 2015 à proximité de la frontière algéro-tunisienne. Un pays d'hommes et des femmes magnifiques, livrés à eux-mêmes...

11. Lady Nazca
Damien Dorsaz - France
Il faut décidément croire que les vastes zones désertiques m'attirent. Cette fois, c'est d'un no man's land péruvien dont il va être question. Années 30: nous faisons la connaissance d'une femme allemande fascinée par les marques laissées au sol par d'anciennes civilisations. Nous partageons son regard, scientifique et humaniste. Quel voyage !

12. Au rythme de Vera (Köln 75)
Ido Fluk - Allemagne
Comment diable dit-on feel good movie dans la langue de Goethe ? Pas d'inquiétude: il n'est absolument pas indispensable de le savoir pour apprécier ce portrait d'une jeune femme opiniâtre, organisatrice outre-Rhin d'un show du jazzman Keith Jarrett, resté dans la légende. Les amateurs de piano devraient se régaler. Les autres... également.

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En guise de conclusion, une "mention spéciale"...

Ma très belle année 2025 a aussi été marquée par des moments forts liés à la découverte de deux films muets (en version ciné-concert). Deux pures merveilles: Les aventures du prince Ahmed et La foule !

Je termine avec des tops proposés sur d'autres blogs...
- celui de Dasola, publié dès le 23 décembre,
- celui de Pascale, un bilan mis en ligne le 31,
- celui de Vincent, proposé le 5 janvier,
- celui de Benjamin, lui aussi paru le 5,
- celui de la rédaction des Fiches du Cinéma.

Chers lecteurs anonymes, vous avez peut-être un choix à défendre. N'hésitez plus: il pourra très vite rejoindre cette liste des florilèges !

lundi 26 janvier 2026

2025, une petite année ?

Quel regard porter sur le millésime cinéma passé ? Il fut compliqué pour les salles françaises, dont l'offre n'a attiré "que" 156,7 millions de spectateurs - un total en baisse de 13,6% par rapport à 2024. Aujourd'hui, je propose les box-offices des films étrangers et français de 2025 (vus sur ce site, hier matin). J'ajoute quelques mots d'analyse.

LES FILMS ÉTRANGERS
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1. Zootopie 2 / USA / 7.969.313 entrées (1er au général),

2. Avatar - De feu et de cendres / USA / 7.905.868 (2e),

3. Lilo & Stitch (live action) / USA / 5.162.390 (3e),

4. La femme de ménage / USA / 3.449.941 (4e),
5. F1 - Le film / USA / 3.371.524 (5e),

6. Jurassic World - Renaissance / USA / 3.021.177 (6e),
7. Minecraft - Le film / USA / 2.712.147 (8e),
8. Dragons (live action) / USA / 2.580.896 (9e),
9. Mission impossible - The final reckoning / USA / 2.498.716 (10e),
10. Conjuring - L'heure du jugement / USA / 2.368.089 (11e),

11. Paddington au Pérou / Grande-Bretagne / 1.856.674 (12e),
12. Demon slayer - La forteresse infinie / Japon / 1.759.440 (13e),
13. Superman / USA / 1.655.928 (14e),
14. Captain America - Brave new world / USA / 1.648.654 (15e),
15. Les Schtroumpfs - Le film / USA / 1.646.677 (16e),

16. Les 4 fantastiques - Premiers pas / USA / 1.633.452 (17e),
17. Une bataille après l'autre / USA / 1.506.858 (19e),
18. Les bad guys 2 / USA / 1.474.043 (21e),
19. Elio / USA / 1.239.611 (23e),
20. Blanche-Neige (live action) / USA / 1.214.226 (24e).

Mon avis :
Les chiffres sont clairs: l'écrasante domination du cinéma américain ne laisse qu'une place extrêmement réduite aux autres productions étrangères. Les longs-métrages venus d'Europe (et non-français) doivent se contenter des miettes - un peu comme d'habitude, en fait !

Difficile de ne pas constater que la majorité de ces relatifs succès sont des suites ou bien... des adaptations d'oeuvres déjà existantes. Il n'est certes pas interdit d'espérer davantage d'originalité en 2026. Mon score arrêté sur cinq découvertes parmi vingt possibles témoigne sans doute d'un léger désamour. Il faudra que j'y remédie...


