Je garde le regard tourné vers le Japon pour reprendre aujourd'hui le fil de mon intégrale Kinuyo Tanaka (cf. l'épisode 1 et l'épisode 2 sur 6). L'oeuvre de cette cinéaste est très intéressante et j'avance une preuve nouvelle avec Maternité éternelle - un film dont elle a décidé le sujet. Autant vous prévenir: ici, on est dans le registre du drame "pur et dur" !
J'étais à deux doigts de trouver le film trop insistant sur le pathétisme de son personnage principal, juste avant d'apprendre qu'il était inspiré d'une histoire vraie: celle de la poétesse Fumiko Nakajō (1922-1954). D'emblée, le scénario nous la décrit en épouse dévouée d'un homme méprisant et aigri, qui s'imagine - et qui affirme ! - qu'il n'est plus aimé. Seule sa participation à un cercle littéraire apporte à cette femme exemplaire un peu de distraction, sans toutefois effacer la souffrance ressentie après un divorce très cruel (et que beaucoup lui reprochent). Pour compléter le tableau, on apprendra vite que cette fragile héroïne est atteinte d'un cancer du sein... et devra alors subir une mastectomie.
Que dire ? Que ce vrai-faux biopic apparaît assez proche de la réalité historique (à noter: le nom de la femme a été modifié pour le cinéma). S'il m'a un peu moins plu que les deux précédents, ce troisième opus reste une oeuvre audacieuse pour son temps, a fortiori quand on sait qu'une femme l'a donc réalisé... et qu'une autre en a écrit le scénario. Savoir que ce film a désormais plus de 70 ans me laisse pantois. Techniquement, le travail est plutôt irréprochable, sauf à chipoter. D'aucuns jugent le titre français très réducteur, si ce n'est inapproprié. Dans l'original, Kinuyo Tanaka faisait une référence directe à la poitrine dont Fumiko a été privée - un sujet sensible abordé sans fausse honte. Maternité éternelle peut vous sembler d'abord s'adresser aux femmes. Toutefois, il serait fort regrettable que les hommes s'en désintéressent !
Maternité éternelle (乳房よ永遠なれ - Chibusa yo eien nare)
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1955
Les deux photogrammes que j'ai choisis pour illustrer cette chronique pourraient suffire à révéler qu'une femme est pour toujours prisonnière. Celle que le film nous présente, en tout cas, a bien du mal à vivre libre et selon ses choix. Elle peut en rappeler d'autres, victimes de l'injustice d'une société des plus corsetées (cf. Les amants crucifiés par exemple). Replacer ce sujet dans le contexte contemporain... c'est fort, très fort !
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Des chroniques plus enthousiastes encore ?
Vous en trouverez plusieurs... et notamment chez Pascale, Strum et Lui.
J'étais à deux doigts de trouver le film trop insistant sur le pathétisme de son personnage principal, juste avant d'apprendre qu'il était inspiré d'une histoire vraie: celle de la poétesse Fumiko Nakajō (1922-1954). D'emblée, le scénario nous la décrit en épouse dévouée d'un homme méprisant et aigri, qui s'imagine - et qui affirme ! - qu'il n'est plus aimé. Seule sa participation à un cercle littéraire apporte à cette femme exemplaire un peu de distraction, sans toutefois effacer la souffrance ressentie après un divorce très cruel (et que beaucoup lui reprochent). Pour compléter le tableau, on apprendra vite que cette fragile héroïne est atteinte d'un cancer du sein... et devra alors subir une mastectomie.
Que dire ? Que ce vrai-faux biopic apparaît assez proche de la réalité historique (à noter: le nom de la femme a été modifié pour le cinéma). S'il m'a un peu moins plu que les deux précédents, ce troisième opus reste une oeuvre audacieuse pour son temps, a fortiori quand on sait qu'une femme l'a donc réalisé... et qu'une autre en a écrit le scénario. Savoir que ce film a désormais plus de 70 ans me laisse pantois. Techniquement, le travail est plutôt irréprochable, sauf à chipoter. D'aucuns jugent le titre français très réducteur, si ce n'est inapproprié. Dans l'original, Kinuyo Tanaka faisait une référence directe à la poitrine dont Fumiko a été privée - un sujet sensible abordé sans fausse honte. Maternité éternelle peut vous sembler d'abord s'adresser aux femmes. Toutefois, il serait fort regrettable que les hommes s'en désintéressent !
Maternité éternelle (乳房よ永遠なれ - Chibusa yo eien nare)
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1955
Les deux photogrammes que j'ai choisis pour illustrer cette chronique pourraient suffire à révéler qu'une femme est pour toujours prisonnière. Celle que le film nous présente, en tout cas, a bien du mal à vivre libre et selon ses choix. Elle peut en rappeler d'autres, victimes de l'injustice d'une société des plus corsetées (cf. Les amants crucifiés par exemple). Replacer ce sujet dans le contexte contemporain... c'est fort, très fort !
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1 commentaire:
C'était une histoire un peu étrange cet amour à l'hôpital. Mais quel bonheur de découvrir cette realisatrice.
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