samedi 4 juillet 2026

Nos sommets américains

L'égalité est (presque) parfaite: à ce stade, j'ai déjà chroniqué 22 films français découverts cette année contre... 21 longs-métrages américains. Ce samedi, aux États-Unis, c'est Fête nationale: le 250ème anniversaire de la fameuse Déclaration d'indépendance ! D'où mon envie soudaine d'évoquer le cinéma du pays, très souvent dominant sous nos latitudes...

Je me suis en fait demandé quels étaient les films importés des States qui, depuis toujours, avaient attiré le plus grand nombre de spectateurs dans les salles françaises. Et ma source habituelle pour les box-offices m'a permis de dresser une liste des cinquante premiers: belle moisson. Je vous propose de la retrouver ci-dessous. Et il y a bien des surprises...

1. Titanic / James Cameron / 1997
2. Avatar / James Cameron / 2009
3. Autant en emporte le vent / Victor Fleming / 1939
4. Les dix commandements / Cecil B. DeMille / 1956
5. Avatar - La voie de l'eau / James Cameron / 2022
6. Ben-Hur / William Wyler / 1959
7. Le jour le plus long / Andrew Marton (et d'autres) / 1962
8. Cendrillon / C. Geronimi, W. Jackson et H. Luske / 1950 
9. Star wars épisode VII - Le réveil de la Force / J. J. Abrams / 2015
10. Les canons de Navarone / Jack Lee Thomspon / 1961

Je trouve amusant que les films d'un réalisateur d'origine canadienne dominent doublement ce classement devant deux immenses classiques. Le "vieil" Hollywood fait toutefois de la résistance... et c'est bien ainsi !

11. Le roi lion / Roger Allers et Rob Minkoff / 1994 
12. Le roi lion / Jon Favreau / 2019
13. Le docteur Jivago / David Lean / 1965
14. 20.000 lieues sous les mers / Richard Fleischer / 1954
15. Sous le plus grand chapiteau du monde / Cecil B. DeMille / 1952
16. Harry Potter à l'école des sorciers / Chris Columbus / 2001
17. Le monde de Nemo / Andrew Stanton et Lee Unkrich / 2003
18. Harry Potter et la chambre des secrets / Chris Columbus / 2002
19. Avatar - De feu et de cendres / James Cameron / 2025
20. La grande évasion / John Sturges / 1963

La trilogie de James Cameron est donc toute entière dans le top 20 ! Avec la saga Harry Potter, l'histoire en fait donc la digne représentante d'une pop culture appuyée sur un marketing dévastateur. Je l'accepte...

21. West Side story / Jerome Robbins et Robert Wise / 1961
22. Zootopie 2 / Jared Bush et Byron Howard / 2025
23. Vice-versa 2 / Kelsy Mann / 2024
24. Pour qui sonne le glas / Sam Wood / 1943
25. Vaiana 2 / David G. Derrick Jr. et Jason Hand / 2024
26. Le dictateur / Charlie Chaplin / 1940
27. E.T. l'extra-terrestre / Steven Spielberg / 1982
28. Tarzan / Kevin Lima et Chris Buck / 1999  
29. Ratatouille / Brad Bird et Jan Pivanka / 2007
30. L'âge de glace 3 / Carlos Saldanha et Michael Thurmeier / 2009  

En tant que grand consommateur de cinéma d'animation, je suis surpris de voir autant d'épisodes 2 ou 3 dans ce (très symbolique) palmarès. Mais heureusement, il reste un peu de place pour Chaplin et Spielberg !

31. Sixième sens / M. Night Shyamalan / 1999
32. Harry Potter et la coupe de feu / Mike Newell / 2005
33. La reine des neiges II / Chris Buck et Jennifer Lee / 2019
34. Le seigneur des anneaux - Le retour du roi / Peter Jackson / 2003 
35. Super Mario Bros, le film / Aaron Horvath et Michael Jelenic / 2023
36. Spider-Man - No way home / Jon Watts / 2021
37. Star wars épisode I - La menace fantôme / George Lucas / 1999
38. Aladdin / Ron Clements et John Musker / 1992
39. Danse avec les loups / Kevin Costner / 1990
40. Star wars épisode III - La revanche des Sith / George Lucas / 2005

Avec déjà une présence dans le top 10, la saga Star wars confirme ici son statut d'oeuvre culte, même si les films de la première trilogie manquent à l'appel. En revanche, ce cher Kevin Costner me fait plaisir !

