mercredi 18 septembre 2019

Soyons solidaires !

Un tout petit mot aujourd'hui pour vous encourager à aller au cinéma. Depuis aujourd'hui et jusqu'à mardi prochain inclus, les instances représentatives du septième art en France ont décidé d'offrir un euro aux Restos du coeur pour toute place achetée. Cette somme modeste n'est en rien dérisoire: elle correspond en effet à un repas entier. L'année dernière, les Restos en ont distribué 130 millions: c'est dire combien ils restent utiles, 34 ans après leur lancement par Coluche. Pour lire un max d'infos, il suffit d'un clic sur www.restosducoeur.org !

lundi 16 septembre 2019

Les deux du musée

Parce que le théâtre ne lui a jamais vraiment réussi, Franck décide d'en finir avec sa carrière de metteur en scène. Ses amours culturelles le poussent alors à devenir... gardien de musée ! Plutôt bien accueilli par ses collègues, il s'attire pourtant - et sans raison - les foudres d'une autre agente: Sibylle. Mais, au final, la belle va le surprendre...

Bon... je n'avais rien lu de très élogieux sur Je promets d'être sage. C'est en fait la perspective de retrouver le sympathique Pio Marmaï dans le rôle principal qui m'aura finalement poussé à franchir le pas pour une séance cinéma en compagnie de mes parents. Et ? Le bilan n'est pas très bon: le film s'avère assez dispensable, même si le fait qu'il s'agisse d'un premier long-métrage m'incite à la mansuétude. D'une manière générale, j'ai trouvé que tout cela était bien trop long à se mettre en place avant une conclusion précipitée (sinon bâclée). Autre bémol: les personnages secondaires sont quasi-fantomatiques. Vous l'aurez compris: la déception pointe du coup le bout de son nez...

La folie douce du personnage de Léa Drucker aurait mérité mieux. Plusieurs critiques que j'ai pu lire analysent le film comme le récit d'une rencontre - fort improbable - entre deux inadaptés sociaux. Admettons: il y a effectivement une part de vérité. Il est regrettable que le scénario n'aille pas plus loin et... reste sage, effectivement. Après, je n'ai rien vu de honteux là-dedans, hein ? Je veux dire aussi que j'ai apprécié la toute fin, avec quelques belles images tournées quelque part sous le soleil du Portugal (chuuuuut, pas de spoilers !). Dans l'ensemble, l'accueil réservé à ce modeste projet franco-français n'est pas mauvais. Et, l'ai-je déjà dit ? Le duo vedette tient la route. L'alchimie n'était pas gagnée d'avance, mais oui, cela fonctionne. Parfois, il faut, je crois, savoir ne pas trop en demander au cinéma...

Je promets d'être sage
Film français de Ronan Le Page (2019)

Ma note est un peu sévère, mais je crois qu'elle est également juste. Encore une fois, tout cela manque de rythme (et de consistance). D'aucuns ont cru pertinent de tracer un parallèle entre les personnages ici présents et ceux des films de Pierre Salvadori. Cela se tient ! J'aimerais revoir Les apprentis pour mieux en juger. Je vous renvoie pour l'instant à d'autres opus: Cible émouvante, Dans la cour, etc...

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Si ma chronique ne vous a pas convaincus...

Je vous rappelle que vous n'êtes plus qu'à un clic de celle de Pascale.

dimanche 15 septembre 2019

Un tableau volé ?

Zut ! J'ai vite oublié les détails de L'affaire Chelsea Deardon. Ce film se déroule dans l'univers des galeries artistiques (et les années 80). La jeune héritière d'un peintre décédé dans un incendie redécouvre dans une galerie un tableau qui lui avait été offert. Son avocate convainc le procureur de collaborer pour que puisse surgir la vérité...

Bon... la vérité, c'est que j'ai regardé le film pour Robert Redford. Heureusement que ce n'était pas dans l'espoir de voir une chronique judiciaire réaliste ! L'affaire Chelsea Deardon m'est en fait apparu comme un divertissement honnête, sans éclat, mais sans prétention. Avec amusement, je me suis dit qu'il avait été imaginé pour la gloire de sa vedette masculine: sur l'affiche française, ce très cher Bob affiche un sourire bien plus resplendissant que celui des comédiennes installées avec lui, la brune Debra Winger et la blonde Daryl Hannah...

La nostalgie des eighties n'est plus (toujours) ce qu'elle était. Sorti temporairement de l'oubli, ce long-métrage pourrait y retourner illico sans que ce soit un scandale. Pourtant, je ne veux pas être méchant avec lui: ma passion pour le cinéma s'accommode très bien, de temps à autre, de ce genre de "petits" films. L'affaire Chelsea Deardon conserve tout de même quelques qualités pour une soirée relax. Wikipédia le classe parmi les "comédies policières". Je précise juste qu'il n'est pas utile de connaître le droit américain pour comprendre...

L'affaire Chelsea Deardon
Film américain d'Ivan Reitman (1986)

C'est une évidence: arrivé après Out of Africa dans la longue carrière de Robert Redford, ce modeste long-métrage n'a pas le même impact. C'est vrai que j'espérais mieux, mais je ne suis pas VRAIMENT déçu. Vous cherchez un meilleur plan pour infiltrer les prétoires américains ? Je conseille plutôt L'idéaliste ou le classique 12 hommes en colère. Avec le respect que je dois à Ivan Reitman, depuis S.O.S. fantômes !

samedi 14 septembre 2019

Tout un fromage

Un enchevêtrement de fils de pêche translucides. De petits morceaux de miroir. En complément: du ruban adhésif et du polytéréphtalate d'éthylène. Des rideaux de douche pour enrober le tout. Il paraîtrait qu'avec ces divers ingrédients, on peut fabriquer une fausse rivière. La recette émane des animateurs de mon film du jour: Les Boxtrolls !

