lundi 6 mars 2017

Á la découverte de Chonchon

J'aurais voulu / pu / dû vous parler de Chonchon beaucoup plus tôt. J'avoue que je ne me souviens pas depuis quand je lis les chroniques de cette amoureuse du septième art, mais cela ne date pas d'hier ! J'ai été fidèle à "Mon cinéma, jour après jour", devenu "CinéMagic". Toujours au quotidien, je l'ai suivie sur "Cinéma des années 40/50"...

Le cinéma pour Chonchon, c'est un peu la quête du Graal: sa passion fait qu'elle rêve de tout voir, pour tout expérimenter, quitte à être déçue. C'est notamment parce qu'elle ne se retrouverait plus guère dans le septième art qui s'invente et nous est adressé aujourd'hui qu'elle est finalement revenue à ses premières amours, en ouvrant donc ce joli blog consacré aux films, acteurs et réalisateurs de l'âge d'or des studios hollywoodiens. "Cinéma des années 40/50", qui porte aussi le sous-titre Nostalgie et Élégance, annonce d'emblée la couleur à ses visiteurs: Chonchon en a fait une "bulle" contre la médiocrité. Pour mieux la connaître, je lui ai proposé... mon petit questionnaire !

Chonchon, quel est ton plus ancien souvenir lié au cinéma ?
J'étais haute comme trois pommes. Je devais avoir 5 ou 6 ans et mon papa m'a emmenée voir Cendrillon. Magique, merveilleux, inoubliable.

Qu'est-ce que le cinéma apporte dans ta vie ?
De la distraction, des émotions, du fun, de l'admiration, des connaissances sur toutes sortes de sujets.

Comment choisis-tu les films que tu vas voir ?
Je ne vais jamais en salle: trop loin, trop bruyant, trop cher. Reste la télé. Pas toujours facile de choisir vu leurs programmations... quand je peux vraiment choisir, je suis fan de thrillers, de films avec démons ou vampires, de comédies romantiques, de films historiques, de grandes histoires romanesques. Et je m'efforce de voir toute la filmographie de mes réalisateurs et acteurs préférés.

Le lieu idéal et le moment parfait pour voir un film ?
Mon canapé dans le salon, avec une couverture-doudou. Et éventuellement quelques chocolats. Top du top, le soir quand les volets sont fermés (cric crac dans ma cabane) ou les jours de tempête quand tout s'agite au dehors (justement au moment où j'écris ces lignes, il y en a une qui s'annonce...) et qu'on est si bien au chaud. Mais, en réalité, je suis aussi capable de me faire une séance ciné alors qu'il fait grand beau temps et que tout le monde va à la plage.

Je te propose de voir un film. Qu'est-ce qui te fera accepter ?
Mon amitié pour toi. Et la confiance que j'ai dans tes choix.

Ta passion pour le cinéma te semble-t-elle communicative ?
Pas vraiment ! En dehors de la blogosphère, je n'ai que trois interlocuteurs privilégiés: mon mari, mon frère et un de mes neveux. Tous les autres ne s'intéressent guère au cinéma ou aiment des trucs que je trouve épouvantablement nuls et que je déteste (genre les comédies françaises...). Quand je tente de parler du cinéma que j'aime, on me traite d'intello ou bien on ouvre les yeux tout ronds comme si je parlais en chinois...

Tes cinq derniers coups de coeur de cinéma ?
1. Eddie Redmayne. Je l'ai repéré pour la première fois dans Les misérables. Non seulement le garçon était fort mignon (et j'ai un faible pour les rouquins...), mais en plus il chantait formidablement bien. Depuis, je suis sa carrière avec passion. Je l'ai vu récemment dans The Danish girl, j'ai adoré !

2. Xavier Dolan. J'ai vu Mommy, je suis tombé en amour et j'ai ensuite regardé tous ses autres films. J'adore son univers, ses histoires, sa fraîcheur, son extravagance parfois... et sa petite gueule d'amour.

3. Le cinéma belge et scandinave de ces dernières années. Inattendu, brillant, passionnant.

4. Le cinéma des années 40/50. Devant l'immense médiocrité du cinéma contemporain, je me suis tournée de plus en plus vers ces vieux films, que nous regardions avec nos parents. Je me suis mis peu à peu à ne regarder quasiment que ça: c'est intelligent, élégant, ça ne parle pas de b*** et de ch*** à tout va, l'hémoglobine ne gicle pas et, SURTOUT, ces réalisateurs-là savaient raconter des histoires. C'est la première chose que je demande: des histoires et encore des histoires. Je suis désormais en immersion totale et je me régale !

5. Johnny Depp dans Strictly criminal. J'ai découvert pourquoi on l'avait adoré, pourquoi on l'avait détesté et je suis à nouveau une fan absolue.

Les cinq prochains que tu attends avec impatience ?
1. Le dernier Xavier Dolan, Juste la fin du monde, que je n'ai toujours pas vu.

