mercredi 31 janvier 2018

Movie Challenge - Reprise

Le Movie Challenge 2017 est mort, vive le Movie Challenge 2018 ! Tina et son amie Lily ont de la suite dans les idées et nous proposent un nouveau défi pour ce millésime, avec 40 "nouvelles" catégories. Pourquo des guillemets ? Parce qu'en fait, il y a bien des rubriques inédites, mais aussi d'autres, reprises des deux précédentes éditions.

Pour ma part, j'ai déjà rempli les catégories...
6. Le film n'est ni américain, ni européen
Un homme intègre

11. Le titre du film comporte un prénom
Laura

33. Le film se déroule à Noël ou à la Saint-Sylvestre
Santa & Cie

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Du coup, je dois encore valider les rubriques...
1. Je voudrais changer la fin du film,
2. Le film m'a déçu,
3. Le film a eu de mauvaises critiques,
4. Personne ne s'attendait à ce que j'aime le film,
5. Le film est d'origine européenne, hors France,
6. Le film n'est ni américain, ni européen,
7. Le film se déroule dans le milieu médical,
8. Un personnage du film a le même nom ou surnom que moi,
9. Le titre du film comporte un verbe à l'infinitif,
10. Le titre du film comporte une saison,

11. Le titre du film comporte un prénom,
12. Le titre du film comporte une couleur,
13. Le titre du film comporte un numéro,
14. Le film est réalisé par l'un de ses acteurs,
15. Le réalisateur du film n'est ni acteur, ni cinéaste,
16. Le film est muet,
17. Le film est un documentaire,
18. Le film est un court-métrage,
19. Le film est sorti l'année de mon bac,
20. Le film a été primé à Venise ou Berlin,

21. Le film a été primé à Cannes,
22. Le film a remporté l'Oscar du meilleur film,
23. C'est un premier film,
24. C'est un film engagé,
25. Le film m'a mis en colère,
26. Un personnage du film est atteint d'un handicap,
27. Le film n'est pas sorti dans les salles françaises,
28. Le film se déroule au collège, au lycée ou à l'université,
29. Un film avec un acteur que j'adore,
30. Un film avec une actrice que j'adore,

31. C'est un film sensuel,
32. Le film dure au minimum trois heures,
33. Le film se déroule à Noël ou à la Saint-Sylvestre,
34. Le film est un remake ou a été "remaké",
35. Le film est tiré d'une série ou en a inspiré une,
36. C'est l'adaptation d'un livre que j'ai lu,
37. C'est un film d'animation,
38. Le héros du film n'est pas humain,
39. Le film est basé sur des faits réels,
40. La bande originale du film est bonne.

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Bon, il y a du pain sur la planche...
Comme Laurent et moi, n'hésitez pas à participer à ce (grand) défi ! Vous pouvez aussi relire les règles du jeu sur les blogs de Tina et Lily.

mardi 30 janvier 2018

Movie Challenge - Bilan

Vous souvenez-vous du Movie Challenge ? Il y a presque un an jour pour jour, le 31 janvier l'année dernière, je présentais cette espèce de "loto-bingo cinéphile" - une initiative de Tina et de son amie Lily. L'idée: voir, au cours de la même année civile, 40 films sur la base d'autant de catégories. J'en dresse aujourd'hui mon bilan personnel...

Force est de constater que cette édition 2017 s'est soldée pour moi par... un échec ! Pire, je n'ai même atteint que les objectifs 4 et 40 depuis ma dernière chronique sur le sujet, le 30 septembre dernier. Aujourd'hui, je vous propose donc un bilan global, avec les liens "utiles", bien sûr, et les six rubriques incomplètes laissées en rouge. 

Voici donc ce que cela donne de mon côté...
1. Un film tiré d'une série ou qui en a inspiré une,
Mission impossible

2. Un premier film,
Ali, la chèvre et Ibrahim

3. Un film tourné dans un lieu où je suis allé,
Paris pieds nus - oui, j'ai choisi notre capitale.

4. Un film sorti l'année de mes dix ans,
Le flic de Beverly Hills - c'était donc en 1984.

5. Un film avec un acteur ou une actrice que je déteste,
J'avais pensé à L'invitation, avec Nicolas Bedos.


6. Un remake ou un film qui a fait l'objet d'un remake,
Ghost in the shell

7. Un film qui se passe dans le milieu sportif,
Je songeais à L'enfer du dimanche, sur le football américain.


8. Un film de procès,
Je comptais sur Jean Gabin et L'affaire Dominici.


9. Un film européen hors France,
Splendor, un long-métrage italien.

10. Un film qui a reçu la Palme d'or,
Sous le soleil de Satan - c'était en 1987.

11. Un documentaire,
Demain

12. Un film d'action ou d'aventure,
Le voleur de Badgad

13. Un film qui a marqué mon enfance ou mon adolescence,
Une occasion ratée de revoir Danse avec les loups. Partie remise.


