Me revoilà ! Comme prévu et annoncé, je relance Mille et une bobines aujourd'hui, non sans vous souhaiter à toutes et tous une belle année. Difficile d'imaginer qu'elle puisse être pire que 2020 pour le cinéma ! Cela dit, par prudence ou superstition, je préfère ne pas m'emballer. Dans un premier temps, je m'en tiendrai au programme déjà envisagé avant ma pause: je vais chroniquer les derniers films que j'ai pu voir fin décembre et enchaînerai avec un retour sur les tops du millésime. Je vise une mise à jour quotidienne pour (re)commencer... à partir de vendredi midi. Autre bonne résolution: faire un tour sur mes blogs préférés, histoire de me mettre dans le rythme. It's showtime, folks !
mercredi 6 janvier 2021
dimanche 20 décembre 2020
Le fil interrompu
Cette fois, ça y est: on arrive au bout de cette drôle d'année 2020. L'heure est venue de vous annoncer ma traditionnelle pause hivernale et de vous donner un rendez-vous autour du 6 janvier pour la suite. Mon programme de reprise sera très classique, avec des chroniques sur les derniers films découverts ce mois-ci et les tops récapitulatifs du millésime bientôt écoulé (en trois parties, comme l'an passé). Privé de salles obscures pendant cette trêve, j'espère que le Père Noël daignera sortir de la sienne pour nous faire oublier le coronavirus. Avant de le vérifier, je vous souhaite à toutes et tous de belles fêtes. Promis, on reparle de cinéma dans trois petites semaines. À bientôt !
samedi 19 décembre 2020
Blouses blanches
Je me suis dit que ce serait bien de reparler des personnels soignants. C'est la raison qui explique que j'ai voulu voir Hippocrate et le chroniquer avant la fin de cette année ô combien particulière. Réalisé par un ancien médecin, ce film de fiction suit les premiers pas d'un interne dans une structure hospitalière publique. Un beau sujet...
Thomas Lilti admet que son film est très largement autobiographique. Pour l'anecdote, il a d'ailleurs souligné que le personnage principal portait son deuxième prénom. Il voulait également rendre une forme d'hommage à ses douze années passées à apprendre la médecine. Avec un certain souci de réalisme, à l'opposé des images véhiculées par les séries télé: "Je me suis donc replongé dans mes souvenirs pour retrouver les sensations formelles de ce que j'avais connu" (sic). Hippocrate est presque un huis-clos: les occasions de quitter l'hôpital sont rares, comme elles le sont, j'imagine, dans la réalité des choses. Le film n'est jamais ni larmoyant, ni étouffant. Et je le juge crédible !
Les acteurs le sont aussi et j'ai été content d'en revoir quelques-uns que j'aime bien: Reda Kateb, Jacques Gamblin et Vincent Lacoste. Hormis celui de Marianne Denicourt, il m'a semblé que les rôles féminins étaient un peu plus en retrait: c'est d'autant plus dommage que les hommes ne me semblent pas majoritaires à l'hôpital public. Qu'importe, au fond: l'intérêt du film est ailleurs. J'ai envie de dire qu'il réside essentiellement dans la description fine du caractère social de la profession de soignant - et tout autant dans l'intelligence avec laquelle il expose la nécessaire solidarité entre les équipes. Hippocrate n'est pas une hagiographie du corps médical: s'il évoque le peu de moyens dont les professionnels disposent, il montre aussi combien ils s'opposent parfois en matière de stratégie thérapeutique. C'est pertinent, oui, même si ce n'est pas forcément aussi touchant que j'avais pu l'espérer. D'où, au final, ma note restée un peu basse...
Hippocrate
Film français de Thomas Lilti (2014)
Une réussite, même si j'avais espéré pouvoir ajouter une demi-étoile. Les longs-métrages entièrement consacrés à l'hôpital semblent rares ! J'ai entendu parler de L'ordre des médecins, avec Jérémie Renier. Tout cela paraît franchement très sérieux, les ami(e)s ! Vous aurez peut-être envie d'aborder la question autrement ? Je vous dirais alors que La clinique de l'amour pourrait vous y aider. Pour rire, un peu...
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Une précision s'impose...
J'ai parlé de Thomas Lilti comme d'un ancien médecin: j'ai en fait lu qu'il n'exerçait plus depuis 2013. En mars, il bossait sur la saison 2 d'une série tirée d'Hippocrate quand le Covid-19 l'a obligé à arrêter de tourner. Résultat: il a remis sa blouse pour travailler aux urgences de l'hôpital qui lui servait de décor. Je vous applaudis, Monsieur Lilti !
