mardi 31 janvier 2017

Sacré défi !

Je termine ce mois avec une mention spéciale pour Tina, lectrice fidèle de ce blog et elle-même chroniqueuse cinéma, et son amie Lily. Les deux filles sont les conceptrices unies du Movie Challenge 2017. Après avoir zappé l'édition 2016 de ce jeu amusant, je me confronte avec plaisir à ce défi particulier. Cela mérite quelques explications...

Le Movie Challenge est une sorte de bingo cinématographique. Quarante catégories de films sont définies cette année: à chaque fois que j'en découvrirai un, je consulterai cette grille de lecture particulière pour voir s'il m'est possible de la remplir. Il s'agit également bien sûr d'en rendre compte régulièrement, pour permettre aux autres participants - si possible - de découvrir des films inconnus. Chacun peut participer, à son rythme et, bien sûr, selon ses envies...

Voici donc les quarante catégories...
1. Un film tiré d'une série ou qui en a inspiré une,
2. Un premier film,
3. Un film tourné dans un lieu où je suis allé,
4. Un film sorti l'année de mes dix ans,
5. Un film avec un acteur ou une actrice que je déteste,
6. Un remake ou un film qui a fait l'objet d'un remake,
7. Un film qui se passe dans le milieu sportif,
8. Un film de procès,
9. Un film européen hors France,
10. Un film qui a reçu la Palme d'or,

11. Un documentaire,
12. Un film d'action ou d'aventure,
13. Un film qui a marqué mon enfance ou mon adolescence,
14. Un film que j'aime bien secrètement,
15. Un film français,
16. Un film qui est la suite d'un autre,
17. Un film engagé,
18. Un film sorti cette année,
19. Un film qui m'a fait pleurer,
20. Un film qui m'a fait pleurer de rire,

21. Un film d'un réalisateur que j'adore,
22. Une comédie,
23. Une comédie musicale,
24. Un film recommandé par quelqu'un,
25. Un film d'animation,
26. Un film que mon père adore,
27. Un film adapté d'un livre que j'ai lu,
28. Un film ayant obtenu un Oscar,
29. Un film en noir et blanc,
30. Un film réalisé par une femme,

31. Un film d'un réalisateur asiatique,
32. Un film d'horreur,
33. Un film avec un mariage,
34. Un film LGBT - lesbien, gay, bisexuel ou transgenre,
35. Un film avec un prénom dans le titre,
36. Un film que je dois voir depuis des années sans occasion,
37. Un film qui se déroule avant le 20ème siècle,
38. Un film policier / thriller,
39. Un film feel good,
40. Un film qui n'est pas sorti en salles en France.

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Et vous, alors ? Est-ce que ça vous tente ?
Si oui, n'hésitez pas... et, idéalement, dites-le aussi à Tina et Lily !

lundi 30 janvier 2017

Du sang dans l'eau

La chronique d'aujourd'hui marquera l'aboutissement d'une envie personnelle: découvrir (ou revoir) et chroniquer l'ensemble des films réalisés par Steven Spielberg à ses débuts, au cours des années 70. J'en termine donc ce jour avec Les dents de la mer, grand classique que j'ai donc vu pour la première fois dans son intégralité il y a peu...

Y aurait-il parmi vous des gens qui n'en ont jamais entendu parler ? J'imagine que toute personne un minimum intéressée par le cinéma sait que ce film tourne autour d'un grand requin tueur d'hommes. Aujourd'hui, on répète que le véritable poisson est moins dangereux que le long-métrage ne le montre et d'aucuns critiquent alors l'idée même du scénario, la jugeant plus que problématique pour la survie de l'espèce. Je ne souhaite pas entrer dans ce débat, à vrai dire. Compte tenu de sa place historique dans l'ensemble de la filmographie spielbergienne, je considère Les dents de la mer comme un film intéressant et même, pour tout vous dire, franchement divertissant !

Bon, évidemment, c'est loin d'être le film le plus compliqué du monde. Ma vraie surprise est venue du fait qu'il se déroule en deux temps. Avant de partir à la chasse au requin avec trois hommes déterminés par l'intention de stopper le carnage, on reste tranquilles sur le rivage et on observe les réactions d'une communauté face à une peur croissante (et en partie irrationnelle). Et c'est franchement moderne ! Même s'il est encore un peu brut de décoffrage, Tonton Steven utilise le monstre marin comme une allégorie de la menace - je crois vraiment qu'avec un autre symbole, il aurait gardé sa pertinence. Personnellement, dès qu'on part au large pour la traque, mon intérêt décline légèrement... mais respect pour Spielby, qui pose les bases des blockbusters actuels, en jouant avec nos émotions primaires. Après avoir vaincu mille difficultés tout au long du tournage, il décida de rester loin des océans pour ses autres films. Les dents de la mer porte la marque de son génie, à la fois pionnier et touche-à-tout. D'après moi, on peut le résumer facilement: c'est un grand petit film !

Les dents de la mer
Film américain de Steven Spielberg (1975)

Un mot des acteurs: Roy Scheider, Richard Dreyfuss et Robert Shaw sont très bons, en flic courageux, scientifique curieux et vieux loup de mer toujours prêt à en découdre. Un bon p'tit plaisir régressif. J'imagine que Les grands fonds, chroniqué vendredi dernier, lui doit beaucoup. À noter qu'il existe trois suites, mais d'autres réalisateurs. Pour aller en mer "autrement", privilégiez plutôt Abyss... ou Océans !

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Et s'il vous faut un plus gros bateau...

