dimanche 10 septembre 2017

Spaghetti americana

Bon... vous n'êtes pas sans savoir que ma cinéphilie emprunte parfois des chemins de traverse, pour vous conduire vers des films présentés comme des oeuvres mineures. Eh bien, ce sera le cas aujourd'hui ! Face à Un génie, deux associés, une cloche, je n'étais pas dupe. Reste que j'ai passé un moment sympa devant ce western spaghetti...

La photo ci-dessus dit presque tout de mes raisons d'aimer ce film objectivement moyen. Sa distribution internationale lui apporte un sel étonnant. Vous les reconnaissez ? Le héros est Terence Hill, le beau cowboy blond aux yeux bleux qui, pour mémoire, est en réalité italien et s'appelle en fait Mario Girotti (pour info, il a 78 ans aujourd'hui). Avec lui, vous retrouverez notre petite Française, Miou-Miou, en fille volage assoiffée d'aventures, et le Québécois Robert Charlebois, connu pour sa carrière musicale, mais qui se promène ici dans le rôle d'un troisième larron un peu crétin, qui n'assume pas ses origines indiennes. Maintenant, si j'ajoute l'Américain Patrick McGoohan comme adversaire et l'Allemand Klaus Kinski iconique en desperado joueur de cartes, vous aurez une petite idée de la nature de l'auberge espagnole que peuvent constituer certains plateaux de tournage ! Mais vous verrez que je n'ai encore rien dit du scénario, les enfants...

Comme son titre le suggère, Un génie, deux associés, une cloche repose sur des personnages de natures diverses et les plans machiavéliques des uns pour rouler les autres dans la farine. L'enjeu reste de nature classique pour un western: une grosse somme d'argent, l'amour d'une jolie fille et quelques terres dites accueillantes ayant appartenu aux Peaux rouges. Tout cela n'a guère d'importance ! L'histoire, de bric et de broc, est plutôt le prétexte à des péripéties improbables, alimentées par les pitreries des divers protagonistes. Adeptes des westerns sérieux, passez votre chemin: vous risqueriez fort d'être déçus (ou énervés) par ce récit déconnant à pleins tubes. Pour ma part, derrière la pochade, je sens pointer un vrai respect pour le genre, ce qui a rendu agréable ma découverte de ce machin. Vous avez le droit de ne pas être d'accord, bien entendu, mais ce ton reste à mon sens unique au monde. OK, j'exagère peut-être un peu...

Un génie, deux associés, une cloche
Film italien de Damiano Damiani (1975)

Il semble que le grand Sergio Leone soit aussi derrière ce film. Pourquoi ? Comment ? Je n'ai pas cherché, désolé. Il est vrai aussi qu'on est loin des pépites du maestro, Le bon, la brute et le truand ou Il était une fois dans l'Ouest. Reste la musique d'Ennio Morricone comme point de ralliement possible. Ma vraie sympathie pour ce style ne peut que m'inciter à vous réorienter vers Mon nom est personne

samedi 9 septembre 2017

Implacable

Combien de scénarios la vengeance a-t-elle nourris ? Un nombre incalculable, j'imagine, d'autant plus qu'elle peut aussi se démultiplier dans un seul et même film. Je vous propose de choisir La mariée était en noir pour illustrer mon propos aujourd'hui. C'est l'occasion également de retrouver Jeanne Moreau, après la promesse de lundi...

Dans La mariée était en noir, la grande dame est une jeune femme devenue veuve... le jour de ses noces. Le film explique par l'image  les circonstances du drame, que je me garderai bien de dévoiler ici. Au sujet de cette intrigue, François Truffaut, réalisateur, avait prié ses équipes de "ne pas la divulguer et de ne pas faire lire ce scénario qui n'est qu'un instrument de travail". On peut penser que le cinéaste prend le parti de son personnage, mais ce n'est pas sûr: sa mécanique m'est apparue beaucoup trop implacable. Il en résulte un vrai bon film de genre, assez peu bavard en vérité, où la tension monte lentement vers l'inexorable. Ce qui doit arriver arrive ! Pas de surprise, mais...

