dimanche 14 mai 2017

Un jeu de dupes ?

C'est l'histoire d'une femme britannique, qui rallie la ville allemande de Baden Baden pour prendre un peu de repos, loin de son mari. Serait-elle infidèle ? Pas sûr, mais elle rencontre un homme et passe du temps avec lui. Une Anglaise romantique est, à mon avis, un film construit en trompe-l'oeil. Beaucoup d'images, pas mal d'ambigüité...

J'ai pris un plaisir certain à découvrir ce récit retors et incertain. Adapté d'un livre que je n'ai pas lu, le film accuse le poids des ans d'un strict point de vue esthétique, mais son scénario fonctionne correctement. Sans vouloir tout dire, je crois quand même pouvoir souligner que le duo de la possible infidèle et de son amant supposé redevient vite un trio, quand Madame convie sa dernière rencontre jusque dans la maison familiale. Monsieur fournira même un emploi correctement payé à celui qui, pourtant, apparaît comme un rival. Avez-vous compris le problème ? Le fait est que Une Anglaise romantique multiplie les faux semblants et écrans de fumée, assez en tout cas pour m'avoir fait douter de ce que je voyais à l'écran. J'insiste et me répète: j'y ai pris un plaisir certain, bien qu'éphémère.

Pour être tout à fait complet, il me faut souligner que je dois également ce plaisir aux acteurs, et particulièrement à Michael Caine dans le rôle de l'époux inquiet d'avoir été trompé. C'est un fait aussi que Glenda Jackson et Ludwig Berger livrent une partition honorable en complément, mais j'ai trouvé qu'il leur manquait un peu d'allant. Peut-être que c'est lié à l'environnement du film, d'allure bourgeoise finalement. Une Anglaise romantique a quelque chose de compassé. Je peux admettre qu'il ne plaise pas à tout le monde, dans une époque où, finalement, les couples se font et se défont sans grand tralala. Certains ont pu souligner avant moi que le second degré est de mise dans cette froide description de relations humaines trop compliquées pour être sincères (ou réelles). Je suis enclin à penser la même chose.

Une Anglaise romantique
Film britannique de Joseph Losey (1975)

Je n'avais pas prévu de voir ce film, mais c'était une bonne séance. Évidemment, je pourrais citer maints autres exemples de triangle amoureux au cinéma, mais ce serait fastidieux... et ceux qui jouent sur le registre du doute ne sont pas légion. L'an passé, Mal de pierres le faisait aussi, si l'on veut, mais dans un registre très différent. Pourquoi ne pas rigoler un peu en revoyant Certains l'aiment chaud ?

samedi 13 mai 2017

Flocons et flingues

Les romanciers scandinaves se sont visiblement taillé une réputation flatteuse en terme de polars sans concession. Il est de fait possible qu'en Norvège, la violence de fiction soit un exutoire, le taux officiel de criminalité sanglante y restant très faible. Cette idée m'est venue après que j'ai visionné un film de ce pays: le bien nommé Refroidis...

Si, sans tout connaître de leurs filmos, les noms de Stellan Skarsgård et Bruno Ganz vous sont familiers, vous ne partirez pas complètement en terre inconnue. Si ce n'est pas le cas, tant pis: le long-métrage présenté aujourd'hui aura au contraire le mérite de vous dépayser totalement. Le pitch, lui, est assez banal: un père d'une soixantaine d'années découvre que son fils était lié à des trafiquants de drogue. Parce que son enfant a été assassiné, il se décide soudain à le venger et, ce faisant, après quelques morts de plus, déclenche une guerre entre bandes rivales. Les méchants étant plutôt bêtes, on tombe vite dans le moule d'une comédie noire plutôt... euh... on va dire décalée.

Le point négatif, c'est que, passés la neige et le reste du décorum norvégien, Refroidis n'apporte pas grand-chose au genre, en réalité. Entendons-nous bien: ce n'est pas un mauvais film. J'ai juste eu l'impression d'avoir déjà vu pléthore de longs-métrages équivalents sous d'autres latitudes. Vous avez bien le droit de vous en contenter ! Je note d'ailleurs que le film avait été présenté lors de la Berlinale. Autre anecdote: il avait reçu un Grand Prix au Festival du film policier de Beaune (petite référence, c'est vrai, mais référence quand même). Personnellement, comme vous l'aurez compris, j'attendais mieux. Mention spéciale pour les comédiens qui ont parfois eu à affronter des froids polaires, bien en-dessous de zéro, au cours du tournage. C'est bien dommage que, face à cela, le scénario reste si paresseux...

