lundi 15 juillet 2019

De la bombe ?

Y a-t-il des amateurs de séries parmi vous ? Je vous pose la question directement, parce que j'ai failli écrire une chronique sur le sujet. Cela vous aurait-il intéressé ? Finalement, pour innover, je préfère parler... d'un film: Watchmen - Les gardiens. En soulignant d'emblée qu'il est l'adaptation d'un comic US du duo Alan Moore / Dave Gibbons.

Ignorant tout de l'oeuvre originelle, j'ai donc plongé sans aucun repère dans cette version cinéma de près de trois heures ! J'ai découvert quelques super-héros dont j'ignorais l'existence: Le Hibou, Rorschach, Le Spectre soyeux, Docteur Manhattan, Le Comédien et Ozymandias. Nous sommes dans l'Amérique de 1985, malgré quelques différences notables avec ce que disent les livres d'histoire. Exemple: le président des États-Unis, Richard Nixon, en est à son cinquième mandat consécutif et tente d'empêcher une guerre nucléaire contre l'Union soviétique. La trame du film en tient compte, mais tourne davantage autour d'une enquête. L'un des membres du groupe évoqué ci-dessus est en effet assassiné dès l'impressionnante première séquence. Las ! Bien que plutôt complexe et originale, la suite ne m'a guère emballé...

Wikipédia m'apprend qu'il se sera passé près d'un quart de siècle entre l'achat des droits de la BD - publiée chez DC Comics entre 1986 et 1987 - par la 20th Century Fox et la sortie du long-métrage, finalement produit par la Warner. Avis aux amateurs: l'encyclopédie en ligne pointe les nombreuses différences entre les deux oeuvres. Cela ne suffira pas à me donner envie d'y revenir, certes. Au chapitre des points positifs, je veux toutefois vous indiquer que Watchmen est très agréable à regarder (malgré quelques ralentis un peu foireux) et que sa bande originale est excellente, et ce dès son générique introductif porté par un standard de Bob Dylan. J'en regretterais presque de ne pas être féru de ce type de films: je veux bien croire que, dans le genre, celui-là tient la route. Jugez-en par vous-mêmes !

Watchmen - Les gardiens
Film américain de Zack Snyder (2009)

À réserver aux geeks ? Je n'en suis pas certain. J'ai préféré en rester sur une note légèrement supérieure à la moyenne, car je me suis dit que le long-métrage avait des qualités qui peuvent plaire à d'autres. Cela dit, attendre bien mieux du réalisateur de 300 et Sucker punch pourrait s'avérer illusoire. De mon côté, je préfère les super-héros version fun (Les gardiens de la galaxie) ou 100% cinéma (Chronicle).

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Et ailleurs sur la grande toile...
Vous constaterez que "L'oeil sur l'écran" se montre plutôt élogieux. Pascale, tout au contraire, dévie la conversation et s'en moque bien !

samedi 13 juillet 2019

Le droit de jouer

Que penser de l'Iran d'hier et d'aujourd'hui ? Que supposer ensuite pour l'avenir de ce pays ? Même si, c'est vrai, j'ai eu la grande chance de voyager dans plusieurs pays déjà, je ne suis jamais allé "là-bas". Curieux d'en savoir plus, j'ai saisi l'occasion de voir un documentaire surprenant: Football under cover, réalisé en 2006 et sorti en 2008...

Depuis plus d'une décennie, il est évident que nombre d'événements marquants ont eu lieu dans tout le Moyen-Orient... et ailleurs. Restons d'abord sur le film, voulez-vous ? En une heure et demie environ, il nous rappelle l'existence en Iran d'une équipe nationale féminine de football et explique que, depuis la Révolution islamique de 1979, elle n'avait jamais joué en compétition dans son pays. Marlene Assmann, jeune footballeuse amateur allemande, s'engagera pour que cela change. L'idée d'un ami cinéaste, Ayat Najafi, soutenu par le BSV Al-Dersimspor, un club turc de Berlin, lui-même engagé dans d'autres actions (cf. Courrier International et Discover Football) !

Feel good movie au pays des mollahs que ce Football under cover ? Chacun reste libre de son jugement. Il est clair que les Allemandes venues jouer à Téhéran seront passées par bien des impressions contradictoires, entre leur envie d'aider d'autres femmes à pratiquer leur sport librement et la nécessité absolue de s'adapter à des règles très strictes, à commencer par le port d'une "tenue adaptée" et donc d'un voile. Est-ce une victoire d'y être parvenues ? À vous de juger. Pour leurs adversaires iraniennes, en tout cas, le film tend à montrer que cela a été un moment important (et joyeux). J'admets volontiers que j'ai trouvé le documentaire souvent poignant, voire optimiste. Treize ans après le tournage, c'est difficile d'être sûr de ses suites encourageantes, mais le football féminin serait mieux toléré en Iran. C'est du moins ce que j'ai retenu de la rencontre avec le réalisateur organisée après la projection et à laquelle j'ai eu l'occasion d'assister.

Ayat Najafi, à droite, était accompagné d'Olivier Corbobesse, auteur d'un ouvrage intitulé "Le football (au) féminin en soixante questions". Ce dernier a ainsi expliqué que, depuis le film, le football féminin s'était beaucoup développé en Iran, grâce notamment au futsal. Aujourd'hui, les règles qui sont établies au niveau international autorisent les femmes (et les hommes) à porter un voile ou un turban en compétition - ce que la Fédération française continue de refuser dans ses championnats. Ayat Najafi, pour sa part, y voit une décision progressiste, qui permet enfin aux filles de pratiquer le même sport que les garçons. Olivier Corbobesse, lui, note que le régime iranien ouvre désormais... quelques tribunes aux femmes pour venir assister aux matchs masculins. Notez bien qu'aucun homme n'avait été admis à l'intérieur du stade où fut tourné Football under cover. Ayat Najafi avait une assistante sur place: il se souvient en détail des moyens employés pour faire sortir les rushes d'Iran et monter ainsi le film comme il l'entendait. Cela fut aussi visiblement une grande aventure !