41. Shrek 2 / Andrew Adamson, Kelly Asbury et Conrad Vernon / 2004 
42. Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban / Alfonso Cuarón / 2004
43. Samson et Dalila / Cecil B. DeMille / 1941
44. Jeanne d'Arc / Victor Fleming / 1948
45. Les 101 dalmatiens / Clyde Geronimi (et d'autres) / 1961 
46. Star wars épisode VIII - Les derniers Jedi / Rian Johnson / 2017
47. Les sept mercenaires / John Sturges / 1960
48. Le seigneur des anneaux - Les deux tours / P. Jackson / 2002
49. Avengers - Endgame / Anthony et Joe Russo / 2019
50. Le seigneur des anneaux - La communauté... / P. Jackson / 2001

Les Hobbits en sursis ? Je ne vous ai pas donné le nombre d'entrées exact, mais il semble que leur place en "bout de file" (50ème position) ne soit pas menacée - à court terme. Bon, je surveillerai cela de près...

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Pour finir, je vous redonne 
évidemment la parole...
Vos commentaires sont naturellement les bienvenues dans la section prévue à cet effet. Il se peut que je publie encore d'autres chroniques rétrospectives de cette nature, mais ce n'est pas pour tout de suite. D'ici là, dès lundi, je compte bien en revenir aux films. Bon week-end !

jeudi 2 juillet 2026

La fille d'un ogre

La joie que je ressens à fréquenter des professionnel(le)s du théâtre m'offre une précieuse visibilité sur les ressorts de la création artistique. C'est l'un des sujets de L'être aimé - qui serait le film le plus ambitieux du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen, à en croire certains critiques. OK, j'ai quelque peu tergiversé avant d'enfin me décider à aller le voir...

Emilia connaît à peine son père. Elle l'a "rencontré" à l'âge de neuf ans et n'a jamais passé plus que quelques jours avec lui. Esteban lui affirme qu'il en garde de très bons souvenirs, mais, déformés par une personne extérieure ou non, ceux de sa fille sont franchement moins agréables. C'est le tout premier constat qui vient tendre la longue conversation qu'ils mènent lors de leurs retrouvailles dans un restaurant madrilène. Esteban est un cinéaste reconnu: il a proposé à Emilia le rôle principal d'un film qui sera pour lui celui du retour dans son pays, après un exil volontaire aux États-Unis. Une belle opportunité pour une jeune femme courant les castings et peinant encore à percer comme comédienne. "Dira-t-on aux autres que je suis ta fille ?", demande-t-elle à son père. L'enjeu est posé. L'être aimé se penche sur l'idée d'une réconciliation possible, mais pas garantie. Le scénario oppose ainsi deux caractères déterminés, face à la perspective d'un nouveau choix de vie décisif. Reste à évaluer ce que chacun garde en lui de treize ans sans l'autre. L'absence pourrait de fait conduire à la souffrance et au ressentiment...

Aborder ce vaste sujet des plus sensibles dans le cadre d'un tournage complexe est une très bonne idée que je porte au crédit de Sorogoyen et de son habituelle coscénariste, la non moins admirable Isabel Peña. C'est une évidence: la totalité (ou presque) des productions de cinéma repose d'abord sur une démarche collective, d'où la nécessité absolue d'une véritable forme de solidarité durable entre l'ensemble des parties prenantes, artistes, techniciens et/ou même personnels administratifs. Dans cette logique, L'être aimé est une passionnante mise en abyme que l'on découvre en somme empreinte d'une tension quasi-constante. Ce n'est pas forcément ce qui pourrait vous attirer en premier lieu ! J'aimerais donc vous assurer de l'excellente prestation des deux têtes d'affiche: Victoria Luengo est épatante, Javier Bardem extraordinaire. Une bonne nouvelle: leur duo-duel ne sombre jamais dans la caricature. Par ailleurs, sur le plan formel, le film est pour ainsi dire irréprochable. Seuls quelques inserts en noir et blanc ont pu légèrement me dérouter. Je tiens en revanche à saluer le superbe travail sur la musique et le son.

