Anxieux, dépressif, angoissé, malade... les initiales de ces quatre mots forment un prénom: Adam. C'est celui du personnage d'un petit film arrivé dans les salles françaises le mois dernier: Amour apocalypse. Venue du Québec, cette comédie romantique sur fond de fin du monde ne m'a pas déplu, mais pour tout dire, j'aurais aimé l'aimer davantage...
Pour essayer d'aller mieux, Adam fait du sport et de la méditation. Vivant isolé avec ses chiens, il ne fréquente que quelques personnes aussi singulières que lui: son père, un ami qui s'est fait une spécialité culinaire des macaronis au fromage, ainsi que la jeune employée nymphomane de son chenil. "Pas de blonde, pas de char, pas de cash" entre autres contrariétés, comme on lui rappelle un peu trop souvent. Mais, soudain, ça bouge: Adam s'est offert une lampe pour des séances de luminothérapie et tombe alors sous le charme... de l'opératrice téléphonique chargée du service-après-vente. Et pourquoi pas, tiens ? Elle s'appelle Tina et semble pouvoir l'aider à vaincre son éco-anxiété. Tina, elle, est l'acronyme de There is no alternative, une perspective angoissante pour qui se préoccupe de l'avenir de notre vieille planète. Vous aurez noté qu'Amour apocalypse annonce la couleur dès le titre. Cela dit, je n'ai pas trouvé que son propos était tout à fait pessimiste...
Il y a indiscutablement une certaine forme de tendresse qui se dégage de cette histoire. Son cadre naturel m'a semblé tout à la fois étranger et familier. Fort de quelques repères, j'ai donc pu, sinon m'identifier avec Adam, comprendre ce qu'il pouvait ressentir dans cette situation de quadra flippé par le temps qui passe (et menace même de s'arrêter). Seul regret: à part Tina, les autres personnages de ce drôle de récit névrosé passent vraiment au second plan - un potentiel inexploité. D'après moi, il était possible d'espérer que, face aux éléments déchaînés visibles à l'écran ou même suggérés, chacun réagisse à sa manière. Malheureusement, Amour apocalypse reste surtout centré sur Adam. J'ajoute toutefois que l'acteur - Patrick Hivon - en dresse un portrait convaincant et finalement assez drôle, en compagnie de Piper Perabo. Malgré mes réserves, je suis content d'avoir pu voir ce film francophone dont la langue anglaise n'est pas exclue. J'en verrais volontiers d'autres !
Amour apocalypse (Peak everything)
Film canadien d'Anne Émond / 2025
Une demi-satisfaction - que je ne voudrais pas "saquer" pour autant. C'est que je crois en la sincérité de la réalisatrice, qui a l'âge d'Adam et... en est déjà à son sixième long-métrage ! J'y ai retrouvé l'esprit d'un Punch-drunk love, au rayon fourni des rencontres improbables. Côté québécois, j'ai aussi repensé à Starbuck, un film tendre et rigolo. Un peu de sucre au milieu du chaos du monde: c'est toujours ça de pris.
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Et si le film n'était pas si "masculin" ?
Pascale semble considérer qu'il est plus équilibré que je ne peux le dire.
Pour essayer d'aller mieux, Adam fait du sport et de la méditation. Vivant isolé avec ses chiens, il ne fréquente que quelques personnes aussi singulières que lui: son père, un ami qui s'est fait une spécialité culinaire des macaronis au fromage, ainsi que la jeune employée nymphomane de son chenil. "Pas de blonde, pas de char, pas de cash" entre autres contrariétés, comme on lui rappelle un peu trop souvent. Mais, soudain, ça bouge: Adam s'est offert une lampe pour des séances de luminothérapie et tombe alors sous le charme... de l'opératrice téléphonique chargée du service-après-vente. Et pourquoi pas, tiens ? Elle s'appelle Tina et semble pouvoir l'aider à vaincre son éco-anxiété. Tina, elle, est l'acronyme de There is no alternative, une perspective angoissante pour qui se préoccupe de l'avenir de notre vieille planète. Vous aurez noté qu'Amour apocalypse annonce la couleur dès le titre. Cela dit, je n'ai pas trouvé que son propos était tout à fait pessimiste...
Il y a indiscutablement une certaine forme de tendresse qui se dégage de cette histoire. Son cadre naturel m'a semblé tout à la fois étranger et familier. Fort de quelques repères, j'ai donc pu, sinon m'identifier avec Adam, comprendre ce qu'il pouvait ressentir dans cette situation de quadra flippé par le temps qui passe (et menace même de s'arrêter). Seul regret: à part Tina, les autres personnages de ce drôle de récit névrosé passent vraiment au second plan - un potentiel inexploité. D'après moi, il était possible d'espérer que, face aux éléments déchaînés visibles à l'écran ou même suggérés, chacun réagisse à sa manière. Malheureusement, Amour apocalypse reste surtout centré sur Adam. J'ajoute toutefois que l'acteur - Patrick Hivon - en dresse un portrait convaincant et finalement assez drôle, en compagnie de Piper Perabo. Malgré mes réserves, je suis content d'avoir pu voir ce film francophone dont la langue anglaise n'est pas exclue. J'en verrais volontiers d'autres !
Amour apocalypse (Peak everything)
Film canadien d'Anne Émond / 2025
Une demi-satisfaction - que je ne voudrais pas "saquer" pour autant. C'est que je crois en la sincérité de la réalisatrice, qui a l'âge d'Adam et... en est déjà à son sixième long-métrage ! J'y ai retrouvé l'esprit d'un Punch-drunk love, au rayon fourni des rencontres improbables. Côté québécois, j'ai aussi repensé à Starbuck, un film tendre et rigolo. Un peu de sucre au milieu du chaos du monde: c'est toujours ça de pris.
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Et si le film n'était pas si "masculin" ?
Pascale semble considérer qu'il est plus équilibré que je ne peux le dire.

