Refroidis
Film norvégien de Hans Petter Moland (2014)

Bon... j'insiste pour dire (et mes étoiles en témoignent) que tout cela n'est en rien infamant et qu'on peut donc s'amuser à le regarder. Maintenant, quand on voit ce que les frères Coen font avec un décor enneigé dans Fargo, on se dit qu'un bien meilleur film était possible !  True romance, scénario de Quentin Tarantino, est du même acabit. C'est vrai qu'il n'y a plus de neige, à l'inverse de Django unchained...

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Une précision tardive (lundi 15, peu après 21h00):

Pascale me souffle qu'elle a parlé du film. Elle l'avait bien caché !

vendredi 12 mai 2017

Zéro neurone

Comment choisissez-vous les films que vous regardez ou aller voir ? J'ai déjà dû vous poser la question. J'ai, pour ma part, cette chance de pouvoir souvent décider, seul ou avec d'autres qui se rallient régulièrement à mes envies et idées. Fast and furious 8 constitue une exception, en ce sens: j'y suis allé pour faire plaisir à un cousin...

Les plus fidèles d'entre vous le savent: je vois peu de blockbusters. Ici, en plus des pectoraux des acteurs et de la "mignonnitude" indéniable de certaines actrices, il est en plus question de bolides automobiles, ce qui, en temps normal, me ferait certainement fuir aussitôt et sans retour avant longtemps. Inutile de dire que je n'ai vu aucun des sept (!) épisodes précédents de cette franchise XXL, lancée en 2001 et qui roule encore, même après la mort d'un de ses acteurs principaux... dans un accident de voiture. Bon... un mot du scénario proposé dans ce Fast and furious 8: une très mauvaise fille menace le monde d'apocalypse nucléaire, sur fond de terrorisme high-tech. Comme c'est original, hein ? Je peux admettre que c'est bien fichu. L'opposé de Charlize Theron dans le rôle: on l'a connue plus glamour...

Bref... entre longues poursuites, cascades géantes d'engins motorisés et bagarres à mains nues, le film ne prend pas le temps de souffler. C'est la loi du genre, me direz-vous, et vous aurez raison. J'ajouterai juste que, quitte à viser la surenchère, autant y aller franchement ! Jamais loin du nanar, l'humour vaseux en moins, Fast and furious 8 tient la route parce qu'il a quelque chose de foncièrement honnête. Bien évidemment, je dois mettre de gros guillemets sur ce que je dis pour sa défense: même s'il n'a rien de prétentieux, même s'il annonce clairement la couleur et ne se hausse jamais du col, le long-métrage ne vaut pas tripette. Le malin "plaisir" que j'y ai pris était décérébré. Les rares scènes de dialogue sont très convenues et d'une indigence rare - avec une conclusion-réconciliation, qui annonce déjà l'épisode suivant. Bref, j'ai regardé ça d'un oeil distrait, comme je l'aurais fait d'un feu d'artifices géant. Et le côté bourrin fonctionne (à peu près)...

Fast and furious 8
Film américain de F. Gary Gray (2017)

Il faudrait que je revoie Volte-face, que je citais jadis en référence du film "zéro neurone" (parce que son scénario était assez sympa). Pour ce qui est du film d'aujourd'hui, je le situerai plutôt à mi-chemin entre Taken et Expandables - et non, ce n'est pas un compliment ! Inutile de dire que je ne ferai pas de ce type de productions mon pain quotidien. Mais je ne peux exclure d'en voir d'autres avec des potes...

jeudi 11 mai 2017

Bizarrerie

Il introduit de la bizarrerie dans un quotidien très ordinaire: on dirait que Quentin Dupieux s'est donné pour mission de secouer le cinéma français à grands coups de films absurdes. J'ai en tout cas pu vérifier ce postulat devant Wrong, le quatrième de ses six longs-métrages sortis à ce jour. Je vous le dis sans barguigner: c'est du grand délire !