Le fait d'avoir un coup d'avance sur la plupart des protagonistes permet de rester rivé à l'écran, en se demandant tout au plus si le jeu de massacre annoncé va aller à son terme et, si oui, comment. Évidemment, de par sa position, le spectateur est voyeur. La caméra l'est aussi, qui filme sans état d'âme apparent les circonvolutions manipulatrices d'une femme devenue prédatrice, aux comportements rusés et d'une froideur insondable. C'est de cette façon que le cinéma peut parvenir à dépasser sa source littéraire - The bride wore black est d'abord un roman policier de l'écrivain américain William Irish. J'imagine qu'au vu de La mariée était en noir, certain(e)s parmi vous ne seront pas surpris de savoir qu'il a aussi inspiré Alfred Hitchcock. J'aime ce style et j'y reviendrai donc pour établir d'autres parallèles...

La mariée était en noir
Film français de François Truffaut (1968)

Je n'ai pas cité Alfred Hitchcock par hasard: officiellement, le maître du suspense était l'un des pères spirituels du cinéaste français. Aujourd'hui, même s'il se défend ouvertement de tout copier-coller véritable, il est permis de voir Quentin Tarantino comme un héritier malpoli, en relisant les scénarios des deux Kill Bill. Je vous avouerai que je kiffe plutôt les... Sueurs froides, Psychose et autres Frenzy !

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Et bien sûr, il y a d'autres amateurs...

Mon conseil du jour: aller lire "Chez Sentinelle" et "L'oeil sur l'écran".

vendredi 8 septembre 2017

L'espace, etc...

Je fais encore confiance à Luc Besson, mais il ne faut pas exagérer non plus: en règle générale, du bonhomme, j'attends un feu d'artifices d'effets spéciaux et un scénario tout juste bon à tenir mes neurones en éveil le temps d'une projection. Et je dirai d'emblée que Valérian et la cité des mille planètes respecte bien ce "cahier des charges"...

Un bref retour en arrière pour celles et ceux d'entre vous qui auraient échappé à la promotion bulldozer qui a accompagné la sortie du film. Valérian... n'est pas un héros Besson comme les autres: il a vu le jour sur les planches d'une bande dessinée française, publiée dès 1967 dans le journal Pilote. Ses créateurs sont le scénariste Pierre Christin, le dessinateur Jean-Claude Mézières et la coloriste Évelyne Tranlé. Pour faire court, vous avez là une longue série de science-fiction ! Difficile pour moi d'en dire plus: je n'en ai pas lu le moindre épisode et j'ai simplement noté que les auteurs se satisfont de l'adaptation cinéma (laquelle reprend en partie l'intrigue de quelques albums). Maintenant, sur grand écran, le récit n'est pas bien difficile à suivre et se résumerait assez vite à de nouvelles batailles intergalactiques...

Une partie du plaisir pris devant ce hochet filmique tient au choix d'accorder une importance réelle à Laureline, la partenaire-girlfriend du héros, jamais aussi sérieux que quand il la demande en mariage. Le cocktail action/romance étonne, mais la façon dont la demoiselle résiste aux avances de son prétendant et sa gentillesse à le tirer d'affaire dès qu'il a pris trop de risques amènent une touche amusante bienvenue. Pour le reste, Luc Besson continue de faire ce qu'il fait encore le mieux: des images à grand spectacle, pour (re)construire efficacement un univers coloré, aux créatures multiples et variées. Tout cela est un peu égocentrique, surtout dès lors qu'on reconnaît quelques copains dans le casting XXL, mais on en prend plein la vue. Valérian... a coûté environ 200 millions d'euros: c'est un peu moins que le dernier attaquant brésilien du Paris Saint-Germain, mais aussi le plus gros budget consacré à un film français à ce jour ! Il y aura peut-être d'autres épisodes, que je ne suis pas du tout sûr d'aller voir. Mais bon... sur ce coup-là, je dirais que j'en ai eu pour mon argent...

Valérian et la cité des mille planètes
Film français de Luc Besson (2017)

Oui: le film est français, même avec des acteurs surtout américains ! Une bonne partie du boulot a été réalisée dans les studios de la Cité du cinéma, le complexe imaginé par Luc Besson à Saint-Denis (93). Pendant plus de deux heures, le réalisateur gourmand sait démontrer qu'il reste un honorable "faiseur", comme avec Le cinquième élément ou Adèle Blanc-Sec (autre BD adaptée). Pas fana, mais je respecte...

