mercredi 30 mars 2016

Un peu de moi

Le tag est un jeu sur les blogs: l'idée est de parler de soi de manière originale. Un blogueur crée (ou relaie) un questionnaire, y répond lui-même et, le plus souvent, propose à quelques lecteurs de l'imiter. Parce que le but était de citer des titres de films, j'ai trouvé amusant de satisfaire la curiosité de Sentinelle. J'ai pris le temps d'y réfléchir !

Certaines de mes réponses sont sincères, d'autres plutôt farfelues. D'après moi, il ne faut surtout jamais prendre un tag trop au sérieux.

Décris-toi...

Comment te sens-tu ?

Décris l'endroit où tu vis actuellement...

Si tu pouvais aller où tu veux, où irais-tu ?

Ton moyen de transport préféré ?

Ton meilleur ami est...

Toi et tes amis, vous êtes...

Comment est le temps ?

Quel est ton moment préféré de la journée ?

Qu'est la vie pour toi ?

Ta peur ?

Quel conseil as-tu à donner ?

La pensée du jour...

Comment aimerais-tu mourir ?

Les conditions actuelles de ton âme ?

Ton rêve ?

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Bon, à vous maintenant ?

Je n'ai pas vraiment pris l'habitude de désigner d'autres blogueurs susceptibles de répondre aux tags qui me plaisent. Tina et Chonchon ne m'ont pas attendu. Les autres, faites-le donc, si ça vous tente...

lundi 28 mars 2016

Objectif Lune

J'écrirai peut-être un jour une chronique sur les rumeurs qui tournent autour du cinéma. L'une d'elles dit qu'en 1969, la NASA avait passé commande à Stanley Kubrick d'un film qui montre l'arrivée de l'homme sur la Lune. C'est le point de départ du bien nommé Moonwalkers. Cette comédie potache se moque gentiment de cette théorie farfelue.

L'idée de base était que le célèbre cinéaste puisse fournir des images crédibles, à diffuser à la télé en cas d'échec de la mission Apollo 11. Aujourd'hui encore, des gens pensent que Neil Armstrong et consorts existent, certes, mais qu'ils ne sont jamais montés dans la fusée ! Moonwalkers préfère, lui, s'intéresser à Tom Kidman, un agent secret envoyé en mission à Londres pour y retrouver Kubrick et le convaincre de coopérer (en échange, bien sûr, d'un gros paquet de billets verts). C'est raté: il tombe sur un imprésario de pacotille et un faux Stanley. Pire: quand il s'en aperçoit, il est déjà trop tard pour faire machine arrière. Urgente, la situation le force à faire avec les deux abrutis...

Bon... avant même de voir le film, j'étais content de la perspective d'y retrouver à la fois Ron Perlman et Rupert Grint. L'armoire à glace américaine et le rouquin britannique semblent s'être bien amusés. Tant mieux, à vrai dire: leur plaisir est communicatif. Si j'ai déjà vu de meilleures comédies, celle-là est assez originale pour sortir du lot. C'est en fait à partir du moment où tout commence à partir en vrille que Moonwalkers décolle vraiment et atteint le grand n'importe quoi. Plusieurs univers entrent en collision: celui de la CIA, celui de la mafia et celui... des hippies ! Le résultat est assez saignant, je dois dire. J'aime autant ne pas entrer dans les détails: la reconstitution colorée et sous influence des seventies donne lieu à plein de scènes cocasses. La force du film, c'est justement de ne jamais se prendre au sérieux.

Moonwalkers
Film britannique d'Antoine Bardou-Jacquet (2016)

Surtout connu pour ses pubs, le réalisateur est bel et bien français ! Pas question de crier cocorico, mais bon... j'ai plutôt aimé ce film. Maintenant, à quoi le comparer ? Le générique du début m'a rappelé celui de Pop redemption, une franchouillardise de derrière les fagots. Somme toute, on reste loin du Flying Circus des Monty Python, hein ? Disons que j'ai trouvé ce que j'étais venu chercher: un vide-neurones.

samedi 26 mars 2016

Son rêve exaucé

La blogosphère n'est pas toujours tendre avec le cinéma français. Parfois en panne d'ambitions narratives et formelles, la production nationale ne connaît qu'une gloire intermittente. Souvent, en termes de volumes et de moyens, elle semble déficitaire. Et je ne crois pas que La vache, une sortie récente, suffira à rehausser sa popularité...

