jeudi 4 février 2016

Le monde extérieur

Après avoir vu une trentaine de films avec elle, je me considère encore comme un très jeune adhérent de mon association cinéma. L'organisation traverse sa 14ème saison et, il y a quelques semaines seulement, a projeté son premier film australien: Bad boy Bubby. Sorti en 1993, il vient d'être réédité en version numérique restaurée.

L'affiche actuelle souligne que Quentin Tarantino adore le film. Objectivement, il n'est pas le seul: je vous parle d'un long-métrage lauréat du Prix spécial du jury de la Mostra de Venise, tout de même ! Un aveu: je n'en avais jamais entendu parler avant notre soirée associative. Un mot sur le pitch ? Bubby est un trentenaire qui vit seul avec sa mère et son chat dans une pièce unique, complètement coupé du monde extérieur. Sa "génitrice" file parfois faire quelques courses et lui soutient mordicus qu'il ne peut s'aventurer dehors, sous peine d'être immédiatement asphyxié par un gaz mortel. Ouille ! L'élément perturbateur nécessaire à tout scénario vient alors de l'irruption soudaine du père de Bubby, un pseudo-prêtre violent et alcoolique. L'opportunité se présente pour l'innocent de sortir enfin... et je dois m'arrêter là pour éviter de vous dévoiler trop de ce qui arrive ensuite. Accrochez vos ceintures: Bad boy Bubby est un vrai OVNI de cinéma.

La première chose qui saute aux yeux, c'est la prestation incroyable des acteurs et bien sûr, avant tout, le jeu halluciné de Nicholas Hope dans le rôle-titre. J'aime autant vous prévenir: ça secoue fort ! Ensuite, techniquement parlant, le film est une vraie prouesse. L'idée était de renforcer son côté expérimental: c'est pourquoi le réalisateur fit le choix incroyable de se laisser guider par... 32 directeurs photo différents - un pour chaque lieu découvert par Bubby. De manière incroyable, ça fonctionne: l'image ne "saute" pas d'un style à l'autre. Autant le dire: le long-métrage conserve une belle unité graphique. Par ailleurs, un gros travail a été réalisé autour du son, capté notamment par des micros dissimulés... dans les oreilles du héros. Sur le plan sensoriel, Bad boy Bubby est donc une oeuvre "à part" dans l'histoire du cinéma d'auteur, et ce toutes latitudes confondues. Mais, surprise: sa totale folie nous embarque vers une fin lumineuse.

Bad boy Bubby
Film australien de Rolf de Heer (1993)

Dès 1932, Tod Browning nous expliquait que les Freaks, c'est chic. Maintenant, s'il me fallait comparer le film avec d'autres présentés sur ce blog, je citerais Canine pour la noirceur du début et Bernie pour le côté complètement barré. Je veux encore insister pour dire qu'il n'y a rien ici d'irrémédiablement obscur et déprimant. Je pense même que, derrière toutes sortes d'horreurs, Bubby cache un trésor...

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Si, avant de vous risquer, vous voulez un autre avis...

Vous pourrez constater que celui de Pascale est plus que positif. J'espère vraiment que d'autres de mes blog-amis pourront voir le film.

mercredi 3 février 2016

Au bord du vide

Je ne sais plus très bien dans quel média j'avais lu de bonnes choses sur Oslo, 31 août, mais il me semble que le film avait eu les faveurs de la critique. Je sais cependant qu'il adapte Le feu follet, un roman de l'écrivain Pierre Drieu La Rochelle, paru en 1931. Une adaptation libre, puisque donc resituée dans la capitale norvégienne, aujourd'hui.