Pourtant, ça commence à peu près normalement, dans un faubourg américain lambda, où toutes les maisons semblent quasi-identiques. Dolph, le "héros", se réveille un matin et découvre avec une angoisse indicible que son chien a disparu. Bien plus étrange encore: le palmier qu'il avait commandé pour son jardin s'est transformé... en pin ! Plusieurs choses anormales se produisent, mais c'est presque logique finalement dans ce monde fictif: après tout, Dolph travaille toujours pour une société qui l'a licencié depuis des mois et dans un bureau commun avec ses ex-collègues, où il pleut en permanence. Le hasard et son envie de comprendre le logo d'une pizzeria le conduiront bientôt à rencontrer une standardiste nymphomane, qui le confondra ensuite avec un autre. C'est bon ? Vous n'avez rien compris ? Parfait. Wrong baigne dans le non-sens absolu et vous laisse analyser l'intrigue par vous-mêmes. Ou pas. Esprits trop cartésiens, s'abstenir.

À condition d'entrer dans le jeu, on peut toutefois passer un moment sympa devant cette pochade 100% barrée. Y apercevoir Eric Judor dans un petit rôle peut du coup nous servir d'accroche franchouillarde pour une distribution par ailleurs à 99% américaine (et méconnue). Bon... les plus cinéphiles parmi vous reconnaîtront peut-être aussi Jack Plotnick, William Fichtner ou d'autres, mais j'en doute, en fait. Vous voulez que je vous dise ? Peu importe: on ne regarde pas Wrong pour les acteurs ou pour l'histoire, mais pour la folie qui s'en dégage. Franchement, ça passe ou ça casse: à moins d'être un geek d'un genre très particulier, je ne pense pas que vous adorerez le film. J'imagine cependant que, si vous survivez aux premières minutes, son aspect absolument rocambolesque pourrait finir par vous plaire. Inutile alors de me demander si Dolph retrouve son chien: je ne spoilerai pas ! J'ajouterai tout juste qu'il vous reste bien d'autres choses à découvrir.

Wrong
Film franco-américain de Quentin Dupieux (2012)

Je reviens en arrière pour constater que j'avais vu des références dans Rubber, un autre film du réalisateur, que j'ai déjà présenté ici. Wrong, en revanche, me paraît ne ressembler qu'à lui-même ! Parfois, apprécier ce genre de spectacles est bon pour les neurones fatigués de trop d'autres histoires plus sérieuses. Je dois dire aussi que, sur le plan de la forme, ce long-métrage n'a RIEN à se reprocher.

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Je pourrais comprendre que vous soyez peu attirés...

Je vous conseille donc de lire aussi la chronique de "L'oeil sur l'écran".

mercredi 10 mai 2017

Idées d'avenir

Je vais être honnête avec vous: je suis d'une nature écolo-sceptique. Rassurez-vous: je ne conteste pas l'impact désastreux que l'homme peut avoir sur le milieu naturel, mais disons que j'aime comprendre l'ensemble des phénomènes avant d'évoluer dans ma manière d'agir. Et j'ai regardé Demain avec ce prisme particulier, un peu "partisan"...

Demain est un documentaire de Mélanie Laurent et Cyril Dion. Mélanie est une jeune comédienne, mais pas une star: elle joue correctement, mais, autant le dire aussi, ne m'a jamais bouleversé. Cyril ? Je ne le connaissais pas. C'est son ami, apparemment. Connu surtout pour ses engagements divers, il a notamment été membre fondateur et porte-parole du mouvement Colibris, dont l'intervenant le plus connu est sûrement Pierre Rabhi, agriculteur bio et romancier. Pour les situer un peu mieux encore, j'ajouterai que Cyril et Mélanie sont tous deux trentenaires, nés respectivement en 1978 et 1983. Bref... leur film commun est incontestablement réussi. Son postulat initial consiste à proposer un petit tour du monde des pratiques intelligentes en termes d'éco-responsabilité, en dessinant un cercle vertueux lié aux procédés et enjeux alimentaires, énergétiques, économiques, démocratiques et éducatifs. Le champ est très ouvert !

