vendredi 31 mars 2023

Là-haut

Qui n'a jamais eu envie de tout envoyer promener pour vivre sa vie comme il l'espère vraiment ? C'est la bonne question (existentielle) posée par un film récent et, je crois, passé inaperçu: La montagne. Thomas Salvador, réalisateur et acteur, nous offre un deuxième opus huit ans après la sortie du premier. J'en reparle en fin de chronique...

Avant cela, je veux vous présenter Pierre, ingénieur de bon niveau. Parti faire la démonstration d'une technologie innovante à des clients installés au pied du Mont Blanc, notre ami rêve d'une échappée belle alpine, en solitaire. Ni une ni deux, il s'offre un week-end prolongé dans une station locale. Dans la foulée, il se fait ensuite porter pâle auprès de son patron et s'équipe pour prendre la route des sommets. Il vaut dès lors mieux ne plus raisonner en termes de vraisemblance. Sous ses atours réalistes, La montagne est une fiction assumée. Fiction qui, d'ailleurs, s'autorise un virage décisif vers le fantastique. Vous me direz que d'autres longs-métrages français en ont eu l'audace avant elle, mais cela n'enlève rien au vrai plaisir que je peux prendre face à cette évolution de notre bon vieux cinéma national. Non mais !

Pas franchement bavard, le récit s'appuie en outre sur un casting discret. Sa seule "vedette" ? Louise Bourgoin, ex-présentatrice météo reconvertie au cinéma - sans démériter en aucune façon, cela dit. Bilan: j'aurais presque envie de vous parler d'un film d'atmosphère. J'imagine qu'adhérer à une telle proposition ne sera pas envisageable pour tout le monde et je vous l'avoue: j'ai trouvé certaines séquences un peu longuettes. Double précision: j'étais parti voir La montagne avec un a priori assez favorable... et je n'ai nullement pas été déçu. Les très hautes cimes font partie de mon environnement proche depuis un peu plus de trois ans et, si j'exclus de monter aussi haut que Pierre dans le film, je peux aisément comprendre la fascination qu'elles inspirent. Sur un écran géant, le film parvient à nous plonger dans cet univers méconnu, grâce à de nombreuses superbes images captées de jour comme de nuit. La qualité sonore du long-métrage n'est pas non plus à négliger et vient renforcer l'idée d'immersion. L'altitude se laisse oublier - au profit de l'émotion. Chouette voyage...

La montagne
Film français de Thomas Salvador (2023)

Sans forcément de gros moyens et surtout sans esbroufe, le cinéma bleu-blanc-rouge nous a décidément proposé d'assez belles surprises au premier semestre (cf. Tant que le soleil frappe et L'astronaute). Thomas Salvador m'avait déjà séduit avec Vincent n'a pas d'écailles. Si ce sont davantage les reliefs qui vous ont attiré, Nanga Parbat reste un souvenir fort. Gabriel et la montagne un drame admirable...

mercredi 29 mars 2023

Un lourd secret

C'est un samedi matin, seul et avant tout le monde, que je suis allé au cinéma pour découvrir un beau film du Maroc: Le bleu du caftan. Passé dans nombre de festivals, il a finalement atterri dans les salles de France mercredi dernier. J'avais pu profiter d'une avant-première. Mon objectif alors: en préparer une autre - ouverte au "grand public" !

Dans le dictionnaire Littré, le caftan est défini comme "la pelisse d'honneur qu'offrent les souverains turcs aux personnes de distinction et surtout aux ambassadeurs des puissances étrangères". Ma source parle en outre d'un "vêtement de cérémonie ample porté dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb". Dans le film, il est le luxueux habit qu'un artisan expérimenté confectionne à la demande de ses clientes fortunées, particulièrement exigeantes sur les délais de fabrication. L'une d'entre elles imagine qu'elle pourrait obtenir le même résultat avec une machine à coudre. Heureusement, le couturier peut compter sur l'aplomb de son épouse pour tenir à l'écart les râleuses de service. Le couple cache aussi - et c'est le noeud de l'intrigue - un secret inavoué (et inavouable) dans une société régie par des codes moraux traditionnels. De quoi s'agit-il ? Je vous ne le dirai pas aujourd'hui. Vous devriez vite deviner, je pense. Et sans que cela nuise au récit...
 