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Puisque les opinions sont généralement contrastées...
Vous pouvez enrichir la vôtre grâce à Pascale, Strum et Princécranoir.

mercredi 6 septembre 2017

Et de dix !

Vous avez remarqué comme le temps passe vite ? Vous lisez (déjà) ma dixième chronique depuis mon retour de vacances et il me faut vous dire qu'elle a une importance particulière pour moi: je souffle aujourd'hui, avec vous, la dixième bougie de Mille et une bobines. Merci donc à toutes et tous de votre présence intéressée sur ce blog !

Ce mercredi, jour de cinéma par excellence, j'ai cru bon de fêter l'événement avec éclat, en annonçant quelques "nouveautés" à venir ces prochains mois. J'avais d'abord imaginé y renoncer et rester fidèle à ma façon d'écrire, même si elle est un peu routinière parfois. Finalement, je me suis décidé pour quelques - petites - innovations...

1/ Généraliser les di-, tri-, quadriptyques...
Vous en avez eu un exemple quand j'ai parlé ici de Cible émouvante et de ... Comme elle respire: je pense écrire d'autres chroniques "multiples", pour évoquer deux films (au moins) ayant donc un point commun, évident ou pas: un même réalisateur, acteur, sujet, etc. Les opportunités sont nombreuses et j'ai même déjà quelques idées !

2/ Adapter les formats...

De manière plus générale, je pense qu'il serait bon, parfois, d'ajuster la longueur de mes chroniques en fonction de l'intérêt prêté au film considéré. Je ne l'ai fait que rarement, en réalité, pour regrouper plusieurs longs-métrages, par exemple, ou mieux détailler une oeuvre importante. Cela pourrait être aussi un moyen de me passer d'étoiles.

3/ Me montrer plus précis...
Notre amie Pascale m'a dit il y a peu qu'elle trouvait parfois complexe de comprendre dans quelles conditions j'ai pu découvrir tel ou tel film. Une solution serait de le mentionner explicitement - reste à savoir comment. J'avais aussi pensé indiquer les titres originaux des films étrangers, mais, à la réflexion, le faire à chaque fois m'a paru inutile.

4/ Parler d'histoire...
J'ai l'intention de trouver un nouveau type de chronique pour tenir lieu de fil rouge mensuel. Sans toutefois renoncer à interroger mon réseau cinéphile, cela me pousse à me pencher plus avant sur la belle histoire du septième art, en remontant le temps à la recherche d'anecdotes intéressantes. La première de ces chroniques arrive le mois prochain.

5/ Conseiller davantage...
Sur cet autre point, je ne suis pas sûr de moi, mais je me demande comment pourrait être accueilli le fait de livrer mes recommandations hebdomadaires - une sorte d'agenda subjectif des sorties cinéma. L'intention serait de mieux attirer le regard sur certains petits films méconnus. Mais j'hésite encore, le concept étant quelque peu éculé...

6/ Rester à l'écoute...
Un point auquel je tiens: je veux maintenir le débat avec vous ! Continuer à répondre à vos gentils commentaires, c'est une chose importante, à laquelle je suis très attaché. Je m'efforce aussi de tenir compte de vos avis et suggestions... et me sens donc déjà curieux des réflexions que cette chronique d'anniversaire vous aura inspiré... 

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Et, armé de ces intentions...
Je m'interroge: aurai-je autant à dire ces dix prochaines années ? C'est improbable, mais qui sait ? Nous verrons bien. Au jour le jour...

mardi 5 septembre 2017

Dangereuse rencontre

Oyez ! Oyez ! Le génial, pervers et prolifique Alfred Hitchcock fait aujourd'hui son grand retour sur les Bobines ! Ma chronique du jour sera consacrée à un classique: L'homme qui en savait trop (1955). Autant vous préciser la date d'emblée: le film est en effet le remake d'un premier opus éponyme sorti en 1934 - et lui aussi... signé Hitch !

