lundi 31 janvier 2022

La suite en musique

Ma toute première sortie cinéma de l'année ? C'était le 1er janvier avec ma mère pour découvrir un film d'animation: Tous en scène 2. Nous n'avions pas vu le premier volet, mais ce n'est pas indispensable pour comprendre les tenants et aboutissants de ce divertissement familial de bonne tenue. Je me suis amusé... et c'est déjà ça de pris !

Les personnages de Tous en scène 2 sont des animaux qui chantent. Aïe ! Cette seule phrase risque de faire partir une partie d'entre vous vers d'autres blogs orientés vers un cinéma plus exigeant. J'assume ! À celles et ceux qui sont restés, je précise que la troupe des bestioles est dirigée par un koala ambitieux, bien décidé à donner le meilleur de lui-même pour que sa fine équipe puisse jouer dans le théâtre XXL d'un producteur plein aux as - qui se trouve, lui, être un loup (blanc). Le prédateur ayant une fille à pistonner, il faudra lui laisser une place dans le casting d'un prochain spectacle avant de rêver au triomphe. Stop ! J'en ai dit assez pour vous faire une idée précise du scénario...

Comme vous pouvez le voir avec mes photos, le film est ultra-coloré. Autre très bonne nouvelle: l'animation s'avère aussi fluide que lisible. Vous me direz que c'est un minimum et, de fait, vous aurez raison. Tour à fait dispensable, Tous en scène 2 demeure cependant un film honnête, qui ne se moque jamais de son public-cible (les 8-12 ans). Les voix - en VO comme en VF - associent de nombreuses sommités du show business, Bono étant ainsi (dé)doublé par Gérard Lanvin. Seul Patrick Bruel aurait refusé d'effectuer un nouveau tour de piste ! Le film marche bien sans lui et devrait terminer dans les dix premiers au box-office français des longs-métrages sortis au cours de 2021. D'après mes sources, avec un total d'un peu plus de 3,5 millions d'entrées, l'épisode initial avait terminé onzième du millésime 2017. Comparer ces chiffres incitera-t-il Universal à prolonger la franchise ? Évidemment, il est trop tôt pour le dire, mais ce n'est pas à exclure...

Tous en scène 2
Film américain de Garth Jennings (2021)

Des films de ce type, les States en produisent des kilos. Dont acte. Cela ne m'empêchera pas d'apprécier le spectacle à sa juste valeur. Avant de passer à autre chose, j'ajoute que cet opus reste bien loin d'un Pixar comme Coco - pour ne nommer que l'un des plus musicaux. Vous vous en doutiez, non ? Les tubes ne suffisent pas pour rivaliser. Mais ils cassent moins l'oreille que celui de La reine des neiges. Ouf !

vendredi 28 janvier 2022

2021 dans l'actualité

Quelle galère ! Les cinémas français sont restés fermés 138 jours l'année dernière (contre 162 en 2020). Mon total de films vus en salles est passé de 33 à 48 longs-métrages - ce qui est encore très éloigné de ma moyenne de 72 projections lors des cinq années précédentes. J'en ai cependant tiré un best of à dix entrées. Et les gagnants sont...

1. Sous les étoiles de Paris
Je l'avais repéré avant la fermeture des salles et je lui ai sauté dessus dès leur réouverture. Ce joli conte sur la rencontre d'une femme SDF et d'un enfant migrant a fait flop: 56.546 entrées et pas une de plus. Catherine Frot et le petit Mahamadou Yaffa méritaient bien mieux que ce résultat minuscule. Les suivre dans Paris m'a ému aux larmes !

2. Gagarine
Transformer une grande barre d'immeubles HLM en vaisseau spatial imaginaire: il fallait l'oser. Le tandem Fanny Liatard / Jérémy Trouilh l'a fait et c'est une belle réussite, pleine de sève et de poésie urbaine. L'idéal pour oublier le gris des banlieues et aimer la vie en couleurs. J'espère qu'on reverra bientôt Alseni Bathily après ces beaux débuts...