Le bleu du caftan
ne repose pas sur un quelconque suspense. Finalement, j'ai même envie de parler d'un film de forme minimaliste. Aux deux personnages déjà évoqués, un troisième va venir s'ajouter pour permettre au scénario de se mettre en place vers un propos inattendu. Les images, concentrées sur la boutique et l'appartement des deux principaux protagonistes, nous entraînent à leurs côtés. Sensation assez rare pour moi au cinéma: c'est tout d'abord par le son que je suis parvenu à m'immerger dans cette histoire en terre inconnue. Salé, la ville où elle est supposée se dérouler, étant située sur le rivage de l'océan Atlantique, quelques cris d'oiseaux marins sont perceptibles avec les dialogues, ainsi que d'autres bruits urbains. C'est un vrai atout pour la crédibilité de ce qui nous est montré. Réalisé par une femme, c'est sans ostentation que le long-métrage fait mouche. Il me faut dès lors saluer la prestation des interprètes des premiers rôles - Lubna Azabal, Saleh Bakri et Ayoub Missioui. Lancement idéal pour le cinéma africain sur les Bobines, cette année !

Le bleu du caftan
Film marocain de Maryam Touzani (2023)

Un long-métrage intimiste, beau à regarder et intéressant sur le fond. C'est à peine la quatrième fois que le cinéma marocain est représenté sur ce blog... et Le miracle du saint inconnu paraît déjà bien loin ! Précisons également que le film est produit par Nabil Ayouch, le mari de la réalisatrice, connu pour être l'auteur du saisissant Much loved. Côté algérien et toujours relié à la couture, Papicha vaut le détour...

lundi 27 mars 2023

Décadrage

Est-ce sa très courte durée (1h10) ? Ou bien le fait que j'ignorais tout du travail de son réalisateur ? L'envie m'est venue de voir Calendar. Cinquième long-métrage d'Atom Egoyan, il a pour cadre le pays d'origine de la famille du cinéaste canadien: l'Arménie. Destination inconnue à mes yeux, à plus ou moins quatre heures de vol de Paris...

Ami(e)s citadin(e)s, je crois que nous voilà à l'écart de toute ville ! C'est semble-t-il au beau milieu de la campagne et des montagnes arméniennes que le personnage principal du film est parti déambuler pour faire une série de photos destinées à illustrer un calendrier. Thématique imposée: les églises. L'artiste en découvre ainsi plusieurs avec sa femme, qui est aussi son interprète auprès du guide chargé d'accompagner le couple au cours de ses pérégrinations sur le terrain. Un homme qui, barrière de la langue oblige, vient titiller sa jalousie. Quelques séquences montrent le photographe à table avec une femme ou une autre, qui n'est pas la sienne - on devine qu'il y a eu rupture. Que vous dire ? Tout cela tourne en boucle et ne surprend pas trop. J'ai toutefois été sensible aux qualités esthétiques de Calendar. Trente ans après le tournage, il n'est certes pas évident que les sites demeurent à l'identique. Un jour, peut-être, je pourrai aller vérifier...

Calendar
Film (germano-canado-)arménien d'Atom Egoyan (1993)

Une curiosité. Et, en prime, un petit drapeau ajouté à ma collection ! Pour comparer, l'idéal serait maintenant que je puisse revoir un film apprécié en salle: Le voyage en Arménie (Robert Guédiguian / 2006). J'ose à peine vous re-recommander J'irai mourir dans les Carpates pour le - complet ? - dépaysement qu'il est supposé nous procurer. Autant voir du pays avec La terre éphémère ou Utama, je suppose...

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Un dernier mot sur mon film du jour...

Je note qu'il suscite des réactions contrastées chez "L'oeil sur l'écran".

samedi 25 mars 2023

La peau des autres

Léo Karmann n'en a pas fait mystère: il voulait que son premier film prenne ses racines dans ceux des années 80 avec lesquels il a grandi. Le jeune cinéaste cite Spielberg, Cameron et Zemeckis en références. Pour autant, je suis certain que La dernière vie de Simon peut plaire aux adultes comme aux ados. Ce serait bien dommage de s'en priver !

