mercredi 15 mars 2017

Au-delà de la légende

Joss aime la musique. Pour cette nouvelle carte blanche, mon amie cinéphile s'est donc penchée sur le cas Dalida. Je trouve chouette qu'elle ait choisi de vous parler d'un autre film que je n'ai pas vu. Sans plus attendre, je me fais donc une joie de lui laisser la parole...

Janvier 2017, à 8h45, boulevard des Capucines, bref passage à Paris quelques jours après la sortie du film. Libérée par chance plus tôt que prévu d'un rendez-vous administratif, j'ai repéré la première séance de la journée: celle de neuf heures ! Elle est faite pour moi. En ce samedi matin ensoleillé mais glacial, les rues sont quasiment désertes, et presque aussi devant l'Opéra pourtant sublime sous les premiers rayons. Je cours... j'ai rendez-vous avec Dalida dont j'ai arpenté le quartier pendant des années. À l'époque, j'habitais tout près de sa maison, juste sous la butte Montmartre. Et ce matin, je vais la retrouver ! Nous sommes trois à la retrouver. Dans cette salle immense, nous nous effaçons définitivement.

Combien de documentaires sur Dalida ont défilé pendant toutes ces années ? Un nombre considérable. Ce film biographique marque l'anniversaire des trente ans de sa mort. C'est une fiction, la première, et elle ne ressemble en rien aux produits sortis jusque-là. Mais en dépit des images d'archives, pas une fois je n'aurai la sensation de déjà vu. Ce long-métrage est une oeuvre picturale, une pièce unique qui ne s'apparente à aucune autre. Pas même à Dalida ? C'est bien là sa particularité. Lui est-elle fidèle ? J'en doute. Dans son ensemble sûrement, pas dans le détail, pas dans sa démonstration du personnage. Lisa Azuelos a livré à son film sa propre vision de Dalida comme Picasso peignait son Olga ou sa Dora Maar. Comme Picasso les voyait, les considérait (ou pas). Ainsi ai-je vu se dessiner une remarquable Dalida qui, sans jamais effacer l'originale, m'est apparue très particulière. C'est-à-dire à l'opposé de la masse des critiques que je n'ai pu éviter: "Un biopic aux allures de clip, incapable de dépasser les faits pour pénétrer la légende" et "dénué d'émotion" selon le Figaro. "Trop académique et embrassant une à une les conventions de forme et de narration les plus éculées du genre" chez Libération...

Relater à la lettre les déclarations de confrères n'apporterait rien si ce n'est définir ici le parfait reflet de leurs antipodes. Et ce n'est pas parce que dresser le portrait d'une star aussi investie par les médias est tâche évidemment ardue que je trouve le film bon. Pas du tout. J'y ai simplement découvert une âme réelle, une empreinte belle, sincère et forte. Alors que la réalisatrice (la fille de Marie Laforêt) nous avait jusqu'à présent habitués à des peintures légères de thèmes quotidiens - relations mère-ado dans LOL, amours et amitiés dans Comme t'y es belle ! -, elle aborde cette fois un synopsis lourd de désespoir (Orlando, frère de Dalida, y apporta sa collaboration rapprochée). Et pourtant, on y reconnaît sa légèreté, sa douceur, sa vivacité... les mêmes peut-être qui ont fait fuir les journalistes. Quant à moi, j'ai aimé.

Enfance au Caire entre famille tendre, père violoniste adoré et relations difficiles à l'école. Iolanda se sent laide et rejetée. Tragédie du père exilé dans le désert (Italien dans une Egypte occupée par la Grande-Bretagne, elle-même en guerre avec l'Italie) qui en reviendra traumatisé, malade et violent. Installation familiale à Paris sans lui et premier succès à l'Olympia, Dalida est née. Les débuts d'un long triomphe associé à un combat de presque tous les instants pour s'accomplir dans l'amour à deux, ce qu'elle n'atteindra jamais selon ses propres exigences. Et surtout cette immense souffrance enracinée en elle depuis l'origine. Lorsqu'elle déclarera "porter malheur" à ses hommes, nul besoin de chercher à percer davantage la fameuse légende. Dalida ne les voit pas tels qu'ils sont. Généralement écorchés vif, ils se laissent gâter, porter, par la bella donna qu'ils ne connaissent pas réellement. Non pas qu'ils n'aient été sincères, mais furent-ils de taille à affronter une telle partenaire, brillante à la scène et tellement en attente de l'autre ? C'est là justement qu'intervient la particularité du casting.

La magnifique Steva Alviti génère une énergie et une sincérité précieuses (sa voix sonne comme un cours d'eau, cristalline et profonde à la fois, tellement chaude et vivante), au rythme influencé par ce même schéma chronologique qui a tant déplu. Malgré tout, l'aller-retour entre l'interrogatoire policier que l'on sait intervenir après le suicide abouti de la star en 1987, et toutes les étapes passées, n'est pas si attendu à mes yeux. Le seul point sur lequel on pourrait trouver à redire au sujet de l'actrice (mannequin italien méconnu) serait peut-être sa beauté fulgurante - traits fins, silhouette fluide, charme juvénile. Nulle trace en tout cas de la cougar des dernières années de la vraie Dalida. Exit ce reproche, le casting est encore admirable. Jean-Paul Rouve en Lucien Morisse (patron de la nouvelle radio Europe n°1) y est exceptionnel, Ricardo Scarmacio (son frère Orlando incroyablement ressemblant), Patrick Timsit (Bruno Coquatrix rondouillard bienveillant pour le directeur général de l'Olympia), Vincent Perez (producteur Eddie Barclay) et, bien entendu, Nicolas Duvauchelle (comte de Saint-Germain impayable en caricature des années 70, pattes d'eph', talonnettes et manteaux longs)...

Plus de deux heures que je n'ai pas vu passer tant le plongeon m'a émue et ravie. Il fallait bien ça pour supporter le tapage autour de cette sortie. Cela ne se reproduira pas de sitôt, histoire de vous assurer pour les prochaines éditions de quelques chroniques italiennes beaucoup plus confidentielles. À bientôt !

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Oui, à bientôt, Joss, et merci à toi pour cette nouvelle chronique ! Chères amies, chers amis... vous pouvez aussi lire les précédentes:
- Sing Street / John Carney / 2016
- La bûche / Danielle Thomson / 1999
- Journal intime / Nanni Moretti / 1991
- et d'autres encore à découvrir de lien en lien...

lundi 13 mars 2017

Comme une évidence

C'est curieux, tout de même: alors que je trouve souvent indécent qu'on me raconte la fin d'un film que je n'ai pas vu, j'ai aimé Loving en connaissant d'avance le fin mot de son histoire. Je me demande finalement si ce ne serait pas mieux de voir les biopics sans info préalable sur le destin des personnages. Serait-ce possible ? Pas sûr...

Ce que je sais, c'est que Jeff Nichols est vite arrivé à m'embarquer avec ce film. J'ai trouvé belle sa façon de raconter la vie de ce couple américain des années 50, elle noire, lui blanc. À ceux qui jugeraient que le titre du film tient du romantisme de pacotille, je veux rappeler aussitôt qu'il correspond aussi... au nom de ces époux. C'est le noeud de l'histoire: il y a soixante ans, en Virginie, il était toléré que Mildred et Richard se côtoient, mais pas qu'ils deviennent femme et mari. Implacable conclusion: les amoureux furent jugés et condamnés ! Vraie bonne surprise: Loving sort des sentiers battus du drame hollywoodien et n'est pas d'avantage le récit d'une bataille juridique. Une proposition autre nous est faite, que j'ai acceptée avec ardeur. L'humanisme qui s'en dégage m'a rendu la séance plus qu'agréable. Finalement, plutôt que d'une cause, Jeff Nichols nous parle d'abord d'une femme et d'un homme. Difficile, du coup, de rester "à l'écart"...

Respectueux, le cinéaste reconstitue - fidèlement - le plus ordinaire du quotidien de "son" couple et sublime ainsi la force des sentiments. Ruth Negga et Joel Edgerton sont très bons: j'ai marché à 100% ! Loving m'a convaincu comme le font les films simples et beaux. D'autant plus fort en fait que, malgré toute la force évocatrice du duo principal, les personnages secondaires sont tout sauf négligés. Mention spéciale pour Michael Shannon (photo): vu dans l'ensemble des quatre premiers films de Jeff Nichols, il n'a qu'une petite scène cette fois, mais elle lui suffit à apparaître comme son alter ego. Aucune fausse note: dans une belle cohérence, chacun des membres de la distribution apporte sa couleur à l'ensemble. Deux heures durant, le long-métrage passe ainsi, noblement, sans cri ni esbroufe. C'est pour sa douceur, sa délicatesse et son très joli sens de l'ellipse que je l'ai le plus apprécié: oui, à mes yeux, il sort vraiment du lot. J'ai vu d'autres oeuvres plus originales, certes, mais rarement connu une histoire d'amour abordée avec une telle pudeur dans la proximité.

Loving
Film américain de Jeff Nichols (2016)
Un grand et beau récit, doublé d'une leçon d'espoir pour le monde d'aujourd'hui: comme vous l'aurez compris, j'ai donc beaucoup aimé. Aujourd'hui, je n'ai même pas envie de proposer un contrepoint. Chose amusante: un peu avant la projection, j'ai vu la bande-annonce d'un autre film sur un couple noir/blanche, sur fond de violons XXL ! Je zappe ce A united kingdom et reste à l'écoute de vos références...

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Je prédis au film du jour du succès sur la blogosphère...
Vous en entendrez parler en bien chez Pascale et Princécranoir. Sentinelle et Dasola, elles, sont d'un avis un peu moins enthousiaste. Quant à l'ami Strum, il ne semble pas non plus pleinement convaincu.

dimanche 12 mars 2017

Un volant, des voleurs

Dois-je redire mon amour des petits films ? Pour moi, le cinéma s'accommode parfaitement de modestie. Il me semble très improbable de vous étonner si j'écris qu'il peut me séduire quand il joue en mode mineur. Il me semble en effet que je l'ai maintes fois démontré. Maintenant, pas de polémique: il y a bien "petit film" et "petit film"...

Driver est un petit film. Peut-être un peu fauché. Pas spectaculaire. Monté un peu abruptement, parfois, et aux dialogues de qualité inégale. Heureusement assez court pour ne pas devenir lourdingue. Pour un film à classer en tendance série B, ça reste un spectacle honorable. On y voit Ryan O'Neal dans la peau d'un génie du volant. L'homme - sans nom - fait commerce de ses talents, en s'associant périodiquement avec des braqueurs, afin de leur permettre d'évacuer à vitesse grand V le théâtre de leurs méfaits. Traqué par un flic borderline (Bruce Dern à bouclettes !), le gars conserve des principes moraux élevés: il ne veut se faire prendre, mais encore moins bosser avec des complices à la gâchette facile. Mieux: après qu'une femme qui l'a vu agir refuse de le confirmer à la police, il évite de coucher avec elle, mais envisage plutôt sereinement de renvoyer l'ascenseur. Bon, il faut dire que la miss a les traits... de la jeune Isabelle Adjani !

Bon, voilà... que vous dire de plus ? Si vous appréciez les héros taiseux, vous serez servis ! Sans rien révolutionner, le film annonce d'emblée la couleur et parie tout au long du métrage sur son scénario brut de décoffrage. Je crois que les amateurs du genre l'apprécieront justement pour cette raison: parce qu'il reste droit dans ses bottes. Un pur produit de son époque, il me semble, même s'il en a inspiré d'autres, plus léchés sur le plan formel, mais pas forcément meilleurs. Driver tient son cap: c'est sa limite, mais c'est sa force, aussi. Cerise sur le gâteau: deux longues et belles scènes de course-poursuite citadines et nocturnes, dignes des archétypes du cinéma à l'ancienne. Personnellement, j'ai même relevé un soupçon d'humour, lors d'un test de conduite entre truands, à vive allure et presque fatal à la voiture. Franchement, si le premier quart d'heure vous ennuie, n'insistez pas ! Mais notez quand même qu'à la toute fin, vous pourriez être surpris...

Driver
Film américain de Walter Hill (1978)

Certains comparent ce film avec Collateral (Michael Mann - 2004). Mouais... ça me paraît trop simple, mais je crois qu'il vaudrait mieux que je le revoie pour être vraiment objectif - ça fait longtemps ! Après, ce dont je suis sûr, c'est que certaines des séquences du film sont presque reprises dans... Drive (Nicolas Winding Refn - 2011). C'est grave ? Non. Et, en fait, ça ne change rien à ma note du jour...

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Autre temps, autres moeurs ?
Mon comparse Princécranoir voudra peut-être nous donner son avis. Célébré sur son ancien blog, le film n'apparaît pas sur le nouveau. Situation irréversible ou simple état de fait temporaire, je ne sais...

samedi 11 mars 2017

Écrans magiques

C'est un fait: je suis loin d'avoir exploré toute la richesse du cinéma italien. Je me suis offert dernièrement une jolie séance de rattrapage avec Splendor ! Malgré quelques menus défauts, je suis vite tombé sous le charme de ce récit joli, sincère et agréablement décousu. Peut-être parce qu'il est le fruit du travail d'un vrai grand cinéphile...

Splendor n'est pas que le titre du film. C'est aussi le nom d'un cinéma installé au coeur d'une petite ville d'Italie. Quand l'histoire commence en couleurs, on le voit en train... de fermer. Très vite, un flashback en noir et blanc nous ramène dans les années 30, aux heures difficiles où le personnage principal - Giordano alias Jordan - était l'assistant de son père, exploitant d'un autre cinéma (itinérant, celui-là !). Voilà... quelques lignes (et images) suffisent pour poser le cadre. Pendant un peu moins de deux heures, c'est avec plaisir et bonheur que j'ai suivi les chemins de Jordan - en appréciant de le voir interprété par le grand Marcello Mastroianni. Les deux autres rôles importants, incarnés par Marina Vlady et Massimo Troisi, m'ont paru admirables, eux aussi, et très bien joués, ce qui est encore mieux. Cependant, je crois utile de vous prévenir que le vrai sujet du film demeure sans doute le cinéma lui-même, comme moteur de vie(s)...

Il y a un peu de mélancolie dans l'aura qui entoure le film. J'ai perçu l'ensemble comme un vibrant hommage au septième art, un nombre important d'autres longs-métrages étant d'ailleurs explicitement cités dans les dialogues, mais aussi à l'écran. Techniquement, le montage est vraiment virtuose ! Ce sont précisément ces oeuvres de cinéma qui pourront vous servir de point de repères temporels, l'intrigue elle-même s'autorisant maints allers et retours chronologiques. Finalement, tout ce qui se passe est trop beau pour être vrai. Splendor révèle alors sa nature enchanteresse, dans la juste lignée d'une certaine tradition de ce que j'appelle avec respect le cinéma populaire, toutes époques et tous pays confondus. D'aucuns jugeront la morale de cette histoire assez naïve et elle l'est un peu, c'est vrai. Elle suppose en tout cas qu'on s'y abandonne, sans cynisme aucun. Une larmichette n'est alors pas à exclure au moment de la toute fin...

Splendor
Film italien d'Ettore Scola (1989)

Impossible de ne pas citer Cinema Paradiso comme film comparable aujourd'hui ! Je vous avoue toutefois que j'ai (légèrement) préféré l'oeuvre de Guiseppe Tornatore, vue en salles...  une année plus tôt. Maintenant, pas de doute: j'ai encore pu faire un très beau voyage. Les films qui parlent de cinéma ne manquent pas: The artist, Boulevard du crépuscule, La rose pourpre du Caire, Ed Wood...

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Oui, c'est encore un film pour le Movie Challenge !

Je le retiens pour la catégorie n°9: "Un film européen hors France".

Et si vous tenez à lire un avis un peu plus nuancé...
Un petit clic vous emmène aussitôt pour lire "L'oeil sur l'écran".

vendredi 10 mars 2017

Partie ?

Fi de ma fierté ! Quand j'ai pensé à comment je pourrais commencer cette nouvelle chronique, il m'est venu un jeu de mot un peu ridicule que je vous livre sans état d'âme: les acteurs ne sont pas des grains de riz, raison pour laquelle il vaut mieux éviter de les cantonner. Voilà... à présent, je peux évoquer Disparue en hiver avec sérieux...

Et de constater alors que, le plus souvent, Kad Merad n'a besoin d'aucun encouragement pour se cantonner lui-même à des rôles comiques souvent balourds. C'est pour évaluer son talent "autrement" que j'ai regardé Disparue en hiver. Il joue ici le rôle d'un ancien flic qui enquête de sa propre initiative sur la disparition d'une ado. Point de départ relativement original: cette jeune femme, il l'avait croisée quelques heures avant qu'elle se coupe de tout contact avec autrui. Pour le reste, la trame de ce polar provincial est plutôt classique. Objectivement, ce travail soigné ne m'a pas vraiment transporté. Dommage pour Kad Merad qui, lui, est bien dans son contre-emploi...

Le jeu des acteurs est d'ailleurs l'une des bonnes raisons d'apprécier ce film sans prétention. J'ai eu plaisir à y redécouvrir Lola Créton dans le rôle de la disparue. Surtout, j'ai aimé y revoir une actrice toujours juste, mais qui fait une carrière discrète: Géraldine Pailhas. Sans grands effets, la mise en scène laisse finalement toute sa place au jeu des comédiens et c'est bien ainsi. J'ai apprécié que le scénario nous laisse libres d'interpréter le décor pour que nous puissions situer l'action là où nous le souhaitons - quelque part en France profonde. Disparue en hiver a donc des qualités, bien supérieures évidemment à celles de ma boutade initiale. Je voyais ses (petites) faiblesses comme une conséquence de la relative inexpérience du réalisateur. Or, également crédité comme co-scénariste, ce dernier est metteur en scène depuis le début des années 2000... mauvaise piste, Martin ! Je reste donc sur mon appréciation en demi-teinte. Faute de mieux...

Disparue en hiver
Film français de Christophe Lamotte (2015)

C'est incroyable: sur l'affiche du film, Kad Merad a les yeux bleus ! J'avoue d'ailleurs que cela a bien failli suffire à détourner mon regard vers un autre long-métrage. Des films français dans une ambiance glauque, il y en a beaucoup d'autres. Ne le dis à personne est revenu dans l'une de mes conversations récentes avec Aurélia, une collègue de travail. Mais, pour le suspense, Garde à vue est bien au-dessus... 

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Bon ! Et le Movie Challenge, dans tout ça ?
Hum... je ne peux pas donc valider l'objectif n°2: "Un premier film". Tant pis: je me reporte aussitôt sur "Un film français", la case n°15 !

jeudi 9 mars 2017

Présumé innocent

Je suis déjà curieux de lire votre avis... je trouve compliqué de voir sereinement un film qui parle de terrorisme islamiste, actuellement ! Pourtant, je n'ai pas hésité à regarder Un homme très recherché. Première accroche: la présence du regretté Philip Seymour Hoffman. Il y a aussi Robin Wright, Willem Dafoe, j'en passe et des meilleurs...

Surprise: nous ne sommes pas aux États-Unis, mais en Allemagne. Pour être précis, c'est à Hambourg que la caméra nous emmène. Chef d'un service de renseignement officiel, Günther Bachmann a entamé une course contre la montre pour localiser un ressortissant tchétchène entré illégalement sur le territoire fédéral. Il pense qu'en le surveillant d'assez près, il pourra remonter jusqu'à de gros poissons du crime organisé. Problème: il est en concurrence directe avec des espions américains, qui ont fait de sa cible un gibier suffisamment consistant pour justifier leur envie de l'arrêter séance tenante, en s'asseyant allégrement sur ce bon vieux concept de la présomption d'innocence. Autant vous le dire sans plus attendre: Un homme très recherché s'avère d'une belle efficacité quand il s'agit... de ne rien révéler. N'espérez surtout pas avoir un coup d'avance sur les protagonistes ! On ne vous dira pas aussitôt si Issa Karpov est un type réglo ou non...

Vous l'aurez compris: soigné sur la forme et le fond, ce bon p'tit film propose un suspense intéressant, d'autant qu'on peut vite s'attacher aux personnages, inconscients de ce qui se trame derrière leur dos. Maintenant, pour être tout à fait honnête avec vous, je dois reconnaître aussi qu'il m'a tout de même manqué un je-ne-sais-quoi pour accorder quatre étoiles pleines à ce long-métrage. L'intelligence du scénario fait que la violence reste hors de propos, mais le bât blesse peut-être parce que tout cela reste somme toute bien "froid". Le rythme général est assez lent, ce qui fait que les plus inattentifs d'entre vous décrocheront peut-être avant la fin. Ce serait dommage d'arriver au bout de l'histoire et de ne pas savourer le rebondissement ultime ! Oui, cette chute d'Un homme très recherché m'a surpris positivement: elle vaut clairement le détour et nous laisse considérer d'un oeil nouveau toutes les péripéties qui conduisent inexorablement à cette (amère) conclusion. Voyez donc le film, au moins pour cela ! N'ayez crainte: en réalité, le terrorisme islamisme s'y fait très discret.

Un homme très recherché
Film américain d'Anton Corbijn (2014)
Bien qu'en VO anglaise, le long-métrage a des producteurs allemands et on y retrouve deux stars d'outre-Rhin: Nina Hoss et Daniel Brühl. Ami(e)s littéraires, vous noterez aussi qu'il adapte le roman éponyme de John Le Carré, sorti six ans plus tôt. Tôt ou tard, je verrai sûrement d'autres adaptations, telles La taupe ou La maison Russie. Je suis sûr que c'est bien plus intéressant qu'un James Bond lambda...

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Maintenant, si vous voulez en avoir le coeur net...

Vous pouvez vous en remettre aux avis de Pascale, Dasola et Lui.

mercredi 8 mars 2017

Ange et démon

Je ne sais plus pourquoi, mais le titre Angel heart m'était familier. Le pur hasard a fait que j'ai eu l'opportunité de découvrir le film. Trente ans après sa sortie, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. J'avais cependant envie d'apprécier la complémentarité des acteurs principaux, Mickey Rourke et Robert de Niro. Je me suis donc lancé...

Le film nous ramène dans l'Amérique de l'an de grâce 1955. L'histoire démarre dans New York et, une fois lancée, se poursuit en Louisiane. Harry Angel, un privé, est mandaté par un dénommé Louis Cypher pour retrouver un ancien crooner disparu une bonne dizaine d'années plus tôt et qui pourrait avoir été hospitalisé dans le plus grand secret. Autant vous prévenir: le scénario ne répond aux questions qu'il pose qu'au compte-gouttes. Angel heart est de fait nimbé de mystère(s) ! Esthétiquement irréprochable, il installe petit à petit une ambiance assez particulière, qui pourrait bien ne pas plaire à tout le monde. Comme le héros supposé, on s'écarte lentement des sentiers battus...

Je ne prétends pas que j'ai adhéré à 100%. Les indéniables qualités formelles du film et son originalité avérée ne suffisent pas forcément à en faire un incontournable. On en revient en réalité à un concept cher au public américain: celui de la suspension d'incrédulité. Concrètement, si vous acceptez la bizarrerie du scénario, ça devrait passer - au fond, tout cela ne cherche pas à paraître vraisemblable. Maintenant, si vous décrochez, j'ai bien peur que ce soit... définitif ! Angel heart construit un crescendo dramatique, efficace d'ailleurs jusque dans sa conclusion: je l'ai trouvée bien amenée. Les acteurs sont impeccables et, aux deux que j'ai cités, je peux en ajouter d'autres comme la jeune (et jolie) Lisa Bonet ou Charlotte Rampling. Pour une soirée à plateau-télé, le programme reste très acceptable. Je préfère ne pas vous en dire davantage: je risquerais d'en dire trop.

Angel heart - Aux portes de l'enfer
Film américain d'Alan Parker (1987)

Bon... ne lisez pas la suite si vous tenez à préserver le mystère entier: ce long-métrage m'a un peu fait penser à La neuvième porte. Faut-il rappeler à ceux qui s'étonneraient de l'étrangeté de ce cinéma qu'Alan Parker a aussi réalisé The wall, le film musical de Pink Floyd ? Pour ma part, je l'ai d'abord connu pour Birdy et Mississippi burning. Mais il est ma foi très possible que je n'en aie pas terminé avec lui...

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Pour finir, un point d'étape sur le Movie Challenge...

Et hop ! Je peux valider l'objectif n°38: "Un film policier / thriller".

lundi 6 mars 2017

Á la découverte de Chonchon

J'aurais voulu / pu / dû vous parler de Chonchon beaucoup plus tôt. J'avoue que je ne me souviens pas depuis quand je lis les chroniques de cette amoureuse du septième art, mais cela ne date pas d'hier ! J'ai été fidèle à "Mon cinéma, jour après jour", devenu "CinéMagic". Toujours au quotidien, je l'ai suivie sur "Cinéma des années 40/50"...

Le cinéma pour Chonchon, c'est un peu la quête du Graal: sa passion fait qu'elle rêve de tout voir, pour tout expérimenter, quitte à être déçue. C'est notamment parce qu'elle ne se retrouverait plus guère dans le septième art qui s'invente et nous est adressé aujourd'hui qu'elle est finalement revenue à ses premières amours, en ouvrant donc ce joli blog consacré aux films, acteurs et réalisateurs de l'âge d'or des studios hollywoodiens. "Cinéma des années 40/50", qui porte aussi le sous-titre Nostalgie et Élégance, annonce d'emblée la couleur à ses visiteurs: Chonchon en a fait une "bulle" contre la médiocrité. Pour mieux la connaître, je lui ai proposé... mon petit questionnaire !

Chonchon, quel est ton plus ancien souvenir lié au cinéma ?
J'étais haute comme trois pommes. Je devais avoir 5 ou 6 ans et mon papa m'a emmenée voir Cendrillon. Magique, merveilleux, inoubliable.

Qu'est-ce que le cinéma apporte dans ta vie ?
De la distraction, des émotions, du fun, de l'admiration, des connaissances sur toutes sortes de sujets.

Comment choisis-tu les films que tu vas voir ?
Je ne vais jamais en salle: trop loin, trop bruyant, trop cher. Reste la télé. Pas toujours facile de choisir vu leurs programmations... quand je peux vraiment choisir, je suis fan de thrillers, de films avec démons ou vampires, de comédies romantiques, de films historiques, de grandes histoires romanesques. Et je m'efforce de voir toute la filmographie de mes réalisateurs et acteurs préférés.

Le lieu idéal et le moment parfait pour voir un film ?
Mon canapé dans le salon, avec une couverture-doudou. Et éventuellement quelques chocolats. Top du top, le soir quand les volets sont fermés (cric crac dans ma cabane) ou les jours de tempête quand tout s'agite au dehors (justement au moment où j'écris ces lignes, il y en a une qui s'annonce...) et qu'on est si bien au chaud. Mais, en réalité, je suis aussi capable de me faire une séance ciné alors qu'il fait grand beau temps et que tout le monde va à la plage.

Je te propose de voir un film. Qu'est-ce qui te fera accepter ?
Mon amitié pour toi. Et la confiance que j'ai dans tes choix.