J'aurais aimé vous en dire plus et retranscrire une interview complète des deux protagonistes de ce débat instructif, mais plus de dix ans ont passé et je ne voudrais donner de la situation actuelle une image trompeuse. Il a toutefois été dit que les hauts dirigeants iraniens n'étaient pas à un paradoxe près, ouvrant une porte à des libertés nouvelles dans certains cas, laissant leurs citoyennes et citoyens enfermés à double tour dans d'autres. Pour celles et ceux d'entre vous que cela intéresse, j'ajoute que j'ai découvert Football under cover dans le cadre du festival de Foot d'elles, organisé dans plusieurs villes françaises en marge de la Coupe du monde. Beaucoup reste à faire dans bien des pays, c'est une évidence, mais Ayat Najafi a dit croire aux petits pas (et son film en aura été un, sans doute). Le jeu subtil qu'il a dû mener pour obtenir l'aval des autorités démontre à lui seul que rien n'aura été facile, mais prouve que des choses sont possibles. Autre message du réalisateur: se méfier des préjugés, les situations de terrain pouvant parfois être plus bien complexes qu'on ne le pense.

Football under cover
Film germano-iranien d'Ayat Najafi et David Assmann (2008)

Taper "Iran" dans un moteur de recherches vous suffira pour vérifier que la situation des Iraniennes et Iraniens est loin d'être idyllique. Pour en revenir le film, j'avoue qu'il m'a inspiré des sentiments contrastés: une émotion réelle devant la détermination d'Ayat Najafi et de ses amies allemandes, mais aussi un doute sur sa pertinence dans le monde de 2019. Vous pourriez lui préférer Looking for Eric...

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Un dernier mot sur Ayat Najafi...
Il a également signé un documentaire consacré à un concours de chant féminin, organisé à Téhéran, en 2013, à l'initiative de sa soeur, Sara. Parmi les participantes: les Françaises Elise Caron et Jeanne Cherhal. Sorti dès 2014 et multi-primé depuis, le film s'appelle No land's song.

mercredi 10 juillet 2019

Se laisser tenter ?

Pleurer toujours ne servirait à rien. Je crois même qu'il est préférable de rire pour se souvenir de Jean Rochefort. C'est avec cette envie gourmande de le retrouver que je me suis penché sur deux films sortis quand je n'étais encore qu'un bébé. Cela ne nous rajeunit pas ! Mais est-ce que cela valait le coup ? Je dirais oui. Et voici pourquoi...

Un éléphant ça trompe énormément
Film français d'Yves Robert (1976)

C'est l'histoire ordinaire d'une bande de copains: Jean Rochefort incarne Étienne Dorsay, cadre bien placé dans un ministère parisien. Quand il ne joue pas au tennis avec ses potes Bouly (Victor Lanoux), Daniel (Claude Brasseur) et Simon (Guy Bedos), notre moustache préférée mène la vie banale d'un homme marié et père de deux filles adolescentes. Mais le voilà soudain saisi de tentations adultères ! Bref... dans la France post-soixante-huitarde d'alors, je veux croire que les humeurs du quatuor devaient faire rire, et ce d'autant plus que les deux actrices principales (Danièle Delorme et Anny Duperey) assurent fièrement quelques réparties et situations drolatiques. Mention spéciale pour Marthe Vilallonga, irrésistible en mère juive abusive. Reste que Jean Rochefort, aimant à caméra, nous offre l'essentiel du spectacle, avec en prime son inimitable voix ajoutée aux images, juste pour donner le beau rôle à son personnage infidèle. Aujourd'hui, le tout reste très badin, même si quelque peu suranné. Évocation d'un temps où, peut-être, la France était plus insouciante...

Nous irons tous au paradis
Film français d'Yves Robert (1977)

Vous le saviez déjà... ou l'aurez deviné: c'est la suite de l'autre. Légèrement moins équilibré, m'a-t-il semblé, cet épisode numéro 2 maintient le cap premier et tourne dès lors toujours autour d'Étienne et ses copains. L'amour libre d'alors fait-il encore des ravages ? Oui. Est-ce toujours drôle ? Pas à chaque fois. Même si c'est une comédie qui nous est présentée ici, je l'ai trouvée un rien plus mélancolique que sa devancière. On y parle de sentiments, du temps qui passe vite et d'autres sujets plus sombres (pour finir, certes, en pure rigolade). Et Jean Rochefort, là-dedans ? Je ne voudrais pas tout vous dire aujourd'hui, mais, après avoir joué les mauvais cavaliers, un comble pour lui, il se coule avec délectation dans le costume du mari suspicieux et jaloux, avec un vrai/faux air... d'inspecteur Clouseau. Ma théorie est que beaucoup d'autres comédiens placés dans le rôle seraient peu crédibles, voire absolument ridicules. Pas lui, amusant dès qu'il parle, mais aussi incroyablement juste dans ses silences. Cela dit sans enlever quoi que ce soit au mérite du reste de la bande !

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Si vous voulez prolonger le plaisir...
- avec le premier opus: vous pouvez lire "L'oeil sur l'écran" et Strum.
- avec le second volet: vous irez chez... "L'oeil sur l'écran" et Strum.
- avec les deux à la fois: vous les retrouverez aussi cités chez Dasola.

lundi 8 juillet 2019

Dix Palmes

Bon.... vous l'aurez déjà compris si vous avez lu ma chronique publiée vendredi: la Palme d'or de cette année est pour moi un très bon cru ! Malgré ses excès et défauts, le Festival de Cannes m'intéresse encore et toujours. Certains des films qui ont reçu la récompense suprême l'ont bien mérité, dirais-je. Mais c'est bien sûr un sujet de débat(s)...

Avec désormais un peu de recul, j'ai jugé amusant de faire une liste de dix Palmes dont j'ai parlé ici et qui méritent le détour. Je choisis de les présenter sous forme de top ten, mais c'est assez "fluctuant"...