Le film s'ouvre presque sur la tentative de suicide de son personnage principal. Une fois sorti du lac où il avait pensé se noyer, Anders rejoint l'établissement qui l'accueille... en cure de désintoxication. Estimant qu'il va mieux, un thérapeute l'autorise à sortir pour passer un entretien d'embauche pour un poste dans une maison d'édition. Chemin faisant, le jeune homme semble un peu perdu, mais essaye de renouer avec des proches: un ami, son ex-compagne ou sa soeur. L'accueil qui lui est réservé est au mieux d'une chaleur toute relative. C'est entendu: voici le premier grand drame de mon millésime 2016 ! Le personnage qu'il décrit peut être intéressant parce qu'il ne suscite que peu d'empathie. Ce grand garçon (malade ?) n'est pas un héros malheureux: Oslo, 31 août présente plutôt un type en marge de tout.

Personnellement, malgré une interprétation sans faille de l'acteur norvégien Anders Danielsenn Lie, j'ai fini par m'enquiquiner ou plutôt par trouver le scénario un peu trop nihiliste à mon goût. Je conçois toutefois qu'on puisse trouver de l'intérêt à suivre cette déambulation urbaine réduite à une seule journée, d'autant que de belles idées techniques parcourent le métrage - je pense notamment à un moment de répit dans un bistro, où, quand le "héros" surprend les discussions de ses voisins de table, quelques plans dévoilent chacune de ces vies. Voilà... à part ça, Oslo, 31 août m'a paru exagérément lugubre. N'ayant pas lu le livre originel, je ne peux même pas vous donner d'avis sur la qualité de l'adaptation - j'en suis tout à fait désolé. J'avoue ne pas vouloir déjà retrouver une histoire aussi plombante...

Oslo, 31 août
Film norvégien de Joachim Trier (2011)

Cela surprend, généralement, mais je dis souvent que je préfère presque les drames aux comédies (au cinéma, s'entend). Je crois toutefois que j'ai deux limites: le pathos sirupeux et le noir absolu. S'il me fallait classer en couleurs le long-métrage du jour, je le dirais d'une teinte de gris très foncée. Dans le genre, même un Two lovers m'est apparu un peu plus ouvert. Reste toutefois la qualité formelle...

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Un autre constat s'impose...

Le film s'est taillé une assez bonne réputation sur ma blogosphère familière. Vous pouvez vérifier chez Pascale, Dasola, Elle et Lui, David et Princécranoir. Je n'y ai presque lu que des avis très positifs !

mardi 2 février 2016

Vol sur rails

C'est quand même drôle, la ciné-addiction. On peut avoir une forme d'admiration pour un artiste donné et se rendre compte tardivement qu'on ne connaît que très peu sa carrière. J'ai par exemple pris conscience que c'était mon cas au sujet de Sean Connery. James Bond et quelques (autres) rôles iconiques ne sauraient suffire à le définir...

Dernièrement, pour rattraper un peu de mon retard sur la filmo XXL du plus célèbre des acteurs écossais, j'ai regardé La grande attaque du train d'or. Je me suis bien amusé - et tant mieux: c'était le but ! Avec le Canadien Donald Sutherland pour complice, ce très cher Sean endosse un costume du 19ème siècle et nous embarque illico presto vers le braquage d'un convoi ferroviaire chargé d'un stock de lingots. Les adeptes de scénarios à tiroirs-surprises ou bien d'oeuvres ancrées dans le réalisme passeront leur chemin: tout ce qui est montré ici tient du pur divertissement. Même en la matière, on a sans doute fait mieux, d'ailleurs... mais pourquoi donc faudrait-il bouder son plaisir ?

Évidemment, en ayant noté que le film date de 1979, on devinera aisément que le charme qu'il dégage est quelque peu suranné. L'important, je crois, c'est de ne pas s'en offusquer: on prend plaisir au spectacle si on garde une âme d'enfant et si on oublie un instant que d'autres films bien plus spectaculaires sont tournés aujourd'hui. Ensuite, l'aspect farceur de Sean Connery fait le reste: je crois pouvoir présenter le tout comme une aventure de Sherlock Holmes inversée, où un filou se joue des détectives et des braves gens. Aucune place ici pour la complexité d'un personnage: on se divertira éventuellement de ses exploits, point à la ligne. Simple... et efficace.

