lundi 21 novembre 2022

L'amour en couleurs

Le rapport de Mathieu Kassovitz au cinéma français m'étonne encore. J'imagine qu'il aurait préféré qu'on écoute davantage son discours plutôt que d'admirer son talent, mais tout est imbriqué, pas vrai ? Récemment, j'ai regardé son premier long-métrage: Métisse. L'oeuvre d'un garçon de 26 ans qui sait saisir quelque chose de l'air du temps...

Le scénario imagine un trio composé des jeunes Lola, Félix et Jamal. Elle est enceinte. Eux apprennent - de sa bouche - qu'elle est sortie avec l'un et l'autre, sans se poser alors la moindre barrière morale. Résultat: elle ne sait pas qui est le père de son enfant. Et s'en fiche. Sauf qu'évidemment, les garçons, eux, ne sont vraiment pas prêts. Devenir papa, à la rigueur, mais avec un rival ? Ce n'est pas sérieux. Métisse l'est pourtant, qui dresse un mini-portrait d'une jeunesse française aux couleurs multiples et possiblement complémentaires. Cette mixité surprend et, d'après moi, rend le film très agréable. Pourquoi attendre des conflits ? Auteur, réalisateur et acteur, Kasso' choisit de traiter son joli sujet sous l'angle de la tendre comédie. Impeccable dans le rôle du p'tit Juif de service, il a eu l'intelligence d'attribuer le second rôle masculin à son pote Hubert Koundé, génial en fils de diplomate africain. Et bien sûr, il y a Julie Mauduech ! L'impeccable comédienne est le soleil de ce film énergique et joyeux. Évidemment, je ne veux surtout pas révéler comment il se termine...

Métisse
Film français de Mathieu Kassovitz (1993)

Une vraie réussite. Sa bande-originale la replace dans son époque d'une telle façon que le film a presque des allures de (gentil) OVNI dans le paysage actuel. Il faut dire que trente ans ont passé, aussi. Auriez-vous des suggestions pour un Jules et Jim des années 2020 ? Moi, je reste avec Kasso': le film est arrivé juste avant La haine. Bien sûr, on peut lui préférer Le fabuleux destin d'Amélie Poulain...

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Des amateurs, dans la salle ?

J'en ai trouvé un: l'ami Laurent, porté disparu depuis quelque temps. J'espère que lui et d'autres pourront se manifester en commentaires !

samedi 19 novembre 2022

Hégémonie ?

Je viens d'enchaîner quatre films américains et ce n'était plus arrivé depuis... longtemps. D'ailleurs, sans vouloir entrer dans des calculs complexes, je remarque que j'en vois de moins en moins depuis 2019. Est-ce un effet d'une offre post-crise sanitaire plus faible ? Possible. J'imagine aussi que mes goûts ont pu évoluer et ma curiosité grandir.

Je connais des gens qui ne jurent guère que par le cinéma américain. D'autres qui le rejettent très massivement. La nationalité d'un film importe-t-elle vraiment ? Et est-il tout à fait logique de considérer qu'elle est celle de ses producteurs ? Même les meilleurs connaisseurs n'ont pas de réponse unanime à ces deux questions. Mon opinion personnelle consiste à dire que le septième art est une fenêtre ouverte sur l'autre. C'est pourquoi je m'intéresse aux pays d'origine des films que je regarde. Je constate que l'hégémonie des États-Unis est réelle, mais limitée, dès lors que je parle bien de "mes" écrans. Sincèrement, cela ne me désole pas: j'ai d'autres pays à observer. L'Ukraine a notamment rejoint la liste cette année - dans le contexte international que vous connaissez. Quel sera le prochain ? Je l'ignore. Pour l'instant, la France est dominante. Et il se peut que cela dure ! Sans pour autant que j'oublie alors le reste du monde. Ou Hollywood...

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Et comment illustrer ce propos ?

J'ai opté pour Les marches du pouvoir de et avec George Clooney. Un film américain, oui. Sorti en 2011, mais que je n'ai pas encore vu.

mercredi 16 novembre 2022

L'innocence en lambeaux

Eh bien dis donc ! Martin Scorsese va avoir 80 ans demain ! Le hasard a voulu que je tombe, il y a quelques jours, sur son tout premier film commandé par un studio: Bertha Boxcar - qui, lui, en a cinquante. Cette oeuvre "de jeunesse" a été tournée grâce au célèbre producteur américain Roger Corman. Dont je reparlerai peut-être un autre jour...