1. Paris, Texas / Wim Wenders / 1984

2. The tree of life / Terrence Malick / 2011

3. Une affaire de famille / Hirokazu Kore-eda / 2018

4. Quand passent les cigognes / Mikhaïl Kalatozov / 1958

5. Que le spectacle commence / Bob Fosse / 1980

6. Taxi driver / Martin Scorsese / 1976

7. La vie d'Adèle / Abdellatif Kechiche / 2013

8. Les parapluies de Cherbourg / Jacques Demy / 1964

9. Adieu ma concubine / Chen Kaige / 1993

10. Rome ville ouverte / Roberto Rossellini / 1946

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Et si on en rediscutait, à présent ?
Cette liste est tout à fait subjective et incomplète: certaines Palmes que je connais n'y figurent même pas, puisque je me suis contenté d'aller piocher parmi celles que j'ai déjà chroniquées. Les puristes noteront que la récompense ne s'est pas toujours appelée Palme d'or. Bref... on peut bien sûr en rediscuter. Ou pas. Et il se peut aussi qu'un jour (ou l'autre), je revienne ainsi sur... les Grands Prix du jury.

vendredi 5 juillet 2019

Deux familles, une affaire ?

Primé le 19 mai l'an passé, en salles 12 décembre et vu le 13 janvier cette année: il m'a fallu presque huit mois pour découvrir Une affaire de famille, la Palme d'or 2018. Parasite, lui, a triomphé à Cannes cette année, le 25 mai. Il est sorti le 5 juin et je l'ai vu trois jours plus tard. Bilan: ma première grosse baffe de cette année de cinéma !

Le premier est japonais, le second coréen: d'aucuns ont pourtant jugé que les deux films se répondaient et ils n'ont pas forcément tort. Après Hirokazu Kore-eda, Bong Joon-ho interroge l'idée de famille. Parasite nous présente d'abord les Kim, en bas de l'échelle sociale. Père et mère au chômage, deux post-adolescents, sans perspective. Une forme de "miracle" intervient quand un ami étudiant de Ki-woo, le fils, lui indique qu'il va terminer son cursus dans un pays étranger. Il le pistonne pour prendre son relais comme prof d'anglais de la fille des Park, des gens richissimes. Un bon plan: cela fonctionne aussitôt. Et c'est ainsi que le jeune homme timide des débuts, bien persuadé qu'il sera incapable de s'adapter, triche un peu et finit par placer chacun des siens au service de ces grands bourgeois. C'est très fort ! La suite ? Pas question d'en parler. Juste une chose: bien qu'il dépasse les deux heures, le film m'a aisément tenu en haleine jusqu'au bout...

Logique: ouvert en comédie grinçante, il est aussi bien plus que cela. Un joli suspense s'installe lentement, dans des espaces souvent clos. Par un raccourci trop facile, j'ai pris l'habitude de dire que le cinéma coréen ne fait pas dans la dentelle. D'une remarquable virtuosité technique, l'exemple du jour "colle" à ce préjugé: l'épatant scénario demande à avoir le coeur bien accroché et c'est avec un plaisir indéniable que j'ai suivi cette histoire complexe et des plus tordues. Parce que Parasite parle de beaucoup de choses, avec des moyens indéniablement importants, oui, mais toujours utilisés à bon escient. Jusqu'au dernier plan, moult rebondissements surviennent, prévisibles en un sens, bien qu'on en découvre la nature qu'au moment décisif. Âmes sensibles, prudence: certaines scènes sont d'une intensité rare et, de ce fait, pourraient vous heurter (et vous hanter longtemps). Même s'il met en scène un enfant, le film n'a pas été taillé pour eux. De mon côté, scotché au fauteuil, je l'ai trouvé très impressionnant. Bref, le yo-yo émotionnel paraît garanti, si vous mordez à l'hameçon !

Parasite
Film sud-coréen de Bong Joon-ho (2019)
Deux ans après la polémique Okja, passé directement d'une sélection cannoise à une diffusion exclusive sur Netflix, le réalisateur rebondit avec force et talent. Chapeau bas ! Memories of murder, du même, est un autre diamant noir à ne pas rater. Mademoiselle et Burning méritent également le détour, du côté thrillers. Mais dans le cinéma coréen, il y a également My sassy girl, Poetry, Yourself and yours...

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Pour compléter mon avis...
 
Bien que soucieux de ne pas trop en révéler, je veux exprimer aussi mon grand plaisir à la lecture des chroniques signées Pascale, Dasola, Princécranoir et Strum. Le film avait fait l'unanimité du jury cannois et est d'ores et déjà le long-métrage sud-coréen le plus vu en France !

mercredi 3 juillet 2019

Une femme, un homme...

Leur passion était telle qu'ils se sont retrouvés vingt ans plus tard. C'était en 1986. Anne Gauthier et Jean-Louis Duroc ont constaté alors que les temps avaient changé et se sont à nouveau séparés, je crois. Finalement, Claude Lelouch a offert d'ultimes retrouvailles au couple mythique d'Un homme et une femme. Un tout dernier chabadabada...

Les plus belles années d'une vie est bien sûr un film mélancolique. Les personnages ont l'âge des acteurs: Anne / Anouk Aimée a 87 ans et Jean-Louis Duroc / Trintignant 88 ! Une démarche très personnelle du fils du l'un permet de retrouver l'autre: c'est malade et interné dans une maison de repos que la grand-mère, encore vive, retrouve celui qu'elle a aimé jadis. Que reste-t-il de leurs amours ? Rien. Tout. Je n'ai pas eu envie de réfléchir pour savoir si le vieil homme avait oublié le passé... ou faisait un peu semblant, par pudeur. S'il existe une vérité quelconque, elle m'a semblé entre les deux. Et positive ! Souvent éludée au cinéma, la question du grand âge restera entière...

Des deux oeuvres précédentes, je n'ai vu que celle de 1966, qui valut à Claude Lelouch une Palme d'or (et deux Oscars). Sans référence particulière sur ce film fondateur, Les plus belles années d'une vie pourrait ne pas vous paraître d'un grand intérêt sur le plan narratif. Peut-être ignorez-vous ce que sont les Planches de Deauville, ce lieu autour duquel tournent les trois "épisodes". Et qu'importe: je crois qu'apprécier cette histoire demande qu'on se détache du "simple" fond et qu'on se place en posture contemplative. Les cinéphiles noteront peut-être que les très jeunes comédiens qui incarnaient les enfants d'Anne et Jean-Louis ont - bien sûr - grandi et reprennent leur rôle dans ce nouveau long-métrage. D'autres seront, je suppose, sensibles à la présence de deux personnages secondaires, incarnés avec grâce par Marianne Denicourt et Monica Bellucci. Moi, je suis resté focalisé sur Anouk Aymé et Jean-Louis Trintignant, dont une caméra délicate souligne la grande beauté. Sans nul doute, ce film est d'abord le leur. Aller le voir pour eux, rien que pour eux, n'est donc pas si incongru...

