vendredi 26 juin 2026

Tout pour le buzz

J'en ai compté quatre en 2023, sept en 2024 et seulement deux l'année dernière: le nombre de films indiens arrivés jusqu'aux salles françaises m'apparaît extrêmement faible, d'autant que je n'en ai pas vu la moitié. C'est pourquoi, attiré par son titre insolite, j'ai accepté une commande des Fiches du Cinéma... et j'ai découvert Eega, la mouche vengeresse !

Attention les yeux, hein ? Ce n'est pas tous les jours qu'un long-métrage aussi déjanté débarque sous nos latitudes. Je suis vraiment incapable d'expliquer pourquoi, mais celui-là a mis une petite quinzaine d'années à arriver jusqu'à nous. Il paraît qu'au pays, on parle de cinéma masala. Pas de mélange d'épices, cette fois, mais une combinaison de genres. Concrètement, Eega, la mouche vengeresse mise à la fois sur l'action débridée, la romance, un trait d'humour proche de l'esprit cartoonesque d'un Tex Avery et plein d'autres choses encore. Son personnage principal n'est en réalité qu'un insecte solitaire, réincarnation d'un brave garçon dragueur, assassiné par un rival. Toute la question est en fait de savoir si, sous cette apparence, Nani pourra reconquérir le coeur de Bindhu. Pour cela, il faudra d'abord que la belle le reconnaisse et se débarrasse de son deuxième prétendant, Sudeep, un promoteur immobilier véreux. D'où maintes scènes qui peuvent être pénibles pour le public occidental.

Reste que cette incroyable créativité a quelque chose de très ludique. Elle pourra dès lors certainement séduire séduire quelques spectateurs déterminés à se tenir à l'écart des sentiers les mieux balisés et capables d'accepter les 3-4 chansons (souvent sirupeuses) qui émaillent le récit. Je passe sur les ralentis vus mille fois et quelques effets spéciaux ratés. Le pire émane peut-être du méli-mélo sonore induit par une version originale en anglais et télougou, une langue indienne bien spécifique. Parfois, il faudra "digérer" des sous-titres rapides et/ou redondants. Quand on arrive à s'accrocher, je crois qu'on peut passer un bon moment avec Eega, la mouche vengeresse et sa folie douce, une production estimable à sa juste valeur - celle d'une fable comme on en voit peu. Face au risque de consternation, on peut aussi débrancher son cerveau et rire un bon coup. Cela n'arrive pas si fréquemment, de nos jours. Reste à vérifier... que le film est bien sorti dans votre cinéma mercredi !

Eega, la mouche vengeresse
(Eega)
Film indien de S. S. Rajamouli / 2012

Une note généreuse pour la bizarrerie - en toute connaissance de cause. Après tout, Tiger 3, ma dernière découverte indienne, était fou aussi ! Bon... je préfère cela aux comédies musicales de Bollywood (Devdas). Et le cinéma indien contemporain, c'est aussi The lunchbox ou Titli. Promis: une prochaine fois, j'essayerai de vous parler d'un vrai classique. Déjà hâte ? Je vous renvoie à mon billet sur La complainte du sentier...

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Un autre rappel toujours utile...
De nombreux articles des Fiches du Cinéma sont à lire sur le site Actu.fr.

Une précision liée au calendrier...
Eega... pourrait ne sortir qu'aujourd'hui (ou attendre jusqu'à dimanche).

Et, pour finir, une drôle de blague...
Carlotta, éditeur-distributeur du film en France, dit de son réalisateur qu''il est une "méga-star" et qu'il a "réinventé le cinéma de spectacle". Allant jusqu'à le comparer à James Cameron et Steven Spielberg, si, si !

mercredi 24 juin 2026

Encore d'autres étoiles

Le temps passe vite, n'est-ce pas ? Cela fait désormais plus de treize ans que George Lucas a vendu sa société de production aux studios Disney. Je suppose qu'on continuera de parler (longtemps) de ce que Mickey fait de la lointaine, très lointaine galaxie Star wars. Et c'est sans état d'âme que je suis allé voir le tout dernier opus au cinéma, histoire d'en juger...