L'histoire que le film raconte débute dans un petit village d’Algérie. Fatah Bellabes, modeste paysan, arrose ses légumes en réinterprétant à sa façon quelques grands standards de la chanson française. Sûrement plus encore que de sa femme et de ses deux filles, l'homme prend soin de Jacqueline, une bête à cornes qu'il espère un jour emmener au Salon de l’agriculture, à Paris. Quand une lettre d'invitation officielle lui parvient enfin, Fatah n'en peut plus de joie. Avec le soutien de ses amis, il recueille de l'argent et s'embarque alors sur un bateau pour Marseille, avec son animal, bien entendu ! C'est le début d'un long voyage, riche de nombreuses péripéties. Maintenant, c'est à vous d'aller voir La vache si vous voulez savoir comment tout cela se passe. J'imagine que vous pouvez le deviner...

Sans réelle surprise sur le plan scénaristique, le long-métrage reste malgré tout sympathique. Il doit beaucoup à l'impeccable prestation de Fatsah Bouyahmed - un acteur que j'ai découvert du même coup. C'est simple: cet inconnu transcende la naïveté de son personnage. Conséquence: il nous fait croire à son histoire, aussi improbable soit-elle. La vache est un conte, en fait, dans une France trop belle pour être vraie. Peu importe: si on accepte l'idée de départ, on peut adhérer à tout ce qui s'ensuit ! Je l'ai fait assez volontiers, le sourire aux lèvres, content de voir le duo Jamel Debbouze / Lambert Wilson jouer les seconds rôles... au service du premier. Je sais d'ores et déjà que le résultat ne restera pas très longtemps dans mon Panthéon personnel, mais tant pis: j'ai vu une gentille petite comédie familiale. Je dois même ajouter qu'à la fin, elle a été applaudie par une partie de la salle. Les bons sentiments, de temps en temps, ça fait du bien.

La vache
Film français de Mohamed Hamidi (2016)

Il fait bon se promener sur les chemins avec Fatah. Quelques scènes assez jolies portent ce long-métrage, plutôt modeste par ailleurs. J'aime autant sourire à cet humour tendre et bouder la vulgarité comique si répandue de nos jours. Désormais, j'ai presque envie d'aller plus loin dans l'idée et de revoir La vache et le prisonnier. Maintenant, vous avez le droit de préférer les scénarios... vachards !

vendredi 25 mars 2016

De gros ennuis

Arrêtez-moi si je me trompe, mais j'ai un vague souvenir qui suggère que le cinéma coréen a connu une petite heure de gloire en France. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'à l'inverse, il est rentré dans le rang. C'est toutefois bien sa dimension "exotique" qui m'a incité à donner sa chance à Hard day, film coréen, donc, présenté à Cannes en 2014.

Hôte de la Quinzaine des réalisateurs, le film était reparti bredouille de la Croisette. J'ai trouvé, moi, qu'il ne cassait pas des briques. Précision: la prétendue journée difficile du titre se décline au pluriel. L'homme qui a de sérieux ennuis s'appelle Ko Gun-su: quand le film démarre, ce flic à moitié mafieux roule à vive allure pour arriver enfin à l'enterrement de sa mère. À son bureau, ses chers collègues subissent dans le même temps une inspection de la police des polices. En plein stress, Gun-su parvient à éviter d'extrême justesse un chien planté au milieu de la route. Une seconde plus tard, il renverse accidentellement un piéton, dont il embarque finalement le cadavre pour ne plus perdre de temps. Hard day 1 - La vraisemblance 0. Malheureusement, je ne suis pas parvenu à me laisser embarquer...

Le truc, c'est qu'aucun personnage du film ne m'a paru sympathique. Ce pseudo-héros aurait pu faire l'affaire, mais je me suis vite rendu compte que son sort m'était totalement indifférent. Le côté hasardeux du récit m'a aussi quelque peu gêné aux entournures. Parfois, j'ai eu l'impression que le but ultime était de nous faire rire. J'espérais frémir un peu, thriller oblige, mais là aussi, chou blanc ! Même quand un maître-chanteur entre en scène, j'ai trouvé l'intrigue bien peu enthousiasmante. Hard day est une promesse non tenue. Cela étant dit, ce n'est pas honteux: je n'ai pas accroché, mais j'ai vu un divertissement correct, que vous pourriez apprécier plus que moi. D'ailleurs, sur la presse et sur le Net, le film est plutôt bien coté. Aspect positif: côté mise en scène, j'ai relevé quelques jolies choses.