3. Les magnétiques
Un film qui arrive de nulle part et qui n'est que la seconde apparition de Thimotée Robart, autre espoir: dopé par une bande-annonce sexy et vivement conseillé par Pascale, cet opus m'a attrapé par surprise et ne m'a plus lâché jusqu'au générique final, au point que j'y pense encore. Une certaine idée de la liberté + une B.O. aux petits oignons !

4. Onoda - 10 000 nuits dans la jungle
Un épisode très peu connu de la seconde guerre mondiale et un film envoûtant = deux euphémismes pour le prix d'un, messieurs dames ! Les scénarios et mises en scène qui s'appuient sur une histoire vraie pèchent parfois par excès de fadeur. C'est le contraire ici: difficile d'oublier l'incroyable parcours de ce soldat japonais laissé pour mort...

5. Annette
Ce jour-là, j'avais un peu l'impression de jouer à quitte ou double. Aucun regret après coup: mon premier Carax m'a mis une gifle magistrale, du type de celles qui me font aimer le cinéma chaque jour davantage. C'est l'histoire d'amour la plus intense que j'ai découverte en 2021. Détail cocasse: l'héroïne a le même prénom que ma mère...

6. Les amants sacrifiés
Une autre déclinaison des grands sentiments amoureux, à la sauce nipponne cette fois - et donc sans aucune des grandes effusions caractéristiques d'un certain cinéma occidental. Le film lui-même demeure d'une rigueur implacable, porté par un suspense très pesant. C'est logique pour évoquer les heures sombres de l'histoire japonaise !

7. Nomadland
J'ajoute bien volontiers ce long-métrage à la (longue) liste des films consacrés aux grands oubliés du rêve américain. Seconde femme récompensée d'un Oscar comme réalisatrice, Chloé Zhao reste fidèle au style qui a fait sa réputation, voisin de celui du documentaire. Résultat: un road movie proche du réel, d'une rare humanité. Brillant !

8. Boîte noire
Qui a dit que le cinéma français ne savait pas créer de bons thrillers ? Tout scepticisme bu, on tient un très bon contre-exemple avec ce film soigné, dont le dénouement reste longtemps incertain. Rien n'a gâché le plaisir que j'ai ressenti à pénétrer dans les coulisses de l'aviation civile. Mieux: en tête d'affiche, Pierre Niney est à nouveau excellent !

9. La traversée
S'il fallait ne retenir qu'un seul film d'animation de 2021, je citerais celui-là ! Florence Miailhe - que j'ai découverte du même coup - signe un premier long d'une qualité plastique ébouriffante et fait preuve d'une grande dignité au moment de nous parler du sort des migrants. Elle s'adresse aux enfants, oui, mais pas uniquement. Un talent brut !

10. Délicieux
Comme souvent, le choix du dernier plat de ma sélection gourmande n'a pas été le plus facile. Si j'ai tranché en faveur de cet hommage marqué à la grande cuisine, c'est sans doute pour confirmer mon goût pour le bon cinéma en costumes ! Isabelle Carré et Grégory Gadebois devraient vous convaincre de passer à table, si vous hésitez encore...

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Un mot de conclusion...

Huit films français dans mon top 10: c'est tout simplement inédit ! NB: 171 sont sortis l'année dernière (contre 125 seulement en 2020). Malgré les circonstances sanitaires, ce millésime écoulé restera donc comme l'un de mes plus fastes pour ce qui est des films "tricolores". Statistiquement, ils ont pesé pour 47,12% de mon total, tous supports confondus. À voir si cette tendance se confirmera en 2022. Pas sûr...

Et des comparatifs possibles...
D'autres tops sont proposés chez Pascale, Dasola, Strum et Benjamin. NB: le mien a d'emblée exclu les quelques reprises vues sur écran XXL.

mercredi 26 janvier 2022

2021 pour l'émotion

Allez ! Je l'avais promis: je vous propose aujourd'hui un top des films qui m'ont procuré le plus d'émotion l'an passé, parmi ceux que j'ai vus à la télé ou en DVD (en y ajoutant un onzième en "mention spéciale"). Comme celui de lundi, ce classement est bien entendu 100% subjectif. De ce fait, il est évidemment tout aussi ouvert à vos commentaires...