14. Un film que j'aime bien secrètement,
Cible émouvante

15. Un film français,
Disparue en hiver, avec le très bankable Kad Merad à contre-emploi.

16. Un film qui est la suite d'un autre,
Les invasions barbares

17. Un film engagé,
120 battements par minute, contre cette saloperie de Sida.

18. Un film sorti cette année,
Ouvert la nuit

19. Un film qui m'a fait pleurer,
Un jour, c'est certain: je regarderai Le tombeau des lucioles.


20. Un film qui m'a fait pleurer de rire,
A serious man

21. Un film d'un réalisateur que j'adore,
Ce qui nous lie, venu compléter mon intégrale Cédric Klapisch.

22. Une comédie,
La course à l'échalote

23. Une comédie musicale,
La La Land

24. Un film recommandé par quelqu'un,
Les cadavres ne portent pas de costard - merci Philippe !

25. Un film d'animation,
Le garçon et la bête

26. Un film que mon père adore,
Cela aurait dû être Marius, pour célébrer aussi Marcel Pagnol.


27. Un film adapté d'un livre que j'ai lu,
Madame Bovary, dans sa version la plus récente, je crois.

28. Un film ayant obtenu un Oscar,
Twenty feet from stardom, meilleur documentaire 2014.

29. Un film en noir et blanc,
La forteresse cachée

30. Un film réalisé par une femme,
La forêt de Mogari, oeuvre sensible de la Japonaise Naomi Kawase.

31. Un film d'un réalisateur asiatique,
La grande muraille, gentil nanar chinois signé Zhang Yimou.

32. Un film d'horreur,
Suspiria

33. Un film avec un mariage,
Ava

34. Un film LGBT - lesbien, gay, bisexuel ou transgenre,
Love is strange

35. Un film avec un prénom dans le titre,
Quand Harry rencontre Sally - oui, je sais, il y en a deux !

36. Un film que je dois voir depuis des années sans occasion,
Jeux dangereux, également connu comme To be or not to be.

37. Un film qui se déroule avant le 20ème siècle,
L'impératrice Yang Kwei Fei, un drame dans la Chine ancienne.

38. Un film policier / thriller,
Angel heart

39. Un film feel good,
The walk

40. Un film qui n'est pas sorti en salles en France.
Equals, pourtant produit par ce bon vieux Ridley Scott.

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Un mot sur d'autres bilans...

Tina et Lily sont au complet. Et Laurent, lui, finit à... 37 validations ! C'est évidemment l'opportunité de découvrir plein de films inconnus...

Maintenant, pas question d'en rester là...
Je compte m'investir à nouveau et venir à bout d'un Movie Challenge. Demain, je vous dévoilerai donc les 40 catégories de l'édition 2018. D'ici là, je vous donne un scoop: à vrai dire, je m'y suis déjà attaqué !

lundi 29 janvier 2018

De mal en pis

La démocratie fait de gros progrès en Arabie saoudite: non content d'avoir autorisé les femmes à conduire, il paraît que le régime compte aller plus loin en rouvrant les salles de cinéma, après 35 années d'interdiction totale ! Cette info récente fait contraste avec l'actualité en Iran, où se passe le bon film dont je vais vous parler aujourd'hui...

Comme son titre semble l'indiquer, Un homme intègre fait le portrait d'un type ordinaire, plutôt en phase avec l'idée que l'on peut se faire de l'honnêteté. Pisciculteur de son état, Reza tâche de s'en sortir dignement et, pour cela, travaille dur. Il ne cache rien d'important sous le vernis de son attitude respectable... si ce n'est qu'il fabrique clandestinement de l'alcool de pastèque. Seule la somme importante qu'il a empruntée pourrait bien finir par lui attirer de gros ennuis. L'hypothèse se vérifie très vite et, bientôt, tout ira de mal en pis pour Reza et sa famille. C'est en fait ce que j'ai trouvé remarquable dans ce long-métrage: il n'offre AUCUN répit à son (pseudo-)héros. Pire, à chaque fois qu'un peu de lumière pourrait revenir, la situation s'aggrave encore, de manière semble-t-il inéluctable. La perversité extrême du scénario paraît donc infinie, sur fond de je-m'en-foutisme généralisé et de corruption à tous les niveaux. Un fascinant vertige !