Et pour en revenir au film...
Vous pourriez à présent vous tourner vers l'avis - mitigé - de Pascale. Je m'étais trompé en pensant qu'elle ne serait pas la seule à en parler.
Thomas Lilti admet que son film est très largement autobiographique. Pour l'anecdote, il a d'ailleurs souligné que le personnage principal portait son deuxième prénom. Il voulait également rendre une forme d'hommage à ses douze années passées à apprendre la médecine. Avec un certain souci de réalisme, à l'opposé des images véhiculées par les séries télé: "Je me suis donc replongé dans mes souvenirs pour retrouver les sensations formelles de ce que j'avais connu" (sic). Hippocrate est presque un huis-clos: les occasions de quitter l'hôpital sont rares, comme elles le sont, j'imagine, dans la réalité des choses. Le film n'est jamais ni larmoyant, ni étouffant. Et je le juge crédible !
Les acteurs le sont aussi et j'ai été content d'en revoir quelques-uns que j'aime bien: Reda Kateb, Jacques Gamblin et Vincent Lacoste. Hormis celui de Marianne Denicourt, il m'a semblé que les rôles féminins étaient un peu plus en retrait: c'est d'autant plus dommage que les hommes ne me semblent pas majoritaires à l'hôpital public. Qu'importe, au fond: l'intérêt du film est ailleurs. J'ai envie de dire qu'il réside essentiellement dans la description fine du caractère social de la profession de soignant - et tout autant dans l'intelligence avec laquelle il expose la nécessaire solidarité entre les équipes. Hippocrate n'est pas une hagiographie du corps médical: s'il évoque le peu de moyens dont les professionnels disposent, il montre aussi combien ils s'opposent parfois en matière de stratégie thérapeutique. C'est pertinent, oui, même si ce n'est pas forcément aussi touchant que j'avais pu l'espérer. D'où, au final, ma note restée un peu basse...
Hippocrate
Film français de Thomas Lilti (2014)
Une réussite, même si j'avais espéré pouvoir ajouter une demi-étoile. Les longs-métrages entièrement consacrés à l'hôpital semblent rares ! J'ai entendu parler de L'ordre des médecins, avec Jérémie Renier. Tout cela paraît franchement très sérieux, les ami(e)s ! Vous aurez peut-être envie d'aborder la question autrement ? Je vous dirais alors que La clinique de l'amour pourrait vous y aider. Pour rire, un peu...
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Une précision s'impose...
J'ai parlé de Thomas Lilti comme d'un ancien médecin: j'ai en fait lu qu'il n'exerçait plus depuis 2013. En mars, il bossait sur la saison 2 d'une série tirée d'Hippocrate quand le Covid-19 l'a obligé à arrêter de tourner. Résultat: il a remis sa blouse pour travailler aux urgences de l'hôpital qui lui servait de décor. Je vous applaudis, Monsieur Lilti !
Et pour en revenir au film...
Vous pourriez à présent vous tourner vers l'avis - mitigé - de Pascale. Je m'étais trompé en pensant qu'elle ne serait pas la seule à en parler.
vendredi 18 décembre 2020
Derrière la plume
Mon héroïne d'aujourd'hui est presque l'opposée de celle d'hier. Anglaise, vivant au 19ème siècle - de 1797 à 1851 - et d'une nature indépendante, Mary Wollstonecraft Godwin s'est jadis fait connaître pour ses talents d'auteure et son roman le plus célèbre: Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818). Cela méritait sans doute un biopic !
Si je m'y suis plongé, c'est tout d'abord pour retrouver l'actrice principale, Elle Fanning, que j'aime beaucoup, et aussi la réalisatrice de ce que j'imagine être un film de commande, Haifaa Al-Mansour. D'après ce que j'ai lu ensuite, elle a tenu à réécrire tout le scénario ! Le portrait proposé dans Mary Shelley n'est pas exactement celui d'une femme moderne, mais c'est à tout le moins celui d'une femme libre. Bien que très jeune encore, l'intéressée entretient une relation scandaleuse avec un homme marié, Percy Shelley, certes assez habile pour amadouer le père de sa compagne, mais fort peu sympathique au demeurant. Autant le dire sans attendre: le sujet n'est pas léger...
