samedi 2 décembre 2017

Complétement marteau !

J'aime Joaquin Phoenix. Beaucoup. Son jeu, son charisme, ses choix de carrière et même sa gueule. J'ai vu sept de ses huit derniers films. C'est une évidence: pour moi, le garçon est bankable, comme on dit de ces artistes dont le seul nom peut suffire à titiller notre curiosité. Bref, que j'aille voir A beautiful day, c'était bel et bien... prévisible !

L'affiche française du film, très laide, ne m'a nullement découragé. J'ai même écarté de mon esprit les quelques critiques négatives parcourues avant ma séance cinéma. Las ! Je me dois désormais d'aller dans leur sens: A beautiful day m'a paru très quelconque. Honnêtement, je me suis presque enquiquiné, ce qui est plutôt fort de café pour une histoire bouclée en une petite heure et demie. Connaissez-vous le point de départ ? Un dénommé Joe, passé jadis dans les rangs de l'armée américaine et du FBI, gagne sa (triste) vie comme tueur à gages. Sa spécialité: le coup de marteau bien placé. Dernier contrat en date: retrouver la petite fille d'un sénateur américain visiblement tombée entre les mains d'un réseau pédophile. Tu parles d'une belle journée ! Même ce damné titre est mensonger...

Parti sur des bases ordinaires, mais correctement posées, le récit tourne rapidement à l'exercice de style. En résumé, les personnages semblent n'avoir alors aucune espèce d'importance pour la caméra. Quelques belles images nous sont proposées, mais ça s'arrête là. Aucune tension, peu de progression et quelques séquences ridicules qui sont vite venues à bout de ma patience. Ah, quelle frustration ! En amateur du cinéma de genre, je me dis qu'il y avait mieux à faire avec les pièces du puzzle A beautiful day - ou avec celles du roman originel, You were never really here, titre d'ailleurs repris par la VO. Du Palais des festivals de Cannes, en mai dernier, Joaquin Phoenix est reparti avec un Prix d'interprétation, pas tout à fait illégitime. L'un des grands mystères, c'est que le film, lui, ait pu obtenir le Prix du scénario ! La Croisette a ses raisons que la raison ne connaît pas. Inutile d'en rajouter ou d'en faire un drame: je suis déçu, point barre.

A beautiful day
Film américano-britannique de Lynne Ramsay (2017)

Un journaliste du Times fait du film "le Taxi driver du 21ème siècle". Incroyable ! Je peux vous le certifier: New York, le vengeur anonyme et déclassé, la petite fille innocente... tout cela reste insuffisant ! D'autres ont comparé le film avec Drive. Mouais... pas convaincu. Même Luc Besson, en son temps, avait su m'embarquer avec Léon ! Je ne suis pas pressé d'accorder une seconde chance au film du jour...

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Et je n'ai pas trouvé de comparse pour le défendre...
Vous pouvez toutefois lire les avis de Pascale, Tina et Princécranoir.

vendredi 1 décembre 2017

Incandescence

La complicité visible entre les acteurs est l'une des raisons multiples qui me font aimer les petits films. J'avais un a priori très favorable sur le couple de cinéma Adèle Exarchopoulos / Matthias Schoenaerts. Bingo: dans Le fidèle, la Française et le Belge livrent une prestation doublement incandescente. Résultat: le long-métrage vaut le détour !

Honnêtement, le scénario, lui, n'est pas d'une grande originalité. Histoire de camper son personnage principal, le film nous ramène d'abord une trentaine d'années en arrière, quand Gino n'était encore qu'un jeune garçon. On y obtiendra quelques clés de compréhension pour la suite du programme et la certitude que le beau gosse conserve du passé quelques névroses - dont la peur des chiens, notamment. Détail important, mais, pour l'heure, la caméra fait de lui un homme accompli, assez sûr de son pouvoir de séduction. Et c'est à Bénédicte d'entrer en scène, dans la combinaison d'une pilote de course auto diablement sexy. Le coup de foudre est instantané... et réciproque ! Bientôt, le film aborde son premier virage, quand on découvre Gino membre d'un groupe de braqueurs de banque et Bénédicte, vaguement naïve, possiblement condamnée à un échec amoureux. Dans toute cette grande partie initiale, Le fidèle est un film noir franchement efficace, délicieusement glamour et sans gros défaut. Rien à redire, sa belle énergie m'a vite embarqué...  à fond la caisse !