La grande attaque du train d'or
Film britannique de Michael Crichton (1979)

Le nom du réalisateur vous dit quelque chose ? Ce n'est pas étonnant. Michael Crichton était aussi écrivain et plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma - Jurassic Park et Soleil levant, par exemple. L'Américain avait prouvé ici sa capacité à se fondre dans un décor britannique, réutilisé dans Élémentaire, mon cher... Lock Holmes. Cela étant dit, mon Sean préféré reste L'homme qui voulut être roi.

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Comme très souvent pour ce genre de vieux films...

Vous pouvez également miser sur une chronique de Princécranoir.

dimanche 31 janvier 2016

Une femme déterminée

Je reviendrai tôt ou tard sur la jeune carrière de Jennifer Lawrence. C'est notamment pour elle que je suis allé voir Joy. C'est pour elle aussi que le film a été tourné, semble-t-il, David O. Russell réalisant son troisième opus consécutif avec la jolie blonde (cf. mon index). Est-ce que la recette fonctionne encore ? On peut certes en discuter...

Je vais être honnête avec vous: j'ai bien aimé. Je ne prétends pas que Joy soit le film du siècle, mais j'ai passé un bon moment, sublimé ensuite par la dégustation d'un excellent couscous, mais je suppose que ça, vous vous en moquez un peu. Bref... notre amie Jenny joue cette fois une brave maman célibataire, empêtrée dans une vie cacophonique entre père et mère immatures, ex du genre envahissant et boulot franchement alimentaire. Dans cette Amérique de cinéma ramenée dans les années 80, c'est typiquement le genre de sort destiné à évoluer vers le haut. L'opiniâtre femme-à-tout-faire décide d'employer les grands moyens et, se souvenant qu'elle fut une enfant particulièrement inventive, en vient à fabriquer... une serpillière révolutionnaire. Ça vous paraît idiot ? Eh bien, c'est vraiment arrivé !

Joy est bel et bien le biopic (sans doute édulcoré) d'une Joy Mangano "réellement existante" et qui aura soixante ans le 15 février prochain. Hollywood aime toujours autant ces histoires de succès improbables. Moi, sans en faire mon quotidien, c'est un spectacle que j'apprécie ponctuellement, pour me rafraîchir les neurones entre deux films d'auteur yougoslaves ou norvégiens. Bon... cette fois, la marchandise attendue m'a été livrée sans trop de fausses notes. Jennifer Lawrence maîtrise sa partition et joue à l'unisson d'une formation bien connue où l'on retrouve le duo masculin Bradley Cooper / Robert de Niro. Parmi les seconds rôles sympa: Edgar Ramirez et Isabella Rossellini ! Les uns et les autres font le job, sans génie mais avec application. Maintenant, c'est vrai aussi que tout ça reste très sagement balisé...

Joy
Film américain de David O. Russell (2015)

Je me répète pour conclure: le cinéaste a trouvé un filon intéressant et l'exploite visiblement jusqu'à son épuisement. Il me faut espérer désormais qu'il se renouvelle un peu, parce que ça finira par me lasser également. Dans la veine, je préfère d'ailleurs Happiness therapy. Reste que Jennifer Lawrence est à nouveau en lice pour l'Oscar ! J'ajoute que je suis curieux de son avenir: elle n'a jamais que 25 ans.

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Je vous propose pour finir de découvrir d'autres regards...

Celui de Pascale est visiblement lassé. Celui d'Alain un peu moins.

samedi 30 janvier 2016

Années yougoslaves

À quelles occasions est-il important de regarder un film particulier ? Vous l'aurez remarqué: même si je n'ai pas spécialement la fibre commémorative, j'aime évoquer une oeuvre donnée pour marquer d'une pierre blanche un événement ou une date-anniversaire. Underground restera comme mon premier film vu en 2016. Mouais...

