jeudi 3 juillet 2014

Une mère, une fille

Je me suis réconcilié avec Pedro Almodovar. Les habitués du blog gardent peut-être le souvenir de la colère que j'avais ressentie l'année dernière devant son dernier film. Alors que je remonte le calendrier pour découvrir ses anciennes réalisations, le fait que je préfère l'Espagnol dans le registre dramatique semble se confirmer. César 1993 du meilleur film étranger, Talons aiguilles s'inscrit pleinement dans cette dimension. J'y ai retrouvé l'essentiel de ce que j'apprécie chez le plus connu des artistes de la Movida. Ça fait toujours plaisir !

C'est entendu: Pedro Almodovar n'est pas le dernier pour les films chargés de fantasmes. Une précision: ce n'est qu'à la fin de Talons aiguilles que vous connaîtrez le sens exact de ce titre. Vous aurez avant cela rencontré Rebeca, journaliste-star d'une chaîne télévisée madrilène. Quand l'histoire démarre, la jeune femme attend anxieusement l'arrivée d'un avion, celui qui ramène sa mère, Becky, sur le sol ibérique, après un long exil professionnel sud-américain. Rapidement, on comprend que les deux femmes ne se sont pas vues depuis longtemps et qu'une certaine animosité régit leurs rapports. C'est facile à comprendre, quand on sait que la plus jeune est mariée avec... l'ancien amant de son aînée. Et le scénario de détailler alors deux de ces innombrables portraits de femme chers à l'homme resté derrière la caméra. Avec le duo Victoria Abril / Marisa Paredes placé sur le devant de la scène, seuls les grands misogynes se plaindront...

Talons aiguilles est un drame, je l'ai dit. C'est aussi un film policier. La mort frappe très vite un protagoniste important: je vous laisse apprécier tout ça sans en dire plus. Le long-métrage cache son jeu. Sombre parfois, il peut aussi s'avérer très émouvant, et notamment lors d'un final absolument pathétique. Je ne vois pas Pedro Almodovar comme un génie, mais je reste tout de même admiratif de son talent à rendre crédibles des récits plus qu'improbables. Il le réussit d'ailleurs généralement avec classe, ce qui pourrait faire de ses quelques films ratés des exceptions pardonnables à une brillante règle de conduite. Formellement, ici, tout est plutôt juste et bien senti. Avec la VO espagnole pour plus d'authenticité, je ne me suis jamais ennuyé. J'étais bel et bien de retour en terrain familier et aimé. J'avertis toutefois ceux d'entre vous que le sexe au cinéma rebute que le film n'en est pas exempt. Juste un peu d'épice, disons du piment doux...

Talons aiguilles
Film espagnol de Pedro Almodovar (1991)

Pour une sixième rencontre avec le cinéaste sur les Bobines, je suis donc content de mon choix. Je reste curieux de ce qu'il a réalisé avant, ce long-métrage étant tout de même son dixième. Il en a créé autant depuis ! En attendant la prochaine opportunité de présenter cette belle carrière, je continue de vous recommander celui des films que j'ai préféré, j'ai nommé Étreintes brisées. Un autre drame, oui...

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