Malheureusement, la suite m'a paru un peu moins réussie. Pourquoi ? Parce que, tout à coup, le récit prend une tournure mélodramatique inattendue et que, dans ce registre, il n'est pas aussi convaincant. Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenaerts n'y sont pour rien, eux qui conservent jusqu'au bout leur formidable intensité. Le scénario oblige à les admirer séparément: c'est sans doute là que ça coince. Pour preuve, dès lors qu'ils apparaissent réunis, j'ai trouvé le rythme soutenu, impeccable de tension. Peut-être que cela tient aussi au fait que le long-métrage laisse certains de ses personnages secondaires sur le bord de la route. Le fidèle, d'ailleurs, est un titre qui se justifie pleinement, mais qui me paraît réducteur par rapport aux enjeux posés par l'intrigue (il aurait pu être au féminin ou même au pluriel). Parce que je tiens à positiver, j'insiste pour dire que cette histoire mérite qu'on s'y intéresse - sans en attendre monts et merveilles. D'autres films mieux promus ne sont pas aussi emballants, en réalité. Et on ne peut pas tomber tous les jours sur un chef d'oeuvre absolu...

Le fidèle
Film franco-belge de Michaël R. Roskam (2017)

Vous aurai-je convaincus ? On verra bien. En attendant, je crois utile de vous rappeler que Michaël R. Roskam est également le réalisateur de l'excellent (et très noir) Bullhead. Pour en revenir enfin au film d'aujourd'hui, je souligne que, par moments, il m'a rappelé Alaska. Dans sa progression dramatique, il peut aussi être associé à Victoria. Bref, le polar s'épanouit en Europe... et ça, c'est une bonne nouvelle !

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Le film est déjà sorti de vos écrans ?

C'est dommage ! Il vous reste l'opportunité de lire l'avis de Pascale.

jeudi 30 novembre 2017

Elle s'appelle Luck

La Thaïlande n'est pas un pays qui m'attire vraiment, mais on m'a dit plusieurs fois que c'était une bonne destination pour des vacances. Bien évidemment, un film comme Bangkok nites n'a pas été conçu comme un outil de promotion touristique, mais il dit quelque chose des réalités de cet État de l'Asie du sud-est. Ou de son côté sombre...

C'est en effet à la prostitution que le film veut nous faire réfléchir. D'emblée, nous voilà dans le vif du sujet, aux côtés de Luck, une fille qui vend son corps pour subvenir aux besoins de sa famille, restée dans la campagne pauvre, à des kilomètres de cette autre réalité sordide, mais - en partie - lucide sur la vie dans les grandes villes. C'est ce qui peut gêner dans Bangkok nites, je crois: les personnages paraissent désabusés. Leur attitude suggère qu'ils ont admis l'idée selon laquelle il était normal de pratiquer du sexe tarifé pour avoir ensuite une vie meilleure, avec une belle maison et d'autres signes extérieurs de confort matériel. Attention: je ne dis pas que la vérité des Thaïlandais est différente, mais simplement que le long-métrage déroule un récit sans filtre. Une bonne heure durant, il se concentre d'abord sur le quartier de Thaniya, là où les prostituées se présentent pour des clients japonais aisés, qui les choisissent comme on le ferait d'un smartphone, en pleine lumière et d'après ses "fonctionnalités". D'où les hésitations au moment de retenir telle ou telle belle de nuit...

Autant vous en informer: Bangkok nites dure presque trois heures ! Dans le prolongement de sa longue introduction, il nous permet d'appréhender Luck autrement, puisque la jeune femme effectue alors un séjour parmi les siens, en compagnie d'Ozama, client amoureux. Le passé (récent) de la Thaïlande - et de cette région du monde - nous revient alors en pleine face, avec tout ce que cela comporte d'explications sur le comportement des anciens pays colonisateurs. Réaliste, la fiction est du coup très intéressante, comme une fenêtre ouverte sur des situations méconnues, pour ne pas dire ignorées. Lentement mais sûrement, je me suis attaché aux protagonistes, encouragé c'est vrai par quelques plans d'une très grande beauté. Objectivement, du fait de sa longueur surtout, il a tout de même fallu que je m'accroche pour apprécier ce film exigeant jusqu'à son terme. J'admets ici que la dernière partie m'a paru quelque peu répétitive. Cela ne remet pas en cause les qualités déjà exposées, mais je crains que cela décourage une partie du public potentiel. À vous d'en juger...