Les plus belles années d'une vie
Film français de Claude Lelouch (2019)

Touchant. Intime. Personnel et universel. Remarquable. Inédit. Étonnant. Humain. Je pourrais multiplier les qualificatifs sans trouver celui qui "collerait" au mieux à ce long-métrage... unique. Passons ! Revoir Un homme et une femme et enchaîner sur cet opus 2019 pourrait être une bonne idée - et peut-être que je finirai moi-même par compléter le triptyque. D'ici là, je vous en laisserai seuls juges...

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Avec toutes ces émotions...

J'en ai carrément oublié que Pascale nous avait déjà parlé du film. Erreur réparée - et lien rétabli - le mercredi 4, sur les coups de 9h30 !

lundi 1 juillet 2019

Ouest sauvage

Certains d'entre vous le savent déjà, bien sûr: l'acteur James Stewart et le cinéaste Anthony Mann ont tourné ensemble cinq westerns. Peut-être que je reviendrai un jour sur cette coopération artistique pour en faire une sorte de bilan. Pour l'heure, ce serait prématuré ! En effet, je n'ai vu que le deuxième film de la série: Les affameurs...

Un brave type, joué par James Stewart donc, y fait office de guide pour un groupe de pionniers partis à la conquête d'espaces vierges. Alors qu'il chevauche en éclaireur, notre homme joue de sa carabine pour sauver un autre cowboy d'une pendaison assurée. Ce sera utile rapidement, lorsque les deux comparses, de retour auprès du convoi, organiseront de concert une contre-attaque contre quelques guerriers indiens soucieux que l'homme blanc n'empiète pas sur leur territoire. Première surprise: Les affameurs ne fait pourtant des Peaux Rouges que des ennemis éphémères, le scénario se concentrant par la suite sur les rivalités entre colons américains. Un sujet des plus inattendus.

L'ambigüité de certains personnages entretient un véritable suspense tout au long du métrage et offre quelques rebondissements bienvenus dans un récit qui aurait pu être tout à la gloire de l'Amérique nouvelle. Un autre intérêt du film est son aspect "documentaire": la traversée des terres inconnues n'apparaît jamais comme une partie de plaisir. Quant aux villes bâties au milieu de nulle part, elles sont présentées sous un jour fort peu glorieux, telles des lieux de perdition réservés aux seuls hommes sans foi ni loi. Bon... je caricature un petit peu. Disons que Les affameurs est plus subtil que je ne viens de le dire ! Cela en fait un film intéressant et un western hollywoodien classique, certes, mais qui pourrait réserver de belles surprises aux profanes. Ne pas avoir vu le premier des quatre autres ?  N'y voyez pas un souci.

Les affameurs
Film américain d'Anthony Mann (1952)
Vous dénicherez sûrement quelques critiques bien plus enthousiastes encore. J'ai apprécié ce film, mais j'en attendais (un peu) mieux. Quoi ? J'avoue que je ne saurai trop vous l'expliquer exactement. L'impression favorable ne rejoint pas les hauteurs atteintes l'an passé par deux de mes belles découvertes tardives: La poursuite infernale et L'homme qui tua Liberty Valance. La cinéphilie rend gourmand...

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Un - petit - détail qui peut surprendre...
Le personnage de James Stewart n'a pas le même nom en version française: si j'ai entendu correctement, le Glyn McLyntock de la VO devient un McClannick. L'un(e) de vous a une explication ? Je prends.

Et qu'a donné mon petit tour des blogs ?
J'ai vu que Dasola citait le film, mais vraiment (très) brièvement. "L'oeil sur l'écran" peut vous proposer une chronique plus longue. Quant à Eeguab, il a fait état d'Anthony Mann... sans James Stewart !

dimanche 30 juin 2019

Pour info...

Ai-je vraiment besoin d'en dire plus ? Sincèrement, je ne crois pas. Rendez-vous demain, donc, pour la présentation d'un film... de 1952 !

vendredi 28 juin 2019

L'émoi d'Émile

"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille"... les paroles de Né quelque part, cette très belle chanson de Maxime Leforestier, me reviennent au moment de chroniquer Venise n'est pas en Italie...

Doux-amer, ce petit film aura été pour moi une bien jolie surprise. Comédie sensible, il raconte l'histoire - simple - d'Émile, ado touché par la grâce d'un premier émoi amoureux. Le principal obstacle posé sur sa route ? Sa timidité maladive, entretenue par une famille possessive, tout à fait bancale, mais aussi attachante. Je vous laisse découvrir seuls les détails ! Grosse poilade en vue ? Pas vraiment. Venise n'est pas en Italie amuse et peut faire rire, mais l'essentiel n'est pas là: le propos se concentre sur les émotions que peuvent ressentir les protagonistes... et les failles qui sont les leurs. Le tout n'est jamais plombant, mais en fait porté par un optimisme, fragile...

La bonne nouvelle, c'est que tous les acteurs jouent juste. On pourra certes objecter que Benoît Poelvoorde n'invente pas de personnage nouveau, mais c'est pour moi un détail négligeable. Canalisé, l'acteur belge ne tire pas toute la couverture à lui et laisse donc toute la place qu'il faut aux autres pour jouer leur partition. Dans un rôle principal sans doute bien plus complexe qu'il n'y paraît, le jeune Hélie Thonnat m'a d'autant plus épaté que je ne le connaissais pas ! La distribution complète est ici à l'unisson, Valérie Bonneton placée dans un registre assez habituel pour elle, et surtout toute une troupe de comédiens "secondaires" que je découvrais aussi: Eugène Marcuse, Coline d'Inca et Luna Lou - pour ne parler que des têtes d'affiche. L'authenticité qu'affirme Venise n'est pas en Italie m'a plu. C'est un coup de coeur !

