Tout n'est pas parfait dans Dossier 137. Vu qu'il m'arrive de chipoter sur certains films très appréciés, j'aurais pu pointer quelques défauts du nouveau Dominik Moll. Oui, mais voilà... j'ai vu un grand film. Deux ou trois passages discutables (parce qu'un peu invraisemblables) ne m'ont pas empêché de me régaler à suivre cet opus pa-ssio-nnant !
Décembre 2018. Stéphanie, la cinquantaine, travaille à l'Inspection générale de la police nationale. Sa mission est d'instruire les dossiers de collègues qui seraient accusés d'avoir outrepassé leurs fonctions. C'est ainsi qu'elle doit intervenir quand une femme de son âge débarque dans son bureau et lui affirme que des effectifs - en civil ? - ont tiré sur son fils. C'était à Paris, à la suite d'une manif' des Gilets jaunes. Le jeune homme pourrait en garder de très lourdes séquelles. L'enquête commence et on comprend vite qu'elle ne sera pas facile. Point de départ: l'identification d'agents susceptibles d'être impliqués. D'un service à un autre, la conception du maintien de l'ordre change...
Pour le spectateur, l'intérêt est multiple: la dénonciation des violences policières est l'un des grands motifs du film, mais il n'est pas le seul. Dossier 137 témoigne également de la complexité à être un bon flic dans la France d'aujourd'hui, face aux gros clivages d'une population affaiblie par la crise économique et un soutien politico-hiérarchique réduit au minimum. Le film est une fiction, mais je le crois lucide quand il montre une police continuellement soumise à des injonctions contradictoires: faire son boulot en respectant les libertés publiques et en limitant les dépenses, en dépit de temps de service à rallonge. Et la vie de famille, alors ? Ancienne des Stups, Stéphanie a divorcé d'un officier et tâche d'être une mère "pas trop nulle" pour son ado. Or, même ses propres parents ont parfois du mal à suivre sa logique !
Pendant ces presque deux heures de bon cinéma habilement montées et donc intenses, je me suis même intéressé à la leçon de procédure pénale - dont certains critiques jugent le didactisme assez lourdingue. J'ai par ailleurs trouvé que le scénario était, lui aussi, d'une subtilité rare, sans nul doute parce qu'il nous parle de l'importance des images et, à côté des faits, de la multiplication des points de vue. L'occasion de réfléchir à la nécessité absolue - ou non - d'une règle collective. Dossier 137 est inévitablement un film politique, tout à fait digne d'être écouté et même soutenu dans une République comme la nôtre. Le cinéma est à l'évidence un médium idéal pour traiter d'un tel sujet.
Décembre 2018. Stéphanie, la cinquantaine, travaille à l'Inspection générale de la police nationale. Sa mission est d'instruire les dossiers de collègues qui seraient accusés d'avoir outrepassé leurs fonctions. C'est ainsi qu'elle doit intervenir quand une femme de son âge débarque dans son bureau et lui affirme que des effectifs - en civil ? - ont tiré sur son fils. C'était à Paris, à la suite d'une manif' des Gilets jaunes. Le jeune homme pourrait en garder de très lourdes séquelles. L'enquête commence et on comprend vite qu'elle ne sera pas facile. Point de départ: l'identification d'agents susceptibles d'être impliqués. D'un service à un autre, la conception du maintien de l'ordre change...
Pour le spectateur, l'intérêt est multiple: la dénonciation des violences policières est l'un des grands motifs du film, mais il n'est pas le seul. Dossier 137 témoigne également de la complexité à être un bon flic dans la France d'aujourd'hui, face aux gros clivages d'une population affaiblie par la crise économique et un soutien politico-hiérarchique réduit au minimum. Le film est une fiction, mais je le crois lucide quand il montre une police continuellement soumise à des injonctions contradictoires: faire son boulot en respectant les libertés publiques et en limitant les dépenses, en dépit de temps de service à rallonge. Et la vie de famille, alors ? Ancienne des Stups, Stéphanie a divorcé d'un officier et tâche d'être une mère "pas trop nulle" pour son ado. Or, même ses propres parents ont parfois du mal à suivre sa logique !
Pendant ces presque deux heures de bon cinéma habilement montées et donc intenses, je me suis même intéressé à la leçon de procédure pénale - dont certains critiques jugent le didactisme assez lourdingue. J'ai par ailleurs trouvé que le scénario était, lui aussi, d'une subtilité rare, sans nul doute parce qu'il nous parle de l'importance des images et, à côté des faits, de la multiplication des points de vue. L'occasion de réfléchir à la nécessité absolue - ou non - d'une règle collective. Dossier 137 est inévitablement un film politique, tout à fait digne d'être écouté et même soutenu dans une République comme la nôtre. Le cinéma est à l'évidence un médium idéal pour traiter d'un tel sujet.
Méconnus, tous les acteurs sont excellents dans leurs rôles respectifs et Léa Drucker, en véritable tête d'affiche, se montre d'une justesse remarquable. Pour me résumer d'un seul mot, oui, c'était un vrai kif ! J'espère donc que ce long-métrage fera date et connaîtra un succès important, y compris à la soirée des César, le 27 février prochain. C'est avec amusement que je note que la très parisienne Académie pourrait récompenser un film qui évoque aussi les difficultés de la vie des populations éloignées de la capitale. Osera-t-elle ? On verra bien. D'ici là, d'autres chroniques seront publiées sur Mille et une bobines. Le film, lui, est un très sérieux prétendant à mon top de l'année 2025.
Dossier 137
Film français de Dominik Moll / 2025
Diable ! J'envisageais une chronique courte et j'en fais des tartines. Cette oeuvre le mérite, qui m'a littéralement scotché de bout en bout. Après Seules les bêtes et La nuit du 12, Dominik Moll impressionne. Désormais, j'aimerais revoir L. 627 et, pour retrouver la "vraie vie" des flics, je vous recommande aussi un film rare: Scènes de crimes. Sorti en 2021, BAC Nord reste plutôt orienté sur l'action pure et dure.
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Vous vouliez justement confronter les points de vue ?
Un bon plan: lire aussi Dasola, Pascale, Princécranoir et/ou Benjamin.
Dossier 137
Film français de Dominik Moll / 2025
Diable ! J'envisageais une chronique courte et j'en fais des tartines. Cette oeuvre le mérite, qui m'a littéralement scotché de bout en bout. Après Seules les bêtes et La nuit du 12, Dominik Moll impressionne. Désormais, j'aimerais revoir L. 627 et, pour retrouver la "vraie vie" des flics, je vous recommande aussi un film rare: Scènes de crimes. Sorti en 2021, BAC Nord reste plutôt orienté sur l'action pure et dure.
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Vous vouliez justement confronter les points de vue ?
Un bon plan: lire aussi Dasola, Pascale, Princécranoir et/ou Benjamin.


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