mardi 11 avril 2017

Après une rupture

Le saviez-vous ? Charles Chaplin n'a tourné qu'un seul et unique film sous la direction d'un autre réalisateur. J'ai repensé à cette anecdote en préparant mon laïus sur Tombe les filles et tais-toi, une comédie que Woody Allen aurait pu réaliser: elle adapte une pièce qu'il a écrite et jouée à Broadway. Mais elle se déroule cette fois à San Francisco...

Au départ, cela ne surprendra personne: Woody est toujours névrosé ! Très fraichement séparé de sa copine, il se croit perdu pour l'amour éternel, au point de geindre en permanence entre les bras d'un couple d'amis. Ledit couple fait pourtant un inventaire de ses connaissances célibataires afin de recaser illico presto le pauvre homme abandonné. Évidemment, cela ne marche pas aussi bien qu'espéré... et il semble même parfois que Woody fait tout pour que l'on se détourne de lui. Tombe les filles et tais-toi m'a de fait rappelé que le brave garçon n'avait pas seulement de la tchatche, mais aussi un talent burlesque incroyable. Son agitation de grand timide est tout à fait irrésistible...

Je ne veux pas vous gâcher la surprise, mais je peux révéler également que, dans ce film étonnant, Woody interagit régulièrement avec un complice de premier choix: le fantôme de Humphrey Bogart. Par ailleurs et sauf oubli de ma part, c'est aussi la toute première fois qu'il partage l'écran avec la jolie muse de ses débuts, Diane Keaton. Pour les cinéphiles, donc, il y a plein de choses à savourer là-dedans ! Je pense toutefois qu'il y a beaucoup pour plaire au public "profane". Allen lui-même était semble-t-il passé à autre chose, avant d'accepter finalement de reprendre son personnage. Tombe les filles et tais-toi porte sa marque: il n'y aurait probablement pas changé grand-chose...

Tombe les filles et tais-toi
Film américain de Herbert Ross (1972)

Pour situer, le réalisateur sera, douze ans plus tard, celui du film musical Footloose. Après, si ça ne vous dit rien, laissez tomber ! J'aime autant inscrire le film dans la carrière de Woody Allen: il arrive aussitôt après son troisième long-métrage et donc très tôt, de fait. Rien à redire: cet opus "bis" me paraît franchement recommandable. Même si je préfère sincèrement Manhattan ou Stardust memories...

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Et qu'en dit-on ailleurs ?
"L'oeil sur l'écran" a écrit sur le film un texte détaillé et très élogieux.

lundi 10 avril 2017

Guinness oblige

Je n'en ai pas parlé avant-hier: quand le film sort sur les écrans internationaux, Alec Guinness est sans doute le nom le plus fameux de la distribution de La guerre des étoiles. Une petite trentaine d'années plus tôt, il jouait huit rôles (!) dans Noblesse oblige, un film britannique que j'ai revu dans la foulée - et que je vous recommande.

Tout cela me conduit aujourd'hui à vous parler brièvement de l'acteur. Je croyais qu'il avait fait ses débuts sur les planches, mais il semble que, dès l'origine, le cinéma fut, lui aussi, présent dans sa carrière. Ainsi ai-je trouvé la trace d'un Evensong, film musical sorti en 1934. Notre ami Alec avait alors vingt ans tout juste et, apparemment déçu par l'expérience, jura qu'il ne tournerait plus. Avant-guerre, il jouait d'abord au théâtre, enchaînant notamment les rôles shakespeariens. Une carrière de comédien qu'il mena en fait... tout au long de sa vie !

Après avoir fait la guerre en volontaire dans la Royal Navy, Guinness retrouva, contrairement à son projet initial, les joies du grand écran. C'est alors David Lean qui lui mit le pied à l'étrier, en le faisant jouer, dès 1946, dan son film Les grandes espérances. Les deux hommes travailleront de nouveau ensemble deux ans plus tard, à l'occasion d'une adaptation du grand classique de Charles Dickens, Oliver Twist. Les premiers pas d'une collaboration active jusqu'aux années 80. Guinness, lancé, apparut dans 36 longs-métrages entre 1949 et 1970.