Bangkok nites
Film japonais de Katsuya Tomita (2017)

Le long-métrage a aussi bénéficié de producteurs thaïlandais, laotiens et français - ce qui explique qu'il soit arrivé sur nos écrans, peut-être. Retenu au Festival de Locarno, il a aussi reçu un Prix du jury à celui de Kinotayo, au Japon. J'ai vu peu d'oeuvres similaires cette année. Cela dit, si la jeunesse d'Asie vous intéresse, je vous recommande d'orienter aussi vos regards vers Diamond Island et Adieu Mandalay.

mercredi 29 novembre 2017

Drôles de familles

Aujourd'hui, je vous propose un diptyque thématique, avec deux films mettant en scène... devinez quoi ? De drôles de familles, tout à fait ! N'ayant pas forcément beaucoup de choses à vous expliquer, je trouve judicieux de réunir ces deux opus de 2016. Vous pourrez aussi noter que l'un et l'autre sont le premier long-métrage d'une femme cinéaste.

Le petit locataire
Film français de Nadège Loiseau (2016)

Dans la famille Payan, Nicole, la mère, a 50 ans bientôt et découvre qu'elle est enceinte. Une nouvelle vraiment étonnante et détonnante quand on a un mari chômeur, deux grands enfants, une petite-fille inscrite à l'école primaire et une vieille maman quelque peu sénile. C'est entendu: ce petit film ne révolutionnera pas le genre comique. Avec ses quelques pointes d'émotion et ses couleurs, c'est toutefois un programme recommandable pour une soirée plateau-télé sans prise de tête. Grâce à qui ? Grâce à Karin Viard, très naturelle dans son rôle de Wonder Woman au foyer. Mais aussi grâce à une troupe d'acteurs très en forme: Hélène Vincent, Philippe Rebbot, Manon Kneusé, etc...

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Ah ! J'ai déniché un avis contraire...
Il vous est offert par Pascale, qui n'a vraiment pas accroché au film.

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Cigarettes et chocolat chaud
Film français de Sophie Reine (2016)

Cette fois, c'est vers une famille monoparentale que je vous invite résolument à tourner votre regard. Chez les Patar, le papa élève seul ses deux filles, après la mort de la maman. Est-ce le point de départ d'une tragédie ? Que nenni ! Gustave Kervern et deux gamines épatantes (Héloïse Dugas et Fanie Zanini) affichent une complicité étonnante et nous offrent donc un joli petit feel good movie sensible. L'arrivée de Camille Cottin, l'ex-Connasse de Canal + ou Andréa Martel de Dix pour cent, en assistante sociale un peu coincée vient renforcer ce bel équilibre entre les scènes touchantes et les tendres moments de comédie. Et oui, là encore, la distribution fait toute la différence !

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Hé ! J'ai trouvé une confirmation...
Vous pourrez constater que Laurent et moi sommes tombés d'accord.

lundi 27 novembre 2017

La revanche d'un Poilu

"Je trouvais le livre extrêmement inspirant. J'y ai vu un pamphlet habilement déguisé contre l'époque actuelle. Tous les personnages me paraissaient d'une modernité confondante". C'est en ces termes qu'Albert Dupontel parle du roman qu'il vient d'adapter au cinéma. Faute de l'avoir lu, je ne peux évoquer qu'Au revoir là-haut, le film...

Sous les ordres d'un officier sadique, plus redouté que ce qui reste finalement des soldats ennemis, Albert Maillard et Édouard Péricourt montent une dernière fois au front, le 9 novembre 1918, deux jours avant l'annonce officielle d'un armistice que les deux camps attendent désormais sans trop combattre. Le premier Poilu est sauvé d'une mort atroce par son compère, lequel a moins de chance, puisqu'une bombe venue exploser près de lui le laisse vivant, mais totalement défiguré. Une fois les armes déposées, le rescapé ne lâche plus le grand blessé d'une semelle et tâche de lui redonner le goût de la vie. Peine perdue. Il sera rapidement question d'une revanche à prendre, par le biais notamment d'une escroquerie... aux monuments aux morts ! À vous dorénavant de découvrir la suite. Je signale à ceux qui connaissent déjà l'oeuvre originelle que sa fin diffère de celle du long-métrage. Albert Dupontel dit avoir travaillé en parfait accord avec le romancier qui lui a vendu ses droits, Pierre Lemaître - une précision importante. Je n'ai pas renoncé au bouquin et, un jour, ferai donc la comparaison.