Ta passion pour le cinéma te semble-t-elle communicative ?
Pas vraiment ! En dehors de la blogosphère, je n'ai que trois interlocuteurs privilégiés: mon mari, mon frère et un de mes neveux. Tous les autres ne s'intéressent guère au cinéma ou aiment des trucs que je trouve épouvantablement nuls et que je déteste (genre les comédies françaises...). Quand je tente de parler du cinéma que j'aime, on me traite d'intello ou bien on ouvre les yeux tout ronds comme si je parlais en chinois...

Tes cinq derniers coups de coeur de cinéma ?
1. Eddie Redmayne. Je l'ai repéré pour la première fois dans Les misérables. Non seulement le garçon était fort mignon (et j'ai un faible pour les rouquins...), mais en plus il chantait formidablement bien. Depuis, je suis sa carrière avec passion. Je l'ai vu récemment dans The Danish girl, j'ai adoré !

2. Xavier Dolan. J'ai vu Mommy, je suis tombé en amour et j'ai ensuite regardé tous ses autres films. J'adore son univers, ses histoires, sa fraîcheur, son extravagance parfois... et sa petite gueule d'amour.

3. Le cinéma belge et scandinave de ces dernières années. Inattendu, brillant, passionnant.

4. Le cinéma des années 40/50. Devant l'immense médiocrité du cinéma contemporain, je me suis tournée de plus en plus vers ces vieux films, que nous regardions avec nos parents. Je me suis mis peu à peu à ne regarder quasiment que ça: c'est intelligent, élégant, ça ne parle pas de b*** et de ch*** à tout va, l'hémoglobine ne gicle pas et, SURTOUT, ces réalisateurs-là savaient raconter des histoires. C'est la première chose que je demande: des histoires et encore des histoires. Je suis désormais en immersion totale et je me régale !

5. Johnny Depp dans Strictly criminal. J'ai découvert pourquoi on l'avait adoré, pourquoi on l'avait détesté et je suis à nouveau une fan absolue.

Les cinq prochains que tu attends avec impatience ?
1. Le dernier Xavier Dolan, Juste la fin du monde, que je n'ai toujours pas vu.

2. Le dernier Woody Allen, Café Society.

3. Le prochain Polanski.

4. La La Land, car j'adore Ryan Gosling et Emma Stone.

5. Rogue one. Je suis une inconditionnelle de Star wars... depuis le tout début. 1977: j'avais 19 ans et le premier épisode s'appelait encore La guerre des étoiles (rebaptisé aujourd'hui Un nouvel espoir). Qu'est-ce que c'était bien ! On n'avait jamais rien vu de pareil ! Tous les autres m'ont enchantée et continuent de le faire.

Quels seraient les dix films que tu me conseillerais ?
C'est vachement difficile de n'en citer que dix ! Si je suis objective, c'est-à-dire si j'élimine ce qui est pour moi de l'ordre du fantasme personnel (film de princesse, etc.) et si je tiens compte de mes critères qualité (une bonne histoire, une belle réalisation, un vrai sens artistique), si j'enlève aussi ceux qui sont trop évidents (que tout le monde a vus et que tout le monde a adorés), je citerais ces dix-là, mais je parie que tu les as déjà vus !

1. Barry Lyndon (1975 / Stanley Kubrick):
Sublime de beauté, cynique et désespérant.

2. Cloud Atlas (2012 / Lana et Andy Wachowsky, Tom Tykwer):
Créatif, extravagant, démesuré.

3. Danse avec les loups (1991 / Kevin Costner):
Tolérance, culture, nature.

4. Dogville (2003 / Lars von Trier):
Originalité totale, rejet et ostracisme.

5. Edward aux mains d'argent (1991 / Tim Burton):
Encore la tolérance, mais aussi poésie et humour.

6. Le locataire (1976 / Roman Polanski):
Bizarre, malsain, parano, génial.

7. Mr Nobody (2010 - Jaco van Dormael):
Onirique, scientifique, vertigineux.

8. Mysterious skin (2004 - Gregg Araki):
Cruel, dérangeant, interprétation remarquable.

9. Retour à Howards End (1992 - James Ivory):
Avec la scène la plus sensuelle du cinéma mondial, sans un seul bout de sein ou de fesse.

10. Tess (1979 - Roman Polanski):
Esthétique hors-norme, tragédie, destinée, féministe.

Hors-compétition: les sagas Star wars et Le seigneur des anneaux. C'est à voir absolument.

Dix personnalités de cinéma à choisir... qui retiens-tu ?
1. Woody Allen - Pour son incomparable humour et sa façon de fixer à l'écran nos innombrables petites faiblesses.

2. Martin Scorsese - Pour la force de ses histoires et la maestria de ses réalisations. Culture italo-américaine.

3. Roman Polanski - Même chose que pour Martin. Culture européenne.

4. David Lynch - Pour son univers complètement déjanté, souvent incompréhensible, mais largement au-dessus de la mêlée.

5. Ewan McGregor - Parce que je craque, depuis Trainspotting, pour sa fossette et ses dents en avant.

6. Walt Disney - Parce que. Il fallait que ce monsieur existe un jour. On le remerciera jamais assez.

7. Lars von Trier - Pour son audace, toutes ses audaces, et sa sincérité.

8. Les soeurs Wachowski - Pour leur créativité, leur imagination débordante, leur sensibilité à fleur de peau et leur talent pour exprimer tout ça.

9. Kate Winslet - Parce que c'est la reine du bal.

10. Cate Blanchett - Cate, quoi. Cate...

Pourquoi un beau jour avoir décidé d'écrire un blog ?
C'était en 2006. J'étais au chômage et je n'arrivais pas à retrouver de boulot. Je passais du temps sur Internet et j'étais intriguée par ces blogs que je voyais. C'était le début, ça avait l'air très rigolo. Adorant écrire, j'ai décidé de me lancer et de raconter mes déboires avec mes ex-patrons et l'ANPE (aujourd'hui Pôle Emploi). Ça s'appelait Le journal d'une chômeuse râleuse. Tout un programme. Je me suis beaucoup amusée. Et puis quand l'inspiration est tombée (j'en avais marre de grogner), je me suis lancée dans le cinéma car, désoeuvrée, je regardais au minimum un film par jour. J'en ai eu d'autres, des blogs... sur l'architecture, notamment. Aujourd'hui, je me recentre: cinéma des années 50 et lectures.

Qu'est-ce qui te décide à parler d'un film sur ton blog ?
Rien d'autre que ma réalité quotidienne: je chronique TOUS les films que je vois (dans le créneau 1940 à 1960).

Les cinq films que tu as défendus contre l'avis général ?
1. Le cinquième élément (1997 - Luc Besson):
J'ai adoré ce film et je le revois très régulièrement sans me lasser. Tout est bon dedans et je ne comprends absolument pas ce qu'on lui reproche.

2. Le baiser mortel du dragon (2001 - Chris Nahon):
Bon, là, je peux comprendre. Ce n'est pas de la haute voltige. Mais je trouve le personnage de Jet Li tellement craquant ! Et Tchéky Karyo tellement méchant. Et Bridget Fonda tellement paumée... j'adore ce film !

3. Le grand bleu (1988 - Luc Besson):
Il eut un succès phénoménal et pourtant, aujourd'hui, il est de bon ton de le critiquer, comme tout film réalisé par Besson. Moi, je l'aime, ce Grand bleu et son héros complètement à côté de la plaque. La mer, encore la mer, l'histoire d'amour... et la fameuse réplique de Rosanna Arquette. "Go and see, my love, go and see..." lorsque son amoureux lui dit qu'il doit aller voir les dauphins... et qu'elle sait qu'elle le perdra bientôt à jamais. So romantic !

4. Blanche Neige et le chasseur (2012 - Rupert Sanders):
Ils ont tous trouvé ça nul. Ben pas moi ! Charlize, elle en jette, et Kristen est émouvante. C'était le temps où elle se cherchait encore, après le délire Twilight, et rien que pour ça, c'était mignon de la voir dans ce rôle de combattante. Fragile mais combattante. Elle a eu aussi un flirt avec le réalisateur... ce qui laissa Robert Pattinson comme deux ronds de flan... et déchaîna un quasi-scandale. Larguer Robert ! Vive Kristen, qui ne fait que ce qu'elle veut.

5. Il faut sauver le soldat Ryan (1998 - Steven Spielberg):
Je n'aime pas trop les films de guerre et celui-là, franchement, je ne lui trouve rien de plus que les autres. Il n'est pas mal, c'est vrai. Mais sans plus. Je me suis grave ennuyée par moments...
(une précision de Martin: pas compris que Chonchon le défende...)

Et tous les films avec Sandra Bullock !

Les cinq films que tu as dénoncés contre l'avis général ?
1. Aguirre, la colère de Dieu (1972 - Werner Herzog):
Rien compris à l'engouement pour ce film. Il ne se passe rien, on n'apprend rien, c'est barbant au possible et il y a pas mal d'invraisemblances.

2. Birdman (2014 - Alejandro Gonzalez Inarritu):
Un immense succès, des critiques enthousiastes. Moi, j'ai failli m'endormir.

3. Camille redouble (2012 - Noémie Lvovsky):
Détestable plagiat, non assumé, du Peggy Sue s'est mariée de Coppola. Ça m'a filé les poils tellement c'était mauvais et je n'ai rien pigé au succès que ce film a eu.

4. Dans la cour (2014 - Pierre Salvadori):
Film pour intellos-bobos ? Je n'ai rien compris aux pseudo-angoisses de cette bourgeoise et à ses errances inintéressantes.

5. Diplomatie (2014 - Volker Schlöndorff):
Reprise "théâtrale" de Paris brûle-t-il ?, autrement mieux que ce dialogue sans fin...

Quelle place sur ton blog pour autre chose que le cinéma ?
Aucune. Même les tags auxquels je réponds généralement avec enthousiasme, ont un lien avec le cinéma. Je n'en ai pas encore publié sur ce nouveau blog, mais ça viendra sûrement.

Questions plus personnelles, pour finir. Quel est ton prénom ?
Catherine. Je déteste. Mais tout le monde, absolument tout le monde, m'appelle Chonchon. Ou Kiki (mes amies d'enfance).

Quel âge as-tu ?
Bientôt 59 ans... seigneur !!!

Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Rien. Ah ah ah ! Blague à part, j'étais assistante commerciale trilingue. Suite à des problèmes de santé, j'ai dû m'arrêter de bosser. Mais ça ne me manque pas car j'ai toujours détesté mon job. Mes occupations préférées sont bloguer et écrire (nouvelles, romans). Sinon: balades et découvertes, dessin, lecture, cinéma, crochet (comme les mamies), langues (j'entretiens mes acquis).

Où habites-tu ?
Á 20 km de Nantes, que nous avons quittée à cause des prix prohibitifs et que je RÊVE de retrouver. Je déteste ce patelin. Je suis une citadine.

Avec le cinéma, quel art préfères-tu ?
Dessin / Peinture / Sculpture.