Quatorze autres ont suivi jusqu'en 1994, dont les trois de la trilogie originelle Star wars - sur laquelle Guinness a tenu des propos franchement critiques, parfois, bien qu'elle lui valut une nomination tardive aux Oscars. Il est certes vrai qu'en matière d'expression artistique, notre homme n'avait que l'embarras du choix, travaillant pour la télé et, bien sûr, le théâtre (77 pièces de 1934 à 1989). Résumer cette incroyable carrière en quelques lignes ? Une gageure. Le comédien, lui-même, se confia en trois livres autobiographiques...

De cette vie incroyable, il y aurait mille choses à retenir, sans doute. Enfant malaimé, né de père inconnu, Guinness est souvent présenté comme un homme d'une très grande respectabilité. Sa carrière prolifique lui offrit notoriété et honneurs: il fut en particulier anobli par la reine Elizabeth II, dès 1959 ! Le génial saltimbanque sort aussi du lot pour sa fidélité à son épouse, Merula Salaman, depuis 1938. Nés tous deux en 1914, morts tous deux en 2000, les époux Guinness auront donc vécu 62 ans ensemble. Qui osera dire mieux aujourd'hui ?

L'histoire dit que Sir Alec aimait aussi ses confrères français, au point de nommer Jeanne Moreau et Pierre Fresnay dans l'un de ses livres. Peu à l'aise avec notre langue, en revanche, il eut plusieurs doublures de voix au cinéma, dont cinq (au moins) pour plusieurs de ses films. Aussi curieux que cela paraisse, son talent pour le travestissement dissimulait un homme réservé et, en réalité, assez mal dans sa peau. Cet homme confiait: "On devient acteur pour s'éloigner de soi-même. C'est peut-être une quête sans relâche de son identité". Tout est dit !

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Alors, envie de voir Alec Guinness dans ses oeuvres ?

Outre les deux déjà citées, sur Mille et une bobines, vous choisirez entre Tueurs de dames, Le pont de la rivière Kwaï, Lawrence d'Arabie, La chute de l'empire romain et Le docteur Jivago. Franchement, ce sont tous des grands films ! À vous de voir, donc...

samedi 8 avril 2017

Premières étoiles

J'étais encore un étudiant quand j'ai regardé La guerre des étoiles pour la première fois. Je me souviens de la VHS, des répliques cultes enregistrées sur mon PC et de mes frissons en revoyant cet épisode fondateur au cinéma, dans une version (déjà) retouchée. J'ai attendu longtemps avant de le découvrir sous sa forme d'il y a quarante ans...

C'est chose faite, désormais, et je suis content d'avoir déniché le DVD de ce qui a été renommé Star wars épisode IV - Un nouvel espoir. L'histoire, je suppose que vous la connaissez, non ? Dans une galaxie lointaine, une République subit les assauts d'un groupe de militaires bellicistes, désireux de fonder un immense empire intergalactique. D'aspect dictatorial, le régime possède une arme capable de détruire des planètes entières pour faire régner la terreur et l'ordre nouveau. Quand le récit démarre, un petit groupe de résistants s'est emparé des plans de ce monstre technologique et les troupes impériales donnent la chasse à un vaisseau diplomatique... qui les a récupérés. Nous voilà en route pour deux heures d'aventures - sans temps mort ! On trouvera aujourd'hui des blockbusters nettement moins rythmés...

J'insiste, car c'est la toute première chose qui m'a frappé en revoyant cette ouverture de saga: les scènes d'exposition sont rares et courtes. D'ailleurs, je dois dire qu'il n'y a rien de très compliqué à comprendre. Oui, je fais de cette caractéristique du film l'une de ses qualités. C'est donc avec grand bonheur que j'ai retrouvé C-3PO, D2-R2, Luke, Leia, Han, Chewbaccah, Obi-Wan, Vador et tous les autres. Un plaisir particulier auquel je ne m'attendais pas (ou plus): celui de la version française. Le fait est que, dans 99% des cas, je regarde les films étrangers en VO. Si j'ai fait autrement cette fois, c'est dans l'optique d'une séance avec ma maman, qui l'a d'ailleurs vraiment appréciée. Bilan: des voix d'origine, j'ai entendu plein d'expressions démodées. Le côté cool et vintage de La guerre des étoiles s'en trouve renforcé !

