C'est sûrement aussi parce que quelque chose m'a plu dans son physique que j'ai commencé à m'intéresser à Noémie Merlant. Or, je la retrouve assez régulièrement comme actrice depuis une demi-douzaine d'années. Aujourd'hui, un film qu'elle a également réalisé: Les femmes au balcon. Elle l'avait présenté à Cannes, en séance de minuit, il y a déjà deux ans.
Nicole est une jeune autrice littéraire, un peu en panne d'inspiration. Ruby est cam-girl: elle s'exhibe au cours de lives érotiques sur Internet. Les deux amies cohabitent et sont rejointes par une troisième, Élise. Actrice, cette dernière vient d'en terminer avec un tournage éprouvant et aimerait désormais passer du temps sans son "Paul d'amour" de mari. Nous sommes à Marseille, en plein été caniculaire, et les trois copines observent un bel homme, à la fenêtre d'un immeuble, pile en face. Rapidement, elles font sa connaissance et sont aussitôt les seules hôtes d'une soirée chez lui. Et tout va alors mal, vraiment très mal, se passer ! Les femmes au balcon aborde frontalement le sujet des violences faites aux femmes. Un sujet important pour Noémie Merlant, honnête au point d'expliquer qu'elle a elle-même été la victime d'un acte odieux.
Est-ce un exutoire ? Avec l'aide de Céline Sciamma, elle a écrit ce film étonnant, qui mélange les genres et tient plus de la comédie macabre que du drame social. C'est assumé, déroutant... et plutôt audacieux. Bien loin d'arrondir les angles, la réelle outrance de la mise en scène est, en tout cas, tout à fait volontaire, et l'absence de réelles nuances invite à considérer Les femmes au balcon comme un vrai cauchemar urbain - dont les hommes (TOUS LES HOMMES) sont donc les monstres. Après tout, pourquoi pas ? La sincérité du propos me paraît indéniable. Cependant, avant de parcourir quelques interviews de Noémie Merlant pour mieux comprendre ses intentions, j'ai été quelque peu rebuté. Peut-être que c'est en fait la répétition de scènes un tantinet hardcore qui m'a fait tiquer: la mise en scène, elle, est digne d'un pur film d'horreur. Le jeu des trois comédiennes - Noémie Merlant elle-même, Souheila Yacoub et Sanda Codreanu - me paraît de fait irréprochable. Malgré une fin intéressante, le tout m'a déçu et mon avis reste négatif. Mais il pourra aussi subsister une porte ouverte à la réflexion, j'espère...
Les femmes au balcon
Film français de Noémie Merlant / 2024
Une étoile pour les actrices, une autre pour la relative réussite formelle et oui, c'est tout, parce que j'ai trouvé le film un peu trop "appuyé". Peut-être en mériterait-il trois, compte tenu des intentions exprimées par la jeune réalisatrice. Bon... je vais maintenir mon avis spontané. Des films comparables ? Il faut bien reconnaître que je n'en voie aucun. J'écoute vos conseils dans ce genre - si toutefois vous en avez à donner !
Nicole est une jeune autrice littéraire, un peu en panne d'inspiration. Ruby est cam-girl: elle s'exhibe au cours de lives érotiques sur Internet. Les deux amies cohabitent et sont rejointes par une troisième, Élise. Actrice, cette dernière vient d'en terminer avec un tournage éprouvant et aimerait désormais passer du temps sans son "Paul d'amour" de mari. Nous sommes à Marseille, en plein été caniculaire, et les trois copines observent un bel homme, à la fenêtre d'un immeuble, pile en face. Rapidement, elles font sa connaissance et sont aussitôt les seules hôtes d'une soirée chez lui. Et tout va alors mal, vraiment très mal, se passer ! Les femmes au balcon aborde frontalement le sujet des violences faites aux femmes. Un sujet important pour Noémie Merlant, honnête au point d'expliquer qu'elle a elle-même été la victime d'un acte odieux.