1. Le jardin des Finzi Contini
Ce que je disais avant-hier à propos de Fellini est tout aussi valable pour De Sica: son immense talent n'est sans doute plus une révélation pour moi, mais je suis heureux d'avoir découvert ce très grand film. C'est l'un des plus solides de ceux qui évoquent la Shoah. Un sommet !

2. Abouna
Le cinéma africain présent sur l'un de mes podiums: une première depuis 2016. Oui, j'ai tout aimé de ce film magistral, à commencer par l'intensité des deux jeunes acteurs. Sans concession, le scénario renonce à toute idée de happy end factice. Et n'en est que plus fort...

3. Madadayo
Le dernier film d'Akira Kurosawa est une merveille que tout esthète amoureux du cinéma asiatique devrait apprécier. Le vieux maître japonais achève sa formidable carrière sur un vrai-faux autoportrait bouleversant. Un chef d'oeuvre pudique jusqu'au superbe dernier plan.

4. Rosa la rose, fille publique
Là encore, honneur aux "vieux de la vieille": s'il est vrai que Vecchiali n'avait encore que 54 ans à la sortie de cet opus, l'extrême beauté des mélodrames qu'il invente peut durablement marquer la rétine. Comment ne pas tomber amoureux de Marianne Basler ? Je l'ignore...

5. Mission
De ce film, je n'ai longtemps connu que le très célèbre air de hautbois composé par Ennio Morricone. Cet indéniable délice pour les oreilles sublime encore ce qui est également un absolu régal pour les yeux. Une référence - et quelle que soit la place de la religion dans nos vies.

6. La randonnée
Une curiosité tout droit venue d'Australie dont le récit se dévoile progressivement et émerveille au plus haut point. Il est ici question d'une rencontre entre deux peuples en général séparés l'un de l'autre. Peuvent-ils s'accorder ? La réponse après un long voyage dans le bush.

7. Voyage au bout de l'enfer
Le Vietnam comme vous ne le verrez même pas dans les livres d'histoire ! Cimino ose réinventer la plus horrible des guerres récentes menées par l'armée américaine, mais dresse avant tout le portrait intime d'une génération sacrifiée. Et ses acteurs ? Tous magnifiques !

8. Cessez-le-feu
1918. La paix retrouvée n'est pas une bénédiction pour tout le monde. C'est ce que nous explique ce beau film, porté par une distribution remarquable (Romain Duris, Céline Sallette et Grégory Gadebois). Impossible de le nier: sur la Grande Guerre, c'est une belle référence !

9. L'extraordinaire voyage de Marona
France, États-Unis et Japon: trois pays dominent la production animée présentée sur ce modeste blog. J'ai toutefois eu un vrai coup de coeur pour cet opus roumain, destiné aux enfants ET aux adultes. S'intéresser à la vie d'une chienne peut sembler inutile... et pourtant !

10. Les lumières du faubourg
Kaurismäki est depuis longtemps l'un des cinéastes de mon Panthéon personnel et m'a une nouvelle fois séduit avec ce beau film triste. Entre fiction et réalité, poésie et pragmatisme, une perle du Nord ! Ce cinéma est unique, je pense. Et à sa façon, il réchauffe le coeur...

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Et à présent, comme mentionné au départ...

