Un conseil: si votre cinéma préféré l'a gardé à l'affiche jusqu'à ce jour de fin de printemps, vous devriez enfin aller voir La Vénus électrique. C'est l'un des tous meilleurs films français de ce premier semestre 2026. Il avait créé l'événement en ouverture du dernier Festival de Cannes. Comme d'autres auparavant, il avait alors été projeté hors-compétition.
Cette absence au palmarès n'efface pas les qualités de ce long-métrage situé à Paris et Saint-Ouen, à proximité quasi-immédiate du Montmartre de l'entre-deux-guerres. Suzanne y travaille dur, au service d'un maître forain assez rustre: chaque jour, elle monte sur une scène improvisée pour embrasser des hommes à pleine bouche et feindre ainsi un amour véritable, décharge électrique à l'appui. Un soir, un drôle de quiproquo fait qu'elle est confondue avec Claudia, la diseuse de bonne aventure, par Antoine, un peintre en totale panne d'inspiration, devenu alcoolique et soucieux d'entrer en communication avec Irène, sa femme décédée. La belle comprend bien vite qu'elle pourrait tirer un important profit financier du malentendu et, sans vergogne, ne le détrompe donc pas. Elle tombe ensuite sur Armand, un galeriste qui se dit l'ami du "pigeon". Voilà ! Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche m'ont régalé dans cette histoire d'arnaque à la petite semaine - ils sont très drôles. Bientôt rejoints par Vimala Pons, ils forment avec elle un quatuor remarquable, au service d'une excellente comédie, à l'écriture ciselée...
L'anecdote est savoureuse: le scénario repose en fait sur l'idée originale d'un fameux duo, Rebecca Zlotowski et Robin Campillo (à retrouver ici). Avant d'en tirer son onzième long, le cinéaste Pierre Salvadori la portait comme acteur dans Planétarium (2016), oeuvre de sa jeune consoeur. Autant le citer: "Le sujet est venu à moi de façon assez surprenante". L'ingénieux réalisateur indique aussi avoir essayé de transposer l'intrigue dans le Paris d'aujourd'hui et pu constater que cela ne fonctionnait pas. D'un ton très personnel, il produit encore la preuve d'un savoir-faire indéniable et rend crédible son impeccable reconstitution d'époque. J'ose l'affirmer: rien que pour son esthétique, ce film vaut le détour. Vous pourrez également noter que, comme d'autres longs-métrages signés du même auteur, La Vénus électrique joue aussi sur la gamme aigre-douce, certains passages étant très franchement mélancoliques. Cela envisagé, aucun doute à ce sujet: c'est avant tout une comédie familiale qui vous est proposée, apte à séduire le plus large des publics amateurs du genre. Et il serait donc tout à fait dommage de s'en priver !
La Vénus électrique
Film français de Pierre Salvadori / 2026
Il y a toujours eu une forme de grâce et d'élégance dans la filmographie de ce réalisateur attachant qui, ici, nous offre le meilleur de son talent. Choisir le cadre des années 1920 m'a agréablement rappelé Mon crime. J'ai aussi repensé à La pièce rapportée. Des messages sur l'époque actuelle passent et c'est bien: le film en sort meilleur encore, au final. Qu'il soit (multi-)récompensé aux César 2027 ne serait pas scandaleux...
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Je vous recommande d'ouvrir les oreilles...
Très réussie, la musique du film est signé du talentueux Camille Bazbaz. J'apprends que c'est la sixième fois qu'il collabore avec Pierre Salvadori.
Et en attendant les autres surprises de l'année...
Vous gagneriez à faire un nouveau tour sur le blog de l'ami Princécranoir. Autre option (complémentaire): (re)visiter celui de notre chère Pascale.
Cette absence au palmarès n'efface pas les qualités de ce long-métrage situé à Paris et Saint-Ouen, à proximité quasi-immédiate du Montmartre de l'entre-deux-guerres. Suzanne y travaille dur, au service d'un maître forain assez rustre: chaque jour, elle monte sur une scène improvisée pour embrasser des hommes à pleine bouche et feindre ainsi un amour véritable, décharge électrique à l'appui. Un soir, un drôle de quiproquo fait qu'elle est confondue avec Claudia, la diseuse de bonne aventure, par Antoine, un peintre en totale panne d'inspiration, devenu alcoolique et soucieux d'entrer en communication avec Irène, sa femme décédée. La belle comprend bien vite qu'elle pourrait tirer un important profit financier du malentendu et, sans vergogne, ne le détrompe donc pas. Elle tombe ensuite sur Armand, un galeriste qui se dit l'ami du "pigeon". Voilà ! Anaïs Demoustier, Pio Marmaï et Gilles Lellouche m'ont régalé dans cette histoire d'arnaque à la petite semaine - ils sont très drôles. Bientôt rejoints par Vimala Pons, ils forment avec elle un quatuor remarquable, au service d'une excellente comédie, à l'écriture ciselée...
L'anecdote est savoureuse: le scénario repose en fait sur l'idée originale d'un fameux duo, Rebecca Zlotowski et Robin Campillo (à retrouver ici). Avant d'en tirer son onzième long, le cinéaste Pierre Salvadori la portait comme acteur dans Planétarium (2016), oeuvre de sa jeune consoeur. Autant le citer: "Le sujet est venu à moi de façon assez surprenante". L'ingénieux réalisateur indique aussi avoir essayé de transposer l'intrigue dans le Paris d'aujourd'hui et pu constater que cela ne fonctionnait pas. D'un ton très personnel, il produit encore la preuve d'un savoir-faire indéniable et rend crédible son impeccable reconstitution d'époque. J'ose l'affirmer: rien que pour son esthétique, ce film vaut le détour. Vous pourrez également noter que, comme d'autres longs-métrages signés du même auteur, La Vénus électrique joue aussi sur la gamme aigre-douce, certains passages étant très franchement mélancoliques. Cela envisagé, aucun doute à ce sujet: c'est avant tout une comédie familiale qui vous est proposée, apte à séduire le plus large des publics amateurs du genre. Et il serait donc tout à fait dommage de s'en priver !
La Vénus électrique
Film français de Pierre Salvadori / 2026
Il y a toujours eu une forme de grâce et d'élégance dans la filmographie de ce réalisateur attachant qui, ici, nous offre le meilleur de son talent. Choisir le cadre des années 1920 m'a agréablement rappelé Mon crime. J'ai aussi repensé à La pièce rapportée. Des messages sur l'époque actuelle passent et c'est bien: le film en sort meilleur encore, au final. Qu'il soit (multi-)récompensé aux César 2027 ne serait pas scandaleux...
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Je vous recommande d'ouvrir les oreilles...
Très réussie, la musique du film est signé du talentueux Camille Bazbaz. J'apprends que c'est la sixième fois qu'il collabore avec Pierre Salvadori.
Et en attendant les autres surprises de l'année...
Vous gagneriez à faire un nouveau tour sur le blog de l'ami Princécranoir. Autre option (complémentaire): (re)visiter celui de notre chère Pascale.