Cette fois, je confirme juste que je m'intéresse à ce cinéma fabriqué aux States dans les années 70. Bertha Boxcar n'est pas le pionnier d'un nouveau genre, mais s'inscrit bien dans une tendance d'époque. Parmi d'autres longs-métrages porteurs d'idées sociales "innovantes" !

Le film dresse le portrait d'une jeune femme, en plaçant son propos dans un État du Sud et au cours de la crise économique post-1929. Soudaine, la mort du père de Bertha l'entraîne dans une dérive criminelle aux côtés d'un travailleur anarchiste et d'autres parias. Toute la force de ce vrai-faux biopic réside, je crois, dans son impact émotionnel. Ne voir en l'orpheline que la simple victime d'un système me semble très hasardeux, mais je n'arrive pas à légitimer l'attitude brutale des puissants face à l'envie de révolte de sa (petite) bande. Formellement parlant, j'ai senti un film aux moyens financiers limités et, à vrai dire, je l'ai justement trouvé plutôt attachant pour cela. Dans le rôle-titre, Barbara Hershey se donne à fond, avec une dose d'érotisme qui ne trouverait plus du tout sa place dans le cinéma d'aujourd'hui, à mon avis. Je n'oublie pas les principaux personnages masculins, qui m'ont paru portés par le talent et la sincérité du trio formé par David Carradine, Barry Primus et Bernie Casey. À re-voir...

Bertha Boxcar
Film américain de Martin Scorsese (1972)

J'ai lu un bon nombre de critiques qui parlaient d'une oeuvre mineure dans la filmographie du cinéaste: c'est dur, pour un quasi-débutant. J'aimerais bien désormais voir le Bonnie et Clyde d'Arthur Penn, film de référence du genre, paraît-il, qui est sorti en 1967. Je fais un lien thématique avec d'autres plus récents: Les moissons du ciel (1978) devant La porte du paradis (80) et, du côté anglais, Comrades (87) !

lundi 14 novembre 2022

Une, deux, trois...

OK... David O. Russell s'est sans doute fait plaisir avec Amsterdam. Est-ce un problème ? Je ne crois pas. Toutes les critiques que j'ai lues sur le film mettent en avant son casting prestigieux: c'est logique. Autant le reconnaître: c'est aussi cette troupe qui m'a d'abord attiré. Oui, elle et le réalisateur lui-même. Dont j'avais vu cinq autres opus !

Un trio assure la tête d'affiche: la jolie Margot Robbie prend ses aises aux côtés de Christian Bale et John David Washington (fils de Denzel). Ces trois-là sont censés s'être connus lors de la Première guerre mondiale. Blessés sur le front français, les garçons ont été soignés par la fille, infirmière collectionneuse des petits bouts de métal délogés du corps de ses patients - une lubie que le film justifiera. Quand la paix revient finalement en Europe, Valerie, Burt et Harold s'engagent à rester solidaires et mènent la grande vie aux Pays-Bas. Malheureusement, cela ne dure pas... et on retrouve les ex-soldats dans l'Amérique de 1933, chargés d'enquêter sur la mort d'un homme respecté et bientôt accusés - à tort - d'un meurtre des plus sordides. C'est bon ? Vous suivez ? Amsterdam est un film très bavard et dense.

C'est peut-être le principal reproche qu'on puisse lui faire, en réalité. Visuellement soigné, le long-métrage ne nous laisse aucun répit narratif pour bien assimiler ses enjeux et comprendre une intrigue complexe. Le temps passé à regarder les stars (dont Robert de Niro !) est perdu pour le suivi du scénario, ce qui peut être assez déroutant. Amsterdam s'inspire d'une histoire vraie et peut trouver des échos dans notre monde d'aujourd'hui, mais sa dimension très américaine suppose du spectateur européen une attention soutenue, deux heures durant. Pour ma part, je me suis accroché... et j'ai plutôt apprécié. J'ai envie de vous dire que le film est ambitieux et un peu excessif parfois. La médaille et son revers, en somme, et c'est vrai également que, le plus souvent, le cinéma contemporain est moins "gourmand". Même Hollywood ne déploie pas systématiquement pareille artillerie. D'aucuns en concluent dès lors que David O. Russell s'est fait plaisir. D'autres jugent qu'il court après les Oscars. Tout cela est possible. Faudrait-il donc lui reprocher ? Je préfère n'en retenir que le positif...