2. Le dernier Woody Allen, Café Society.

3. Le prochain Polanski.

4. La La Land, car j'adore Ryan Gosling et Emma Stone.

5. Rogue one. Je suis une inconditionnelle de Star wars... depuis le tout début. 1977: j'avais 19 ans et le premier épisode s'appelait encore La guerre des étoiles (rebaptisé aujourd'hui Un nouvel espoir). Qu'est-ce que c'était bien ! On n'avait jamais rien vu de pareil ! Tous les autres m'ont enchantée et continuent de le faire.

Quels seraient les dix films que tu me conseillerais ?
C'est vachement difficile de n'en citer que dix ! Si je suis objective, c'est-à-dire si j'élimine ce qui est pour moi de l'ordre du fantasme personnel (film de princesse, etc.) et si je tiens compte de mes critères qualité (une bonne histoire, une belle réalisation, un vrai sens artistique), si j'enlève aussi ceux qui sont trop évidents (que tout le monde a vus et que tout le monde a adorés), je citerais ces dix-là, mais je parie que tu les as déjà vus !

1. Barry Lyndon (1975 / Stanley Kubrick):
Sublime de beauté, cynique et désespérant.

2. Cloud Atlas (2012 / Lana et Andy Wachowsky, Tom Tykwer):
Créatif, extravagant, démesuré.

3. Danse avec les loups (1991 / Kevin Costner):
Tolérance, culture, nature.

4. Dogville (2003 / Lars von Trier):
Originalité totale, rejet et ostracisme.

5. Edward aux mains d'argent (1991 / Tim Burton):
Encore la tolérance, mais aussi poésie et humour.

6. Le locataire (1976 / Roman Polanski):
Bizarre, malsain, parano, génial.

7. Mr Nobody (2010 - Jaco van Dormael):
Onirique, scientifique, vertigineux.

8. Mysterious skin (2004 - Gregg Araki):
Cruel, dérangeant, interprétation remarquable.

9. Retour à Howards End (1992 - James Ivory):
Avec la scène la plus sensuelle du cinéma mondial, sans un seul bout de sein ou de fesse.

10. Tess (1979 - Roman Polanski):
Esthétique hors-norme, tragédie, destinée, féministe.

Hors-compétition: les sagas Star wars et Le seigneur des anneaux. C'est à voir absolument.

Dix personnalités de cinéma à choisir... qui retiens-tu ?
1. Woody Allen - Pour son incomparable humour et sa façon de fixer à l'écran nos innombrables petites faiblesses.

2. Martin Scorsese - Pour la force de ses histoires et la maestria de ses réalisations. Culture italo-américaine.

3. Roman Polanski - Même chose que pour Martin. Culture européenne.

4. David Lynch - Pour son univers complètement déjanté, souvent incompréhensible, mais largement au-dessus de la mêlée.

5. Ewan McGregor - Parce que je craque, depuis Trainspotting, pour sa fossette et ses dents en avant.

6. Walt Disney - Parce que. Il fallait que ce monsieur existe un jour. On le remerciera jamais assez.

7. Lars von Trier - Pour son audace, toutes ses audaces, et sa sincérité.

8. Les soeurs Wachowski - Pour leur créativité, leur imagination débordante, leur sensibilité à fleur de peau et leur talent pour exprimer tout ça.

9. Kate Winslet - Parce que c'est la reine du bal.

10. Cate Blanchett - Cate, quoi. Cate...

Pourquoi un beau jour avoir décidé d'écrire un blog ?
C'était en 2006. J'étais au chômage et je n'arrivais pas à retrouver de boulot. Je passais du temps sur Internet et j'étais intriguée par ces blogs que je voyais. C'était le début, ça avait l'air très rigolo. Adorant écrire, j'ai décidé de me lancer et de raconter mes déboires avec mes ex-patrons et l'ANPE (aujourd'hui Pôle Emploi). Ça s'appelait Le journal d'une chômeuse râleuse. Tout un programme. Je me suis beaucoup amusée. Et puis quand l'inspiration est tombée (j'en avais marre de grogner), je me suis lancée dans le cinéma car, désoeuvrée, je regardais au minimum un film par jour. J'en ai eu d'autres, des blogs... sur l'architecture, notamment. Aujourd'hui, je me recentre: cinéma des années 50 et lectures.

Qu'est-ce qui te décide à parler d'un film sur ton blog ?
Rien d'autre que ma réalité quotidienne: je chronique TOUS les films que je vois (dans le créneau 1940 à 1960).

Les cinq films que tu as défendus contre l'avis général ?
1. Le cinquième élément (1997 - Luc Besson):
J'ai adoré ce film et je le revois très régulièrement sans me lasser. Tout est bon dedans et je ne comprends absolument pas ce qu'on lui reproche.

2. Le baiser mortel du dragon (2001 - Chris Nahon):
Bon, là, je peux comprendre. Ce n'est pas de la haute voltige. Mais je trouve le personnage de Jet Li tellement craquant ! Et Tchéky Karyo tellement méchant. Et Bridget Fonda tellement paumée... j'adore ce film !

3. Le grand bleu (1988 - Luc Besson):
Il eut un succès phénoménal et pourtant, aujourd'hui, il est de bon ton de le critiquer, comme tout film réalisé par Besson. Moi, je l'aime, ce Grand bleu et son héros complètement à côté de la plaque. La mer, encore la mer, l'histoire d'amour... et la fameuse réplique de Rosanna Arquette. "Go and see, my love, go and see..." lorsque son amoureux lui dit qu'il doit aller voir les dauphins... et qu'elle sait qu'elle le perdra bientôt à jamais. So romantic !