Hard day
Film sud-coréen de Kim Seong-hun (2014)

Bon ! Avis aux amateurs: huit autres films coréens vous attendent ailleurs sur ce blog (cf. ma rubrique "Cinéma du monde"). La plupart de mes amis connaisseurs de ce cinéma citent Old boy en exemple d'incontournable. Pour ma part, je ne tiens pas encore MA référence. Du coup, les choses sont ouvertes et je reste preneur de conseils. Notez que je dois avoir encore quelques DVDs à regarder de ce côté...

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Des avis plus enthousiastes sur le film, donc ?
Oui: j'en ai lu - entres autres - sur les blogs de Pascale et de Dasola.

mercredi 23 mars 2016

Hollywood stories

Est-ce parce que j'ai dû le voir en français ? Je n'ai pas trouvé la clé pour entrer véritablement dans le nouveau film d'Ethan et Joel Coen. Malgré ses qualités, Ave César ! m'a moins convaincu que beaucoup d'autres films des frangins. C'est un petit peu frustrant, je dois dire. Mon admiration fait que je suis des plus exigeants avec ces deux-là...

La promo du film me semble avoir tourné autour de George Clooney. Pourtant, dès le début, c'est clair: le vrai premier rôle d'Ave César ! est pour Josh Brolin - sa troisième prestation pour les frères associés. C'est un personnage intéressant qui lui a été confié: Eddie Mannix travaille comme fixeur pour un grand studio américain des années 50. Concrètement, quand un acteur sous contrat s'écarte de l'image parfaite qu'il est censé donner, Eddie est là pour le ramener fissa dans le droit chemin de ses obligations, par tous les moyens possibles. Autant dire qu'au moment où une star du péplum disparaît soudain d'un plateau de tournage, Eddie, qui en a vu d'autres, pense qu'elle n'est juste pas encore rentrée d'une coucherie quelconque. Maintenant, puisque l'absence est un peu longue, c'est aussi à Eddie qu'on demande de régler l'affaire. Sur ce plan, le film reste réussi. Avec l'ironie dont ils sont coutumiers, les Coen dynamitent gentiment la Babylone hollywoodienne d'antan, non sans nous offrir au passage une reconstitution soignée. Rien à redire, donc, sur la mise en scène.

La distribution, elle, est bien sûr aux petits oignons: vous y trouverez notamment Scarlett Johansson, Ralph Fiennes, Channing Tatum, Jonah Hill, une double Tilda Swinton et même Christophe Lambert ! C'est donc bien du côté du scénario que ce tout nouvel opus m'a laissé sur ma faim. Comme pour contenter tout ce petit monde, il éparpille l'intrigue principale et étire un peu trop de nombreuses séquences, souvent amusantes, mais qui paraissent quelque peu hors-sujet. Conséquence: je trouve que cette belle ouvrage manque de rythme. C'est cruel dit ainsi, mais j'ai attendu en vain que la chose s'emballe vraiment: sans être mauvais, Ave César ! ronronne (trop) gentiment. Malgré tout, j'ai pris un certain plaisir avec cette nouvelle occasion d'observer l'envers du décor. Au menu: un panorama des contraintes avec lesquelles les studios composaient lors de ce prétendu âge d'or. Finalement, je me suis demandé si Hollywood avait vraiment changé. Je n'en suis pas sûr et je suis ravi que les Coen continuent résolument de s'en moquer un peu. Ce constat est venu tempérer ma déception...

Ave César !
Film américain d'Ethan et Joel Coen (2016)

Péplums, musicals, westerns, ballets aquatiques, mélos... les styles d'époque défilent dans ce film-gigogne, dans un joli hommage rendu au cinéma des fifties. Rien que pour ça, je veux dire merci aux Coen. Tout ça m'a du coup donné envie... de voir davantage de classiques ! Seulement, des studios reconstitués, il y en a aussi dans The artist. Sans même revenir donc jusqu'au génial Boulevard du crépuscule...