Pour vulgariser des notions parfois complexes, Mélanie et Cyril dialoguent en voix off, tous deux convaincus visiblement, mais elle dans une posture de curieuse et lui plutôt dans le rôle du sachant. Rien à redire là-dessus: c'est bien ficelé et intéressant, a fortiori parce que, plutôt que de nous effrayer, ça illustre des problèmes concrets en apportant des idées de solutions déjà mises en oeuvre. D'un point de vue formel, c'est assez joliment mis en images et porté par un montage sans temps mort, ni raccord hasardeux: du cinéma malin et de qualité, donc, tel qu'on peut vouloir en voir plus souvent. J'ai regretté cependant que Demain soit moins ouvert sur le monde que je ne l'avais imaginé: rien n'est dit sur l'Afrique, par exemple. Autre (petit) bémol: une très légère tendance des deux réalisateurs associés à l'auto-mise en scène. Heureusement, tous les intervenants sont intéressants - et certains sont même vraiment passionnants. Couronné d'un César du meilleur documentaire, le film ne l'a pas volé. En fait, j'ai presque envie d'ajouter qu'il mériterait bien... une suite !

Demain
Documentaire de Mélanie Laurent et Cyril Dion (2015)

Voilà voilà... qu'est-ce que je pourrais ajouter à ce déjà long laïus ? Pas grand-chose, finalement. En dépit de mon écolo-scepticisme évoqué d'emblée, j'ai trouvé ce docu futé et honnête, deux qualités indéniables, mais aussi exempt de tout GROS défaut et "utile". N'hésitez pas à le voir s'il vous tente: il dit vraiment des choses importantes et qui méritent d'être débattues. Quitte à être partial...

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En bonus: une nouvelle étape franchie au Movie Challenge...

C'est facile, cette fois: je remplis l'objectif n°11 ("Un documentaire").

Et pour conclure, un petit mot sur mon (relatif) étonnement...
Je pensais que je trouverai plusieurs chroniques du film sur mes blogs préférés. Vérification faite, je n'en ai lu une que chez Pascale. Bon...

lundi 8 mai 2017

La tante égarée

Y aurait-il encore de la place pour les plaisirs simples dans ce monde brutal ? Ou, au moins, dans vos (en)vies à vous ? Si c'est le cas comme je l'espère, je vous recommande de voir Paris pieds nus, film sorti récemment dans un anonymat relatif - et peut-être mal diffusé. J'ai eu de la chance de le "repérer", grâce à ses acteurs-réalisateurs...

Fiona Gordon et Dominique Abel, ça vous dit quelque chose ? Le duo canado-belge d'aujourd'hui était auparavant un trio, renforcé encore par le Français Bruno Romy. Mais même avec un élément en moins dans le mini-groupe, ces drôles de saltimbanques au ton très original n'ont pas modifié leur recette: ils misent toujours sur le pur comique de situation et un jeu largement burlesque. Paris pieds nus oublie toute notion de réalisme pour composer une fable urbaine décalée. Quatrième long-métrage en commun, il démarre avec l'arrivée soudaine dans la capitale d'une jeune femme, lancée à la recherche d'une tante disparue. Bientôt, un clochard céleste viendra l'assister...

Le reste, découvrez-le tous seuls, na ! Si vous hésitez à vous lancer vers cette chose inconnue, je vous assure qu'il n'y a pas de quoi. Cerise sur le gâteau cinéphile: comme l'image d'illustration ci-dessus l'aura déjà fait comprendre aux esthètes, Paris pieds nus a offert son tout dernier rôle à la regrettée Emmanuelle Riva - qui y révèle une fraîcheur indiscutable et un talent comique certain. Il faut dire également qu'en bonus de grand luxe, on a droit à... Pierre Richard ! L'association de tous ces braves gens donne une petite merveille filmique, d'un genre rare et précieux dans notre bon cinéma français. Elle pourrait vous conduire à mieux goûter aux bonheurs du quotidien.

Paris pieds nus
Film français de Fiona Gordon et Dominique Abel (2017)

Je vous laisserai parcourir mon index des réalisateurs pour découvrir (ou retrouver) deux des trois films du trio Abel / Gordon / Romy. Irais-je jusqu'à les comparer au grand Chaplin ? Possible: leur humour particulier est mâtiné lui aussi de quelques considérations sociales. Disons qu'il tient du vrai cinéma populaire, au sens noble du terme. Pour ceux qui aiment le plus givré encore, il y a l'ami Aki Kaurismäki !