J'accorde une mention spéciale à Soy Cuba: ce grand film soviétique aurait sans nul doute eu sa place parmi les dix premiers, mais le fait est que je n'en ai vu que la moitié, diffusion en ciné-concert oblige. Ouf ! Je n'ai pas perdu une miette des films récents que j'ai visionnés en salles: j'en tirerai un dernier top 10. À découvrir ce vendredi midi !

lundi 24 janvier 2022

2021 pour le plaisir

Avertissement: il vous faudra attendre encore une semaine complète avant ma prochaine chronique-critique. L'heure est en effet venue d'évoquer les meilleurs des films que j'ai découverts l'année dernière. Pour commencer, je vais citer ceux qui m'ont procuré le plus de plaisir parmi les 124 que j'ai vus à la télé ou en DVD. Un listing de dix + un...

1. L'étoffe des héros
La conquête de l'espace est décidément une belle source d'inspiration pour les cinéastes ! Cette fresque nous ouvre un très vaste panorama sur tous ceux qui ont permis que l'homme s'envole vers les étoiles. Passionnant, épique, inspiré du côté casting... et en prime, un Oscar.

2. La dolce vita
Je n'ai pas attendu 2021 pour aimer Fellini, mais cette découverte tardive est de celles que je n'oublierai probablement pas de sitôt. J'ignore si le maître était aussi désabusé que son film, mais le regard porté sur son pays le laisse supposer. Et Mastroianni est prodigieux...

3. Il était une fois la révolution
Et revoilà Juan et John ! Interloqué, je me suis finalement demandé si j'avais déjà suivi leurs tribulations jusqu'au bout. Ce qui explique que, dans le doute, je les replace sans plus tarder sur le piédestal qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Leone était un géant, à l'évidence.

4. The dead don't die
Absurdement drôle ou drôlement absurde ? Je vous laisserai choisir. Ce qui est sûr, c'est que je me suis bien marré devant les aventures improbables d'Adam Driver et Bill Murray chasseurs de zombies. Jarmusch en remet même une couche sur l'état de l'Amérique. Mortel.

5. Tueurs
Un thriller musclé et qui réinvente quelque peu les codes du genre. Encore une fois bluffé par Olivier Gourmet, j'ai aimé la noirceur absolue de ce film d'allure assez ordinaire, mais qui dépote sévère. Mention spéciale pour Bouli Lanners, juste parfait... à contre-emploi !

5 (ex-aequo). L'affaire SK1
Impossible de départager ce film et le précédent ! Cet autre polar avec Olivier Gourmet aborde avec justesse chaque détail d'un dossier criminel, depuis les bureaux du quai des Orfèvres jusqu'à la cour d'assises. La reconstitution minutieuse - et haletante - de faits réels.

7. Le rapace
Je plaide pour le vintage et l'un de mes "chouchous": Lino Ventura. Mercenaire d'une énième révolution sud-américaine, l'ancien tonton flingueur a visiblement perdu ses illusions, mais pas son bon coeur. Un tout premier opus avec José Giovanni et un beau film d'aventures.

8. La vie de château
Son statut de reine du cinéma français fait souvent oublier la force comique de Catherine Deneuve. Ici, très en forme devant la caméra virevoltante de Jean-Paul Rappeneau, elle est d'autant plus à son aise qu'en face, Philippe Noiret est limite apathique. C'est vraiment drôle !

9. Outland : Loin de la Terre
Une solution possible pour se consoler de la mort de Sean Connery. Cette improbable odyssée dans la combinaison d'un shérif de l'espace n'est sans doute pas son meilleur film, mais attendre avec lui l'arrivée des méchants s'avère assez agréable. Avis aux amateurs (du genre)...

10. Victoria
Est-ce un effet du gros embouteillage de films lié à la crise sanitaire ? J'ai vraiment l'impression d'avoir vu Virginie Effira partout en 2021. Cela dit, je ne m'en plains pas: j'ai notamment passé un bon moment devant cette vraie-fausse comédie. Avec un Vincent Lacoste épatant !

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Pour finir et pour conclure...