Simon a une petite dizaine d'années. Orphelin, il vit dans un foyer. Vrai coup de chance: le hasard lui permet de rencontrer deux enfants à peine plus âgés, un frère et une soeur, Thomas et Madeleine. Invité dans leur famille un week-end, Simon s'attache vite à cette famille accueillante. Une nuit, il partage l'un de ses secrets les plus intimes avec ses tous nouveaux amis: il est en mesure de prendre l'apparence physique de toute personne qu'il a touchée, quels que soient son âge et son sexe. Et l'intrigue va bientôt l'inciter à le faire définitivement ! Vous l'aurez compris, non ? La dernière vie de Simon est un film fantastique. Il se risque à explorer un imaginaire rare dans le cinéma français. Une audace qui s'avère payante, car elle porte une histoire aboutie et touchante, grâce aussi à Sabrina B. Karine, coscénariste. Qu'elle se déroule en Bretagne est plutôt anecdotique, mais j'admets que retrouver ces paysages de bord de mer m'a toutefois fait plaisir. Les jeunes acteurs (Camille Claris, Benjamin Voisin, Martin Karmann) jouent juste et sont bien entourés. Résultat: un bilan plus que positif.

La dernière vie de Simon
Film français de Léo Karmann (2020)

J'apprécie notre bon vieux cinéma national quand il s'aventure ainsi hors des sentiers battus. Il a beaucoup été dit que les films de genre sont désormais nettement mieux considérés qu'à une époque récente. Vincent n'a pas d'écaille est un autre (bon) exemple de production capable d'ajouter une dose de fantastique dans un récit du quotidien. J'aurais pu revenir sur Chronicle, Thelma ou Les bonnes manières...

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Je ne suis pas là le seul à avoir aimé le film...

Il me faut ajouter que c'est grâce à Pascale que j'en ai entendu parler.

mercredi 22 mars 2023

Au plus haut

396 jours, 11 heures et 34 minutes: en deux missions, c'est le temps que Thomas Pesquet a passé dans l'espace - et également un record pour un spationaute français. Nicolas Giraud, acteur et réalisateur discret, a pour sa part porté pendant dix ans l'idée de L'astronaute. Un très joli "petit" film dont j'aimerais vous dire un mot aujourd'hui...

Pourtant ingénieur en aéronautique, Jim vit seul avec sa grand-mère dans un village isolé. Il se juge capable de construire sa propre fusée afin de réussir avec elle le premier vol habité amateur de l'histoire. En fait, obnubilé par ce fantasme, il se fait souvent livrer des pièces destinées à Arianespace, son employeur, qu'il réaffecte à son usage personnel. Un contact avec un jeune retraité des expéditions au-delà des limites de l'atmosphère lui fait comprendre que ses chances d'aboutir sont extrêmement minces. Il lui faudrait bien s'entourer avant de penser triompher de la totalité des complications techniques liées à son objectif. Allez... je ne vous en dis pas plus sur le scénario. L'astronaute est assez long à démarrer, même si d'une durée réduite. C'est un film qui prend son temps, comme son personnage principal...

Nicolas Giraud incarne lui-même ce grand garçon lunaire. Il a expliqué que, de son côté, la création de ce très sympathique long-métrage aura représenté un défi presque comparable à celui d'un vol spatial. Pas étonnant dès lors que l'histoire soit véritablement touchante ! L'émotion m'a attrapé, petit à petit, grâce également à une troupe d'acteurs talentueux et convaincants dans tous les rôles secondaires. L'impeccable Hélène Vincent et un étonnant Mathieu Kassovitz méritent probablement d'être cités les premiers, mais je dois préciser que les autres sont très bien aussi, à l'image d'Hippolyte Girardot, Bruno Lochet ou Ayumi Roux - cette dernière étant une découverte personnelle. La mise en scène est sobre et belle à la fois, sublimée par la musique de Superpoze, qui fait de L'astronaute un trip planant et une production franchement originale dans le panorama du cinéma français. Le mieux est que j'ai trouvé la fin vraiment bouleversante. Elle nous rappelle aussi que nous avons tous besoin d'autres personnes pour nous accomplir vraiment. Un propos en phase avec notre temps !