Le film a l'intelligence de ne pas marteler sans cesse le mot "Iran" pour appuyer son propos. Au fond, même si aucune place n'est laissée au doute sur la nationalité des protagonistes, l'intrigue elle-même serait également transposable dans un autre contexte géographique. Cette universalité fait d'Un homme intègre une oeuvre glaçante. D'ailleurs, volontairement, je ne vous dis pas tout: le comportement de Reza va évidemment évoluer, mais dans un sens assez inattendu. Enfin... disons plutôt que, si j'avais plus ou moins anticipé certaines de ses réactions, je n'avais pas vu venir ce qui allait lui arriver finalement. C'est pour cela qu'au-delà des quelques plans magnifiques qui parsèment le film, j'ai surtout apprécié la progression du récit. Arrivé au bout, j'ai eu le souffle coupé devant l'absolu machiavélisme de cette redoutable histoire. Quelle leçon d'efficacité dramatique ! Elle vaut désormais au réalisateur-scénariste de très sérieux démêlés avec les autorités de son pays. Raison de plus pour filer au cinéma...

Un homme intègre
Film iranien de Mohammad Rasoulof (2017)

C'est à juste titre, je crois, que certains ont comparé ce long-métrage à un autre brûlot sorti voilà un peu plus de trois ans: Léviathan. Cinéma russe toujours, j'ai aussi pensé à L'idiot, à quelques reprises. Le cinéma persan perce en France depuis le terrible Une séparation. Maintenant, sur l'absence totale de liberté et la déliquescence fatale d'une société, Mustang cogne différemment, mais aussi fort, en fait !

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Le film connaît un bon petit succès d'estime...

D'autres chroniques sont ainsi lisibles chez Pascale, Dasola et Strum.

dimanche 28 janvier 2018

Deux fois Gene

L'avenir démontrera ma capacité à la concrétiser... ou pas. Par souci de nouveauté, j'ai l'idée d'écrire davantage de chroniques "croisées". Le principe serait d'aborder plusieurs films d'un coup, en me servant d'un point commun pour les rapprocher. Exemple: ceux d'aujourd'hui mettent tous deux en scène la belle Gene Tierney. Une découverte...

L'aventure de Madame Muir
Film américain de Joseph L. Mankiewicz (1947)

Ma première rencontre avec la star américaine aura été romantique. Gene Tierney est ici une - jeune - veuve, soucieuse de changer de vie dans le Londres du début du 20ème siècle. Lassée de s'habiller en noir après un an de deuil chez sa belle-famille, elle part avec sa fille s'installer dans une petite maison au bord de la Manche. Sa rencontre avec l'ancien propriétaire va à tout jamais changer sa destinée. Pourquoi ? Comment ? Je vous laisse bien sûr le découvrir. Il faut voir ce film sans a priori pour le savourer à sa pleine mesure, je dirais. Son titre original en anglais dévoile un point décisif, que le scénario révèle, lui, après quelques minutes seulement - oui, dès l'apparition du personnage principal masculin, un vieux capitaine de marine interprété par un excellent Rex Harrison. Je crois bien qu'on peut voir le film sans savoir... et y prendre plaisir. L'admirable mise en scène contribue au bonheur. Le rêve hollywoodien dans toute sa splendeur ! 

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Et ailleurs sur le Web...

Ideyvonne nous offre l'un de ses traditionnels "tout-en-images". Pascale classe le film dans un (vieux) top. Et "L'oeil" en parle en bien !

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Laura
Film américain d'Otto Preminger (1944)

Changement de registre. Cette fois, c'est d'un film noir dont il s'agit. Par souci d'honnêteté, il me faut d'abord vous dire que je manque franchement de références dans ce genre, mais aussi qu'il est loin d'avoir ma préférence parmi les mille et une facettes du cinéma hollywoodien. Bref... au début de cette histoire, Gene Tierney reste dans la coulisse, et pour cause: elle est supposée être... la victime d'un meurtre sordide ! En son absence, les premières images s'accompagnent du témoignage en voix off d'un homme qui l'a connue et peut-être aimée. On ne s'étonnera pas de l'entrée en scène d'un flic déterminé à trouver le coupable, mais davantage du rebondissement qui survient à mi-parcours. C'est un fait: sa soudaineté renverse totalement la perspective et vient balayer les trop rares certitudes acquises jusque là. La mise en scène fait le reste: un véritable régal ! Il me faut donc reconsidérer ma position sur ce genre de productions.

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Et ailleurs sur le Web...

Le film fait aussi l'objet de chroniques chez Sentinelle, Eeguab et Lui. Vous constaterez ainsi qu'elles sont toutes (plus ou moins) élogieuses.

samedi 27 janvier 2018

Noël en péril ?

"Et ça, ça va aider pour mes lutins ?", demande un type un peu inquiet à deux flics plutôt éberlués, en passe de tester son taux d'alcoolémie et sa consommation de stupéfiants. Bienvenue à Chabat-Land ! J'aurais aimé vous en parler plus tôt, mais il se trouve que l'ami Alain nous a offert un film inédit début décembre. Son titre: Santa & Cie...