4. Blanche Neige et le chasseur (2012 - Rupert Sanders):
Ils ont tous trouvé ça nul. Ben pas moi ! Charlize, elle en jette, et Kristen est émouvante. C'était le temps où elle se cherchait encore, après le délire Twilight, et rien que pour ça, c'était mignon de la voir dans ce rôle de combattante. Fragile mais combattante. Elle a eu aussi un flirt avec le réalisateur... ce qui laissa Robert Pattinson comme deux ronds de flan... et déchaîna un quasi-scandale. Larguer Robert ! Vive Kristen, qui ne fait que ce qu'elle veut.

5. Il faut sauver le soldat Ryan (1998 - Steven Spielberg):
Je n'aime pas trop les films de guerre et celui-là, franchement, je ne lui trouve rien de plus que les autres. Il n'est pas mal, c'est vrai. Mais sans plus. Je me suis grave ennuyée par moments...
(une précision de Martin: pas compris que Chonchon le défende...)

Et tous les films avec Sandra Bullock !

Les cinq films que tu as dénoncés contre l'avis général ?
1. Aguirre, la colère de Dieu (1972 - Werner Herzog):
Rien compris à l'engouement pour ce film. Il ne se passe rien, on n'apprend rien, c'est barbant au possible et il y a pas mal d'invraisemblances.

2. Birdman (2014 - Alejandro Gonzalez Inarritu):
Un immense succès, des critiques enthousiastes. Moi, j'ai failli m'endormir.

3. Camille redouble (2012 - Noémie Lvovsky):
Détestable plagiat, non assumé, du Peggy Sue s'est mariée de Coppola. Ça m'a filé les poils tellement c'était mauvais et je n'ai rien pigé au succès que ce film a eu.

4. Dans la cour (2014 - Pierre Salvadori):
Film pour intellos-bobos ? Je n'ai rien compris aux pseudo-angoisses de cette bourgeoise et à ses errances inintéressantes.

5. Diplomatie (2014 - Volker Schlöndorff):
Reprise "théâtrale" de Paris brûle-t-il ?, autrement mieux que ce dialogue sans fin...

Quelle place sur ton blog pour autre chose que le cinéma ?
Aucune. Même les tags auxquels je réponds généralement avec enthousiasme, ont un lien avec le cinéma. Je n'en ai pas encore publié sur ce nouveau blog, mais ça viendra sûrement.

Questions plus personnelles, pour finir. Quel est ton prénom ?
Catherine. Je déteste. Mais tout le monde, absolument tout le monde, m'appelle Chonchon. Ou Kiki (mes amies d'enfance).

Quel âge as-tu ?
Bientôt 59 ans... seigneur !!!

Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Rien. Ah ah ah ! Blague à part, j'étais assistante commerciale trilingue. Suite à des problèmes de santé, j'ai dû m'arrêter de bosser. Mais ça ne me manque pas car j'ai toujours détesté mon job. Mes occupations préférées sont bloguer et écrire (nouvelles, romans). Sinon: balades et découvertes, dessin, lecture, cinéma, crochet (comme les mamies), langues (j'entretiens mes acquis).

Où habites-tu ?
Á 20 km de Nantes, que nous avons quittée à cause des prix prohibitifs et que je RÊVE de retrouver. Je déteste ce patelin. Je suis une citadine.

Avec le cinéma, quel art préfères-tu ?
Dessin / Peinture / Sculpture.

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Ce seront les mots de la fin...
Un grand merci à Chonchon de s'être prêtée au jeu ! Il ne vous reste donc plus qu'à lire ses chroniques sur "Cinéma des années 40/50". Sinon, vous pouvez également retrouver mes blogueurs interviewés d'un clic sur leur pseudo: Pascale, Dasola, Sentinelle, Tina et Strum. Et rendez-vous le 6 avril pour le prochain épisode de ce "fil rouge" ! Avec qui ? Je le sais, mais je me refuse à vous le dire tout de suite...

dimanche 5 mars 2017

Suzy aux enfers

Il me semble que c'est au coeur du cinéma de genre que l'on dénichera le plus facilement de petits plaisirs coupables. Dernier exemple personnel: Suspiria, film de (pseudo-)horreur signé Dario Argento. Jamais loin du nanar, ce long-métrage complètement frappadingue m'a justement plu pour sa folie. Il a fêté ses 40 ans le mois dernier...

Un petit résumé rapide ? Tout commence au moment où une ballerine américaine, Suzy Banner, sort de l'avion qui l'a conduite à Fribourg. La demoiselle est venue jusqu'en Allemagne pour intégrer une école de danse, réputée comme la meilleure du monde. La première soirée de son arrivée, elle reste cependant à la porte, sous un orage XXL. Mauvais présage, en fait, puisqu'au petit matin, alors qu'elle accède enfin à son nouvel établissement, la jeune femme apprend aussitôt qu'une autre danseuse a été sauvagement assassinée. Je préviens d'emblée les âmes sensibles que, si ce n'est l'identité de ce meurtrier nocturne, rien ne nous sera dissimulé. En clair: on assiste au crime lors d'une scène effroyable, à l'impact renforcé par une bande-son franchement éprouvante pour les nerfs. Dario Argento est présenté par certains de ses admirateurs comme l'Alfred Hitchcock italien. Suspiria me suggère que c'est exagéré, mais en fait... il y a du vrai !