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LES FILMS FRANÇAIS
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1. God save the Tuche / 3.007.866 entrées (7e au général),

2. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan / 1.506.984 (18e),

3. Un ours dans le Jura / 1.482.761 (20e),

4. Chien 51 / 1.386.155 (22e),
5. Chasse gardée 2 / 1.113.123 (27e),

6. Kaamelott - Deuxième volet, partie 1 / 1.024.232 (33e),
7. Les Bodin's partent en vrille / 955.816 (34e),
8. Le chant des forêts / 925.022 (35e),
9. La femme la plus riche du monde / 911.889 (36e),
10. La venue de l'avenir / 911.838 (37e),

11. C'était mieux demain / 888.337 (39e),
12. L'attachement / 779.092 (41e),
13. L'étranger / 759.447 (42e),
14. T'as pas changé / 725.725 (43e),
15. Y'a pas de réseau / 705.781 (45e),
 
16. Dossier 137 / 675.417 (46e),
17. Partir un jour / 660.640 (48e),
18. Dracula / 651.174 (49e),
19. Vie privée / 640.876 (50e),
20. Moon le panda / 573.007 (57e).

Mon avis :
Seulement cinq films vus parmi ces vingt: j'aurais pu mieux faire. Point positif: la présence en plus grand nombre de productions originales, strictement conçues pour l'exploitation en salles. Mais seulement trois dans le top 20: on en comptait six en 2023 et 2024...

Je ne connais pas la recette pour faire repartir le cinéma tricolore vers le haut. Un constat: le maintien au sommet de comédies franchouillardes assez peu attirantes à mes yeux... bel euphémisme ! C'est aussi grâce à elles que le septième art (sur)vit dans notre pays. J'aimerais souvent qu'il soit un peu plus ouvert sur le monde alentour.


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Une précision :
Certains films recensés dans ces classements ne sont sortis qu'en fin d'année dernière. Quelques chiffres peuvent donc encore s'accroître...

Mais vous, alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

Vous jugerez peut-être judicieux d'attendre les données définitives avant de vous prononcer sur ces résultats. Ou urgent de les oublier. En tout cas, les commentaires sont ouverts à vos diverses réflexions !

dimanche 25 janvier 2026

2025, mes chiffres

Et voilà... j'en ai terminé avec les films que j'ai vus en 2025 ! L'heure est à présent venue de vous proposer un bilan de cette année cinéma. J'opérerai en trois temps, avec d'abord un premier compte-rendu chiffré de tout ce que j'ai pu découvrir: 179 films - dont 83 en salles. Une précision: seul le deuxième chiffre constitue un record personnel.

83 passages dans une salle de cinéma, c'est vingt de plus qu'en 2024. Et cinq de plus qu'en 2017, millésime de mon "top score" précédent. Les 96 longs-métrages appréciés sur d'autres supports (VOD et DVD) restent loin des 135 visionnés en 2020, année de crise sanitaire. Évidemment, tout cela ne dit rien de la qualité des uns et des autres. Mais avec un mois de décembre à 19 films, j'ai terminé l'année écoulée devant beaucoup plus d'écrans que je n'aurais pu l'imaginer. Oui, et je ne vois en fait aucune raison pour que le rythme retombe...

Une stat' dont je suis content, c'est le nombre de films vus, réalisés par des femmes. J'en recense trois rien qu'en décembre et 31 en tout parmi mes bobines de 2025. En fait, je n'y prête qu'une attention limitée dans un premier temps, mais avec le recul, j'y vois le signe possible d'une progression des artistes féminines dans l'industrie cinématographique. La parité ? On en est encore loin, à l'évidence. Personnellement, ce serait plutôt l'égalité des chances que je défends. Si cela passe par le cinéma, c'est encore une occasion de s'en réjouir !