Ce film un peu (?) fou raconte l'histoire de Marko et Blacky, deux amis limite mafieux qui habitent à Belgrade, au début des années 40. Ensemble, ils aiment boire et faire la fête, ce qui se complique soudain quand l'aviation hitlérienne bombarde la ville - le prélude sanglant à une longue période de guerre et d'occupation. Généreux d'opportunité, Marko emmène Blacky et quelques voisins dans la cave de son grand-père. Une armée secrète s'y monte, d'autant plus inutile qu'en 1945 et bien au-delà, personne ne vient apprendre à ses soldats que la paix est désormais revenue en Yougoslavie. Un film incroyable que cet Underground, qui déroule son récit sur presque trois heures !

Vous trouvez ça long ? Sachez qu'il existe une autre version, diffusée en 1998 par Arte et constituée de six épisodes de 50 minutes ! Personnellement, dans son format cinéma, Underground est un OVNI que je voulais découvrir depuis longtemps. Puis-je parler désormais de déception ? Pas vraiment. Son extravagance narrative et formelle m'encourage même à dire qu'il s'agit d'une oeuvre majeure du cinéma européen. Le truc, c'est que c'est une très dense production, marquée par une frénésie qui ne plaira sans doute pas à tout le monde, portée d'ailleurs par sa bande-originale. Il faut s'accrocher pour apprécier. Quand il obtint la Palme d'or du Festival de Cannes, le long-métrage n'échappa pas à la polémique: alors que les peuples yougoslaves s'enflammaient vers la désunion, il fut jugé pro-serbe, voire fasciste. Aujourd'hui, ces accusations n'ont plus cours: reste donc une oeuvre vibrionnante, assez bonne pour y risquer un oeil... ou même les deux.

Underground
Film yougoslave d'Emir Kusturica (1995)

J'ai ouï dire que le cinéaste n'a jamais été aussi bon qu'à cette époque où son pays se déchirait de toutes parts - le film le (dé)montre largement. Aujourd'hui, il serait moins actif et moins intéressant. Peut-être verrai-je d'autres de ses films pour comparer. Je dirai d'abord que cet esprit Fellini à la sauce des Balkans est perceptible aussi dans Chat noir chat blanc, du même auteur. À suivre, donc...

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Pour revenir doucement à la réalité...

Vous noterez que Pascale lui aurait également attribué la Palme.

mercredi 27 janvier 2016

Ma rétro 2015 - Films récents

Vous vous y attendiez sûrement: aujourd'hui, pour un dernier regard sur 2015, l'heure est venue pour moi de vous reparler de dix films. Ces dix films sont ceux que j'ai préférés parmi mes 74 découvertes dans les salles. Ce choix personnel est bien sûr tout à fait subjectif. L'année n'a pas toujours été drôle, mais je retiens de belles choses...

1. Mustang / Deniz Gamze Ergüven
En de trop nombreuses occasions, cette année nous aura montré combien la liberté était une valeur précieuse et fragile. J'y ai pensé en découvrant ce film inattendu, oeuvre d'une femme turque, formée au cinéma en France. Sa plus belle réussite ? Avoir su évoquer le sort promis à ses cinq jeunes héroïnes en ayant gardé un peu d'espérance.

2. Timbuktu / Abderrahmane Sissako
L'espoir semble en revanche assez absent de cet autre grand film. J'aurais certes pu le voir dès fin 2014, mais je crois avoir bien fait d'attendre, finalement. Le découvrir lors d'une soirée-débat organisée par mon association cinéma et des membres d'Amnesty International m'aura procuré une émotion encore plus forte. Un souvenir marquant.

3. Vers l'autre rive / Kiyoshi Kurosawa
Ce n'était pas garanti d'avance, mais j'ai trouvé en le cinéaste japonais un nouvel artiste que je tâcherai de suivre avec attention. Inventer un fantôme visible, mais pourtant pas réincarné, c'est fort ! Parler ainsi de deuil et d'amour, aussi ! La lenteur du long-métrage m'a un peu dérouté, mais j'ai fini par y voir une part de son essence.

4. Les secrets des autres / Patrick Wang
Combien serons-nous à avoir découvert ce film en salles ? Je l'ignore. Ce que je sais, en revanche, c'est que cette autre histoire de deuil m'a beaucoup touché. D'un sujet extrêmement douloureux, l'auteur tire une chronique familiale au plus près de l'intime, sans oublier jamais d'offrir de superbes images. C'est dur, oui... mais c'est beau.