L'astronaute
Film français de Nicolas Giraud (2023)

Le réalisateur-scénariste l'a dit: "Quoi que j'entreprenne, que ce soit jardiner ou écrire, il faut que je m'implique totalement et que j'aille jusqu'au bout". Ce qui donne donc vie en ce début d'année à un film atypique et tout à fait abouti en dépit de son apparence modeste. Après Tant que le soleil frappe, le second feel good movie inattendu de 2023 ! Et je suis encore loin d'être lassé des voyages dans la Lune !

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Je conclus en vous envoyant ailleurs...

Vous verrez: Pascale a a-do-ré le film et en a parlé aussi (avant moi).

lundi 20 mars 2023

Les bizarres

N'avais-je pas promis de revenir dès aujourd'hui ? Je vous propose d'attaquer la semaine en toute simplicité avec La famille Addams. Gomez, Morticia, Mercredi, Pugsley et les autres se réinventent ici dans une version animée (sous l'estampille Metro-Goldwyn-Mayer). Cela étant dit, les habitués seront en terrain connu. Pas de surprise...

Je rappelle aux autres que les Addams ont ceci de très particulier qu'ils vivent exactement à l'inverse des gens ordinaires. Leurs plaisirs sont morbides et ils laissent régner la peur, la folie et le chaos. Menacés des pires sévices et chassés de chez eux comme les envoyés du Diable qu'ils sont peut-être, les voilà obligés de trouver un refuge entre les murs d'un ancien asile de fous désormais désaffecté ! Problème: leurs nouveaux voisins ne les supportent qu'à distance raisonnable, ce qui complique singulièrement la bonne organisation d'une fête de famille. Bon... je vous épargne volontiers les détails. Vous savez mieux que moi si ce type de délire vous intéresse ou non. Ce que je peux dire, c'est que le film est un "vide-neurones" correct. Ne lui en demandez pas plus, hein ? C'est vite vu, vite oublié, ouais...

La famille Addams
Film américain de Conrad Vernon et Greg Tiernan (2019)

Je n'ai pas parlé des voix. En VO, c'est pas mal: Charlize Theron, Oscar Isaac, Bette Midler, Chloe Grace Moretz et même Snoop Dog ! Je vous avoue toutefois que j'ai zappé la suite et que je continuerai de préférer les films (et surtout Les valeurs de la famille Addams). Pas de série originale ou revisitée à la sauce Netflix à ma portée ! Vous voulez un plan B ? Le mieux est d'opter pour Hôtel Transylvanie.

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Pas de lien intéressant à proposer ?

Si, si: celui d'Ideyvonne, qui revient en images sur le film de... 1991 !

dimanche 19 mars 2023

Trois jours

Pas grand-chose à vous dire si tôt, ce dimanche ! Cette chronique matinale est là pour vous informer / rappeler que c'est aujourd'hui que commence l'édition 2023 du Printemps du cinéma. Une occasion de profiter de séances à prix réduit pendant trois journées entières...
 
Une petite précision: comme d'habitude, la ristourne ne se cumule pas avec d'autres avantages et n'intègre pas le surcoût éventuel de la 3D. Bref... si vous n'êtes pas des habitués, je vous conseille simplement de vous renseigner sur la manière dont les choses vont se dérouler dans la salle obscure à côté de chez vous (ou juste à peine plus loin). Et dès demain, à midi, je vous reviens avec un autre film à analyser !

vendredi 17 mars 2023

Au plus profond

C'est une évidence: certains soirs, je n'ai aucune envie de voir un truc compliqué. Il m'arrive alors de me contenter d'un blockbuster lambda. Un exemple parmi (beaucoup) d'autres: Underwater, film de survie en milieu subaquatique, censé se dérouler en l'an de grâce 2050. J'étais ravi d'y croiser Kristen Stewart. Et Vincent Cassel ? Également !

