mercredi 27 mai 2026

À propos d'Iizuka

L'animation a très clairement pris le dessus. J'ai vu La fille du konbini toute fin avril et c'était mon premier film japonais en images réelles depuis Egoist en septembre dernier. Tiens ! Lui aussi était sorti en 2022 dans son pays d'origine. Je n'ai aucune explication sur les quatre années passées avant sa diffusion en France. Un oubli des festivals, peut-être...

Iizuka faisait trop d'heures sup' et a quitté son poste de commerciale. Elle a facilement été embauchée comme caissière dans une supérette et, confrontée parfois à des clients malpolis, accepte toutefois d'y faire régulièrement... des heures sup' (en particulier les mercredis soirs). Toute sa vie se déroule selon une routine qui semble presque immuable. Sur le chemin du travail, la jeune employée passe sur un pont et se dit qu'elle pourrait un jour disparaître, sans que cela n'émeuve personne. Pensées suicidaires ? Pas sûr. Mais une profonde mélancolie, sûrement...

Réalisé par une femme, La fille du konbini nous propose un tableau assez sombre de la société japonaise contemporaine, via une héroïne solitaire. Ce n'est d'abord que superficiellement qu'elle tissera des liens avec d'autres filles et garçons de son âge, après avoir retrouvé une amie d'enfance. Le rythme du film ? Même chose: il... prend... son... temps. Moins d'une heure vingt, en l'occurrence, qui peut paraître longuette. Heureusement, Iizuka profite tout de même de ses belles rencontres pour marcher vers la lumière, s'acceptant doucement comme elle est. Ses pérégrinations peuvent ainsi avoir quelque chose de réconfortant. Je ne suis pas sûr en revanche qu'elles suscitent un grand enthousiasme.

La fille du konbini
(朝がくるとむなしくなる - Asa ga kuru to munashiku naru)
Film japonais de Yûho Ishibashi / 2022
"Quand vient le matin, je me sens vide": oui, c'est la traduction littérale du titre originel, la version française reprenant en fait celui du roman dont le film est l'adaptation (Sayaka Murata - éditions Denoël, 2016). Comparer ce morne quotidien à celui du vieil homme de Perfect days m'apparaît audacieux. Je pense à About Kim Sohee, en moins tragique. Et, pour le calme qui se dégage, à Takara. Loin des Clerks made in US...

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Le visage de l'actrice vous est familier ?
Elle s'appelle Erika Karata, a 28 ans et s'illustre aussi dans des séries TV. Vous l'aviez peut-être remarquée dans un autre (bon) film: Asako I et II.

Je termine, comme d'habitude, avec des liens...

Et je balance: c'est Princécranoir qui rapproche cet opus du Wenders ! Pascale est plus nuancée: elle dit avoir vu un film "plaisant" et "mignon".

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