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Et hop ! J'avance d'un cran au Movie Challenge...

Objectif n°3 complété: "Un film tourné dans un lieu où je suis allé". D'accord, c'est vrai, j'aurais pu faire un peu plus original que Paris...

samedi 6 mai 2017

À la découverte de Laurent

Vous avez un week-end prolongé, vous aussi ? Je l'espère ! Aujourd'hui, pour célébrer dignement mes trois journées de break tout juste commencées, je veux respecter ma tradition du 6 du mois et donner ainsi la parole à Laurent, le créateur de "Deuxième séance". C'est à chaque fois avec un grand plaisir que je lis ce blog cinéphile...

Laurent s'est positionné sur un créneau particulier: celui des films méconnus, qui n'ont pas rencontré un grand succès lors de leur sortie en salles ou qui, parfois, n'y sont même pas sortis. Une approche intéressante qui n'empêche toutefois pas la critique ! S'il est séduit par un long-métrage, Laurent le dit, mais s'il est déçu, il le dit aussi. Mieux: dans les deux cas, il explique sa position avec un respect indéniable pour le travail des autres et un sens de l'argumentation particulièrement affuté. C'est l'occasion de découvrir des perles rares ou, à l'inverse, de s'écarter du chemin de quelques navets indigestes. Je vous laisse découvrir les réponses de notre ami à mes questions...

Laurent, quel est ton plus ancien souvenir lié au cinéma ?
Je ne sais plus quel âge j'avais, mais je me souviens qu'une voisine m'avait emmené, avec ses enfants, à une projection de Cartouche. J'en garde un souvenir assez confus, mais je me rappelle de l'ambiance de la salle de cinéma et de la scène (magnifique) où le carrosse contenant la dépouille de l'héroïne - merveilleuse Claudia Cardinale - s'enfonce dans les eaux.

Qu'est-ce que le cinéma apporte dans ta vie ?
Un supplément d'âme ou parfois un frisson, voire les deux. J'aime qu'on me raconte une histoire (j'aime aussi en raconter). Certains cinéastes sont de merveilleux conteurs et je crois que c'est ce talent qui me fait les apprécier.

Comment choisis-tu les films que tu vas voir ?
C'est très variable: il m'est arrivé d'aller voir des films parce que j'en avais lu du bien (merci, les amis blogueurs) ou en choisissant au dernier moment, à l'instinct. Mais il est aussi certains films que j'attends depuis des mois.

Le lieu idéal et le moment parfait pour voir un film ?
Une salle de cinéma, de préférence hors des multiplexes, sans confiseries ni publicités, en fin d'après-midi. Ou, sur un mode plus cosy, le canapé un jour de pluie...

Je te propose de voir un film. Qu'est-ce qui te fera accepter ?
Le simple plaisir de partager cet instant et d'échanger à ce sujet ensuite.

Ta passion pour le cinéma te semble-t-elle communicative ?
Je l'espère, même si j'ai souvent l'impression que nombre de gens que je fréquente sont assez peu audacieux dans leur choix de films et vont souvent vers les films très calibrés qui les attendent à bras ouverts.

Tes cinq derniers coups de coeur de cinéma ?
Attention: c'est éclectique...

Quelques minutes après minuit,
Un très beau film fantastique sur le deuil et l'enfance, mal vendu lors de sa sortie.

Rogue one,
Parce que je suis fan de cette saga depuis tout petit et que je dois admettre que Disney est en train de réussir le tour de force de l'enrichir sans la piétiner.

Le réalisateur Jeff Nichols,
Qui va devenir un très grand du cinéma.

Moi, Daniel Blake,
Parce que c'est le genre de film indispensable à notre époque.

La version restaurée de La grande vadrouille,
Parce que ce film définit le grand cinéma comique populaire français. Recette perdue, j'en ai bien peur.
 
Les cinq prochains que tu attends avec impatience ?
En toute logique, j'attends Les derniers Jedis avec impatience, mais aussi Blade runner 2049 (le Blade runner original est l'un de mes films cultes). C'est à peu près tout au rayon nouveautés. Le lauréat version restaurée sera sans doute un de mes petits plaisirs de l'été.

Quels seraient les dix films que tu me conseillerais ?
Blade runner,
Un film que je peux revoir en boucle, tant il est riche.