J'accorde une mention spéciale à Une joie secrète, documentaire étonnant (et exaltant) sur une danseuse pas comme les autres. Rendez-vous ce mercredi pour la révélation de mon top 10 "émotion" !

samedi 22 janvier 2022

Juan et John

Au soir de la dernière Saint-Sylvestre, j'ai tenu à terminer l'année avec un grand classique du cinéma - un choix validé par mes parents. J'ai décidé de regarder Il était une fois la révolution, qu'on présente comme l'ultime western de Sergio Leone (ce qui m'interroge un peu). Autant le dire illico: le maestro italien m'a une nouvelle fois ré-ga-lé !

Il était une fois la révolution
nous emmène au Mexique, vers 1913. Aux heures d'une impitoyable guerre civile, le hors-la-loi Juan Miranda tire ses marrons du feu comme pater familias d'un groupe criminel adepte des attaques de diligences. Un beau matin, miracle: un hasard malicieux place sur sa route un dénommé John H. Mallory, Irlandais spécialiste des explosifs en tous genres ! Une vraie bénédiction ! Après quelques péripéties, les deux hommes s'associent de bon coeur sur la foi d'un idéal commun et, surtout, dans l'idée que leurs talents combinés pourraient les aider à devenir riches sans trop se fatiguer. En réfléchissant un peu, on trouvera toujours une banque à braquer...

J'ai lu une chose que je trouve très juste: chez Sergio Leone, le trivial côtoie toujours le lyrique. En clair, ses personnages emblématiques agissent souvent comme des sagouins, mais dans un contexte historique dessiné avec une rigueur beaucoup plus froide. Mon film d'aujourd'hui ne fait pas exception: Il était une fois la révolution relate les aventures picaresques de deux hommes hauts en couleurs et, dans le même temps, évoque un Mexique soumis aux exactions d'un dictateur sanguinaire. Après une première partie assez rigolote destinée à camper ses deux principaux protagonistes, le scénario renverse la table et la comédie devient presque un drame implacable !

Il était une fois la révolution
est aussi traversé par la mélancolie. Alors qu'il est question de bâtir un autre avenir, quelques séquences muettes évoquent le passé d'un des deux héros et nous expliquent pourquoi celui-ci est tellement exalté à l'idée de bousculer l'ordre établi. Simultanément, le film nous montre combien il est difficile d'aller jusqu'au bout de ses rêves et nous annonce que le prix à payer est le plus souvent exorbitant, parce que lié aux illusions perdues. D'ailleurs, en citant Mao Zedong, Sergio Leone le rappelle dès le début de son film: "La révolution est un acte de violence". Démenti cinglant à ces braves innocents qui espéraient encore finir les mains pleines...

Heureusement, pour adoucir les moeurs et peut-être aussi atténuer quelque peu la dureté du monde, il reste la musique. Les tribulations de ces types ordinaires devenus des libérateurs sans l'avoir voulu n'auraient pas cet impact émotionnel si elles n'étaient pas sublimées par les magnifiques mélodies d'Ennio Morricone. Parfait complément d'une mise en scène flamboyante, les notes du grand compositeur romain vibrent comme jamais, tout au long de scènes d'une beauté sidérante. Mention spéciale pour celle qui, de nuit et sous une pluie battante, vient révéler une trahison à laquelle je n'osais pas croire. Conclusion: Il était une fois la révolution demeure un film IMMENSE !

Il était une fois la révolution
Film italien de Sergio Leone (1971)

J'ai déjà dit beaucoup de choses dans cette chronique et je suppose que mes étoiles sont tout aussi explicites pour témoigner du plaisir que j'ai ressenti à la (re)découverte de ce bijou à l'éclat inaltérable ! Difficile de lui trouver un équivalent: un film comme El mercenario parle du Mexique et me plaît beaucoup, mais pour son aspect ludique. Côté fresques à l'italienne, j'admire aussi 1900 - sur un autre sujet...

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Pour aller plus loin, j'ai d'autres références...