Venise n'est pas en Italie
Film français d'Ivan Calbérac (2019)
N'en attendez pas du génie ! Ce long-métrage est d'une simplicité confondante, mais j'insiste: sa sincérité joue en sa faveur. J'ajoute que cette histoire a d'abord été racontée en roman, puis au théâtre ! Derrière, à chaque fois, le même homme: Ivan Calbérac. Au détour d'une chronique, vous pourriez (re)voir La tendresse, La délicatesse ou Les femmes du 6e étage. Il y en a, bien sûr, d'autres sur ce ton...

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Un contrepoint...

Comme cela arrive parfois, Pascale et moi ne sommes pas d'accord...

Une anecdote amusante...
J'ai vu le film un après-midi, dans une petite ville. Six-sept personnes maximum dans la salle, dont mes parents et moi. Et dans le hall d'entrée du cinéma, Corinne Masiero devant les bonbons et popcorns !

Et, pour finir, une piste à suivre...
Je termine en musique: Venise n'est pas en Italie est aussi le titre d'une chanson de Serge Reggiani. Parfaitement en lien avec le film...

mercredi 26 juin 2019

Il était (encore) une fois...

Un jour, en furetant dans le rayon cinéma d'une librairie, j'ai déniché un ouvrage très intéressant et soigné sur les productions Disney. Revoir les dessins animés classiques de chez Mickey m'intéresse. Comprendre la manière dont ils ont été conçus également. Ces envies m'ont poussé à visionner La belle au bois dormant. Diffusé à la télé !

Je m'intéresse si peu à l'actualité de la petite lucarne que j'ai raté d'autres films. Tant pis ! J'ai bien apprécié celui-là, même si le récit autour de cette jeune fille bientôt plongée dans un profond sommeil s'avère ultra-prévisible. Comment dire ? Pour moi, ça "fonctionne". J'oublie volontiers que des désaccords ont pu opposer les dessinateurs des décors et leurs collègues en charge de l'animation elle-même. Unique vrai désagrément: les (deux !) coupures pub au beau milieu. Après, pour être tout à fait honnête, j'étais certain qu'il y en aurait...

Bref... La belle au bois dormant ressemble à ce que j'en attendais. Adapté d'un conte de Charles Perrault, publié en 1697, il est évident que le film ne fait pas écho à notre société moderne. Toutefois, bien que de facture traditionnelle, c'est aussi une oeuvre d'une grande beauté plastique - au moins pour les amateurs du genre. Mention spéciale pour le personnage de Maléfique, une méchante charismatique dont j'ai trouvé les traits tout à fait remarquables. Malaimé à sa sortie, ce standard semble mieux apprécié de nos jours.

La belle au bois dormant
Film américain de Clyde Geronimi (1959)

C'est à son détriment, il me semble, que cet opus est parfois comparé à un autre: Blanche Neige et les sept nains, sorti... 22 ans plus tôt. Pour ma part, je trouve qu'il se classe dans le même registre: celui des "films de princesses" - où l'on retrouve évidemment Cendrillon. Parmi les derniers en date, La princesse et la grenouille, Raiponce et La reine des neiges restent, eux aussi, de bons souvenirs cinéma !

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Quelques liens pour aller plus loin...

- Ideyvonne nous montre plein d'images et cite un autre réalisateur !
- Pascale présente le film consacré à Maléfique (alias Angelina Jolie).
- Vincent, resté fidèle au dessin animé, en parle en termes élogieux.

lundi 24 juin 2019

Fidèle à l'esprit

Je vois Kristen Stewart comme l'une des jeunes actrices américaines les plus talentueuses de sa génération (elle est née le 9 avril 1990). J'ai vérifié: elle a déjà une belle quarantaine de films derrière elle. Dans la liste, Personal shopper m'avait tout particulièrement attiré. Mais ce n'est que récemment que j'ai eu l'opportunité de le découvrir !

En compétition à Cannes, Personal shopper était reparti du Festival avec un Prix de la mise en scène. Bon... j'aime autant vous le signaler sans attendre davantage: c'est un film étrange, voire ésotérique. Kristen Stewart y joue le rôle de la jeune assistante d'une célébrité quelconque... que l'on ne verra guère que quelques secondes. Son job consiste à chercher des vêtements correspondant aux goûts de la star et de les acheter, sans toutefois jamais avoir le droit de les essayer. Cette tâche aussi répétitive qu'avilissante sape d'autant plus le moral de la jeune femme qu'on découvre qu'elle est en deuil de son frère jumeau et qu'elle a peur d'être atteinte de la maladie qui l'a emporté !

Ajoutons à cela le fait que, médium, Maureen attend encore un signe tangible pour être sûre qu'elle est bien en mesure de communiquer avec le défunt. Cela fait beaucoup pour un seul film ? C'est vrai, oui. Et de fait, ce "méli-mélo" pourrait vous dérouter (ou vous déplaire). Petit conseil, du coup: ne renoncez pas trop vite ! Même si le propos laisse peu de place à la légèreté, le long-métrage est bel et bien porté par la prestation de Kristen Stewart, totalement investie dans ce rôle complexe. Ce serait déjà une bonne idée de voir Personal shopper pour elle - et je ne dis pas cela parce que c'est ce que j'ai fait, moi ! Celles et ceux d'entre vous qui apprécient le cinéma d'atmosphère pourraient trouver ici de quoi les satisfaire. Aux autres, je conseille de ne pas forcément chercher à tout analyser pour tout comprendre. Qui sait ? Peut-être apprécierez-vous de vous être laissé surprendre. Chacun de vous reste bien entendu tout à fait libre de sa conclusion...

Personal shopper
Film français d'Olivier Assayas (2016)

Dans une interview à la RTBF, le réalisateur indiquait qu'il convenait d'interpréter ses films en allant au plus simple. Je ne suis pas certain que ce soit aussi évident qu'il veuille bien le dire ! Ma note positive est à lier avec la belle performance de Kristen Stewart, mais l'aspect spirituel du scénario me parle aussi. J'ose un parallèle (audacieux ?) avec un autre film assez mystérieux: Valley of love. À vous de voir...