Je vous encourage à vous embarquer auprès de l'ami Princécranoir.

samedi 28 janvier 2017

La fille réveillée

Les calendriers de sortie des films sont sûrement bien trop étudiés pour que ce soit un pur hasard. Reste une coïncidence qui peut amuser: pour la seconde année consécutive, le tout premier des films que j'ai vus en salle met en vedette Jennifer Lawrence. Il faut dire que, parmi sa génération, elle est l'une des actrices les plus actives...

Pour être honnête, je dois le dire: j'avais envie de voir Passengers. Pas foncièrement originale, l'idée de base me laissait envisager d'entamer 2017 avec un divertissement simple, avant d'enchaîner éventuellement avec d'autres films plus "pointus". Le scénario repose sur un huis-clos à bord d'un vaisseau spatial, envoyé à destination d'une planète lointaine, Homestead II. Sur Terre, plusieurs centaines d'individus volontaires ont été endormis pour laisser filer les 120 ans du voyage et arriver à destination à l'âge qu'ils avaient au moment de  partir. Évidemment, il y a un bug: l'un de ces passagers se réveille trop tôt. Il passe par plusieurs étapes: peur, exaltation, déprime, résignation... avant d'avoir soudain envie de réveiller une passagère. Je vous passe les détails: ils sont assez prévisibles, de toute façon. L'atout-charme Jennifer Lawrence est en fait doublé: je peux croire que certaines filles craqueront pour Chris Pratt. Ouais, admettons...

En matière de film vide-neurones hivernal, Passengers remplit correctement sa mission. Quelques-uns des sujets qu'il soulève pourraient servir de base à une réflexion existentielle, mais les idées développées ici n'ont visiblement pas cette ambition. En un mot comme en cent: nous voilà en face d'un énième pop corn movie ! Personnellement, j'ai fait l'impasse sur la 3D et j'ai vu du beau travail côté décors et costumes (les tenues de Jen, raaaaaaaaaaah lovely !). Je me suis également trouvé sensible à certains passages de la bande originale, ce qui aurait tendance à prouver que j'étais peu attentif aux dialogues ou situations, parfois. Il est certain que le tout carbure à l'ordinaire et que, même autour de la thématique spatiale, il y a mille films plus inventifs que celui-là. Qu'importe: passer un moment sympa avec un bon pote aura suffi à mon bonheur, pour cette fois. Même si tout ça ne risque guère de se retrouver dans mon top 2017...

Passengers
Film américain de Morten Tyldum (2016)

Vous connaissez la Black List ? C'est, du côté de Hollywood, le nom donné à une série de scénarios disponibles, en attente de production. Passengers y est presque resté dix ans ! On est donc loin du cinéma porté par un réalisateur-auteur, c'est entendu. La "science-fiction" demeure un genre compliqué, pour moi. Je reste preneur de conseils en la matière, toutefois, type 2001, Blade runner ou Seul sur Mars.

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Si, de votre côté, vous voulez un autre avis...

Je vous invite à lire celui de Pascale, un tantinet moins enthousiaste.

vendredi 27 janvier 2017

Chasse au trésor

Le public du cinéma était-il, il y a quarante ans, plus impressionnable qu'aujourd'hui ? L'affiche du film Les grands fonds porte une mention qui l'incite à la prudence. Je cite: "Rien n'est comparable à la terreur qui les attend". Un avertissement plus grandiloquent qu'autre chose. Et pas forcément très raccord avec l'idée même du scénario, en fait...

David et Gail, un couple d'Américains, sont partis dans les Bermudes pour faire de la plongée. Sur une épave, non sans avoir toutefois pris quelques risques mal considérés, ils ont découvert un médaillon ancien et... une petite bouteille. C'est en réalité cette dernière pièce qui semble intéresser l'homme qui les aborde au bar de leur hôtel. Lequel se présente comme un collectionneur de vieux objets en verre. C'est bien sûr un mensonge: sans le savoir, les chercheurs de trésor ont peut-être mis le nez sur la piste d'un galion espagnol naufragé avec toutes ses richesses, mais aussi sur celle d'un autre navire chargé d'une substance pouvant être transformée en une drogue dure. Du coup, dans Les grands fonds, le plus gros danger est à la surface. Ce thriller vintage et sous-marin m'a paru bien efficace, les ami(e)s !

Le glamour du couple Jacqueline Bisset / Nick Nolte y est sûrement pour quelque chose. À leur côté, outre un assez truculent Robert Shaw et un dénommé Louis Gossett Jr dans le costume du méchant, j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Eli Wallach, toujours un peu truand. Hollywood me semble avoir cassé le moule de ces petits films d'aventure sans prétention aucune... et je trouve ça dommage. Objectivement, maintenant que les cocotiers paraissent accessibles avec un peu d'argent et d'un clic de souris, les péripéties insulaires d'un duo de touristes n'impressionnent plus forcément grand-monde. N'empêche: pour ma part, j'ai toujours un vrai plaisir à voir un film comme Les grands fonds, dont une importante partie a été tournée sous l'eau. Pour un jour d'hiver, cela reste un divertissement sympa...

Les grands fonds
Film américain de Peter Yates (1977)

Tourner sur la mer est un vrai défi technique - d'autres cinéastes réputés l'ont dit et répété. J'insiste, moi, pour redire que, dans le cas présent, une bonne partie des scènes se déroule SOUS la mer. Attention toutefois: on est loin de films comme Abyss ou La vie aquatique. Humour en moins, je retrouve plutôt le plaisir nostalgique d'un À la poursuite du diamant vert. Pas de comparaison évidente...

jeudi 26 janvier 2017

Juif malgré lui

J'aime aller au cinéma pour débuter l'année, mais je n'en ai pas toujours l'opportunité. C'est donc bel et bien à la téloche que j'ai vu mon premier film du millésime 2017: Les aventures de Rabbi Jacob. En son temps, ce classique avait attiré près de 7,3 millions de rieurs dans les salles françaises. Et pour moi, ça restait encore... un inédit !