Dans une Angleterre victorienne de fantaisie, les habitants de la ville imaginaire de Cheesebridge se délectent des fromages les plus variés et tâchent de protéger leurs enfants d'étranges créatures nocturnes censées vivre sous terre. Ils se souviennent qu'un bébé fut kidnappé voilà longtemps déjà et font confiance aux notables qui leur assurent que tout danger n'est pas nécessairement écarté. Cet argument scénaristique se déroule sans grande surprise, mais sans réel temps mort: sur environ cent minutes, Les Boxtrolls ne m'a jamais ennuyé. J'ai apprécié ce récit, tiré des Chroniques de Pont-aux-Rats, un roman d'aventures du britannique Alan Snow. Voilà, je n'en sais guère plus...

Si ! Je peux vous dire que l'animation est réussie selon la technique toujours très utilisée du stop motion. En clair, l''image de synthèse cède sa place à des objets bien réels, dotés de volumes. Ces derniers sont légèrement déplacés entre deux prises de vue pour créer l'illusion du mouvement. À raison de 24 images par seconde, c'est du boulot ! Du boulot payant, en fait, puisque, comme d'autres films d'animation d'inspiration voisine, Les Boxtrolls possède un charme bien à lui. Plutôt destiné aux enfants, il n'a connu en France qu'un succès modeste, avec un peu plus de 470.000 entrées lors des trois semaines de son exploitation en salles (97ème place du millésime). Dommage...

Lex Boxtrolls
Film américain de Graham Annable et Anthony Stacchi (2014)

Un bel exemple de ce qu'on peut faire de sympa avec le stop motion. Sans en ajouter, c'est ce que je retiendrai de ce divertissement familial de bonne facture. Vous voudriez en voir d'autres ? Il y en a ! De mémoire, Coraline (du même studio Laika) est un peu plus dark. Je préfère L'étrange Noël de Monsieur Jack ou Wallace et Gromit. Un dernier tuyau: ne négligez pas Chicken run et Fantastic Mr. Fox !

jeudi 12 septembre 2019

Un peu de piquant

Il faut croire qu'écrire des choses drôles conserve. Auteur de théâtre français né en 1923, Pierre Barrillet n'est décédé qu'en janvier dernier. Jean-Pierre Gredy, son associé, vit le jour en Égypte en 1920 et est toujours vivant ! Fleur de cactus, une pièce de 1964, triompha à Paris et Broadway, juste avant d'être adaptée au cinéma !

Parce qu'il ne veut pas se marier, Julian Winston, dentiste réputé, prétend à sa jeune amante... qu'il l'est déjà. La belle, bien plus jeune que lui, supporte mal d'être délaissée, tente un suicide au gaz, s'endort vaguement et est finalement sauvée par son voisin de palier. Pourtant, elle reste accrochée à ses illusions avec Docteur Quenottes. Lequel tente de convaincre sa secrétaire dévouée de l'aider à prouver qu'il a bel et bien déjà un engagement ferme avec femme et enfants. Bon... voilà un bon petit vaudeville. Rien d'absolument incontournable sans doute, mais un petit bonbon charmant et vintage, à l'immoralité douce. J'y ai pris un plaisir certain. Conseil: ne boudez pas le vôtre...

Si le couple premier formé par Walter Matthau et une Goldie Hawn débutante vous laisse froid, je précise que le rôle de la blondinette convint l'Académie de lui donner un Oscar dès son premier essai, tout de même ! Toujours hésitants ? Vous serez peut-être ravi de croiser Ingrid Bergman dans un parfait contre-emploi de "vieille fille". Pourquoi ai-je mis des guillemets ? Parce que c'est plus compliqué. Rassurez-vous: c'est toujours divertissant et, de fait, assez enlevé. Fleur de cactus accuse le poids des ans, mais reste très regardable pour qui ne s'attend pas à voir la meilleure comédie hollywoodienne classique. Vous l'aurez compris, non ? Je n'ai nulle envie de chipoter...

Fleur de cactus
Film américain de Gene Saks (1969)

J'ai vu tout cela sur une proposition de ma maman: bon plan ! Franchement, j'ai passé un moment sympa et j'ai souvent souri. Anecdote amusante: il existe une autre adaptation de la pièce originelle, sortie en 2011 sous le titre Le mytho (ou Just go with it). Sur l'adultère, Sept ans de réflexion est quand même plus savoureux. Vous préférez une autre dose de Barillet / Gredy ? (Re)voyez Potiche !

lundi 9 septembre 2019

Vers la lumière

Vous vous méfiez des biopics ? Moi aussi. Un film "issu d'une histoire vraie" m'a tout de même séduit cet été. Je le défendrai aujourd'hui comme une oeuvre cinématographique passée (un peu) inaperçue. D'ailleurs, moi-même, je ne me suis pas précipité pour voir Yuli. J'ignorais TOUT du personnage-clé: le danseur cubain Carlos Acosta...

Avant de devenir un grand nom de l'art chorégraphique, cet artiste désormais âgé de 46 ans était un enfant d'origine modeste. Fasciné par le Brésilien Pelé, il se rêvait footballeur, mais son indiscipline conduisit finalement son père à l'inscrire dans une école de danse. Avec très probablement quelques facilités, mais sans angélisme d'aucune sorte, Yuli nous rappelle que son jeune personnage découvrit donc son talent... sous la contrainte ! Ce parcours étonnant valait bien qu'on s'y arrête deux petites heures durant: il est source d'émotions indiscutables, d'autant que le film accorde un large espace à la danse elle-même, sans céder donc toute la place aux dialogues...

L'autre excellente idée, c'est d'avoir collaboré avec un Carlos Acosta brillant dans son propre rôle, à l'âge adulte évidemment. La réalité réécrite s'écarte parfois des événements véritables, mais qu'importe. Finalement, les choses vraies reconstituées sont assez nombreuses pour offrir un beau souffle au récit, sans écarter toutefois la poésie profonde des quelques très belles séquences chorégraphiées. J'ajoute que la musique emporte le tout et qu'il est bon d'entendre ainsi quelques morceaux originaux d'Alberto Iglesias, un grand compositeur espagnol (et le complice régulier de Pedro Almodovar depuis 1995). Dans sa construction même, Yuli m'est apparu comme une oeuvre singulière. Le fait est que j'en garde un souvenir profond et durable. Un petit clin d'oeil conclusif aux trois personnes qui l'ont vu avec moi !

