Le saviez-vous ? En France, disparaître est un droit pour les personnes majeures. Il est aussi possible aux proches de demander une enquête après une disparition inquiétante. Mais celui ou celle que la police retrouverait n'est nullement obligée de revenir ! Cette problématique intéressante est au centre d'un film récent: La fille d'Albino Rodrigue...
Librement inspiré d'une histoire vraie, son très bon scénario s'articule autour du personnage de Rosemay, 16 ans, que l'aide sociale à l'enfance a confiée à un couple, mais qui retourne auprès de sa famille biologique pour les vacances. Or, son père n'est pas venu la chercher à la gare. Rosemay se débrouille pour prendre seule le chemin de la maison familiale et finit par retrouver sa mère, visiblement bien peu aimante. "Ton père a fait une crise cardiaque. Il est à l'hôpital", lui indique-t-elle sans s'en émouvoir. C'est un mensonge que la plus jeune des femmes démasquera vite, mais sans pouvoir revoir ce père désormais absent. Elle croisera cependant son frère aîné, Manuel, tout aussi mystérieux. Je vous laisse découvrir la suite, inattendue. Elle devrait bien convenir aux amateurs d'intrigue resserrée: l'histoire ne dure qu'une petite heure et demie, mais maintient un suspense très appréciable, tout du long. Dans le rôle-titre, Galatéa Bellugi se montre résolue (et convaincante) !
La jeune comédienne n'est pas seule, bien sûr, et c'est le casting complet qui séduit avec - notamment - la regrettée Émilie Dequenne dans le rôle inversé de la mère inconséquente (un bel euphémisme...). Romane Bohringer et Samir Guesmi m'ont plu, eux aussi, en parents d'adoption, quelque part entre affection véritable et pragmatisme éducatif. Côté "révélations" ? Le pas-encore-trentenaire Matthieu Lucci et une petite gamine d'une douzaine d'années, Elsa Hivaert, au coeur tendre. Toutes et tous permettent de façonner un modèle de film hybride, entre enquête policière et étude sociale, le tout dans un cadre discret et évocateur, situé en Lorraine, autour de Metz - NB: la cinéaste visait le Rhône-Alpes et les faits réels ont eu lieu aux environs de Nice. J'ai l'impression que tout cela a été plutôt bien accueilli par la presse spécialisée, sans que le public suive: 15.457 entrées, c'est famélique ! J'espère pour l'équipe une seconde vie en supports numériques et VOD. Oui, ce serait très franchement mérité, toute considération marketing mise à part. Car c'est un échec - et je ne parviens pas à me l'expliquer...
La fille d'Albino Rodrigue
Film français de Christine Dory / 2023
Je tiens à insister: cet opus n'est pas seulement un thriller ordinaire. J'ai arrondi ma note spontanée pour témoigner de mon coup de coeur. Rien que pour le duo d'actrices en photo, cela mérite votre intérêt ! Dernièrement, c'est Un homme en fuite qui m'avait bien embarqué dans son histoire de disparition (d'un autre type, toutefois). Le cinéma français a de la ressource ! Et ailleurs ? Il y a Gone girl, côté américain.
Librement inspiré d'une histoire vraie, son très bon scénario s'articule autour du personnage de Rosemay, 16 ans, que l'aide sociale à l'enfance a confiée à un couple, mais qui retourne auprès de sa famille biologique pour les vacances. Or, son père n'est pas venu la chercher à la gare. Rosemay se débrouille pour prendre seule le chemin de la maison familiale et finit par retrouver sa mère, visiblement bien peu aimante. "Ton père a fait une crise cardiaque. Il est à l'hôpital", lui indique-t-elle sans s'en émouvoir. C'est un mensonge que la plus jeune des femmes démasquera vite, mais sans pouvoir revoir ce père désormais absent. Elle croisera cependant son frère aîné, Manuel, tout aussi mystérieux. Je vous laisse découvrir la suite, inattendue. Elle devrait bien convenir aux amateurs d'intrigue resserrée: l'histoire ne dure qu'une petite heure et demie, mais maintient un suspense très appréciable, tout du long. Dans le rôle-titre, Galatéa Bellugi se montre résolue (et convaincante) !
La jeune comédienne n'est pas seule, bien sûr, et c'est le casting complet qui séduit avec - notamment - la regrettée Émilie Dequenne dans le rôle inversé de la mère inconséquente (un bel euphémisme...). Romane Bohringer et Samir Guesmi m'ont plu, eux aussi, en parents d'adoption, quelque part entre affection véritable et pragmatisme éducatif. Côté "révélations" ? Le pas-encore-trentenaire Matthieu Lucci et une petite gamine d'une douzaine d'années, Elsa Hivaert, au coeur tendre. Toutes et tous permettent de façonner un modèle de film hybride, entre enquête policière et étude sociale, le tout dans un cadre discret et évocateur, situé en Lorraine, autour de Metz - NB: la cinéaste visait le Rhône-Alpes et les faits réels ont eu lieu aux environs de Nice. J'ai l'impression que tout cela a été plutôt bien accueilli par la presse spécialisée, sans que le public suive: 15.457 entrées, c'est famélique ! J'espère pour l'équipe une seconde vie en supports numériques et VOD. Oui, ce serait très franchement mérité, toute considération marketing mise à part. Car c'est un échec - et je ne parviens pas à me l'expliquer...
La fille d'Albino Rodrigue
Film français de Christine Dory / 2023
Je tiens à insister: cet opus n'est pas seulement un thriller ordinaire. J'ai arrondi ma note spontanée pour témoigner de mon coup de coeur. Rien que pour le duo d'actrices en photo, cela mérite votre intérêt ! Dernièrement, c'est Un homme en fuite qui m'avait bien embarqué dans son histoire de disparition (d'un autre type, toutefois). Le cinéma français a de la ressource ! Et ailleurs ? Il y a Gone girl, côté américain.
