Quid des effets spéciaux, me direz-vous ? Ma foi, ils ont bien vieilli. Dans ma belle version vierge de tout ajout numérique, la direction artistique est bien assez solide pour me faire oublier le carton-pâte des décors et la petite rigidité de certaines créatures-marionnettes. De toute manière, il y a tellement de choses à découvrir là-dedans que je me refuse formellement à chipoter sur les aspects techniques. J'imagine que les gosses de 1977 qui ont été les premiers à plonger dans cet univers ont dû sentir passer une grosse claque émotionnelle ! Encore faut-il ajouter qu'ils n'avaient pas imaginé la suite: j'ajoute donc que, tout épisode IV qu'il soit désormais, La guerre des étoiles peut très bien s'apprécier isolément des autres films de la franchise. L'ultime scène n'appelle pas nécessairement de développement futur.

Je crois que ce film a été le premier à être qualifié de space opera. Au-delà de son incontestable lyrisme, il faut bien dire que la musique joue ici un rôle important pour renforcer encore toutes les émotions. John Williams, son compositeur, avait la quarantaine, mais j'ai noté qu'il travaillait déjà pour le cinéma depuis une vingtaine d'années. Surprise: en ce sens, autour du tournage, il faisait figure d'exception. Entendons-nous bien: si La guerre des étoiles me touche, c'est aussi parce qu'il constituait à l'époque un véritable pari à quitte ou double pour le réalisateur, George Lucas, ce dernier osant placer son destin artistique entre les mains de nombreux acteurs débutants. Les citer tous ici serait donner une conclusion fastidieuse à cette chronique déjà fort longue. Carrie Fisher, Mark Hamill, Harrison Ford... merci !

Star wars épisode IV - Un nouvel espoir
Film américain de George Lucas (1977)
J'ai vérifié par acquit de conscience: dès lors que j'évoque un épisode de la saga, j'ai du mal à pouvoir citer ensuite un film comparable. L'idéal sera alors de présenter les opus V (L'empire contre-attaque) et VI (Le retour du Jedi). Patience: je vous assure que ça arrivera. Quand ? Je ne sais pas, mais ça arrivera ! Et, déjà, vous trouverez ici les épisodes I, II, III et VII, ainsi que Rogue one, le spin-off de 2016 !

jeudi 6 avril 2017

À la découverte d'Eeguab

Il succède à Pascale, Dasola, Sentinelle, Tina, Strum et Chonchon. Aujourd'hui, l'heure est venue de laisser la parole à mon ami Eeguab. Son blog - "Blogart - La comtesse" - est l'une des pages artistiques que je fréquente régulièrement. On y parle cinéma, mais pas que. C'est une évidence que le maître des lieux a bien d'autres curiosités...

Septième art, donc, mais aussi littérature, poésie, musique et écrits personnels: Eeguab a toujours quelque chose de nouveau à offrir. Visiter son blog, c'est comme ouvrir une boîte de chocolats: on est sûr d'y prendre du plaisir, mais on ne sait que rarement sur quoi l'on va tomber. J'avoue que c'est d'abord du cinéma que je viens chercher. Grand connaisseur, mon comparse reste humble face à ses classiques préférés et n'hésite pas à aller bien au-delà de nos petites frontières pour évoquer des filmographies méconnues. Je l'en remercie ce jour ! Je le fais avec d'autant plus de plaisir qu'il me fait la joie d'écrire souvent des commentaires sur mes propres textes. À lui de "parler"...

Eeguab, quel est ton plus ancien souvenir lié au cinéma ?
Probablement Le pont de la rivière Kwaï, que j'aime toujours beaucoup, d'une ambiguïté terrible: ça, c'était dans ma petite ville. Et Mon oncle de Tati qu'on m'avait emmené voir à Paris - j'étais bien jeune, 9 ans, pour en saisir toutes les finesses. Mais je n'ai jamais oublié la ritournelle...

Qu'est-ce que le cinéma apporte dans ta vie ?
Émotion et réflexion souvent mêlées. La première dominait en mes plus jeunes années et, maintenant, c'est plus souvent la seconde. Heureusement, l'une n'empêche pas l'autre. Parfois un peu quand même.

Comment choisis-tu les films que tu vas voir ?
Ceci varie selon son lieu d'habitation. Ici, le multiplexe a une offre relativement large. Je suis de très près la sortie des films estampillés Art et essai, même si je n'aime pas du tout l'expression. Co-animant avec d'autres ce cinéma, j'ai souvent la chance de proposer moi-même quelques films.