Boulevard du crépuscule
,
Diamant noir de Billy Wilder, quand le cinéma regarde le cinéma.

Fight club
,
Parce que le fond et la forme s'y allient à merveille et que c'est un film qui secoue le spectateur.

La trilogie Le seigneur des anneaux,
À mettre en parallèle avec une (re)lecture du livre pour mesurer le travail d'adaptation.

La saga Star wars,
Pour avoir créé tout un pan de culture populaire et parce que je continue à adhérer à cet univers. En plus, j'ai bien peur que ce soit héréditaire et que j'aie transmis le virus à mes enfants.

Barry Lyndon,
Pour la beauté formelle de l'ascension et de la chute d'un arriviste.

Le dictateur
,
De Chaplin, ou quand le cinéma dénonce (en direct) l'avènement du Mal.

The Blues Brothers
,
Pour l'énergie délirante de ce film et sa bande originale, sans compter tout ce qu'il fit pour la reconnaissance de cette musique, à l'époque.

Mon voisin Totoro
,
Mon Miyazaki préféré, qui a un sens tout particulier pour moi.

Il me faut mettre dans cette liste un film du grand Hitchcock parce qu'il a forgé une grande partie de ma culture cinématographique. Je choisirais La mort aux trousses, parce qu'il invente une forme de thriller et qu'il innove dans bien des domaines. 

Dix personnalités de cinéma à choisir... qui retiens-tu ?
Steven Spielberg,
David Fincher,
Ken Loach,
Jean-Pierre Bacri,
Dustin Hoffman,
Charlie Chaplin,
Sean Connery,
Jodie Foster,
Jean Gabin,
Louis de Funès.

Éclectisme toujours...

Pourquoi un beau jour avoir décidé d'écrire un blog ?
J'ai toujours aimé écrire et j'adore le cinéma. Le passage au blog était inévitable. Ayant constaté plusieurs fois que certains films passaient sous le radar de pas mal de spectateurs, à tort ou à raison, j'ai choisi la thématique de "Deuxième séance". Et j'y ai pris goût...

Qu'est-ce qui te décide à parler d'un film sur ton blog ?
Le fait qu'il ait été mal reçu par la critique ou (plus souvent) par le public. À la base, je pars toujours de l'envie de voir si c'était mérité et s'il n'y aurait pas là une injustice à réparer.

Les cinq films que tu as défendus contre l'avis général ?
Alors... ils ne sont pas sur mon blog, mais j'ai défendu La menace fantôme lors de sa sortie, j'avais adoré Subway (et je déplore ce que Luc Besson est devenu), j'avais goûté le twist final de Le village de Shyamalan (je peux être très bon public), je m'étais bien marré devant C'est arrivé près de chez vous et Le bonheur est dans le pré est mon Chatilliez préféré. J'assume.
 
Les cinq films que tu as dénoncés contre l'avis général ?
J'ai beau avoir essayé plein de fois, je n'arrive pas à trouver de génie dans 2001, l'odyssée de l'espace (à ma grande honte), j'ai été très déçu par Watchmen (c'était prévisible), j'ai trouvé Les petits mouchoirs insupportable, je suis complétement passé à côté de Les gardiens de la galaxie et j'ai trouvé Interstellar prétentieux. J'assume.

Quelle place sur ton blog pour autre chose que le cinéma ?

Après avoir publié quelques textes et des images, j'ai recentré "Deuxième séance" sur le cinéma. La seule exception que je ferai concerne des messages importants à mes yeux comme, par exemple, des appels à financement participatif pour des restaurations de vieux films ou des tournages. Comme quoi, on reste dans le cinéma ! 

Questions plus personnelles, pour finir. Quel est ton prénom ?
Laurent.

Quel âge as-tu ?
Joker !

Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Joker aussi ! Mais je ne fais rien de honteux ou de répréhensible, rassure-toi.

Où habites-tu ?
Près de Caen.

Avec le cinéma, quel art préfères-tu ?
La littérature.

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Voilà, je crois que vous savez tout...

