samedi 29 août 2026

Un horizon incertain

Je crois pouvoir dire sans me tromper que le road movie est un genre typique du cinéma américain - le premier après le western, peut-être. C'est fort de cette conviction que j'ai vu Sur la route d'Omaha, un film présenté en avant-première au Festival de Sundance (en janvier 2025). L'occasion aussi de retrouver John Magaro, un acteur plutôt attachant...

Le jour ne s'est pas encore levé quand un père réveille ses deux enfants et leur demande de se dépêcher pour monter dans sa vieille bagnole. Charlie, 6 ans, obéit vite, tandis qu'Ella, l'aînée, traîne encore un peu. Mais finalement, la petite troupe s'en va et les images nous expliquent qu'elle pourrait bien ne jamais revenir en arrière. Découvrir où elle va est moins évident, même si le titre du film semble le révéler d'emblée. Une certitude: ledit long-métrage est presque toujours en mouvement. Assez joliment filmé et habilement monté, Sur la route d'Omaha témoigne aussi d'une certaine réalité sociale des États-Unis aujourd'hui. Ce premier opus d'un cinéaste passé par la pub porte une esthétique que certains pourraient juger trop consensuelle ou disons trop "lisse". Pour ma part, je préfère de loin m'attarder sur les belles performances des acteurs et surtout des enfants - Molly Belle Wright et Wyatt Solis. Leur duo confère une âme à ce bon petit film, les prénoms et visages pouvant conduire nos pensées vers d'autres gosses, bien réels ceux-là. Avant de les suivre, les plus émotifs auront prévu un ou deux mouchoirs.

Sur la route d'Omaha
(Omaha)
Film américain de Cole Webley / 2025
C'est bel et bien de l'Amérique pauvre dont il est question ici, un pays que vous aviez pu (re)découvrir en 2020 avec Nomadland, par exemple. Plus anciens, L'épouvantail et Macadam cowboy restent des références impeccables pour qui voudra bien emprunter leurs chemins de traverse. Je suis sûr qu'il en existe d'autres et je ne m'en lasse absolument pas. Filer En roue libre ou prendre Rendez-vous à Kiruna ? C'est bien aussi !
 
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Si vous voulez retrouver John Magaro...

Il est dans deux films de Kelly Reichardt: First cow et The mastermind. Je l'avais d'abord apprécié dans LaRoy et il était au casting de Carol. Mais aussi dans un (très chouette) film... allemand: Au rythme de Vera.

Autre option: lire l'avis de mes camarades...
Aïe ! Je n'ai pas relevé d'autre chronique que celle que propose Pascale.

4 commentaires:

Pascale a dit…

J'ai vraiment beaucoup aimé même si je m'étais fait spoiler la fin sans l'avoir demandé.
John Magaro est vraiment un acteur exceptionnel et les enfants de ce film sont incroyables, surtout la petite.

Je n'ai pas compris : " les prénoms et visages pouvant conduire nos pensées vers d'autres gosses".

Martin a dit…

Oui, c'est vraiment un film joliment interprété. On s'attache fort à ce trio "en mouvement".
J'espère qu'on continuera longtemps de voir John Magaro au cinéma. Quel(s) talent(s) il a !

Je voulais dire, un peu maladroitement, que ces gosses peuvent en rappeler d'autres de notre entourage.

Benjamin a dit…

Je me suis déplacé sans rien savoir du film en ne misant que sur John Magaro. Et côté jeu d'acteurs, lui et les enfants, comme vous le signalez, c'est parfait. Ce qu'il montre de la désolation sociale d'une part des Etats-Unis n'est pas inintéressant, sans être très neuf. Mais c'est toujours bien de le répéter.

Martin a dit…

Je commence à me dire qu'à lui seul, John Magaro vaut le détour. Je lui fais pleinement confiance.

Tu as raison : le contexte américain, on le connaît. Mais les effets de cette loi évoquée à la fin... brrrr !
J'ai appris par la suite qu'elle avait été votée à un moment où le droit à l'avortement était de plus en plus contesté.