Amsterdam
Film américain de David O. Russell (2022)

Je ne sais pas dire si le récit est optimiste ou non: il me faut préciser qu'il contient une certaine part d'ombre, mais en dévoiler davantage serait sûrement trop en révéler (et, du coup, vous gâcher la surprise). Ma certitude: pareil film ne déboule pas tous les jours sur nos écrans. Le traitement de l'histoire rappelle l'aspect débridé d'un P.T. Anderson comme Inherent vice. Un peu foldingue, oui. Et vous voilà prévenus !

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Si vous cherchez une critique très enthousiaste...

Ne cherchez plus ! Vous n'aurez qu'à aller lire celle de l'amie Pascale.

samedi 12 novembre 2022

Sales gosses !

Une fois n'est pas coutume: aujourd'hui, je vais présenter un remake. Les grands connaisseurs sauront qu'il s'agit également du dernier film de Christopher Reeve avant l'accident qui le laissa tétraplégique. L'acteur aurait 70 ans aujourd'hui: dans ce film plutôt mal accueilli lors de sa sortie, il succède à George Sanders dans un rôle-clé. Good !

À la vue de l'image ci-dessus, certain(e)s d'entre vous auront compris que c'est Le village des damnés - 1995 - que j'évoque aujourd'hui. Comme dans le premier, l'histoire tourne autour d'une communauté villageoise frappée soudain d'un mal étrange: un évanouissement simultané de l'ensemble de la population. On découvrira par la suite que toutes les femmes en âge d'avoir des enfants... sont enceintes. Et que les bébés, bien loin d'être d'adorables poupons, sont capables d'explorer les pensées des adultes, au point de leur devenir nuisibles. Ce que j'apprécie ici, c'est que l'angoissant scénario ne livre au fond qu'une partie des réponses aux questions qu'il pose au long du récit. Pour le reste, l'intrigue reste très proche de celle de l'opus de 1960. Quelques scènes spectaculaires viennent rappeler que le réalisateur n'est pas un manchot, même si je dirais qu'il a également fait mieux. Allez... je ne regrette pas mon choix de regarder ce film pour autant !

Le village des damnés
Film américain de John Carpenter (1995)

Le simple fait d'un peu mieux connaître ce ponte du cinéma de genre suffit à mon bonheur du jour - même si ce n'est pas une fin en soi. Évidemment, les esthètes pourront (ou devront ?) se rapporter au film originel: en noir et blanc, Le village des damnés 1960 est superbe. J'ai quelques autres longs-métrages effrayants en attente, aussi ! Vous pourrez patienter avec Massacre à la tronçonneuse et Suspiria.

mercredi 9 novembre 2022

Le même... ou l'autre ?

C'est amusant: j'ai revu un film intitulé Illusions perdues un an pile après celui qui a adapté le roman éponyme de Balzac. Les passionnés de la littérature française du 19ème siècle découvriront une histoire différente de celle du fameux Lucien de Rubempré: celle de Jill Baker. Cette jeune femme choisit de voir un psy pour soigner... son hoquet !

Dans le New York chic des années 40, le couple modèle que l'héroïne forme avec son mari Larry est mis à mal. Après six ans d'un amour sincère, Madame est contrariée par quelques habitudes de Monsieur et, dans la salle d'attente de son thérapeute, rencontre un pianiste aussi ouvertement misanthrope qu'il en deviendrait presque attirant. Pas de doute: au cinéma, le triangle amoureux demeure un argument de comédie particulièrement efficace - s'il est traité avec finesse. Comme je l'espérais, c'est bien le cas dans ce film d'Ernst Lubitsch qui, malgré (ou grâce à) son âge avancé, reste tout à fait savoureux. Oui, Merle Oberon, Melvyn Douglas et Burgess Meredith m'ont régalé ! Ici et là, Illusions perdues flirte avec les limites de la bienséance cinématographique de son temps et c'est bien sûr ce qui fait son sel. La forme, elle aussi, est soignée: l'une des scènes les plus inspirées nous montre un plateau vide, l'homme et la femme qui l'occupaient jusqu'alors ayant cru bon de s'embrasser hors du champ de la caméra. Ce genre de petits détails est très souvent l'apanage des grands films.

Illusions perdues
Film américain d'Ernst Lubitsch (1941)

Surprise: tout ceci est l'adaptation d'une pièce de théâtre française signée Victorien Sardou (1831-1908), l'auteur de Madame Sans-Gêne. Au besoin, je vous laisse vous reporter à mon index des réalisateurs pour y piocher d'autres Lubitsch parmi les meilleurs. Ce Hollywood frivole reste hautement recommandable. Et Vacances, Mon épouse favorite et L'impossible Monsieur Bébé pourraient vous plaire aussi !

lundi 7 novembre 2022

Fils à maman

Ce n'est plus un scoop: l'année est très difficile pour les cinémas français. Aïe ! Neuf des dix plus gros succès du box-office national sont des films américains. Je ne pense certes pas que L'innocent parviendra à inverser la tendance, mais cette sympathique comédie mériterait qu'on s'y attarde un instant. Vous m'en direz des nouvelles !