5. Mia madre / Nanni Moretti
Dès que je vois un film italien, je me dis que je devrais en regarder davantage. Nos voisins et amis latins en ont terminé avec l'âge d'or de leur cinéma, mais, parmi d'autres, ce long-métrage vient prouver qu'ils ont encore des belles choses à raconter et à montrer. Je dirais que je n'avais pas autant ri depuis longtemps devant un film triste... 

6. Le tout nouveau testament / Jaco van Dormael
Pour se marrer intelligemment, je crois également qu'on pourra toujours compter sur les Belges ! Si la seule promesse de voir Dieu joué par Benoît Poelvoorde m'avait séduit aussitôt, sa concrétisation m'a vraiment beaucoup plu. D'autant qu'au-delà de cette anecdote potache, j'ai eu ce que j'attends du cinéma: du plaisir et de l'émotion.

7. L'astragale / Brigitte Sy
Si vous m'aviez demandé un pronostic, je n'aurais sûrement pas parié sur une histoire d'amour entre une louloute et un malfrat pour être mon film français préféré de feu le millésime 2015. Et pourtant ! D'emblée, la beauté du noir et blanc m'a embarqué. La classe du duo Leila Bekhti / Reda Kateb et le scénario (réel) ont alors fait le reste...

8. Floride / Philippe Le Guay
J'essaye de voir chaque film de Jean Rochefort comme le dernier. Quand ce grand monsieur aura finalement rejoint les anges, je veux m'en souvenir comme d'un artiste vivant. Son cabotinage récurrent n'est pas venu à bout de ma patience. Je dirais même qu'il améliore ce récit parfois bancal sur le vieil âge. Oui, Sandrine Kiberlain aussi ! 

9. Vice-versa / Pete Docter et Ronaldo del Carmen
Vous l'aurez peut-être remarqué: le premier des deux Pixar de 2015 fait presque l'unanimité. Ici et là, certains critiques en parlent même comme du film de l'année et d'un prétendant sérieux... pour l'Oscar. Sans leur donner raison sur ce point, je reconnais que j'ai vu mieux qu'un très chouette dessin animé: un excellent film, tout simplement.

10. Star wars VII - Le réveil de la Force / J. J. Abrams
Est-ce que je fais partie des inconditionnels des Jedi ?  Non. Est-ce que je n'attendais pourtant pas ce nouvel opus avec impatience ? Si. Évidemment, pour être honnête une minute, je dois bien reconnaître que ce n'est pas le plus original de tous et qu'il est parfois incohérent. Vous savez quoi ? Je m'en fiche un peu: j'ai bien "kiffé" quand même !

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En attendant vos éventuels commentaires, je vous propose aussi un top des films loupés au cinéma et que j'ai enfin pu rattraper...
1. Les géants / Bouli Lanners / 2011
2. Enemy / Denis Villeneuve / 2013
3. Omar / Hany Abu-Assad / 2013
4. The spectacular now / James Ponsoldt / 2013
5. The company men / John Wells / 2011
6. On the ice / Andrea Okpeaha MacLean / 2011
7. Habemus papam / Nanni Moretti / 2011
8. Rebelle / Kim Nguyen / 2012
9. Elefante blanco / Pablo Trapero / 2012
10. Hugo Cabret / Martin Scorsese / 2011

Pour finir, je tiens à publier la liste de mes camarades qui ont fait un bilan. Tiens donc ! Les mêmes que l'année dernière, à savoir...
- David,
- Pascale,
- Dasola,
- 2flics,
- Princécranoir,
- Tinalakiller,
- Sentinelle.

dimanche 24 janvier 2016

Ma rétro 2015 - Films anciens

J'ai vu 198 films l'année dernière - ou plutôt 196, puisqu'il y en a deux que j'ai visionnés deux fois, pour les présenter lors d'une soirée organisée par mon association. Je ne vais me concentrer aujourd'hui que sur ceux que je pourrais appeler des classiques ou des films anciens. L'occasion de vous livrer mes dix préférences du millésime...