Avant cela, un constat: Au revoir là-haut est l'un des films français les plus réussis que j'ai vus cette année. Il m'a fait forte impression. Comme une amie (coucou, Aurelia !) qui l'a vu avant moi, je trouve qu'Albert Dupontel sait bien se bonifier avec le temps, comme acteur sans doute, mais également comme réalisateur. Loin de se satisfaire d'un très bon scénario adapté, c'est une évidence qu'il apporte aussi un grand soin à sa mise en scène, ce qui nous permet donc, à nous spectateurs sagement assis, d'assister à un spectacle flamboyant. Franchement, sur le plan formel, il n'y a rien à jeter ! Ajoutez à cela une distribution aux petits oignons: l'épatant Nahuel Perez Biscayart avec sa gueule cassée, Laurent Lafitte vraiment impeccable en salaud absolu, Niels Arestrup, Émilie Dequenne, Mélanie Thierry... le choix est parfait, même si, pour chipoter un petit peu, j'ai envie de dire que les personnages féminins sont très légèrement sous-exploités. Rien de grave: il y a même quelques petits rôles pour "compenser". Un bon exemple de ce que je peux appeller le grand cinéma populaire.

Au revoir là-haut
Film français d'Albert Dupontel (2017)

Sachez-le: ma liste des films qui traitent de la première guerre mondiale est encore en cours de construction. Ici, la scène de bataille rappellent la référence Les sentiers de la gloire. D'aucuns comparent aussi avec Un long dimanche de fiançailles, oeuvre plus modeste. Surprise: moi, une séquence m'a évoqué Les lumières de la ville. Bref, une belle liste de bons échos pour Albert Dupontel et sa troupe ! 

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Intéressés par d'autres opinions ?

Celles de Pascale, Dasola, Tina et Princécranoir méritent d'être lues.

samedi 25 novembre 2017

Dansons, maintenant !

Est-ce que, comme moi, vous associez le mauvais temps au cinéma ? Personnellement, quand il ne fait pas beau, je dis assez fréquemment que c'est "un jour à regarder un bon film". Pour faire bonne mesure aujourd'hui, je vous en propose un excellent: Chantons sous la pluie. Allez, il ne sert à rien d'attendre une météo morose pour l'apprécier...

Bigre ! Ce grand classique du cinéma hollywoodien a fêté ses 65 ans cette année ! Ai-je besoin de le préciser ? Il s'agit d'une comédie musicale, qui devrait ravir celles et ceux d'entre vous qui ont encore la chance de pouvoir la voir pour la toute première fois. Je me range désormais de l'autre côté du public, c'est-à-dire avec les amateurs déjà éclairés, et peux donc vous assurer que je me suis ré-ga-lé ! Rares sont les films aussi dépourvus d'éléments négatifs: s'il fallait que je résume Chantons sous la pluie en quelques mots, je dirais sûrement qu'il s'agit d'une grande ode à la vie, à l'amitié et à l'amour. Cela et d'autres choses, mais je ne veux pas en dire trop, trop vite...

Sans préavis, cette machine à remonter le temps qu'est le scénario nous ramène illico presto en 1927. L'occasion de faire connaissance avec Lina Lamont et Don Lockwood, stars d'un cinéma qui produit encore régulièrement de grandes oeuvres... muettes ! Une situation bientôt bouleversée, avec l'arrivée sur le marché des premiers films parlants, véritables dynamiteurs du septième art "ancienne formule". Lockwood parvient encore à s'adapter, mais Lamont, elle, risque fort de faire tapisserie, avec son caractère irascible et sa voix de crécelle. C'est alors qu'une seconde femme entre dans le jeu: beauté, douceur et talent, Kathy Selden a tout pour séduire les caméras. Et pas que...

Ce ne serait pas un service à rendre à ceux qui ignorent la suite d'annoncer d'autres éléments. Je m'en abstiendrai donc. J'ai appris avec surprise que quelques-unes des chansons qui rythment le film avaient été écrites avant, y compris Singin' in the rain, la plus célèbre d'entre toutes. Pas d'inquiétude à avoir: elles s'insèrent parfaitement dans le récit, d'autant qu'elles sont accompagnées de pas de danse très diversifiés, en solo, en duo, en trio ou parfois même davantage. Crédité comme coréalisateur, Gene Kelly fait merveille, à l'évidence, et ses partenaires brillent aussi. Debbie Reynolds, Donald O'Connor, Cyd Charisse... et j'en oublie sans doute: c'est un pur enchantement !