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Ce seront les mots de la fin...
Un grand merci à Chonchon de s'être prêtée au jeu ! Il ne vous reste donc plus qu'à lire ses chroniques sur "Cinéma des années 40/50". Sinon, vous pouvez également retrouver mes blogueurs interviewés d'un clic sur leur pseudo: Pascale, Dasola, Sentinelle, Tina et Strum. Et rendez-vous le 6 avril pour le prochain épisode de ce "fil rouge" ! Avec qui ? Je le sais, mais je me refuse à vous le dire tout de suite...

dimanche 5 mars 2017

Suzy aux enfers

Il me semble que c'est au coeur du cinéma de genre que l'on dénichera le plus facilement de petits plaisirs coupables. Dernier exemple personnel: Suspiria, film de (pseudo-)horreur signé Dario Argento. Jamais loin du nanar, ce long-métrage complètement frappadingue m'a justement plu pour sa folie. Il a fêté ses 40 ans le mois dernier...

Un petit résumé rapide ? Tout commence au moment où une ballerine américaine, Suzy Banner, sort de l'avion qui l'a conduite à Fribourg. La demoiselle est venue jusqu'en Allemagne pour intégrer une école de danse, réputée comme la meilleure du monde. La première soirée de son arrivée, elle reste cependant à la porte, sous un orage XXL. Mauvais présage, en fait, puisqu'au petit matin, alors qu'elle accède enfin à son nouvel établissement, la jeune femme apprend aussitôt qu'une autre danseuse a été sauvagement assassinée. Je préviens d'emblée les âmes sensibles que, si ce n'est l'identité de ce meurtrier nocturne, rien ne nous sera dissimulé. En clair: on assiste au crime lors d'une scène effroyable, à l'impact renforcé par une bande-son franchement éprouvante pour les nerfs. Dario Argento est présenté par certains de ses admirateurs comme l'Alfred Hitchcock italien. Suspiria me suggère que c'est exagéré, mais en fait... il y a du vrai !

Je crois qu'il faut surtout considérer ce film pour ses aspects formels. Le scénario est de toute façon bien trop basique pour qu'on s'y arrête durablement. Si j'ai malgré tout apprécié le film, c'est précisément pour la débauche visuelle à laquelle il s'adonne, à coups d'images cauchemardesques et ultra-colorées. Je vois la patte d'un vrai auteur dans ce style objectivement outrancier et peux dès lors comprendre celles et ceux qui, tout à leur exaltation cinéphile, élèvent Suspiria au rang de film-culte. Je crois en fait qu'il faut le voir pour le croire ! J'ai lu qu'un remake était envisagé: je ne vois pas du tout l'intérêt d'une répétition. En revanche, j'aime me dire que nous avons échappé de justesse à un spectacle encore plus dément, puisque l'idée initiale de Dario Argento était que les personnages principaux de ce conte macabre soient... des enfants ! Il en reste ici et là quelques détails graphiques bien visibles à l'écran, comme des poignées de porte toujours placées trop haut. À mon avis, un gars comme Tim Burton pourrait avoir trouvé dans cette étrangeté des sources d'inspiration...

Suspiria
Film italien de Dario Argento (1977)
Premier des volets d'une Trilogie des enfers, le long-métrage s'inscrit presque sur les rétines comme un cousin de Carrie au bal du diable ou de Shining - toutes proportions gardées, bien entendu. J'insiste volontiers sur le terme de "plaisir coupable" employé en introduction. Bien que peu porté sur l'épouvante au cinéma, j'ai vécu un moment sympa et c'est un paradoxe qui me plaît. Je le retiens, pour l'avenir...

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Ah ! Un petit détail technique oublié...

Ce film serait le dernier long-métrage tourné en Technicolor !

Et qu'en est-il de mon Movie Challenge ?
J'avance d'un cran car j'ai relevé le défi n°32: "Un film d'horreur". 

samedi 4 mars 2017

Courts en couleurs

Peut-être n'y avez-vous pas prêté attention: depuis Valley of stars jusqu'à Cyrano avant-hier, les films dont j'ai parlé ces derniers temps utilisent fortement la couleur. Je les ai en fait vus lors d'un Festival de mon association autour de ce thème. Avant de parler d'un dernier demain, je tiens à citer aussi les courts ajoutés à notre programme...

Azurite
Court-métrage français de Maud Garnier (2014)

Sans aller jusqu'à nous dépayser totalement, ce film de 25 minutes nous ramène dans un passé, auprès d'un vieux peintre malade. Assisté par sa fille Salomé, ce dernier préfère prendre un apprenti garçon que de lui passer la main, en lui confiant - enfin ! - les secrets de fabrication de son bleu. Ce film de femme est-il une oeuvre féministe ? Peut-être. Maud Garnier donne à ses images des allures de tableau: ce qu'elle nous donne à voir est très beau. La réalisatrice oeuvre, dit-on, pour écrire un long consacré... aux femmes peintres !

Toutes les couleurs de la nuit
Court-métrage français d'Éléonore Berrubé (2016)

Je ne suis pas tout à fait sûr d'avoir tout compris à ces 16 minutes nocturnes et mystérieuses. Il est question de deux jeunes femmes. Elles sont visiblement proches, peut-être amies, sans doute soeurs. Elles vident une maison - une autre femme (leur mère ?) a disparu. Cela m'a intrigué, mais pas passionné. Les images de la nuit corse sont belles, objectivement, mais elles n'ont pas suffi à m'émouvoir. Dommage ! Je reste avec l'impression d'être passé à côté. Pas d'écho particulier sur ce que la jeune réalisatrice peut préparer désormais... 

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Un dernier mot pour compléter l'anecdote...
Toujours lors de mon festival associatif, j'ai revu - et présenté - Pierrot le fou et La forêt de Mogari. L'impératrice Yang Kwei Fei m'aura servi de préambule quelques jours auparavant. Et j'ai laissé passer Cris et chuchotements (Ingmar Bergman / 1972) en clôture...