Vous me connaissez: je suis également très attaché au caractère international du cinéma auquel je me confronte. La liste exhaustive des nationalités est - logiquement - assez longue pour 2025, à savoir:

58 films

France

45 films
États-Unis

12 films
Italie

9 films
Japon

8 films
Espagne

7 films
Grande-Bretagne

5 films
Allemagne / Chine

3 films
Argentine / Brésil / Iran

2 films
Belgique / Tunisie

1 film
Algérie / Australie / Cameroun / Canada / Chili / Corée du Sud
Irlande / Islande / Kazakhstan / Lettonie / Mongolie / Rép. tchèque
Somalie / Suède / Suisse / Turquie / Uruguay

Merci à vous d'avoir scrollé jusqu'ici ! J'ai également fait le compte des décennies, mais cela ne présente pas forcément un intérêt capital pour d'autres cinéphiles passionnés que votre très humble serviteur. J'imagine - et espère - que mes autres tops vous plairont aussi. Rendez-vous dès demain midi pour une petite analyse du box-office ! Avant cela, vous pouvez bien sûr utiliser la section des commentaires pour débattre du moindre indicateur que j'aurais encore pu négliger...

Vous aurez certainement constaté que je continue d'aimer le cinéma dans toute sa diversité, géographique - de genre et dans le temps. C'est une évidence: je reviendrai sur mes premiers films vus en 2026 d'ici une petite semaine (et pour être plus précis samedi, a priori). L'an passé, en janvier, j'en avais choisi quinze, un total que j'ai égalé plusieurs fois, mais que je n'ai finalement dépassé qu'en septembre. Le flux se maintiendra-t-il ces prochaines semaines ? Nous verrons. Je compte sur vous pour y veiller, bien entendu... et donc, à bientôt !

samedi 24 janvier 2026

Une aventure céleste

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de vous le signaler depuis l'ouverture de ce blog: l'Italie et le Japon "luttent" pour en être la quatrième force vive, derrière les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. L'année dernière, j'ai vu 12 films italiens, mais c'est devant un neuvième film japonais que j'avais décidé... de franchir le cap de la Saint-Sylvestre !

J'aurai donc enchaîné trois Miyazaki en moins de deux semaines. Celui que je vais vous présenter aujourd'hui n'a été diffusé en France qu'en 2003, mais on fêtera ses quarante ans l'été prochain (le 2 août). Son titre promet déjà un émerveillement: Le château dans le ciel. Information importante: c'est le tout premier opus du studio Ghibli. Inspiré des Voyages de Gulliver, le fameux roman de Jonathan Swift publié fin 1726, il a pour héros un jeune orphelin, Pazu, habitant d'une cité minière. Un jour, stupéfaction: une fillette de son âge tombe littéralement du ciel et se pose dans ses bras, sans dommage. Apparemment, elle s'est endormie tandis qu'un drôle de pouvoir magique a ralenti sa chute. Sheeta - c'est son nom - s'est échappée d'une forteresse volante où une bande de pirates l'avait enfermée ! Vous avez du mal à suivre ? Je peux comprendre: il m'a fallu du temps pour deviner où le scénario avait l'intention de m'emmener, au juste. Le mieux à faire, en la circonstance, c'est sûrement de lâcher prise. C'est un fait: le film devient poétique sitôt qu'il s'élève dans les airs...

Oui, une fois décollé du sol, on oublie presque totalement les batailles homériques que se livraient certains des autres personnages ! Le rêve improbable d'une île légendaire flottant dans les cieux prend forme. Tout ne se passe pas sans heurts, mais l'imagination de Miyazaki nous transporte vers un ailleurs calme et coloré - un paradis oublié. Le château dans le ciel témoigne notamment de l'admiration sincère que le réalisateur japonais voue à l'Europe en général et à notre pays en particulier. C'est en effet en France, dans un petit village de Tarn baptisé Cordes-sur-Ciel, qu'il a su dénicher le modèle de sa création céleste. Avis aux connaisseurs: on retrouve une esthétique similaire dans le dernier épisode du célèbre jeu vidéo Zelda (Nintendo - 2023). Pas besoin toutefois d'être un vrai geek pour tomber sous le charme de cet univers, sublimé par la douce musique du fidèle Joe Hisaishi. Les cinéphiles les plus avisés lui trouveront quelque ressemblance avec celui de Paul Grimault (1905-1994), grand monsieur du cinéma d'animation français. Je compte bien découvrir cette source, un jour !