Je n'ai qu'un unique conseil à vous donner: c'est de vous laisser aller. Pendant un peu plus d'une heure et demie, ce film coloré et joyeux vous offre la possibilité de vous évader totalement du quotidien. L'enthousiasme permanent de Chantons sous la pluie emporte tout avec lui. C'est bien trop beau pour être vrai ? Cousu de fil blanc ? Hautement utopique ? Oui, c'est vrai, et alors ? On comprend vite pourquoi Hollywood, à l'époque, était appelée "la machine à rêves". Moi, j'ai joué le jeu à fond: ça m'a mis en joie, tout simplement ! Cent anecdotes pourraient encore nourrir cette chronique, je crois. Mais je pense bien aussi de m'arrêter là, pour vous laisser imaginer...

Chantons sous la pluie
Film américain de Stanley Donen et Gene Kelly (1952)

Notez que Gene Kelly m'avait déjà tapé dans l'oeil avec ses pirouettes dans Les trois mousquetaires... dont des scènes sont reprises ici ! Pas de doute: c'est culte ! Il n'est presque pas utile d'en ajouter. Histoire de, je signale tout de même mon envie de voir également d'autres comédies musicales (sur le blog, il y a aussi Tous en scène). Pour une relecture actuelle, vous pouvez bien sûr (re)voir La La Land.

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J'en termine avec quelques autres liens rapides...
Pour des avis complémentaires, vous passerez chez Pascale et Lui. Fidèle à elle-même, Ideyvonne, pour sa part, a fait le plein d'images !

vendredi 24 novembre 2017

La loi du flingue

Devinette du vendredi: quel est le point commun entre Frank Sinatra, John Wayne, Robert Mitchum, Steve McQueen et Burt Lancaster ? Tous sont des acteurs américains, mais sinon ? J'ai appris récemment qu'ils avaient tous été approchés pour tenir un rôle finalement confié à Clint Eastwood: celui de l'inspecteur de police Harry Callahan. Yeah !

Bon... quatre (grosses) décennies après sa sortie, L'inspecteur Harry continue d'être cité en exemple par ceux qui voient en Eastwood l'incarnation parfaite du mâle américain blanc, bas du front et adepte d'une justice expéditive. Je dois reconnaître que ce drôle de héros iconique ne fait pas franchement dans la dentelle: tous les moyens sont bons pour envoyer les mauvais garçons en prison... ou en enfer. S'il avait le choix, Callahan travaillerait même en solo, ne demandant à être évalué par ses chefs qu'à la seule aune de sa capacité à mettre les criminels hors d'état de nuire. Pour la subtilité, on repassera ! Objectivement, des films comme celui-là, on n'en voit plus guère. Marqueur d'époque, cet opus énervé des années 70 ? C'est possible. J'ajoute que c'est probablement pour cette raison que je l'ai apprécié.

J'y reviendrai peut-être un jour: ce long-métrage connut un tel succès qu'il ne fut que le tout premier volet d'une véritable série, complétée de quatre autres épisodes, sortis entre décembre 1973 et juillet 1988. Notre cher Clint le défendit ainsi: "Le film ne parle pas d'un homme qui incarne la violence, mais bien d'un homme qui ne comprend pas que la société la tolère". Je vous laisse seuls juges de la différence. J'aimerais en revanche vous convaincre que L'inspecteur Harry mérite d'être considéré comme autre chose qu'une série d'images destinées aux plus bourrins d'entre nous. Il nous offre en effet un tour dans le San Francisco des seventies, avec notamment quelques scènes nocturnes particulièrement soignées du point de vue photographique. Sans se fourvoyer, on pourrait presque en parler comme d'un western urbain, avec tout ce que le genre comporte de manichéisme assumé. Une conclusion: si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres !

L'inspecteur Harry
Film américain de Don Siegel (1971)

Remplaçant son mentor au pied levé, Clint Eastwood a aussi tourné quelques scènes du film. Il devait bientôt voler de ses propres ailes. Autre info: le tout s'inspire aussi des crimes (non résolus !) du Tueur du zodiaque, un vrai serial killer sujet du... Zodiac de David Fincher. Cette violence vous rebute ? Elle est encore plus noire dans le Frenzy d'Hitchcock, sorti un an plus tard. Sans parler de Mad Max, en 1979...

jeudi 23 novembre 2017

Pas gênés, ces Romains !

