"J'ai eu des retours tout à fait positifs. Il y a beaucoup d'enthousiasme autour du film. Le public irakien a été très ému. C'est la première fois que cette époque est traitée au cinéma". Je suis quant à moi heureux d'avoir eu la chance de découvrir Le gâteau du président, lauréat 2025 de la Caméra d'or. D'où ma décision... de citer son auteur en préambule.
Hasan Hadi a grandi dans le Sud de l'Irak et connu l'effroyable guerre menée par les États-Unis, pour soi-disant empêcher le régime baasiste d'utiliser des armes de destruction massive contre ses voisins (ou pire). Coécrit avec l'Américain Eric Roth, son scénario revient sur une période antérieure: le milieu des années 90. L'Irak est alors placé sous embargo et nombre de ses habitants ne peuvent même pas manger à leur faim. Dans ce contexte, la régime dictatorial de l'abominable Saddam Hussein perdure et, à l'approche de l'anniversaire du raïs, une pseudo-tradition veut que des enfants préalablement tirés au sort dans les écoles préparent toutes sortes de délices - dont des notables se régaleront. C'est ainsi que la petite Lamia, 9 ans, part à la recherche d'ingrédients auxquels, évidemment, elle n'a presque jamais accès en temps habituel. Une quête absurde qu'elle entame aux côtés de sa grand-mère adorée qui, quant à elle, voudrait avant tout confier l'enfant à une famille d'accueil. Admirable, Le gâteau du président traite ce sujet sensible sans jamais céder au misérabilisme. Il témoigne d'une belle sensibilité...
Face aux difficultés de Lamia, les adultes se montrent peu aimables pour la plupart, sans pitié, manipulateurs, voire carrément hostiles. Heureusement, la gamine pourra compter un temps sur la solidarité malicieuse de Saeed, l'un de ses camarades de classe, chargé lui aussi d'apporter quelques menues victuailles à la simili-fête présidentielle. Sans plus attendre, je veux saluer l'incroyable prestation d'acteur livrée par les deux gosses, Baneen Ahmad Nayyef et Sajad Mohamad Qasem. Aucun doute là-dessus: ils comptent pour beaucoup dans le "miracle" que constitue le film, bel et bien tourné en Irak, pour son réalisateur. Bonus: ils nous offrent un voyage dans leur pays, largement méconnu. Cela restera à mes yeux une grande découverte: je pensais débarquer dans une ville extrêmement dense, mais j'ai découvert une communauté installée dans de simples huttes, au bord d'un large fleuve (l'Euphrate) sur lequel chacun, quel que soit son âge, navigue à bord d'embarcations rudimentaires, à rames. Le gâteau du président m'a ouvert les yeux. C'est un film qui mérite amplement d'être vu par le public le plus large !
Le gâteau du président (مملكة القصب - Mamlaket al-qasab)
Film irakien de Hasan Hadi / 2025
Plus qu'un coup de coeur, un long-métrage précieux, au rythme relativement lent, c'est vrai, mais que je crois tout à fait mémorable. Croyez-moi: cela vaut largement cette note de quatre étoiles pleines. J'ai une fois de plus repensé à Wadjda ou encore à d'autres enfants piégés dans leur propre pays (Osama, Nezouh et d'autres, sûrement). L'idée n'est pas de pleurer, mais de faire un premier pas. Vers les autres.
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Et si vous voulez le faire en bonne compagnie...
Un simple clic vous permettra de lire aussi les avis de Pascale et Dasola. Je vous suggère de lire également celui de notre bon ami Princécranoir.
Hasan Hadi a grandi dans le Sud de l'Irak et connu l'effroyable guerre menée par les États-Unis, pour soi-disant empêcher le régime baasiste d'utiliser des armes de destruction massive contre ses voisins (ou pire). Coécrit avec l'Américain Eric Roth, son scénario revient sur une période antérieure: le milieu des années 90. L'Irak est alors placé sous embargo et nombre de ses habitants ne peuvent même pas manger à leur faim. Dans ce contexte, la régime dictatorial de l'abominable Saddam Hussein perdure et, à l'approche de l'anniversaire du raïs, une pseudo-tradition veut que des enfants préalablement tirés au sort dans les écoles préparent toutes sortes de délices - dont des notables se régaleront. C'est ainsi que la petite Lamia, 9 ans, part à la recherche d'ingrédients auxquels, évidemment, elle n'a presque jamais accès en temps habituel. Une quête absurde qu'elle entame aux côtés de sa grand-mère adorée qui, quant à elle, voudrait avant tout confier l'enfant à une famille d'accueil. Admirable, Le gâteau du président traite ce sujet sensible sans jamais céder au misérabilisme. Il témoigne d'une belle sensibilité...
Face aux difficultés de Lamia, les adultes se montrent peu aimables pour la plupart, sans pitié, manipulateurs, voire carrément hostiles. Heureusement, la gamine pourra compter un temps sur la solidarité malicieuse de Saeed, l'un de ses camarades de classe, chargé lui aussi d'apporter quelques menues victuailles à la simili-fête présidentielle. Sans plus attendre, je veux saluer l'incroyable prestation d'acteur livrée par les deux gosses, Baneen Ahmad Nayyef et Sajad Mohamad Qasem. Aucun doute là-dessus: ils comptent pour beaucoup dans le "miracle" que constitue le film, bel et bien tourné en Irak, pour son réalisateur. Bonus: ils nous offrent un voyage dans leur pays, largement méconnu. Cela restera à mes yeux une grande découverte: je pensais débarquer dans une ville extrêmement dense, mais j'ai découvert une communauté installée dans de simples huttes, au bord d'un large fleuve (l'Euphrate) sur lequel chacun, quel que soit son âge, navigue à bord d'embarcations rudimentaires, à rames. Le gâteau du président m'a ouvert les yeux. C'est un film qui mérite amplement d'être vu par le public le plus large !
Le gâteau du président (مملكة القصب - Mamlaket al-qasab)
Film irakien de Hasan Hadi / 2025
Plus qu'un coup de coeur, un long-métrage précieux, au rythme relativement lent, c'est vrai, mais que je crois tout à fait mémorable. Croyez-moi: cela vaut largement cette note de quatre étoiles pleines. J'ai une fois de plus repensé à Wadjda ou encore à d'autres enfants piégés dans leur propre pays (Osama, Nezouh et d'autres, sûrement). L'idée n'est pas de pleurer, mais de faire un premier pas. Vers les autres.
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Et si vous voulez le faire en bonne compagnie...
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