Maintenant que je l'ai vu, je peux vous dire (ou plutôt vous rappeler) que le film démarre à New York, à l'heure où un rabbin très aimé quitte sa communauté pour rejoindre une partie des siens en France. Dans le même temps, un notable français quelque peu irascible chemine de Normandie à Paris, dans le but de marier sa fille au fils d'un général. Quelques mésaventures plus tard, notre homme affronte plusieurs individus peu fréquentables dans une usine à chewing-gums et se voit contraint de venir en aide à un Arabe menacé de mort. Passons sur les détails, voulez-vous ? Les aventures de Rabbi Jacob n'est qu'une comédie très franchouillarde parmi (beaucoup) d'autres...

Vous le savez peut-être ou l'aurez imaginé: quand les protagonistes principaux se croiseront, les quiproquos s'accumuleront, bien sûr. Chaque gag ou presque repose ici sur l'idée qu'un homme généreux passe pour un malotru, tandis qu'un teigneux au racisme mal assumé se retrouve dans la peau d'un "étranger". Si vous aimez l'humour subtil, inutile de vous attarder: on mise sur la grosse poilade. Pourtant, avec l'abattage de Louis de Funès, ça peut encore passer aujourd'hui comme une référence du genre, surtout avec la musique de Vladimir Cosma - et une scène chorégraphique assurément culte - pour emballer le tout. Rien d'inoubliable, mais rien de honteux, donc. Les aventures de Rabbi Jacob est un peu dépassé, mais j'ai vu pire. Nommé aux Golden Globes, le film est même porteur d'un message tolérant, aspect que je n'aurais sans doute pas envisagé en amont ! Comme quoi, même au cinéma, il faut toujours éviter les préjugés...

Les aventures de Rabbi Jacob
Film français de Gérard Oury (1973)

Bon... on passera vite à autre chose, hein ? Si l'incontestable talent comique de Louis de Funès fait encore recette, il est possible également de trouver mieux dans les (vastes) rayons de la comédie française. Maintenant, si vous voulez absolument retrouver l'acteur dans ses oeuvres, je vous conseille volontiers Oscar ou Le tatoué. Sans exclure en fait que ce soit Un grand seigneur que je préfère...

lundi 23 janvier 2017

Au sommet de 2016

L'heure est (enfin !) venue de regarder en arrière et de vous dévoiler les films qui ont constitué pour moi les meilleures expériences cinéma de 2016. Au total, j'en ai découvert 72 en salles l'année dernière. Après réflexion, j'ai choisi d'en retenir douze pour ce top du millésime écoulé. Ce choix très subjectif, je l'espère, vous donnera des idées...

1. Midnight special / Jeff Nichols
Ce n'était plus arrivé depuis quatre ans: je retiens un film américain au sommet de la hiérarchie. Le coeur a parlé: l'histoire de cet enfant mystérieux m'a happé dès les toutes premières séquences. Le récit est un peu moins haletant dans sa seconde partie, mais qu'importe ! La (belle) révélation finale m'a laissé avec des étoiles plein les yeux...

2. Les premiers les derniers / Bouli Lanners
L'humanisme profond de l'acteur-réalisateur belge résonne en moi. J'aime sa façon de réinventer notre monde en mode doux-amer. Albert Dupontel, Suzanne Clément, Michael Lonsdale, Max von Sidow et Philippe Rebbot l'accompagnent ici dans une aventure décalée comme on en voit peu. Un étonnant film d'auteur. De l'espoir, aussi.

3. Willy 1er / M. Gautier, H. P. Thomas, L. et Z. Boukherma
Travail collectif et vibrant plaidoyer pour le respect de la différence. Écrit à huit mains, ce premier film est peut-être encore plus atypique que son prédécesseur au classement. Voir un homme illettré rejouer sa propre histoire en y ajoutant un peu de fiction pouvait laisser craindre le pire. Au fil du récit, l'humanité reprend le dessus. Brillant !

4. La tortue rouge / Michael Dudok de Wit
L'avenir de Ghibli étant incertain à moyen terme, il faut être heureux d'avoir vu les Japonais ouvrir les portes de leur studio à un artiste européen. Le résultat est probant, avec ce film d'une douce poésie, sans le moindre dialogue. C'est aussi le fruit de neuf ans de travail ! Ému et émerveillé, un peu de moi reste sur cette petite île déserte...

5. Premier contact / Denis Villeneuve
Un film qui confirme le cinéaste québécois au sein de mon Panthéon personnel. Des histoires de rencontres subites avec des créatures extraterrestres, le cinéma d'outre-Atlantique en a créé des wagons. Rares sont celles qui font preuve d'une telle sensibilité. Amy Adams magnifie encore ce qui est également un étonnant portrait de femme.

6. Mademoiselle / Park Chan-wook
Un peu de perversité dans ce joli monde, vous n'êtes pas contre ? Excellente nouvelle: le cinéaste coréen a plus d'un tour dans son sac. L'intrigue qu'il développe ici rebondit deux fois et surprend presque jusqu'au bout. Et quelle maestria technique, mes aïeux ! Un thriller jouissif, érotique et sanglant, qui aura mis plus d'un homme au tapis.