Le domaine des dieux n'est pas le plus connu des albums d'Astérix. Sorti en 1971, il a malgré tout été diffusé à plus d'un million d'exemplaires, par Toutatis ! Bien plus tard, les amateurs de potion magique ont récemment eu droit à une bonne "séance de rattrapage" sous la forme d'un film d'animation. Aux manettes: Alexandre Astier !

Question principale: l'humour du papa de Kaamelott, série parodique inspirée des mythes de la Table ronde, est-il compatible avec celui d'Astérix ? Ma réponse est positive. Il faut bien dire que l'adaptation dont je parle ici est très fidèle à l'oeuvre originelle. On notera d'ailleurs que celle-ci est plutôt "décalée" dans la série, nos amis armoricains ne quittant pas leur village, occupés qu'ils sont à résister au dernier projet machiavélique de César: l'édification dans la forêt voisine d'un ensemble immobilier grand luxe pour les patriciens romains tentés par une destination exotique. Problème: il est difficile d'utiliser les baffes comme armes pour déloger des civils pacifiques...

S'il y a parmi vous des gardiens du temple qui estiment qu'Astérix n'est pas transposable au cinéma sans dommage, je voudrais signaler que cette version a pu s'appuyer sur la participation de Roger Carel. Voix historique du petit Gaulois, le célèbre doubleur s'est présenté spontanément pour reprendre le "rôle" - à 87 ans, tout de même ! Avec lui, on entendra pléthore de professionnels, mais aussi des noms célèbres: Lorant Deutsch, Élie Semoun, Alain Chabat, François Morel, Géraldine Nakache, Florence Foresti... et j'en passe, évidemment. Bref, nous tenons là un bon petit film qu'Uderzo lui-même considère comme la meilleure de toutes les adaptations. Profitons, par Bélénos !

Astérix - Le domaine des dieux
Film français de Louis Clichy et Alexandre Astier (2014)

Le ciel ne vous est pas encore tombé sur la tête ? À la bonne heure ! Si vous cliquez sur mon index des films, vous trouverez facilement quelques autres Astérix adaptés, que ce soit en film en images réelles ou en dessin animé. Celui d'aujourd'hui est donc plutôt un bon cru. Maintenant, si Astérix & Obélix: mission Cléopâtre est vu et revu pour vous, Au service de sa majesté peut être retenu comme plan B. 

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Bon... les réactions restent contrastées...
Vous pourrez le constater en comparant les avis de Dasola et de Lui.

mercredi 22 novembre 2017

Le casse du siècle ?

On croyait Steven Soderbergh perdu pour le cinéma. Ses réussites télévisuelles récentes ne l'ont finalement pas empêché de revenir joyeusement vers le grand écran, histoire de nous offrir une histoire de braquage sympatoche: Logan lucky. L'Amérique profonde continue d'inspirer les auteurs... et nous revoilà embarqués chez les rednecks !

Dans l'État rural et montagneux de Virginie occidentale, les Logan traînent une fâcheuse réputation de poissards. Jimmy vient de perdre son boulot de mineur à cause d'une blessure non-déclarée. Clyde, lui, exerce comme serveur dans un bar quelconque, assez habile toutefois pour travailler d'une seule main depuis qu'il a perdu l'autre en Irak. Vous l'aurez vite compris: le contexte social est franchement éloigné de ce qu'il pourrait être dans une grande métropole comme New York. Logan lucky dépeint joliment une petite communauté humaine ordinaire, se garde de toute ironie, mais ne se prive pas des effets bénéfiques d'un humour ravageur. Concrètement, dès que les frangins se lancent dans les préparatifs de leur casse XXL, une galerie de bras cassés apparaît pour leur servir de complices. Le principal associé potentiel a très bonne réputation comme voleur, mais un problème demeure: il est in-car-cé-ré. Je vais vous laisser découvrir la suite...