Moi qui aime tant les récits en costumes, j'ai trouvé le film empesé. De gros moyens semblent avoir été investis dans la reconstitution d'époque, mais, sans que je sache quoi, quelque chose paraît faux. C'est peut-être bien le caractère même des personnages qui déteint sur le décorum: lorsque Mary remet en question ses choix de vie adolescents pour tenter d'être heureuse, on se rend vite compte qu'autour d'elle, il n'y a pas que des gens désintéressés et généreux. Je m'étais imaginé que je serai fort intéressé, mais sans que je parle d'un mauvais film, j'admets que je me suis senti assez indifférent. Dommage: quand la jeune femme est enfin reconnue à sa juste valeur dans cette société d'hommes, on mesure bien toute son importance. Elle pourrait me conduire à la rejoindre, un jour, au rayon littérature !
Mary Shelley
Film britannique de Haifaa Al-Mansour (2018)
Je n'ai pas détesté, mais je m'attendais sincèrement à quelque chose de plus vibrant. La cinéaste (saoudienne !) placée derrière la caméra m'avait bien davantage convaincu avec son premier opus: Wadjda. Elle Fanning, je la préfère dans 20th century women, un autre film féministe. Bon... j'exagère, c'est vrai, car le cadre n'est pas le même. Quitte à choisir, autant revoir Sibel, un coup de coeur encore récent !
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Si jamais vous vouliez un avis féminin...
Je peux désormais vous renvoyer à la chronique proposée par Pascale.
Si je m'y suis plongé, c'est tout d'abord pour retrouver l'actrice principale, Elle Fanning, que j'aime beaucoup, et aussi la réalisatrice de ce que j'imagine être un film de commande, Haifaa Al-Mansour. D'après ce que j'ai lu ensuite, elle a tenu à réécrire tout le scénario ! Le portrait proposé dans Mary Shelley n'est pas exactement celui d'une femme moderne, mais c'est à tout le moins celui d'une femme libre. Bien que très jeune encore, l'intéressée entretient une relation scandaleuse avec un homme marié, Percy Shelley, certes assez habile pour amadouer le père de sa compagne, mais fort peu sympathique au demeurant. Autant le dire sans attendre: le sujet n'est pas léger...
Moi qui aime tant les récits en costumes, j'ai trouvé le film empesé. De gros moyens semblent avoir été investis dans la reconstitution d'époque, mais, sans que je sache quoi, quelque chose paraît faux. C'est peut-être bien le caractère même des personnages qui déteint sur le décorum: lorsque Mary remet en question ses choix de vie adolescents pour tenter d'être heureuse, on se rend vite compte qu'autour d'elle, il n'y a pas que des gens désintéressés et généreux. Je m'étais imaginé que je serai fort intéressé, mais sans que je parle d'un mauvais film, j'admets que je me suis senti assez indifférent. Dommage: quand la jeune femme est enfin reconnue à sa juste valeur dans cette société d'hommes, on mesure bien toute son importance. Elle pourrait me conduire à la rejoindre, un jour, au rayon littérature !
Mary Shelley
Film britannique de Haifaa Al-Mansour (2018)
Je n'ai pas détesté, mais je m'attendais sincèrement à quelque chose de plus vibrant. La cinéaste (saoudienne !) placée derrière la caméra m'avait bien davantage convaincu avec son premier opus: Wadjda. Elle Fanning, je la préfère dans 20th century women, un autre film féministe. Bon... j'exagère, c'est vrai, car le cadre n'est pas le même. Quitte à choisir, autant revoir Sibel, un coup de coeur encore récent !
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Si jamais vous vouliez un avis féminin...
Je peux désormais vous renvoyer à la chronique proposée par Pascale.
jeudi 17 décembre 2020
Illusions amoureuses
Qui est Asako ? Une jeune femme effacée qui travaille dans un café. Le hasard lui permet de rencontrer Baku, un garçon brun et ténébreux dont elle tombe intensément amoureuse. Un matin, le bel Apollon disparaît et la malheureuse est si triste qu'elle refait sa vie ailleurs. Jusqu'au jour où elle rencontre Ryohei, parfait sosie de l'ex évanoui...
Le titre Asako I & II m'avait laissé imaginer un film en deux parties distinctes. Et donc ? C'est (un peu) plus complexe que cela, en réalité. Entre le début du récit et sa conclusion, l'héroïne évolue, mais je crois qu'il y a ici bien davantage à observer qu'un avant et un après. Concrètement, la complète évacuation du premier des personnages masculins survient très rapidement et, à partir de là, c'est un portrait de femme que le scénario dessine. Il en dit long aussi sur la société nipponne, marquée par une grande âpreté des rapports humains. Entre adultes du sexe opposé, les lourdes conventions et les non-dits s'avèrent très souvent ravageurs, a fortiori pour l'introvertie Asako...