L'être aimé
(El ser querido)
Film franco-espagnol de Rodrigo Sorogoyen / 2026
Bon... je peux imaginer que le titre que j'ai choisi pour cette chronique laisse entendre que la relation Emilia-Esteban est à tendance orageuse. C'est vrai, mais c'est aussi plus nuancé que je peux ainsi le suggérer. J'avais aussi aimé découvrir celle, bien réelle, de Francesca Comencini avec son père Luigi, sublimée dans Prima la vita - un film merveilleux. Sur la difficulté d'être actrice, Sils Maria est une autre bonne référence.

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J'ai écrit "franco-espagnol" ?

Oui: Le Pacte figure parmi les producteurs, à hauteur de 10% des crédits alloués. On pourra noter la présence de Marina Foïs (dans un petit rôle).

Et maintenant, pour aller plus loin...

Je vous renvoie à mon index des réalisateurs pour retrouver la trace d'autres films du même réalisateur. L'un d'eux - Madre - est disponible sur le site de France TV, de même que sa série Los años nuevos sur Arte.

Et si vous n'êtes toujours pas rassassiés...
Vous pouvez aussi lire d'autres avis sur ce nouveau long-métrage 2026 chez Pascale, Dasola et Princécranoir. Ou sur tout support (im)pertinent.

lundi 29 juin 2026

Un répit ?

Avez-vous vu Les rayons et les ombres ? Ce saisissant long-métrage évoque les heures sombres de l'Occupation et la collaboration (active) de certains Français avec les nazis. Il rappelle notamment le parcours de Corinne Luchaire, née en 1921, jeune actrice en pleine ascension. Aujourd'hui, pas de biopic, mais un beau film d'avant-guerre, avec elle !

Le déserteur 
est le tout premier titre de ce film passé sous les ciseaux de la censure et qui a alors été re-titré Je t'attendrai. Son personnage principal s'appelle Paul. C'est un Poilu. Nous sommes en octobre 1918. Au nord de la France, un train transporte des troupes vers le front quand, soudain, des avions ennemis détruisent une partie de la voie ferrée. Paul se rend compte que le convoi s'est arrêté à proximité immédiate du village où vivent ses parents, ainsi que la jeune orpheline qu'ils avaient recueillie et dont il est amoureux. Il obtient d'un copain sous-officier de ne pas participer aux travaux de réparation et de filer rejoindre cette Marie qui le laisse sans nouvelles depuis plusieurs mois. Que se passe-t-il lorsqu'il la retrouve ? Je vais vous laisser le découvrir par vous-mêmes. Sachez simplement que vous pourriez être surpris ! Plus complexe qu'un mélo, le film est empli d'émotions contradictoires. Et oui, j'ai trouvé les acteurs qui les ressentent vraiment convaincants...

Le duo Corinne Luchaire - Jean-Pierre Aumont sort du lot, bien entendu. Cela dit, les quelques personnages secondaires existent aussi à l'écran grâce aux prestations solides de toute une troupe de comédiens inspirés. J'ai ainsi pris plaisir à découvrir le couple de parents interprété par Berthe Bovy et Édouard Delmont, ainsi que d'autres seconds rôles marquants tels que celui du généreux sergent confié à Raymond Aimos. Ce n'est pas tout: Le déserteur s'illustre aussi par de belles qualités formelles. Je pense notamment à une scène de retrouvailles muettes avec la mère, particulièrement touchante. En contrepoint, un son sourd retentit régulièrement pendant tout le film: on dirait une canonnade lointaine... et c'est une belle idée pour suggérer la menace, constante. La tension apparaît d'autant plus vite que l'histoire se déroule presque en temps réel: rebondissements compris, tout tient en une heure vingt. Beaucoup de choses sont dites et le film apparaît tout à fait pertinent dans le contexte de son époque. Il mérite donc d'être vu - et réhabilité. Je reviendrai peut-être un jour sur le destin de ceux qui l'ont fabriqué...