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Pour être complet, un petit rappel...
Ce film est le second du tandem Kristen Stewart / Olivier Assayas. Sils Maria, le premier, sorti deux ans plus tôt, avait permis à l'actrice d'obtenir un César. Une récompense que je juge amplement méritée !

Et pour finir, un lien vers un autre avis...
Un seul, oui: celui de Pascale, dans lequel je me retrouve assez bien.

samedi 22 juin 2019

Au nom des frères

"Je suis marxiste, tendance Groucho": cette boutade de Woody Allen aurait dû m'inciter depuis bien longtemps à me tourner ouvertement vers le cinéma des Marx Brothers. Bon... ça y est: j'ai commencé. Objet de ma première rencontre avec les frangins: Panique à l'hôtel. Je découvre après coup que certains y voient leur plus mauvais film...

Il semble en effet que les rôles tenus par Groucho, Harpo et Chico n'avaient pas été écrits pour eux au départ. Bref... il est question d'un producteur de théâtre sans le sou, installé avec sa troupe entière dans un palace largement au-dessus de ses moyens. L'idée comique est de le voir se démener pour retarder le moment bien sûr redouté de l'expulsion sans autre forme de procès. Ce point de départ scénaristique m'est apparu prometteur sur le papier, mais vite épuisé à l'écran. Je dois dire aussi que je n'étais pas en très grande forme...

J'ai lu une autre critique qui présentait le film comme une oeuvre atypique pour les Marx Brothers et un bon divertissement. Il se peut que j'aie été trop exigeant pour ce premier rendez-vous: ça arrive. Objectivement, il est bien trop tôt pour dire que l'humour des frères ne peut me satisfaire: certaines des scènes de Panique à l'hôtel m'ont même paru très drôles, lorsqu'il s'est agi de simuler la scarlatine pour l'un des acteurs ou de poursuivre une dinde pour un autre. J'imagine qu'un autre des opus du fameux trio saura, lui, me plaire. Wait and see, chères toutes et chers tous: je n'en ai pas sous la main. Mais vu qu'il y en a une bonne quinzaine, ce n'est que partie remise...

Panique à l'hôtel
Film américain de William A. Seiter (1938)
Il n'aura échappé à personne que ce petit film a déjà plus de 80 ans. Bon... je n'en parlerai pas comme d'une vieillerie, hein ? Je dirais simplement qu'à ce jour, je connais mal les comédies hollywoodiennes de cette époque. 1938... L'impossible Monsieur Bébé m'avait laissé sur ma faim, mais j'avais aimé La huitième femme de Barbe Bleue et Vacances. Je ne compte dès lors pas m'arrêter en si bon chemin...

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Et si vous voulez aller plus loin sans attendre...
Je vous recommande (vivement) la jolie biographie signée Ideyvonne. Pour une chronique plus classique, vous lirez aussi "L'oeil sur l'écran".

mercredi 19 juin 2019

Chez les bestioles

Commençons par rendre aux César: c'est parce qu'une compression dorée du meilleur film d'animation a honoré Minuscule - La vallée des fourmis perdues que je vais ranger le film dans cette catégorie. En précisant d'emblée que des images réelles lui servent de décor ! NB: elles ont été filmées dans les parcs des Écrins et du Mercantour...

L'héroïne du film est une petite coccinelle qui, très peu de temps après sa naissance, perd de vue sa famille. Elle se retrouve isolée dans un monde hostile et trouve refuge... dans une boîte de sucres abandonnée par un couple de promeneurs. Ces premières péripéties l'amènent à faire la connaissance d'une troupe de fourmis, frétillantes à l'idée de récupérer les vraies gourmandises cachées à l'intérieur. S'ensuit une aventure étonnante, considérée à hauteur d'insectes. Minuscule - La vallée des fourmis perdues reprend le principe technique de téléfilms courts un temps diffusés sur France 5. Entièrement muet, ce long-métrage résonne de grésillements, sifflements et autres couinements, ce qui le rend très expressif. Autant le souligner clairement: je l'ai suivi sans la moindre lassitude !

Le succès aura été au rendez-vous: plusieurs fois récompensé, le film s'est également exporté dans cinquante pays, d'où une réussite incontestable (1,5 million d'entrées en France, 2,2 à l'international). Minuscule - La vallée des fourmis perdues la mérite, à coup sûr. J'insiste sur un point déjà évoqué: l'originalité de ce dispositif hybride entre images réelles et animation tient parfaitement la distance. L'idée du producteur, Philippe Delarue, était en fait de confier le bébé aux créateurs de la série originelle, tout en évitant de réaliser un film à sketchs. Le scénario est donc d'un seul tenant... et il est sympa comme tout: pari gagné ! Sans nul doute orientée vers un public familial, cette belle histoire contient quelques clins d'oeil cinéphiles destinés aux plus accros (cf. le passage avec une petite araignée solitaire). L'ensemble est vraiment très équilibré. Mention spéciale pour la bande originale: je l'ai a-do-rée ! Et bravo à Hervé Lavandier !

Minuscule - La vallée des fourmis perdues
Film franco-belge d'Hélène Giraud et Thomas Szabo (2014)

Vous l'aurez donc compris: j'ai vraiment accroché ! Seule la toute fin du récit m'a paru un peu abrupte, mais ce n'est pas très grave ! L'école française de l'animation nous offre un film original... et merci aux complices belges ! L'animation à la française - ou francophone - brille... et pas seulement parce qu'elle s'exporte bien. Des exemples en vrac: Ernest et Célestine, Tout en haut du monde, Le tableau...

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Et pour en revenir à notre petite coccinelle...
Il vous est possible de la retrouver également chez Pascale et Dasola.

lundi 17 juin 2019

Du côté obscur ?

J'ai lu quelques livres de Stephen King, mais c'est d'abord au cinéma que je dois la découverte de certaines de ses histoires. L'auteur américain ayant été adapté à de très nombreuses reprises, il se peut que j'envisage un jour un best of ou une chronique sur les bouquins. Aujourd'hui, je vais simplement vous parler de La part des ténèbres.