Pas de surprise pour les connaisseurs: on nous parle encore et toujours d'une opposition entre un Empire - désormais déchu - et une République nouvelle, où règnent l'harmonie entre les peuples et une grande liberté. The Mandalorian and Grogu imagine que cette démocratie renaissante lance un chasseur de primes aux trousses des derniers chefs ennemis pour qu'ils soient enfin traduits en justice - ou simplement "neutralisés". C'est l'occasion pour les fans inconditionnels de retrouver le personnage d'une série VOD estampillée Disney: le Mandalorien, donc, alias Mando. Comme à la télé, il est accompagné par une minuscule créature verte présentée comme son fils: Grogu, doté de quelques aptitudes au combat toujours utiles pour faire face aux aléas politico-militaires du moment. Les films antérieurs vous ont échappé ? Pas grave ! Laissez-vous porter...

The Mandalorian and Grogu
présente un avantage: il n'a guère besoin d'explication, se suffit à lui-même et se passe même des longues scènes d'exposition propres à beaucoup des blockbusters de notre époque. Toute sa première heure est presque entièrement consacrée à l'action. Illustrant les complots post-impériaux, l'image que j'ai choisie ci-dessus apparaît comme l'une des premières d'un film à l'esthétique soignée. Nous n'atteindrons pas des sommets visuels, mais bon... ça fonctionne. Les éternels nostalgiques (comme moi) seront ravis de revoir des designs familiers et d'en découvrir d'autres, vraiment réussis dans l'ensemble. Aurais-je voulu d'un épisode sans innovation dans ce domaine ? Non ! Star wars, c'est un cahier des charges ET une saga qui doit surprendre...

La très bonne nouvelle, c'est que le bestiaire et la collection de robots s'agrandissent encore, ce qui nous offre notamment plusieurs batailles épiques, dans la pure tradition. Mon ami Jean-Mi le dit: "Ça fait le job". N'en attendez pas trop, cela dit: il paraît tout à fait évident que Disney cible un large public et vise ainsi à amasser un maximum d'argent. C'est... logique: la compagnie avait acheté les droits de George Lucas pour la bagatelle de 4,05 milliards de dollars (sans compter les cents). Pas sûr, d'ailleurs, que ce film-là soit véritablement le plus rentable. Autant dès lors le prendre pour ce qu'il est un: un divertissement XXL inscrit dans une longue série de divertissements XXL, ouverte dès 1977. Si cela ne vous tente pas du tout, le mieux est de passer votre chemin. Quant à moi, j'y trouve encore de quoi satisfaire mon esprit nostalgeek !

Je peux admettre qu'au-delà de l'imagerie-culte, le succès d'un tel opus repose sur d'autres facteurs. Exemple: le son et, bien sûr, la musique. Le compositeur historique des Star wars, Sir John Williams, a 94 ans. Pour The Mandalorian and Grogu, il a passé le relais à un musicien suédois assez expérimenté, né "seulement" en 1984: Ludwig Göransson. Bon... le résultat m'a semblé tout à fait honorable, à la fois respectueux de l'héritage et suffisamment innovant pour nous emmener ailleurs. Cela n'était pas gagné d'avance et donc, je dis merci au petit nouveau ! J'évite en revanche de vous parler des acteurs: ce serait un peu long. D'après moi, le plus bel atout de ce film réside plutôt dans sa patine ancienne et des effets qui ne font pas toujours appel à la technologie numérique. "Telle est la voie", comme l'assure le personnage principal. Qu'en adviendra-t-il ? Je ne suis pas spécialement pressé de le savoir. Mais je reste confiant en la chance de savourer d'autres prolongations...

Star wars - The Mandalorian and Grogu
Film américain de Jon Favreau / 2026

Vous l'aurez remarqué: avec le titre complet, on ne peut pas se tromper d'aventure interstellaire. Cette volonté de coller ensemble des récits similaires n'enlève rien à la qualité (relative) de ce tout nouvel opus. Cela dit, je reste avant tout fan des épisodes historiques, IV, V et VI. Pour la SF adulte, voyez Blade runner ("tout court" et 2049) ou Dune. En notant que ce dernier film verra sa propre suite se prolonger à Noël !

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Un autre écho ?
Celui de Pascale: elle n'a pas aimé le film et en parle très brièvement. Mais... elle dit aussi deux mots de quatre des autres films sortis en mai !