N'ayant pas vu cet original, je ne vous parlerai que de la version revisitée (et passée à la couleur). Au départ, les McKenna, un couple américain ordinaire, passe quelques jours de vacances à Marrakech avec son fils. Le hasard fait que, dans un bus, le trio croise le chemin d'un homme seul, Louis Bernard, qui lui donne quelques informations sur la manière dont il convient de se comporter en cette terre étrangère. Un climat de paranoïa s'installe alors progressivement. Hitch n'a que peu d'équivalents pour composer une mise en scène soignée et nous inquiéter à partir de rien. Ici aussi, la peur paraît déraisonnable, jusqu'à ce que... stop, je ne compte pas en dire trop !

Sans faire offense à Doris Day, blonde hitckcockienne plutôt banale pour le coup, je crois pouvoir indiquer que le film est avant tout porté par James Stewart, assez proche finalement des rôles de braves types qu'il assurait chez Frank Capra, les frissons en plus. Ma connaissance limitée du cinéma américain fait que je n'ai pas pu reconnaître d'autres acteurs célèbres, mais, aux amateurs, je signale la présence du Français Daniel Gélin, alors âgé de 34 ans et très expérimenté déjà. Pour ce qui est du suspense attendu, je vous dirais volontiers que L'homme qui en savait trop tient ses promesses, le mystère s'épaississant de minute en minute, avec quelques fausses pistes comme cadeau-bonus. En vrai point d'orgue: une scène 100% muette et musicale de presque un quart d'heure, que je vous laisse découvrir. L'énigme trouve ensuite une résolution rapide et... presque comique ! C'est bien simple: je n'avais pas DU TOUT anticipé cette conclusion...

L'homme qui en savait trop
Film américain d'Alfred Hitchcock (1956)

Le réalisateur est à ce point unique dans l'histoire du cinéma occidental qu'il me semble souvent vain de vouloir comparer ses films à d'autres. Pourtant, aujourd'hui, je peux vous rappeler l'existence d'un thriller "à la manière de...", The two faces of January, adapté toutefois d'un roman de Patricia Highsmith. Notez bien que la reine du crime me plait encore davantage avec Le talentueux Mr. Ripley...

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Quelques liens s'imposent, je crois...

Vous pourrez retrouver le film sur "L'oeil sur l'écran". À noter: Dasola l'a très rapidement cité et Eeguab, lui, évoque... la version originelle.

lundi 4 septembre 2017

Claude (et les autres)

J'ai revu pour la troisième (euh... quatrième ? ou cinquième ?) fois l'efficace film-issu-de-BD qu'est Astérix & Obélix: mission Cléopâtre. Cela faisait plaisir à ma maman de le regarder à nouveau. Le hasard aura voulu que cela tombe moins d'une semaine après la disparition de Claude Rich, qui, malicieux, y jouait le rôle du druide Panoramix...

Une chose à préciser d'emblée: ceci n'est en rien une chronique nécrologique. Je n'ai jamais eu l'envie d'honorer les grands disparus du cinéma, "à chaud". Notez que Claude Rich n'a pas tout de suite eu les honneurs d'une rétrospective télévisée. Il a fallu que Gilles Jacob, jeune homme de 87 ans et ex-président du Festival de Cannes, lance une pétition sur Twitter pour que les chaînes du service public daignent rediffuser Le crabe-tambour (1977) et La bûche (1999). Désormais, je serais fort étonné qu'elles récidivent avant longtemps !

Ami(e)s cinéphiles, sachez-le sans délai: une autre envie maternelle m'amènera bientôt à parler d'un film de Jeanne Moreau, autre vedette disparue au cours de cet été 2017. C'est un fait: les stars, je préfère les revoir à l'écran, éternels démonstrateurs de la force de leur talent. Vous le savez: crier au scandale, ce n'est pas mon habitude non plus. J'espère cependant que, sur la Toile ou ailleurs, les cercles cinéphiles sauront toujours éviter aux étoiles d'hier un aller simple vers l'oubli. J'apporte aujourd'hui une petite pierre supplémentaire à cet édifice...

Jerry Lewis ? Ses comédies échappent encore à mes explorations cinématographiques, mais je vous renvoie vers deux films majeurs dans un tout autre genre: La valse des pantins et Arizona dream. Pour Mireille Darc, je veux avant tout évoquer Ne nous fâchons pas. Pour Sam Shepard, en attendant Les moissons du ciel, vous aimerez peut-être des films récents, comme Blackthorn ou Midnight special. Désolé si je zappe Tobe Hooper et son Massacre à la tronçonneuse ! J'aurai bien sûr, dans tous les cas, des occasions pour me rattraper...