Dans ce futur proche, l'humanité continue d'exploiter les ressources fossiles de notre bonne vieille Terre. Pire: elle va même les chercher au plus profond des océans et, donc, dans la fosse des Mariannes. Rappel: ce site du Pacifique s'étale à 10.984 mètres sous la surface. Cela posé, le film commence dans une station de forage sous-marine soudain secouée - et en large partie détruite - par un supposé séisme. Résultat: les quelques hommes et femmes envoyés pour y travailler doivent évacuer. Certains ont d'ailleurs pu le faire assez rapidement. Pour d'autres, ce sera plus difficile... ou peut-être bien impossible. Très clairement, côté scénario, Underwater n'invente RIEN d'original. Oups ! Le casting semble même avoir été bâti sur un plan marketing pour que tout le monde y aperçoive un personnage qui lui ressemble. Reste que la forme m'a plu: la simple satisfaction d'un geek assumé. Hé, trois anglicismes en quelques lignes ! C'est tout pour aujourd'hui !

Underwater
Film américain de William Eubank (2020)

Méfiance ! Kristen Stewart, Vincent Cassel et leurs petits camarades risquent de vous ennuyer ferme si vous n'êtes pas un peu "ouverts". J'ai évité de citer un point important du film pour ne pas divulgâcher. SPOILER. SPOILER. Aïe, un quatrième anglicisme ! SPOILER. SPOILER. C'est bon ? Vous êtes encore là ? OK ! J'ose donc le comparer avec Life et Cold skin. Dans le noir intégral, ça peut vous faire un petit effet...

mercredi 15 mars 2023

Cheffes

Quelle chance ! L'actualité récente des films visibles dans les salles obscures françaises m'a offert un diptyque thématique sur un plateau. C'est avec enthousiasme que j'en reparle sur Mille et une bobines. Deux longs-métrages au sujet, l'un et l'autre, d'une femme cheffe d'orchestre: l'occasion était trop belle pour que je ne la saisisse pas...

Tár
Film américain de Todd Field (2022)

Un peu plus de deux heures et demie: la durée du film impressionne. D'emblée, le portrait de ce maestro (imaginaire) exige une attention soutenue: de longues scènes de dialogue dressent le portrait précis d'une femme parvenue au sommet de son art, tout en délaissant quelque peu sa compagne - une grande violoniste - et leur petite fille. Lumineux d'abord, le personnage s'assombrit petit à petit, le scénario plaçant de gros bâtons dans les roues de son parcours exemplaire. Progressivement, Tár devient dès lors le récit d'une inexorable chute.

L'intérêt de le suivre ? Il laisse un certain nombre de zones d'ombre quant à ce qui va entraîner ce déclin. Placé sous l'influence d'images saisissantes, chacun(e) est alors libre de juger des comportements ambigus de la protagoniste. Et Cate Blanchett excelle dans ce rôle multiple, si fière d'abord qu'elle en devient hautaine, et vite tombée de son piédestal, à l'heure d'affronter les conséquences de ses actes. Ces deux facettes sont-elles vraiment inscrites dans la même réalité ? La deuxième partie du film peut aussi s'apparenter à un cauchemar infini: celui d'une femme égotique que sa paranoïa finit de dévorer. C'est un châtiment cruel, mais peut-être est-il juste, aussi. J'y trouve assez de matière, en tout cas, pour débattre de ce que les femmes doivent faire pour réussir. En revenant de facto à la notion de mérite.

Pour info: vous pourrez retrouver d'autres avis chez Pascale et Strum.

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Divertimento
Film français de Marie-Castille Mention-Schaar (2023)
Sorti le même jour, cet autre film au sujet d'une cheffe d'orchestre pourrait être l'exact inverse du précédent. Car le personnage principal est toujours une femme, mais encore en formation au conservatoire. Issue d'une famille plutôt modeste et solaire dans son ambition. Foncièrement collective et bien décidée à s'affranchir des préjugés. Inspirée d'une vraie musicienne - Zahia Ziouani, née à Paris en 1978. J'aime autant vous le confier: je ne la connaissais absolument pas avant de voir Divertimento. Et j'ai dès lors fait une belle "rencontre" !