7. Comancheria / David Mackenzie
Deux frères sans le sou. Des banques aux pratiques douteuses. L'envie d'enfin s'en sortir ou, au moins, de ne plus se laisser faire. Mélangez le tout et savourez illico un très bon film de braquages ! Plutôt moins manichéen qu'il n'y paraît de prime abord, le scénario tient la route et la distance. En cadeau-bonus: Jeff Bridges en shérif. 

8. Poesía sin fin / Alejandro Jodorowsky
J'avais depuis longtemps envie de découvrir le travail du cinéaste chilien. Maintenant que c'est chose faite, j'ajoute son nom à la liste de mes envies récurrentes, avec l'espoir donc de le retrouver bientôt. Ce deuxième volet de son autobiographie filmée est d'une inventivité folle. Aucun répit pour les mirettes... et ça, c'est vraiment chouette !

9. Alaska / Claudio Cupellini
Un autre récit qui, parfois, file à 200 à l'heure. Sans star en tête d'affiche, ce petit film venu d'Italie touche au coeur en racontant longuement et avec beaucoup d'énergie une grande histoire d'amour. Tourné avec les tripes, il ne recule jamais devant les émotions fortes et - ô joie ! - se joue des frontières, de pays comme de genre. Bene !

10. Nocturama / Bertrand Bonello
Ses personnages sont de jeunes terroristes: c'est pourquoi j'ai hésité longuement à placer ce film parmi mes préférés de l'année écoulée. Cela dit, il me paraît juste qu'il y soit, au moins pour ce qu'il montre dans sa première partie: l'exécution d'un acte criminel en temps réel. La suite est plus discutable, mais fait écho à la France d'aujourd'hui...

11. Chocolat / Roschdy Zem
La place d'Omar Sy dans le coeur des Français peut faire des envieux. Force est toutefois de constater que l'acteur fait preuve de justesse et d'humilité dans ce portrait du premier artiste noir de la scène nationale. Il a le mérite aussi de laisser de la place à James Thierrée. Inédit jusqu'alors, leur duo enchante sur toute une palette d'émotions.

12. Voyage à travers le cinéma français / Bertrand Tavernier
Impossible de passer à côté de ce documentaire, véritable pain béni pour celles et ceux qui s'intéressent au cinéma, de près ou de loin. Prendre des leçons auprès de l'un des grands maîtres du septième art national est plus qu'une aubaine: un vrai plaisir. Après trois heures bien tassées, je n'avais au fond qu'une seule envie: découvrir la suite.

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Il faudra vous en contenter...
Cette année, j'ai choisi de ne pas faire de tops de mes films rattrapés ou des grands classiques que j'ai pu découvrir.Trop d'hétérogénéité...

En revanche, les comparaisons restent possibles...
Le classement des préférences est un classique de la blogosphère. Ainsi, vous retrouverez d'autres tops (et d'autres films, bien entendu) chez Pascale, Dasola, Tinalakiller, Sentinelle, 2flics et Princécranoir. Bon, il semblerait bien que je sois le dernier après Strum... et David !

samedi 21 janvier 2017

Malheurs en série

J'ai mis du temps avant d'apprécier les classiques de la littérature française à leur juste valeur. Une vie, d'abord publié sous la forme d'un feuilleton en 1883, est le premier roman de Guy de Maupassant. C'est aussi la première oeuvre que j'ai lue de l'écrivain normand. Aujourd'hui, je vais vous dire un mot sur une adaptation au cinéma...

Le réalisateur Stéphane Brizé indique que la naissance de son projet remonte à une vingtaine d'années, au moment où il a découvert l'oeuvre écrite, suivant un conseil de Florence Vignon, la co-scénariste de plusieurs de ses films. Deux mots sur l'histoire: dans la Normandie du 19ème siècle naissant, Jeanne, une jeune aristocrate juste sortie du couvent, épouse Julien, homme peu fortuné, mais lui aussi issu d'une famille noble. La noce tourne au fiasco et un long cauchemar commence pour la mariée - il durera de longues années. La lumière est presque absente de ce récit, sans conteste parmi les plus sombres et glacés que je connaisse. Sur grand écran, pourtant, Une vie s'anime d'images très contrastées, illustrant tant les moments de joie que les séquences de désespoir de sa (belle) héroïne. Je dois avouer que je garde un souvenir éprouvant du livre, très chargé en émotions mortifères. C'est un fait: le long-métrage m'est apparu plus "nuancé".

Une grande partie de la réussite formelle du film tient à son montage. En fait, c'est par petites touches et sans se soucier de suivre logiquement le fil du temps que la caméra réalise le portrait sensible des différents personnages. On les suit au présent, on file ensuite vers leur futur, on revient dans le passé... le tout est très découpé. Rassurez-vous: on s'habitue bien vite et on s'y retrouve facilement. D'ailleurs, il n'y a guère qu'une dizaines de protagonistes. Le couple principal en côtoie d'abord deux autres, jeunes amis et vieux parents. Avec eux encore, une servante, soeur de lait de Jeanne et témoin muet de sa décrépitude. D'autres notables: deux prêtres, un médecin et un notaire. Plus tard naîtra un fils, que la mère parviendra à aimer viscéralement, envers et contre tous les ennuis qu'il pourra lui causer. Une vie permet d'apprécier d'excellents acteurs: outre Judith Chemla en mater dolorosa, vous retrouverez Swann Arlaud, Clotilde Hesme, Finnegan Oldfield, Yolande Moreau et Jean-Pierre Darroussin, etc... Jusqu'à l'ultime réplique, le film reste fidèle au roman: un vrai "plus" !