Le lieu idéal et le moment parfait pour voir un film ?
Au cinéma bien sûr, mais les DVD permettent de plus en plus une belle approche de presque toute l'histoire du cinéma. Je dis bien presque. Pas de moment précis.

Je te propose de voir un film. Qu'est-ce qui te fera accepter ?
Notamment que ça me soit proposé par un passionné du septième art. Et notamment que ce soit une oeuvre assez rare d'un de mes metteurs en scène préférés.

Ta passion pour le cinéma te semble-t-elle communicative ?
Pas suffisamment, mais je m'y emploie depuis très longtemps de différentes façons.

Tes derniers coups de coeur de cinéma ?
L'Amérique du sud notamment me semble en forme cinématographiquement. Gloria, Ixcanul - Le volcan, La terre et l'ombre, Aquarius, Neruda... très récemment.

Les prochains que tu attends avec impatience ?
Non, ça, je ne saurais pas répondre. Je "n'attends" rien de particulier, mais je suis "disponible".

Quels seraient les dix films que tu me conseillerais ?
Très en vrac...
- Octobre,
- Rome ville ouverte,
- Les 400 coups,
- La splendeur des Amberson,
- La comtesse aux pieds nus,
- Nazarin,
- La règle du jeu,
- Le guépard,
- Andreï Roublev,
- Rashomon.

C'est une liste pour néophytes: les plus cinéphiles ne m'ont pas attendu pour apprécier ces oeuvres majeures. J'ai choisi des films facilement visibles et très connus, mais il y en a bien d'autres.

Dix personnalités de cinéma à choisir... qui retiens-tu ?
Attention, invasion italienne, mais je ne peux faire autrement ! Mes cinq maîtres absolus: De Sica le bon médecin proche, Rossellini l'instituteur appliqué, Antonioni le cousin intello un peu éloigné, Visconti l'aristocrate paradoxal et passionnant, Fellini le génial montreur. Welles, Eisenstein, Bergman, Bunuel, Mankiewicz. Rien que du sûr maintenant, mais ça n'a pas toujours été le cas quand ils étaient contemporains.

Pourquoi un beau jour avoir décidé d'écrire un blog ?
J'aime écrire, de tout, et le support était pratique.

Qu'est-ce qui te décide à parler d'un film sur ton blog ?
D'abord qu'il m'ait intéressé, au moins en partie, et qu'il n'ait pas été trop souvent chroniqué. Pas par snobisme, mais par crainte des redites.

Un film défendu contre l'avis général ?
À la sortie, j'ai aimé Conan le barbare, peu apprécié en général.

Des films dénoncés contre l'avis général ?
Je ne cherche pas à dénoncer, mais je réclame le droit à la mauvaise foi. Deux exemples. Je ne vais jamais voir les films de Guédiguian et j'essaie - je dis bien j'essaie - d'émettre quelques réserves sur Ken Loach (mais quasi-lynchage assuré !). Je n'ai vu qu'un Rivette et je n'ai pas fonctionné.

Quelle place sur ton blog pour autre chose que le cinéma ?
Une très grand place pour la littérature, pas mal au rock aussi, et quelques poésies de ci de là. Mais j'aime aussi bien d'autres choses (musique classique, peinture, randonnées et jouer, pas bien, de la guitare).

Questions plus personnelles, pour finir. Quel est ton prénom ?
Claude.

Quel âge as-tu ?
On le devine facilement d'après la première question, non ?

Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Profession libérale de santé. Enfin, ex...

Où habites-tu ?
Vers le bas de Hauts-de-France.

Avec le cinéma, quel autre art préfères-tu ?
Je crois que c'est assez évident pour ceux qui me rendent visite.

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Il ne reste plus qu'à remercier Eeguab et à conclure...
Lui rendre visite, ce sera mon conseil du jour: un clic sur "Blogart" !

mardi 4 avril 2017

Conquérantes de l'espace

Ce n'est que depuis 1965 que toutes les personnes de couleur noire peuvent voter aux États-Unis. Sans vouloir lancer un débat politique aujourd'hui, il m'a semblé important de rappeler cette date historique avant de vous parler d'un (bon) film récent: Les figures de l'ombre. Malgré ses belles qualités, il n'a pas connu un grand retentissement...

