mardi 19 mai 2026

Leurs vies cabossées

Que voir (ou pas) au cinéma ? Nous nous sommes tous posé la question. Je crois que, du mieux possible, il faut avant tout écouter ses envies. Après quelques hésitations, je suis donc allé voir Ceux qui comptent. J'ai trouvé trop difficile de résister à Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. Sauf oubli de ma part, c'est le tout premier film commun de ce joli duo.

Rose n'est pas pauvre, dit-elle, mais "fauchée". On la découvre en train de voler un caddie entier de produits de qualité dans un supermarché. Jean intervient alors pour éviter qu'elle soit arrêtée par les vigiles. Aussitôt après, il aimerait pouvoir reprendre le cours de son existence ordinaire, mais Rose déborde de reconnaissance et ne le lâche plus. Jean, qui vit en fait dans une camionnette, ne peut qu'entrer dans la vie de cette femme inconnue, une mère célibataire qui squatte un hôtel désaffecté avec ses trois enfants. Et ça démarre comme une comédie ! Ceux qui comptent en est une, assurément, mais qui s'oriente bientôt vers un genre plus sérieux, proche finalement d'un certain cinéma social. Le film évolue dès lors sur une gamme émotionnelle assez large. Je ne vais pas tout vous dévoiler, évidemment, des sujets qu'il aborde...

Un bon point: malgré leur vingtaine d'années d'écart, Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin sont crédibles et créent entre eux une belle alchimie. Ils sont d'ailleurs parfaitement secondés par les jeunes acteurs choisis pour former la tribu - Louise Labèque, Alexis Rosenstiehl et Alma Ngoc. Soit une jeune adulte, un ado et une toute jeune fille, tous bien à l'aise dans leurs rôles respectifs et toutes les nuances de leurs personnages. Résultat: assez dur parfois, Ceux qui comptent est bel et bien un film optimiste. Un film qui nous rappelle notamment que certains combats valent le coup, parce qu'ils peuvent être gagnés face à l'adversité. Franchement, ce récit est-il bien réaliste ? Non, il ne l'est pas toujours. Et alors ? Il faudrait voir à ne pas oublier que cela reste du ci-né-ma ! Comme le disait mon grand-père, "il n'est pas défendu de rêver un peu".

Ceux qui comptent
Film français de Jean-Baptiste Leonetti / 2026

Bon... vous l'aurez compris, non ? Quelques petites faiblesses d'écriture et/ou de montage ne m'auront pas empêché d'apprécier cette histoire. Pas de doute: les acteurs en sont le meilleur atout, les têtes d'affiche entraînant derrière elles quelques autres personnages, bien campés. Honnêtement, je n'en attendais pas mieux. Cette tonalité douce-amère était aussi celle de Sur la branche. Ou de Dans la cour - entre autres...

----------
Un autre avis vous intéresserait ?

Je vous suggère donc d'en découvrir... deux: ceux de Pascale et Dasola.

Aucun commentaire: