vendredi 7 août 2026

Coeurs contraints

J'avais enchaîné toute une flopée de films des plus contemporains quand, comme souvent en pareil cas, j'ai soudain eu envie de revenir vers un cinéma plus ancien. J'ai alors choisi de me tourner vers le Japon pour découvrir enfin le travail de réalisatrice de Kinuyo Tanaka, actrice multiple passée un temps de l'autre côté de la caméra. J'y reviendrai...

Aujourd'hui, pour démarrer, une chronique courte sur le premier film qu'elle a tourné comme cinéaste, avec le soutien d'ailleurs d'un maître qu'elle connaissait bien, Mikio Naruse: Lettre d'amour. Moins de dix ans après les deux bombes atomiques et la reddition définitive de l'armée impériale, cette petite merveille adopte presque le style néoréaliste italien pour nous raconter la vie de Reikichi, un homme modeste revenu du front, hébergé par son jeune frère et s'acharnant à retrouver l'élue de son coeur. Cet homme instruit et tourmenté n'a guère d'autre choix que d'exercer un drôle de boulot: celui de rédacteur secret de lettres enflammées (et en général opportunistes) pour le compte de Japonaises souhaitant retrouver les G. I. américains qu'elles avaient pu fréquenter. Puis, dans sa seconde partie, le film se tourne vers Michiko, cet amour qui n'avait pas été oublié, au contraire, mais qu'on imaginait perdu. Stop ! En révéler davantage serait trahir la grande beauté de ce film complexe comme le sont souvent la nature et les sentiments humains. Une certitude: je l'ai beaucoup aimé... et d'autres Tanaka suivront donc.

Lettre d'amour (恋文 - Koibumi) 
Film japonais de Kinuyo Tanaka / 1953
Quatre étoiles, à ce stade, dans l'idée que certains des cinq films suivants de la cinéaste sauront me toucher encore davantage. À voir. Disons-le: j'ai réellement une profonde admiration pour cette école nippone de l'après-guerre. Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946) pourrait être un très digne premier représentant. Voyage à Tokyo m'apparaît une autre grande référence - sortie courant 1953, elle aussi !

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Pour conclure, un bon plan...

Ce film et les cinq autres sont en ligne sur Arte.tv jusqu'au 5 septembre.

Et enfin, quelques liens épars...
Je vous propose de retrouver le film du jour chez Pascale, Strum et Lui.

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