La musique est bien évidemment un ingrédient essentiel du plaisir que l'on peut prendre à découvrir ce parcours ô combien remarquable. Cinématographiquement parlant, elle est d'ailleurs très bien intégrée aux images, présente quand il faut, sans jamais relever du lyrisme facile. Avec quelques petites redondances au tout début, le scénario avance gaiement vers un happy end prévisible, mais dont l'optimisme vient réchauffer le coeur en ces temps difficiles (et/ou cyniques). J'adresse ici, sans délai, un grand coup de chapeau aux comédiens. Dans le rôle principal, Oulaya Amamra est vraiment parfaite: du haut de ses 26 ans, elle ne commet aucune fausse note avec ce personnage complexe. Autour d'elle gravite un joli groupe d'actrices et d'acteurs prometteurs - j'espère au moins retenir le nom de Lina El Arabi. N'oublions pas les pointures comme Niels Arestrup, Zinedine Soualem ou Ariane Ascaride... toutes et tous au service d'un propos admirable. Cerise sur le gâteau: ici, tout angélisme m'a paru laissé de côté. Preuve s'il en fallait que la réalisatrice a le sens de la mesure. Bravo !

Nota bene: Pascale et Dasola ont apprécié le "spectacle", elles aussi...

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Un dernier mot...

Juste... si vous avez d'autres films à suggérer autour de la musique classique, il me plaît de vous dire que je suis bien entendu tout ouïe !

lundi 13 mars 2023

Être le dernier

Il y aurait des centaines d'anecdotes à dénicher sur Internet au sujet de la saga Highlander, mais je ne veux pas m'y attarder aujourd'hui. Fidèle cependant à mon envie de voir - ou revoir - les blockbusters des années 80, je me suis offert une séance canapé avec l'épisode 1. NB: 4,1 millions de spectateurs l'avaient vu dans les salles françaises !

New York, 1985. Soirée de catch au célèbre Madison Square Garden. Deux hommes s'affrontent à l'épée au coeur du parking souterrain. L'un finit décapité, l'autre, soi-disant antiquaire, arrêté par la police. En réalité, le prétendu Russell Nash a pour nom Connor MacLeod. Écossais, il est né en 1518 et, depuis lors, trimbale son immortalité comme un fardeau. Entre deux guerres claniques, sa première famille l'a banni parce qu'il avait osé revenir d'entre les morts d'une bataille sans merci. De quoi le voir illico presto comme l'incarnation du Diable.

Depuis, le pauvre bougre a survécu à toutes les femmes qui l'ont aimé et se retrouve systématiquement pourchassé par d'autres immortels susceptibles de lui trancher le cou. Une très ancienne prophétie indique qu'il ne pourra en rester qu'un, sans daigner fixer l'échéance. Vous jugez cela ridicule ? Moi, je trouve au contraire que Highlander est un bon popcorn movie de son époque (pas si lointaine, d'ailleurs). J'ai pris plaisir à le regarder avec ses flashbacks, ses effets spéciaux efficaces, l'engagement sincère de ce bon vieux Christophe Lambert et, en prime, la musique originale de Queen pour emballer le tout. C'est un autre temps du cinéma d'action, mais ça reste un bon délire. Et je ne vous ai même pas fait part de la présence de Sean Connery ! Ne m'attendez pas pour les suites, OK ? Là, je vais passer mon tour...

Highlander
Film américano-britannique de Russell Mulcahy (1986)

Une anecdote: l'épisode 2 est censé se passer en 1999 et... 2024. Cela précisé, je pense me contenter durablement de cet opus fondateur - à moins que je sois moi aussi immortel, allez savoir. J'imagine que, pour l'Écosse, je reverrai d'abord Braveheart (1995). M'enfin... d'autres films des eighties lui passeront peut-être devant. Vous en cherchez un looké médiéval ? Essayez Excalibur. Ou Willow !

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Sur mes blogs-références, j'ai trouvé des choses...

Ideyvonne a publié toute une galerie des images de ce film "rétro". Quant à Laurent, il avait présenté sa suite, sans grand enthousiasme.