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Et maintenant, je vous écoute...

Jugez-vous utile de marquer le coup quand un grand nom du cinéma nous quitte ? Si c'est bien le cas, pourquoi ? Et comment faites-vous ? J'ai deux ou trois infos sur le sujet... mais libre à vous d'en dire plus !

dimanche 3 septembre 2017

D'une brûlante actualité

L'été qui s'achève les a placés plusieurs fois en toute première ligne des médias: les pompiers figurent sans doute parmi les professionnels de service public les plus populaires et, au fond, ce n'est que justice. Ma curiosité pour les faces cachées, côtés obscurs et autres coulisses m'a attiré à leur suite. D'où Les hommes du feu. Un film bien ficelé...

Le titre est un peu trompeur: Les hommes du feu s'intéresse d'abord à une jeune femme, admise à servir comme officier dans une caserne du sud-ouest de la France. Malgré des états de service irréprochables jusqu'alors, ce lieutenant est accusé d'avoir commis une grosse faute lors de sa première intervention avec sa nouvelle équipe. Ce sera pour le spectateur le fil rouge du long-métrage, qui montre successivement une dizaine d'opérations sur lesquels les pompiers interviennent: incendie, grave accident de la route, premiers secours à une personne inconsciente, constat de décès, etc.: on sent de fait que le réalisateur s'est documenté et aussi que ses équipes techniques n'ont pas reculé au moment où il a fallu... monter au feu. Résultat: un récit équilibré. À hauteur d'homme, mais crédible, aussi.

Dans les rôles principaux, Émilie Dequenne et Roschdy Zem confirment tout le bien que je pense d'eux. S'ils sont bien les acteurs les plus connus de cette production, ils ont le mérite de laisser vivre les personnages secondaires, interprétés, eux, par des comédiens moins illustres. Les hommes du feu est un film de troupe, en somme. Le seul bémol de mon avis positif, je le placerai en fait sur l'intrigue elle-même: je me suis dit très vite que tout allait s'arranger finalement et, avec un peu de recul, je crois que certains d'entre vous risquent de se désintéresser rapidement de la suite de péripéties conduisant au générique final. D'ailleurs, de jeunes pompiers étaient dans la salle de cinéma avec moi: le film ne les a pas passionnés. Autre regret personnel: la bande-annonce en montre beaucoup trop ! Si vous l'avez zappée, le long-métrage pourrait vous plaire, cela dit. Pour un dîner + DVD, ce sera toujours correct dans un mois ou deux...

Les hommes du feu
Film français de Pierre Jolivet (2017)

Je n'ai pas vu Polisse, le film de Maïwenn qui se veut une plongée dans la vie quotidienne d'une brigade des mineurs - cela viendra peut-être. Pour l'heure, j'ai donc quelque difficulté à trouver immédiatement un film comparable... et suis preneur de vos conseils. Je sais déjà qu'il en existe d'autres sur les pompiers, que je suppose américains pour la plupart. Encore une fois, celui-là est très honnête !

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Le prestige de l'uniforme est-il communicatif ?

Je l'ignore. Mais peut-être que Pascale, elle, saura vous renseigner...

samedi 2 septembre 2017

Test de paternité

Donner, c'est donner, mais reprendre, c'est voler. Cette leçon de vie apprise dans les cours de récréation vous parle encore ? Bravo. Audacieusement, j'ai décidé de la placer en exergue de ma chronique de Starbuck, puisque ce film parle d'un don d'un genre particulier. L'histoire repose - toute entière - sur un homme donneur de sperme !

Vous êtes encore là ? Je vous remercie de me donner une chance d'expliquer que cette bonne petite comédie n'a rien de vulgaire. L'idée principale est de présenter ce David Wozniak comme un loser attachant, qui découvre un jour qu'il est le géniteur de 533 enfants devenus de jeunes adultes, dont 142... cherchent à le connaître ! D'abord effrayé à l'idée que son anonymat soit levé, le brave type consulte tout de même le dossier qui l'accable et, plutôt rapidement et contre toute attente, se dit finalement que ce serait sympatoche de découvrir son immense descendance. Pas découragé par les cris d'un ami avocat, il se transforme petit à petit en ange gardien. Rassurez-vous: Starbuck ne fait alors que commencer. Il vous reste des rebondissements de scénario à découvrir. Je vous laisse le faire ?

