Je n'étais pas dans le bon timing, désolé ! Ce n'est pas un film d'Asie que je voulais évoquer avant ma pause, mais un film "de réveillon". C'est ainsi que je désigne certains des grands classiques du cinéma que je juge comme d'excellents choix possibles pour les fêtes de fin d'année. Exemple (tardif) ce samedi: j'ai choisi de parler de La foule !
Ouf ! J'ai pu oublier mes chinoiseries grâce à l'opportunité inattendue d'apprécier ce film de King Vidor sur écran géant. Je dois admettre que je n'avais qu'une connaissance ultra-limitée de ce réalisateur réputé (malgré son curieux prénom et deux films sur les Bobines). Cette fois, j'ai remonté le temps jusqu'en 1928, année de naissance de mes grands-parents maternels. La foule est bel et bien un film muet: le premier parlant était sorti l'année précédente. La tendance nouvelle ne tarderait alors plus à s'imposer, presque définitivement...
Et l'histoire, alors ? C'est celle de John et Mary Sims, un jeune couple amoureux installé à New York et vivant dans des conditions précaires. Leurs nobles sentiments réciproques créent visiblement un bonheur sincère, mais fragile. On assistera à la naissance de deux enfants. Or, Prévert nous a prévenus vingt ans plus tard: "La vie sépare ceux qui s'aiment, tout doucement, sans faire de bruit". Même convaincu de devenir bientôt un homme important, John n'a qu'un job minable. Qu'il quitte d'ailleurs quand un drame surgit, au détour d'un boulevard.
Je ne raconterai pas tout, mais il me semble possible de voir ce film comme un archétype du cinéma hollywoodien, d'autant qu'il fut produit et distribué par la Metro Goldwyn Mayer (le studio au lion rugissant). Moi qui considérais King Vidor comme un vague nabab, je crois utile d'apporter un bémol à cette appréciation - disons au moins le temps nécessaire pour y regarder de plus près. Son abondante filmographie était bien entamée - et elle approchait de la fin de sa période muette. À 34 ans, l'artiste pouvait s'appuyer sur un bagage technique affirmé !
Il avait confié le premier rôle féminin de La foule à Eleanor Boardman et lui faisait confiance: cette actrice, disposant d'une expérience certaine, était par ailleurs sa propre femme (la deuxième sur trois). James Murray, l'acteur principal, était quant à lui un inconnu, repéré dans les rangs des simples figurants. Oui, il en a sans doute fallu beaucoup pour le film, remarquable entre autres pour plusieurs scènes urbaines - et parfois même en intérieur - noires de monde. Le récit alterne rires et larmes, dressant un portrait saisissant de la société américaine, juste avant la Grande Dépression. Il paraît que sept fins furent envisagées, dont deux ont pu être proposées aux exploitants. Ma séance à moi s'est achevée sur un happy end, un peu avant Noël...
La foule (The crowd)
Film américain de King Vidor / 1928
Vous pourrez sûrement trouver cette merveille sur un site Internet gratuit: elle figure en tout cas aujourd'hui dans le domaine public. Croyez-moi: quelques plans sont saisissants, malgré leur âge avancé ! L'émotion procurée est assez proche de celles que des merveilles comme Nanouk l'Esquimau, La ruée vers l'or et Tabou ont offertes au "découvreur tardif" que je suis. Promis, je compte vite y revenir...
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En attendant, d'autres pistes à suivre...
La première mène à Strum qui, fidèle à lui-même, livre une analyse détaillée du film. Vincent, lui, l'a cité dans un texte sur Citizen Kane !
Ouf ! J'ai pu oublier mes chinoiseries grâce à l'opportunité inattendue d'apprécier ce film de King Vidor sur écran géant. Je dois admettre que je n'avais qu'une connaissance ultra-limitée de ce réalisateur réputé (malgré son curieux prénom et deux films sur les Bobines). Cette fois, j'ai remonté le temps jusqu'en 1928, année de naissance de mes grands-parents maternels. La foule est bel et bien un film muet: le premier parlant était sorti l'année précédente. La tendance nouvelle ne tarderait alors plus à s'imposer, presque définitivement...
Et l'histoire, alors ? C'est celle de John et Mary Sims, un jeune couple amoureux installé à New York et vivant dans des conditions précaires. Leurs nobles sentiments réciproques créent visiblement un bonheur sincère, mais fragile. On assistera à la naissance de deux enfants. Or, Prévert nous a prévenus vingt ans plus tard: "La vie sépare ceux qui s'aiment, tout doucement, sans faire de bruit". Même convaincu de devenir bientôt un homme important, John n'a qu'un job minable. Qu'il quitte d'ailleurs quand un drame surgit, au détour d'un boulevard.
Je ne raconterai pas tout, mais il me semble possible de voir ce film comme un archétype du cinéma hollywoodien, d'autant qu'il fut produit et distribué par la Metro Goldwyn Mayer (le studio au lion rugissant). Moi qui considérais King Vidor comme un vague nabab, je crois utile d'apporter un bémol à cette appréciation - disons au moins le temps nécessaire pour y regarder de plus près. Son abondante filmographie était bien entamée - et elle approchait de la fin de sa période muette. À 34 ans, l'artiste pouvait s'appuyer sur un bagage technique affirmé !
Il avait confié le premier rôle féminin de La foule à Eleanor Boardman et lui faisait confiance: cette actrice, disposant d'une expérience certaine, était par ailleurs sa propre femme (la deuxième sur trois). James Murray, l'acteur principal, était quant à lui un inconnu, repéré dans les rangs des simples figurants. Oui, il en a sans doute fallu beaucoup pour le film, remarquable entre autres pour plusieurs scènes urbaines - et parfois même en intérieur - noires de monde. Le récit alterne rires et larmes, dressant un portrait saisissant de la société américaine, juste avant la Grande Dépression. Il paraît que sept fins furent envisagées, dont deux ont pu être proposées aux exploitants. Ma séance à moi s'est achevée sur un happy end, un peu avant Noël...
La foule (The crowd)
Film américain de King Vidor / 1928
Vous pourrez sûrement trouver cette merveille sur un site Internet gratuit: elle figure en tout cas aujourd'hui dans le domaine public. Croyez-moi: quelques plans sont saisissants, malgré leur âge avancé ! L'émotion procurée est assez proche de celles que des merveilles comme Nanouk l'Esquimau, La ruée vers l'or et Tabou ont offertes au "découvreur tardif" que je suis. Promis, je compte vite y revenir...
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En attendant, d'autres pistes à suivre...
La première mène à Strum qui, fidèle à lui-même, livre une analyse détaillée du film. Vincent, lui, l'a cité dans un texte sur Citizen Kane !


2 commentaires:
Merci pour le lien Martin et surtout bonne année !
Merci, Strum, et bonne année à toi aussi ! Ravi de te lire ici, où tu es toujours le bienvenu !
La surprise que j'ai annoncée dernièrement et qui sera dévoilée aujourd'hui devrait t'intéresser...
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