Sur fond de course automobile à Plouc-Land, le récit s'avère ludique dans sa façon de mélanger les genres. J'ai trouvé convaincant le duo formé par Channing Tatum et Adam Driver en Pieds nickelés (ou pas). Le personnage le plus réussi du film revient malgré tout à un acteur que je n'aurais pas cru capable d'une telle autodérision: Daniel Craig est tordant dans son costume de taulard aux cheveux ras et blonds peroxydés - et donc en antithèse parfaite de James Bond, en fait. Citer aussi la part de Katie Holmes, Hilary Swank ou Seth MacFarlane dans ce délire risquerait de m'emmener trop loin dans le dévoilement des surprises: je vais donc m'arrêter là. Il est tout à fait possible d'ailleurs que vous ne compreniez pas tout à Logan lucky. Tant pis ! Plutôt qu'un film à suspense, je crois que Steven Sodebergh a voulu proposer un divertissement haut en couleurs. Le pari me paraît gagné sur le plan formel et une suite serait envisageable, sauf que le public américain n'a pas suivi, dit-on. C'est un peu dommage, à mon sens. Sans doute que le mieux est de ne pas prendre cela trop au sérieux...

Logan lucky
Film américain de Steven Soderbergh (2017)

Le cinéaste est un petit malin: il nous a livré ici une réussite incontestable, mais n'a pas vraiment forcé son talent (qu'il a grand). Pour tout vous dire, sur un thème similaire, on reste à des kilomètres du tournage au cordeau de Comancheria, par exemple. On passera probablement très vite à autre chose, par conséquent, et sans regret. Plus sombre, un film comme Shotgun stories pourra prendre le relais.

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Vous voulez encore du pop-corn ?

Très bien: vous en trouverez - notamment - chez Pascale et Dasola.

mardi 21 novembre 2017

Grandeur et décadence

Que la fête commence... il y a un bon moment que je voulais découvrir ce film de Bertrand Tavernier - le deuxième d'une carrière déjà longue, elle aussi - et pour plusieurs raisons. Je vous cite d'abord la principale: la présence du grand trio Noiret / Rochefort / Marielle. Apparu à Hollywood, le terme de "monstres sacrés" leur va bien, non ?

Nous sommes en France, en 1719. Il n'y a pas de roi sur le trône. Louis XIV est mort il y a quatre ans et son arrière-petit-fils, l'enfant qui deviendra Louis XV, est encore un peu trop jeune pour régner. L'intérim, si j'ose dire, revient à son grand-oncle, Philippe d'Orléans. Ce dernier enterre sa fille, alors qu'à la cour, les rumeurs d'inceste vont bon train. Il faut dire que le régent mène une vie dissolue, faite d'un peu de travail, mais aussi et surtout de nombreux plaisirs, au lit ou à table, quand ce n'est pas les deux (presque) à la fois. Le récit s'avère ici assez fidèle aux faits historiques connus, ce qui permet d'appréhender une personnalité complexe et un peu plus soucieuse malgré tout du bien-être du peuple que ses prédécesseur et suiveur aux commandes de l'État. Ce constat établi, la Révolution attendra...

Il y a tout de même un souffle d'insurrection dans le royaume: à vous désormais de découvrir la manière dont il se développe. Que la fête commence... ne se regarde pas forcément comme un film historique classique et rigoureux, mais plutôt comme un manifeste politique. Fidèle à ses idées, Bertrand Tavernier dresse le portrait d'un homme ambigu, écartelé entre sa volonté libertaire et la réalité d'un pouvoir exercé seul ou en (tout) petit groupe. Inutile de le dire: les acteurs sont bien sûr épatants, qu'on évoque Philippe Noiret, qui compose habilement son personnage de gouvernant malgré lui, Jean Rochefort en vrai-faux ecclésiastique corrompu ou Jean-Pierre Marielle, Breton crédible et pré-révolutionnaire flamboyant ! Résultat: quatre César couronnèrent le film au cours de la première cérémonie du genre. Aujourd'hui, le spectacle reste appréciable, emballé par des dialogues ciselés et incisifs. Ce patrimoine, j'aime décidément le (re)découvrir.

Que la fête commence...
Film français de Bertrand Tavernier (1975)

Des films qui nous parlent de la Révolution française par des voies détournées, j'en connais d'autres: grand écart entre Marie-Antoinette et Lady Oscar, via Les adieux à la reine. Celui que j'ai présenté aujourd'hui est sans doute plus profond, pour ne pas dire militant. Curieusement, je l'ai apprécié également pour tout ce qu'il ne dit pas de la suite des événements. Vous resterez libres de l'imaginer aussi...

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Si vous souhaitez en savoir plus...

Vous trouverez une autre chronique du film chez "L'oeil sur l'écran".