Il faut dire aussi que le titre français est bancal: le Hidden figures originel joue, lui, sur un terme anglais qui signifie d'abord chiffres. Logique: il est d'abord question de calculs - ceux que des femmes noires réalisent pour le compte de la NASA, à l'époque où la rentabilité des ordinateurs en la matière était encore discutable et discutée. Bref... vous l'aurez compris: le long-métrage dont je vous parle aujourd'hui raconte ces années pas si lointaines où les ingénieurs américains cherchaient d'abord à devancer leurs homologues russes dans la course à l'espace (sans succès au départ). Et le scénario d'illustrer une vérité historique méconnue: dans ce défi, des femmes noires ont joué un rôle prépondérant, voire même... décisif ! L'intelligence du long-métrage est de ne pas se focaliser uniquement sur la question raciale ou un patriotisme bêta: Les figures de l'ombre souligne également les discriminations sexuelles et sociales. Il le fait avec beaucoup d'allant, en se gardant des bons sentiments gluants. Comment ? En nous offrant aussitôt trois personnages féminins forts.

Gloire soit rendue aux actrices, donc, qui incarnent des personnages historiques réels: Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monàe m'étaient encore inconnues, mais elles brillent, toutes les trois ! J'apprécie d'autant plus leur prestation qu'au fond, une distribution sans véritable vedette leur laisse tout loisir d'exprimer leur talent. Bon... j'ai tout de même été ravi de revoir Kirsten Dunst, crédible dans le rôle ingrat de la supérieure hiérarchique blanche, imprégnée de ce racisme ordinaire qui fait encore tant de ravages aujourd'hui. Dans le camp d'en face, c'est avec un bonheur égal que j'ai retrouvé ce bon vieux Kevin Costner, revenu de toutes les guerres indiennes. Son personnage de chef non-dominant est beau... et très bien joué. Bilan: dépourvu de toute originalité formelle, Les figures de l'ombre peut prétendre à un rang honorable au rayon des feel-good movies. Bien qu'assez prévisible, il ne m'a pas ennuyé une seule seconde. Cerise sur la fusée: ces femmes dignes nous rappellent que la liberté est un bien précieux et souvent le fruit du combat. Ne l'oublions pas !

Les figures de l'ombre
Film américain de Theodore Melfi (2016)

Un petit mot encore pour vous dire qu'à mes yeux, la recherche spatiale nous offre mille occasions de nous émerveiller. Seul sur Mars est un autre de ces films qui nous invitent positivement à regarder vers les étoiles - et sans aucun doute parce qu'il reste très humain. Libre à vous de lui préférer Rencontres du troisième type ou 2001. Moi, il faudrait quand même qu'un jour, je voie L'étoffe des héros...

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Dernières choses avant de revenir sur Terre...

Il me faut saluer Sentinelle et lui dire merci pour sa chronique incitative. Vous en trouverez d'autres encore chez Dasola et Pascale.

lundi 3 avril 2017

L'enfant de Krypton

Honnêtement, les films de superhéros, ça n'a jamais été mon truc. Maintenant, n'étant plus à un paradoxe près, j'ai cru bon de voir dernièrement l'un des très grands classiques du genre: Superman. Est-ce que j'avais lu et relu le comics quand j'étais gamin ? Non. Résultat: je ne savais pas réellement à quoi m'en tenir. Et j'ai aimé...

À bientôt quarante ans, ce film offre un divertissement vintage sympa. Au départ, on découvre la planète Krypton, lieu de naissance de celui qui n'est donc pas encore devenu un véritable Terrien. J'imagine que certains d'entre vous savent de quoi il retourne exactement... et j'aime autant ne pas trop en révéler aux autres. Disons qu'un beau jour, un bébé arrive en vaisseau spatial au coeur des States profonds et qu'il est alors recueilli par une gentille famille. Des années plus tard, devenu Clark Kent, sa différence - une force physique incroyable et la capacité de voler - fera de lui un sauveur possible pour l'humanité menacée, dissimulé dans l'habit ordinaire d'un journaliste timide et maladroit. Comme son personnage principal, Superman - le film - ne paye pas de mine, mais il dégage un charme certain, que ses effets spéciaux d'un autre temps n'altèrent pas. Au contraire: ce petit côté suranné est plutôt amusant.