Je crois qu'il faut surtout considérer ce film pour ses aspects formels. Le scénario est de toute façon bien trop basique pour qu'on s'y arrête durablement. Si j'ai malgré tout apprécié le film, c'est précisément pour la débauche visuelle à laquelle il s'adonne, à coups d'images cauchemardesques et ultra-colorées. Je vois la patte d'un vrai auteur dans ce style objectivement outrancier et peux dès lors comprendre celles et ceux qui, tout à leur exaltation cinéphile, élèvent Suspiria au rang de film-culte. Je crois en fait qu'il faut le voir pour le croire ! J'ai lu qu'un remake était envisagé: je ne vois pas du tout l'intérêt d'une répétition. En revanche, j'aime me dire que nous avons échappé de justesse à un spectacle encore plus dément, puisque l'idée initiale de Dario Argento était que les personnages principaux de ce conte macabre soient... des enfants ! Il en reste ici et là quelques détails graphiques bien visibles à l'écran, comme des poignées de porte toujours placées trop haut. À mon avis, un gars comme Tim Burton pourrait avoir trouvé dans cette étrangeté des sources d'inspiration...

Suspiria
Film italien de Dario Argento (1977)
Premier des volets d'une Trilogie des enfers, le long-métrage s'inscrit presque sur les rétines comme un cousin de Carrie au bal du diable ou de Shining - toutes proportions gardées, bien entendu. J'insiste volontiers sur le terme de "plaisir coupable" employé en introduction. Bien que peu porté sur l'épouvante au cinéma, j'ai vécu un moment sympa et c'est un paradoxe qui me plaît. Je le retiens, pour l'avenir...

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Ah ! Un petit détail technique oublié...

Ce film serait le dernier long-métrage tourné en Technicolor !

Et qu'en est-il de mon Movie Challenge ?
J'avance d'un cran car j'ai relevé le défi n°32: "Un film d'horreur". 

samedi 4 mars 2017

Courts en couleurs

Peut-être n'y avez-vous pas prêté attention: depuis Valley of stars jusqu'à Cyrano avant-hier, les films dont j'ai parlé ces derniers temps utilisent fortement la couleur. Je les ai en fait vus lors d'un Festival de mon association autour de ce thème. Avant de parler d'un dernier demain, je tiens à citer aussi les courts ajoutés à notre programme...

Azurite
Court-métrage français de Maud Garnier (2014)

Sans aller jusqu'à nous dépayser totalement, ce film de 25 minutes nous ramène dans un passé, auprès d'un vieux peintre malade. Assisté par sa fille Salomé, ce dernier préfère prendre un apprenti garçon que de lui passer la main, en lui confiant - enfin ! - les secrets de fabrication de son bleu. Ce film de femme est-il une oeuvre féministe ? Peut-être. Maud Garnier donne à ses images des allures de tableau: ce qu'elle nous donne à voir est très beau. La réalisatrice oeuvre, dit-on, pour écrire un long consacré... aux femmes peintres !

Toutes les couleurs de la nuit
Court-métrage français d'Éléonore Berrubé (2016)

Je ne suis pas tout à fait sûr d'avoir tout compris à ces 16 minutes nocturnes et mystérieuses. Il est question de deux jeunes femmes. Elles sont visiblement proches, peut-être amies, sans doute soeurs. Elles vident une maison - une autre femme (leur mère ?) a disparu. Cela m'a intrigué, mais pas passionné. Les images de la nuit corse sont belles, objectivement, mais elles n'ont pas suffi à m'émouvoir. Dommage ! Je reste avec l'impression d'être passé à côté. Pas d'écho particulier sur ce que la jeune réalisatrice peut préparer désormais... 

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Un dernier mot pour compléter l'anecdote...
Toujours lors de mon festival associatif, j'ai revu - et présenté - Pierrot le fou et La forêt de Mogari. L'impératrice Yang Kwei Fei m'aura servi de préambule quelques jours auparavant. Et j'ai laissé passer Cris et chuchotements (Ingmar Bergman / 1972) en clôture...

jeudi 2 mars 2017

Premier nez

Vous avez sans doute remarqué que j'aime parler des films rares. Aujourd'hui, dans ce registre, vous serez servis: j'ai choisi d'évoquer le tout premier Cyrano de Bergerac au format long-métrage. Détail amusant: la pièce a été créée le 28 décembre 1897, soit deux ans jour pour jour après la toute première projection publique de cinéma.

