mardi 13 janvier 2026

Un avenir incertain

Hayao Miyazaki est sûrement le plus connu des réalisateurs du cinéma japonais d'animation... et il se peut que certaines de ses créations arrivent très bientôt sur Mille et une bobines. Je vous parlerai d'abord d'un autre maître nippon, né à Tokyo en août 1951: Mamoru Oshii. J'ajoute que c'est la toute première fois que j'évoque l'un de ses films.

Il me faut dire aussi que L'oeuf de l'ange, vu sur le plus grand écran de l'un de mes cinémas de prédilection, restait inédit dans les salles françaises depuis sa sortie dans son pays, il y a déjà quarante ans. J'avoue qu'il n'est pas facile pour moi d'écrire un commentaire pertinent à son sujet, tant les références culturelles qu'il convoque m'apparaissent plus que lointaines: étrangères. Je suis vraiment loin d'avoir tout compris à ce que j'ai vu, mais ces images m'ont fasciné ! C'est donc presque en état de sidération que j'ai suivi la petite fille solitaire qui m'a semblé être l'héroïne de ce récit à nul autre pareil. Elle parcourt les rues d'une ville abandonnée, après une apocalypse dont on ne connaît pas réellement la nature. Il arrive que son chemin croise celui d'étonnants pêcheurs, pressés de dégainer leurs harpons pour atteindre les ombres de poissons qu'ils aperçoivent sur les murs. La gamine ne se mêle jamais à eux et transporte avec elle un oeuf mystérieux, dont elle ignore le contenu. Une sorte de chevalier errant finit par la rejoindre et lui recommande alors d'en prendre bien soin...

Bon... ce n'est pas tous les jours que le cinéma propose un tel voyage. Pour l'apprécier, j'ai vite décidé d'adopter une posture contemplative. Je me suis accroché au décor, insolite et familier à la fois, l'idée étant de faire confiance à mon ressenti plutôt qu'à ma vague capacité d'analyse. Il est agréable, parfois, de s'appuyer sur son intelligence émotionnelle et de se laisser aller, le temps d'une séance inattendue. L'oeuf de l'ange ne dure qu'une heure et onze minutes, vite passées. Après la projo, la lecture d'une longue critique publiée dans Le Monde m'a intéressé, mais ne m'a pas permis d'appréhender la signification exacte de ce que j'avais découvert. Et vous savez quoi ? Tant pis. Malgré les zones d'ombre persistantes, je suis tout à fait content d'avoir ainsi osé "sortir de ma zone de confort cinématographique". C'est une démarche que je recommande, avec ce film et/ou d'autres. Quelque chose me dit en effet qu'elle est profitable sur le long terme. Et ce même si, dès demain, j'évoquerai des oeuvres plus accessibles. Nous avons cette chance d'en voir régulièrement débarquer du Japon !

L'oeuf de l'ange
(天使のたまご)
Film japonais de Mamoru Oshii / 1985

Le nom du cinéaste vous dit quelque chose ? Il a réalisé l'adaptation du manga Ghost in the shell (dont je ne connais que la version US). Pour ma part, je suis ravi de l'avoir abordé par une autre facette. Plans B possibles: Le château ambulant, Steamboy ou Amer béton. Vous, cinéphiles hardis, apprécierez peut-être Belladonna, un animé inconfortable dont je garde, très honnêtement, un souvenir... mitigé.

Aucun commentaire: