vendredi 4 novembre 2022

Rima, Jack et moi

Il me faut l'admettre: Rima Abdul-Malak reste une inconnue pour moi. La ministre de la Culture a choisi de se mettre en scène dernièrement dans une vidéo où elle ignore les courriers et appels de Jack Lang. Dans ce court clip, elle quitte son bureau de la rue de Valois pour aller au cinéma et, en fin de compte, y croiser son prédécesseur. Humour !

L'ex-conseillère culturelle de Bertrand Delanoë, maire de Paris, estime que le septième art se portera beaucoup mieux si les adolescents retournent dans les salles obscures. Des sources de financement publiques sont fléchées vers ce - très - louable objectif, semble-t-il. Le dispositif du Pass'Culture devrait notamment être encore renforcé. D'aucuns relèvent cependant que le gouvernement d'Elisabeth Borne paraît ne pas vouloir s'associer à des États généraux du cinéma éventuellement organisés par la profession. C'est assez regrettable...

Je n'ai pas eu les chiffres pour octobre, mais le mois de septembre dernier a été le plus calamiteux en termes de fréquentation des salles depuis quarante ans ! La ministre, quant à elle, promeut un hashtag revendicatif - #MaBonneRaison - pour que les adeptes des réseaux sociaux exposent publiquement ce qui les pousse à aller au cinéma. Consterné, je peste contre la partie de nos élites qui voient cela comme le loisir le plus accessible (sortent-ils en famille, parfois ?). C'est avec dépit que j'ai appris qu'en réaction, d'autres internautes militants défendent le hashtag #BoycottCinémaFrançais, sans nuance. Bref... comme dirait Alexandre Astier, on n'est pas sorti des ronces. Et j'ai moi-même une "marge de progression", n'ayant vu que deux des vingt films en tête du box-office 2022 provisoire ! Comme quoi...

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Mon propos n'est bien sûr pas définitif...

Je vous invite donc cordialement à échanger dans les commentaires. Demain, pour finir la semaine, j'ai un nouveau film à vous présenter !

mercredi 2 novembre 2022

Ces chers parents...

C'est avec plaisir que j'attaque l'avant-dernier mois de cette année avec une sucrerie: certains critiques estiment que Ticket to paradise s'inscrit dans la tradition hollywoodienne de la comédie de remariage. Le duo glamour Julia Roberts / George Clooney aura en tout cas suffi pour m'attirer vers ce (petit) film, rempli de sourires et de couleurs...

Bien que le tournage ait eu lieu en Australie, c'est à Bali que Georgia et David sont censés avoir atterris. Divorcés, incapables de passer plus d'une demi-minute ensemble sans s'exprimer toute leur rancoeur réciproque, ils n'en signent pas moins une trêve provisoire sur la base d'une ultime envie commune: celle d'empêcher leur fille de se marier ! Lily était censée devenir avocate à Los Angeles, jusqu'à ce qu'un coup de foudre pour un beau garçon des îles rencontré lors de ses vacances vienne soudain tout chambouler. Bon... je suis presque convaincu qu'après avoir lu ces quelques lignes, vous pouvez deviner la suite. C'est un fait: Ticket to paradise n'affiche pas une grande originalité. OK, c'est un euphémisme, et le film est très franchement déconseillé par une partie importante de la presse spécialisée. J'étais bien luné quand je l'ai vu et, franchement, en connaissance de cause, ça passe. Sauf si vous êtes allergiques aux deux têtes d'affiche, bien entendu...

Ticket to paradise
Film américain d'Ol Parker (2022)

Trois étoiles et demie, c'est beaucoup, mais mes dernières vacances ensoleillées sont bien loin - et j'ai trouvé ici un peu de dépaysement. Of course, tout repose sur Julia et George, mais leur plaisir à jouer ensemble est plutôt communicatif. J'ai vu de bien pires comédies. Revenir maintenant vers les classiques pourrait être une bonne idée. Je conseille New York - Miami pour bien démarrer. D'autres suivront !

lundi 31 octobre 2022

Après l'orage

J'étais chez moi, à Nice, le soir du 14 juillet 2016, quand un camion fou fonça sur la Promenade des Anglais. J'ai déménagé il y a trois ans et m'en souviens encore, mais ne suis ici que pour parler de cinéma. Survenus, eux, le 13 novembre 2015, les derniers attentats parisiens nourrissent désormais plusieurs films. Et Revoir Paris en est un bon !

Une précision: cet opus n'évoque pas dans le détail les divers assauts menés dans les rues parisiennes, au Bataclan et au Stade de France. Nous sommes invités à suivre une victime qui, dans une brasserie, survit à une attaque et, sous le choc, oublie ce qui a pu se passer pour qu'elle échappe à la mort. Virginie Efira incarne cette femme violemment bousculée par le destin et qui cherche à se reconstruire en reconstituant son parcours personnel. Sa singularité en rencontrera d'autres, évidemment, et c'est l'un des intérêts du scénario d'illustrer que chaque individu peut avoir une vision et des réactions différentes face à la plus indicible des tragédies. Il n'y a pas de réelle fausse note dans ce long-métrage sensible et, vu le sujet, je n'ai guère l'intention de pinailler. En revanche, je suis prêt à débattre avec qui le voudra...

J'ai aimé que, né d'une quête et d'une démarche individuelles, le récit s'enrichisse progressivement d'une dimension collective. Les termes d'universalité et de résilience ne semblent pas s'imposer, toutefois. Je considère que c'est mieux ainsi: Revoir Paris n'a qu'une portée limitée, mais je ne pense pas qu'il soutienne un discours politique. Autant écouter les acteurs: en l'occurrence, j'ai notamment été ravi de réentendre Benoît Magimel, à qui, je trouve, la maturité va bien. Côté féminin, j'ai aussi été enchanté de découvrir Maya Sansa, actrice italienne dont j'avais négligé le talent, et j'ai été très touché par Nastya Golubeva Carax, fille de Léos, porteuse d'un regard neuf sur les célèbres Nymphéas de Monnet - que je vous laisse découvrir. D'un point de vue technique, quelques très beaux plans nocturnes remettent notre capitale blessée en lumière(s), en évitant le pathos. La réalisatrice a admis s'être inspirée de ce qui est arrivé à son frère.

Revoir Paris
Film français d'Alice Winocour (2022)

Un long-métrage digne et qui avance lentement vers la vie retrouvée. Serait-ce un message d'espoir ? Peut-être pas, mais un réconfort possible pour qui, comme moi, n'a pas vu le terrorisme de trop près. J'ignore si, un jour, le cinéma s'emparera un jour de la tragédie niçoise et, très franchement, je ne suis pas pressé qu'il le fasse. Amanda reste une belle référence si vous vous intéressez à ce thème.

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Et si vous voulez un autre avis sur le film du jour...

Je vous signale / rappelle que Pascale a d'ores et déjà publié le sien.

samedi 29 octobre 2022

Sur les flots

Je vous ai parlé récemment de mon goût pour les premiers films. J'ajoute aujourd'hui mon intérêt pour les héros récurrents du cinéma et leur première apparition à l'écran. Les exemples sont nombreux ! L'histoire du septième art se nourrit, je crois, de ces personnages mythiques immédiatement identifiés par le public. Et cela continue...

Je le reconnais: c'est l'envie de voir un film d'aventures à l'ancienne qui m'a d'abord guidé vers Sinbad le marin, une petite merveille hollywoodienne inspirée des fameux mythes des Mille et Une Nuits. Dans la tradition indo-persane, le navigateur vivait sept aventures. L'Amérique lui en offre une huitième et l'imagine partir de l'Irak actuel à la recherche du trésor perdu d'Alexandre le Grand. Une expédition évidemment semée d'embuches, un émir et un mystérieux magicien convoitant les mêmes richesses. Et bientôt, une femme - fatale - rejoint le trio masculin sur les flots pour quelques vagues de plus ! Qu'ajouter à cela ? Qu'il vous faudra ne pas vous formaliser de l'aspect vieilli du film pour l'apprécier à sa juste valeur de divertissement vintage. Je suis certain que Douglas Fairbanks Jr. et Maureen O'Hara vous aideront, de même que Anthony Quinn en méchant enturbanné. Le Technicolor désormais délavé ajoute au charme de cet opus totalement tourné dans les studios de la RKO, maison de production disparue en 1959. NB: j'ai quelques autres de ses films sous la main...

Sinbad le marin
(ou Sindbad le marin)
Film américain de Richard Wallace (1947)

D'animation ou en images réelles, il existerait une vingtaine de films avec Sinbad pour personnage principal - et quelques autres en prime où il est un protagoniste secondaire. Celui-là n'aura en fait manqué que de monstres marins pour que je lui attribue quatre étoiles pleines. Aux amateurs du genre, je conseille Le voleur de Bagdad. Dans un style assez proche, maintenez le cap vers Le corsaire rouge !