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Quelques-uns de mes petits camarades l'ont vu aussi...

Je vous laisse avec Pascale, Tina, Dasola, Strum et Princécranoir.

mardi 22 mars 2016

Version originale française

Suivre l'ordre des films que je vois pour les évoquer sur ce blog devrait m'amener à vous reparler déjà de Les premiers les derniers. Pourquoi l'ai-je revu si vite ? Pour le présenter lors d'une autre soirée de mon association. Le visuel retenu pour cette chronique vous laisse sûrement comprendre que je préfère parler d'autre chose cette fois...

Voir successivement un film français d'un réalisateur d'ascendance sénégalaise et un film belge tourné chez nous m'a soudain interpellé quant à la notion de francophonie au cinéma. L'importance volumétrique de la production française, surtout si on la compare objectivement à celle de la population, fait de la France un pays majeur du septième art. Je crois savoir que, dans l'ordre actuel, l'Inde, le Nigéria, les États-Unis occupent le podium de la production mondiale. Derrière, le pays natal des frères Lumière est facilement dans le top 10 - avec des films parfois non-francophones, cela dit. C'est une question de création, mais aussi de politique et de fiscalité.

Sans nier l'importance des aspects financiers du cinéma, qu'on peut bien sûr définir aussi comme un produit d'exportation, je continue surtout de considérer ce vrai business comme une machine à rêves. Même si je préfère toujours les films en VO, l'amoureux des langues que je pense être se trouve ravi quand des artistes étrangers s'expriment en français. Parfois, c'est leur langue natale, de fait. Conséquence: je m'interroge sur la communauté que nous formons grâce à son usage commun... et j'essaye d'être un peu plus attentif encore à nos différences. Tout ça m'amène à penser qu'il serait bien d'avoir encore plus d'occasions de voir du cinéma de sources wallonnes et québécoises, au moins, et de se servir de notre très chère langue pour nous tourner vers d'autres contrées filmées, plus lointaines encore ou simplement moins fréquentées. Serait-ce trop demander ? Parfois, j'ai l'impression que nous négligeons cette évidente richesse.

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Le débat est plus ouvert que jamais...

Détail amusant: la Journée mondiale de la francophonie a eu lieu dimanche... et je ne l'ai appris qu'après avoir rédigé cette chronique.

lundi 21 mars 2016

En quête de soi

Andalucia serait sans doute passé sans que je m'y attarde réellement si je n'avais pas eu à le présenter à mon association - lors d'une série de projections sur le thème des exils (j'y reviendrai). J'ai découvert avec un certain plaisir ce petit film français d'un réalisateur né à Paris d'une mère française et d'un père sénégalais. C'est à noter, je crois...

Alain Gomis nous parle en effet d'identité, d'une manière que je vois rarement sur les écrans de cinéma ou dans les bulletins d'info télé. Yacine, son héros, vit dans une caravane. Sa conseillère Pôle Emploi lui affirme qu'il est un bon éducateur, mais lui rêve d'autre chose. Maintenant, de quoi ? C'est toute la question. Yacine n'a pas l'air assuré de celui qui se connaît lui-même. Il a réussi à quitter sa cité d'origine, vit de petits boulots, rencontre des filles sans s'attacher franchement, aimerait comprendre le sens de la vie à travers celles des SDF ou d'une star du rap... et, en attendant, il erre sans but précis. C'est curieux parfois, drôle souvent et aussi gentiment décalé.

Andalucia m'a permis d'apprécier le travail d'un comédien prolifique du cinéma français, mais rarement filmé ainsi: Samir Guesmi. Aussitôt qu'elle l'a cadré, la caméra paraît ne plus le lâcher: je crois qu'on peut dire que ce film est aussi SON film. Que contient-il d'autobiographique ? Je n'ai pas cherché à le savoir et peu importe ! Ce que j'ai trouvé intéressant, c'est l'impression que le long-métrage nous renvoie de facto à nos propres questionnements identitaires. Comment sommes-nous français ? Qu'avons-nous d'étranger aussi ? Aucune conclusion définitive n'est assénée ici. Je crois simplement que le déroulé du scénario, dans sa déconstruction même, nous invite à penser que se connaître est bien la meilleure manière de se libérer. Pas de cri, pas de haine, pas de violence: tout le film reste très doux.

