vendredi 9 janvier 2026

À peine une foi

Aujourd'hui, un film qui m'a dérouté et assez moyennement plu. Malgré son titre, Selon Joy semble éviter de nous parler d’évangile comme auraient pu le faire Luc, Matthieu, Jean et Marc. La religion reste cependant un thème de ce premier long-métrage d'une cinéaste française passée par des études de philosophie. Et oui, pourquoi pas ?

Joy est un prénom féminin: celui de la fille que la caméra va suivre. Dans une ville portuaire, on la découvre organiste, dans une église. Abandonnée, elle a été recueillie par le prêtre lorsqu'elle était bébé. Fidèle, elle vit donc encore avec lui et le seconde dans ses tâches quotidiennes. La situation évolue quand, un soir tout aussi ordinaire que les autres, Joy découvre un homme blessé dans le confessionnal. Andriy a son âge et, rapidement, l'entraîne dans sa vie de précarité. La très dévote demoiselle intègre une bande et devient alors dealer pour le compte d'une femme plus âgée, très clairement manipulatrice. Les geeks reconnaîtront sans nul doute Asia Argento, la fille de Dario.

Je crois vous en avoir bien assez dit sur le scénario. Je suis certain que le film ne plaira pas à tout le monde, mais il est plus maladroit que réellement choquant (rappel: le délit de blasphème n'existe plus). Ce qu'il dit de l'importance de la religion pour certains d'entre nous n'est pas franchement subtil, même si on pourrait juger intéressant d'aborder aussi le terme du doute. Selon Joy et ses scènes de nuit quasi-permanentes veulent peut-être trop en dire avec des moyens limités. Je veux croire cet univers sincère, mais il m'a laissé froid. Même les interprétations de Sonia Bonny et Volodymyr Zhdanov peinent à susciter un intérêt durable. Las ! Seule la "gueule cassée" de Raphaël Thiéry, acteur sexagénaire révélé sur le tard, sort du lot. Allez... à bientôt 37 ans, la réalisatrice aura le temps de mieux faire !

Selon Joy
Film français de Camille Lugan / 2025

Un bémol à ma critique: le film, sorti le 24 décembre, peut se targuer d'un accueil plutôt favorable auprès de certains médias spécialisés. Parmi ses qualités: un certain sens du décor, à partir d'éléments réels repérés au Havre et à Sainte-Adresse, une petite commune voisine. Vous aimeriez aller chercher ailleurs une possible histoire d'amour dystopique ? Celle de Eat the night me semble un vrai cran au-dessus.

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Une déception ? Oui, mais...

J'ai vu ce film tout début décembre, dans le cadre de mes échanges avec Les Fiches du Cinéma. La fine équipe est également sur Actu.fr.

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