Êtes-vous parvenu à éviter la vague de promotion qui a accompagné la sortie en salles ? Si oui, il me faut vous dire qu'il est ici question d'un dénommé Claus, prénom Santa, profession Père Noël, descendu sur Terre pour chercher de la vitamine C. Son objectif: soigner illico chacun des 92.000 (!) p'tites bonnes femmes et p'tits bonshommes chargés de la fabrication des jouets, toutes et tous tombés malades alors qu'approche l'heure de l'incontournable grande livraison annuelle. Autant l'écrire: on nage ici en plein délire et... c'est ça qui est bon. Alain Chabat ne s'est jamais pris trop au sérieux et ce n'est donc pas avec Santa & Cie qu'il commencera. Le potache assumé. Revendiqué !

Attention: ne me faites pas dire ce que je n'ai même pas suggéré ! Sans doute dingue sur le fond, l'acteur-réalisateur est d'une exigence sans faille quant à la construction formelle de son film. Il lui apporte un soin méticuleux. Ainsi, en termes d'effets spéciaux, Santa & Cie témoigne d'une inventivité louable, trop rare dans le cinéma français. Pour autant, pas question de rendre la troupe invisible: les acteurs secondaires ont été bien choisis, avec notamment une Audrey Tautou rigolote en mère Noël et un tandem Golshifteh Farahani / Pio Marmaï très convaincant pour jouer les parents dépassés par les événements. Je passe sur les petites séquences disséminées au cours du métrage pour faire participer, l'espace d'un instant, tel ou tel bon camarade. En un mot comme en cent, voilà un bon p'tit film familial. Oh oh oh...

Santa & Cie
Film français d'Alain Chabat (2017)
En interview, l'ex-Nul parle à qui veut l'entendre de son affection XXL pour les comédies de Noël à l'américaine (du type La vie est belle). Pour ma part, c'est ce que j'appelle avoir vraiment un goût très sûr. Aussi enneigé soit-il, il me faut toutefois être clair: son propre travail n'atteint pas ces sommets. Reste que, sans vulgarité, il se montre largement plus funny que le tout-venant des comiques franchouillards.

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D'autres que moi croient-ils encore au père Noël ?

Oui ! La preuve notamment du côté de chez Pascale et Princécranoir.

mercredi 24 janvier 2018

2017, c'était enfin...

Je sais... depuis lundi au moins, je vous fais mariner ! Chose promise étant due, je reviens ce jour sur les films que j'ai préférés parmi ceux qui ont fait l'actualité des salles françaises lors du millésime écoulé. J'en ai vu 67. Un arbitrage difficile m'a incité à ouvrir cette sélection subjective à douze longs-métrages. Je suis donc prêt à en débattre...

1. The lost city of Z / James Gray
Angleterre, 1906. Percy Fawcett, ex-soldat, part en Amérique du Sud comme cartographe. Là-bas, il découvre les traces d'une civilisation ancienne, sans parvenir à intéresser les savants qui l'ont missionné. Épique et pathétique, ce très beau film mêle idéalement les qualités du récit d'aventure aux valeurs humanistes. C'est tout ce que j'aime !

2. La La Land / Damien Chazelle
Un reste de nostalgie pour la grande époque de la comédie musicale américaine parcourt ce film, c'est vrai. Il sait toutefois le dépasser. Inspiré par les meilleurs représentants du genre, le jeune réalisateur bâtit une très belle love story, sans occulter sa facette mélancolique. Emma Stone et Ryan Gosling, très bons, ont su m'émouvoir avec eux.

3. Gabriel et la montagne / Fellipe Barbosa
Ce film raconte une histoire vraie et, pour cela, a une démarche originale: en voix off, il donne la parole... à ses témoins. L'aventure de ce jeune Brésilien mort sur un sommet africain au cours d'un tour du monde à visée philanthropique n'en est que plus émouvante encore. Et le continent noir n'a pas chaque jour la faveur du cinéma...

4. 120 battements par minute / Robin Campillo
En France, en 2018, le Sida laisse des gens à l'écart et tue toujours. Salutaire piqûre de rappel que ce superbe opus, bouillonnant d'une vie qui ne demande finalement qu'à s'exprimer. Les premières réunions et actions choc d'une association militante sont filmées au cordeau. Parmi les têtes d'affiche, Nahuel Perez Biscayart "bouffe" la pellicule ! 

5. Loving / Jeff Nichols
L'illustration d'une injustice qui, réparée sur le tard, a fait progresser la cause de l'égalité aux États-Unis. Un homme blanc aime une femme noire, ce qui, à l'époque des faits, n'est que très vaguement toléré. Quand ils envisagent de se marier, Mildred et Richard sont bannis. Cette iniquité, ils la vaincront par la douceur. Émotions démultipliées.

