jeudi 8 janvier 2026

Compromis ?

J'ai vu d'innombrables films plus spectaculaires que L'intermédiaire. J'en ai vu plein d'autres beaucoup plus intimistes. Vous restez libres de me démentir, mais il me semble que cette (modeste) production américaine n'a pas reçu un accueil très favorable. Je dois reconnaître que j'ai même déjà oublié comment j'en avais entendu parler ! Bref...

L'intermédiaire
est un bon petit thriller à l'ancienne, typé années 70. Comme un hommage rendu aux opus parano de Coppola ou De Palma. Sarah Grant croit avoir fait une très grosse bêtise: ex-chercheuse dans une grande entreprise de la biotech, elle a vite été licenciée après avoir appris et fait état des résultats d'une enquête interne. D'après elle, ce géant industriel va mettre sur le marché un produit néfaste pour la santé humaine, à très grande échelle. Sarah est partie en emportant avec elle le document ! Elle cherche à présent quelqu'un qui pourrait être son relais vers ses anciens patrons, déjà convaincue qu'ils ont mandaté une équipe pour la retrouver... et la supprimer. Sarah n'a, de fait, pas trouvé d'avocat pour la défendre sur le plan juridique: elle veut donc restituer ce qu'elle a volé pour avoir la vie sauve. Je vous le confirme tout de suite: oui, c'est rocambolesque ! Et c'est aussi un bon point de départ pour un suspense très efficace...

On s'attache vite à Sarah, qui semble d'abord avoir de bonnes raisons de craindre le pire. L'actrice, Lily James, fait assez bien son travail. Même si la tête d'affiche serait plutôt Riz Ahmed, dans le rôle-titre. Cet "homme très discret" qu'est Ash nous semble bien assez malicieux pour arranger les affaires de sa cliente et empocher une somme confortable pour ses loyaux services. Toute la première partie du film apparaît dès lors très réussie, du strict point de vue scénaristique. Quant à la forme, elle s'avère vite tout aussi convaincante: la caméra suit alternativement deux personnages qui ne doivent pas se croiser. Sauf que... la suite et la fin, donc, sont un peu plus inattendues. Entendons-nous bien: L'intermédiaire n'est qu'un pur divertissement. Je pourrais chipoter, c'est vrai, et évoquer quelques grosses ficelles. Vous savez quoi ? Je n'ai pas envie et préfère retenir tout le positif. Cette séance de presque deux heures est passée sans aucun ennui. Rattraper le film si vous en avez l'occasion me paraît une bonne idée. Même si on peut attendre du cinéma US des concepts plus inventifs...

L'intermédiaire
(Relay)
Film américain de David Mackenzie / 2025

Du travail bien fait, sans fioriture: cela me contente donc, tel quel. J'aime mieux cela que les films aux surenchères techniques factices ! Évidemment, des opus comme Conversation secrète ou Blow out reviendront comme des références évidentes et encore supérieures. So what ? On n'est pas obligé de choisir et on peut aussi TOUT aimer. Y compris les longs-métrages d'aujourd'hui - un brin moins "radicaux".

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Un mémo au sujet du réalisateur...

Il compte déjà dix autres films, dont l'excellent Comancheria (2016).

Et pour finir, un lien vers un autre blog...

Le film a été peu vu, mais il n'a pas échappé à la sagacité de Dasola.

1 commentaire:

Pascale a dit…

Très confidentiel car même pas sorti chez moi malgré les 40 salles de la région.
Peu de chance que je le rattrape.