Dans la distribution, Gene Hackman est assez drôle en méchant ! Margot Kidder, elle, se montre sexy juste ce qu'il faut pour incarner avec conviction la jolie Lois Lane, l'amoureuse secrète du héros. Pourtant, dans l'esprit collectif, c'est sans doute Christopher Reeve qui domine le casting - et pas seulement pour sa prestation d'acteur. Comédien au destin tragique, le beau brun n'en était qu'à ses débuts et il porte fièrement le costume un peu ridicule de son personnage. Superman lui doit beaucoup, puisqu'il tourna trois autres épisodes. Dans ce tout premier opus, sans emphase déplacée, il a su embarquer ma crédulité et m'emmener ailleurs, dans ce monde dont je sais pertinemment, pourtant, qu'il n'existe que pour les grands rêveurs. Magie du cinéma de divertissement ! Je suis redevenu un enfant naïf devant ce spectacle gentiment kitsch et qui se suffit à lui-même. Pour une soirée plateau-télé, le spectacle reste ma foi très honorable.

Superman
Film américain de Richard Donner (1978)

Les cinéphiles auront noté que le réalisateur n'est pas un inconnu. Plus tard, ce sera Les Goonies, L'arme fatale, Maverick... et autres. Pour ce qui est des seuls films de superhéros, je préfère quand même le côté geek d'un truc comme Les gardiens de la galaxie - je suppose aussi que, s'il avait été tourné en 1978, il serait tout à fait différent. Côté rétro, je me contente de Planète interdite... ou de Barbarella !

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Pour finir, deux (petits) liens...

Pascale nous avait raconté quelques brefs souvenirs autour du film. Quant à Ideyvonne, elle cite le directeur artistique, Norman Reynolds.

dimanche 2 avril 2017

Un homme et sa terre

Le démantèlement fait partie des petits films que j'ai bien aimés. J'avais raté ce long-métrage québécois en salles, mais je l'ai rattrapé devant ma télé. Il raconte l'histoire de Gaby Gagnon, un homme simple qui mène la vie ordinaire d'un paysan, éleveur de moutons. Jusqu'à ce qu'une visite de sa fille lui fasse réévaluer ses priorités...

Vous ne verrez pas tous les jours un film aussi peu tapageur ! Concentré sur son personnage, Le démantèlement en fait le portrait dans son quotidien le plus ordinaire, avec beaucoup de respect. Évidemment, c'est une oeuvre de fiction, mais une oeuvre de fiction vraisemblable: cet homme pourrait bien exister... et pas uniquement dans un coin reculé du Québec. Le retour à la terre que le récit propose est à la fois édifiant et reposant: on mesure parfaitement l'extrême précarité de cette vie-là, mais elle paraît aussi apaisée qu'apaisante, d'une certaine façon. Oui, Gaby Gagnon avance, fait des choix (difficiles) et les assume - ce qui le rend noble, à mes yeux.

Gabriel Arcand - frère de Denys, soit dit en passant - porte fièrement ce personnage sur ses larges épaules. Il nous laisse une belle place pour apprécier aussi une galerie de rôles secondaires bien campés. Relevons-le: du point de vue de la distribution, le film est équilibré. Sur le plan formel, à présent, je vous dirais que Le démantèlement fait honnêtement le job, avec quelques belles images d'une ruralité canadienne insoupçonnée. Le film parle assez peu, mais il parle juste. Loin du manichéisme facile, il expose humblement des situations complexes, sans porter de jugement sur les solutions trouvées. Intelligemment, il reste à l'écart du misérabilisme le plus sordide. D'ailleurs, sachez-le: quelques scènes prêtent à sourire, ce qui permet au tout de trouver une tonalité intéressante. Sans aucune prétention.

Le démantèlement
Film canadien de Sébastien Pilote (2013)

Vous en conviendrez certainement avec moi: ce n'est pas fréquent que le cinéma s'intéresse à la vie paysanne. En cherchant vaguement un film comparable, j'ai trouvé un listing avec L'île nue, mais je veux préciser que la ressemblance des deux films est tout à fait discutable. Je vous trouve très beau ? Il ne m'en reste qu'un souvenir lointain. Peut-être devrais-je voir les documentaires de Raymond Depardon...