Pour finir...
J'ai eu très envie de râler un bon coup sur les prix prohibitifs de ce film dans certains multiplexes (jusqu'à 24,90 euros pour la VO-3D chez moi). Mieux vaudrait saluer la mémoire de Marcia Lou Griffin, Madame Lucas. L'épouse de George l'a beaucoup aidé. Elle a rejoint les étoiles le 27 mai dernier. Quatre jours seulement avant que je ne voie ce nouveau film...

lundi 22 juin 2026

Écoutez voir...

Il en est des acteurs comme des vins: ils se bonifient parfois avec l'âge. J'avoue toutefois qu'en général, je préfère les aimer sans trop attendre. J'y ai justement pensé en allant voir Le virtuose - pour Dustin Hoffman. 89 ans bientôt et encore un (petit) rôle: je ne lui ai donc pas résisté. D'autant moins, c'est vrai, que ce que j'avais anticipé un film agréable...

Je peux à présent vous le confirmer: Le virtuose est un film agréable. Et peut-être un passage de témoin, en quelque sorte. L'ami Dustin incarne Harry Horowitz, un vieux monsieur qui exerce la profession d'accordeur de piano. Il est assisté d'un jeune homme, Niki White. Passionné de musique, ce dernier souffre d'un grave problème auditif qui l'a empêché de faire une carrière d'interprète. Sa vilaine frustration semble pouvoir lui passer quand... il rencontre une bande de truands. Un peu perdu, il mettra sa capacité à déceler les sons les plus infimes au service de leurs combines - je vais vous laisser découvrir comment. Sur la base de ce scénario, le récit dresse progressivement le portrait sensible d'un garçon qui l'est tout autant, bien joué par un Leo Woodall que j'ai découvert à l'occasion et qui capte l'essentiel de la lumière. Parce qu'il est aussi question d'une romance, la jolie Havana Rose Liu apporte une touche féminine bienvenue (je n'en dirai pas davantage). Bref... j'insiste: j'ai passé un bon moment, même si j'ai vu des choses beaucoup plus originales. Et ma note illustrera un côté "coup de coeur" !

Le virtuose
(Tuner)
Film canado-américain de Daniel Roher / 2026
Des opus ciné aussi finement ciselés, j'en verrais volontiers davantage ! Sans rien révolutionner, celui-là est parvenu à m'offrir un divertissement notable, totalement dépourvu d'esbroufe et de fausse grandiloquence. Résultat: le même plaisir que devant L'intermédiaire l'année dernière ou bien Les faussaires de Manhattan (un peu) plus loin dans le passé. Merci, Dustin ! Le septième art gagne aussi quand il se montre "humble".

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Et ailleurs, on en dit quoi ?

Plutôt du bien, il me semble ! Exemple: Dasola l'a trouvé "très plaisant".

samedi 20 juin 2026

Les filles, les garçons

Le calendrier est très clair: le printemps s'achève et c'est l'été demain. Je me suis donc dit qu'une soudaine envie de vacances loin de chez moi pourrait être l'occasion de regarder À l'abordage, un joli film-escapade nous emmenant vers la Drôme, sur les bords de la rivière du même nom. J'y suis parti en covoiturage. Destination: un camping avec bar karaoké !

Malins, Félix et Chérif ont utilisé un faux compte féminin sur BlaBlaCar pour trouver un garçon de leur âge qui pourrait les conduire vers le Sud. Plutôt mécontent de cette supercherie, Édouard finit par les accepter comme passagers. Lui-même devrait être ailleurs: il a menti à sa mère sur ce qu'il compte exactement faire de la voiture qu'il lui a empruntée. Chérif en rigole et saisit la chance de suivre Félix au soleil, l'intéressé voulant surtout retrouver une fille qu'il a brièvement rencontrée à Paris. Écrit pour une promo d'étudiants du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, À l'abordage fleure l'esprit de la jeunesse, éternelle et insouciante. Vraiment ? Oh... c'est vrai que les relations garçons-filles n'apparaissent pas toujours aussi fluides qu'attendu, dans le scénario. Mais, sorti deux mois après les fermetures COVID, le film reste lumineux dans son ensemble et porteur d'espoirs en un avenir meilleur, dirais-je. Cela ne parlera pas à tout le monde, mais c'est fort agréable à regarder. Sans doute parce que le réalisateur, généreux, pose un regard tendre sur ses personnages, imparfaits et touchants. Et les traite tous à égalité.