Vincent n'a pas hésité à aborder le film à deux reprises: ici et . Envie de poursuivre encore ? Strum et Lui en ont également fait écho.

vendredi 21 janvier 2022

Un loup pour ami

J'ai passé la fin d'année dernière chez mes parents et c'est Mystère que nous avons choisi pour la dernière séance de cinéma de 2021. Dans le somptueux décor du Cantal, ce joli petit film raconte l'histoire d'une gamine qui croyait avoir adopté un chien et qui, en fait, élevait un louveteau ! À quelques détails près, c'est vraiment arrivé, dit-on...

La période de Noël étant propice à ce genre de récits, j'ai été content d'écouter celui-là et de me laisser entraîner au coeur de la nature. J'imagine volontiers que les plus jeunes adoreront ce vrai-faux conte hivernal, mais aussi que les adultes pourront y trouver... leur compte. La beauté des images est souvent à tomber et donne envie de plier bagage pour aller visiter cette région rustique et méconnue. Mystère ne cache rien de ses intentions bienveillantes à l'égard de ces espaces dits sauvages: son titre en trompe-l'oeil correspond en fait au nom donné à l'animal recueilli par la gamine (comme à celui qui l'a inspiré). Sauf à avoir perdu son âme d'enfant, dur dur de ne pas être attendri !

Autre intérêt de ce long-métrage: il permet de retrouver deux acteurs un peu sortis des radars, j'ai nommé Marie Gillain et Vincent Elbaz. Vraiment convaincant, le trio qu'il forme avec la petite Shanna Keil fait plaisir à voir, bien secondé parfois par quelques personnages secondaires attachants, tel le tonton-gâteau joué par Éric Elmosnino. Tchéky Karyo - que je crois ne plus voir qu'en vieux sage à la barbe fournie - livre lui aussi une partition sympathique, tout en douceur. Inutile d'épiloguer: Mystère ne restera sûrement pas dans les annales du cinéma français, mais sa modestie joue clairement en sa faveur. Une solution valable lorsque vos kids voudront voir du (bon) cinéma...

Mystère
Film français de Denis Imbert (2021)

Rien d'exceptionnel là-dedans, mais un scénario décent et une mise en scène mettant en valeur le beau cadre naturel: le pari est gagné. Dans le même genre, Le renard et l'enfant m'avait paru plus âpre pour les plus jeunes de nos chers marmots (ceux de 6-8 ans, disons). Un dessin animé comme Le peuple loup pourrait offrir un plan B acceptable. On peut aussi choisir de remonter le temps avec Alpha...

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Encore hésitants à voir le film ?

Je peux le comprendre. Pascale vous aidera peut-être à vous décider !

jeudi 20 janvier 2022

Hormones, etc...

Anecdote personnelle: fils unique, je fais (presque) figure d'exception dans ma famille paternelle, puisque mes cousins ont tous des frères et soeurs - et souvent plusieurs enfants. Il me reste donc le cinéma pour me plonger dans les histoires de fratries et autres liens du sang. C'est ce que j'ai fait devant Le test, un p'tit film de la fin décembre...

À vrai dire, au moment d'entrer dans la salle, je n'étais pas rassuré sur ce qui allait suivre. La bande-annonce laissait imaginer l'histoire d'une famille stressée après la découverte d'un test de grossesse positif dans la poubelle de la salle de bains. Le film que j'ai découvert vaut mieux que ce résumé rapide. Chronique d'une tribu soudée fragilisée par une poussée d'hormones, il est plus fin qu'il n'y paraît. Alexandra Lamy - que l'on critique souvent pour son jeu limité - assure une belle prestation et conduit petit à petit le long-métrage vers le portrait d'une mère aimante, mais survoltée et intrusive. Évidemment, c'est fait pour rire, mais il n'est pas interdit d'y penser !

Pour cela, on peut miser sur Philippe Katerine, dont l'attitude lunaire se teinte de couleurs un peu plus "sombres" (entre GROS guillemets). L'air de ne pas y toucher, Le test parle en effet de quelques sujets sérieux: la confiance, le passage à l'âge adulte, les responsabilités parentales, le choix de faire des gosses ou non... c'est intéressant ! L'une des forces du scénario est de ne pas faire peser de pression trop lourde sur les épaules de ces personnages, ce qui les rend tous attachants, d'autant que leurs personnalités évoluent quelque peu. Conclusion: j'ai passé un bon moment avec cette smala de cinéma. Mention spéciale pour les acteurs qui jouent les ados: Matteo Perez, Joaquim Fossi et Chloé Barkoff-Gaillard se montrent convaincants. J'espère qu'ils auront attiré d'autres jeunes dans les salles obscures...

