Je ne me serais pas du tout attendu aux notes de Fjord sur Allociné. Quand, un matin, j'ai préparé cette chronique, le film trônait à 3,9 / 5 pour la presse (41 critiques) et à 4,1 / 5 côté spectateurs (562 notes) ! La Palme d'or 2026 semble beaucoup moins controversée que d'autres. Tant mieux ! Si débat il y a, il pourrait donc être constructif. Et serein...
C'est en tout cas ce que je souhaite à Cristian Mungiu, un réalisateur dont j'abordais le travail pour la première fois. Il a dit s'être ici inspiré d'un fait divers très médiatisé et survenu en Norvège il y a une dizaine d'années. J'avoue que je ne me souviens pas en avoir entendu parler. Quand le récit commence, une famille arrive tout juste de Roumanie pour s'installer dans une petite ville, où elle est accueillie avec chaleur. Lisbet est norvégienne, son mari Mihai roumain et ils ont cinq enfants. C'est après la mort des deux grands-parents paternels qu'ils ont décidé de se rapprocher de leur autre famille, sans dépendre économiquement d'une aide de leurs proches (ou même encore de l'État). Leur intégration s'opère donc sans heurt, mais tout change rapidement quand la prof d'une des enfants croit déceler sur son dos des traces de violence. Presque aussitôt, toute la fratrie est alors envoyée en foyer ou famille d'accueil, tandis que les parents voient se profiler un procès pénal. Attention: Fjord n'est pas un film de suspense, ni même de justice. Plutôt l'observation d'une communauté. Et des valeurs qui la cimentent !
En voyant le couple soudain isolé, on aura tout à fait logiquement envie de chercher à comprendre où se situe la vérité... et donc si les gosses ont réellement été battus. Or, bien des questions restent sans réponse. Ce qui est clair, c'est qu'on observe vite des différences importantes entre le mode de vie norvégien et celui de la famille dite "étrangère". C'est d'autant plus flagrant que cette dernière apparaît d'emblée ancrée dans une pratique ultra-rigoriste - et en réalité punitive - de la religion chrétienne. Fjord nous replace de fait face à un sujet d'une actualité brûlante dans de nombreux pays du monde: le fameux vivre-ensemble. Quelles sont les règles de nos sociétés ? Peuvent-elles encore évoluer ? Faut-il tolérer que ceux qui viennent d'ailleurs s'écartent de la norme admise ? À partir de quand doit-on considérer qu'ils l'ont outrepassée ? Et comment les sanctionner alors ? Cristian Mungiu nous tend un miroir et nous laisse face à toutes ces interrogations, quasi-existentielles. Parfois, il m'a semblé qu'il prenait parti, mais non: en fait, son propos reste équilibré et le film d'une grande froideur ! À vous de juger, donc...
Fjord
Film norvégien et roumain de Cristian Mungiu / 2026
À la presse, le cinéaste explique notamment avoir tourné cette histoire pour pointer le fait que nos sociétés occidentales sont si polarisées qu'on écoute de moins en moins la parole de l'autre. C'est juste, non ? Point rassurant: il a aussi ici des producteurs français, danois et suédois. Bon... le vivre-ensemble est un sujet dans d'autres films moins abrasifs comme Le goût des autres. Ou Le mystérieux regard du flamant rose !
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Et pour conclure, je vous renvoie vers d'autres blogs...
Princécranoir est le premier à avoir publié une chronique (nuancée). Celle de Pascale est arrivée ensuite et s'avère quant à elle très positive. Un avis tout aussi favorable est également à lire du côté de chez Dasola.
C'est en tout cas ce que je souhaite à Cristian Mungiu, un réalisateur dont j'abordais le travail pour la première fois. Il a dit s'être ici inspiré d'un fait divers très médiatisé et survenu en Norvège il y a une dizaine d'années. J'avoue que je ne me souviens pas en avoir entendu parler. Quand le récit commence, une famille arrive tout juste de Roumanie pour s'installer dans une petite ville, où elle est accueillie avec chaleur. Lisbet est norvégienne, son mari Mihai roumain et ils ont cinq enfants. C'est après la mort des deux grands-parents paternels qu'ils ont décidé de se rapprocher de leur autre famille, sans dépendre économiquement d'une aide de leurs proches (ou même encore de l'État). Leur intégration s'opère donc sans heurt, mais tout change rapidement quand la prof d'une des enfants croit déceler sur son dos des traces de violence. Presque aussitôt, toute la fratrie est alors envoyée en foyer ou famille d'accueil, tandis que les parents voient se profiler un procès pénal. Attention: Fjord n'est pas un film de suspense, ni même de justice. Plutôt l'observation d'une communauté. Et des valeurs qui la cimentent !
En voyant le couple soudain isolé, on aura tout à fait logiquement envie de chercher à comprendre où se situe la vérité... et donc si les gosses ont réellement été battus. Or, bien des questions restent sans réponse. Ce qui est clair, c'est qu'on observe vite des différences importantes entre le mode de vie norvégien et celui de la famille dite "étrangère". C'est d'autant plus flagrant que cette dernière apparaît d'emblée ancrée dans une pratique ultra-rigoriste - et en réalité punitive - de la religion chrétienne. Fjord nous replace de fait face à un sujet d'une actualité brûlante dans de nombreux pays du monde: le fameux vivre-ensemble. Quelles sont les règles de nos sociétés ? Peuvent-elles encore évoluer ? Faut-il tolérer que ceux qui viennent d'ailleurs s'écartent de la norme admise ? À partir de quand doit-on considérer qu'ils l'ont outrepassée ? Et comment les sanctionner alors ? Cristian Mungiu nous tend un miroir et nous laisse face à toutes ces interrogations, quasi-existentielles. Parfois, il m'a semblé qu'il prenait parti, mais non: en fait, son propos reste équilibré et le film d'une grande froideur ! À vous de juger, donc...
Fjord
Film norvégien et roumain de Cristian Mungiu / 2026
À la presse, le cinéaste explique notamment avoir tourné cette histoire pour pointer le fait que nos sociétés occidentales sont si polarisées qu'on écoute de moins en moins la parole de l'autre. C'est juste, non ? Point rassurant: il a aussi ici des producteurs français, danois et suédois. Bon... le vivre-ensemble est un sujet dans d'autres films moins abrasifs comme Le goût des autres. Ou Le mystérieux regard du flamant rose !
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Et pour conclure, je vous renvoie vers d'autres blogs...
Princécranoir est le premier à avoir publié une chronique (nuancée). Celle de Pascale est arrivée ensuite et s'avère quant à elle très positive. Un avis tout aussi favorable est également à lire du côté de chez Dasola.


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