Ma maman avait raison: un peu après la mi-avril, je me suis offert quelques soirées cinéma vraiment différentes les unes des autres. Résultat: c'est en Corée que je vous embarque aujourd'hui. L'occasion de vous présenter un thriller tout juste ressorti dans une copie restaurée: Memories of murder. Petit conseil d'ami: accrochez-vous !
Basé sur une histoire vraie, le scénario nous emmène à la campagne. Nous sommes en 1986. Brouillonne et du coup inefficace, la police locale est à la recherche du moindre indice qui lui permettrait enfin de mettre la main sur un serial killer pervers. Un inspecteur débarque de Séoul pour assister ses collègues de province. Il découvre ainsi leurs "méthodes": bidouiller les preuves et torturer le premier suspect venu dans l'espoir de lui arracher des aveux circonstanciés suffisants pour classer toute l'affaire. Il paraît que Memories of murder s'inscrit dans une logique historique où ces techniques étaient encore monnaie courante. Autant dire que vous n'êtes pas là pour rigoler, les amis ! Maintenant, avant de vous effrayer tout à fait, je tiens à vous dire que j'ai trouvé le film très bon, à la hauteur de ses ambitions, en fait.
Les âmes sensibles auront détourné le regard, mais je vous assure que j'ai vu nombre d'autres films franchement plus gore que celui-là. Ce qui est éprouvant ici, ce n'est pas le sang qui coule: c'est plutôt cette idée d'une fatalité à laquelle les hommes ne peuvent s'opposer. Aussi sombre que pessimiste et donc implacable, le récit nous retient dans l'obscurité, sans rien nous laisser pour espérer une ouverture vers la lumière. Là réside toute l'efficacité de Memories of murder ! Le cadre asiatique n'y change pas grand-chose: nous admettons vite que le mal a, cette fois, toutes les chances de triompher du bien. Incongrues, quelques scènes un peu bouffonnes apportent une densité supplémentaire aux divers personnages, dont le désarroi existentiel est d'autant plus palpable qu'au final, il vient s'exprimer face caméra. Autant vous le dire clairement: le jeu des acteurs et la mise en scène m'ont fort impressionné. Je n'en suis pas encore tout à fait revenu...
Memories of murder
Film sud-coréen de Bong Joon-ho (2003)
Un long-métrage comme Epitaph pourrait à présent convenir à celles et ceux qui, parmi vous, partiront en quête d'une production asiatique encore plus tordue. Vous êtes toujours là, les autres ? J'en profite pour vous dire que l'on peut sûrement rapprocher ce cinéma de celui de David Fincher et notamment de son film Zodiac. Je reste à l'écoute des connaisseurs de la Corée pour d'éventuelles autres comparaisons !
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Ah ! Une bonne nouvelle pour les amateurs du genre...
L'ami Strum a publié une (remarquable) chronique d'analyse du film.
Basé sur une histoire vraie, le scénario nous emmène à la campagne. Nous sommes en 1986. Brouillonne et du coup inefficace, la police locale est à la recherche du moindre indice qui lui permettrait enfin de mettre la main sur un serial killer pervers. Un inspecteur débarque de Séoul pour assister ses collègues de province. Il découvre ainsi leurs "méthodes": bidouiller les preuves et torturer le premier suspect venu dans l'espoir de lui arracher des aveux circonstanciés suffisants pour classer toute l'affaire. Il paraît que Memories of murder s'inscrit dans une logique historique où ces techniques étaient encore monnaie courante. Autant dire que vous n'êtes pas là pour rigoler, les amis ! Maintenant, avant de vous effrayer tout à fait, je tiens à vous dire que j'ai trouvé le film très bon, à la hauteur de ses ambitions, en fait.
Les âmes sensibles auront détourné le regard, mais je vous assure que j'ai vu nombre d'autres films franchement plus gore que celui-là. Ce qui est éprouvant ici, ce n'est pas le sang qui coule: c'est plutôt cette idée d'une fatalité à laquelle les hommes ne peuvent s'opposer. Aussi sombre que pessimiste et donc implacable, le récit nous retient dans l'obscurité, sans rien nous laisser pour espérer une ouverture vers la lumière. Là réside toute l'efficacité de Memories of murder ! Le cadre asiatique n'y change pas grand-chose: nous admettons vite que le mal a, cette fois, toutes les chances de triompher du bien. Incongrues, quelques scènes un peu bouffonnes apportent une densité supplémentaire aux divers personnages, dont le désarroi existentiel est d'autant plus palpable qu'au final, il vient s'exprimer face caméra. Autant vous le dire clairement: le jeu des acteurs et la mise en scène m'ont fort impressionné. Je n'en suis pas encore tout à fait revenu...
Memories of murder
Film sud-coréen de Bong Joon-ho (2003)
Un long-métrage comme Epitaph pourrait à présent convenir à celles et ceux qui, parmi vous, partiront en quête d'une production asiatique encore plus tordue. Vous êtes toujours là, les autres ? J'en profite pour vous dire que l'on peut sûrement rapprocher ce cinéma de celui de David Fincher et notamment de son film Zodiac. Je reste à l'écoute des connaisseurs de la Corée pour d'éventuelles autres comparaisons !
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Ah ! Une bonne nouvelle pour les amateurs du genre...
L'ami Strum a publié une (remarquable) chronique d'analyse du film.

