Un peu plus de trois ans auront passé entre la publication du roman originel et cette version destinée aux salles obscures. L'intrigue tourne autour d'un romancier, Thad Beaumont, qui connaît un succès retentissant en écrivant des polars sanglants... sous un pseudonyme. Parce qu'il en a un peu marre et qu'en prime, un maître-chanteur menace de tout révéler, l'écrivain réalise son coming out littéraire. Son idée est en fait de tourner la page et d'écrire des romans différents, d'un style qui lui correspondrait davantage. Le problème étant alors qu'à partir de cet instant, une série de meurtres a lieu dont il devient vite le premier suspect ! Que dire ? Le long-métrage résume en moins de deux heures quelque 700 pages de roman. Objectivement, La part des ténèbres est un film de genre lambda...

En fait, je n'ai vu qu'une illustration (trop) polie du texte originel. Autant le dire: aux States, le film rapporta moins que ce qu'il coûta. Stephen King n'a pas contribué au scénario. Ce qui se passe à l'écran m'est souvent apparu prévisible, tandis que le roman, de mémoire pas-si-lointaine, prenait le temps de camper chaque personnage secondaire, ce qui s'avérait efficace pour faire monter la tension. Évidemment, le septième art exige plus de spontanéité, mais je dois dire qu'à mes yeux, il manque ici une mise en scène inventive. Résultat: me voilà entre deux eaux, avec une histoire intéressante malgré tout, mais une ambiance thriller qui ne décolle pas tout à fait. Les acteurs ? Je n'en connaissais aucun, ce qui ne m'a pas aidé, j'imagine, à me sentir véritablement impliqué. Ce n'est pas grave ! J'étais peut-être trop exigeant avec La part des ténèbres, au fond. Petite info: il fut interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en France...

La part des ténèbres
Film américain de George A. Romero (1993)

Bon... ma note reste généreuse, parce que ce n'est pas un navet. L'important (et la difficulté) est pour moi de ne rien dévoiler d'essentiel afin de ne pas gâcher le plaisir des amateurs du genre. Juste un indice: cet opus a un petit point commun avec Les oiseaux. Mais pour ne trembler qu'avec Stephen King, je vous conseille plutôt d'aller chercher au rayon Carrie ou Christine. Bons livres, bons films !

dimanche 16 juin 2019

Reprise (imminente)

L'image vous laissait espérer que je fasse écho au documentaire écolo de Mélanie Laurent et Cyril Dion ? Raté ! Cela étant dit, j'ai déjà parlé de ce film et peux donc vous proposer de suivre ce lien vers Demain. Quant à la reprise du fil régulier de mes chroniques, je veux supposer que, désormais, vous avez compris à quel moment elle interviendra...

vendredi 31 mai 2019

Arrêt (provisoire)

Un simple mot aujourd'hui pour vous dire que je fais une pause blog d'une petite vingtaine de jours. D'ici à la reprise, je vous souhaite plein de bonnes choses et, bien sûr, beaucoup... de (très) bons films !

lundi 27 mai 2019

Joon-ho... et les autres

Le 72ème Festival de Cannes s'est achevé samedi par le triomphe inédit d'un cinéaste sud-coréen: Bong Joon-ho, à l'unanimité du jury. Une première depuis 2013 et La vie d'Adèle ! La sortie dans les salles françaises est toute proche: le film y arrive dès le 5 juin prochain. Possible dès lors que je vous en reparle ici dans quelques semaines...

Je note avec amusement que Okja, le précédent long du réalisateur, avait été présenté à Cannes en 2017, mais sans pouvoir être primé parce que produit par Netflix et diffusé sur petit écran uniquement. Pas envie de polémiquer: je n'ai pas vu cet autre opus et n'ai donc aucun avis particulier. En revanche, je connais Memories of murder ! Résultat: j'ai une confiance certaine en Bong Joon-ho. Wait and see. Parasite, qui voit le fils d'une famille pauvre embauché comme prof d'anglais dans une famille riche, augure d'une intrigue vénéneuse. Déjanté, gore, malin, grinçant... les quelques opinions que j'ai lues sur le film évoquent une Palme méritée. Encore un peu de patience...

Voici maintenant d'autres titres qui titillent ma curiosité...

/ Le daim (Quentin Dupieux)
Parce que nous y verrons Adèle Haenel et Jean Dujardin, bien sûr. Mais également pour la folie de Dupieux (cf. Rubber et Au poste !)...

/ Rocketman (Dexter Fletcher)
Un biopic sur Elton John par le cinéaste qui avait débuté (et finalisé !) celui de Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody. Du rock à paillettes...

/ Matthias et Maxime (Xavier Dolan)
Je n'ai toujours pas d'avis définitif sur le jeune réalisateur québécois. Faut-il en avoir un ? Pas sûr. Mais Mommy reste un grand souvenir...

/ Sibyl (Justine Triet)
Virginie Efira et Adèle Exarchopoulous en vedettes devant la caméra d'une réalisatrice dont j'ai entendu beaucoup de bien: c'est tentant...

/ Le jeune Ahmed (Jean-Pierre et Luc Dardenne)
Depuis Rosetta, les frangins belges sont comme chez eux à Cannes. Bon, leur cinéma ne m'attire pas toujours. Mais je demande à voir...

/ Hors-normes (Olivier Nakache et Eric Toledano)
Comme beaucoup d'autres, je m'étais marré avec Intouchables. D'autres films du duo m'emballent moins. Celui-là ? On verra bien...

/ Bacurau (Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho)
Ce qui m'a tapé dans l'oeil ici ? Juste le nom du second réalisateur ! Parce que j'ai un bon souvenir de Les bruits de Recife et Aquarius...

/ Les misérables (Ladj Ly)
On m'a dit de très belles choses sur À voix haute, le documentaire consacré à un concours d'éloquence, du même Ly. À rattraper, donc...

/ Jeanne (Bruno Dumont)
Après Jeannette, une sorte de comédie musicale axée sur l'enfance de la Pucelle d'Orléans, le cinéaste nordiste raconte la suite. Dingo...

/ Les films d'Alain Delon
(...)
Bon, d'accord, je le reconnais: cette fois, c'est un peu pour la blague. Et juste pour relever qu'à 83 ans, l'acteur a reçu une Palme d'honneur.

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Et bien sûr, ça n'est pas exhaustif...

