Je vais revenir aujourd'hui vers le cinéma de cette réalisatrice japonaise dont j'ai commencé à vous parler il y a deux semaines: Kinuyo Tanaka. La lune s'est levée est son deuxième film et, pour un noir et blanc arrivé du Pays du soleil levant, je l'ai trouvé étonnamment primesautier. Pour autant, il n'est assurément pas dénué d'intérêt, bien au contraire...
Les esthètes retiennent que le film est né à partir d'un scénario original du grand maître Yasujrō Ozu (secondé par un dénommé Ryōsuke Saitō). L'intrigue s'inscrit dans le cadre d'une famille et autour d'un vieux père resté seul après le décès de son épouse. J'exagère un peu: Mokichi Asai n'est pas complètement isolé, ses trois filles demeurant auprès de lui. Chizuru, l'aînée, est veuve, elle aussi, et ne parle pas de remariage. Ayako, elle, pourrait convoler, mais semble n'en avoir aucune envie. Quant à Setsuko, elle préfère s'intéresser à ses soeurs qu'à elle-même...
Toute la première partie de La lune s'est levée adopte un ton badin auquel le cinéma japonais de cette époque (l'immédiate après-guerre) ne m'avait pas habitué. Et pourquoi pas ? C'est tout à fait charmant. C'est presque drôle, aussi, à l'image de cette séquence où deux âmes généreuses font tout leur possible pour que des tourtereaux - supposés - puissent enfin s'avouer leurs sentiments réciproques et vivre ensemble. D'aucuns y voient d'ailleurs l'influence directe de la screwball comedy américaine. Vous noterez que les traditions et modes de vie japonais conservent une importance capitale, sinon décisive, dans le déroulé d'un récit finalement plus mélancolique qu'il n'y paraît de prime abord. Détail amusant: la présence d'un personnage ingénieur en téléphonie. Elle s'explique par celle d'une entreprise spécialisée parmi les soutiens financiers du film, soucieuse alors d'une juste promotion de ses services. Résultat: une scène au dialogue un rien abscons. Bon... j'ai déjà vu pire.
La lune s'est levée (月は上りぬ - Tsuki wa noborinu)
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1955
Une belle réussite, même si j'aurais bien aimé que la réalité politique et/ou économique du Japon d'alors apparaisse un peu plus en détails. J'ai toutefois beaucoup apprécié l'exposé de quelques rituels sociétaux. Finalement, tout cela est assez révélateur d'un pays en plein évolution. Je prends le même plaisir devant Printemps tardif ou Voyage à Tokyo. Une esthétique dont Hirokazu Kore-eda (Still walking) est bien l'héritier.
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Si vous voulez aller plus loin...
Il vous sera possible de le faire en compagnie de Pascale, Strum et Lui.
Les esthètes retiennent que le film est né à partir d'un scénario original du grand maître Yasujrō Ozu (secondé par un dénommé Ryōsuke Saitō). L'intrigue s'inscrit dans le cadre d'une famille et autour d'un vieux père resté seul après le décès de son épouse. J'exagère un peu: Mokichi Asai n'est pas complètement isolé, ses trois filles demeurant auprès de lui. Chizuru, l'aînée, est veuve, elle aussi, et ne parle pas de remariage. Ayako, elle, pourrait convoler, mais semble n'en avoir aucune envie. Quant à Setsuko, elle préfère s'intéresser à ses soeurs qu'à elle-même...
Toute la première partie de La lune s'est levée adopte un ton badin auquel le cinéma japonais de cette époque (l'immédiate après-guerre) ne m'avait pas habitué. Et pourquoi pas ? C'est tout à fait charmant. C'est presque drôle, aussi, à l'image de cette séquence où deux âmes généreuses font tout leur possible pour que des tourtereaux - supposés - puissent enfin s'avouer leurs sentiments réciproques et vivre ensemble. D'aucuns y voient d'ailleurs l'influence directe de la screwball comedy américaine. Vous noterez que les traditions et modes de vie japonais conservent une importance capitale, sinon décisive, dans le déroulé d'un récit finalement plus mélancolique qu'il n'y paraît de prime abord. Détail amusant: la présence d'un personnage ingénieur en téléphonie. Elle s'explique par celle d'une entreprise spécialisée parmi les soutiens financiers du film, soucieuse alors d'une juste promotion de ses services. Résultat: une scène au dialogue un rien abscons. Bon... j'ai déjà vu pire.
La lune s'est levée (月は上りぬ - Tsuki wa noborinu)
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1955
Une belle réussite, même si j'aurais bien aimé que la réalité politique et/ou économique du Japon d'alors apparaisse un peu plus en détails. J'ai toutefois beaucoup apprécié l'exposé de quelques rituels sociétaux. Finalement, tout cela est assez révélateur d'un pays en plein évolution. Je prends le même plaisir devant Printemps tardif ou Voyage à Tokyo. Une esthétique dont Hirokazu Kore-eda (Still walking) est bien l'héritier.
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Si vous voulez aller plus loin...
Il vous sera possible de le faire en compagnie de Pascale, Strum et Lui.

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