1. Paris, Texas / Wim Wenders / 1984
Peu de films parmi ceux qui sont venus du vieux continent européen me semblent avoir aussi bien compris et sublimé l'Amérique éternelle. Superbe histoire d'amour doublée d'une évocation de la relation intense et singulière d'un père avec son fils, celui-ci est une merveille dans chacune de ses dimensions. Je sais que je ne l'oublierai de sitôt.

2. Et vogue le navire... / Federico Fellini / 1983
Il fallait bien toute l'inventivité et le talent d'un incroyable maestro italien pour porter aussi haut l'idée et l'image de l'opéra au cinéma. D'autres films se contentent d'adapter une oeuvre du répertoire classique. Cet opus va beaucoup plus loin et pousse la flamme lyrique au bout de sa logique. Mise en abyme géniale et vrai tour de magie !

3. Gallipoli / Peter Weir / 1981
J'affirme que les grands films sont aussi des voyages. Cette fresque australienne tend en tout cas à nous le confirmer, en nous rappelant également que la guerre est toujours, de par sa nature même, injuste et moche. Quand le septième art se fait ainsi le gardien respectueux de la mémoire de nos (grands-)pères, je m'émerveille et lui dis merci.

4. Je ne regrette rien de ma jeunesse / Akira Kurosawa / 1946
Autre lieu, autre conflit: ce qui m'a le plus étonné ici, c'est la vitesse avec laquelle un maître nippon s'est emparé de l'histoire de son pays. Un grand coup de bambou sur mes idées toutes faites liées au Japon. Cela dit, le film n'est pas qu'une banale énumération de faits avérés. C'est aussi - et essentiellement ! - un remarquable portrait de femme.

5. La rumeur / William Wyler / 1961
Shirley MacLaine et Audrey Hepburn pourraient suffire pour expliquer le plaisir que j'ai pris à regarder ce film aujourd'hui un peu malaimé. Ce serait oublier un peu vite la grande intelligence de son scénario. Certes, les tabous d'hier ont parfois fait long feu, mais la calomnie conduit toujours à la calamité: c'est l'édifiante leçon du long-métrage.

6. Le baron de Crac / Karel Zeman / 1962
J'aime particulièrement le cinéma quand j'y retrouve des plaisirs enfantins. En poussant ma curiosité vers un nouveau pays, ce film étonnant a ouvert en grand les portes de mon plus bel imaginaire. Penser que cette réinterprétation du mythique baron de Münchhausen a été inventée de l'autre côté du Rideau de fer, c'est fou. Quel régal !

7. Le locataire / Roman Polanski / 1976
La personnalité très justement controversée du cinéaste a pu couper certains de mes proches de son incroyable talent. Ce premier film tourné en France brille comme une perle noire et offre une escalade mémorable vers des sommets de paranoïa. Trip malsain et fascinant ! Il me restera à lire ce roman de Roland Topor qu'il adapte avec éclat. 

8. Le troisième homme / Carol Reed / 1949
Orson Welles transforme-t-il en or tout ce qu'il touche ? Le maître américain ne fait que quelques brèves apparitions dans cet opus d'après-guerre, considéré parfois comme le meilleur film de l'histoire du cinéma britannique. Un énigmatique sourire lui suffit pourtant pour nous embarquer ailleurs. Quelle présence à l'écran, je vous jure !

9. Honkytonk man / Clint Eastwood / 1982
Le neuvième film de mon top est aussi... le neuvième de la carrière de réalisateur de mon idole absolue. Il y démontre son amour inconditionnel pour la musique country, une passion que je pardonne bien volontiers. Avec son fils Kyle à ses côtés, le cinéaste oublie quelque temps ses habitudes de soliste et signe un road movie réussi.