Le château dans le ciel
(天空の城ラピュタ- Enkū no shiro Rapyuta)
Film japonais de Hayao Miyazaki / 1986
Kiki la petite sorcière, Le vent se lève et maintenant cette perle. Disons-le: ce type de longs-métrages animés est unique en son genre. C'est pourquoi j'ai tant de mal, à chaque fois, à trouver un film comparable - ce qui, je l'admets volontiers, n'a rien d'indispensable. Plus du quart des films japonais présentés sur Mille et une bobines sont des animés. En somme, vous n'aurez... que l'embarras du choix !

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Et si vous voulez disposer d'un autre avis...

Je peux à présent vous inviter à consulter celui de "L'oeil sur l'écran".

vendredi 23 janvier 2026

Ils étaient quatre...

Tous les ingrédients d'un (bon) western sont réunis dans Silverado. "On retrouve des personnages forts. L'interprétation est d'une qualité rare", souligne Patrick Brion, historien du cinéma et grand spécialiste du genre. C'est d'ailleurs justement pour sa distribution de haut vol que j'ai tenu à revoir ce classique tardif. Un écho à mon adolescence !

L'histoire repose sur la rencontre de quatre pistoleros dans l'Ouest sauvage. On retrouve à l'écran Danny Glover, Kevin Kline, Scott Glenn et Kevin Costner. D'autres grands acteurs des années 1980 et 1990 occupent les rôles secondaires, tels que Brian Dennehy, Jeff Goldblum ou John Cleese. Les dames tiennent bien leur rang, avec Linda Hunt et Rosanna Arquette en vraies cheffes de file. Tout ce beau monde porte haut une intrigue relativement ordinaire: celle de braves types débarqués dans une ville placée sous le joug d'un vil propriétaire terrien et dont le shérif et ses adjoints sont corrompus jusqu'à l'os. Comme d'habitude, tout devra se régler à grands coups de revolvers. Silverado n'invente rien, assume ses influences et reste divertissant parce que radical... et prompt à quelques retournements de situation.

Rentable, le film n'a toutefois pas connu un très grand succès public. Ce n'est que de justesse qu'il a fini parmi les trente principaux succès américains de son année de sortie. Il ne s'est inséré qu'au 32ème rang du box-office français - avec tout de même 1.360.712 tickets vendus. Que voulez-vous ? Le western était bien passé de mode, à l'époque. Objectivement, Silverado n'a donc pas forcément séduit les coeurs aussi bien que n'avaient pu le faire les chefs d'oeuvre des décennies précédentes. D'autres longs-métrages y arriveront, un peu plus tard. Logique, peut-être: certains des membres du beau casting déjà cité ont su briller, mais n'en étaient encore qu'au début de leur carrière. Croyez-moi: il est fort agréable de les revoir si jeunes et si fringants. Il est bien entendu des légendes qui ne s'effacent jamais totalement !

Silverado
Film américain de Lawrence Kasdan
/ 1985

Un film personnel pour le cinéaste, qui occupait par ailleurs les postes de scénariste et de producteur, signant ici sa troisième réalisation. Parmi ses belles réussites, deux scénarios: L'Empire contre-attaque et Les aventuriers de l'arche perdue. Il y a de pires références ! Côté "nouveaux" westerns, on a certes le droit d'en retenir d'autres comme par exemple Maverick, La dernière piste ou The homesman.

jeudi 22 janvier 2026

Vivre

1931: le Japon attaque et occupe la région chinoise de Mandchourie. Six ans plus tard, l'armée impériale envahit la Chine continentale. Certains historiens y voient un prélude à la Seconde Guerre mondiale. Pas étonnant donc qu'un artiste comme Hayao Miyazaki s'en saisisse ! Je vous rappelle que le vieux maître est né à Tokyo en janvier 1941...

