Mes chiffres datent de septembre 2025: sept millions de personnes sourdes ou malentendantes vivent en France métropolitaine aujourd'hui et, parmi elles, 500.000 sont atteintes d'une surdité profonde ou sévère. Ce handicap est le sujet d'un film espagnol arrivé jusqu'à nous le mois dernier: Sorda. Pas le premier du genre, mais celui... de la réalisatrice !
Eva Libertad García s'est inspirée de l'expérience de sa soeur cadette pour imaginer le beau personnage d'Ángela, une jeune femme sourde enceinte de son premier enfant. Visiblement, tout va pour le mieux dans le couple qu'elle forme avec le futur papa, Héctor, grâce à l'usage constant de la langue des signes et/ou à la lecture labiale. Le duo s'inquiète cependant de l'éventuelle incapacité d'audition de son bébé. Sitôt après sa naissance, les tests médicaux n'apportent aucune réponse définitive: il lui faudra attendre deux mois pour en avoir le coeur net. Autant l'affirmer: Sorda aurait très bien pu être un banal film voyeuriste et larmoyant. J'ai une bonne nouvelle: c'est exactement le contraire. L'association des deux frangines, l'une placée derrière la caméra, l'autre dans le rôle principal, produit une alchimie narrative toute particulière. Remarquablement écrit, le scénario n'élude aucun des vifs sentiments qui habitent Ángela, Héctor et leur entourage. C'est souvent touchant...
C'est précisément parce qu'il privilégie une approche à la fois collective et individuelle que j'ai trouvé le film si réussi, mais aussi si lumineux. Sans jamais verser dans le pathos, il nous permet d'approcher le ressenti des personnages et, littéralement, va même nous inviter à le partager. Comment ? Je préférerais vous laisser le découvrir en le voyant en salle. Ainsi que je l'ai lu, c'est aussi l'occasion de se souvenir qu'il est facile d'éviter des images, en détournant le regard ou en fermant les yeux, tandis qu'au cinéma, il est pratiquement impossible d'échapper au son. Or, Sorda nous invite justement à un complet repli sur notre intériorité et nous offre l'opportunité de découvrir les sensations que cela procure. Soyez rassurés: c'est potentiellement éprouvant, mais pas douloureux. J'oserai dire qu'il y a, à l'inverse, quelque chose de vibrant et d'unique dans cette proposition, vous laissant alors libres d'y répondre (ou pas). L'idéal étant, évidemment, de vivre cette émotion face à un écran XXL !
Sorda
Film espagnol d'Eva Libertad García / 2025
Je ne veux assurément pas oublier le formidable travail de l'actrice principale, Miriam Garlo, qui est elle-même devenue sourde à 7 ans. Autre grand mérite du film: son sous-titrage intégral pour les personnes malentendantes, qui le rend de fait plus inclusif que La famille Bélier. Un espoir: que cela ouvre la porte à d'autres cinéastes... et spectateurs. Je suis convaincu qu'on ne parlera jamais assez du handicap au cinéma !
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C'est aussi l'occasion de relayer d'autres avis...
L'ami Princécranoir a été le premier de mes comparses à parler du film. Et Pascale, elle aussi, l'a chroniqué, en quelques mots (plutôt élogieux).
Eva Libertad García s'est inspirée de l'expérience de sa soeur cadette pour imaginer le beau personnage d'Ángela, une jeune femme sourde enceinte de son premier enfant. Visiblement, tout va pour le mieux dans le couple qu'elle forme avec le futur papa, Héctor, grâce à l'usage constant de la langue des signes et/ou à la lecture labiale. Le duo s'inquiète cependant de l'éventuelle incapacité d'audition de son bébé. Sitôt après sa naissance, les tests médicaux n'apportent aucune réponse définitive: il lui faudra attendre deux mois pour en avoir le coeur net. Autant l'affirmer: Sorda aurait très bien pu être un banal film voyeuriste et larmoyant. J'ai une bonne nouvelle: c'est exactement le contraire. L'association des deux frangines, l'une placée derrière la caméra, l'autre dans le rôle principal, produit une alchimie narrative toute particulière. Remarquablement écrit, le scénario n'élude aucun des vifs sentiments qui habitent Ángela, Héctor et leur entourage. C'est souvent touchant...
C'est précisément parce qu'il privilégie une approche à la fois collective et individuelle que j'ai trouvé le film si réussi, mais aussi si lumineux. Sans jamais verser dans le pathos, il nous permet d'approcher le ressenti des personnages et, littéralement, va même nous inviter à le partager. Comment ? Je préférerais vous laisser le découvrir en le voyant en salle. Ainsi que je l'ai lu, c'est aussi l'occasion de se souvenir qu'il est facile d'éviter des images, en détournant le regard ou en fermant les yeux, tandis qu'au cinéma, il est pratiquement impossible d'échapper au son. Or, Sorda nous invite justement à un complet repli sur notre intériorité et nous offre l'opportunité de découvrir les sensations que cela procure. Soyez rassurés: c'est potentiellement éprouvant, mais pas douloureux. J'oserai dire qu'il y a, à l'inverse, quelque chose de vibrant et d'unique dans cette proposition, vous laissant alors libres d'y répondre (ou pas). L'idéal étant, évidemment, de vivre cette émotion face à un écran XXL !
Sorda
Film espagnol d'Eva Libertad García / 2025
Je ne veux assurément pas oublier le formidable travail de l'actrice principale, Miriam Garlo, qui est elle-même devenue sourde à 7 ans. Autre grand mérite du film: son sous-titrage intégral pour les personnes malentendantes, qui le rend de fait plus inclusif que La famille Bélier. Un espoir: que cela ouvre la porte à d'autres cinéastes... et spectateurs. Je suis convaincu qu'on ne parlera jamais assez du handicap au cinéma !
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C'est aussi l'occasion de relayer d'autres avis...
L'ami Princécranoir a été le premier de mes comparses à parler du film. Et Pascale, elle aussi, l'a chroniqué, en quelques mots (plutôt élogieux).


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