10. Barbarella / Roger Vadim / 1968
Jouons carte sur table: je comprendrais très bien que vous soyez étonnés de retrouver ce drôle de film à cette position. Si j'ai choisi pourtant de le placer si haut, c'est à vrai dire dans l'idée d'apporter davantage de fantaisie à ma liste - merci à Jane Fonda, au passage. Dont acte: j'ai aimé ce "machin" des sixties, à la fois kitsch et rigolo.

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Et maintenant, c'est à vous...

Les commentaires vous sont ouverts, aussi bien pour me donner votre avis sur ce top que pour me citer les pépites du cinéma d'hier que vous pourriez avoir dénichées l'an passé. Au plaisir de vous lire !

samedi 23 janvier 2016

Premiers claps

Certains cinéastes sont toujours fidèles à leur ligne directrice. D'autres changent constamment de style et d'ambition. D'autres encore aiment surprendre le public au détour d'un long-métrage atypique dans leur carrière. Je dirais que Martin Scorsese se range dans la troisième catégorie avec Hugo Cabret. Un choix surprenant...

L'intention première du cinéaste était, dit-on, de produire un film visible par sa plus jeune fille, Francesca, âgée de douze ans l'année de la sortie en salles. Adapté d'un roman, Hugo Cabret est l'histoire d'un garçon du même âge, orphelin que feu son père avait eu le temps de former à la haute horlogerie. Du coup, tout en tâchant de réparer enfin un vieil automate mystérieux, le p'tit mec survit dans une gare parisienne, dont, au quotidien, il remonte chaque horloge avec talent et application. Un jour, forcé de voler pour manger, il est pris la main dans le sac par le gérant d'une boutique de jouets. L'aventure débute réellement pour cet enfant du début du siècle dernier. Sa rencontre impromptue avec la fille du boutiquier va lui confirmer que ce dernier n'est peut-être pas un simple commerçant. Je crois en avoir assez dit quant au scénario. À mon humble avis, ce récit est très accessible aux plus jeunes. Je dois me répéter: c'était bien sa vocation initiale.

Même s'il y a beaucoup d'images de synthèse, le long-métrage donne véritablement à voir de très belles choses. C'est une déclaration d'amour au cinéma - et pas seulement parce qu'il utilise un maximum des technologies actuelles (3D comprise). Hugo Cabret nous parle directement de l'un des pionniers de l'image animée: Georges Méliès. Avoir utilisé Paris pour décor du film est tout sauf un hasard. Cinéphile accompli, Martin Scorsese sait pertinemment que son art doit énormément à ses pères fondateurs français. Il leur rend hommage de la plus noble des façons: en ressuscitant une part importante de leur imaginaire fécond et en montrant quelque chose de leurs travaux passés. L'élève laisse la part belle à ses maîtres. Franchement, au-delà du simple plaisir pris à suivre les aventures trépidantes du jeune héros, j'ai été touché par cette façon de faire. Elle a réveillé mon désir d'exploration au coeur du très vieux cinéma !

Hugo Cabret
Film américain de Martin Scorsese (2011)

Autant le dire: je ne pense pas que vous trouverez un film comparable dans la filmographie du cinéaste italo-américain. Je vous renverrai donc vers un opus de 2015, À la poursuite de demain, qui s'appuie aussi sur une imagerie à la Jules Verne (entre autres). Je dois dire que je serais plutôt content si les plus grands studios américains revenaient à ce type de films d'aventure. En auriez-vous vu d'autres ?

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Une anecdote amusante...
Ce film américain évoque donc le cinéma français. Il avait obtenu onze nominations lors de la soirée des Oscars 2012 et en gagna finalement cinq, tout comme... The artist, film français qui évoque le cinéma américain ! Cet étonnant parallèle me satisfait pleinement.

D'autres avis sur le film...

Il y en a chez David, Elle et Lui, Pascale, Chonchon et Princécranoir.

vendredi 22 janvier 2016

La légende des montagnes

Le chien du Tibet est un dessin animé asiatique que j'avais repéré depuis... longtemps dans l'offre de mon bouquet de chaînes Internet. La période des Fêtes de fin d'année m'a semblé une période propice pour le découvrir enfin. Je l'ai jugé satisfaisant. Un terme très moche pour dire que, sans m'enthousiasmer tout à fait, il ne m'a pas déplu...