Le déserteur
(ou Je t'attendrai)
Film français de Léonide Moguy / 1939
Ce film, sorti juste avant le chaos de la guerre, dit tout de l'horreur qu'elle représente pour les soldats, mais également pour leurs proches. Pour moi, il n'est pas antimilitariste... mais ce sera à vous d'en juger. Moi, je vais l'ajouter à la liste de mes (bons) films sur 1914 et ses suites. Je recommande aussi Un long dimanche de fiançailles, Les fragments d'Antonin, L'odeur de la mandarine et Les gardiennes... entre autres !
 
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Pour finir, une anecdote savoureuse...
Vous aurez reconnu Quentin Tarantino sur la photo ci-dessus. Elle date du 16 octobre 2013. L'Américain est au 6ème Festival Lumière de Lyon. Thierry Frémaux, délégué général de l'événement, lui sert d'interprète pour expliquer comment il a pu découvrir le cinéma de Léonide Moguy. Le cinéaste, débordant d'excitation, lance Le déserteur en projection devant un public chaud bouillant. Une folie dont Youtube garde la trace.

dimanche 28 juin 2026

Tous aux écrans !

Bon... je vais être franc: il ne me paraîtrait pas tout à fait incroyable que vous zappiez totalement le film (indien) que j'ai présenté vendredi. Cela dit, une info: aujourd'hui, c'est le début de la Fête du cinéma ! Jusqu'à mercredi inclus, les exploitants de France qui y participent réduisent le tarif "de base" à cinq euros - hors suppléments 3D et autres.

La Fédération nationale des cinémas français a indiqué que 2,2 millions de tickets avaient été vendus en mars au cours du Printemps du cinéma. Un chiffre de 9% inférieur au résultat de 2025. Reste une donnée jugée encourageante: "Pendant les trois jours de l'opération, les spectateurs ont été deux fois plus nombreux à aller au cinéma que les mêmes jours de la semaine précédente, avec une croissance de la fréquentation constatée de 74% pour le dimanche, 94% le lundi et 115% le mardi". Point très important: la Fête du Cinéma, elle, dure 24 heures de plus. L'an passé, j'y avais vu trois films assez intéressants: Elio, Life of Chuck et Amélie et la métaphysique des tubes. Ferai-je mieux ? On va voir...

vendredi 26 juin 2026

Tout pour le buzz

J'en ai compté quatre en 2023, sept en 2024 et seulement deux l'année dernière: le nombre de films indiens arrivés jusqu'aux salles françaises m'apparaît extrêmement faible, d'autant que je n'en ai pas vu la moitié. C'est pourquoi, attiré par son titre insolite, j'ai accepté une commande des Fiches du Cinéma... et j'ai découvert Eega, la mouche vengeresse !

Attention les yeux, hein ? Ce n'est pas tous les jours qu'un long-métrage aussi déjanté débarque sous nos latitudes. Je suis vraiment incapable d'expliquer pourquoi, mais celui-là a mis une petite quinzaine d'années à arriver jusqu'à nous. Il paraît qu'au pays, on parle de cinéma masala. Pas de mélange d'épices, cette fois, mais une combinaison de genres. Concrètement, Eega, la mouche vengeresse mise à la fois sur l'action débridée, la romance, un trait d'humour proche de l'esprit cartoonesque d'un Tex Avery et plein d'autres choses encore. Son personnage principal n'est en réalité qu'un insecte solitaire, réincarnation d'un brave garçon dragueur, assassiné par un rival. Toute la question est en fait de savoir si, sous cette apparence, Nani pourra reconquérir le coeur de Bindhu. Pour cela, il faudra d'abord que la belle le reconnaisse et se débarrasse de son deuxième prétendant, Sudeep, un promoteur immobilier véreux. D'où maintes scènes qui peuvent être pénibles pour le public occidental.