6. Certaines femmes / Kelly Reichardt
Quatre portraits saisissants - et en partie croisés - dans l'Amérique d'aujourd'hui. Loin du glamour, ce film exigeant, évidemment réalisé par une femme, porte un regard sans concession sur la nation étoilée. Avec quatre comédiennes au sommet: Lily Gladstone, Laura Dern, Kristen Stewart et Michelle Williams. Du grand, du très grand cinéma.

7. Au revoir là-haut / Albert Dupontel
Le sixième long d'un acteur-cinéaste qui me convainc de plus en plus. Une précision: pour la toute première fois, il adapte en fait un roman. Mais quelle histoire ! Parce que son camarade, artiste dans l'âme, revient défiguré des tranchées de 1914, un Poilu ordinaire s'embarque avec lui dans une arnaque colossale. Et nos émotions de jouer le yoyo.

8. Ava / Léa Mysius
Juste avant de partir de vacances avec sa mère, une adolescente apprend qu'elle va devenir aveugle. À partir de là, elle croque la vie pour emmagasiner un maximum de (bonnes) sensations. L'esprit aventureux de la jeunesse souffle sur ce premier opus d'une cinéaste de 28 ans. Et dans le rôle-titre, Noée Abita est une sacrée révélation !

9. Ce qui nous lie / Cédric Klapisch
Sans Romain Duris, pour une fois, le réalisateur-culte de mes années d'adolescence sait me parler encore. Loin du Paris bobo, il se montre capable d'adapter ses idées à un contexte rural, proche de la terre. Devant la caméra, Ana Girardot, François Civil et Pio Marmaï forment un trio fraternel attachant. Or, ce presque rien, c'est déjà beaucoup !

10. Silence / Martin Scorsese
Le cinéaste n'a jamais caché que la spiritualité occupait une place importante dans sa vie. Pas étonnant dès lors qu'il se soit intéressé au roman du Japonais Shusaku Endo, intense récit du chemin de croix de deux missionnaires jésuites dans le Japon païen du XVIIème siècle. Un grand film pour notre temps, traversé d'images impressionnantes.

11. Les figures de l'ombre / Theodore Melfi
Années 60. Trois femmes noires embauchées par la NASA bousculent l'ordre établi et, par leur opiniâtreté, parviennent à devenir parties prenantes des premiers programmes de conquête spatiale. Ce sujet historique aurait pu accoucher d'un film raté, perdu sous la guimauve des bons sentiments. Il n'en est rien ! Le feel-good movie de l'année ! 

12. Après la tempête / Hirokazu Kore-eda
Longtemps inquiété par la concurrence, le nouveau film du plus tendre des réalisateurs nippons a fini par conserver sa position dans le top grâce à sa façon de s'emparer du quotidien pour toucher à l'universel. Les gens ordinaires qui sont dépeints ici pourraient être nos parents. Leur banalité nous les rend plus familiers encore... et c'est touchant ! 

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Voilà, j'en ai terminé avec mes classements...
Ce samedi, je reviendrai donc sur la première de mes séances 2018. D'ici là, je vous avoue que je reste curieux de vos réactions à ce top !

Notez qu'il en existe d'autres pour comparaison...
J'en ai ainsi trouvé un chez Pascale, Dasola, Tina, 2flics et Strum. N'hésitez pas à mentionner ceux que j'ai oubliés via un commentaire !

lundi 22 janvier 2018

2017, c'était aussi...

Flashback rapide pour reposer le contexte: je vous ai parlé samedi des dix films qui, hors du cadre de l'actu des sorties dans les salles françaises, m'ont donné le plus de plaisir en 2017. J'en terminerai avec ces longs-métrages en citant cette fois les dix qui m'ont procuré le plus d'émotions. Ce top "alternatif" peut, bien sûr, être débattu...

1. Cyrano de Bergerac / Augusto Genina / 1923
Disons-le tout de go: le réalisateur italien de ce bijou a eu... du nez. Cela m'a surpris très favorablement: le plus gouailleur des héros français ne perd pas son panache en passant des planches du théâtre aux plateaux du cinéma muet. Le voir sur écran géant, et en couleurs qui plus est, m'a à la fois ému, émerveillé et impressionné. Chapeau !

2. Quand passent les cigognes / Mikhaïl Kalatozov / 1957
Le premier film 100% soviétique de ma collection et un mélodrame parmi les plus puissants découverts ces dernières années. La guerre et ses conséquences comme je ne les avais jamais vues. L'antithèse même de l'académisme poussiéreux: la caméra virevolte et s'arrête sur les visages pour de superbes gros plans. Grand cinéma populaire !