Une vie
Film français de Stéphane Brizé (2016)

Le film a remporté en décembre le Prix Louis-Delluc, que l'on présente parfois comme "le Goncourt du cinéma". Il fait partie des favoris annoncés pour les prochains César. À noter également: le format carré de l'image. Stéphane Brizé conserve un style fait de silences évocateurs, déjà à l'oeuvre dans Mademoiselle Chambon. Ce travail épuré peut ne pas vous toucher. Ou vous motiver à lire Maupassant...

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D'autres images existent sur le même récit...

Surprise: la toute première adaptation date de 1947 et est l'oeuvre d'un réalisateur... finlandais, Toïvo J. Särkkä ! Une autre version cinéma a été réalisée par Alexandre Astruc en 1958 et un téléfilm d'Élisabeth Rappeneau, soeur de Jean-Paul, a été diffusé début 2005.

Si, désormais, vous jugez utile d'avoir un autre avis...
C'est avec plaisir que je vous oriente vers celui de mon amie Pascale

vendredi 20 janvier 2017

Ré-Mi-Do-Do-Sol

Je n'ai pas vu son dernier film, mais j'ai toujours le même respect mâtiné d'admiration pour Steven Spielberg. Mon récent petit break hivernal m'a permis d'enfin rattraper une autre de ses oeuvres mythiques: Rencontres du troisième type. Ce spectacle étonnant fêtera ses quarante ans en novembre et a gardé une belle modernité !

C'est un vrai défi que de résumer ce film ! Il nous embarque aussitôt quelque part dans l'Indiana - et ce qu'on pourrait appeler l'Amérique profonde. Plusieurs objets volants non identifiés y ont été aperçus. Partagée entre inquiétude et stupéfaction, les quelques témoins ordinaires de ces événements extraordinaires n'y comprennent rien. Dans un désert mexicain, on retrouve les avions d'une escadrille disparue de la Seconde Guerre mondiale et, en Inde, des foules immenses reproduisent ad libitum les cinq notes d'une mélodie prétendument descendue des cieux. Rencontres du troisième type conserve ceci de vraiment particulier qu'aux adeptes des scénarios linéaires, il oppose un récit éclaté, qui fait bien des tours et détours pour raconter au fond une seule et même histoire. Je ne suis pas sûr qu'un tel procédé narratif soit vraiment encore possible aujourd'hui ! Pas sûr du contraire non plus, à dire la vérité, mais bon... qu'importe.

Si le long-métrage fait encore parler de lui aujourd'hui, c'est sûrement aussi parce que Steven Spielberg a appuyé son propos sur une idée forte de son cinéma: l'existence possible d'une vie extraterrestre. C'est également, je crois, parce qu'il a mis l'imaginaire dans les mains de deux personnages tout à fait emblématiques: Roy Neary le rêveur et Claude Lacombe le scientifique. Chose intéressante: le premier veut comprendre et le second s'évader, ce qui fait que je les vois volontiers comme les deux faces d'un seul et même être. On notera qu'elles ont le visage de Richard Dreyfuss et François Truffaut, justes et touchants tous les deux, chacun dans son registre. Il est possible qu'à la "revoyure", certains d'entre vous jugent le film un peu vieilli. Rencontres du troisième type demeure toutefois un jalon important de l'histoire de la science-fiction au cinéma - et cette seule raison justifierait qu'on lui accorde un regard bienveillant. Il faut considérer par ailleurs qu'on n'y ressent aucune hostilité à l'égard de l'inconnu. C'est l'humble vision d'un trentenaire qui a conservé l'âme d'un enfant.

Rencontres du troisième type
Film américain de Steven Spielberg (1977)

Il serait facile de voir ce long-métrage comme le précurseur filmique d'E.T. l'extra-terrestre, sorti trois ans plus tard - et que j'aime davantage. Ce serait oublier un peu vite le formidable héritage laissé par cette "première" aventure. Rien que l'an passé, des blockbusters comme Midnight special et Premier contact lui doivent beaucoup. Respect pour ce cinéma américain, aussi intelligent que divertissant !

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Une explication sur mon titre...
Ces notes de musique ont une très grande importance dans le film ! J'ajoute qu'elles sont l'oeuvre de John Williams et que le second Do doit être joué une octave plus bas que le premier. Avis aux amateurs.

Deux autres façons de considérer le film...
Vous pouvez lire "L'oeil sur l'écran" ou voir les images chez Ideyvonne.

jeudi 19 janvier 2017

Téléfilms costumés

Un aveu pour démarrer: parfois, pour gagner du temps ou faute d'inspiration véritable, j'ai très envie de céder à une certaine facilité et d'associer un film à un autre pour créer un diptyque. C'est le cas aujourd'hui et, comme mon titre l'indique, autour de deux téléfilms découverts cet hiver: Mystère au Moulin rouge et La joie de vivre...

Mystère au Moulin Rouge
Téléfilm français de Stéphane Kappes (2011)

Si je n'avais qu'un argument pour défendre ce petit film, je citerais probablement celui qui m'a convaincu: la présence d'Émilie Dequenne. La comédienne belge est l'une de mes préférées. Dans le Paris populo d'avant la Première Guerre mondiale, elle est ici une jeune femme "montée à  la capitale" pour retrouver sa soeur disparue. L'intéressée tournait autour du monde des cabarets, au risque de rencontres fâcheuses. Est-elle en vie ? Mystère... et suspense très relatif. Correctement mis en scène, ce gentil récit n'atteint pas des sommets. On y aperçoit le vieux Jacques Weber ou le fringuant Marius Colucci. Dominique Besnehard est là aussi (pour accompagner ses client-e-s ?). Les techniciens et artisans des studios de tournage ont bien travaillé. Mais sitôt la vérité connue, il ne reste finalement pas grand-chose...