J'ai déjà "pratiqué" Patrick Huard par le passé et je sentais d'avance que le rôle de David Wozniak lui irait comme un gant. Bingo: l'acteur québécois est excellent et ravira à coup sûr celles et ceux d'entre vous que la parlure de nos cousins d'Amérique ne rebute pas - les autres n'auront qu'à lire les quelques sous-titres pour ne rien manquer d'important. Bien joué, le film n'est, c'est un fait, pas révolutionnaire. Sa tendresse joue en sa faveur, oui, mais je suis tout à fait persuadé que vous pourriez me citer plusieurs autres longs-métrages d'un genre équivalent (et sûrement des meilleurs !). Sans se distinguer non plus par une mise en scène très élaborée, Starbuck a le mérite cependant d'être honnête et de tenir ses promesses de modeste divertissement. Bien que n'étant pas encore concerné par ce bonheur, j'ai trouvé aussi qu'il abordait les questions liées à la paternité avec justesse. D'aucuns estimeront que tout cela est un peu trop sage. C'est vrai, mais bon...

Starbuck
Film canadien de Ken Scott (2011)

Vous l'aurez compris: je suis tombé sous le charme de cette comédie gentillette, mais sincère. Confirmation: le cinéma québécois, j'aime. Maintenant, plutôt que de vous citer une petite liste de films comparables, je crois bon de préciser que celui-là a fait des petits. Ken Scott a lui-même dirigé The delivery man, le remake américain. D'autres sont nés en France (Fonzy, avec José Garcia) ou... en Inde !

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Si mon avis ne vous suffit pas...

Vous pouvez tout à fait consulter aussi ceux de Pascale, Dasola et Lui.

jeudi 31 août 2017

Intermède musical

Pour finir août sur une note un peu originale, je voulais signaler aujourd'hui qu'il y a quelques semaines, j'ai pu assister à un spectacle des Solistes de Monte-Carlo, autour de quelques airs liés au cinéma ! Cela m'a donné envie de vous parler de "mes" compositeurs à moi. Liste (subjective) que je découpe en quatre: vous allez comprendre...

Ennio Morricone et John Williams
Le western étant ma madeleine de Proust, la place du maestro italien ne surprendra que ceux qui me connaissent mal. Il serait dommage toutefois de réduire un aussi grand artiste aux superbes partitions qu'il a écrites pour son complice Sergio Leone (voir Le bon, la brute et le truand). Le concert que je viens d'évoquer m'a remis le hautbois de Mission dans les oreilles et décidé... à revoir le film ! Si je parle aussi de John Williams, au-delà des thèmes mythiques de la trilogie originale Star wars, c'est pour la magnificence des musiques composées - entre autres - pour Steven Spielberg. Effet madeleine également: deux images et trois notes suffisent pour que le final d'E.T. l'extra-terrestre refasse de moi un enfant. Et oui, j'aime ça... 

John Barry et Danny Elfman
Le cas du chef britannique premier cité est particulier: je sais pertinemment qu'il a laissé une oeuvre colossale, mais je n'en parlerai que pour une seule pièce - la B.O. de Danse avec les loups (1990). Pourquoi ? Parce qu'elle reste comme le premier CD de musique symphonique que l'on m'ait offert et qu'il a donc longtemps tourné dans mon environnement immédiat. J'ai (un peu) honte d'admettre que j'ai sans doute entendu du John Barry... sans y prêter attention ! Passons... et disons que j'ai aussi appris à apprécier Danny Elfman grâce à un disque d'adolescence: celui de Batman - Le défi (1992). Depuis, sa fidélité à Tim Burton et son style ont su faire de ses airs des hymnes que je sais reconnaître. Et je les aime moins, mais bon...