3. Madame de... / Max Ophuls / 1953
Une histoire dramatique peu après Napoléon III et une belle référence pour admirer l'impériale Danielle Darrieux, grande dame du cinéma français, décédée en octobre dernier à l'âge de cent ans. Son talent sans équivalent brille de mille feux et nous attache à son personnage de femme menteuse, certes, mais follement passionnée. Quel éclat ! 

4. La forêt de Mogari / Naomi Kawase / 2007
Doucement mais très sûrement, le style de la réalisatrice japonaise m'impose de belles émotions. Cette rencontre entre une infirmière timide et un vieux monsieur malade offre en fait un double parcours initiatique, que j'espère ne pas oublier de sitôt. Un pas de deux mélancolique et joyeux à la fois, un petit miracle du temps suspendu. 

Quand l'Amérique ose regarder les réalités indiennes en face, il arrive qu'elle accouche d'oeuvres puissantes, à l'image de ce premier long d'une jeune femme née en Chine. Il est difficile d'imaginer un horizon plus bouché que celui des personnages, forcés d'oublier leurs racines avant toute progression. Un propos noir, mais des images fabuleuses.

6. Ma vie de Courgette / Claude Barras / 2016
Il me semble que l'orphelinat a déjà été le décor d'un film d'épouvante espagnol. Ici, il remplit sa fonction première: accueillir des gosses abîmés par la vie, pour diverses raisons plus ou moins dissimulées. C'est tragique ? Oui, mais le monde ultra-coloré d'Icare / Courgette est aussi celui des chagrins consolés et de l'amitié véritable. Épatant.

7. Tous les autres s'appellent Ali / Rainer Werner Fassbinder / 1974
Un mélange de romantisme échevelé et d'ironie mordante, le tout mis au service d'une conviction politique qui s'exprime ainsi à visage découvert. D'abord déroutant sur la forme, le film est un pamphlet contre le racisme... comme j'aimerais en voir plus souvent. Remarquable interprétation du duo Brigitte Mira / El Hedi ben Salem !

8. Valley of love / Guillaume Nicloux / 2015
Embarquer deux monstres sacrés du cinéma français et les emmener au beau milieu de nulle part pour répondre à la convocation d'un fils décédé... le pari était audacieux et, peut-être, quelque peu risqué. Résultat: aux frontières du réel, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu emportent le morceau. Un très beau récit sur le deuil et ses chemins.

9. Loin des hommes / David Oelfhoffen / 2015
La poussière des montagnes, un homme épris de justice, un autre promis à la potence... pour un peu, on pourrait se croire au Far West. Sauf qu'on est en fait en Algérie, à l'aube de la guerre d'indépendance. Que vaut la vie dans de telles conditions ? C'est la question de ce film tiré de L'hôte, une nouvelle d'Albert Camus (1957). Un sujet essentiel.

10. La duchesse de Varsovie / Joseph Morder / 2015
Un jeune homme accueille sa grand-mère et tâche d'en apprendre davantage sur sa vie passée. Alexandra Stewart fait forte impression quand, lors d'un gros plan visage de plusieurs minutes, elle s'autorise enfin à lever le voile sur les mystères de son personnage. La preuve qu'on peut faire un film avec deux acteurs et quelques décors peints. 

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Bon, je suis presque certain d'une chose...
À mon avis, vous avez déjà deviné la teneur du top prévu mercredi. Non ? Vraiment ? Il concernera mes préférences du millésime écoulé. Plus que deux jours, donc, pour en juger et les comparer aux vôtres !

samedi 20 janvier 2018

2017, c'était...

Et voilà, les ami(e)s ! J'en ai terminé avec les présentations des films que j'ai vus en 2017. Au moment de me retourner une dernière fois sur mes 116 séances hors-actu, je me suis dit qu'il serait intéressant de reparler des dix qui m'ont donné le plus de plaisir. Ce classement est bien sûr subjectif et, de ce fait, ouvert à tous vos commentaires !

1. Le voleur de Bagdad / L. Berger, M. Powell et T. Whelan / 1940
Avec trois réalisateurs pour le travail d'un seul, certains films vintage accusent violemment le poids des ans. Ouf ! Pas cette production internationale, que j'ai pu voir sur grand écran, dans un Technicolor restauré et éclatant. Je n'ai pas mis longtemps à redevenir un enfant et à me régaler de ce récit, vaguement inspiré des Mille et une nuits.

2. La barbe à papa / Peter Bogdanovich / 1973
Parmi l'ensemble des sentiments humains, je donne à la tendresse une place cardinale. Elle m'a aussitôt fait aimer ce film rare, attrapé au vol d'un passage télé. Un regard étonnant sur la Grande Dépression des années 30, porté par l'excellence du tandem Ryan / Tatum O'Neal. Père et fille à la ville, formidables complices à l'écran. Que c'est bon !