Yuli
Film hispano-cubain d'Icíar Bollaín (2018)

Vous vous souvenez de Billy Elliot ? Vous aviez aimé ce joli film britannique ? Celui d'aujourd'hui lui est comparé, mais je le trouve meilleur encore (sans aucun doute parce qu'il est "authentique"). J'ajoute avec bonheur son nom derrière ces grands films dansés référentiels: Chantons sous la pluie, Les chaussons rouges ou Le roi et moi. Au rayon cinéma récent, on devance largement Black swan...

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Si vous voulez suivre d'autres pas...

Je vous recommande de prolonger votre tour de piste chez Pascale.

vendredi 6 septembre 2019

Encore une bougie !

L'avez-vous lue ? Y avez-vous répondu ? En février dernier, Dasola publiait sur son blog une chronique évoquant son rapport à la lecture. Je l'ai adaptée au cinéma pour célébrer avec vous... les douze ans atteints ce vendredi par Mille et une bobines. Je veux remercier chaleureusement celles et ceux d'entre vous qui y participent parfois !

Non sans humour, interrogeons-nous sur le côté maladif de la chose ! Voici donc douze symptômes d'origine littéraire repris chez Dasola...

1 - Refus d'abandonner un film à la moitié...
Je regarde toujours les films jusqu'au bout. Générique compris.

2 - Acheteur de films compulsif...
En DVD, je me suis calmé. Je continue d'aller beaucoup au cinéma.

3 - Amnésie associée au visionnage de films...
Je ne crois pas que cela m'arrive, malgré quelques "trous" possibles.

4 - Tenir un journal de films...
C'était en fait la toute première fonction de ce blog. Ça continue...

5 - Être rebuté par le battage médiatique...
Cela peut m'arriver, mais généralement, le buzz ne me dérange pas.

6 - Culpabilité associée au temps de cinéma...
Culpabilité, non, mais conscience que ça m'occupe beaucoup... oui !

7 - Prêter des films qu'on ne me rend pas...
C'est le risque à courir, mais il va... dans les deux sens. Hum...

8 - Tendance à regarder des films plutôt que de vivre...
N'exagérons rien !

9 - Être séduit par de nouveaux films...
Inévitablement. Encore et encore. Et en restant curieux des anciens.

10 - Submergé par le nombre de films chez moi...
Pas quand même ! Mais ça peut donner cette impression, c'est vrai...

11 - Incapacité à retrouver un film...
Cela m'arrive rarement: ma collection est assez bien organisée.

12 - Ne pas savoir quels films apporter en vacances...
Faute de DVD dans mes valises, je me contente des sorties cinéma...

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Vous souhaitez prolonger le débat ?
Pas de problème, au contraire: ce serait avec grand plaisir. Maintenant, de mon côté, je m'arrête là jusqu'à lundi. Bon week-end !

jeudi 5 septembre 2019

L'amour ou l'oubli

Je n'aime pas les films larmoyants, mais je peux aimer un film triste. Vous voyez la nuance ? Tout est question de "dosage", en réalité. Parfois, je me décide presque à pile ou face et je fais donc confiance au film d'un soir pour tomber du bon côté, malgré mes hésitations. Bonne nouvelle du jour: c'est ce qui s'est passé avec Coming home...

Je vous épargnerai donc mon habituel couplet sur la banalité absolue du titre anglais de ce beau film chinois. Clairement, la traduction littérale - De retour à la maison - n'apporte rien de plus. Autant dire tout de suite que le scénario de ce long-métrage tourne effectivement autour d'un retour: celui d'un homme enfermé dix ans dans un camp de prisonniers lors de la période maoïste et qui s'efforce de rentrer chez lui après s'être évadé. Problème: si son épouse paraît troublée lorsqu'elle apprend la nouvelle, sa fille, danseuse, s'imagine dénoncer cet homme qu'elle a peu connu... et qui risque dorénavant d'attirer sur elle les foudres du parti unique. J'ai trouvé Coming home étonnant de liberté (et de courage !) pour une oeuvre chinoise. Précision: s'il a échappé à la censure et a failli représenter son pays aux Oscars, rien n'a finalement été simple. À vérifier sur Wikipédia car, pour ma part, je souhaite n'en parler que sur le plan artistique...

Cela peut aller assez vite, du coup: j'ai vu un très beau mélodrame. Sans vous expliquer tout en détail, je veux vous dire que le scénario rebondit après l'évasion, d'une façon que je n'avais pas anticipée. C'est à partir de ce rebond, qui fait suite à de longues minutes d'exposition, que Coming home est le plus vibrant, le plus intéressant aussi. Les acteurs, très inspirés, y sont pour beaucoup. Gong Li dessine un portrait de femme avec une impressionnante sensibilité. Pour vous convaincre, je dirai en outre que ses deux partenaires principaux - Chen Daoming qui joue le mari et Zhang Huiwen la fille - sont eux aussi excellents. Sur le plan formel, la qualité du travail effectué saute aux yeux: c'est bel et bien une sublime reconstitution. La musique, elle, ajoute un gros plus à l'émotion: mention spéciale pour une scène de piano sans parole, qui m'a laissé sans voix ! Retenez que je chronique ce film le 5 du mois et découvrez la suite...

Coming home
Film chinois de Zhang Yimou (2014)

Depuis l'Occident, on dit parfois que ce réalisateur est l'artiste officiel du régime chinois, car il semble en général plus soutenu qu'inquiété pour ses créations. Je ne polémiquerai pas aujourd'hui, vu que le film est parvenu à me toucher (ce qui est, je crois, sa vocation première). Après, Adieu ma concubine est certainement plus fort. Et ce film méconnu qu'est 11 fleurs vaut probablement un détour, si possible...

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Un petit mot encore...
Vous en lirez d'autres chez Pascale. Les images sont chez Ideyvonne !

mercredi 4 septembre 2019

Un tigre en prime

Restons encore un peu à Manhattan, d'accord ? La ville (imaginaire ?) de Comme des bêtes 2 ressemble énormément à la Grosse Pomme. Hein ? C'est New York ? Possible, mais j'ai déjà oublié si c'est précisé dans le film ou non. Et, très franchement, on s'en moque un peu ! L'essentiel n'est pas là, en réalité, et je ne veux guère m'appesantir...

