Sa belle bande-annonce nimbée de mystères et sa provenance turque m'ont poussé à découvrir de The things you kill à sa sortie en salles. J'imaginais que le réalisateur, iranien, n'avait pas pu tourner son film dans son pays et il semble en effet que les autorisations nécessaires aient (au moins) mis trop de temps à arriver ! Il s'est donc expatrié...
C'était aussi le cas d'Ali, son personnage principal, revenu en Turquie après 14 années passées aux États-Unis. Ce professeur de littérature comparée (une option à l'université) a bien des ennuis: son contrat d'un semestre devrait ne pas être renouvelé, sa vie d'homme marié souffre de l'impossibilité d'avoir un enfant - des examens médicaux révélant une stérilité qu'il ne peut admettre - et, plus grave encore pour lui, il est le seul fils d'un père qui le méprise d'être un jour parti. Résultat: quand sa mère décède, Ali est persuadé que son géniteur est coupable et mène alors une contre-enquête sur l'accident supposé. Ambiance ! Cette froideur scénaristique se maintiendra tout au long du métrage. En un mot, The things you kill est bel et bien un thriller des plus tendus, sur fond de profondes dissensions intrafamiliales. Vous aurez remarqué que j'ai opté pour des images plutôt sibyllines pour vous le présenter. Ce n'est, bien sûr, pas tout à fait un hasard...
Je ne veux pas vous priver de la surprise, mais le (très bon) scénario se développe vite vers autre chose qu'une banale intrigue policière. L'apparition de Reza, un personnage de jardinier amené à épauler Ali dans ses tâches quotidiennes, fait sortir l'histoire de son cap initial. J'admets qu'il m'a fallu lire quelques critiques ensuite pour être sûr d'avoir bien compris ce que j'avais vu et entendu. Les journalistes spécialisés confirment souvent que le réalisateur est très honnête quand il cite David Lynch parmi ses références. Sa version originale en langue turque renforce le trouble que suscite The things you kill. D'aucuns laissent par ailleurs entendre que l'homme derrière la caméra raconte son histoire via la fiction - le film étant dédié à ses soeurs. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé l'expérience tout à fait fascinante ! Disons qu'elle est aussi exigeante et réclame dès lors d'être concentré sur ce qui se passe et se dit à l'écran, à la lumière, dans la pénombre ou même dans l'obscurité. Et pas toujours de manière très audible. J'imagine que cela pourrait m'inciter à m'y plonger une seconde fois...
The things you kill
Film turc d'Alireza Khatami (2025)
Sans délai, je conseille vivement cet opus aux âmes bien accrochées ! Après cela, il sera naturellement toujours possible de le comparer avec Lost highway, souvent fixé comme un possible point de repère. Bref... un exemple de cinéma stimulant comme on en voit (trop) peu. Du côté iranien, un film comme Valley of stars est plus mystérieux encore. Mon explication ? L'intention du cinéaste n'est pas la même...
----------
Vous en redemandez ?
Un conseil de lecture: la chronique de Pascale, elle aussi très positive.
C'était aussi le cas d'Ali, son personnage principal, revenu en Turquie après 14 années passées aux États-Unis. Ce professeur de littérature comparée (une option à l'université) a bien des ennuis: son contrat d'un semestre devrait ne pas être renouvelé, sa vie d'homme marié souffre de l'impossibilité d'avoir un enfant - des examens médicaux révélant une stérilité qu'il ne peut admettre - et, plus grave encore pour lui, il est le seul fils d'un père qui le méprise d'être un jour parti. Résultat: quand sa mère décède, Ali est persuadé que son géniteur est coupable et mène alors une contre-enquête sur l'accident supposé. Ambiance ! Cette froideur scénaristique se maintiendra tout au long du métrage. En un mot, The things you kill est bel et bien un thriller des plus tendus, sur fond de profondes dissensions intrafamiliales. Vous aurez remarqué que j'ai opté pour des images plutôt sibyllines pour vous le présenter. Ce n'est, bien sûr, pas tout à fait un hasard...
Je ne veux pas vous priver de la surprise, mais le (très bon) scénario se développe vite vers autre chose qu'une banale intrigue policière. L'apparition de Reza, un personnage de jardinier amené à épauler Ali dans ses tâches quotidiennes, fait sortir l'histoire de son cap initial. J'admets qu'il m'a fallu lire quelques critiques ensuite pour être sûr d'avoir bien compris ce que j'avais vu et entendu. Les journalistes spécialisés confirment souvent que le réalisateur est très honnête quand il cite David Lynch parmi ses références. Sa version originale en langue turque renforce le trouble que suscite The things you kill. D'aucuns laissent par ailleurs entendre que l'homme derrière la caméra raconte son histoire via la fiction - le film étant dédié à ses soeurs. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé l'expérience tout à fait fascinante ! Disons qu'elle est aussi exigeante et réclame dès lors d'être concentré sur ce qui se passe et se dit à l'écran, à la lumière, dans la pénombre ou même dans l'obscurité. Et pas toujours de manière très audible. J'imagine que cela pourrait m'inciter à m'y plonger une seconde fois...
The things you kill
Film turc d'Alireza Khatami (2025)
Sans délai, je conseille vivement cet opus aux âmes bien accrochées ! Après cela, il sera naturellement toujours possible de le comparer avec Lost highway, souvent fixé comme un possible point de repère. Bref... un exemple de cinéma stimulant comme on en voit (trop) peu. Du côté iranien, un film comme Valley of stars est plus mystérieux encore. Mon explication ? L'intention du cinéaste n'est pas la même...
----------
Vous en redemandez ?
Un conseil de lecture: la chronique de Pascale, elle aussi très positive.