Le trouble que procure ce long-métrage est d'autant plus profond qu'un seul et même acteur interprète les rôles de Baku et Ryohei. Celui d'Asako est plus "ordinaire", mais je vous dis cela sans remettre en cause les qualités d'interprétation de la comédienne. Un élément pourrait vous dérouter, cependant: la timidité de son personnage occupe un tel espace qu'on peut la considérer mollassonne, parfois. Vous verrez qu'à l'inverse, elle peut également être très déterminée ! Les critiques professionnels ont rivalisé d'éloges pour rendre compte d'un film jugé sensible et délicat, d'une profonde humanité (je cite). Moi, j'ai vu de belles choses, mais il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour m'emballer vraiment. Une mention spéciale pour une séquence de tremblement de terre, que j'ai interprétée comme une métaphore des tourments des protagonistes. Le film n'a toutefois pas cette aura fantastique que j'aime dans un certain cinéma japonais. Dommage...
Asako I & II
Film japonais de Ryusuke Hamaguchi (2018)
J'espérais - un peu - mieux d'un réalisateur méconnu, mais sorti du lot des anonymes avec ce long-métrage. Pour autant, je n'ai pas renoncé à découvrir sa fresque, Senses, cinq grosses heures de cinéma découpées en cinq épisodes. Pour la sensibilité, je vous renvoie aussi vers mon cinéaste japonais préféré: Hirokazu Kore-eda (voir index). Un autre parallèle à envisager: Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa.
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Le film s'est taillé une jolie réputation sur la toile...
Vous le retrouverez (notamment) chez Pascale, Dasola, Strum et Lui.
Le titre Asako I & II m'avait laissé imaginer un film en deux parties distinctes. Et donc ? C'est (un peu) plus complexe que cela, en réalité. Entre le début du récit et sa conclusion, l'héroïne évolue, mais je crois qu'il y a ici bien davantage à observer qu'un avant et un après. Concrètement, la complète évacuation du premier des personnages masculins survient très rapidement et, à partir de là, c'est un portrait de femme que le scénario dessine. Il en dit long aussi sur la société nipponne, marquée par une grande âpreté des rapports humains. Entre adultes du sexe opposé, les lourdes conventions et les non-dits s'avèrent très souvent ravageurs, a fortiori pour l'introvertie Asako...
Le trouble que procure ce long-métrage est d'autant plus profond qu'un seul et même acteur interprète les rôles de Baku et Ryohei. Celui d'Asako est plus "ordinaire", mais je vous dis cela sans remettre en cause les qualités d'interprétation de la comédienne. Un élément pourrait vous dérouter, cependant: la timidité de son personnage occupe un tel espace qu'on peut la considérer mollassonne, parfois. Vous verrez qu'à l'inverse, elle peut également être très déterminée ! Les critiques professionnels ont rivalisé d'éloges pour rendre compte d'un film jugé sensible et délicat, d'une profonde humanité (je cite). Moi, j'ai vu de belles choses, mais il m'a manqué un je-ne-sais-quoi pour m'emballer vraiment. Une mention spéciale pour une séquence de tremblement de terre, que j'ai interprétée comme une métaphore des tourments des protagonistes. Le film n'a toutefois pas cette aura fantastique que j'aime dans un certain cinéma japonais. Dommage...
Asako I & II
Film japonais de Ryusuke Hamaguchi (2018)
J'espérais - un peu - mieux d'un réalisateur méconnu, mais sorti du lot des anonymes avec ce long-métrage. Pour autant, je n'ai pas renoncé à découvrir sa fresque, Senses, cinq grosses heures de cinéma découpées en cinq épisodes. Pour la sensibilité, je vous renvoie aussi vers mon cinéaste japonais préféré: Hirokazu Kore-eda (voir index). Un autre parallèle à envisager: Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa.
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Le film s'est taillé une jolie réputation sur la toile...
Vous le retrouverez (notamment) chez Pascale, Dasola, Strum et Lui.
mercredi 16 décembre 2020
La vie sans elle
Il suffit parfois d'un rien pour que tout bascule. Un soir où la fatigue est trop forte, Paul Anderen, écrivain, a une dispute avec sa femme. Frustré de ne pas savoir finir son roman, il ne réalise pas vraiment qu'elle vit, elle aussi, un temps difficile dans son boulot de médecin. Les mots fusent, incontrôlés. Partie travailler, Sarah ne revient pas...
Des vents contraires a été mon dixième film français de novembre. Jamais auparavant, je n'en avais regardé autant en un seul mois. C'est d'abord par sa distribution (Benoît Magimel, Audrey Tautou, Isabelle Carré, Ramzy Bedia, Antoine Duléry, Bouli Lanners, etc...) que ce supposé drame a attiré mon regard. Bien que de facture classique, il ne démérite pas: ce n'est pas génial, mais c'est sérieux. Un peu tire-larmes, peut-être, tant le pauvre bougre de personnage principal doit endurer de catastrophes successives, tout en gardant une forme de dignité pour préserver le reste de moral de ses enfants. Impossible de le nier: dans la vraie vie, ces choses-là arrivent aussi...
Bon... Le principal reproche que je pourrais adresser au scénario tiendrait plutôt à un effet d'accumulation qu'à une invraisemblance. Partant de là, vous seriez tout à fait en droit de vous demander quelles bonnes raisons on peut trouver pour s'infliger pareil spectacle. Au-delà du jeu des comédiens, déjà évoqué, je considère que le film mérite également le détour parce qu'il met en scène un homme abandonné à lui-même et qui, fragilisé, tente de se reconstruire. Réfléchissez-y: ce n'est pas très souvent que l'on peut croiser ce type de protagoniste sur les écrans de cinéma. On pourra certes m'objecter que nous avons ici affaire à l'adaptation d'un roman et que l'auteur dudit livre - Olivier Adam - s'est fait connaître avec des histoires similaires. Pas faux, mais que pourrais-je ajouter ? Ce récit m'a ému. Du coup, je veux aussi saluer la remarquable prestation des acteurs enfants, Cassiopée Mayance et Hugo Fernandes. Les coeurs battants !
Des vents contraires
Film français de Jalil Lespert (2011)
On est loin ici de Gone girl ou même de R.I.F. - des thrillers décents. Je ne suis pas comblé, mais largement satisfait. Intense, le scénario laisse quelques "trous" et nous autorise à les combler. La révélation finale a su me surprendre, à vrai dire, et je l'ai trouvée plutôt forte. Sur la disparition de l'être aimé toujours, Les cowboys est une claque d'un niveau encore supérieur - ce qui n'est pas peu dire, croyez-moi...
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Pas beaucoup de trace du film ailleurs, mais...
Je souligne que Pascale a publié une chronique en parfait contrepoint.
Des vents contraires a été mon dixième film français de novembre. Jamais auparavant, je n'en avais regardé autant en un seul mois. C'est d'abord par sa distribution (Benoît Magimel, Audrey Tautou, Isabelle Carré, Ramzy Bedia, Antoine Duléry, Bouli Lanners, etc...) que ce supposé drame a attiré mon regard. Bien que de facture classique, il ne démérite pas: ce n'est pas génial, mais c'est sérieux. Un peu tire-larmes, peut-être, tant le pauvre bougre de personnage principal doit endurer de catastrophes successives, tout en gardant une forme de dignité pour préserver le reste de moral de ses enfants. Impossible de le nier: dans la vraie vie, ces choses-là arrivent aussi...
Bon... Le principal reproche que je pourrais adresser au scénario tiendrait plutôt à un effet d'accumulation qu'à une invraisemblance. Partant de là, vous seriez tout à fait en droit de vous demander quelles bonnes raisons on peut trouver pour s'infliger pareil spectacle. Au-delà du jeu des comédiens, déjà évoqué, je considère que le film mérite également le détour parce qu'il met en scène un homme abandonné à lui-même et qui, fragilisé, tente de se reconstruire. Réfléchissez-y: ce n'est pas très souvent que l'on peut croiser ce type de protagoniste sur les écrans de cinéma. On pourra certes m'objecter que nous avons ici affaire à l'adaptation d'un roman et que l'auteur dudit livre - Olivier Adam - s'est fait connaître avec des histoires similaires. Pas faux, mais que pourrais-je ajouter ? Ce récit m'a ému. Du coup, je veux aussi saluer la remarquable prestation des acteurs enfants, Cassiopée Mayance et Hugo Fernandes. Les coeurs battants !
Des vents contraires
Film français de Jalil Lespert (2011)
On est loin ici de Gone girl ou même de R.I.F. - des thrillers décents. Je ne suis pas comblé, mais largement satisfait. Intense, le scénario laisse quelques "trous" et nous autorise à les combler. La révélation finale a su me surprendre, à vrai dire, et je l'ai trouvée plutôt forte. Sur la disparition de l'être aimé toujours, Les cowboys est une claque d'un niveau encore supérieur - ce qui n'est pas peu dire, croyez-moi...
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Pas beaucoup de trace du film ailleurs, mais...
Je souligne que Pascale a publié une chronique en parfait contrepoint.
mardi 15 décembre 2020
Attendre encore...
Ceci n'est pas une photo de moi. Elle symbolise idéalement mon état d'esprit face à l'idée que les cinémas, dont la réouverture attendue aurait pu avoir lieu aujourd'hui, demeureront finalement portes closes jusqu'au 7 janvier (au moins). Mon compteur de longs-métrages vus en salles restera donc bloqué à 33 séances pour ce millésime 2020. L'an passé, j'avais atteint ce total le 28 juillet, en allant voir Factory. Je l'avais dépassé six jours plus tard, dès le 3 août, donc, avec Yuli. Vous permettrez que j'attende un peu... avant de présenter mon top !
lundi 14 décembre 2020
Retour chez Marcel
Il y a, c'est vrai, quelque chose d'incongru à reparler de Marcel Pagnol une semaine avant l'arrivée de l'hiver. J'assume: c'est tout récemment que j'ai pu revoir Le château de ma mère, l'épisode 2 des Secrets d'enfance, adaptés au cinéma en 1990 (et édités chez De Fallois). L'auteur provençal, lui, avait rejoint les étoiles seize années plus tôt !
À sa sortie en salles, le film avait attiré 4,2 millions de spectateurs dans les salles françaises (et 1,6 million à l'étranger !). Ce bon chiffre lui vaut la quatrième place du box-office national de son millésime. Sur le fond, les connaisseurs seront en terrain connu et même balisé. J'indique aux autres que le récit revient sur les pérégrinations vacancières du jeune Marcel, ayant alors atteint l'âge de douze ans. Belle occasion de retrouver les collines des Bouches-du-Rhône, théâtre lumineux d'une enfance heureuse auprès de parents aimants et d'amis fidèles. Je préfère laisser planer le mystère sur le domaine maternel évoqué dans le titre: l'histoire est bien trop belle pour être divulguée !
Vous vous demanderez peut-être quelle est la part du pur imaginaire dans cette chronique à la première personne. J'ai trouvé une citation pagnolesque assez éclairante sur ce sujet précis: "J'ai eu l'impression de raconter les choses telles qu'elles se sont passées". Et un bémol dans la foulée: "Pourtant, elles ne se sont sûrement pas passées ainsi, puisque vous pouvez lire en deux heures le récit de deux ans. En tout cas, ce qui est rigoureusement exact, ce sont les détails. Peut-être que l'ensemble ne l'est pas tout à fait". Cette observation malicieuse peut également s'appliquer au film, à mon humble avis. Autobiographique, Le château de ma mère aura pu être romancé pour son transfert à l'écran. Le long-métrage a pris quelques libertés et emprunte ainsi - au moins - une anecdote aux oeuvres suivantes issues directement de la plume légère de l'académicien né à Marseille. Franchement, je ne crierai pas au scandale: l'esprit, lui, respecté. Dans le sens le plus noble acception du terme, je parle d'un cinéma populaire enthousiasmant ! Et avec juste ce qu'il faut de mélancolie...
Le château de ma mère
Film français d'Yves Robert (1990)
Suite logique, cet épisode 2 affiche donc lui aussi de belles qualités. J'avais parlé du premier opus, La gloire de mon père, en octobre l'année dernière, et je crois que les deux volets peuvent se voir indépendamment, sans trop de dommage. Les découvrir en diptyque reste bien entendu une bonne idée aussi. Même si neuf semaines avaient séparé leurs sorties ciné, les mercredis 29 août et 31 octobre.
Vous vous demanderez peut-être quelle est la part du pur imaginaire dans cette chronique à la première personne. J'ai trouvé une citation pagnolesque assez éclairante sur ce sujet précis: "J'ai eu l'impression de raconter les choses telles qu'elles se sont passées". Et un bémol dans la foulée: "Pourtant, elles ne se sont sûrement pas passées ainsi, puisque vous pouvez lire en deux heures le récit de deux ans. En tout cas, ce qui est rigoureusement exact, ce sont les détails. Peut-être que l'ensemble ne l'est pas tout à fait". Cette observation malicieuse peut également s'appliquer au film, à mon humble avis. Autobiographique, Le château de ma mère aura pu être romancé pour son transfert à l'écran. Le long-métrage a pris quelques libertés et emprunte ainsi - au moins - une anecdote aux oeuvres suivantes issues directement de la plume légère de l'académicien né à Marseille. Franchement, je ne crierai pas au scandale: l'esprit, lui, respecté. Dans le sens le plus noble acception du terme, je parle d'un cinéma populaire enthousiasmant ! Et avec juste ce qu'il faut de mélancolie...