La joie de vivre
Téléfilm français de Jean-Pierre Améris (2011)

J'ai une vraie affection pour le réalisateur, qui, il y a plus de cinq ans déjà, fut le premier professionnel de cinéma à accepter une interview publiée sur ce blog. Avec Anaïs Demoustier et Swann Arlaud, il offre dans ce film une très belle adaptation d'un roman d'Émile Zola. Surprise: le titre n'est pas aussi trompeur que je l'avais imaginé. Objectivement, la vie de cette - riche - orpheline confiée à sa tante et tombée amoureuse de son cousin n'est pas spécialement rigolote. Pourtant, la détermination du personnage confine à un optimisme étonnamment moderne. Tournées à deux pas des grandioses falaises de Normandie, le long-métrage n'a rien à envier à une production cinéma. Son naturalisme de bon aloi en fait une réplique respectueuse de l'oeuvre originelle - pour ça et tout le reste, je dis merci et bravo !

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Je ne suis pas seul...
Fidèle elle aussi au cinéaste, Pascale a vu le second des deux films.

Un mot encore, si vous le voulez bien...
Comme à l'accoutumée, je suis preneur de votre avis sur les films. Format oblige, je suis aussi à votre écoute sur le concept "diptyque".

mercredi 18 janvier 2017

Un homme intègre

Petites gens, nobles héros et histoires simples: c'est sur cette base que, semble-t-il, repose le cinéma de Frank Capra. L'un des alter ego habituels du cinéaste est James Stewart, qui tourna à trois reprises avec lui. Dans Mr. Smith au Sénat, il est un jeune homme respectable, fraîchement appelé à représenter le peuple américain...

Je n'entrerai pas longtemps dans les considérations juridiques. Sachez simplement qu'aux États-Unis, si un sénateur vient à mourir au cours de son mandat, il peut être remplacé par une personnalité désignée par le gouverneur de son État d'origine. Reprendre le poste, c'est donc ce qui arrive à James Stewart / Jefferson Smith, garçon ordinaire jusque dans son patronyme, que certains milieux d'affaires poussent vers la Chambre, le jugeant en réalité bien plus naïf et influençable qu'un autre prétendant de fait plus expérimenté. Mr. Smith au Sénat présente donc les atours d'un film engagé et reçut un accueil mitigé. Aujourd'hui, à l'inverse, il est considéré comme un (grand) classique !

Un peu idéaliste, sans doute, le scénario s'appuie sur les valeurs éternelles de la démocratie américaine pour faire le portrait serré d'un homme intègre. Face à la perte de ses illusions, Jefferson Smith continue d'aller de l'avant et refuse de renoncer à son idéal égalitaire. Symboliquement, Frank Capra l'entoure d'enfants, qui tiennent lieu d'appariteurs au coeur des institutions et, bien entendu, triomphent avec lui de toutes les injustices. En prime, Mr. Smith au Sénat tricote aussi une jolie histoire d'amour, son premier personnage féminin semblant (presque) en avance sur son temps. Si tout cela peut paraître trop beau pour être vrai, le spectacle demeure agréable et réconfortant. Du cinéma traditionnel US dans toute sa splendeur ! Pourquoi bouder son plaisir, n'est-ce pas ? Je ne vois aucune raison...

Mr. Smith au Sénat
Film américain de Frank Capra (1939)

Pour être franc, du duo Capra / Stewart, je préfère La vie est belle. Maintenant, très sincèrement, cela ne tient qu'à de petits détails. Peut-être un poil trop long, le film du jour garde d'indéniables qualités et fait encore mouche, près de 80 ans (!) après sa sortie en salles. Juste après, ce sera la guerre: c'est terrible, quand on y pense ! Heureusement que le cinéma est là pour étancher notre soif d'idéal...

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Pour finir, deux lectures à vous conseiller...

L'oeil sur l'écran revient sur le film. Eeguab, lui, parle de son auteur.

lundi 16 janvier 2017

Venus d'ailleurs

Les historiens de l'art font de 1902 la date de la première apparition d'une créature extraterrestre au cinéma. Depuis, le sujet passionne toujours nombre de cinéastes - plus ou moins inventifs, bien sûr. C'est tout d'abord parce que j'apprécie le réalisateur Denis Villeneuve que j'ai voulu voir son Premier contact. Content: ça valait le détour !

Premier contact est un film intéressant, sur la base d'un concept assez basique: douze vaisseaux, de forme ovoïde et donc d'origine interstellaire, arrivent sur Terre. Sont-ils habités ? Oui. Les "autres" communiquent-ils ? Peut-être. C'est bien pour le savoir que l'armée américaine recrute une linguiste réputée: tenue à la confidentialité absolue de ses travaux, Louise Banks devra déterminer si les bruits enregistrés auprès d'étranges créatures forment bien un langage. Ensuite, si c'est le cas, elle devra se montrer capable de le traduire. L'idée première est bien sûr de savoir si cette soudaine apparition d'une forme de vie inconnue représente une menace. Une trame scénaristique qui trouve des échos dans notre monde et nos défiances à l'égard de ce qui est différent. Remarquable et saisissant parallèle !