Andalucia
Film français d'Alain Gomis (2008)

Content que ce long-métrage soit finalement passé dans mes radars ! Sans en faire un incontournable, j'ai le sentiment d'avoir pu découvrir une facette rare du cinéma français... et ça fait beaucoup de bien. Parcourant ensuite la filmo de Samir Guesmi, j'ai constaté qu'il avait notamment tourné deux fois pour la très regrettée Sólveig Anspach. J'y vois une raison de plus de guetter la sortie de L'effet aquatique...

dimanche 20 mars 2016

La saison du plaisir

L'hiver est terminé ! Il semble qu'il ait été plus chaud que beaucoup d'autres. Maintenant que l'on se dirige doucement vers des journées plus longues et encore plus douces, je suis - comme toujours - curieux de connaître les émotions que le cinéma voudra bien nous réserver. Et comme tout cela est subjectif, j'en reparlerai au fur et à mesure...

Le visuel ci-dessus dit tout: pour aujourd'hui, je veux me contenter d'une piqûre de rappel à celles et ceux d'entre vous qui ne voient qu'assez peu de films en salles. C'est aussi le Printemps du cinéma ! Depuis ce matin et jusqu'à mardi soir inclus, la très grande majorité des exploitants propose un tarif (unique) à 4 euros la séance. D'expérience, la formule fonctionne, à plus ou moins grande échelle selon les films. Je comprends bien que vous ayez d'autres envies dominicales que celle de vous ruer au coeur de la grande foule. Maintenant, vous avez trois jours également pour donner sa chance au petit film d'auteur que vous hésitiez encore à aller voir sur écran géant. Moi, je n'ai qu'un seul conseil à donner: prenez-y du plaisir ! Qu'importe la source: tout ce qui compte, c'est la joie que ça apporte.

vendredi 18 mars 2016

La terre primitive

J'aime découvrir des films avec mes amis, pour voir s'ils y apprécient les mêmes choses que moi ou, à l'inverse, si leurs goûts me plaisent. Bien motivé par un très bon copain, j'ai retenu l'option The revenant. C'était dans mes projets, de toute façon. J'étais même assez curieux également de me frotter à ce supposé grand favori des Oscars 2016...

Pour faire simple, je précise pour ceux qui ont échappé au bulldozer promotionnel que ce nouveau film avec Leonardo DiCaprio, réalisé d'ailleurs par le cinéaste oscarisé 2015, Alejandro Gonzalez Iñàrritu, nous ramène au temps des premiers trappeurs américains, vers 1820. Au beau milieu de nulle part, une troupe blanche est soudain surprise par l'attaque d'un tribu indienne, les Arikaras. On découvrira ensuite que ces derniers sont à la recherche de la fille de leur chef, enlevée par d'autres Blancs. Mais bon... le scénario du long-métrage tourne surtout autour d'une histoire de survie. Notre ami Leo, censé servir de guide aux chasseurs de peau, est vite agressé... par un grizzli ! Laissé pour mort par un de ses peu scrupuleux équipiers, il aura donc une revanche à prendre, sur le sort et sur son prétendu camarade. Vous pensez que, là-dessus, The revenant est banal ? Je confirme. Mais c'est vrai que sa star envoie du lourd dans l'intensité physique...

DiCaprio ne recule jamais: ça fait partie de ce que j'apprécie chez lui. Les images du film vous laisseront vite comprendre qu'il n'a pas dû être le seul à en baver sur le tournage. Ce cinéma qui mélange virtuosité technique et confrontation avec la nature, je l'aime aussi. Chapeau bas aux quelque 300 gugusses partis dans la neige et le froid pour obtenir ces plans de fada: effet waouh garanti sur écran géant. Bravo aussi aux acteurs et mention pour Tom Hardy, méconnaissable et qui apporte une belle complexité à son personnage de bad boy. Après, bon... j'ai bien quelques petites réserves, tout de même. Certaines séquences font appel à une sorte d'onirisme: ça se tient dans le discours général du long-métrage, mais je n'ai pas adhéré. Moins spirituel encore, je crois que The revenant aurait été meilleur. Ce sont les scènes les plus telluriques qui m'ont le plus plu - cf. le titre de cette chronique. Dès que la nature s'imposait, j'ai vraiment kiffé ! OK, je chipote: ces deux heures et demie de cinéma m'ont embarqué. Il s'en est fallu de peu pour que j'en parle comme d'un très grand film.