Le film que je veux vous présenter ce jeudi est un peu plus jeune. Sorti en 1923, il est donc muet, ce qui constitue une première source d'étonnement, dès lors qu'il s'agit de faire le portrait d'un personnage connu pour son éloquence. Cela dit, c'est sans nul doute visuellement que ce vieux Cyrano de Bergerac surprend le plus: comme les images choisies pour cette chronique en attestent, c'est un film en couleurs ! La pellicule a en effet été peinte dans son intégralité, par l'utilisation de pochoirs et donc à la main. De quoi renforcer encore les émotions qu'apporte la (re)découverte de cet immense classique du répertoire français. Et même si, cette fois, c'est un Italien qui tient la caméra...

Ai-je besoin d'en dire plus sur l'intrigue ? Pour ceux qui l'ignoreraient encore, toute l'affaire se déroule au 17ème siècle. Un gentilhomme manie avec autant d'aisance le verbe et l'épée, ce qui lui permet d'occire (ou au moins de ridiculiser) les fâcheux qui osent se moquer d'un nez qu'il a proéminent. Notre homme est secrètement amoureux de sa cousine et c'est son malheur: elle en aime un autre... ou fait comme si, ce qui revient quasiment au même. Cyrano de Bergerac est un drame dont je connais très bien les ressorts, mais il se trouve que je ne m'en lasse pas pour autant. Découvrir cette adaptation filmée a été pour moi un grand moment de plaisir et de cinéphilie ! J'ai même pu en profiter dans un cinéma !  Ces presque deux heures sont passées très vite. Je pense que je m'en souviendrai longtemps...

Cyrano de Bergerac
Film franco-italien d'Augusto Genina (1923)

Deux envies après avoir vu ce petit chef d'oeuvre: trouver l'occasion de revoir la pièce... et revoir aussi le film de Jean-Paul Rappeneau sorti en 1990, dix César 1991 et Gérard Depardieu dans le rôle-titre. D'après moi, le personnage lui-même reste sans véritable équivalent. Bon... les amoureux de films de capes et d'épées verront toutefois avec bonheur Les trois mousquetaires, Scaramouche ou Cartouche

mercredi 1 mars 2017

Au pays des génies

Le cinéma a ceci de fabuleux qu'il peut nous remettre régulièrement dans la peau d'un jeune enfant. C'était en tout cas mon état d'esprit lorsque j'ai découvert Le voleur de Bagdad, un film de... 1940 ! Apparemment, il est sorti à l'époque avec la mention: "Un imaginaire arabe en Technicolor". Ce qui aura le mérite de bien poser le décor...

Inspiré des Mille et une nuits, le scénario nous présente tout d'abord le méchant de l'histoire: le grand vizir Jaffar. Dans l'actuelle capitale irakienne, cette fripouille conseillait le roi Ahmad avant de... prendre sa place. Il a comploté pour que la rue se détourne du souverain légitime et, pour faire bonne mesure, sa magie l'a rendu aveugle. Cependant, la plus belle des princesses connaissant un sommeil permanent, Jaffar demeure frustré. Et, pour que le public s'attache évidemment à Ahmad, c'est lui qui raconte cette histoire, au moyen d'un étonnant et long flashback. Mais Le voleur de Bagdad, je veux dire le personnage qui mérite ce titre, c'est Abu, un jeune garçon rencontré par le roi déchu, qui va devenir son ami, vivre avec lui nombre d'aventures périlleuses (parfois sous l'apparence d'un chien !) et l'aider à tout retrouver - son trône, son honneur et son aimée. Épique et picaresque, le récit est vraiment riche en rebondissements.

Compte tenu de son âge, le film accuse évidemment le poids des ans. Les quelques effets spéciaux qu'il utilise sont largement dépassés techniquement. Oui, et alors ? Cela ne m'a absolument pas dérangé. Trépidant, le rythme des péripéties a largement suffi à mon bonheur cinéphile. Ayant eu de plus la chance d'apprécier ce grand spectacle sur un vrai écran de cinéma, je me suis régalé. Le voleur de Badgad est une sucrerie pour les amateurs de film d'aventure à l'ancienne. Comme je l'ai dit au début de cette chronique, on retrouve son âme d'enfant en cheminant aux côtés d'Abu et Ahmad, qu'une dizaine d'années sépare, tout au plus. Leur alliance contre l'infâme Jaffar nous permet de voyager dans un monde imaginaire aux couleurs éclatantes, où les tapis peuvent voler et où une simple bouteille enferme parfois un génie capable d'exaucer plusieurs de nos voeux. Ai-je besoin d'en dire plus ? Je ne me suis pas ennuyé une seconde. Cela donne envie de remonter encore plus loin dans la longue histoire du cinéma - je ne peux alors que vous encourager à faire de même...

Le voleur de Bagdad
Film britannique de L. Berger, M. Powell et T. Whelan (1940)

Pas facile de trouver des photos vraiment évocatrices ! J'ai apprécié ce petit film old school, tout comme j'aime aussi les vieux "coucous" d'Errol Flynn, Les aventures de Robin des Bois ou Capitaine Blood. Pour un film plus jeune, je vous ai aussi conseillé Le corsaire rouge. On peut s'interroger sur la raison qui fait que le cinéma tourne désormais le dos aux histoires en ce genre. Trop naïves, peut-être... 