Le château de ma mère
Film français d'Yves Robert (1990)
Suite logique, cet épisode 2 affiche donc lui aussi de belles qualités. J'avais parlé du premier opus, La gloire de mon père, en octobre l'année dernière, et je crois que les deux volets peuvent se voir indépendamment, sans trop de dommage. Les découvrir en diptyque reste bien entendu une bonne idée aussi. Même si neuf semaines avaient séparé leurs sorties ciné, les mercredis 29 août et 31 octobre.
dimanche 13 décembre 2020
Une autre femme ?
Aujourd'hui, parlons d'un autre film tiré d'un roman avec Meryl Streep dans le rôle principal: La maîtresse du lieutenant français ! La reine du cinéma américain était ici pour la première fois en tête d'affiche. Sévère avec elle-même, elle jugera sa prestation peu convaincante. Et elle aura aussi des regrets quant à l'aspect "artificiel" de l'intrigue !
Son apparition reste marquante. Ère victorienne: exposée aux flots déchaînés au bout d'une digue, une femme anglaise, Sarah Woodruff, semble rêver encore au retour de son marin d'amant, parti sans elle de l'autre côté de la mer. Inquiet, Charles Smithson, un autre homme qui passait par là avec sa fiancée, accourt pour la prévenir du danger. On comprend bientôt que ce début d'histoire éminemment romantique n'est autre que... l'ouverture d'un film. La maîtresse du lieutenant français propose ainsi une longue et vertigineuse mise en abyme. Meryl Streep et Jeremy Irons (Sarah et Charles) incarnent aussi Anna et Mike, les deux acteurs stars du film dans le film. Quelle belle idée !
Son apparition reste marquante. Ère victorienne: exposée aux flots déchaînés au bout d'une digue, une femme anglaise, Sarah Woodruff, semble rêver encore au retour de son marin d'amant, parti sans elle de l'autre côté de la mer. Inquiet, Charles Smithson, un autre homme qui passait par là avec sa fiancée, accourt pour la prévenir du danger. On comprend bientôt que ce début d'histoire éminemment romantique n'est autre que... l'ouverture d'un film. La maîtresse du lieutenant français propose ainsi une longue et vertigineuse mise en abyme. Meryl Streep et Jeremy Irons (Sarah et Charles) incarnent aussi Anna et Mike, les deux acteurs stars du film dans le film. Quelle belle idée !
Cela noté, je me dois de vous préciser que la partie "contemporaine" du film m'a moins convaincu que le drame (très) classique qui se joue tout au long du long-métrage. Je l'ai presque trouvée superfétatoire ! Je reconnais tout de même que l'enchevêtrement des deux histoires constitue une belle prouesse et a su me séduire à la toute fin. On dit que le livre de John Fowles, lui, propose trois conclusions possibles. Tout le monde serait donc susceptible d'y trouver son plaisir littéraire. Côté cinéma, La maîtresse du lieutenant français brille également par la qualité de sa reconstitution de l'Angleterre du 19ème siècle. Assez surpris, je constate que les Oscars l'ont boudé, alors que le film était notamment en lice pour ses costumes et décors. Il a fait chou blanc, malgré tout de même cinq nominations - méritées - en tout. Que cela ne vous empêche de le découvrir si vous en avez l'envie ! Car vous connaissez le proverbe, j'imagine ? Le coeur a ses raisons...
La maîtresse du lieutenant français
Film américano-britannique de Karel Reisz (1981)
La magnificence de ce long-métrage joue clairement en sa faveur. D'aucuns l'ont rapproché du Tess de Roman Polanski: ça se tient. Autre destin féminin de cinéma, Bright star est encore plus beau. Vous pourriez également aimer Portrait de femme. Dans mon film d'aujourd'hui, la combinaison des récits rappelle aussi un autre opus avec Meryl Streep: The hours (Stephen Daldry / 2003). À revoir, oui !
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Un autre regard vous intéresserait ?
Si c'est le cas, je vous conseille de lire le texte de "L'oeil sur l'écran".
La maîtresse du lieutenant français
Film américano-britannique de Karel Reisz (1981)
La magnificence de ce long-métrage joue clairement en sa faveur. D'aucuns l'ont rapproché du Tess de Roman Polanski: ça se tient. Autre destin féminin de cinéma, Bright star est encore plus beau. Vous pourriez également aimer Portrait de femme. Dans mon film d'aujourd'hui, la combinaison des récits rappelle aussi un autre opus avec Meryl Streep: The hours (Stephen Daldry / 2003). À revoir, oui !