À l'abordage
Film français de Guillaume Brac / 2021
Le cinéaste cite Éric Rohmer, Jacques Rozier et Hong Sang-soo au rang des confrères qui l'inspirent, tout en parlant de la comédie américaine contemporain comme d'une grande influence. Architecte des sentiments communs ou contraires, j'avais aimé son Tonnerre, sur le versant froid de sa filmographie amoureuse. Et il tourne aussi des documentaires ! Aujourd'hui, je reste sur un texte court, mais j'y reviendrai sans doute...

mercredi 17 juin 2026

Coeurs solidaires

Une question pour commencer: existe-t-il un meilleur artisan du cinéma social que Ken Loach ? Le cinéaste anglais fête aujourd'hui ses 90 ans. Pour l'occasion, j'ai tenu à vous parler de son dernier film: The Old Oak. Ce "vieux chêne" est un pub dans lequel se retrouvent d'anciens mineurs d'un village du nord de l'Angleterre - de pauvres gens, bien évidemment.

Le film commence par quelques photos noir et blanc illustrant l'arrivée soudaine de migrants en provenance de Syrie. Certains des habitants acceptent de les accueillir, sans hésiter, quand d'autres les rejettent avec force, les insultent et les malmènent. On découvre la jeune femme qui prenait les images. Dans une échauffourée, son appareil est cassé... 

Pas de doute: on est bel et bien chez Ken Loach, éternel porte-parole des opprimés. Je l'appelle affectueusement le vieux lion britannique. Comme toujours, il navigue sur une ligne de crête, où son idéalisme forcené côtoie du pessimisme et parfois un peu de misérabilisme. J'imagine qu'en moins de deux heures, il est difficile de faire un film très nuancé. Le scénario de The Old Oak déploie de tels archétypes qu'il semble parfois ne s'adresser qu'aux convaincus de sa (noble) cause. Les acteurs, eux, sont irréprochables, et le duo Dave Turner - Ebla Mari affiche de fait une vraie belle complémentarité, lui comme restaurateur bourru au coeur tendre, elle en exilée fragile, humble et combattive. Dépourvu de véritable surprise, le film laissera passer un petit souffle d'espérance en nous parlant d'empathie et de possibles réconciliations. Il nous assure qu'un repas pris ensemble peut faire beaucoup de bien. Naïf ? Peut-être. Mais par les temps qui courent, plutôt salutaire, aussi !

The Old Oak
Film britannique de Ken Loach / 2023

Toute une cohorte de seconds rôles rend de fait ce film incarné, sincère et attachant. Je continue de penser que Ken Loach est le cinéaste idéal pour ce type de propos, mais d'autres opus tels que Fisherman's friends ou Pride me laissent penser qu'il aura aussi quelques dignes héritiers. Resterait à choisir (ou pas) entre les drames et les feel good movies. Autre horizon possible: la Belgique des frères Dardenne et de Rosetta...

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NB: le cinéaste était en France il y a peu...
Lors d'un passage à Cannes, le réalisateur a remercié le public français pour son soutien constant. Il a cité Martin Luther King: "La pire chose n’est pas la violence des méchants, mais le silence des gens de bien". Vous pourrez retrouver ses propos dans un compte-rendu de Télérama...

Et j'y ajoute les liens de mes p'tits camarades...
"L'oeil sur l'écran" a mentionné le film, de même que Pascale et Dasola.

mardi 16 juin 2026

Nos patrimoines

Le saviez-vous ? Le Centre national du cinéma et de l'image animée appelle "films de patrimoine" les longs-métrages qui sont sortis en salles depuis plus de vingt ans. Tel l'univers, la liste s'étend constamment ! Pour autant, elle ne recoupe pas forcément celle de nos "classiques" personnels ou de nos "films cultes". Et, après tout, à chacun ses choix...

J'y pensais dernièrement car il me semblait que mon compteur de films anciens repartait à la hausse, ces derniers temps. J'en ai la confirmation chiffrée: à ce rythme, en 2026, j'aurai bientôt évoqué autant d'oeuvres datant des décennies d'avant ma naissance que pour toute l'année 2025. Cela concerne presque une séance sur cinq (19,18% très précisément). Et alors ? Cela m'a amusé de le constater. Et bien sûr, je vais continuer...