Cette suite donnée au premier épisode - sorti il y a trois ans - regroupe plusieurs petites histoires en une. Il y est toujours question d'animaux intelligents: Max et Duke, les braves cabots du volet précédent, voient Katie, leur propriétaire, se marier et avoir un bébé. Bientôt, ils vont découvrir une terre inconnue dans une campagne jugée fort peu hospitalière, tandis que Gidget, chienne esquimau, s'associera avec Chloé, une chatte obèse, et Snowball, un lapin nain plutôt excité, pour retrouver un jouet perdu et sauver un jeune tigre blanc des griffes d'un méchant propriétaire de cirque à l'accent russe et lui-même secondé par... une meute de loups ! Vaste programme...

Soyons clairs: je pense que tout cela s'adresse plutôt aux enfants. Inutile donc d'aller y chercher un second degré quelconque en mesure d'emballer les plus grands: ce serait, je le crains, tout à fait vain. Comme des bêtes 2 ne dépasse guère la promesse de son titre programmatique. L'avantage, c'est que l'on sait d'avance qu'attendre du spectacle proposé: un simple divertissement à la saveur popcorn. Pour qui accepte ce postulat, tout se passera dans des conditions décentes: il n'y a absolument pas tromperie sur la marchandise. Détail amusant: en VO, on entend, entre autres, la voix de Harrison Ford ! En VF, on se contentera de Philippe Lacheau et Karine Le Marchand...

Comme des bêtes 2
Film américain de Chris Renaud et Jonathan del Val (2019)

Pas grand-chose de plus à signaler (ou à montrer) sur ce film basique et extrêmement prévisible: c'est l'un de ces dessins animés estivaux ordinaires dont j'ai parlé hier. Allez... je vous précise quand même que j'ai rédigé une chronique sur Comme des bêtes premier du nom. Le studio Illumination me séduit davantage avec ses productions barrées (cf. Moi, moche et méchant 2). Et Le Grinch reste sympa...

mardi 3 septembre 2019

Plume agile

Il ne faut pas désespérer de l'été ! Les habitués des salles obscures savent qu'à la saison chaude, les blockbusters "inondent" les écrans. Cela en arrive au point qu'il est parfois difficile de voir autre chose qu'un dessin animé ou qu'un énième film de superhéros. La sortie estivale d'un film comme Les faussaires de Manhattan est à saluer...

Sous ce titre français un peu foireux se cache une étonnante histoire vraie: celle de Lee Israel. Cette auteure américaine (1939-2014) s'est spécialisée dans les biographies. Son relatif succès a fait long feu quand le scénario commence: elle se décide alors à rédiger des textes plus faciles à vendre, à savoir de fausses lettres d'écrivains célèbres. Une combine d'abord menée en solo, mais à laquelle elle va associer un type encore plus paumé qu'elle, homosexuel et alcoolique. J'avoue humblement qu'avec Melissa McCarthy en tête d'affiche, j'ai bien failli me détourner de ce que je pensais être une comédie lourdingue. J'aurais alors commis une erreur: si certaines séquences sont drôles et pour tout dire caustiques, le ton général du long-métrage l'oriente plutôt vers le drame. Les faussaires de Manhattan a su me cueillir...

L'actrice principale n'est pas seule, bien sûr: dans le premier rôle masculin, Richard E. Grant restera pour moi l'une des révélations marquantes de cette année de cinéma. La minutieuse reconstitution du New York du début des années 90 apporte aussi un supplément d'âme à cette production extrêmement soignée (je n'ai pas dit lisse). Clairement, Les faussaires de Manhattan est également un film intimiste ou disons un film d'ambiance, qui distille son charme délicat par petites touches et sans jamais sombrer dans le vulgaire pathos. Nommé trois fois aux Oscars le 24 février dernier, il est reparti bredouille et n'est ensuite sorti que très tardivement dans les salles françaises. Croyez-moi: il aurait assurément mérité un meilleur sort. Oui, cette "true story" est tout à fait digne d'une audience plus large !

Les faussaires de Manhattan
Film américain de Marielle Heller (2018)

Vous l'aurez donc compris: cette histoire d'escroquerie m'a bien plu. Évidemment, ce n'est pas la première fois que le cinéma américain nous propose de nous attacher à de tels personnages "ambigus". L'arnaque aurait-il défini le genre ? Euh... il faudrait que je le revoie pour être catégorique. Du côté des films français, Au revoir là-haut reste un (bon) exemple récent de l'association tromperie / tragédie...

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Si vous voulez d'autres arguments positifs...

Je vous invite à aller les chercher du côté de chez Pascale ou Dasola.

lundi 2 septembre 2019

Chasse au monstre

La Palme d'or qu'il a reçu cette année nous invite à nous pencher aussi sur ses autres films. Courts-métrages exceptés, Bong Joon-ho en est aujourd'hui à sept... et, depuis un moment, je voulais voir The host. Au rayon du cinéma de genre, cet opus vient s'ajouter à la longue liste des films de monstre. Il le fait même avec une indéniable efficacité...

Dans un laboratoire (secret ?) de l'armée américaine, un scientifique exige de son collaborateur qu'il vide un stock de produits chimiques dans le tout-à-l'égout, alors qu'il est bien conscient qu'ils vont aboutir au fond d'une rivière voisine. Six années plus tard, l'heure est venue de payer l'addition de ce crime contre l'environnement: une créature sort de l'eau et s'attaque à un groupe de curieux, après que certains lui ont jeté de la nourriture depuis les berges du fleuve pollué. Bientôt, c'est le chaos et la zone est - mal - sécurisée par une armée assez inefficace. Le scénario se resserre alors autour d'une famille unique, dont la plus jeune représentante a été enlevée par la bête. Commence alors une course-poursuite dont je vais évidemment taire le déroulé: c'est à vous de le découvrir ou non, selon votre affinité possible pour ce type d'histoires. C'est également avec cette volonté de ne pas gâcher votre surprise que j'ai choisi d'illustrer mon propos par des images peu explicites. Le film fait le contraire: le monstre apparaît en effet en pleine lumière dès les toutes premières minutes !