C'est l'histoire d'un jeune type, Abel, qui s'inquiète pour sa mère. Sylvie donne des cours de théâtre en prison et choisit de se remarier avec Michel, un détenu dont elle voudrait également faire son associé pour l'ouverture d'un magasin de fleurs. Or, le fiston le croit indigne de cette confiance et, avec son amie Clémence, se met à l'espionner. Et qu'arrive-t-il alors ? "Une autre histoire", ainsi que Gérard Blanc l'affirmait en chantant dans un tube consacré disque d'or en 1986. Rassurez-vous: le scénario est bel et bien orienté sur la rigolade. D'aucuns ont pu dire que cela n'empêche pas les scènes romantiques ou un certain suspense policier: c'est vrai aussi. On s'y retrouve bien !

Pour le casting, c'est un sans-faute, au moins pour les quatre rôles principaux. Louis Garrel, acteur-réalisateur, n'aura pas à rougir. Longtemps sceptique sur ce comédien, je commence à l'appréhender sous un jour nouveau... et cela me plaît plutôt. Il faut bien noter qu'ici, il peut s'appuyer sur le vrai Stradivarius qu'est Roschdy Zem pour lui donner une bonne réplique: improbable, le duo fonctionne. Côté féminin, j'attendais mieux d'Anouk Grinberg, mais me réjouis tant de son retour à l'écran que je ne veux pas faire la fine bouche. Cette fois, c'est surtout Noémie Merlant qui m'a épaté: L'innocent révèle un caractère comique que je n'avais pas soupçonné jusqu'alors. Quel abattage, mes aïeux: la belle part vraiment au quart-de-tour ! Cela dit, ainsi que je l'ai suggéré, c'est au cours d'une séquence émouvante que le film donne véritablement le meilleur de lui-même. Seul bémol à mes yeux, la fin, elle, est un peu expéditive. Un détail...

L'innocent
Film français de Louis Garrel (2022)

Ma note aurait dû être un cran en-dessous: j'ai arrondi pour saluer une douceur made in France éloignée de la tendance pipi-caca-prout de cetains de nos chers contemporains. Une preuve supplémentaire que le cinéma français se défend bien quand les moyens suivent. Pierre Salvadori (Cible émouvante, Hors de prix, En liberté ! ...) serait un bon chef de file pour les comédies de ce genre, à mon sens !

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Une anecdote...
Louis Garrel a choisi de dédier le film à sa propre mère et à son fils.

Vous hésitez encore ?
Je peux comprendre. Je vous encourage donc à lire l'avis de Pascale.

samedi 5 novembre 2022

Double je(u)

Le temps file ! Cela faisait déjà plus de huit ans que je n'avais pas vu de film israélien. Le dossier Mona Lina a également des producteurs allemands, mais je préfère retenir la nationalité de son réalisateur. D'une certaine façon, le long-métrage navigue entre les deux pays. L'essentiel du propos se concentre autour de deux femmes "rivales"...

Lina, bien intégrée dans la société libanaise, a livré des informations décisives au Mossad pour déjouer les plans terroristes du Hezbollah. Après avoir été exfiltrée de Beyrouth, elle a subi une opération chirurgicale pour changer de visage et reprendre une vie "normale" dans son exil forcé. À Hambourg, il lui faut encore vivre quinze jours sous la protection de Naomi, jeune agente des services secrets israéliens. Bon... je regrette, mais tout cela ne m'a pas passionné. Sans être mauvais, Le dossier Mona Lina s'avère assez frustrant. Bavard, le film repose sur un suspense relatif et en oublie les scènes d'action pure que j'avais d'abord espérées au vu de la bande-annonce. Certains critiques estiment que sa sécheresse est son plus bel atout. Personnellement, j'ai trouvé que les deux personnages principaux arrivaient à se rapprocher pour une raison bien trop peu crédible. Résultat: à peine plus de 24.000 entrées en France. Un bon gros flop !