The revenant
Film américain d'Alejandro Gonzalez Iñàrritu (2015)

Certains vous diront que la flamboyance du style du cinéaste mexicain tient avant tout de l'esbroufe. Pas moi: souvent, elle me laisse baba. C'est plus sur le scénario que je trouve à redire, puisque j'ai vu ici quelques scènes "piquées" dans Jeremiah Johnson ou... L'empire contre-attaque ! Cela dit, je pense aussi que le film va bien vieillir. Techniquement, il est tout de même très beau et sans faute de goût. 

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Des précisions qui me semblent importantes...
J'ai vu le film en avant-première le 23 février, la veille de sa sortie française. J'ai écrit cette chronique le 24. Je savais alors qu'il était candidat à douze des Oscars 2016, mais pas encore que l'Académie allait finalement lui en décerner trois - ceux du meilleur réalisateur, du meilleur acteur et de la meilleure photographie. Ce qui a donc valu à Iñàrritu un doublé 2015/2016, à DiCaprio sa première statuette dorée et à (Emmanuel) Lubezki son troisième trophée consécutif ! L'Oscar du meilleur film, lui, a consacré Spotlight, de Tom McCarthy.

Et d'autres avis, si vous le souhaitez...
Sentinelle a été la première à chroniquer, profitant de la sortie belge anticipée. Pascale a vite enchaîné, à peine remise de ses émotions. Depuis ? Dasola, Princécranoir, Strum et 2flics l'ont à leur tour évalué.

mercredi 16 mars 2016

Amour toujours

S'il y a un domaine entre tous où je pense être un militant européen convaincu, c'est bien celui du cinéma. Je ferai probablement un jour un décompte précis, mais je suis déjà persuadé que les films américains sont moins nombreux parmi mes visionnages que les films du Vieux Continent. Aujourd'hui, une coprod' franco-italienne: Alaska.

Nadine est une jeune Française désoeuvrée, venue dans un palace passer un casting pour être mannequin, sans la moindre conviction. Fausto, lui, arrive d'Italie: il travaille dans ce même hôtel, où se joue la sélection. Quand un hasard - bien malicieux - place le gentil garçon sur le chemin de la jolie fille, leurs deux solitudes se rencontrent aussi. Coup de foudre moderne et premier rebondissement: Fausto, qui montrait l'une des chambres à Nadine, tombe alors sur le client. Scandale, embrouille, début de bagarre... la suite s'écrira en prison. Vous voulez savoir la suite ? Désolé, je n'ai pas envie d'en dire davantage. Et pourquoi Alaska ? La réponse dans la bande-annonce...

Ce teaser est d'ailleurs, je trouve, trop bavard et un peu trompeur. Bref... personnellement, je suis allé voir ce film parce que j'aime assez donner leur chance à ce type de longs-métrages, sans star véritable et du coup peu promus. Mon bilan: ça m'a bien plu. Objectivement un peu trop "copieux", le scénario d'Alaska est arrivé pourtant à m'embarquer dans cette histoire d'amour... compliquée. Restons tout à fait honnête: la jolie Astrid Bergès-Frisbey y est sûrement pour quelque chose. Et Elio Germano n'y est pas pour rien ! L'alchimie du duo fonctionne bien, disons, et la mise en scène évite astucieusement les scènes racoleuses ou banalement érotiques. Pêché d'orgueil: le film est un peu longuet sur la fin, certains personnages secondaires prenant peut-être un peu trop de place. Rien de fâcheux.

Alaska
Film franco-italien de Claudio Cupellini (2015)

Bon... c'est sûr que ça ne va pas révolutionner le cinéma, hein ? J'insiste, toutefois: ce petit film sans génie m'a bien diverti. Quelques maladresses et longueurs n'ont pas terni cette impression d'ensemble: ce côté bancal est même assez attachant, à mon sens. Maintenant, une comparaison... euh... ce n'est pas facile à trouver ! Romance et thriller sont difficilement conciliables. Ouais, je sèche...