J'ai laissé plusieurs fois passer l'occasion de voir mon premier film africain pour 2026. À présent, c'est chose faite... et c'est avec plaisir que je vous parlerai aujourd'hui de Soumsoum, la nuit des astres. Cette coproduction franco-tchadienne a reçu le Prix de la Fédération internationale de la presse cinéma au Festival de Berlin, l'hiver dernier !
Une grosse quantité de pluie s'est abattue sur le village où vit Kellou. Une importante partie des habitations n'y a pas résisté. Un vieil homme confirme à la jeune femme que cela n'arrive que très rarement. Désormais, le chaud soleil est revenu et un ciel uniformément bleu surplombe la petite communauté installée aux confins du Sahara. Sujette à d'effrayantes visions, Kellou s'en inquiète auprès de son père et veut vivre la vie normale d'une adolescente, amoureuse d'un garçon de sa classe, Baba. Problème: elle se heurte à un modèle social archaïque, qui l'accuse d'être une fille de sang, responsable de la mort de sa mère (lors de sa naissance). C'est dans ce contexte assez tendu qu'elle se rapproche d'Aya, que le chef et les hommes du village considèrent comme une sorte de sorcière. Vous aurez sûrement compris que Soumsoum, la nuit des astres nous entraîne dans un voyage étonnant, loin des représentations qui sont les nôtres dans le monde occidental. J'avoue qu'il m'a fallu un peu de temps pour "embarquer". Les dialogues, peu nombreux, m'amenaient une impression de torpeur...
Ce n'est en fait que très progressivement que j'ai fait la part des choses entre la forme du conte et un récit inscrit dans une certaine réalité contemporaine. La jeune Kellou fait bel et bien face à des superstitions anciennes, mais c'est de fait une femme de son temps, des écouteurs sur les oreilles, qui avance en somme vers une meilleure connaissance d'elle-même. Pour reprendre aussi les mots du réalisateur, elle apprend petit à petit "ce qui relie tous les éléments du vivant", dans un cadre géographique d'une incroyable beauté. Sauf si vous êtes un voyageur acharné, je suppose que Soumsoum, la nuit des astres sera à la source pour vous d'un profond dépaysement, ainsi qu'il l'a été pour moi. Sincèrement, de jour comme de nuit, certains plans sont magnifiques ! "Les paysages sont toujours pourvoyeurs d'histoires", souligne l'homme derrière la caméra, qui dit avoir "voulu créer une sorte de mythologie". Conséquence: l'ancrage dans le réel n'est finalement que très partiel. Les yeux grand ouverts, le mieux est, je crois, d'adopter une posture contemplative. Elle peut favoriser la rencontre avec de belles émotions.
Soumsoum, la nuit des astres
Film franco-tchadien de Mahamet-Saleh Haroun (2026)
Un voyage dont j'ai aussi eu du mal à revenir ! Le cinéma africain s'avère beaucoup trop rare sur nos écrans: c'est en fait ce que je pense depuis le choc lié à ma découverte (tardive) de Yeelen, primé à Cannes en 1987. J'ai aussi vu et aimé Lamb ou Wallay. D'autres viendront, donc. Au besoin, mon index des réalisateurs peut rapidement vous orienter vers d'autres longs-métrages du cinéaste du jour, né en 1961. À suivre...
Ce n'est en fait que très progressivement que j'ai fait la part des choses entre la forme du conte et un récit inscrit dans une certaine réalité contemporaine. La jeune Kellou fait bel et bien face à des superstitions anciennes, mais c'est de fait une femme de son temps, des écouteurs sur les oreilles, qui avance en somme vers une meilleure connaissance d'elle-même. Pour reprendre aussi les mots du réalisateur, elle apprend petit à petit "ce qui relie tous les éléments du vivant", dans un cadre géographique d'une incroyable beauté. Sauf si vous êtes un voyageur acharné, je suppose que Soumsoum, la nuit des astres sera à la source pour vous d'un profond dépaysement, ainsi qu'il l'a été pour moi. Sincèrement, de jour comme de nuit, certains plans sont magnifiques ! "Les paysages sont toujours pourvoyeurs d'histoires", souligne l'homme derrière la caméra, qui dit avoir "voulu créer une sorte de mythologie". Conséquence: l'ancrage dans le réel n'est finalement que très partiel. Les yeux grand ouverts, le mieux est, je crois, d'adopter une posture contemplative. Elle peut favoriser la rencontre avec de belles émotions.
Soumsoum, la nuit des astres
Film franco-tchadien de Mahamet-Saleh Haroun (2026)
Un voyage dont j'ai aussi eu du mal à revenir ! Le cinéma africain s'avère beaucoup trop rare sur nos écrans: c'est en fait ce que je pense depuis le choc lié à ma découverte (tardive) de Yeelen, primé à Cannes en 1987. J'ai aussi vu et aimé Lamb ou Wallay. D'autres viendront, donc. Au besoin, mon index des réalisateurs peut rapidement vous orienter vers d'autres longs-métrages du cinéaste du jour, né en 1961. À suivre...