Reste que cette incroyable créativité a quelque chose de très ludique. Elle pourra dès lors certainement séduire séduire quelques spectateurs déterminés à se tenir à l'écart des sentiers les mieux balisés et capables d'accepter les 3-4 chansons (souvent sirupeuses) qui émaillent le récit. Je passe sur les ralentis vus mille fois et quelques effets spéciaux ratés. Le pire émane peut-être du méli-mélo sonore induit par une version originale en anglais et télougou, une langue indienne bien spécifique. Parfois, il faudra "digérer" des sous-titres rapides et/ou redondants. Quand on arrive à s'accrocher, je crois qu'on peut passer un bon moment avec Eega, la mouche vengeresse et sa folie douce, une production estimable à sa juste valeur - celle d'une fable comme on en voit peu. Face au risque de consternation, on peut aussi débrancher son cerveau et rire un bon coup. Cela n'arrive pas si fréquemment, de nos jours. Reste à vérifier... que le film est bien sorti dans votre cinéma mercredi !

Eega, la mouche vengeresse
(Eega)
Film indien de S. S. Rajamouli / 2012

Une note généreuse pour la bizarrerie - en toute connaissance de cause. Après tout, Tiger 3, ma dernière découverte indienne, était fou aussi ! Bon... je préfère cela aux comédies musicales de Bollywood (Devdas). Et le cinéma indien contemporain, c'est aussi The lunchbox ou Titli. Promis: une prochaine fois, j'essayerai de vous parler d'un vrai classique. Déjà hâte ? Je vous renvoie à mon billet sur La complainte du sentier...

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Un autre rappel toujours utile...
De nombreux articles des Fiches du Cinéma sont à lire sur le site Actu.fr.

Une précision liée au calendrier...
Eega... pourrait ne sortir qu'aujourd'hui (ou attendre jusqu'à dimanche).

Et, pour finir, une drôle de blague...
Carlotta, éditeur-distributeur du film en France, dit de son réalisateur qu''il est une "méga-star" et qu'il a "réinventé le cinéma de spectacle". Allant jusqu'à le comparer à James Cameron et Steven Spielberg, si, si !

mercredi 24 juin 2026

Encore d'autres étoiles

Le temps passe vite, n'est-ce pas ? Cela fait désormais plus de treize ans que George Lucas a vendu sa société de production aux studios Disney. Je suppose qu'on continuera de parler (longtemps) de ce que Mickey fait de la lointaine, très lointaine galaxie Star wars. Et c'est sans état d'âme que je suis allé voir le tout dernier opus au cinéma, histoire d'en juger...

Pas de surprise pour les connaisseurs: on nous parle encore et toujours d'une opposition entre un Empire - désormais déchu - et une République nouvelle, où règnent l'harmonie entre les peuples et une grande liberté. The Mandalorian and Grogu imagine que cette démocratie renaissante lance un chasseur de primes aux trousses des derniers chefs ennemis pour qu'ils soient enfin traduits en justice - ou simplement "neutralisés". C'est l'occasion pour les fans inconditionnels de retrouver le personnage d'une série VOD estampillée Disney: le Mandalorien, donc, alias Mando. Comme à la télé, il est accompagné par une minuscule créature verte présentée comme son fils: Grogu, doté de quelques aptitudes au combat toujours utiles pour faire face aux aléas politico-militaires du moment. Les films antérieurs vous ont échappé ? Pas grave ! Laissez-vous porter...

The Mandalorian and Grogu
présente un avantage: il n'a guère besoin d'explication, se suffit à lui-même et se passe même des longues scènes d'exposition propres à beaucoup des blockbusters de notre époque. Toute sa première heure est presque entièrement consacrée à l'action. Illustrant les complots post-impériaux, l'image que j'ai choisie ci-dessus apparaît comme l'une des premières d'un film à l'esthétique soignée. Nous n'atteindrons pas des sommets visuels, mais bon... ça fonctionne. Les éternels nostalgiques (comme moi) seront ravis de revoir des designs familiers et d'en découvrir d'autres, vraiment réussis dans l'ensemble. Aurais-je voulu d'un épisode sans innovation dans ce domaine ? Non ! Star wars, c'est un cahier des charges ET une saga qui doit surprendre...