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Une autre regard sur ce mythe, ça vous tente ?
Le voleur de Bagdad existe dans (au moins) trois autres versions. Dès 1924, Raoul Walsh donne vie à la légende et signe un gros succès du cinéma muet avec Douglas Fairbanks. Suivront donc d'autres films encore, réalisés par Arthur Lubin, en 1961, et Clive Donner, en 1978.

J'avance encore dans mon Movie Challenge...
Cela correspond à l'objectif n°12: "Un film d'action ou d'aventure". Vous l'aurez évidemment compris: je coche la case "Film d'aventure".

Pour finir, quelques liens dignes d'intérêt...
Un avis sur le film est publié par "L'oeil sur l'écran" et d'autres images sont à voir chez Ideyvonne. Princécranoir, lui, avait chroniqué le film de 1924. Je n'en trouve plus trace dans son nouveau chez-lui. Navré...

mardi 28 février 2017

M'enfin...

Oups ! Je voulais initialement vous parler des cérémonies des César et Oscars, juste passées, mais j'ai vraiment manqué de temps libre et d'énergie pour les recherches nécessaires. J'ai donc décidé d'essayer de vous surprendre en évoquant l'un des événements célébrés en ce mardi 28 février 2017: les 60 ans de Gaston Lagaffe !

C'est bien en effet le 28 février 1957 que le héros à l'éternel pull vert fit sa toute première apparition dans les pages du journal Spirou. Maintenant, figurez-vous qu'il est prévu que l'enfant du dessinateur belge André Franquin (1924-1997) tire bientôt sa flemme au cinéma ! Pour être honnête, c'est avec quelque inquiétude que j'ai appris récemment qu'un projet de film était dans les tuyaux pour une sortie déjà programmée le 4 avril... 2018 ! La réalisation de ce projet insolite revient à l'ex-Robin des Bois, Pierre-François Martin-Laval. Âgé de 18 ans et demi, Théo Fernandez tiendra le rôle principal. Autour de lui: Alison Wheeler, Arnaud Ducret et Jérôme Commandeur.

Les adaptations de BD au cinéma me semblent s'être développées toutes ces dernières années, mais avec des films très dispensables. Autre surprise: Gaston, lui, en sera... à sa seconde version filmée ! J'ai retrouvé la trace d'un certain Fais gaffe à la gaffe !, un OVNI réalisé par Paul Boujenah (le frère de Michel) et sorti sur les écrans français le 1er avril 1981. André Franquin lui-même ne voulait pas d'une apparition de son héros en salles: les noms propres de l'oeuvre originelle avaient donc été modifiés ! Le résultat fut un échec critique et commercial, ce qui n'est de fait pas très rassurant pour la suite. Désolé: je n'ai pas réussi à trouver d'image du film de l'an prochain...

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Tout cela ne vous empêche pas d'avoir un avis...
Aimez-vous Gaston ? Lisez-vous encore ses albums ? Et la curiosité d'aller voir le long-métrage 2018 vous titillera-t-elle ? Je vous écoute.

lundi 27 février 2017

Un mystère oriental

J'ai l'impression (peut-être trompeuse) que la présence de films iraniens dans les salles françaises n'étonne plus grand-monde. Cool ! Cela nous permettra de découvrir de nouveaux regards sur le cinéma et sur la vie - ce qui n'est pas toujours la même chose. J'étais heureux dernièrement que mon association retienne Valley of stars...

Comme toujours avec notre petit groupe de cinéphiles, je suis allé découvrir le film sans a priori: je m'étais contenté de quelques photos pour m'en faire une idée avant notre séance. Je savais également que, comme l'a rappelé notre présidente, le film était aussi connu sous un autre titre, A dragon arrives, pour sa diffusion dans les pays anglo-saxons. Au final, je n'ai pas vraiment compris ce que j'ai vu. Valley of stars semble nous embarquer dans une pseudo-enquête policière, un détective privé devant enquêter sur le suicide d'un exilé politique, retrouvé pendu dans l'épave d'un bateau... en plein désert ! Ce point de départ ne fait que lancer une histoire des plus étranges...

En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, je me suis senti perdu dans les méandres de ce long-métrage atypique, au développement labyrinthique. Le scénario s'autorise des allers et venues temporels entre l'époque du détective (les années 60), la nôtre et une autre encore - au cours de laquelle un preneur de son a disparu d'un plateau de tournage. Bref... peut-être que ça vous parlera. Moi, j'ai renoncé aux plaisirs de la compréhension et je me suis plus ou moins focalisé sur la forme. Sur ce point, Valley of stars est une belle réussite. L'incroyable décor du film - l'île de Qeshm et ses concrétions rocheuses - est un vrai régal pour les yeux et s'avère une terre propice aux légendes les plus insolites. Le son du film, lui aussi, a été travaillé pour faire forte impression: puisqu'on nous parle de dangers mystérieux et de probables séismes, la tension née à son écoute m'a paru tout à fait justifiée. Je n'en ai donc que plus de regrets encore de m'être égaré dans le montage. Je n'étais pas le seul, visiblement. Dommage de ne pas avoir saisi les mille et une références cachées...

