J'ai soumis le nom "Alexandre Trannoy" au moteur de recherches du site du Festival de Cannes. Résultat: zéro artiste, zéro contenu, zéro film. Trois bulles et une confirmation: nous avons bien affaire à un inconnu. Ou, soyons plus précis, à un homme que l'histoire du cinéma a oublié. Son premier film devait pourtant être projeté sur la Croisette en 1953...
Né en 1926, Alexandre Trannoy apparaît enfin aujourd'hui dans les salles obscures, à la faveur d'un chouette documentaire: L'oeuvre invisible. Pendant une quinzaine d'années, ses deux réalisateurs ont remonté le fil d'une histoire très effacée des mémoires: celle d'un cinéaste "maudit" aux ambitions certaines, mais réputé n'avoir terminé aucun de ses films. Il avait toutefois fini le premier et même pris la route de la Côte d'Azur pour le présenter, avant d'avoir un gros accident et de voir les bobines disparaître dans l'incendie qui a ravagé son automobile. Ce témoignage est celui d'un dénommé Claude Lelouch, présent à la fois dans la voiture et lors de la fabrication du film, comme premier assistant de l'artiste. Avec Anouk Aimée, Jean-Claude Carrière ou Jacques Perrin, il fait partie de ceux qui ont permis de reconstituer son très chaotique parcours. Jusqu'à sa disparition en 1980, lors de repérages en avion, l'intéressé multipliera les projets inaboutis. Et il n'en reste que très peu d'images...
Cette histoire, on la redécouvre notamment grâce à Jean Rochefort. Très concrètement, c'est lui, le premier, qui a parlé d'Alexandre Trannoy aux auteurs du documentaire. Le cinéaste était très présent à ses côtés lors de ses premiers pas sur les plateaux de tournage. Il avait l'intention de lui confier le rôle central de tous ses films et était devenu son ami. Fidèle à lui-même, le comédien a l'oeil qui pétille et cabotine un peu lorsqu'il évoque ses souvenirs. Tout à coup, un silence visiblement ému s'impose après la lecture d'une vieille lettre. Ce que L'oeuvre invisible raconte d'un homme est très souvent amusant: on apprend par exemple que, jeune figurant dans un grand film de Federico Fellini, le réalisateur frustré avait profité d'être à Cinecittà pour voler des bouts de bobines inutilisés du maître italien. Plus tard, fou de Marlene Dietrich, il aura une véritable opportunité de tourner avec elle... qui n'aboutira à rien. Une précision: ces révélations posthumes n'ont rien d'infamant. Le film affiche au contraire une belle sensibilité, liée sans doute à la passion pour le cinéma qui réunit ses protagonistes. Et ce n'est que du bonheur !
L'oeuvre invisible
Documentaire français d'A. Tembouret et V. Rodionov / 2026
Une très belle surprise que cet opus: je dois bien vous avouer également que même le duo Avril Tembouret - Vladimir Rodionov m'était inconnu. Bref... marcher dans leur pas (et ceux des témoins qu'ils convoquent) aura été un grand plaisir, à NE SURTOUT PAS réserver aux cinéphiles. Dans une veine similaire, j'ai alors repensé aux errances de Sugar Man. Clouzot, Jodorowsky et d'autres ont eu, eux aussi, des films inachevés...
Cette histoire, on la redécouvre notamment grâce à Jean Rochefort. Très concrètement, c'est lui, le premier, qui a parlé d'Alexandre Trannoy aux auteurs du documentaire. Le cinéaste était très présent à ses côtés lors de ses premiers pas sur les plateaux de tournage. Il avait l'intention de lui confier le rôle central de tous ses films et était devenu son ami. Fidèle à lui-même, le comédien a l'oeil qui pétille et cabotine un peu lorsqu'il évoque ses souvenirs. Tout à coup, un silence visiblement ému s'impose après la lecture d'une vieille lettre. Ce que L'oeuvre invisible raconte d'un homme est très souvent amusant: on apprend par exemple que, jeune figurant dans un grand film de Federico Fellini, le réalisateur frustré avait profité d'être à Cinecittà pour voler des bouts de bobines inutilisés du maître italien. Plus tard, fou de Marlene Dietrich, il aura une véritable opportunité de tourner avec elle... qui n'aboutira à rien. Une précision: ces révélations posthumes n'ont rien d'infamant. Le film affiche au contraire une belle sensibilité, liée sans doute à la passion pour le cinéma qui réunit ses protagonistes. Et ce n'est que du bonheur !
L'oeuvre invisible
Documentaire français d'A. Tembouret et V. Rodionov / 2026
Une très belle surprise que cet opus: je dois bien vous avouer également que même le duo Avril Tembouret - Vladimir Rodionov m'était inconnu. Bref... marcher dans leur pas (et ceux des témoins qu'ils convoquent) aura été un grand plaisir, à NE SURTOUT PAS réserver aux cinéphiles. Dans une veine similaire, j'ai alors repensé aux errances de Sugar Man. Clouzot, Jodorowsky et d'autres ont eu, eux aussi, des films inachevés...


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