J'apprécie sa carrière à l'international au point d'imaginer qu'un jour prochain, j'écrirai une chronique entière consacrée à Sandra Hüller. C'est pour y suivre cette actrice que j'ai décidé de voir Rose, un film qu'elle a tourné dans son pays - l'Allemagne, donc - sous la direction d'un réalisateur peu prolifique. Et dont je n'avais jamais entendu parler.
Elle fait rêver, ma présentation, non ? Le film est lui aussi assez austère. C'est une fiction, inspirée toutefois de l'expérience de plusieurs femmes ayant vécu au 17ème siècle. Rose, elle, revient d'une très longue guerre et se fait passer pour un homme lorsqu'elle arrive dans un petit village. Quand elle présente alors des papiers officiels, on lui remet une masure liée à un héritage et que personne n'avait jamais réclamée avant elle. Logique: ce n'est plus qu'une vieille bicoque, poussiéreuse et décatie. Déterminée à s'y installer, Rose parvient à recruter quelques villageois pour lui venir en aide. Puis, un beau jour, elle accepte... de se marier avec la fille d'un voisin, en échange d'un peu de terrain supplémentaire. On se croirait devant un conte cruel, une impression encore renforcée par la magnifique photo noir et blanc du film. Et ce n'est que le début...
Sans justifier les mensonges de son héroïne, le récit donne l'impression de vouloir démontrer qu'elle n'a pas d'autre choix pour s'en sortir. Comme l'indique un dialogue, "c'est le pantalon qui octroie la liberté". La jupe, elle, est l'habit de celles qui doivent obéir. Peu importe au fond que ce soit à leur père, à leur mari, au curé ou à plusieurs de ceux-là. La communauté n'accepte pas qu'on aille à l'encontre de ses règles. Qu'elles soient injustes, archaïques ou même stupides, il faut les suivre. Rose serait-il un film féministe ? Je ne crois pas. Je l'ai plutôt apprécié comme un film qui expose la bêtise et violence de certaines situations auxquelles seules les femmes - y compris de nos jours - sont exposées. Bonne nouvelle: le récit ne sombre jamais dans le misérabilisme facile. C'est bien à l'intelligence de chacune et chacun qu'il est fait appel jusqu'au terme de l'intrigue, prévisible, OK, mais malgré tout glaçante ! Et Sandra Hüller, donc ? Elle délivre une nouvelle prestation mémorable.
Rose
Film allemand de Markus Schleinzer / 2026
Ce que j'ai lu est assez juste: il y a quelque chose qui ressemble au film français Le retour de Martin Guerre (1982 !) dans ce long-métrage allemand. Et aussi une froideur à la Michael Haneke (Le ruban blanc) ? Pas exactement, car, au cours du final, une certaine émotion s'impose. De façon moins grandiloquente que dans un film moyenâgeux américain comme Le dernier duel, c'est certain. Mais pas moins juste pour autant.
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Le titre de ma chronique ?
J'en ai eu l'idée au tout début de la projection, en découvrant un champ de bataille recouvert de brume et d'un amoncellement de squelettes. J'ai repensé à Armstrong, une très belle chanson de Claude Nougaro. Elle rappelle une évidence: "Un jour, tôt ou tard, on n'est que des os". Et on a tous les mêmes, que l'on soit noir ou blanc, homme ou femme...
Envie d'en rester au cinéma ?
Très bien. Je vous propose de conclure en cliquant sur le blog de Dasola.
Elle fait rêver, ma présentation, non ? Le film est lui aussi assez austère. C'est une fiction, inspirée toutefois de l'expérience de plusieurs femmes ayant vécu au 17ème siècle. Rose, elle, revient d'une très longue guerre et se fait passer pour un homme lorsqu'elle arrive dans un petit village. Quand elle présente alors des papiers officiels, on lui remet une masure liée à un héritage et que personne n'avait jamais réclamée avant elle. Logique: ce n'est plus qu'une vieille bicoque, poussiéreuse et décatie. Déterminée à s'y installer, Rose parvient à recruter quelques villageois pour lui venir en aide. Puis, un beau jour, elle accepte... de se marier avec la fille d'un voisin, en échange d'un peu de terrain supplémentaire. On se croirait devant un conte cruel, une impression encore renforcée par la magnifique photo noir et blanc du film. Et ce n'est que le début...
Sans justifier les mensonges de son héroïne, le récit donne l'impression de vouloir démontrer qu'elle n'a pas d'autre choix pour s'en sortir. Comme l'indique un dialogue, "c'est le pantalon qui octroie la liberté". La jupe, elle, est l'habit de celles qui doivent obéir. Peu importe au fond que ce soit à leur père, à leur mari, au curé ou à plusieurs de ceux-là. La communauté n'accepte pas qu'on aille à l'encontre de ses règles. Qu'elles soient injustes, archaïques ou même stupides, il faut les suivre. Rose serait-il un film féministe ? Je ne crois pas. Je l'ai plutôt apprécié comme un film qui expose la bêtise et violence de certaines situations auxquelles seules les femmes - y compris de nos jours - sont exposées. Bonne nouvelle: le récit ne sombre jamais dans le misérabilisme facile. C'est bien à l'intelligence de chacune et chacun qu'il est fait appel jusqu'au terme de l'intrigue, prévisible, OK, mais malgré tout glaçante ! Et Sandra Hüller, donc ? Elle délivre une nouvelle prestation mémorable.
Rose
Film allemand de Markus Schleinzer / 2026
Ce que j'ai lu est assez juste: il y a quelque chose qui ressemble au film français Le retour de Martin Guerre (1982 !) dans ce long-métrage allemand. Et aussi une froideur à la Michael Haneke (Le ruban blanc) ? Pas exactement, car, au cours du final, une certaine émotion s'impose. De façon moins grandiloquente que dans un film moyenâgeux américain comme Le dernier duel, c'est certain. Mais pas moins juste pour autant.
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Le titre de ma chronique ?
J'en ai eu l'idée au tout début de la projection, en découvrant un champ de bataille recouvert de brume et d'un amoncellement de squelettes. J'ai repensé à Armstrong, une très belle chanson de Claude Nougaro. Elle rappelle une évidence: "Un jour, tôt ou tard, on n'est que des os". Et on a tous les mêmes, que l'on soit noir ou blanc, homme ou femme...
Envie d'en rester au cinéma ?
Très bien. Je vous propose de conclure en cliquant sur le blog de Dasola.
