Dans sa carrière, Le vent se lève est parfois présenté comme un film atypique. Renonçant - au moins en partie - aux mondes et visions oniriques qui ont fait sa notoriété et sa gloire, le réalisateur s'empare d'un important personnage historique: Jiro Horikoshi, le concepteur début 1939 du Mitsubishi Zéro A6M, un avion chasseur bombardier. Au début du film, il n'est encore qu'un gosse fasciné par les machines volantes, influencé (en rêves) par l'ingénieur italien Giovanni Caproni. Petit à petit, nous allons également découvrir son brillant parcours d'étudiant en aéronautique, ses tous premiers succès professionnels dans une usine d'armement et, dans l'élan, la course au rattrapage industriel à laquelle il participe. Le scénario revient sur quelques faits historiques majeurs, à commencer par le séisme de Kanto, en 1923. C'est d'ailleurs très habilement qu'il ose insérer des scènes de songes au coeur de celles qui décrivent, avec fidélité, la vie du personnage...

Je me suis rapidement pris d'affection pour ce petit garçon passionné devenu un adulte travailleur, inconscient parfois de l'usage mortifère donné ensuite à ses inventions. Le récit se fait mélodramatique lorsqu'il retrouve une belle jeune femme, Nahoko, qu'il avait secourue alors qu'elle n'était encore qu'une gamine. Un amour partagé éclora entre les deux protagonistes, trop vite confronté aux terribles aléas de son temps et au spectre de la maladie - non, je n'en dirai pas plus. C'est bien simple: Le vent se lève a su m'émouvoir d'un bout à l'autre. Ce n'est assurément pas qu'une leçon d'histoire, aussi juste soit-elle. C'est aussi un regard sur un homme, une femme et leur existence commune, à une époque qu'on pourra aisément qualifier de "difficile". Il reste, fort heureusement, une place pour la beauté en ce monde. Pour la solidarité, l'amitié ou la camaraderie, aussi. Des valeurs essentielles qui, réunies, constituent une certaine ligne de conduite. Comme l'a écrit Paul Valery, le poète français qui a imaginé le titre que Miyazaki a retenu, "il faut tenter de vivre" ! Parfaite conclusion...

Le vent se lève
(風立ちぬ - Kaze Tachinu)
Film japonais de Hayao Miyazaki / 2013
Cet opus a pu être été considéré comme le testament de son auteur. Aujourd'hui, c'est bien Le garçon et le héron qui est présenté ainsi. OK... mais n'enterrons pas trop vite Miyazaki-san ! Mieux le connaître m'autorise à envisager un intérêt encore accru pour le cinéma nippon. Côté classiques, un film comme Je ne regrette rien de ma jeunesse offrirait une bonne entrée en matière, sur un sujet voisin. À suivre...

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Sur la merveille du jour, on trouve aisément d'autres avis...

Je citerai ainsi ceux de Pascale, Princécranoir, Strum, Vincent et Lui.

mercredi 21 janvier 2026

Robin pour toujours

Je ne crois pas exagérer en affirmant ici que sa disparition soudaine a laissé un grand vide dans le coeur de bien des amoureux du cinéma. Robin Williams était un chic type, visiblement, et revoir ses films m'apparaît dès lors comme une bonne façon d'honorer sa mémoire. Aujourd'hui, je voulais en présenter deux que j'ai vus lors des Fêtes...

Will Hunting (Good Will Hunting)
Film américain de Gus van Sant / 1997
Un prof d'université réputé (Stellan Skarsgård) pose des énigmes mathématiques "salées" à ses élèves et découvre que seul un garçon travaillant sur place, sans être son étudiant, parvient à les résoudre. Problème: le tout jeune homme (Matt Damon) doit répondre d'actes violents auprès de la justice. Il n'échappe à la prison qu'en acceptant qu'un thérapeute (Williams, bon et convaincant) s'occupe de son cas particulier. Joliment ciselé, le scénario du film avait obtenu l'Oscar. Cette récompense me semble méritée, tout comme la statuette dorée remise à notre ami Robin pour son rôle - prétendument - secondaire. Certes, on peut dire que les personnages asociaux qui s'en sortent malgré les obstacles posés sur leur route pullulent dans le cinéma US. N'empêche: ici, tout tient debout et fonctionne assez admirablement. Or, le tout premier script de Will Hunting était celui d'un thriller. Matt Damon et Ben Affleck l'ont repris sur les conseils de Rob Reiner !