Valley of stars
Film iranien de Mani Haghighi (2016)

Une note moyenne... au bénéfice du doute. Bien des critiques soulignent qu'on est loin d'un pamphlet politique à la Asghar Farhadi. Les vrais experts des légendes et contes orientaux seront en terrain connu, peut-être: derrière le mystère, le long-métrage a du sens ! Cela étant, Les chats persans ou Une séparation me paraissent nettement plus accessibles aux profanes. C'est un tout autre genre... 

samedi 25 février 2017

Désenchantés

Combien de statuettes dorées remportera-t-il finalement, dans la nuit de dimanche à lundi ? Je l'ignore. Nous verrons bien. Ce qui est clair en revanche, c'est qu'avec quatorze nominations à l'Oscar, La La Land est bien l'un des films-événements de ce premier trimestre 2017. C'est pourquoi j'ai souhaité lui consacrer une chronique long format...

Mia est serveuse dans un salon de thé, à deux pas des studios hollywoodiens. Elle passe des auditions, portée par l'espoir de devenir une star de cinéma. Sebastian, lui, tente de joindre les deux bouts grâce à un talent de pianiste et rêve d'ouvrir son propre club de jazz. Au pays des illusions, les deux jeunes gens voient leurs chemins s'entrecroiser, un jour qu'ils... s'insultent dans un embouteillage XXL. Plusieurs mois passent avant que le hasard les réunisse une fois encore, le temps d'une joute verbale et d'une réconciliation. Comédie musicale oblige, c'est en chantant et dansant que le charme opère finalement. La La Land est alors, soyez-en assurés, un film pétillant !

Si j'insiste sur ce point, c'est parce que le miroir des personnages principaux leur renvoie aussi une image peu flatteuse. La La Land joue sur toute une palette d'émotions: son ouverture est euphorisante et colorée, mais le scénario se fait assez vite des plus mélancoliques. Je ne parlerai pas de pessimisme, mais le récit nous dit que le succès ne dépend pas seulement des efforts, mais également des sacrifices auxquels on peut consentir. Et, de fait, la pilule est parfois amère ! Pour le simple spectateur que j'ai été, elle est (un peu) mieux passée grâce à la beauté et l'excellence technique de ce que j'ai vu à l'écran. Et, bien entendu, la musique et la danse y jouent un très grand rôle...

Je ne peux bien sûr pas manquer de citer les acteurs. S'il fallait émettre un tout petit bémol, il consisterait à dire que la caméra s'intéresse surtout à Mia et Sebastian, le récit ne laissant en réalité aucune place pour un personnage secondaire fort. C'est grave ? Non. Je me suis perdu dans les grands yeux d'Emma Stone et veux saluer son investissement: la jeune femme a appris les claquettes, le rythme particulier du jazz et la danse de salon. Ryan Gosling m'a paru convaincant, lui aussi, comme jamais auparavant: il a pris des cours de piano et joue non-doublé ! La La Land s'écarte de la vraisemblance pour mieux nous faire rêver, tout en restant une merveille formelle...

Quelques-unes des critiques que j'ai lues après avoir vu le film pointent certaines réserves sur ce tout dernier point: les voix manqueraient de peps et, pire, les chorégraphies de vrai talent. Mouais... c'est vrai qu'Emma Stone n'est pas Ginger Rogers, pas plus d'ailleurs que Ryan Gosling ne peut se comparer avec Fred Astaire. Qu'importe ! La La Land s'appuie certes sur de grandes références parmi les classiques, mais rien ne dit qu'il ait été conçu pour rivaliser. Loin des inévitables comparatifs, je n'y vois en réalité que l'hommage sincère d'un jeune réalisateur à ceux de ses aînés qui l'ont inspiré. Bref, un film idéal pour me faire aimer le cinéma... encore plus fort !

La La Land
Film américain de Damien Chazelle (2016)

Je suis loin d'être un spécialiste des comédies musicales. Disons donc que celle que j'ai présentée aujourd'hui m'a donné envie d'en (re)voir d'autres, issues du riche répertoire hollywoodien... ou d'ailleurs. Chantons sous la pluie me fait de l'oeil, mais je vous recommande de zyeuter aussi Tous en scène (ou Les parapluies de Cherbourg). Quant à moi, je veux surtout attraper le Chazelle de 2014: Whiplash.

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J'avance d'un cran dans mon Movie Challenge...

Je remplis aujourd'hui la case n°23: "Une comédie musicale".

Plusieurs de mes amis blogueurs ont vu le film...
À lire: les avis de Pascale, Dasola, Sentinelle, Strum et Tina. Princécranoir, lui, en a parlé aussi, mais... sur une nouvelle adresse !

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Mise à jour post-Oscars (lundi 27 - 7h20):

Le film n'a finalement remporté "que" six des statuettes dorées. Emma Stone est sacrée meilleure actrice, Damien Chazelle consacré meilleur réalisateur. Les autres trophées honorent la direction artistique, la photographie, la musique et la chanson (City of stars).

vendredi 24 février 2017

Le banquier stressé

Pierre Richard ? Il est pour moi l'un des tous meilleurs ambassadeurs de la comédie made in France. J'ai provisoirement renoncé à écrire une série de chroniques sur ses films, mais c'est avec un plaisir certain que j'en ai redécouvert un, sympa: La course à l'échalote. Dire que j'étais encore un tout petit bébé quand il est sorti en salles !