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Un autre regard vous intéresserait ?
Si c'est le cas, je vous conseille de lire le texte de "L'oeil sur l'écran".
samedi 12 décembre 2020
Alternatives
Il vaut sans doute mieux voir Le choix de Sophie sans rien savoir. Quand le titre est enfin expliqué, le secret le plus "lourd" a été révélé. Cela ne veut pas dire que tout devient inintéressant, mais l'émotion principale est passée, dirais-je. Vous voulez comprendre ? Le film mérite votre attention. Tout comme le roman dont il est l'adaptation !
D'ascendance polonaise, Sophie Zawitsowski vit dans le New York populaire du début des années 50. Elle a une relation amoureuse tumultueuse avec un Juif américain, Nathan Landau. Le personnage principal, un dénommé Stingo, emménage dans un appartement voisin de celui du couple. C'est ainsi que débute une histoire d'amitié. Ambigüe, dites-vous ? Je vais vous laisser le vérifier (et en juger). J'ai parlé d'un secret: à vrai dire, le scénario en dissimule plusieurs. J'ajoute que, comme le montre l'image ci-dessus, Sophie et Stingo finiront par se rapprocher. En révéler davantage serait fort malvenu ! Autant vous laisser découvrir au simple rythme du récit, à mon avis...
En dépit des apparences, Le choix de Sophie n'est pas un film romantique. Oui, c'est même un film assez dur, par certains aspects. Cela dit, je ne regrette pas de l'avoir vu, au contraire: Meryl Streep s'est avérée aussi touchante que je l'avais espéré et Kevin Kline remarquable dans le rôle de Nathan - son tout premier au cinéma. Peter MacNicol, que je connais moins et qui a fait une carrière relativement solide entre 1981 et 2012, est très bien également. D'après ce que j'ai lu par ailleurs, le long-métrage est fidèle au livre éponyme de William Styron, sorti seulement trois années auparavant. Je n'ai pas renoncé à le lire un jour. Et il en existe une version opéra !
Le choix de Sophie
Film américain d'Alan J. Pakula (1982)
Un sujet fort, de bons acteurs, une mise en scène digne: je confirme que je suis ravi de mon propre choix. C'est à l'heure de le comparer avec d'autres que j'ai du mal à situer le film... sans trop en dévoiler. Les quelques propositions d'Allociné ne m'ont pas du tout convaincu. En cherchant un peu plus loin, j'ai retrouvé À l'heure des souvenirs pour exemple d'un bon film où le passé ressurgit. Chuuuuuuuuuuuuut !
D'ascendance polonaise, Sophie Zawitsowski vit dans le New York populaire du début des années 50. Elle a une relation amoureuse tumultueuse avec un Juif américain, Nathan Landau. Le personnage principal, un dénommé Stingo, emménage dans un appartement voisin de celui du couple. C'est ainsi que débute une histoire d'amitié. Ambigüe, dites-vous ? Je vais vous laisser le vérifier (et en juger). J'ai parlé d'un secret: à vrai dire, le scénario en dissimule plusieurs. J'ajoute que, comme le montre l'image ci-dessus, Sophie et Stingo finiront par se rapprocher. En révéler davantage serait fort malvenu ! Autant vous laisser découvrir au simple rythme du récit, à mon avis...
En dépit des apparences, Le choix de Sophie n'est pas un film romantique. Oui, c'est même un film assez dur, par certains aspects. Cela dit, je ne regrette pas de l'avoir vu, au contraire: Meryl Streep s'est avérée aussi touchante que je l'avais espéré et Kevin Kline remarquable dans le rôle de Nathan - son tout premier au cinéma. Peter MacNicol, que je connais moins et qui a fait une carrière relativement solide entre 1981 et 2012, est très bien également. D'après ce que j'ai lu par ailleurs, le long-métrage est fidèle au livre éponyme de William Styron, sorti seulement trois années auparavant. Je n'ai pas renoncé à le lire un jour. Et il en existe une version opéra !
Le choix de Sophie
Film américain d'Alan J. Pakula (1982)
Un sujet fort, de bons acteurs, une mise en scène digne: je confirme que je suis ravi de mon propre choix. C'est à l'heure de le comparer avec d'autres que j'ai du mal à situer le film... sans trop en dévoiler. Les quelques propositions d'Allociné ne m'ont pas du tout convaincu. En cherchant un peu plus loin, j'ai retrouvé À l'heure des souvenirs pour exemple d'un bon film où le passé ressurgit. Chuuuuuuuuuuuuut !
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