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Madame Doutfire (Mrs. Doubtfire)
Film américain de Chris Columbus / 1993
Cet opus a décroché l'Oscar du meilleur maquillage et Robin Williams s'est vu offrir le Golden Globe du meilleur acteur dans une comédie. Madame Doubtfire est son deuxième plus grand succès sur le sol français, de même qu'aux États-Unis (et le quatrième dans le monde). Daniel, un comédien de doublage, traverse une grave crise conjugale avec Miranda, la mère de ses trois enfants, qui obtient le divorce. Pour ne pas être coupé de sa progéniture, le malheureux papa-poule s'invente un personnage de vieille dame respectable et parvient alors à ce que son ex l'embauche... comme gouvernante de ses marmots. L'idéal pour surveiller également le nouveau compagnon de Madame. Que dire ? Tout cela a pris un coup de vieux, mais reste regardable dans le cadre d'une petite soirée plateau-télé en famille, par exemple. J'ai moi-même souri en revoyant Pierce Brosnan, le sémillant quadra qui, l'année suivante, endosserait finalement le rôle de James Bond. C'est toutefois Robin Williams qui a retenu le gros de mon attention. D'après Sally Field, sa partenaire ici, il était "très sensible et intuitif".

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D'où ma question: de quels films vous souvenez-vous ?

Je reste à l'écoute pour découvrir d'autres pépites de ce grand acteur. Parmi mes p'tits camarades, Ideyvonne est revenue sur Will Hunting. Madame Doubtfire, quant à elle, est désormais aux abonnés absents.

Quant à moi, j'avais déjà chroniqué plusieurs autres opus...
- Good morning, Vietnam / Barry Levinson / 1987,
- Le cercle des poètes disparus / Peter Weir / 1989,
- The fisher king / Terry Gilliam / 1991 (mon préféré !),
- Hook / Steven Spielberg / 1991,
- Jumanji / Joe Johnston / 1995,
- Flubber / Les Mayfield / 1997.

Sans oublier la voix de Robin Williams dans quelques autres...

- Aladdin / Ron Clements et John Musker / 1992,
- A. I. : Intelligence Artificielle / Steven Spielberg / 2002,
- Robots / Chris Wedge et Carlos Saldanha / 2005,
- Happy feet / George Miller / 2006,
- Absolutely anything / Terry Jones / 2015 (son dernier).

Voilà... ce sera tout pour aujourd'hui. Demain, on retourne au Japon !

mardi 20 janvier 2026

Pleins feux sur Pandora

Sorti le 17 décembre, il avait, en deux semaines, atteint cinq millions d'entrées en France et déjà dépassé le milliard de dollars de recettes dans le monde ! Il est confirmé qu'Avatar - De feu et de cendres offre un nouveau grand succès public à James Cameron, seize ans après le premier volet de la saga. C'était gagné d'avance. Peut-être...

À contre-courant, je vais dire tout de suite que le sujet lui-même pourrait bien finir par me lasser, si LES DEUX autres suites attendues maintiennent le cap - la première est envisagée pour Noël 2029. Résumons: sur la planète Pandora, des extraterrestres bienveillants subissent les assauts de militaires humains sans le moindre scrupule. L'un de ces G. I. a rallié la cause des Na'vi et adopté leurs attributs physiques: une haute taille élancée et une sémillante couleur bleue. Sous cette apparence, il a aussi fondé une famille - recomposée - avec une femme de la tribu et endossé les responsabilités d'un chef de clan. Ce que son camp d'origine voit comme de la haute trahison...

Bref, c'est la guerre, encore et toujours: déclarée dans une forêt luxuriante, elle s'était d'ores et déjà étendue à une communauté vivant au bord de l'eau (c'était dans le deuxième épisode, en 2022). Elle est à présent marquée par l'apparition d'une antagoniste nouvelle parmi les Na'vi, créature féminine fascinée par la puissance du feu. Soyons clairs: plus que jamais, Avatar - De feu et de cendres ressemble à une vision "modernisée" des très sanglants combats qui, aux 18ème et 19ème siècles, opposèrent les Amérindiens aux colons venus d'Europe et causèrent plusieurs dizaines de milliers de morts. De mauvais souvenirs remontés à la surface par temps de trumpisme.