Je l'ai dit et je le répète: The host est un film efficace. Les effets spéciaux sont réussis et je dois dire que j'aurais aimé voir le résultat sur écran géant pour mieux ressentir le frisson que procure généralement ce type de programmes. Bien des critiques soulignent que l'un des talents de Bong Joon-ho est de mélanger les genres. Assertion que je peux confirmer: le film que j'ai choisi de présenter aujourd'hui n'est pas exactement ce que j'appellerais un blockbuster ordinaire. Ainsi, au coeur de la peur qu'il est censé susciter, il reste de la place pour d'autres émotions et même... pour le (sou)rire ! C'est avec justesse qu'on remarquera que les protagonistes ici mis en scène sont issus d'une classe sociale peu favorisée, ce qui n'est pas anodin pour un film qui montre également une présence militaire étrangère dans un pays souverain et des militants étudiants écolos en colère. Chacun reste alors libre de prendre tout cela au degré de son choix ! Évidemment, les geeks devraient se délecter, mais je crois vraiment qu'il y a là de quoi convaincre un public plus large et prêt à trembler...

The host
Film sud-coréen de Bong Joon-ho (2006)

Pari réussi pour ce long-métrage, même s'il n'atteint pas les sommets de Memories of murder (2003) et Parasite (2019), les deux chefs d'oeuvre du réalisateur. D'autres monstres sont à retrouver du côté des États-Unis avec Cloverfield et sa non-suite, 10 Cloverfield Lane. Par souci d'originalité, vous préférerez peut-être l'étonnant Colossal ! Sauf si vous privilégiez Sans un bruit, dans l'attente d'un numéro 2...

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Attention à ne pas confondre...
The host est également le titre original d'un film de science-fiction avec Saoirse Ronan. En France, il s'appelle Les âmes vagabondes.

Vous voudriez en savoir davantage ?
Pas de souci: vous avez le choix, tant le film a su faire parler de lui. Parmi ses exégètes: Pascale, Sentinelle, Princécranoir, Strum et Lui

dimanche 1 septembre 2019

Vengeance ouvrière

Une même thématique réunit le film que je vais évoquer aujourd'hui et celui que j'ai présenté hier: le profond ressentiment des employés d'une entreprise à l'égard de leur patron. Nous changeons d'horizon géographique: cette fois, nous partons en Russie, auprès des ouvriers d'une usine condamnée, à très court terme, à l'arrêt de la production !

Sous l'impulsion soudaine d'un dur à cuire revenu de toutes les guerres passées, un groupe de six hommes se forme et choisit de faire bloc dans son refus de ce destin funeste. La solution alors envisagée consiste à kidnapper le big boss et à demander une rançon suffisante pour ensuite pouvoir couler une retraite paisible, à l'abri du besoin. Vous imaginez bien que ce ne sera pas si simple: dans la petite bande qui s'est formée, certains ne sont nullement habitués au maniement des armes, que d'autres estiment indispensables à la bonne exécution du plan commun. Factory ne se développe donc pas comme un film social: c'est en fait un thriller sur fond de crise économique, doublé d'une oeuvre coup-de-poing sur le fléau de toutes les corruptions. Notons donc qu'il s'inscrit dans un genre habituel pour le réalisateur...

Yuri Bykov ne souhaite pas voir son travail exploité à des fins politiques. Dans l'index dédié, à droite, vous pourrez aussi retrouver la référence de ses deux autres longs-métrages sortis dans les salles françaises (son tout premier restant à ce jour inédit). Au petit jeu des comparaisons, je dirais que Factory est un peu moins intense. Possible aussi que ce soit parce que je suis désormais plutôt habitué à ce type de scénario que j'ai trouvé ce nouvel opus plus convenu. Cela étant dit, je me suis pas ennuyé une seconde: le long-métrage reste généreux en rebondissements et son excellente mise en scène parvient sans difficulté à rendre toute l'affaire vraiment crédible. Côté décors, c'est bien simple: on s'y croirait ! Logique: le tournage s'est déroulé sur un véritable site industriel, en périphérie de Moscou. Le récit n'est pas daté, mais on pense inévitablement à la situation actuelle de la Russie, un pays où ce type même de cinéma "critique" n'est plus subventionné par les autorités publiques. Le film a obtenu cependant l'appui de producteurs à l'étranger - français et arméniens !

Factory
Film russe de Yuri Bykov (2019)

Le (relatif) manque de surprises ne m'empêchera pas de vous parler de ce film comme d'une réussite. J'ai notamment aimé que la fin ressemble au début, comme pour mieux "boucler la boucle". J'insiste pour dire que The major et L'idiot ! du même Bykov valent le détour. Sur les conséquences d'un licenciement, Les neiges du Kilimandjaro ou Deux jours, une nuit témoignent d'une autre vision. Encore que...

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D'autres retours à trouver sur la Toile ?
Oui, au moins un: celui de Pascale, qui se montre très enthousiaste ! Dasola est venue juste après: elle exprime sa satisfaction, elle aussi.

samedi 31 août 2019

Un choix funeste ?

L'ambition peut-elle vous pousser jusqu'au meurtre ? Roschdy Zem n'est certainement pas le premier à l'affirmer. L'acteur-réalisateur vient de s'essayer au film noir, en dressant le portrait de deux cadres d'une entreprise de BTP qui se sont auto-persuadés que leur patron s'enrichissait sur leur dos. Au point donc de vouloir en finir avec lui...

En sortant au coeur de l'été, parmi les blockbusters et dessins animés nombreux en cette saison, il me semble clair que Persona non grata n'a pas franchement bénéficié de la meilleure fenêtre d'exposition. Dommage: bien qu'assez classique, le film s'avère plutôt bien ficelé. Sa qualité première repose sur l'interprétation du duo d'acteurs principaux. Raphaël Personnaz compose un arriviste convaincant, mais je dois dire que c'est surtout Nicolas Duvauchelle que j'ai trouvé intéressant. On prête fréquemment au comédien des tourments existentiels profonds: ce qu'il exprime ici reste dans cette "logique" psychologique et m'est apparu comme particulièrement crédible. J'insiste sur ce point précis, car je ne m'y attendais absolument pas ! Au cinéma, il est toujours sympathique d'ainsi se laisser surprendre...

