mardi 10 février 2026

Plonger

Je juge parfois que tout a été dit, montré, illustré et même analysé. C'est comme si j'oubliais que l'une des fonctions premières du cinéma est de raconter des histoires. L'un des mérites de Los tigres, un film espagnol sorti en France le 31 décembre, est de nous ouvrir le monde méconnu du port de Huelva et des ouvriers sous-marins. Fa-sci-nant !

Je ne sais pas trop comment ce film a pu arriver jusqu'aux salles françaises, sachant qu'il n'avait attiré qu'à peine 194.582 spectateurs en Espagne. Qu'importe ! Il repose en fait sur trois piliers narratifs et, d'abord, la relation entre Antonio et Estrella, un duo frère-soeur embauché sur un bateau industriel. Leur job: plonger et vérifier l'état des gigantesques cargos en transit ou bien celui des différents tuyaux leur permettant de décharger leurs cargaisons pétrolières. Un boulot éprouvant physiquement, assez mal payé et dangereux. Du bonheur ! Intéressante, la description de ce milieu est le deuxième axe du film. C'est sans doute le plus inattendu et, au final, le plus... "réjouissant".

*** ATTENTION, POSSIBLES SPOILERS ***
Le réalisateur a visiblement tenu à respecter un certain réalisme. Cela ne s'arrête pas là ! Troisième fil conducteur: une sombre histoire dans laquelle Antonio va s'embarquer, pensant régler ses problèmes financiers (liés avant tout au versement d'une pension alimentaire). Estrella, qui rêvait d'autre chose, l'aidera après l'avoir traité d'idiot. Bon... je crois en avoir suffisamment dit sur le scénario lui-même. Los tigres n'est pas un film parfait, mais j'en retiendrai le meilleur. Principaux ou secondaires, ses divers personnages sont bien campés. Mention pour les acteurs-clés, Antonio de la Torre et Bárbara Lennie. La mise en scène n'est pas des plus audacieuses, mais reste efficace. Encore faut-il y croire, bien sûr, mais ç'a heureusement été mon cas ! Je vais donc le redire: tout n'a pas été dit, montré, illustré, analysé...

Los tigres
Film espagnol d'Alberto Rodríguez / 2025

Quatre étoiles un peu arrondies pour un long-métrage convaincant dans ses intentions (même s'il aurait gagné à être un peu "resserré"). Financement oblige, je suppose, on n'est pas à la hauteur d'un Abyss pour la référence aquatique, mais cela reste captivant à mes yeux. Rappel: jusqu'à présent, le réalisateur était surtout connu en France pour un polar, La isla mínima. J'aime davantage ce tout nouvel opus !

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Et après avoir nagé dans d'autres eaux...

J'ai remonté à la surface l'avis de Pascale - moins positif que le mien.

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