Est-ce un exutoire ? Avec l'aide de Céline Sciamma, elle a écrit ce film étonnant, qui mélange les genres et tient plus de la comédie macabre que du drame social. C'est assumé, déroutant... et plutôt audacieux. Bien loin d'arrondir les angles, la réelle outrance de la mise en scène est, en tout cas, tout à fait volontaire, et l'absence de réelles nuances invite à considérer Les femmes au balcon comme un vrai cauchemar urbain - dont les hommes (TOUS LES HOMMES) sont donc les monstres. Après tout, pourquoi pas ? La sincérité du propos me paraît indéniable. Cependant, avant de parcourir quelques interviews de Noémie Merlant pour mieux comprendre ses intentions, j'ai été quelque peu rebuté. Peut-être que c'est en fait la répétition de scènes un tantinet hardcore qui m'a fait tiquer: la mise en scène, elle, est digne d'un pur film d'horreur. Le jeu des trois comédiennes - Noémie Merlant elle-même, Souheila Yacoub et Sanda Codreanu - me paraît de fait irréprochable. Malgré une fin intéressante, le tout m'a déçu et mon avis reste négatif. Mais il pourra aussi subsister une porte ouverte à la réflexion, j'espère...
Les femmes au balcon
Film français de Noémie Merlant / 2024
Une étoile pour les actrices, une autre pour la relative réussite formelle et oui, c'est tout, parce que j'ai trouvé le film un peu trop "appuyé". Peut-être en mériterait-il trois, compte tenu des intentions exprimées par la jeune réalisatrice. Bon... je vais maintenir mon avis spontané. Des films comparables ? Il faut bien reconnaître que je n'en voie aucun. J'écoute vos conseils dans ce genre - si toutefois vous en avez à donner !


10 commentaires:
Quelle purge !
C'est moi juste au dessus :)
Comme toi, j'ai un faible pour Noémie Merlant (surtout depuis "l'innocent", le film de Garrel). Et cette réalisation personnelle semble être forte en caractère (Céline Sciamma n'y est sans doute pas étrangère). Sans doute dans la même lignée, je ne me suis pas non plus laissé tenter par son "Emmanuelle" revue par Audrey Diwan.
C'est sévère. Je le suis (un peu) moins parce que ce film libre dit des choses importantes.
Mais il le fait maladroitement, parfois, ou même de manière un peu idiote. On verra bien la suite...
Merci de ce deuxième mot qui te fait apparaître "à visage découvert" !
Je n'ai pas vu "Emmanuelle" version Diwan. J'avais franchement détesté l'original.
Je te rejoins pour dire que Noémie Merlant était très bien dans "L'innocent". Très séduisante, aussi.
Même si je ne les apprécie pas toujours, je trouve qu'elle fait souvent des choix intéressants.
Elle a su m'intéresser et me toucher dans "Jumbo", "Les Olympiades" et "Un an, une nuit", par exemple.
Par ailleurs, dans ce qu'on appelle la vraie vie, elle m'a l'air d'une personne équilibrée et ouverte aux débats.
Je l'ai bien aimée dans "une année difficile" de Toledano et Nakache.
Oui, moi aussi. Je n'ai d'ailleurs pas compris l'accueil relativement tiède accordé à ce film.
Un mot pour dire ici que je suis fan de Noémie ! Surtout qu'elle a eu la gentillesse de me signer un petit bout de papier dans le métro une fois. Je lui ai dit que j'adorais ses choix de film. Emmanuelle sortait sur les écrans avec ses gros plans érotiques. Je me suis ensuite morfondu : elle a du me prendre pour un gros dégueulasse. Je reverrais bien Les femmes au balcon, pour écrire une note. C'est trash, brinquebalant mais sincère et avec un vrai discours tenu. (j'ai aussi revu Portrait de la jeune fille en feu, et Dieu quel chef-d'œuvre !)
Merci à toi d'avoir parlé en bien de Noémie... et de nous avoir raconté cette (gentille) anecdote.
Bon... je crois qu'il faudrait quand même que je me décide à voir "Portrait de la jeune fille en feu" !
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