Sur cette première "couche" de narration, une autre thématique s'impose d'emblée: qu'en est-il de Louise Banks en tant qu'individu ? Cette femme érudite est-elle heureuse ? S'épanouit-elle vraiment comme professeur d'université ? Dès le début, Premier contact laisse entendre que non, qu'elle est seule, endeuillée et résignée à une vie terne. Mais une fois encore, en partant de ce qui n'est finalement qu'un archétype parmi d'autres, le film fait montre d'une originalité certaine, balayant du même coup nos certitudes trop vite établies. Bon... peut-être que le tout manque encore d'un soupçon de maîtrise pour atteindre les sommets de l'art cinématographique. N'empêche ! Nous sommes et restons bien au-dessus d'un bête blockbuster de plus. Cerise sur le gâteau: l'interprétation sans faille d'Amy Adams, égérie parfaite (et récurrente) de ce type de divertissement intelligent. Laissés quelque peu en retrait du personnage féminin, Jeremy Renner et Forest Whitaker sont très bien aussi. Le tout est d'un équilibre fragile, il me semble, mais je le trouve plutôt convaincant. À (re)voir.

Premier contact
Film américain de Denis Villeneuve (2016)

Je suis bien embêté, maintenant... si, à présent, je cite des films comparables sur les êtres venus d'ailleurs, je crains vraiment d'en dire trop. Je me contenterai donc d'Abyss et d'E.T. l'extra-terrestre. J'ajoute juste que la vision de Denis Villeneuve me paraît plus adulte et peut-être un peu plus sombre. Maintenant, chut ! Le long-métrage du cinéaste québécois cache des surprises. J'aime autant m'arrêter là.

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Qu'en est-il des avis venus d'ailleurs ?

Je vous conseille d'aller lire les opinions de Pascale, Dasola et Strum. Sentinelle a également publié sa propre chronique, en léger décalé.

dimanche 15 janvier 2017

Labyrinthe

Il n'y a pas qu'au cinéma que j'ai encore de grosses lacunes à combler. Chaque fois que je vois un film adapté d'un roman, je me promets d'essayer de lire davantage. Cette fois, c'est sur les traces des polars de Georges Simenon que je suis attiré, après avoir pu m'enfermer dans La chambre bleue. L'histoire plutôt banale d'un adultère fatal...

Stop ! Ne surtout pas trop en dire ! Ce n'est pas forcément facile d'agir autrement, mais je suis entré dans cette histoire en sachant presque tout des protagonistes, criminels ou victimes. Je préfère rester discret, personnellement: je parlerai simplement d'évidence pour vous dire que le film tourne autour de Mathieu Amalric, acteur principal et réalisateur cette fois, entendu par la police et un juge d'instruction dans une affaire de meurtre. Mais de quoi l'accuse-t-on ? Si je me souviens bien, le long-métrage est construit de telle façon qu'au départ, nous l'ignorons. Monsieur trompe Madame, c'est un fait. A-t-il tué ? Quand ? Qui ? Mystère. L'essentiel est peut-être ailleurs...

La chambre bleue est un film-labyrinthe. Il est mieux de s'y égarer. Une seule question à se poser: avez-vous besoin de certitudes absolues ou, à tout le moins, de résolutions face aux énigmes ? Personnellement, j'ai aimé que ce long-métrage me perde, détourne mon attention de ce que je croyais acquis et puisse me suggérer plusieurs scénarios pour la même histoire. Dès lors que les victimes sont connues, les coupables restent peu évidents. Bien des choses demeurent hors du champ de la caméra et l'importance d'identifier clairement les criminels s'amoindrit. Mathieu Amalric s'auto-filme plutôt en personnage ambigu, pris dans ses mensonges et les filets serrés de la justice. Le mérite-t-il ? C'est possible. Ce n'est pas sûr. Que sont les images qu'il nous montre ? Des reproductions du réel ? Des souvenirs un peu flous ? De fausses vérités ?  À vous de juger. Car après tout, à la cour d'assises, seule compte l'intime conviction...

La chambre bleue
Film français de Mathieu Amalric (2014)

Je veux d'autant plus lire le livre que j'ai en réalité découvert le film lors d'une projection... dans une bibliothèque ! J'en ai retiré un plaisir certain, même si ça manque un peu de souffle (et aussi de souffre). Disons que j'ai trouvé le montage ludique, en tout cas. Naviguer ainsi en eaux troubles, j'aime ! Et libre à vous de privilégier des thrillers plus musclés comme Gone girl ou Insomnia - deux styles différents...

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L'amour est-il un crime parfait ?

Passé le clin d'oeil, je vous suggère d'y réfléchir aussi avec Pascale.

vendredi 13 janvier 2017

Un mur pour abri

Internet donne parfois l'impression que le monde est à portée de clic. Sincèrement, je pense que c'est faux, mais j'estime tout de même qu'aujourd'hui, l'information va trop vite, parfois. Nous risquons alors d'oublier très vite aussi des faits historiques pourtant encore récents. Un simple exemple: l'existence de deux Allemagne, de 1949 à 1990. C'est le - double - cadre d'un beau film: Les trois vies de Rita Vogt...

Quelques éléments de scénario, pour commencer. Rita Vogt - l'héroïne du film, donc - n'est qu'un personnage fictif, mais nettement inspiré de certaines femmes d'Allemagne de l'Ouest, prêtes à la lutte armée au nom de leurs idées d'extrême-gauche. C'est désormais un fait incontesté: certaines de ces activistes (ou terroristes !) ont trouvé refuge en Allemagne de l'Est, côté soviétique donc, tant que le Mur séparait les deux entités étatiques. Les trois vies de Rita Vogt dresse ainsi le portrait d'une femme en fuite et, autant que je vous le dise avant que vous vous posiez la question, avec du sang sur les mains. Personnellement, je n'ai pas ressenti le scénario comme un plaidoyer à décharge. Je ne l'ai pas perçu non plus comme un réquisitoire cinglant. Constamment sur la corde, le long-métrage est en réalité très humain... et ce n'est pas la moindre de ses qualités. Je dois dire que j'ai apprécié cet équilibre narratif. Assez particulier, il est vrai...