Laurent m'a fait le plaisir de répondre à chacune de mes questions. Grands mercis, l'ami, et au plaisir d'autres débats cinéphiles chez toi ou chez moi ! Les autres, ne vous sentez pas exclus: si vous voulez débattre avec Laurent, "Deuxième séance" n'attend plus que vous. Autre possibilité: relire mes interviews antérieures, que j'ai réalisées avec... Pascale, Dasola, Sentinelle, Tina, Strum, Chonchon et Eeguab.

vendredi 5 mai 2017

Tout sauf l'ennui

C'est déplorable, sans doute: il arrive qu'en les adaptant, le cinéma bafoue honteusement les classiques de la littérature. La version 2014 de Madame Bovary m'attirait toutefois, le rôle-titre ayant été confié à une jeune actrice que j'aime bien: l'Australienne Mia Wasikowska. Restait à espérer un spectacle (à peu près) digne du grand Flaubert...

Bon... vérification faite, le film tient la route. Il me paraît impossible qu'une telle adaptation convienne à tout le monde, de toute façon. Face à un tel mythe, bien des cinéastes doivent s'incliner - et je le dis tout en ayant conscience qu'ils sont une quinzaine à s'y être frottés ! Petit résumé pour ceux qui n'ont pas lu le roman: dans la Normandie du 19ème siècle, une femme quitte le couvent où elle a été élevée pour épouser un médecin de campagne et entamer une vie monotone. Elle se compromettra bientôt dans d'autres bonheurs, aussi fugaces qu'illusoires. Sachez-le: dans cette version cinéma, Madame Bovary n'est presque plus qu'un beau livre d'images. Pas scandaleux, mais...

L'une des choses que le film néglige, c'est le fond de la personnalité de l'héroïne: il la montre frivole, volage et dépensière, mais passe presque complètement à côté de la sensation de très profond ennui qui l'habite dans le récit originel. D'aucuns pourraient regretter aussi que l'intrigue soit concentrée sur un temps court, là où le texte laissait passer les saisons et les années. Je ne m'en formaliserai pas. Aux côtés de Mia Wasikowska, efficace à défaut d'être éblouissante dans ce rôle objectivement compliqué, j'ai pris plaisir à retrouver quelques comédiens qui me sont chers, tels Paul Giamatti, Ezra Miller et même, dès le début, Olivier Gourmet dans un tout petit rôle. Évidemment, Madame Bovary qui parle en anglais, c'est déroutant ! Filmée par une Française expatriée aux États-Unis, cette production manque d'un je-ne-sais-quoi pour atteindre un sommet d'émotion. Mais peut-être que la jolie reconstitution d'époque vous contentera...

Madame Bovary
Film américain de Sophie Barthes (2014)

Cette relecture du classique du bon Gustave a aussi des producteurs belges et allemands. Elle m'est apparue plus honnête et respectueuse que l'ersatz Gemma Bovery. À noter qu'elle est la première réalisée par une femme. Parmi les hommes passés devant, de grands noms comme Renoir, Minnelli, Chabrol ou De Oliveira... excusez du peu ! Un conseil pour rester dans l'ambiance 19ème: voir ou revoir Une vie.

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Et un cran de plus dans le Movie Challenge, un !

C'est bon pour l'objectif n°27: "Un film adapté d'un livre que j'ai lu".

Et un lien de plus à ajouter vers un autre blog, un !

Vous constaterez ainsi que Pascale est moins enthousiaste que moi.

mercredi 3 mai 2017

Manga débridé

Autant le préciser tout de suite: avant d'aller voir Ghost in the shell au cinéma il y a un petit mois, je n'avais ni lu le manga, ni vu aucune des adaptations animées. Et donc ? J'ai bien apprécié cette séance. Sûrement pas incontournable, le film en met plein les yeux et ravira les amateurs de grand spectacle. Mais peut-être pas tous les autres...

Pour entrer dans un film comme celui-là, il faut d'abord, je crois, admettre quelques-uns des enjeux de l'univers futuriste qu'il propose de visiter. Or, rien de bien nouveau ici, si ce n'est que la vie humaine présente des formes originales, depuis que la recherche scientifique permet d'en améliorer les fonctions et capacités. Un cerveau lambda peut ainsi être "installé" sur un corps autre, sans difficulté ni risque. Vous suivez ? Le scénario n'est pas vraiment compliqué et s'oriente assez vite sur une forme de polar, les esprits humains étant menacés d'un piratage terroriste à grande échelle. La belle Scarlett Johansson entre alors en scène pour éviter le chaos, si toutefois c'est possible...