La très bonne nouvelle, c'est que le bestiaire et la collection de robots s'agrandissent encore, ce qui nous offre notamment plusieurs batailles épiques, dans la pure tradition. Mon ami Jean-Mi le dit: "Ça fait le job". N'en attendez pas trop, cela dit: il paraît tout à fait évident que Disney cible un large public et vise ainsi à amasser un maximum d'argent. C'est... logique: la compagnie avait acheté les droits de George Lucas pour la bagatelle de 4,05 milliards de dollars (sans compter les cents). Pas sûr, d'ailleurs, que ce film-là soit véritablement le plus rentable. Autant dès lors le prendre pour ce qu'il est un: un divertissement XXL inscrit dans une longue série de divertissements XXL, ouverte dès 1977. Si cela ne vous tente pas du tout, le mieux est de passer votre chemin. Quant à moi, j'y trouve encore de quoi satisfaire mon esprit nostalgeek !

Je peux admettre qu'au-delà de l'imagerie-culte, le succès d'un tel opus repose sur d'autres facteurs. Exemple: le son et, bien sûr, la musique. Le compositeur historique des Star wars, Sir John Williams, a 94 ans. Pour The Mandalorian and Grogu, il a passé le relais à un musicien suédois assez expérimenté, né "seulement" en 1984: Ludwig Göransson. Bon... le résultat m'a semblé tout à fait honorable, à la fois respectueux de l'héritage et suffisamment innovant pour nous emmener ailleurs. Cela n'était pas gagné d'avance et donc, je dis merci au petit nouveau ! J'évite en revanche de vous parler des acteurs: ce serait un peu long. D'après moi, le plus bel atout de ce film réside plutôt dans sa patine ancienne et des effets qui ne font pas toujours appel à la technologie numérique. "Telle est la voie", comme l'assure le personnage principal. Qu'en adviendra-t-il ? Je ne suis pas spécialement pressé de le savoir. Mais je reste confiant en la chance de savourer d'autres prolongations...

Star wars - The Mandalorian and Grogu
Film américain de Jon Favreau / 2026

Vous l'aurez remarqué: avec le titre complet, on ne peut pas se tromper d'aventure interstellaire. Cette volonté de coller ensemble des récits similaires n'enlève rien à la qualité (relative) de ce tout nouvel opus. Cela dit, je reste avant tout fan des épisodes historiques, IV, V et VI. Pour la SF adulte, voyez Blade runner ("tout court" et 2049) ou Dune. En notant que ce dernier film verra sa propre suite se prolonger à Noël !

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Un autre écho ?
Celui de Pascale: elle n'a pas aimé le film et en parle très brièvement. Mais... elle dit aussi deux mots de quatre des autres films sortis en mai !

Pour finir...
J'ai eu très envie de râler un bon coup sur les prix prohibitifs de ce film dans certains multiplexes (jusqu'à 24,90 euros pour la VO-3D chez moi). Mieux vaudrait saluer la mémoire de Marcia Lou Griffin, Madame Lucas. L'épouse de George l'a beaucoup aidé. Elle a rejoint les étoiles le 27 mai dernier. Quatre jours seulement avant que je ne voie ce nouveau film...

lundi 22 juin 2026

Écoutez voir...

Il en est des acteurs comme des vins: ils se bonifient parfois avec l'âge. J'avoue toutefois qu'en général, je préfère les aimer sans trop attendre. J'y ai justement pensé en allant voir Le virtuose - pour Dustin Hoffman. 89 ans bientôt et encore un (petit) rôle: je ne lui ai donc pas résisté. D'autant moins, c'est vrai, que ce que j'avais anticipé un film agréable...