En dehors des salles obscures, ma collection de DVD et mes chaînes payantes (Ciné+ OCS et Disney +) m'offrent de fait un très large choix. Difficile de résister aux plaisirs... de l'anticipation: je prépare des listes de films, à court et moyen termes, et y inclus très souvent divers opus considérés de longue date comme des chefs d'oeuvre in-con-tour-nables. Certains soirs, je vous l'avoue: j'ai du mal à me décider définitivement. Résultat: je regarde un film imprévu, je tire au sort parmi les options possibles ou je renonce totalement, quitte à lire ou à dormir plus tôt ! Cela peut parfois me donner une nouvelle idée de chronique, d'ailleurs. Rassurez-vous: dès demain midi, j'aurai un autre film à vous présenter...

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Et je vous donne évidemment la parole...

On peut parler de vos films de patrimoine et/ou de vos choix difficiles !

lundi 15 juin 2026

Homérique

Sa position face à un détroit lui permet d'exercer un véritable contrôle sur les navires qui, jour après jour, assurent le commerce international. La puissance qui en résulte vient nourrir les inquiétudes et intentions belliqueuses d'autres États, enclins à lui faire une "guerre préventive". S'agit-il de l'Iran ? Non: aujourd'hui, j'évoque... la ville antique de Troie !

Nul ne peut affirmer avec certitude que cette cité a réellement existé. J'imagine que vous connaissez déjà - au moins sommairement - l'histoire qu'entre autres auteurs de l'Antiquité, Homère racontait à son sujet. Pâris, fils de Priam, roi de Troie, décide de partir en mission à Sparte pour maintenir la paix avec l'ensemble des peuples grecs voisins. Problème: il rencontre alors Hélène, la femme de Ménélas, un souverain dont il espérait se faire un allié. C'est un coup de foudre réciproque ! Parti nouer une alliance, le prince troyen fait naître un conflit majeur. Cette légende, maintes fois racontée à travers les âges, l'est à nouveau dans Hélène de Troie, un majestueux péplum américain des années 50 que j'ai découvert récemment. Surprise: il commence par cinq minutes d'ouverture musicale, aussitôt suivies de deux autres de générique. Cette caractéristique vintage nous habitue aussitôt à la patine ancienne du long-métrage et, à mes yeux, contribue nettement à son charme. Tout cela n'a rien de moderne, bien sûr, mais ce côté tout à fait désuet correspond bien à ce que j'attendais: un pur régal visuel - "à l'ancienne".

Ce qui a su rendre mon immersion facile, c'est sans nul doute l'absence d'acteurs déjà vus ailleurs, à l'exception d'une Brigitte Bardot pimpante du haut de ses 22 ans, dans le rôle d'Andraste, une jeune esclave. Vedettes d'un casting largement britannique, l'Italienne Rossana Podestà et le Français Jacques Sernas se distinguent donc par leurs nationalités latines - je suppose qu'ils auront aussi été retenus pour leur physique. Une chose est sûre: tout ce petit monde s'est déplacé jusqu'en Italie pour un tournage de quelques mois (mars - août 1954), orchestré en duo par la Warner et la société italienne Lux Film. C'est sans réelle surprise que j'ai appris la mise à contribution des fameux studios de Cinecittà. Tourné en Cinémascope, Hélène de Troie est une grosse production. Mais, même à sa sortie, elle semble ne pas avoir connu un accueil public et critique aussi enthousiaste que ses concepteurs avaient pu l'espérer. Pourquoi cela ? Je l'ignore, mais la concurrence était rude, à l'époque. Quelque sept décennies plus tard, le film m'a touché par sa démesure. Je préfère le carton-pâte et les figurants à TOUS les effets numériques !

Hélène de Troie
(Helen of Troy)
Film italo-américain de Robert Wise / 1956
Une réussite qui devrait - aisément - satisfaire les amateurs du genre. Le péplum est né aux heures du muet et a vécu jusqu'aux sixties. L'alliance Italie / États-Unis accouchait alors d'oeuvres spectaculaires. Sans grand studio américain, la vieille Europe tient aussi son lot de films intéressants, tels que Le colosse de Rhodes, le premier Sergio Leone. Lequel, deux ans plus tôt, avait signé... la course de chars de Ben-Hur !

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On reviendra à Troie dans un mois pile...
C'est en effet à partir du 15 juillet prochain que les salles françaises accueilleront L'odyssée, le tout nouveau film de Christopher Nolan. L'impayable Elon Musk n'a pas attendu pour témoigner de son opposition frontale à ce projet d'envergure, au seul motif que l'interprète d'Hélène sera une actrice... noire: la sublime - et déjà oscarisée - Lupita Nyong'o.