Dans toute cette histoire, l'ami Pierrot joue l'un de ces personnages lunaires dont il a le secret. Directeur de banque (par intérim) au cours de l'été, c'est-à-dire pendant les vacances de son patron, il tremble d'effroi à l'idée d'être braqué. Or, il a le chic aussi pour se mettre dans des situations ubuesques et déclencher l'arrivée de la police ! Parfois, entre deux courriers dictés à sa secrétaire, il espionne ouvertement la petite coiffeuse au pied de son bureau, un peu lassée de sortir avec lui: notre homme n'est pas un amant très original. Maintenant, à vous de découvrir comment ce scénario simplissime s'emballe et, donc, pourquoi le film s'intitule La course à l'échalote...

Sans m'esclaffer, je me suis plutôt bien diverti: le long-métrage rappelle qu'il n'est pas besoin d'être vulgaire pour faire rire - une leçon que nombre des comiques d'aujourd'hui seraient inspirés de méditer. Voir aussi Jane Birkin (sans accent aussi prononcé qu'aujourd'hui !) dans le rôle de la fiancée, c'était la cerise sur le gâteau comique. Vraiment facile à digérer, La course à l'échalote vous embarquera jusqu'en Angleterre, au terme d'un très étonnant voyage... en train. Inutile de prétendre que, techniquement, le film vient révolutionner les techniques du cinéma: vous auriez raison de ne pas me croire. Mais son allure vintage en fait toujours un honnête divertissement...

La course à l'échalote
Film français de Claude Zidi (1975)

Le must de Pierre Richard reste le diptyque Le grand blond. J'avoue cependant que j'ai un faible pour son (petit) rôle de paysan allergique à la paresse dans une perle d'hédonisme: Alexandre le bienheureux. Plusieurs décennies ont passé et je ne trouve pas d'artiste comparable dans le cinéma français d'aujourd'hui (si vous avez des idées...). Excellente nouvelle: l'acteur est attendu dans trois films cette année !

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Et une contribution de plus au Movie Challenge...

Avec ce film, je complète en effet l'objectif n°22: "Une comédie".

jeudi 23 février 2017

Au chevet

Un Prix d'interprétation cannois à Marie-Josée Croze. Sur la Croisette toujours, le Prix du meilleur scénario pour Denys Arcand. Trois César au total: meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario. L'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Les invasions barbares reste sûrement dans les mémoires comme un film qui fit sensation...

En propulsant ma machine à remonter le temps vers 2003, j'ai vu récemment ce long-métrage québécois, dont ma mère m'avait dit beaucoup de bien. Le pitch ? Rémy, un homme d'une soixantaine d'années, est hospitalisé du fait d'une maladie sérieuse. Sa femme appelle son fils, jeune trader canadien exilé à Londres, persuadée qu'elle est que les deux hommes, en froid, devraient se réconcilier avant qu'il ne soit trop tard. Pas franchement motivé, Sébastien finit tout de même par débarquer, avant d'être rejoint par toute la bande des amis (et maîtresses !) de son paternel. Les invasions barbares déplaira, je pense, à ceux d'entre vous qui aiment le cinéma réaliste. Pour être honnête, je dois vous dire d'emblée que j'ai trouvé l'humanité qu'il dépeint fort peu intéressante. Ou pire: antipathique...

Je n'ai pas passé un si mauvais moment, mais j'attendais bien mieux de ce récit, incontestablement. Je ne me suis pas senti "concerné" par ce qui pouvait arriver à l'un ou l'autre des personnages. J'ai noté aussi, avec quelque étonnement, que le film semble avoir été diffusé dans une version (un peu) plus courte à l'international qu'au Canada. Après, voilà... j'ai trouvé tout cela bavard et pourtant assez creux. C'est précisément le problème: je n'ai pas compris où le réalisateur voulait en venir. Avec quelques répliques bien senties, Les invasions barbares sonne un peu comme le bilan d'une génération, désabusée par les valeurs de celle qui la suit immédiatement. Soit... et donc ? Impossible pour moi d'en tirer la moindre leçon ! Comme je peux difficilement soutenir que le film est beau, je vous dirai abruptement qu'il me paraît dispensable. C'est dur, j'en conviens, mais c'est ainsi. Et tant pis ! Je donnerai d'autres chances au cinéma made in Québec.

Les invasions barbares
Film canadien de Denys Arcand (2003)

Sans piocher dans la quadrilogie Les boys, petite chose sympathique mais particulière, et sans convoquer Xavier Dolan, je peux conseiller un film comme C.R.A.Z.Y. en très digne représentant du septième art québécois. Je suis à l'écoute de toutes vos possibles suggestions ! J'aimerais voir d'autres films de nos "cousins" d'Amérique. Ma page spéciale "Cinéma du monde" donne quelques-uns de mes bons plans...

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J'avance d'un cran pour mon Movie Challenge...

J'atteins en effet l'objectif n°16: "Un film qui est la suite d'un autre". Le premier opus, Le déclin de l'empire américain, date de... 1986 !

Si vous voulez vous contenter du film d'aujourd'hui...

Vous pourrez lire un autre avis du côté de "L'oeil sur l'écran".