C'est mon association, pour l'occasion en collaboration avec un Cercle culturel franco-allemand, qui m'a en fait permis de découvrir ce film. Avant, je ne connaissais qu'un peu Volker Schlöndorff, le réalisateur. J'ai noté avec intérêt que cet ex-Allemand de l'Ouest avait travaillé sur le scénario d'un ancien Allemand du côté Est, Wolfgang Kohlhaase. Cela étant souligné, je veux bien admettre que ma germanophilie avérée m'a été d'un grand secours pour m'intéresser à cette oeuvre. Les premières images défilent vite et il n'est pas forcément évident de se repérer quand on ne connaît pas l'histoire de l'Allemagne contemporaine. Mais si on sait s'accrocher aux bons wagons, je crois sincèrement qu'on peut prendre plaisir à ce récit. Il y a en effet quelque chose de poignant à suivre Les trois vies de Rita Vogt. D'après moi, pour tout dire, elles n'en font qu'une, plutôt pathétique. Détaché du manichéisme, le long-métrage ne souffre d'aucun temps mort, mais ne sacrifie pas pour autant ses personnages secondaires. Du cinéma d'auteur - du bon ! Méconnu et peu diffusé, je le crains...

Les trois vies de Rita Vogt
Film allemand de Volker Schlöndorff (2000)

Esthétiquement, le film n'est pas très "joli" ! Les deux Allemagne d'alors ne l'étaient pas forcément... rien de grave, donc. Je suis entré dans cette histoire plus vite et plus facilement que dans Le tambour. Bon... mon côté Bisounours continue de préférer Good bye Lenin. Reste que je suis content de mieux connaître Volker Schlöndorff ! D'autres films allemands sont cités sur ma page "Cinéma du monde".

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Un autre aperçu avant de vous lancer ?
Je vous suggère d'aller lire aussi la chronique de "L'oeil sur l'écran". 

mercredi 11 janvier 2017

Rebelle(s)

La question va probablement se poser à chaque fois: faut-il avoir vu l'ensemble des épisodes de la saga Star wars pour vraiment savourer ceux qui vont désormais être livrés chaque année ? Tout dernier film en date, sorti le mois dernier, Rogue one m'incite à répondre oui. Sans repère aucun, vous risquez fort de moins l'apprécier. Mais bon...

Aux experts des trilogies originelles, je rappelle que cet opus 2016 s'insère entre les épisodes III et IV, soit juste avant le tout premier sorti en 1977. Aux autres, qui pourraient bien légitimement se perdre dans cette drôle de numérotation, j'expliquerai très sommairement que Rogue one, comme les autres films, a pour cadre une galaxie géante, dominée par un pouvoir autoritaire: l'Empire. Auto-désignés comme les Rebelles, un groupe mixte (et d'importance très variable) conteste cette quasi-dictature et, comme de bien entendu, préfère prendre les armes que de se résigner à un triste sort interstellaire. Initiative d'autant plus courageuse qu'en l'espèce, l'ennemi a construit une arme XXL, capable, dit-on, de rayer de la carte une planète entière. À ce stade, ceux qui connaissent bien l'univers Star wars devraient retrouver des éléments connus. C'est pourquoi je préfère m'en tenir là de mes révélations sur le scénario. Pas envie de spoiler !

Ce que je peux dire, en revanche, c'est que, comme celui proposé l'année dernière à l'extrémité finale de l'arc narratif, cet épisode s'appuie lui aussi sur un personnage féminin: Jyn Erso. L'histoire retiendra que le rôle est revenu à Felicity Jones, une jeune femme restée jusqu'alors à l'écart du vrai star system (ça devrait changer !). C'est l'une des choses que j'apprécie dans la saga: elle donne souvent une chance de percer aux "seconds couteaux" de Hollywood - je le dis sans une once de mépris. Bon... cela souligné, Rogue one demeure évidemment un blockbuster plutôt basique, qui met un temps certain à démarrer vraiment. Il n'est jamais facile de trouver des images représentatives de ces mondes imaginaires: celles que j'ai dénichées sont censées vous permettre d'envisager déjà une tonalité sombre. Avis aux amateurs: de fait, j'ai trouvé cet opus assez crépusculaire. D'ailleurs, il m'a plu pour cette raison ! Les inquiétudes nées du rachat de la franchise par Disney n'ont plus lieu d'être. Et même si le cinéma offre sûrement des centaines de films plus innovants chaque année...

Rogue one
Film américain de Gareth Edwards (2016)

Nouveau venu dans l'univers Star wars, le cinéaste y fait des débuts plus qu'honorables, à 41 ans et après trois autres longs-métrages seulement ! Cela dit, il me semble plutôt difficile de comparer un film de la saga avec un autre: le "produit" est tout de même normé à 99% et conviendra d'abord à ceux qui, comme moi, ont surtout une vision ludique de la SF / anticipation. 2001 ou Blade runner vont plus loin !

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D'autres curieux, dans la salle ?
Oui ! La preuve: Pascale, Princécranoir et Strum ont tiré les premiers. Quelque temps plus tard, un 2flics enthousiaste leur a emboîté le pas.