Je peux à présent vous le confirmer: Le virtuose est un film agréable. Et peut-être un passage de témoin, en quelque sorte. L'ami Dustin incarne Harry Horowitz, un vieux monsieur qui exerce la profession d'accordeur de piano. Il est assisté d'un jeune homme, Niki White. Passionné de musique, ce dernier souffre d'un grave problème auditif qui l'a empêché de faire une carrière d'interprète. Sa vilaine frustration semble pouvoir lui passer quand... il rencontre une bande de truands. Un peu perdu, il mettra sa capacité à déceler les sons les plus infimes au service de leurs combines - je vais vous laisser découvrir comment. Sur la base de ce scénario, le récit dresse progressivement le portrait sensible d'un garçon qui l'est tout autant, bien joué par un Leo Woodall que j'ai découvert à l'occasion et qui capte l'essentiel de la lumière. Parce qu'il est aussi question d'une romance, la jolie Havana Rose Liu apporte une touche féminine bienvenue (je n'en dirai pas davantage). Bref... j'insiste: j'ai passé un bon moment, même si j'ai vu des choses beaucoup plus originales. Et ma note illustrera un côté "coup de coeur" !

Le virtuose
(Tuner)
Film canado-américain de Daniel Roher / 2026
Des opus ciné aussi finement ciselés, j'en verrais volontiers davantage ! Sans rien révolutionner, celui-là est parvenu à m'offrir un divertissement notable, totalement dépourvu d'esbroufe et de fausse grandiloquence. Résultat: le même plaisir que devant L'intermédiaire l'année dernière ou bien Les faussaires de Manhattan (un peu) plus loin dans le passé. Merci, Dustin ! Le septième art gagne aussi quand il se montre "humble".

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Et ailleurs, on en dit quoi ?

Plutôt du bien, il me semble ! Exemple: Dasola l'a trouvé "très plaisant".

samedi 20 juin 2026

Les filles, les garçons

Le calendrier est très clair: le printemps s'achève et c'est l'été demain. Je me suis donc dit qu'une soudaine envie de vacances loin de chez moi pourrait être l'occasion de regarder À l'abordage, un joli film-escapade nous emmenant vers la Drôme, sur les bords de la rivière du même nom. J'y suis parti en covoiturage. Destination: un camping avec bar karaoké !

Malins, Félix et Chérif ont utilisé un faux compte féminin sur BlaBlaCar pour trouver un garçon de leur âge qui pourrait les conduire vers le Sud. Plutôt mécontent de cette supercherie, Édouard finit par les accepter comme passagers. Lui-même devrait être ailleurs: il a menti à sa mère sur ce qu'il compte exactement faire de la voiture qu'il lui a empruntée. Chérif en rigole et saisit la chance de suivre Félix au soleil, l'intéressé voulant surtout retrouver une fille qu'il a brièvement rencontrée à Paris. Écrit pour une promo d'étudiants du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, À l'abordage fleure l'esprit de la jeunesse, éternelle et insouciante. Vraiment ? Oh... c'est vrai que les relations garçons-filles n'apparaissent pas toujours aussi fluides qu'attendu, dans le scénario. Mais, sorti deux mois après les fermetures COVID, le film reste lumineux dans son ensemble et porteur d'espoirs en un avenir meilleur, dirais-je. Cela ne parlera pas à tout le monde, mais c'est fort agréable à regarder. Sans doute parce que le réalisateur, généreux, pose un regard tendre sur ses personnages, imparfaits et touchants. Et les traite tous à égalité.

À l'abordage
Film français de Guillaume Brac / 2021
Le cinéaste cite Éric Rohmer, Jacques Rozier et Hong Sang-soo au rang des confrères qui l'inspirent, tout en parlant de la comédie américaine contemporain comme d'une grande influence. Architecte des sentiments communs ou contraires, j'avais aimé son Tonnerre, sur le versant froid de sa filmographie amoureuse. Et il tourne aussi des documentaires ! Aujourd'hui, je reste sur un texte court, mais j'y reviendrai sans doute...

mercredi 17 juin 2026

Coeurs solidaires

Une question pour commencer: existe-t-il un meilleur artisan du cinéma social que Ken Loach ? Le cinéaste anglais fête aujourd'hui ses 90 ans. Pour l'occasion, j'ai tenu à vous parler de son dernier film: The Old Oak. Ce "vieux chêne" est un pub dans lequel se retrouvent d'anciens mineurs d'un village du nord de l'Angleterre - de pauvres gens, bien évidemment.