Le test
Film français d'Emmanuel Poulain-Arnaud (2021)

Je maintiens ce que je disais au tout début: c'est bien un p'tit film. Avec une relative humilité, le réalisateur parle de Cédric Klapisch, Coline Serreau et du duo Jaoui-Bacri comme ses références possibles. Il dit aussi aimer Richard Curtis, dont le Il était temps m'avait ému. Reste que, devant le long-métrage présenté aujourd'hui, j'ai repensé au Premier jour du reste de ta vie. Et j'imagine aussi à C.R.A.Z.Y. !

mercredi 19 janvier 2022

L'honneur du clan

Je me souvenais que Rob Roy racontait l'histoire d'un héros populaire écossais, mais j'avais largement oublié la nature de ses faits d'armes. C'est ce qui m'a décidé à m'offrir une petite séance de rattrapage lorsque le film est passé sur l'une des chaînes de mon opérateur Web. J'ai aussi été content de revoir Liam Neeson avant sa série de nanars.

Robert MacGregor est le chef d'un village au coeur des Highlands. Homme avisé, il se dit qu'en empruntant de l'argent à un marquis local, il pourrait investir, ne plus s'inquiéter d'un hiver qui s'annonce glacial et même dégager quelques bénéfices pour prospérer encore. Problème: l'homme auquel il demande d'encaisser la grosse somme d'argent attendue est tué par un malfaisant, qui arrive bien à écarter les soupçons en jetant le corps de sa victime à la mer. Sa confiance absolue envers les siens fait que MacGregor refuse alors d'admettre qu'il a été trahi par l'un d'eux. Notre homme ayant croisé le chemin d'un courtisan de son seigneur, il lui a trouvé une belle fête de félon. Nous voilà donc partis pour deux heures au beau milieu de la nature écossaise, dans l'attente d'une vengeance. Le paysage vaut le détour !

Il serait toutefois assez injuste de réduire Rob Roy à sa dimension plastique, même si, de fait, elle est d'une beauté remarquable. Étonné, je constate que, malgré un accueil critique honorable, le film n'a connu qu'un succès public limité (415.743 entrées en France). Sachez-le: Liam Neeson n'est pas en cause, lui qui donne une réplique très décente à Jessica Lange et Tim Roth - le plus cabotin des trois dans le costume du méchant. Bon... j'ai déjà vu bien pire au cinéma ! Comment expliquer dès lors ce score maigrichon ? Par l'impression que le long-métrage demeure d'une facture très classique, peut-être. Tout est à sa place, mais rien n'est vraiment nouveau dans cet opus. Pour moi, ce n'est pas un problème, mais certain(e)s d'entre vous pourraient regretter la sagesse du scénario et de sa mise en images. Une précision: j'avais gardé en tête que le film était assez violent. C'est le cas lors de quelques séquences, mais cela reste "raisonnable".

Rob Roy
Film américano-britannique de Michael Caton-Jones (1995)

Attention: il existe un livre de Walter Scott sur ce personnage emblématique, mais il ne raconte semble-t-il pas la même histoire ! Cette plongée dans l'Écosse du 18ème siècle vaut toutefois le détour pour les grands amateurs de films d'aventure (pseudo-)historiques. Dans le genre, je veux également plaider pour le malaimé Révolution sorti dix ans plus tôt et me rends compte que j'ai peu de références...

mardi 18 janvier 2022

Coincés ?