Le dossier Mona Lina
Film germano-israélien d'Eran Riklis (2018)

Ce n'est qu'en relisant le titre après coup que j'ai fini par comprendre qu'il ne serait jamais question de la Joconde: fâcheuse confusion ! Même si les deux comédiennes (Golshifteh Farahani et Neta Riskin) font ce qu'elles peuvent, le long-métrage est plombé par son rythme indolent. Autant le dire: je préfère Un homme très recherché. Trouver de bons films d'espionnage peut être difficile: Les patriotes reste l'un des rares bons exemples en France. Et Espion(s) m'a déçu...

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Un échec public, donc...

En fouillant chez Pascale, j'ai trouvé une autre critique TRÈS mitigée !

vendredi 4 novembre 2022

Rima, Jack et moi

Il me faut l'admettre: Rima Abdul-Malak reste une inconnue pour moi. La ministre de la Culture a choisi de se mettre en scène dernièrement dans une vidéo où elle ignore les courriers et appels de Jack Lang. Dans ce court clip, elle quitte son bureau de la rue de Valois pour aller au cinéma et, en fin de compte, y croiser son prédécesseur. Humour !

L'ex-conseillère culturelle de Bertrand Delanoë, maire de Paris, estime que le septième art se portera beaucoup mieux si les adolescents retournent dans les salles obscures. Des sources de financement publiques sont fléchées vers ce - très - louable objectif, semble-t-il. Le dispositif du Pass'Culture devrait notamment être encore renforcé. D'aucuns relèvent cependant que le gouvernement d'Elisabeth Borne paraît ne pas vouloir s'associer à des États généraux du cinéma éventuellement organisés par la profession. C'est assez regrettable...

Je n'ai pas eu les chiffres pour octobre, mais le mois de septembre dernier a été le plus calamiteux en termes de fréquentation des salles depuis quarante ans ! La ministre, quant à elle, promeut un hashtag revendicatif - #MaBonneRaison - pour que les adeptes des réseaux sociaux exposent publiquement ce qui les pousse à aller au cinéma. Consterné, je peste contre la partie de nos élites qui voient cela comme le loisir le plus accessible (sortent-ils en famille, parfois ?). C'est avec dépit que j'ai appris qu'en réaction, d'autres internautes militants défendent le hashtag #BoycottCinémaFrançais, sans nuance. Bref... comme dirait Alexandre Astier, on n'est pas sorti des ronces. Et j'ai moi-même une "marge de progression", n'ayant vu que deux des vingt films en tête du box-office 2022 provisoire ! Comme quoi...

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Mon propos n'est bien sûr pas définitif...

Je vous invite donc cordialement à échanger dans les commentaires. Demain, pour finir la semaine, j'ai un nouveau film à vous présenter !

mercredi 2 novembre 2022

Ces chers parents...

C'est avec plaisir que j'attaque l'avant-dernier mois de cette année avec une sucrerie: certains critiques estiment que Ticket to paradise s'inscrit dans la tradition hollywoodienne de la comédie de remariage. Le duo glamour Julia Roberts / George Clooney aura en tout cas suffi pour m'attirer vers ce (petit) film, rempli de sourires et de couleurs...

Bien que le tournage ait eu lieu en Australie, c'est à Bali que Georgia et David sont censés avoir atterris. Divorcés, incapables de passer plus d'une demi-minute ensemble sans s'exprimer toute leur rancoeur réciproque, ils n'en signent pas moins une trêve provisoire sur la base d'une ultime envie commune: celle d'empêcher leur fille de se marier ! Lily était censée devenir avocate à Los Angeles, jusqu'à ce qu'un coup de foudre pour un beau garçon des îles rencontré lors de ses vacances vienne soudain tout chambouler. Bon... je suis presque convaincu qu'après avoir lu ces quelques lignes, vous pouvez deviner la suite. C'est un fait: Ticket to paradise n'affiche pas une grande originalité. OK, c'est un euphémisme, et le film est très franchement déconseillé par une partie importante de la presse spécialisée. J'étais bien luné quand je l'ai vu et, franchement, en connaissance de cause, ça passe. Sauf si vous êtes allergiques aux deux têtes d'affiche, bien entendu...

Ticket to paradise
Film américain d'Ol Parker (2022)

Trois étoiles et demie, c'est beaucoup, mais mes dernières vacances ensoleillées sont bien loin - et j'ai trouvé ici un peu de dépaysement. Of course, tout repose sur Julia et George, mais leur plaisir à jouer ensemble est plutôt communicatif. J'ai vu de bien pires comédies. Revenir maintenant vers les classiques pourrait être une bonne idée. Je conseille New York - Miami pour bien démarrer. D'autres suivront !