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Une seule image dans ma chronique, mais...

Si vous voulez en voir davantage, il vous suffira de suivre Ideyvonne.

jeudi 27 octobre 2022

Sa vie

Cela pourrait vous étonner, mais c'est un fait: c'est après avoir lu quelques critiques négatives que j'ai choisi d'aller voir le biopic consacré à Simone Veil, Simone - Le voyage du siècle. Cinq ans après la disparition de l'ancienne femme politique, le long-métrage nous rappelle d'abord son combat pour la légalisation de l'avortement.

Bonne idée ? Oui, je le crois. C'est sans doute pour ce vote favorable conquis de haute lutte en janvier 1975 comme ministre de la Santé que Simone Veil est le mieux connue. Le film sorti il y a quinze jours la présente aussi longuement comme une rescapée des camps nazis. Face à ces deux situations, j'étais pour ainsi dire "en terrain connu". Mais le récit m'a également appris certaines choses: la leçon d'histoire n'est jamais été laborieuse, même s'il m'a semblé qu'elle évitait soigneusement les quelques rares zones d'ombre du personnage réel. Bon... ce n'est pas très grave. Je me suis senti (un peu) moins à l'aise devant les scènes d'émotion, parfois trop larmoyantes à mon goût. C'est paradoxal, car j'ai été intéressé à découvrir les failles intimes de la jeune Simone Veil, fragile et néanmoins décidée à vivre SA vie !

Le film n'est pas sans défaut et n'évite pas toujours le pathos. L'interprétation sans faille de Rebecca Marder m'a permis de focaliser sur autre chose que les quelques excès de sensiblerie du scénario. Précision importante - mais sans spoiler: l'actrice joue Simone Veil dans ses jeunes années (de 1945 à 1962 environ). Elsa Zylberstein endosse quant à elle le costume de la femme mûre: son maquillage grossier est l'une des grosses faiblesses techniques du long-métrage. Heureusement, le scénario ne déroule pas les événements dans l'ordre chronologique: oui, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce montage audacieux. Et bien sûr, il y a
le fond du propos, à mes yeux suffisant pour justifier qu'un tel film ait été tourné: il est certaines mémoires qu'il ne faut pas laisser s'éteindre. Simone - Le voyage du siècle présente d'importants défauts, mais je pense que c'est un témoignage important pour la France d'aujourd'hui. Et, a fortiori, celle de demain.

Simone - Le voyage du siècle
Film français d'Olivier Dahan (2022)

Après être sorti du cinéma, j'ai envie désormais de lire Simone Veil. Ou au moins d'en apprendre davantage sur son parcours. Bon signe ! C'est donc un bilan - globalement - positif que je tire de ma séance. Cela dit, je reviendrai volontiers sur le sujet en voyant ou revoyant d'autres films: La liste de Schindler est le premier auquel je pense. Sur ce blog, j'ai déjà évoqué Le pianiste et La vie est belle. À suivre.

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Et pour compléter mon avis...

Vous pourriez lire celui de Pascale... nettement moins enthousiaste.

lundi 24 octobre 2022

L'histoire en marche

Je fonde une partie de mon idéal républicain sur les principes définis par l'article 1 de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. Adopté le 26 août 1789, ce texte fondateur énonce: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". Bien dit.

C'est avec ces mots à l'esprit que j'ai regardé Un peuple et son roi. Ce film d'envergure ramène notre regard sur la Révolution française depuis la prise de la Bastille (14 juillet 1789) jusqu'à la condamnation à mort et l'exécution du roi Louis XVI (21 janvier 1793). L'originalité principale tient au fait qu'il concentre l'essentiel de sa rétrospective historique à l'observation des hommes et femmes de Paris, acteurs des événements révolutionnaires, mais à qui les droits nouveaux n'ont été octroyés que très progressivement. Avoir des connaissances sur le fond n'est peut-être pas un luxe pour bien suivre le scénario. Personnellement, j'ai vraiment aimé que le film ne soit pas didactique comme le serait un livre ou une page Wikipédia, mais je comprends que certains puissent reprocher au récit d'être un peu abscons parfois. Le réalisateur a visiblement fait d'importantes recherches avant de tourner. Et j'ai ainsi appris pas mal de choses intéressantes. Un simple exemple: la forte présence des femmes dans la Révolution.