Bon, si vous n'avez pas envie d'attendre...
Vous pouvez chercher la mention du film de 1956 chez Princécranoir. Autre option: lire Vincent et en savoir (beaucoup) plus sur Robert Wise !

dimanche 14 juin 2026

Sang et poussière

Il y a quelques jours, je vous avais promis de vous parler d'un western italien: Les cruels est en réalité une coproduction hispano-italienne. Son réalisateur, Sergio Corbucci, est l'un de ceux qui, depuis Cinecittà, ont eu cette audace de s'emparer du genre américain "par excellence" pour mieux le pervertir et le remettre aux mains des mauvais garçons...

Comme avec Le brigand bien-aimé, revenons à la fin du 19ème siècle ! Le film européen qui nous intéresse aujourd'hui présente une singularité certaine: il bénéficie également de la présence au casting d'une vedette hollywoodienne au talent plus que confirmé, j'ai nommé Joseph Cotten. D'aucuns ont suggéré que ses heures de gloire étaient alors derrière lui. C'est possible, mais peu importe: c'est un acteur que j'ai aimé retrouver.

Ancien soldat de l'armée confédérée, le colonel Jonas a rendu les armes sans pour autant avoir fini de digérer la victoire des Yankees du nord. Ses fils et lui ont donc tendu un piège à un convoi de transport de fonds dans l'idée que l'argent leur permettrait de réunir une nouvelle troupe prompte à reprendre le combat. Les bandits ont ainsi planqué le magot dans un cercueil et prétendent que ce dernier est celui d'un officier tué au front... et dont la dépouille doit désormais être ensevelie chez lui. Ils ont même trouvé une femme pour porter l'habit de la veuve éplorée. Je salue la Brésilienne Norma Bengell dans le (quasi-)seul rôle féminin. Claire est centrale dans ce road movie dans le Grand Ouest - on notera toutefois que, pour l'essentiel, le tournage a eu lieu sur le sol espagnol. Que dire ? Comme d'autres de cet acabit, Les cruels est un film violent. Je dirais même davantage: un film quasi-nihiliste, sans morale véritable et sans vrai héros. Je peux d'ailleurs concevoir que ce qu'il nous raconte soit réaliste dans le contexte de l'immédiate après-Guerre de sécession !

Les cruels
(I crudeli)
Film hispano-italien de Sergio Corbucci / 1967
Peut-être davantage encore que Leone et Sollima, le "troisième Sergio" aura pu se targuer d'une filmographie aussi pléthorique que diversifiée. Ce western n'est pas le plus connu, un cran en-dessous des références que sont - dans cet ordre - Django (1966) et Le grand silence (1968). Découvrir cette fausse trilogie en 2026 est tout sauf une mauvaise idée. Quitte, ensuite, à se tourner vers des longs-métrages d'un autre genre...

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Vous cherchez d'autres desperados pour vous accompagner ?

J'ai le regret de vous dire que, cette fois, "L"oeil sur l'écran" a mis pied à terre. Bon, fidèle d'entre les fidèles, Vincent, lui, chevauche encore...

samedi 13 juin 2026

Au plus malin

Certains d'entre vous le savent: c'est à Nice que j'ai terminé mes études supérieures et, alors que je pensais y rester deux ans, j'en suis reparti en 2019 après y être arrivé en 1998 ! Depuis, c'est toujours avec plaisir que je retrouve la Côte d'Azur - y compris sur les écrans de cinéma. Quand j'ai regardé Le plus escroc des deux, j'étais en terrain familier...
 
Récemment diffusé sur Arte, ce petit film américain s'appuie sur un duo sympathique (et inédit, il me semble): Steve Martin et Michael Caine. Autant vous le dire tout de suite: le premier nommé en fait des caisses. Cela dit, son rôle s'y prête, mais le fait est que son camarade de jeu s'illustre dans un registre plus sobre. Ouf ! Le plus escroc des deux demeure toutefois un très honnête divertissement. Dans une station balnéaire, un homme bien habillé se cache derrière diverses identités prestigieuses pour mieux séduire des femmes et prendre leur argent. Alors que ses affaires tournent rond, il voit débarquer un autre type usant des mêmes stratagèmes, plus jeune et (beaucoup) moins discret. Un rival avec lequel il devra composer, au moment où une jolie héritière verra son nom s'ajouter à la déjà longue liste des potentielles victimes. Vous l'aurez compris: tout cela n'est pas très sérieux, mais assez riche en rebondissements pour vous offrir un bon moment devant la téloche. Pour une soirée de fin de printemps, c'est donc tout à fait acceptable. Au pire, vos yeux pourront se régaler des beaux paysages de la Riviera...