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En attendant, j'ai un dernier conseil à vous donner...
Lequel ? Celui d'aller lire les chroniques de Pascale et Dasola, pardi !

vendredi 31 mars 2017

Movie Challenge - Étape 1

Deux mois pile après m'y être lancé, l'heure est venue de vous faire un petit topo sur ma participation au Movie Challenge, initié par Tina et son amie Lily - je vous renvoie à mes explications du 31 janvier. J'avance, lentement mais sûrement, sur la grille de ce grand bingo cinématographique. Mais ce ne sera pas très facile de la compléter...

Je me suis demandé comment je devais présenter ce premier bilan d'étape. Et j'ai finalement décidé d'aller au plus simple, en découpant ma chronique en deux - "Cases cochées" et "Catégories à compléter". 

Et donc, les cases que j'ai déjà cochées sont...
9. Un film européen hors France,
Splendor

12. Un film d'action ou d'aventure,
Le voleur de Bagdad

15. Un film français,
Disparue en hiver

16. Un film qui est la suite d'un autre,
Les invasions barbares

18. Un film sorti cette année,
Ouvert la nuit

22. Une comédie,
La course à l'échalote

23. Une comédie musicale,
La La Land

25. Un film d'animation,
Le garçon et la bête

29. Un film en noir et blanc,
La forteresse cachée

30. Un film réalisé par une femme,
La forêt de Mogari

31. Un film d'un réalisateur asiatique,
La grande muraille

32. Un film d'horreur,
Suspiria

34. Un film LGBT - lesbien, gay, bisexuel ou transgenre,
Love is strange

37. Un film qui se déroule avant le 20ème siècle,
L'impératrice Yang Kwei Fei

38. Un film policier / thriller,
Angel heart - Aux portes de l'enfer

39. Un film feel good,
The walk - Rêver plus haut

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Et les catégories que je dois encore compléter sont...

1. Un film tiré d'une série ou qui en a inspiré une,
2. Un premier film,
3. Un film tourné dans un lieu où je suis allé,
4. Un film sorti l'année de mes dix ans,
5. Un film avec un acteur ou une actrice que je déteste,
6. Un remake ou un film qui a fait l'objet d'un remake,
7. Un film qui se passe dans le milieu sportif,
8. Un film de procès,
10. Un film qui a reçu la Palme d'or,

11. Un documentaire,
13. Un film qui a marqué mon enfance ou mon adolescence,
14. Un film que j'aime bien secrètement,
17. Un film engagé,
19. Un film qui m'a fait pleurer,

20. Un film qui m'a fait pleurer de rire,
21. Un film d'un réalisateur que j'adore,
24. Un film recommandé par quelqu'un,
26. Un film que mon père adore,
27. Un film adapté d'un livre que j'ai lu,
28. Un film ayant obtenu un Oscar,

33. Un film avec un mariage,
35. Un film avec un prénom dans le titre,
36. Un film que je dois voir depuis des années sans occasion,
40. Un film qui n'est pas sorti en salles en France.

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Et maintenant ?
Voilà, les ami(e)s ! Simple constat: j'ai encore du film sur la planche. Sauf imprévu, je publierai un autre point d'étape dans... deux mois !

jeudi 30 mars 2017

Une séparation

Allez, je le dis tout de suite: Love is strange ne m'a pas emballé. J'attendais mieux de ce long-métrage, chronique un peu conformiste de la vie d'un couple d'hommes d'âge mûr, juste mariés et qu'un sort contraire prive des bonheurs de la cohabitation. Les personnages secondaires m'ont paru crétins, à trop oublier cette tragédie intime...

C'est fort dommage, parce que, dans les premiers rôles, j'ai trouvé que John Lithgow et Alfred Molina étaient séduisants et convaincants. Un aveu: je ne les connaissais pas avant. Leur longue carrière passée m'avait absolument échappé. Bref... ma petite séance de rattrapage aura quand même été utile. Le seul truc, c'est que Love is strange m'a paru beaucoup trop linéaire, prévisible et presque à 100% orienté pour une démonstration d'inéluctable injustice. Les protagonistes m'ont semblé d'emblée résignés à leur triste destin, sans combattre réellement. Je respecte cette idée de dramaturgie, mais je reste sceptique sur son intérêt véritable. Ploum ploum ! Je passe à côté...