Le film commence par quelques photos noir et blanc illustrant l'arrivée soudaine de migrants en provenance de Syrie. Certains des habitants acceptent de les accueillir, sans hésiter, quand d'autres les rejettent avec force, les insultent et les malmènent. On découvre la jeune femme qui prenait les images. Dans une échauffourée, son appareil est cassé... 

Pas de doute: on est bel et bien chez Ken Loach, éternel porte-parole des opprimés. Je l'appelle affectueusement le vieux lion britannique. Comme toujours, il navigue sur une ligne de crête, où son idéalisme forcené côtoie du pessimisme et parfois un peu de misérabilisme. J'imagine qu'en moins de deux heures, il est difficile de faire un film très nuancé. Le scénario de The Old Oak déploie de tels archétypes qu'il semble parfois ne s'adresser qu'aux convaincus de sa (noble) cause. Les acteurs, eux, sont irréprochables, et le duo Dave Turner - Ebla Mari affiche de fait une vraie belle complémentarité, lui comme restaurateur bourru au coeur tendre, elle en exilée fragile, humble et combattive. Dépourvu de véritable surprise, le film laissera passer un petit souffle d'espérance en nous parlant d'empathie et de possibles réconciliations. Il nous assure qu'un repas pris ensemble peut faire beaucoup de bien. Naïf ? Peut-être. Mais par les temps qui courent, plutôt salutaire, aussi !

The Old Oak
Film britannique de Ken Loach / 2023

Toute une cohorte de seconds rôles rend de fait ce film incarné, sincère et attachant. Je continue de penser que Ken Loach est le cinéaste idéal pour ce type de propos, mais d'autres opus tels que Fisherman's friends ou Pride me laissent penser qu'il aura aussi quelques dignes héritiers. Resterait à choisir (ou pas) entre les drames et les feel good movies. Autre horizon possible: la Belgique des frères Dardenne et de Rosetta...

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NB: le cinéaste était en France il y a peu...
Lors d'un passage à Cannes, le réalisateur a remercié le public français pour son soutien constant. Il a cité Martin Luther King: "La pire chose n’est pas la violence des méchants, mais le silence des gens de bien". Vous pourrez retrouver ses propos dans un compte-rendu de Télérama...

Et j'y ajoute les liens de mes p'tits camarades...
"L'oeil sur l'écran" a mentionné le film, de même que Pascale et Dasola.

mardi 16 juin 2026

Nos patrimoines

Le saviez-vous ? Le Centre national du cinéma et de l'image animée appelle "films de patrimoine" les longs-métrages qui sont sortis en salles depuis plus de vingt ans. Tel l'univers, la liste s'étend constamment ! Pour autant, elle ne recoupe pas forcément celle de nos "classiques" personnels ou de nos "films cultes". Et, après tout, à chacun ses choix...

J'y pensais dernièrement car il me semblait que mon compteur de films anciens repartait à la hausse, ces derniers temps. J'en ai la confirmation chiffrée: à ce rythme, en 2026, j'aurai bientôt évoqué autant d'oeuvres datant des décennies d'avant ma naissance que pour toute l'année 2025. Cela concerne presque une séance sur cinq (19,18% très précisément). Et alors ? Cela m'a amusé de le constater. Et bien sûr, je vais continuer...

En dehors des salles obscures, ma collection de DVD et mes chaînes payantes (Ciné+ OCS et Disney +) m'offrent de fait un très large choix. Difficile de résister aux plaisirs... de l'anticipation: je prépare des listes de films, à court et moyen termes, et y inclus très souvent divers opus considérés de longue date comme des chefs d'oeuvre in-con-tour-nables. Certains soirs, je vous l'avoue: j'ai du mal à me décider définitivement. Résultat: je regarde un film imprévu, je tire au sort parmi les options possibles ou je renonce totalement, quitte à lire ou à dormir plus tôt ! Cela peut parfois me donner une nouvelle idée de chronique, d'ailleurs. Rassurez-vous: dès demain midi, j'aurai un autre film à vous présenter...

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Et je vous donne évidemment la parole...

On peut parler de vos films de patrimoine et/ou de vos choix difficiles !