Le plus escroc des deux
(Dirty rotten scoundrels)
Film américain de Frank Oz / 1988
Les arnaqueurs sont toujours de très attrayants personnages de fiction ! C'est donc avec plaisir que j'ai regardé ce long-métrage old school réalisé par un cinéaste que je connaissais déjà un peu (cf. In & out). Pour la Côte d'Azur, on peut aussi se tourner vers de grands classiques français d'une autre époque, comme par exemple Ne nous fâchons pas. Rien ne va plus restant un excellent plan B pour les embrouilles en duo.

vendredi 12 juin 2026

Un bébé pour cible

Deux parfaites réussites. En avril, les membres de la mission Artémis II ont mis cinq jours et 27 minutes pour émettre du point le plus éloigné de la Terre jamais atteint par un être humain. Quatre jours, 13 heures et 24 minutes étaient passées, en juillet 1969, entre l'envol d'Appolo XI et les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune. L'aventure continue...

Je pensais à cela il y a peu, en regardant un film d'action américain sorti l'année dernière: Les 4 Fantastiques - Premiers pas. Son scénario repose sur l'idée (assez peu originale) qu'un gigantesque vaisseau spatial approche de notre planète afin que son pilote, un titan de taille démesurée, la détruise. Par l'intermédiaire d'une créature humanoïde argentée, étonnamment dotée d'une planche de surf, le sieur Galactus fait toutefois savoir qu'il est disposé à épargner l'humanité... si un bébé lui est livré pour assouvir son appétit d'ogre. Mais pas n'importe lequel. Avant même sa naissance, l'abominable géant a en effet jeté son dévolu sur un nouveau né spécifique: l'enfant de Susan Storm et Reed Richards. Ces astronautes ont développé des super-pouvoirs après une exposition aux radiations solaires: il se peut donc que leur progéniture en hérite. Les périls qui pèsent sur elle laissent imaginer la suite du programme déroulé à l'écran. Je vous le confirme: on va droit vers une bataille XXL.

Les amateurs du genre auront su compter et noté que ce long-métrage est en fait le 37ème film du Marvel Cinematic Universe. Il se présente comme le premier d'une phase VI censée durer jusqu'en décembre 2027. D'où cette question légitime: faut-il avoir vu les 36 épisodes précédents pour apprécier Les 4 Fantastiques - Premiers pas ? Je ne le crois pas. Pour ma part, je n'en ai vu que sept, et cela m'a semblé bien suffisant pour comprendre les enjeux (fort limités) de cet opus. Un carton final souligne d'ailleurs que les personnages reviendront dans un épisode ultérieur, attendu dans les salles françaises le 16 décembre prochain. Bon... celui que je vous présente aujourd'hui a le mérite d'être court. J'admets que son esthétique - rétrofuturiste - a du charme: son décor reproduit le New York des années 60 et, ma foi, c'est plutôt réussi. Après, bien évidemment, il faut accepter les grosses ficelles narratives comme celle qui prétend que tous les pays s'allient contre la menace extraterrestre, juste après le discours mobilisateur d'une jeune maman. Et encore une fois, ce sont des Américains blancs qui sauvent le monde !

Les 4 Fantastiques - Premiers pas
(The Fantastic 4 - First steps)
Film américain de Matt Shakman / 2025
Rien de bien extraordinaire, mais rien de honteux dans ce long-métrage considéré comme un bon cru dans la longue liste des Marvel au cinéma. Je l'ai rattrapé en VOD sur Disney + et j'ai passé une soirée correcte. Vais-je enchaîner ? Non. Les gardiens de la galaxie 1, 2 et 3 resteront probablement comme les superproductions Marvel les plus satisfaisantes pour le geek que je suis ! Je resterai toutefois à l'écoute de vos conseils.

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De votre côté, si vous voulez d'autres avis...

Je vous invite à trouver votre bonheur chez Pascale et/ou Princécranoir.