D'aucuns ont reproché au film de sombrer dans la pure illustration. Pour certains, il ne tiendrait debout que grâce au concours d'actrices et d'acteurs de premier rang, un peu trop visibles pour être honnêtes. Mouais... moi, j'ai bien aimé les voir en costumes populaires d'époque, Adèle Haenel, Izïa Higelin, Laurent Lafitte, Denis Lavant, Céline Salette, Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky et Louis Garrel. Impossible, par ailleurs, de ne pas être touché par l'apparition solaire du regretté Gaspard Ulliel ! Je n'ai pas eu l'impression que ces stars étaient simplement venues pour cachetonner, bien au contraire. J'admets qu'Un peuple et son roi est un film propre, à l'imagerie soignée. Peut-être que Paris n'était pas aussi beau, au 18ème siècle. Sans doute aussi que la vie était toute différente hors de la capitale et qu'on peut juger regrettable que le long-métrage fasse l'impasse sur cet aspect des choses. Mais bon... le film que j'ai vu a de l'allure. Très sincèrement, j'ai plutôt envie de défendre ce cinéma ambitieux !

Un peuple et son roi
Film français de Pierre Schoeller (2018)

Quatre étoiles pleines d'enthousiasme: je ne souhaite pas chipoter. J'ignore si je pourrai voir d'autres films sur la Révolution française dans le futur, mais je "rattraperai" le Danton d'Andrzej Wajda (1983). Avant cela, parmi d'autres, il y a deux films que je vous conseillerai pour un décalage sur cette thématique: Les adieux à la reine, placé dans les coulisses de la monarchie, et Lady Oscar, à la sauce manga !

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D'autres avis sur la blogosphère ?

Oui: je vous inviterai donc à lire aussi ceux de Pascale, Dasola et Lui.

samedi 22 octobre 2022

Jean-Luc

Une mini-chronique aujourd'hui pour reparler de Jean-Luc Godard. Prétendre que je porte le deuil du cinéaste disparu le 13 septembre serait mentir. Depuis maintenant quelques jours, je ressens toutefois une forme de regain d'intérêt - qui, de fait, me surprend moi-même. Étudiant, je me souviens que je me moquais d'un copain de promo fasciné par le sieur JLG et c'est comme si j'avais fait volte-face. Pierrot le fou reste un jalon important de ma cinéphilie "en germe". Sans doute faudrait-il que je me décide à voir À bout de souffle ! Cette semaine, j'ai acheté le dernier numéro de Cahiers du cinéma pour lire l'hommage que le journal a rendu à son ancien collaborateur. Ce billet est aussi une invitation à en rediscuter avec qui le voudra. Je ne porte pas le deuil, non. Mais Godard m'apparaît irremplaçable...

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Pour aller plus loin dès aujourd'hui...

Je conseille également les (beaux) textes de Pascale et Princécranoir.

jeudi 20 octobre 2022

Il était une femme...

Maria est introvertie, maladroite et femme de ménage. Elle travaille à l'École des Beaux-Arts et semble plutôt appréciée des étudiants. Certains profs lui font sentir qu'elle vit dans un monde différent. Maria s'en sort, malgré tout, et sympathise avec Hubert, le gardien. Cette petite histoire fragile, c'est celle de Maria rêve - film délicat...

Dans le rôle principal, Karin Viard joue un peu à contre-emploi: à l'aise et convaincante, elle démontre que son talent est intact et continue d'assurer une belle présence à l'écran. Je ne pense pas que cela puisse suffire à ce que le film soit un triomphe, mais ce n'est pas grave. Maria rêve tient de la bulle de savon, éphémère et jolie à la fois. Quelques clichés, sans doute, mais quelques très beaux moments aussi pour relever la sauce (dont un baiser "virtuel", à découvrir !). Franchement rien d'incontournable, mais une séance cinéma à la cool.

Vous y retrouverez aussi Grégory Gadebois, un acteur bien plus fin que son physique de gros nounours ne le laisse supposer. Un rôle secondaire a également été confiée à Noée Abita, moins en vue ici que dans d'autres productions, mais qui tient son rang dignement. Même constat pour Philippe Uchan, qu'on voit peu mais qui se montre très juste dans un rôle plutôt ingrat. Maria rêve est un film artisanal porté par des comédiens investis, qui rendent leurs personnages attachants - alors qu'en d'autres mains, ils pourraient être mièvres. Bilan globalement positif, donc, même s'il manque peut-être un peu d'audace dans le scénario. Sa douceur, elle, m'a été plutôt agréable...