À l'écran, le spectacle est assuré: il dure même trois heures et quart ! 197 minutes exactement que j'ai passées derrière des lunettes 3D rendues obligatoires par la version du film choisie par "mon" cinéma. Habituellement, je m'en passe, classant ce supplément de technologie parmi les gadgets inutiles. OK... je dois bien reconnaître aujourd'hui que James Cameron l'utilise comme un outil créatif et le maîtrise parfaitement - non content de l'avoir relancé, en quelque sorte. Objectivement, le nouveau voyage qu'il nous propose sur Pandora mérite toute votre considération: grâce à une profondeur de champ inégalée, on peut se croire véritablement débarqué dans un monde inconnu. L'animation est à la fois très fluide et très belle: un grand kif visuel ! J'imagine que cela concrétise les rêves d'enfant du créateur...

Avatar - De feu et de cendres m'a rappelé la remarquable exposition que j'avais découverte à la Cinémathèque française (Paris) fin 2024. Elle m'avait entre autres donné à réfléchir sur le possible caractère écologique de la geste cameronienne: oui, elle montre des hommes cupides et une nature sauvage menacée, mais s'appuie sur un arsenal technique contemporain que je suppose particulièrement énergivore. Autant ne pas être dupe de ce paradoxe... pour assumer son plaisir. Pas de doute: j'ai bien choisi ma dernière séance du millésime 2025. Ne pas reconnaître les acteurs - dont Oona Chaplin, nouvelle venue - m'importe peu, finalement: je n'étais pas venu pour leurs prouesses. Fortune faite, ils seront sans doute mieux utilisés dans d'autres films futurs (je surveille les meilleurs: Kate Winslet, Sigourney Weaver...). En tant que spectateur, on peut aussi se passer de ce cinéma XXXXL. Rien ne dit qu'il soit le parfait modèle de ce que sera... notre avenir !

Avatar - De feu et de cendres
(Avatar - Fire and ash)
Film américain de James Cameron / 2025
Dans le genre, je ne crois pas connaître de film encore plus poussé ! Cela dit, mes quatre étoiles arrondissent ma note spontanée, l'aspect spectaculaire de cet énôôôrme long-métrage compensant un scénario relativement ordinaire et masquant deux-trois faiblesses narratives. Abyss est et demeure mon Cameron préféré (jusqu'à nouvel ordre). Et, au rayon "aventures spatiales", je resterai sur la case Star wars...

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Vous en voulez encore ?

Gourmands ! Vous pouvez donc filer chez Pascale et Princécranoir. Mais aussi relire mes propres chroniques sur l'épisode 1 et l'épisode 2.

lundi 19 janvier 2026

Keviiiiiiiiiiiin !

Faites-vous partie de ceux qui, à l'approche des Fêtes, ont l'habitude de squatter leur canapé pour voir - ou revoir ! -  des films "de Noël" ? Quelque chose me dit que c'est plutôt une tradition aux États-Unis. Avec un peu de retard, je vous propose aujourd'hui une chronique double autour de deux opus que certains estiment in-con-tour-nables !

Maman, j'ai raté l'avion (Home alone)
Film américain de Chris Columbus / 1990
Originaire de Chicago, la famille McCallister se prépare à passer la fin de l'année à Paris ! Le matin du grand départ, toute la maisonnée s'agite avec d'autant plus d'énergie que le réveil-matin du couple parental n'a pas sonné. Conséquence: on en oublie Kevin, le gosse turbulent qu'on avait puni la veille au soir d'une nuit dans le grenier. Resté seul, l'affreux jojo n'a pas à s'en plaindre... jusqu'à l'arrivée soudaine d'un duo de cambrioleurs. C'est bel et bien une comédie potache qui est proposée ici à ceux qui conservent leur âme d'enfant. Il en existe de meilleures, sans nul doute, mais j'en ai vu de pires ! Plus de trente-cinq ans après sa sortie, le film a une allure rétro propre à éveiller une belle émotion nostalgique - un trésor à partager. Macaulay Culkin, l'acteur principal, en aura fait craquer plus d'un(e)...