Ce coup d'épée dans l'eau fait que je n'ai plus trop de choses à mettre en avant pour la défense du film. Je peux facilement croire cependant que d'autres ciné-addicts l'aimeront mieux que moi. Je dois signaler pour leur gouverne que l'action se déroule à New York et que la ville est filmée de façon tout à fait reconnaissable (et plutôt belle). D'ailleurs, loin de mes bémols, je veux dire aussi que Love is strange a fait une belle carrière festivalière, en étant notamment présenté aux rassemblements de Sundance, Berlin et Deauville, courant 2014. D'aucuns pensent qu'il a ensuite été raccourci et, de fait, j'ai trouvé qu'il finissait assez abruptement. Bien... on dira donc que moi aussi !

Love is strange
Film américain d'Ira Sachs (2014)

Du même auteur, j'ai entendu parler de Brooklyn village, son film suivant. J'ai aussi lu quelques comparaisons avec le travail new-yorkais d'un certain... Woody Allen, rien que ça ! C'est exagéré ! Pour ramener les choses à leur mesure, je vous recommanderais plutôt de jeter un oeil à un petit film comme Ruth & Alex, modeste dans ses enjeux, mais je crois sincère. Et j'écoute vos suggestions...

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Hop ! Un nouveau pas pour le Movie Challenge...

C'est avec joie que je valide la catégorie n°34: "Un film LGBT".

Et hop ! Un petit saut à faire chez mes p'tits camarades...
Je vous renvoie aux avis exprimés par Pascale, Dasola et Sentinelle.

mardi 28 mars 2017

Rohmer à Séoul ?

Pour la seconde fois en un peu plus de huit mois, mon association cinéphile a retenu un film de Hong Sang-soo dans sa programmation. Désolé: je vais faire court. Yourself and yours, 18ème long-métrage du cinéaste sud-coréen, ne m'a pour tout dire ni déplu, ni emballé. Allez, je vais tout de même vous en toucher quelques mots rapides...

Chabadabada...
Par ce clin d'oeil ironique à Claude Lelouch, je veux juste vous dire que le film parle bel et bien d'un homme et d'une femme. L'histoire commence quand, après une violente dispute, Yeong-soo et Min-jeong se séparent, Monsieur accusant Madame de boire de gros volumes d'alcool en cachette, alors qu'elle avait promis d'arrêter. Calomnie ? Rien n'est sûr. Mais cette cause de rupture apparait plutôt faiblarde...

Et alors ? Qu'arrive-t-il ?
Je ne vais quand même pas tout vous dire ! Je veux juste indiquer sommairement qu'après la brisure du couple, la caméra nous propose de suivre les deux personnages séparément. Auprès de quelques amis supposés, Yeong-soo regrette de s'être emporté contre sa compagne. Min-jeong, elle, arpente les bistros et rencontre des gens qui croient la reconnaître. Elle raconte des bobards et les assure de leur erreur...

Et la forme, dans tout ça ?
Elle privilégie les (très) longues scènes dialoguées, en une succession de plans fixes: à gauche et à droite, mes voisins se sont endormis ! Quelques zooms (et/ou images fantasmées) viennent améliorer l'ordinaire, mais le film ne se distingue pas par son brio technique. Cela dit, je peux comprendre qu'on soit sensible à ce style particulier. Mon peu d'intérêt est plutôt à mettre au discrédit d'un scénario light.

Et donc ? C'est mon dernier mot ?
Non ! À ma grande surprise, le fin du film m'a plu, ce qui me conduit donc à relever ma note d'une demi-étoile. Une curieuse parabole autour des vertus comparées du melon et de la pastèque a fait naître sur mon visage un p'tit sourire, in extremis. Reste une impression d'avoir vu un film qui aurait aussi bien pu être une pièce de théâtre. Je le dis sans aucune rancune: j'attends autre chose du septième art.

Yourself and yours
Film sud-coréen de Hang Sang-soo (2016)

Toi-même et les tiens: même la traduction - approximative - du titre d'exploitation... en France (!) n'éclaire guère ma lanterne sceptique. Certains comparent ce cinéma à celui d'Eric Rohmer: je m'y retrouve davantage. Cela dit, je n'accroche pas des masses, donc. Du cinéma coréen qui m'a plu ? My sassy girl ou, bien plus trash, Mademoiselle. Mais le septième art, en Corée, parait aussi diversifié que le nôtre...

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J'ai tant à découvrir, encore...

En bonus, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l'ami Strum