J'ai mélangé toutes les sélections... et cité certains films non-primés. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous aussi y ajouter les vôtres. Et/ou revenir à mes quelques suggestions du mardi 14, à l'ouverture !

samedi 25 mai 2019

Un peu de liberté

L'une fume comme un pompier et travaille (dur !) comme serveuse dans un restaurant bon marché. L'autre reste à la maison aux soins exclusifs d'un mari bien peu reconnaissant. Ensemble, deux copines décident de mettre les voiles, le temps d'un week-end entre filles. Thelma & Louise est peut-être le film le plus simple de Ridley Scott...

Malgré cette simplicité, le réalisateur britannique sublime le scénario de Callie Khouri, une Américaine discrète qui obtint l'Oscar. Je dirais que le film doit également une bonne partie de son succès au duo d'actrices: Susan Sarandon et Geena Davis sont très convaincantes. Bien qu'il s'agisse d'une sorte de road movie, je ne veux pas détailler l'ensemble de ce qui leur arrive sur la route de leurs "vacances". Sachez simplement que les hommes y jouent un rôle important ! Ironiquement, une partie du public reprocha aux femmes d'adopter ici des comportements déplacés, mais, aujourd'hui, Thelma & Louise paraît plutôt d'inspiration féministe. The times, they are a-changin'...

L'un des personnages qui incarne le mieux ce changement est joué par Brad Pitt. J'ai longtemps cru que Thelma & Louise lui avait offert son premier rôle, mais je me trompais: il avait quelques autres films derrière lui. Peu importe: il est très juste, lui aussi, et je dois souligner que l'histoire gagne en complexité autour d'interprétations masculines remarquables, la sienne, donc, et aussi celles d'un tandem bientôt "tarantinesque", j'ai nommé Michael Madsen et Harvey Keitel. Soigné sur la forme, le long-métrage est également un hommage vibrant à l'Amérique des sans-grades, même si la réalité du pays s'écarte sûrement de cette représentation - il faudrait aller vérifier ! Bref... même si je me souvenais de la fin, j'ai passé un bon moment à revoir ce film. Je vous assure: il porte bien ses bientôt trente ans...

Thelma & Louise
Film américain de Ridley Scott (1991)

Une vision européenne sur l'Amérique ? Une production pro-femmes dans un Hollywood macho ? Un aparté dans la filmo du réalisateur ? Finalement, exception ou pas, inutile de tergiverser: le film m'a plu. Cela dit, un film comme Paris, Texas est encore plus fort, je trouve. Vous noterez au passage que les routes stimulent aussi l'imagination des Américains. À découvrir: The strange ones et Midnight special

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Les années passées ont une conséquence...
Parmi mes blogs références, seul "L'oeil sur l'écran" a parlé du film. Mais attention: si vous cliquez, le risque de spoiler est plutôt élevé...

jeudi 23 mai 2019

Yipee ki-yay !

Une histoire intéressante. De belles images. Un montage soigné. Quelque chose dans la musique qui sait nous transporter ailleurs. Parmi tous ces ingrédients d'un bon film, c'est volontiers que je place également la bonne écriture des dialogues et les répliques qui fusent. L'une des raisons qui m'ont donné envie de revoir... Piège de cristal !

En souvenir de mon kif d'adolescent, c'est en choisissant la version doublée en français que j'ai retrouvé Bruce Willis au Nakatomi Plaza de Los Angeles, le soir de Noël. Encore chevelu, l'acteur américain devait, lui, rejoindre sa femme à une luxueuse réception privée. Problème: à peine était-il arrivé que toute une bande de terroristes allemands - lourdement armés, natürlich - y débarquait à son tour. Encore peu expérimenté, l'ami John McClane allait donc devoir agir avec justesse et, à défaut de sauver le monde, zigouiller du Teuton pour tirer une bonne trentaine d'otages des griffes de ces sauvages. Vous devinez la suite, j'imagine ? Tourné dans un véritable immeuble en construction, le bien nommé Piège de cristal propose un huis-clos classieux, qui pourrait encore largement faire référence aujourd'hui. Même s'il est tout à fait invraisemblable, on s'en fiche allégrement. Ici, il est inutile de réfléchir: la seule chose qui compte, c'est l'action !

On a souvent dit qu'un film de ce genre était réussi quand le méchant est à la hauteur. C'est le cas, en l'occurrence: je suis même persuadé que, comme moi, beaucoup ont dû garder en mémoire la prestation jubilatoire du regretté Alan Rickman (dans son premier rôle cinéma). Le reste du casting joue les utilités, mais je trouve Bonnie Bedelia très correcte dans le premier rôle féminin de ce "film de mecs". Devenu culte avec les années, Piège de cristal reçut un accueil mitigé de la presse française de l'époque, étant jugé primaire, voire bête. D'aucuns daignent désormais louer son côté précurseur en termes d'action movie contemporain. Entre les deux, j'y vois, moi, un plaisir vaguement coupable et un possible complice pour soirée plateau-télé. On n'est pas obligé de se frapper les quatre (et bientôt cinq) suites. Bien au contraire, ce type de spectacle a tout à gagner à être vu comme un archétype des années 80, sans autre ambition véritable que le divertissement bourrin. Parce que c'est cela aussi, le cinéma. Parmi toutes les options possibles, celle-là est très loin d'être la pire !

Piège de cristal
Film américain de John McTiernan (1988)

Sans surprise, mais efficace: je crois que ça peut résumer le truc. Plus le temps passe, plus je me dis que cette période du cinéma américain de genre est une belle source de pépites de cette nature ! Certaines ont des airs de nanar, tel l'incroyable Action Jackson, sorti la même année. En mode relax, on préférera Le flic de Beverly Hills ou Runaway pour le côté futuriste. Et il en reste beaucoup d'autres... 

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Une (double) précision linguistique...

Le titre de ma chronique ? C'est une onomatopée. Celles et ceux d'entre vous qui (re)verront le film ou s'en souviennent comprendront. D'autres que moi préfèrent en parler sous son titre original: Die hard.

Vous avez envie de prolonger le plaisir ?
"L'oeil sur l'écran" vous propose une autre (courte) chronique du film.