Un petit bilan chiffré :

Recettes USA : 285.761.243 $ (1er du box-office 1990),
Entrées France : 2.240.518 tickets (15ème du box-office),
Rentabilité mondiale : 2.926% de son budget de réalisation.

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Maman, j'ai encore raté l'avion (Home alone 2)
Film américain de Chris Columbus / 1992
On prend les mêmes et on recommence, pratiquement à l'identique. Cette fois, c'est vers la Floride que s'embarquent les McCallister. Kevin arrive jusqu'à l'aéroport, mais perd de vue son père à cause d'un lacet récalcitrant et prend alors un vol à destination de New York. Rebelote ensuite: il trouve très amusant de passer la nuit et le jour dans la suite d'un hôtel de luxe, affiche une très grande générosité quand il rencontre une clocharde, écoute sagement la bonne leçon moraliste d'un vieux marchand de joujoux, mais finit par avoir peur lorsqu'il recroise la route des deux voleurs du premier épisode ! J'insiste, les amis: ce deuxième volet ressemble à son prédécesseur. Détail amusant (ou pas): Donald Trump y fait une brève apparition. L'humour est toujours au rendez-vous, proche de celui de cartoons comme Bugs Bunny, Tom et Jerry ou, mon préféré, Bip-Bip et Coyote. Je ne sais pas vraiment si cela peut encore amuser les kids de 2026...

Et du côté des chiffres :
Recettes USA : 172.704.311 $ (2ème du box-office 1992),
Entrées France : 2.359.212 tickets (13ème du box-office),
Rentabilité mondiale : 1.056% de son budget de réalisation.

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NB: une petite statistique INSEE pour terminer...
Kevin est le prénom le plus donné en France entre 1989 et 1997.

Et si vous voulez en savoir plus sur Macauly Culkin...

Sa (relative) discrétion ne l'empêche pas d'avoir une fiche Wikipédia !

dimanche 18 janvier 2026

Judy et Nick, le retour

L'ordre alphabétique l'envoie illico à la dernière place de mon index des longs-métrages. Zootopie 2 trône cependant au tout premier rang du box-office français 2025 - tel que calculé au 30 décembre dernier. Je l'ai vu lors de ma pause, avec ma chère mère: c'était prévu ainsi. Une sortie ciné très agréable, seulement trois petits jours avant Noël.

C'est avec plaisir que nous avons retrouvé Judy et Nick, le duo formé lors du premier épisode. Elle la lapine et lui le renard sont coéquipiers dans les rangs de la police. Le chef d'un réseau de contrebandiers parvient à leur échapper au terme d'une trépidante course-poursuite. Désavoués par leur capitaine, les deux justiciers doivent faire profil bas et s'inscrire dans un atelier "thérapeutique" censé les remettre sur le droit chemin des procédures efficaces. Vous pouvez imaginer que cela ne se passera pas aussi facilement, d'autant qu'un serpent peu soucieux des règles les incite très franchement à vite rempiler. Rien d'original pour un Disney présenté comme le 64ème Classique d'animation de la firme aux grandes oreilles (de souris, évidemment). En résumé, Zootopie 2 fait le job. Je n'en demandais pas davantage !

Zootopie 2
(Zootopia 2)
Film américain de Jared Bush et Byron Howard / 2025
L'univers nous était encore inconnu et les personnages principaux antagonistes: c'est ce qui peut expliquer ma très légère préférence pour Zootopie premier du nom - cela se joue à très peu de choses. Bonne nouvelle pour les fans: un troisième volet paraît envisageable. D'ici là, vous ressentirez peut-être l'envie de retrouver Les bad guys dans leurs oeuvres. Les incognitos et Spycies sont du même acabit...

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Si vous voulez en savoir plus sur ces bestioles...
Pas d'éléphant en vue, mais Dasola a bien voulu prendre leur défense.