Il n'est pas rare de voir Cube cité comme l'un des films de référence du (bon) cinéma de genre. En 1999, le festival international du film fantastique de Gérardmer l'a honoré du Grand Prix, du Prix du public et du Prix de la critique - ce que j'ignorais encore en le regardant. Résultat honorable en France: près de 915.000 curieux dans les salles.

Ce chiffre lui vaut la 45ème place de notre box-office national 1999 et, sauf erreur, le tout premier rang des films canadiens anglophones les plus vus "chez nous". Tout cela est relativement impressionnant pour un long-métrage qui enferme ses personnages dans un labyrinthe truffé de pièges en tous genres. Qui y restera ? Et qui s'en sortira ? C'est évidemment la première question que le spectateur va se poser et pour ainsi dire l'unique enjeu du scénario. Cube a eu la bonne idée de se passer de fioriture et, du coup, d'aller directement à l'essentiel. Honnêtement, j'ai connu suspense plus ébouriffant: le défaut principal de ce huis-clos est en fait qu'on ne s'attache guère aux protagonistes. Las ! L'originalité des dangers qui les menacent n'a pas vraiment suffi à m'intéresser à leur sort. À noter que tout repose sur une logique mathématique et qu'il y a donc de quoi se triturer le cerveau en 3D. J'espérais un peu mieux, mais je ne suis pas mécontent de l'avoir vu !

Cube
Film canadien de Vincenzo Natali (1997)

Fichtre ! Wikipédia présente le film comme "une sorte de métaphore du conditionnement des êtres humains dans la société" (je cite). J'avouerai humblement que je n'ai pas poussé mon analyse jusque-là ! Je n'ai vu qu'un divertissement calibré et - relativement - efficace. D'autres huis-clos sont plus oppressants, tels que Panic room (2002). Bon, c'est toujours mieux que Les traducteurs, à mon humble avis...

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Si ma chronique ne vous suffit pas...

Je vous renvoie vers l'avis et les commentaires de "L'oeil sur l'écran".

lundi 17 janvier 2022

La maison hantée

27 mars 1940: Alfred Hitchcock vient de dépasser la quarantaine quand Rebecca sort sur les écrans. Cette adaptation du roman éponyme de Daphné du Maurier obtient l'Oscar du meilleur film l'année suivante - ce qu'aucun autre film du maître ne saura faire ensuite. Hitch en avait déjà tourné une vingtaine en Angleterre auparavant...

Rebecca est en somme une histoire de fantôme. Un personnage féminin anonyme (!) est la demoiselle de compagnie d'une veuve arrogante et franchement acariâtre, en villégiature à Monte-Carlo. Heureusement pour elle, dans un palace, elle rencontre un homme charmant, Max de Winter, qui la séduit et la demande en mariage. Les époux s'installent alors à Manderley, une somptueuse demeure appartenant à Monsieur. La jeune femme se heurte alors à l'hostilité d'une partie de la maisonnée, qui ne la trouve pas à la hauteur sociale requise pour diriger le domaine. Mission dont la première maîtresse de maison, disparue dans un naufrage, s'acquittait admirablement. Investis par Joan Fontaine et Laurence Olivier, les plus grands thèmes hitchcockiens trouvent à s'épanouir dans ce drame classique. La photo de George Barnes - lui aussi oscarisé - y invente quelques merveilles graphiques, héritières de l'expressionnisme allemand des années 20. Après avoir lu le livre, j'ai beaucoup aimé ce film, fidèle à sa source. OK, d'accord, ce n'est peut-être pas le meilleur du réalisateur, mais...

Rebecca
Film américain d'Alfred Hitchcock (1940)

Vingt ans avant Psychose, ce tout premier opus américain du maître du suspense fait déjà son petit effet. D'aucuns ont pourtant prétendu que le cinéaste ne l'aimait pas beaucoup, l'imaginant largement freiné dans ses ardeurs par son producteur, le surpuissant David O. Selznick. Vraie ou pas, cette remarque n'a absolument pas nui à mon plaisir. Pour suivre, je conseille Les innocents et/ou Bunny Lake a disparu !