Roschdy Zem, lui, s'est réservé le rôle du protagoniste le plus trouble. Malgré quelques clichés faciles, c'est par lui que la tension monte progressivement. Un peu moins écrits, les personnages féminins bénéficient toutefois d'une interprétation solide: celle de Hafsia Herzi confirme joliment un talent prometteur, là où Nadia Tereszkiewicz fait montre d'un engagement hardi pour une (quasi-)débutante. Tourné sous le soleil de la région montpelliéraine, Persona non grata se joue des contrastes d'une manière aussi maligne qu'accrocheuse. Au point de vue formel, rien à signaler: c'est propre et sans fioriture. Si vous jugez de la qualité d'un long-métrage en fonction de critères esthétiques, il est possible que vous trouviez celui-là un peu fade. N'en attendez pas trop: c'est un bon moyen pour se faire embarquer...

Persona non grata
Film français de Roschdy Zem (2019)

Une mécanique bien huilée pour un film efficace: le bilan est positif. Le personnage de Roschdy Zem m'a rappelé celui de Robert de Niro dans Les nerfs à vif, du fait de cette constante menace qu'il incarne. Les Américains seraient-ils plus doués que nous au rayon thrillers ? J'ai déjà évoqué Le rêve de Cassandre, un Woody Allen méconnu. Dans ce même style d'engrenage, c'est encore plus pervers, je crois...

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Une précision d'ordre littéraire...

Ce film noir à la française est le remake d'O invasor, un long-métrage brésilien sorti en 2002 et lui-même tiré d'un roman de Marçal Aquino.

Un autre avis vous intéresserait ?
Il me semble que, dans l'ensemble, Pascale a plutôt bien aimé le film.

vendredi 30 août 2019

En quête d'équilibre

Près de 4.500 kilomètres et un périple routier long d'une quarantaine d'heures au moins: c'est ce qui attend les fadas qui feraient le trajet entre Newark, grande ville du New Jersey, et Los Angeles, Californie. Daniel et sa mère effectuent ce grand voyage dans une vieille bagnole au démarreur fragile. C'est supposé être le début d'une nouvelle vie...

Daniel ? C'est le personnage clé de Karaté Kid - Le moment de vérité. J'allais bientôt avoir dix ans quand le film est sorti sur les écrans français, à l'automne 1984. L'ai-je vu au cinéma ? Je ne crois pas. Expliquer mon intérêt pour ce long-métrage par un réflexe nostalgique ne me semble pas vraiment me montrer fidèle à la réalité des faits. Bref... c'est avec une certaine curiosité que je me suis replongé récemment dans cette production, grimpée jusqu'à la cinquième place du box-office américain cette année-là. Le scénario suit donc un ado dans la découverte d'un environnement inconnu et peu accueillant ! D'abord ravi de passer une soirée sur la plage avec quelques amis rencontrés rapidement, Daniel déchante vite: au collège, son souhait de s'intégrer sans faire de bruit se heurte à l'opposition agressive d'une bande de pseudo-loubards à moto. L'un deux, Johnny, est l'ex d'une jolie pom-pom girl dont le nouveau venu s'est aussitôt entiché. Heureusement, un vieux concierge asiatique va alors prendre Daniel sous son aile et tenter de le replacer sur le chemin de l'équilibre zen...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les clichés volent bas ! Maintenant, pas question de tout jeter: il me semble que le film demeure conforme à ce que l'on est objectivement en droit d'attendre d'une production dédiée aux teenagers des années 80. Cela veut dire que, si vous espérez une certaine complexité dans la caractérisation des personnages, vous devriez passer votre chemin sans état d'âme. Karaté Kid - Le moment de vérité cible les 14-16 ans, je dirais. L'aspect le plus amusant de la chose, c'est que Ralph Macchio, l'acteur qui interprète le jeune héros, en avait déjà 22 lors du tournage. Constat identique pour Miss Elisabeth Shue, qui avait dépassé les 21. Dans la distribution, le nom de Noriyuki "Pat" Morita, comédien d'origine japonaise, mérite au moins d'être mentionné: ex-technicien dans l'aéronautique, il finit par obtenir son rôle après plusieurs essais infructueux, aux dépens du grand Toshiro Mifune, jugé trop sérieux. Or, sa prestation lui valut tout de même une nomination à l'Oscar. Avec le recul, ses répliques en "petit nègre" semblent bien décalées...

Karaté Kid - Le moment de vérité
Film américain de John G. Avildsen (1984)

Trois étoiles pour le film et une demie pour la nostalgie, malgré tout. J'ai noté avec amusement que, pour la première sortie dans les salles françaises, le titre retenu n'était autre que Le moment de vérité. Inégale, l'année 1984 est riche en productions geek comme Runaway, Le flic de Beverly Hills, Indiana Jones et le temple maudit, Terminator ou S.O.S. fantômes. Je vous laisserai faire votre choix...

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Un triomphe, vraiment ?
En France, le film n'a attiré qu'un peu plus d'un million de spectateurs. Restent, aux States, un large succès, trois suites dont une féminine autour de Hilary Swank, un remake avec Jackie Chan et Jaden Smith et même... une série, dont la troisième saison est attendue en 2020 !

jeudi 29 août 2019

Mémoire de poisson

"Une mémoire de poisson rouge": ainsi parle-t-on de ceux qui oublient tout en moins de temps qu'il n'en faut aux bêtes nageuses pour faire un tour de bocal. Surprise: du côté de chez Pixar, la bestiole étourdie est de couleur bleue. Son nom: Dory. Les vrais spécialistes du monde marin parlent, eux, de "poisson-chirurgien" (Paracanthurus Hepatus) !

Vous la (re)connaissez ? En fait, sa toute première apparition à l'écran remonte à 2003, dans un chouette dessin animé: Le monde de Nemo. Après bien des tergiversations, il fut donc décidé de donner une suite à ce premier épisode, avec pour titre Le monde de Dory ! J'ai profité de son passage à la télé en juillet pour rattraper ce second volet. Franchement, j'ai bien aimé: le savoir-faire de Pixar est incontestable en matière d'animation et se maintient de fait à un très haut niveau. Même si je préfère voir le studio plancher sur des scénarios originaux qu'à partir d'anciennes recettes, le plaisir l'emporte à chaque fois. Pourquoi donc y renoncer ? Je ne vois aucune raison, pour tout dire...