Ghost in the shell vient une nouvelle fois démontrer que l'actrice n'aime pas rester figée dans un seul de ses registres. Les films d'auteur lui vont bien mais, teinte en noir corbeau, elle s'amuse aussi dans ce blockbuster pur jus, un écrin de plus pour sa plastique irréprochable. Surprise: à ses côtés, on retrouve une distribution internationale, avec le Danois Pilou Asbaek dont je vous ai parlé hier, mais aussi un étonnant duo Juliette Binoche / Takeshi Kitano. Précision: l'oeuvre originelle ne serait que partiellement respectée. Maintenant, pour parler franchement, ce sont avant tout les décors qui m'ont permis de m'évader un peu de mon quotidien. Les équipes techniques ont fait du très bon job, que j'ai apprécié en version 2D. Un p'tit plaisir, même pas coupable, entre deux films plus consistants.

Ghost in the shell
Film américain de Rupert Sanders (2017)

D'aucuns regretteront sans doute que le manga n'ait pas été adapté par un cinéaste japonais ou que le rôle principal n'ait pas été attribué à une actrice nippone. Bon... cela m'a effleuré, mais pas dérangé. Après, c'est vrai que ça ne vaut pas Blade runner ou, pour reparler d'un film avec Scarlett Johansson, pas davantage Under the skin. Prenez le tout pour un pop corn movie: je veux croire que ça passera !

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Pour être complet, un ajout Movie Challenge...

L'aviez-vous anticipé ? Je complète l'objectif n°6: "Un remake".

Et pour finir, deux liens à consulter également...
Je vous invite à lire les analyses de Sentinelle et Princécranoir.

mardi 2 mai 2017

Coincés à bord

J'ai plutôt échappé à la violence dans ma vie, mais je me dis qu'il doit n'y avoir guère de situation plus dure que celle d'être pris en otage. C'est le propos qu'illustre Hijacking, un film danois que j'ai découvert récemment. Il raconte l'histoire de marins scandinaves dont le navire est attaqué par des pirates somaliens. Une idée proche de la réalité...

Comme beaucoup d'autres, le long-métrage que je vous présente aujourd'hui trouve d'ailleurs ses fondements dans une histoire vraie. L'intelligence du propos est de ne pas s'être concentré exclusivement sur ce qui pouvait se passer à bord: en réalité, de longues séquences de Hijacking amènent notre regard jusqu'à la table des négociations entamées pour faire libérer les prisonniers. Et ce n'est pas facile ! C'est donc en somme une double tension qui vient nourrir le déroulé de l'intrigue, avec une efficacité certaine. Même s'il est un peu froid parfois, le film est à mon sens réussi, en ce sens qu'il n'édulcore rien. J'ai apprécié également qu'il se garde de toute dérive manichéenne...

Pilou Asbaek, l'acteur principal, n'est pas Bruce Willis et le délire pyrotechnique des films américains n'a dès lors pas lieu d'être ici. Embarquer à bord signifie attendre de longues heures une solution concrète à un état de fait absolument ubuesque. Rester plutôt à terre et suivre les tractations n'est pas beaucoup plus confortable, en fait. Si Hijacking oublie quelque chose, c'est peut-être le sort des familles qui attendent le retour de leurs proches... mais ce n'est pas grave. Sur le film du rasoir, il n'y a pas forcément besoin d'ajouter encore des cris et des larmes - le récit me paraît assez poignant tel qu'il est. Sans doute pas un grand thriller, mais un p'tit film qui vaut le détour.

Hijacking
Film danois de Tobias Lindholm (2012)

Je faisais référence au cinéma américain: je n'ai pas vu le film récent de Tom Hanks qui parle de piraterie maritime, Capitaine Phillips. Comparaison impossible, donc, ou plutôt remise à plus tard. Je crois qu'il est bien aussi de partir dans ce type d'histoire sans préjugés. Peut-être serez-vous étonnés par la (relative) neutralité de celle d'aujourd'hui: c'est en fait une partie de ce qui la rend intéressante...

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Vous en voulez encore, moussaillons ?
Je vous conseille de mettre le cap vers les blogs de Pascale et Dasola.