3. Chantons sous la pluie / Stanley Donen / 1952
Des ritournelles accrocheuses, une démonstration de ce que la danse peut apporter au cinéma, des rires et de l'émotion... il était temps que je profite en totalité de cette merveille entraperçue quand j'étais encore un enfant. Oreilles et yeux grand ouverts, je n'ai alors rien vu ou entendu de discordant. Un miracle sur pellicule. In-con-tour-nable !

4. Rendez-vous / Ernst Lubitsch / 1940
Avec ce film, James Stewart entre définitivement dans mon Panthéon cinéphile. J'aime vraiment sa manière de jouer l'Américain ordinaire dans des joyaux comme celui-là, au coeur fondant. Le duo qu'il forme avec Margaret Sullavan est parfait, comme l'est cette histoire d'amour retardée. Si vous ne la connaissez pas, un conseil s'impose: FONCEZ ! 

5. Les grands fonds / Peter Yates / 1977
Quand toutes les images du monde n'étaient pas accessibles d'un clic de souris, Hollywood savait bien nous concocter des films d'aventure dépourvus de clinquant, mais franchement réussis dans leur genre. Quarante ans plus tard, celui-là, sur fond de chasse au trésor englouti, offre un spectacle sympa - et Eli Wallach en cadeau-bonus ! 

6. Suspiria / Dario Argento / 1977
Magie de la salle de cinéma: pour y avoir dégusté ce pudding kitsch censé être un film d'horreur, je me sens plutôt chanceux aujourd'hui. Objectivement, sur un plus petit écran, il est possible que le tout m'eut paru risible, pour ne pas dire ridicule. Mais non ! Je l'affirme donc la moindre retenue: j'en ai pris plein les mirettes... et j'ai kiffé

7. Tombe les filles et tais-toi / Herbert Ross / 1972
En général, je crois que l'on peut dire que ce zigoto de Woody Allen n'est jamais aussi bien servi que par lui-même. Quelques exceptions existent, dont ce film, où le petit binoclard a confié à un autre le soin d'adapter l'un des shows de sa période Broadway. Le résultat s'avère tordant et hanté par la peur de l'échec amoureux. Très allenien, donc.

8. Les cadavres ne portent pas de costard / Carl Reiner / 1982
Quelle chose épatante ! Sans la moindre scorie liée à un étalonnage foireux, cet OVNI mélange les images de son tournage et celles d'autres productions hollywoodiennes piochées au rayon "Films noirs". Aussitôt que la mayonnaise prend, on découvre une comédie-polar franchement efficace. Avec, entre autres, des Nazis et du fromage...

9. Interstella 5555 / Kazuhisa Takenouchi / 2003
La (belle) hybridation de la japanimation et de la musique électro française. Si j'ai regardé ce film muet, dont le papa d'Albator assure la direction artistique, c'est d'abord en anticipant mon plaisir ressenti à réentendre les vieux tubes de Daft Punk. One more time... le temps d'un album, pari gagné avec un dessin animé aussi funky qu'atypique !

10. Brendan et le secret de Kells / T. Moore et N. Twomey / 2009
Sous l'indiscutable réussite formelle, une vraie perle d'intelligence ! Débarquée d'Irlande, cette petite merveille évoque les enluminures moyenâgeuses et nous rappelle que les plus hauts murs demeurent souvent bien moins efficaces que le partage pour éviter les conflits. Basé sur des faits historiques, le scénario surprend et émeut. Brillant.

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Après cela, j'espère que vous allez revenir...
J'ai en effet deux autres tops à vous présenter, lundi et mercredi. Vous connaîtrez donc bientôt les critères que j'ai retenus. Patience...

vendredi 19 janvier 2018

Un conte de Noël

Mon titre peut être trompeur: non, je n'ai pas l'intention aujourd'hui d'évoquer le film d'Arnaud Desplechin. Je juge toutefois que l'intitulé correspond bien à celui que je vais présenter: Le renard et l'enfant. Cela dit, il commence en automne et ce rapprochement avec les Fêtes ne vaut en réalité que pour la période où je l'ai découvert. Mais bon...

C'est bel et bien d'une fable animalière que je veux vous parler. Précision: je pense qu'elle s'adresse plutôt aux enfants, la voix off posée sur les images étant celle d'une maman, à qui Isabelle Carré prête ses intonations et, en toute fin de programme, son joli minois. Le récit se retourne sur de prétendus souvenirs d'enfance, réveillés d'ailleurs par un épisode vécu par le réalisateur Luc Jacquet, en lien direct avec sa rencontre d'un renard, alors qu'il était petit garçon. Comme vous l'aurez compris, je suppose, le cinéaste a choisi d'adapter son propos pour placer une fillette au coeur du scénario. Bertille Noël-Bruneau aurait été choisie parmi quelque 800 candidates.