Accepter de plonger vers le fond des océans en si joyeuse compagnie garantit de passer un bon moment, d'autant plus que nos hôtes forment un bestiaire bigarré et rigolo. La cheffe de file déjà citée fraye en effet avec un poulpe-caméléon roi de l'évasion, une baleine perturbée par la myopie, un bélouga adepte du sonar ou des otaries paresseuses. Seul bémol à mon enthousiasme: Le monde de Dory raconte presque la même histoire que son prédécesseur, de manière encore plus folle, mais toujours en proposant une course-poursuite entre humains et animaux, soucieux en somme de garder la mainmise sur leur destin et leur milieu naturel. De là à y dénicher un sous-texte écolo, il y a un pas que je ne franchirai pas: on reste dans le domaine du divertissement. Et c'est bien ainsi: les kids devraient se ré-ga-ler !

Le monde de Dory
Film américain d'Andrew Stanton et Angus MacLane (2016)

D'après moi, avoir (re)vu Le monde de Nemo n'est pas indispensable pour appréhender cette suite, mais cela reste une bonne idée en soi. Et cette fois, c'est sûr: le Gang de requins de Dreamworks, le studio concurrent, est relégué... aux oubliettes ! Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le meilleur Pixar que je connaisse: je mets Monstres et Cie au-dessus, avec Wall-E, Là-haut et Coco. Une liste non exhaustive...

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Si vous voulez pousser plus loin votre exploration...
Ideyvonne pourrait répondre à votre soif d'images. Dasola et Pascale restent, elles aussi, à portée de clic pour donner leur avis sur le film !

mercredi 28 août 2019

De l'art ou...

Je vous l'ai déjà dit plusieurs fois: je suis curieux des premiers films. Découvrir l'oeuvre qui lance la carrière d'un réalisateur m'intéresse beaucoup, dans la mesure où elle peut constituer un "avant-propos" ou un indice sur ce qui va suivre. Aujourd'hui, un premier film césarisé - et audacieux - sorti à l'automne 2011: Le cochon de Gaza !

Jafaar est pêcheur en Palestine. Il vit dans une modeste maison éventrée par une bombe, très chichement. Quand il part en mer chercher de quoi subsister, pas de miracle: il ne revient jamais qu'avec quelques poissons et de nombreux détritus en tout genre. Pourtant, un jour, quelque chose de plus massif semble s'être pris dans ses filets: alors qu'il les remonte, Jafaar, un peu affolé, découvre qu'il s'agit d'un porc, dont il apprendra bientôt l'origine vietnamienne. À partir de cette rencontre improbable avec un animal jugé impur, le film dresse un portrait décalé des territoires occupés par Israël et s'avère être une drôle de comédie. Un film très insolite...

Compte tenu de la nationalité de son auteur, j'ai choisi d'en parler comme d'une production française, mais le tournage a aussi bénéficié de l'apport de financiers belges et allemands. Au final, un quasi-flop au box office, avec à peine plus de 287.000 entrées sur le territoire français. Je tiens à le dire: le film mérite tout de même mieux ! Habituellement, son réalisateur (et scénariste) exerce la profession de journaliste: il raconte que l'idée de cette histoire lui "est tombée du ciel, à partir de différentes anecdotes et de souvenirs diffus". L'idéal est donc de considérer Le cochon de Gaza comme une fable contemporaine, en admettant du coup qu'il puisse y avoir une morale derrière cette fiction un peu folle. En tout cas, d'après mes sources habituelles, le film a séduit à l'international, puisqu'il a été diffusé dans une quinzaine de pays. Ce n'est absolument pas un pamphlet politique: sur le terrain sensible qui est le sien, il entend dénoncer l'absurdité d'une situation, mais sans pencher pour un camp donné. Désormais, ce sera à vous de juger s'il est parvenu à relever le défi...

Le cochon de Gaza
Film français de Sylvain Estibal (2011)

Partir d'un animal pour mieux parler des hommes: je reconnais volontiers que le principe n'est pas très innovant. Mais il fonctionne ! Sans en faire des caisses, ce petit film m'a plu et a su m'emmener vers une conclusion que je n'avais pas anticipée. Parce qu'il a l'allure d'un conte, j'ai repensé à Ali, la chèvre et Ibrahim. Si vous préférez une vision réaliste de la Palestine, je vous suggèrerais plutôt Omar...

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Une petite précision...

Sasson Gabai, l'acteur principal, est israélien. Il joue dans des films locaux tels La visite de la fanfare, Le procès de Viviane Amsalem...

Vous jugez que je n'en ai pas dit assez ?
Je vous propose de lire "Le blog de Dasola" et/ou "L'oeil sur l'écran".

mardi 27 août 2019

Atmosphère(s)

Sa prolifique carrière - une quarantaine de rôles entre 1927 et 1939 - fait d'elle l'une des grandes actrices françaises d'avant-guerre. Connue sous le pseudonyme Annabella, Suzanne Charpentier était une tête d'affiche crédible pour Hôtel du Nord. Mais aujourd'hui, c'est surtout grâce à la gouaille d'Arletty que le film est devenu un grand classique !

Rendons à César: c'est d'abord à Annabella (et au couple de fiction qu'elle forme avec Jean-Pierre Aumont) que le scénario s'intéresse. Deux amoureux ont loué une chambre dans une pension parisienne proche du canal Saint-Martin, dans l'intention... de s'y suicider, faute de pouvoir vivre leur passion. La jeune femme demande à son amant de la tuer et, ensuite, de retourner l'arme contre lui. Au moment fatidique, le garçon flanche, laisse la fille pour morte et disparaît dans la nuit. Problème: un loulou de passage l'a surpris et son aimée échappe miraculeusement à la mort, ce qui lui vaut quelques ennuis avec la maréchaussée, vite convaincue d'avoir affaire à un assassin. C'est alors qu'entre en scène l'autre duo d'Hôtel du Nord: prostituée apparemment éprise de son souteneur, Arletty est excellente et vole la vedette à la star supposée, bien accompagnée par un Louis Jouvet impeccable dans l'habit d'un personnage ingrat et bientôt surprenant. Joliment dialogué par Henri Jeanson, le long-métrage est un régal pour les oreilles. Mais, évidemment, ce n'est pas son unique qualité...