Maria rêve
Film français de Lauriane Escaffre et Yvo Muller (2022)

Je reçois ce film écrit par un duo sans trop me poser de questions existentielles sur les origines de son inspiration. Ce cinéma tendre peut, je le crains, déplaire à certains... mais je ferai avec, ma foi ! Maintenant, Karin Viard en femme "simple" m'a paru plus touchante dans Lulu femme nue. Et je me souviens tardivement qu'elle jouait déjà une femme de ménage dans Ma part du gâteau. Comme quoi...

mardi 18 octobre 2022

Une nouvelle vie ?

J'ai mis du temps à apprécier le jeu de Laurent Lafitte. Son faux air de Michel Leeb rajeuni m'a longtemps empêché de prendre son travail au sérieux - même quand il s'est bien détaché des rôles comiques. Heureusement, cela a changé: j'apprécie désormais le registre étendu d'un acteur (très) subtil. Résultat: c'est pour lui que j'ai regardé K.O. !

Antoine Leconte est l'odieux directeur d'antenne d'une chaîné télé. Après une altercation verbale avec l'un de ses salariés, il découvre que sa femme a écrit un roman dont il est le personnage principal. L'image que le manuscrit renvoie lui est insupportable: il le confisque et cherche à contacter son avocat pour empêcher toute publication. Vous l'aurez compris: c'est à un sale type que le scénario de K.O. cherche à nous intéresser. C'est alors qu'un premier rebondissement narratif rebat les cartes et, soudain, fait totalement basculer la vie de ce pseudo-héros. Un petit conseil à ce stade: si les explications rationnelles vous sont indispensables, accrochez-vous aux branches ! Jusqu'à la dernière image et jusqu'au dernier son, le mystère du film reste solide et les événements s'enchaînent de manière imprévisible. Vous finirez sans doute par douter de la réalité de ce que vous voyez. Personnellement, j'ai bien aimé me faire balader. Question de goût...

K.O.
Film français de Fabrice Gobert (2017)

Simon Werner a disparu... - le premier film du cinéaste - demeure moins convaincant à mes yeux, mais je surveillerai le prochain ! Cette fois, pas de bémol: ce long suspense m'a plu jusqu'au générique final. Laurent Lafitte est si doué que c'est assez facile de le "suivre". Je vous conseille vivement de le retrouver dans L'heure de la sortie. Par séquences, mon film du jour m'a aussi rappelé à Shutter Island...

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Une précision...
Je n'ai pas parlé du reste de la troupe réunie à l'écran: un casting intéressant avec Chiara Mastroianni, Zita Hanrot et Clotilde Hesme côté féminin, Pio Marmaï et Jean-Charles Clichet chez les hommes. Une combinaison efficace qui fait preuve d'une jolie complémentarité.

Un succès mitigé, mais...
J'ai quand même pu trouver un avis de Pascale parmi ses chroniques.

lundi 17 octobre 2022

Les premiers

Je n'en ai peut-être pas laissé l'impression samedi avec ma chronique consacrée au premier film de Costa-Gavras, mais j'ai un intérêt sincère pour les premières fois au cinéma. Celles des réalisateurs m'attirent particulièrement: certaines donnent déjà une (petite) idée de ce qui suivra et d'autres font figure de "simple" exercice de style...

D'autres encore s'avèrent fascinantes parce qu'elles restent uniques. J'y réfléchis souvent et je pense qu'un jour, j'ajouterai une mention dans mon index des réalisateurs pour signaler les oeuvres premières. Toutes ne se ressemblent pas, bien sûr, et c'est leur intérêt aussi. Certaines sortent du lot ! Je vous rappelle que le Festival de Cannes décerne chaque année une Caméra d'or à un(e) cinéaste débutant. Remonter le fil du temps permet ainsi de découvrir de jolies choses comme Murina, Nuestras madres, La terre et l'ombre, Ilo Ilo, etc...

Chaque année, des villes aussi diverses qu'Angers et Annonay accueillent des événements cinéma dédiés aux tous premiers films. Bonus: ces manifestations nous ouvrent également sur le monde. J'aime croire que c'est important, en constatant qu'à l'heure où j'écris ces lignes, les films non-américains et non-français les plus appréciés de notre box-office 2022 sont aux 21ème, 37ème et 42ème rangs. Bref... c'est un autre sujet. Il me faudrait prendre davantage de recul avant de parler d'un désintérêt du public pour les débuts de carrière. Après ce premier jour de la semaine, je suppose que j'y reviendrai ! Mais avant cela, j'aurai sûrement d'autres premiers films à évoquer...

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Je vous laisse sans trop de repères...

Si vous aviez un top des premiers films à me proposer, n'hésitez pas !