Plutôt qu'au talent (relatif) de la gamine, je me suis trouvé sensible au magnifique cadre dans lequel la caméra s'épanouit. Les apparences laissent imaginer un tournage complexe, mais je crois avoir compris que les animaux mis en scène sont tous, peu ou prou, domestiqués. Faute de l'admettre vraiment, c'est quelque chose que je comprends pour des raisons de sécurité, mais la "spontanéité" des situations apparaît parfois quelque peu forcée, si ce n'est artificielle. J'imagine toutefois que, apprivoisés ou non, renards, loups, ours et consorts demeurent des acteurs... difficiles à diriger. En fait, le résultat obtenu dans le cas présent est peut-être juste un tantinet trop lisse pour m'émouvoir vraiment. Bon... tout n'est pas à jeter, cependant. S'ils ont l'âge de l'héroïne et le regard qui va avec, vos minots pourraient adorer Le renard et l'enfant. Aucune raison de le bouder. Le bon plan, c'est de le voir après une longue sortie en pleine nature !

Le renard et l'enfant
Film français de Luc Jacquet (2007)

Le ton du long-métrage n'est pas celui des documentaires animaliers. On se rapproche davantage d'un film comme Le promeneur d'oiseau. Malgré Disney chargé de la distribution, on échappe heureusement aux bêtes qui parlent - le commentaire est déjà bien assez explicite. Pour une immersion naturelle profonde, il vaut mieux voir Océans. Pour un contrepoint audacieux, je conseille La chasse au lion à l'arc !

jeudi 18 janvier 2018

Petit musicien

C'était une simple allusion, c'est vrai, mais je vous avais prévenu hier: je n'avais pas dit mon dernier mot au sujet de Pixar. Le studio nous a offert une nouvelle merveille en fin d'année dernière: Coco ! Je vais tâcher de vous en parler sans trop en dévoiler. La technique se met une fois encore au service d'une très belle histoire. Quel pied !

Bon... je crois tout de même pouvoir révéler ceci: ainsi que son titre ne l'indique pas, Coco a pour héros un petit garçon prénommé Miguel. Mexicain, le gamin est fou de musique, ce qui pose un vrai problème dans le mesure où sa famille entière est allergique à la moindre note. Il faut dire qu'en un jour funeste, l'arrière-arrière-grand-père Rivera s'est emparé de sa guitare pour aller jouer ailleurs devant un public élargi et n'est jamais revenu. Depuis lors, tous les descendant(e)s sont censé(e)s choisir la cordonnerie comme horizon professionnel. Miguel, bien sûr, entend les choses autrement et se dit que la fête des morts, événement rituel de son village, est l'occasion d'orienter son destin dans une autre direction. Est-ce si simple ? Non, bien sûr. Le propos du film est évidemment directement lié au tour inattendu que vont prendre les événements - et je vous laisse le découvrir. Plusieurs rebondissements rythmeront un récit filant à cent à l'heure !

Je reste soufflé tant je trouve cela épatant: à chaque fois que Pixar invente un nouveau monde et des personnages inédits, c'est réussi ! Cet opus ne fait pas exception et, comme beaucoup des oeuvres précédentes du studio, il sait jouer sur toute une gamme d'émotions. Du coup, avant même la fin de ma séance, je me suis dit que Coco n'était peut-être pas le film le plus accessible qui soit pour un public d'enfants en bas âge. Toujours tendre et souvent drôle, le scénario aborde également des sujets sensibles et potentiellement douloureux pour les plus petits. Heureusement, il est si coloré - et si entraînant - qu'il n'est JAMAIS plombant. Je lui prête même volontiers des vertus pédagogiques auprès des jeunes ados, ainsi qu'une force de réconfort pour ceux qui ont grandi. Techniquement, je refuse d'être blasé devant pareille prouesse: le film est juste superbe et d'une fluidité époustouflante. Nos amis américains peineront, je crois, à trouver mieux au moment de voter pour l'Oscar du meilleur film animé 2017. Mais qu'importe la statuette dorée: le plus important, c'est le plaisir !

Coco
Film américain de Lee Unkirch et Adrian Molina (2017)

Parce qu'il parle de mémoire et d'émotions, ce très beau long-métrage rappelle également le magnifique Vice-versa, par certains aspects. Cette comparaison ne doit vous décourager de vous plonger illico dans cet univers, si d'aventure vous ne le connaissiez pas encore. Pixar n'a pas fini de nous étonner. Le public français a fait un accueil triomphal à cet opus: 948.486 entrées en une semaine d'exploitation !

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Si vous tenez à en savoir plus...

Vous pourrez lire d'autres avis chez Pascale, Dasola, Tina... et Laura.