Ce bout de Paris reconstitué en studio est d'une incroyable beauté. Fruit du travail du grand Alexandre Trauner à Billancourt, le décor enchanterait fort aisément les regards les plus blasés. Tout est faux et tout semble vrai: c'est la magie du cinéma de cette époque révolue, où les artisans étaient encore en nombre sur les plateaux. Peut-être qu'un jour, je m'offrirai un petit pèlerinage dans la capitale pour constater à quel point les lieux ont changé (ou non) depuis. Avant cela, j'espère déjà vous convaincre de (re)voir Hôtel du Nord pour d'autres raisons, parmi lesquelles je souhaite citer la présence de Bernard Blier, 22 ans, qui interprète avec justesse un éclusier plutôt naïf. Que dire encore pour donner envie ? Que le film compte aussi un personnage homosexuel, ce qui devait être assez audacieux en son temps. Mais c'est un tout, en fait: je ne souhaite guère isoler certaines séquences parmi d'autres, car c'est bien l'ensemble du récit et ses rebondissements qui ont su me séduire, plus de 80 ans après. D'où un conseil simple: si cela vous tente, n'hésitez plus une seconde !

Hôtel du Nord
Film français de Marcel Carné (1938)

Vous l'aurez compris: ce cinquième opus du réalisateur parisien confirme tout le bien que je pensais de lui. N'ayant encore découvert que les films du début de sa carrière, je pousserais bien volontiers mes investigations plus loin. D'ici là, je suis sûr que Le jour se lève et Les portes de la nuit ont tout ce qu'il faut pour vous embarquer ! Quant à moi, je n'arrive pas réellement à départager ces merveilles...

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Si l'envie vous prend de lire d'autres avis...
Vous remarquerez que ceux de "L'oeil sur l'écran" sont (très) positifs !

lundi 26 août 2019

Une utopie pédagogique

Son dernier film date de 2010: cela fera donc bientôt une décennie que Peter Weir n'a plus tourné, écrit ou produit pour le septième art. Le cinéaste australien a eu 75 ans le mois dernier, quelques jours après que j'ai (enfin !) pu revoir Le cercle des poètes disparus. Autant le dire sans ambages: ce film aura marqué mon adolescence...

1959. Neil, Todd, Charlie, Knox, Pitts et d'autres jeunes hommes intègrent les rangs d'une prestigieuse école américaine. Tradition. Honneur. Discipline. Excellence: les quatre piliers de la pédagogie promue par l'établissement donnent à penser qu'ils seront surveillés de près et soumis à un haut niveau d'exigence. Pourtant, la réalité n'est pas aussi austère qu'il n'y paraît: un tout nouveau professeur vient d'être recruté pour enseigner la littérature et il se confirme vite qu'il n'a nulle intention d'appliquer les méthodes de ses prédécesseurs. Peut-être l'aurez-vous déjà compris: Le cercle des poètes disparus encourage chacun de nous à vivre la vie qu'il a choisie pour lui-même. L'idée centrale du film - son message - est que cette liberté d'action est la seule à même d'apporter le bonheur. Utopique ? C'est possible. Compte tenu de l'époque à laquelle le scénario se déroule, je trouve toutefois que le propos est approprié. Et, du coup, qu'il touche juste !

Je crois que c'est en cours de français, au tout début de mes années passées au lycée, qu'une prof m'avait conseillé d'aller voir ce film. Trente ans plus tard, à part Ethan Hawke, je dois certes admettre que je n'ai reconnu aucun des jeunes acteurs, mais il m'a plu toutefois de me pencher une nouvelle fois sur cette histoire. Bon... je savais comment elle se terminait, mais cela n'a en rien nui à mon plaisir ! Pour beaucoup de cinéphiles de ma génération, je suppose bien sûr que ce film restera comme le meilleur proposé à Robin Williams. D'aucuns souligneront peut-être aussi que le regretté acteur cabotine allégrement dans le rôle de John Keating, infatigable apôtre du savoir partagé et catalyseur d'émotions constructives. Le cercle des poètes disparus est peut-être un film sur-mesure, mais il n'en est pas moins un objet de cinéma digne d'être vu et/ou revu, d'une mise en scène sobre, sans doute, mais transcendée par quelques très belles images. Personnellement, je ne regrette surtout pas de m'y être "replongé". Simple constat: le temps n'aura pas modifié mon opinion à son sujet !

Le cercle des poètes disparus
Film américain de Peter Weir (1989)

Du cinéma en "costumes", mais aussi (et surtout) un long-métrage intéressant sur l'école. Vous en trouverez d'autres ici et jugerez donc des différences entre Primaire, Breakfast Club ou Les héritiers. Après cela, si vous voulez revoir Robin Williams, je vous suggère l'un de mes films préférés, The fisher king, sur un sujet très différent. NB: cinq autres opus de Peter Weir sont dans l'index des réalisateurs !

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Si vous souhaitez voir d'autres images...
Je vous renvoie chez la spécialiste du genre: notre chère Ideyvonne.

dimanche 25 août 2019

Le temps est venu !

À toutes et tous, bonjour: c'est l'heure de la reprise sur les Bobines ! Je ne suis pas bien certain que ce soit dans un aéroport qu'il faille déballer sa valise, mais le fait est que ma pause s'achève aujourd'hui. L'occasion d'une reprise "en douceur", la prochaine chronique de film étant programmée pour demain, à midi. Vous viendrez la lire ? Merci. Logiquement, les suivantes devraient également arriver rapidement. Je ne me suis pas fixé d'objectifs quant au nombre de textes à publier et de films à voir d'ici la fin de l'année. La seule règle: la di-ver-si-té !

PS: pour fêter ce retour online, j'illustre mon propos avec une image tirée d'une comédie tournée vers le monde de l'entreprise: In the air.