Bernard Hermann... et le classique

J'ai découvert Bernard Hermann au détour de ce très grand classique qu'est Psychose: je dois dire que le chef d'oeuvre d'Alfred Hitchcock gagne encore beaucoup à cette mise en musique, ce qui en fait indéniablement un incontournable du thriller (malgré ses 57 ans !). C'est bien simple: l'évidence m'a frappé dès le générique initial. Maintenant, si je veux vous dire deux mots de la musique classique, c'est parce qu'une association d'idées m'a mené à Stanley Kubrick, utilisateur plus qu'avisé des oeuvres des grands maîtres du passé. Exemples: dans 2001 ou Barry Lyndon, toute la majesté des notes donne là aussi aux images restées muettes des allures d'ouvertures d'opéras. Et cela permet aux films de donner toute leur (dé)mesure...

Goran Bregovic et Alexandre Desplat
Pour finir cette escapade, j'ai tenu à citer deux compositeurs atypiques. J'associe volontiers le premier aux films d'Emir Kusturica, dont il est un ami fidèle, semble-t-il, et un partenaire artistique régulier (cf. Underground ou Chat noir chat blanc, entre autres). J'admets que j'ai mis un peu de temps à m'habituer aux rythmes fous de cette musique balkanique, mais je la trouve en fait très adaptée aux élucubrations kusturiciennes. Alexandre Desplat, c'est différent. L'extraordinaire travail accompli pour The Grand Budapest Hotel suffirait à vous convaincre du génie (prolifique !) du bonhomme. Travailleur acharné, le Français est partout... au point d'avoir été récompensé 68 fois pour ses oeuvres cinéma ! Et là, je dis respect...

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Des précisions... et une question...

Vous l'aurez compris: ma liste n'a pas la prétention d'être exhaustive. Dans le concert que je suis allé écouter, les musiciens ont interprété aussi des morceaux de Vangelis, Maurice Jarre ou Vladimir Cosma. Voudriez-vous désormais me citer vos musiciens de cinéma préférés ?

mercredi 30 août 2017

Pierre, Marie, Guillaume...

C'est décidé: aujourd'hui, je présente non pas un, mais deux films. Récemment, j'ai laissé passer plusieurs occasions d'autres chroniques doubles, mais j'ai décidé d'en écrire une aujourd'hui pour évoquer deux longs-métrages du même cinéaste: le Français Pierre Salvadori.

Cible émouvante (1993)
Un joli petit film pour tous les amoureux de notre cinéma populaire. Tueur à gages au chic indiscutable, Jean Rochefort épargne le témoin de l'un de ses assassinats et, du coup, en fait son apprenti. Lunaire juste ce qu'il faut, Guillaume Depardieu est ici impeccable. Le tandem fonctionne tout à fait correctement jusqu'à ce que le meurtrier professionnel bute sur une difficulté inattendue: ses remords à l'idée de liquider une fort jolie jeune femme - à laquelle Marie Trintignant prête ses traits harmonieux. Petite comédie légère, le long-métrage suscite effectivement le sourire et rend agréables les retrouvailles avec ses deux jeunes acteurs, disparus prématurément. Je trouve exagérées les critiques qui parlent d'humour noir. Le plaisir demeure !

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Une étape Movie Challenge ?

Oui ! Je coche l'objectif n°14: "Un film que j'aime bien secrètement". L'occasion de vous révéler que je l'avais déjà vu, il y a... longtemps !

Et un lien pour aller lire ailleurs ?

Oui ! Ce sera l'occasion pour vous de retourner sur "L'oeil sur l'écran".

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... Comme elle respire (1998)
On prend (presque) les mêmes... et on recommence. Jean Rochefort est parti, mais Marie Trintignant et Guillaume Depardieu sont restés. Cette fois, il n'est plus vraiment question de rire: le récit suit les pas d'une mythomane, qui parvient vite à convaincre un jeune homme qu'elle est la fille d'un couple très fortuné. Problème: le jeune homme en question étant un peu loulou sur les bords, la demoiselle s'attire des ennuis. Ne vous y trompez pas: le scénario reste dans les cordes d'une chronique douce-amère, sans jamais verser dans la tragédie. Les situations sont assez rocambolesques, mais la sympathie qu'inspirent les personnages fait que tout cela reste encore crédible. Bonnes interprétations du duo et au final, surprise: l'émotion affleure.

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Une autre étape Movie Challenge ?

Non ! Ma prochaine validation se fera encore attendre un peu...

Et un lien pour aller lire ailleurs, quand même ?

Oui ! Et rebelote: vous trouverez un autre avis sur "L'oeil sur l'écran".