Derrière mes euphémismes, le film vous propose de venir faire connaissance avec Tenzin, un petit citadin chinois qui vient de perdre sa maman. C'est alors qu'il s'installe dans les montagnes et devient donc un berger. Un beau jour, quand il lui faut ramener un mouton égaré vers le troupeau, le garçonnet tombe nez à nez avec une meute de loups. Terrifié, il ne doit sa survie qu'à l'intervention (divine ?) d'un gros chien au pelage doré. C'est la naissance d'une amitié inoxydable entre l'enfant et l'animal. Le chien du Tibet ne réinvente en rien les codes de la production animée dite classique, c'est un fait. Son scénario est convenu, d'accord, mais ni ridicule, ni inintéressant.

Peut-être qu'il aurait eu plus de force en se rapprochant un peu plus du documentaire sur les modes de vie dans cette région du monde. Dans son développement, il préfère aborder une sous-thématique "écologique" autour de la relation qui unit tout homme à la nature. Autre lecture: il s'attache aussi à dire quelque chose de la mythologie des peuples qu'il observe - avec un grand respect mêlé de pudeur. Afin d'en profiter au mieux, il faut juste prendre Le chien du Tibet pour ce qu'il est: une production plutôt modeste, qui ne cherche pas forcément à se hisser au niveau des meilleures références du genre. J'affirme qu'il y a aussi une vraie richesse dans ce cinéma de l'intime.

Le chien du Tibet
Film sino-japonais de Masayuki Kojima (2012)

Inutile, donc, de comparer cet opus avec les oeuvres et chefs d'oeuvre sortis du studio Ghibli, entre autres ! Je n'ai sûrement pas fini d'explorer l'incroyable richesse de l'animation venue d'Asie. À ceux d'entre vous qui voudraient sortir des sentiers battus, je conseille encore une fois de jeter un oeil à Miss Hokusai, au cinéma l'an passé. Autre "tuyau", dans un genre futuriste: Patéma et le monde inversé.

jeudi 21 janvier 2016

Aparté

Les salles de cinéma sont fréquemment en quête de rentabilité. Sincèrement, à mon avis, elles doivent prioritairement être utilisées pour leur mission première: la défense du septième art au sens large. Une fois n'est pas coutume, je suis récemment entré dans un cinéma pour une rediffusion en direct... d'une pièce de théâtre: Le tombeur.

L'expérience n'est pas intéressante, mais disons assez particulière. Plutôt qu'une série de pubs et de bandes annonces, j'ai vu apparaître sur l'écran quelques-uns des comédiens principaux, dont Michel Leeb dans le rôle-titre, pour un avant-propos sympa, filmé en coulisses. L'interview du metteur en scène - Jean-Luc Moreau - m'a permis d'apprendre que la pièce, signée Robert Lamoureux, avait trente ans. Après cet assez bref préambule, mes parents et moi sommes partis pour deux heures de rigolade. Le fait d'être assis dans une salle clairsemée n'a pas nui à notre plaisir. Il a simplement fallu s'habituer aux rires et applaudissements de l'autre public. C'est allé vite, en fait.

Est-ce que je renouvellerai l'expérience du théâtre au cinéma ? Possible. Même si le spectacle live procure, lui, des émotions irremplaçables, la possibilité d'en profiter "à distance" ouvre en grand le champ des découvertes envisageables - et ça, ça n'a pas de prix ! Désormais, dans les salles jadis réservées au septième art, on peut également se familiariser avec le ballet ou l'opéra. Si ça permet donc aux exploitants de dégager une recette complémentaire, qui les rende alors plus audacieux dans leur choix de programmes, je dis: why not ? Peut-être que ça bénéficiera aussi aux salles de théâtre, d'ailleurs. J'aime croire que l'harmonie est un terreau pour des succès communs.