jeudi 17 janvier 2019

Leone et moi

Un plaisir de petit garçon: un peu avant Noël, j'ai profité d'un séjour parisien pour visiter - avec mes parents ! - une belle exposition consacrée à Sergio Leone à la Cinémathèque française. Information pour les amateurs: elle est encore en place jusqu'au 4 février prochain. Une très chouette plongée dans l'univers du cinéaste italien.

Au sommet de mon panthéon cinéphile, deux de ses films s'imposent comme évidences: Il était une fois dans l'Ouest et Le bon, la brute et le truand (avec une affection de très longue date pour le second). Maintenant, il faudrait que je revoie ses autres westerns et découvre ceux des films du maître que j'ai laissés de côté jusqu'à aujourd'hui. L'autre jour, mon bonheur a aussi été de comprendre un peu mieux comment le petit Sergio, enfant de la balle, avait écouté ses idées pour devenir le grand Leone, icône éphémère du cinéma européen. Mort à 60 ans seulement en 1989, il laisse une empreinte considérable sur son art. Autant le dire clair et net: je trouve cela plutôt fascinant.

Beaucoup des choses exposées m'étaient déjà assez familières. Au-delà de la légende, l'aspect humain derrière la machinerie cinéma est ce qui m'a le plus intéressé, sans aucun doute. L'évocation sensible d'une démarche collective, aussi, notamment par le lien quasi-indéfectible qui unissait les incroyables images de Sergio Leone aux géniales musiques d'un ami d'enfance retrouvé: Ennio Morricone. Impossible aussi de ne pas vibrer à cette confirmation: Sergio Leone est bien, avec Don Siegel, l'un des pères spirituels de Clint Eastwood. Je pourrais certainement parler des heures de mon admiration ! Emporté par la fougue, je temporise mes ardeurs, avec le sentiment persistant que l'on comprend mieux le cinéma quand on se penche, ponctuellement, sur sa fabrication. Et quand on y revient toujours...

lundi 14 janvier 2019

Les enfants du siècle

Deux films sortis coup coup et, au total, plus de cinq heures quinze d'images: découvrir 1900, c'est comme s'attaquer à un monument. J'ai longtemps hésité sur la bonne manière de vous en parler. J'ai opté finalement pour réunir les deux longs-métrages en une chronique unique. Il y aurait tellement de choses à raconter sur cette somme...

1900 est une fresque historique italienne qui porte mal son titre français. Le titre original - Novecento, et donc Vingtième siècle - correspond mieux à la démarche du réalisateur, Bernardo Bertolucci. Dans une ambition quasi-pharaonique, le cinéaste embrasse l'histoire de son pays entre 1901 et 1945 et, pour cela, dresse le portrait croisé d'Olmo Dalco, enfant né sans père d'une grande famille de métayers, et d'Alfredo Berlinghieri, son double inversé, petit-fils et héritier ultime du riche propriétaire pour lequel les Dalco et leurs proches travaillent. Les deux enfants se côtoient et se lient d'une amitié vacharde sur fond de différence de classe. Quels beaux personnages !

Leur éducation devrait les opposer, mais la vie les rassemble toujours. En grandissant, Olmo se rebelle face aux injustices sociales, mais il ne parvient pas à s'éloigner d'Alfredo. Ce dernier, sommé finalement de reproduire le cadre familial, y est vraiment mal à l'aise et préférerait mener la vie de bohème que d'administrer un domaine dont il est pourtant censé être le chef. C'est très résumé ! L'émotion procurée par 1900 réside principalement, à mes yeux, dans le fait que c'est en s'appuyant sur des personnages archétypaux qu'il raconte la grande Histoire. Et celle de l'Italie était pour le moins tourmentée au cours de ces décennies, entre la misère, les guerres, le fascisme...

La chronique spécifique que j'avais pensé écrire sur le second film aurait pu s'intituler La force du destin. Oui, c'est le titre d'un opéra composé par Verdi, à qui il est fait référence dès le début du film. 1900 a bel et bien une indiscutable force lyrique, que l'on peut juger démesurée, parfois, tant la mise en scène apparaît "copieuse". Évidemment, les acteurs sont de vraies légendes: Gérard Depardieu, Robert de Niro, Burt Lancaster, Sterling Hayden et Donald Sutherland complètent magistralement une distribution italienne de haut vol. Même constat chez les femmes, avec une Dominique Sanda parfaite en oiseau blessé par la dureté des temps. Là encore, je synthétise...

Il paraît improbable que de tels films puissent encore être tournés aujourd'hui. J'avoue avoir été particulièrement touché par un carton qui rend hommage aux habitants de l'Émilie, cette région italienne rurale dans lequel le scénario s'inscrit. Le soin quasi-documentaire apporté à la reconstitution fait de 1900 un film historique majeur. Engagé ? Oui, sans nul doute, et qui peut de ce fait susciter le débat. Malgré quelques longueurs sur la fin, l'impressionnant travail accompli par toutes les équipes techniques derrière la caméra et l'aspect brut de ce récit m'ont vraiment imposé un respect absolu. Et laisser passer quelques jours entre les deux parties n'a rien enlevé à ce vrai plaisir !

1900, premier acte - 1900, deuxième acte
Films italiens de Bernardo Bertolucci (1976)

Plus que deux films: deux oeuvres majeures et comme (trans)portées par la flamboyance de la musique du maestro Ennio Morricone. Inutile d'aller chercher un autre film semblable: il n'en existe sûrement pas. Cela étant dit, le fait que celui-ci dure si longtemps le rapproche quand même, je trouve, d'une autre fresque: La porte du paradis. Cette emphase ne résume pas le cinéma, mais elle lui va à merveille !

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Et si vous voulez aller plus loin...

Vous pouvez commencer en allant lire un texte de "L'oeil sur l'écran".

dimanche 13 janvier 2019

Un peu bateau...

Allez savoir... ce n'est peut-être qu'une vague question de génération. Le fait est que la figure du commandant Cousteau ne me fascine pas. Et pourtant, j'ai eu envie de voir L'odyssée, le biopic tiré d'une partie de sa vie. D'une grosse partie, je précise: une trentaine d'années. Cela vous intéresse, vous ? Bien. Je vous en dis plus séance tenante !

Tout commence vers la fin des années 40 quand l'ancien pilote aérien qu'est Jacques-Yves Cousteau sacrifie des sommes très importantes pour s'acheter un bateau, la fameuse Calypso. Son intention première est de filmer les fonds marins pour en montrer la grande beauté. L'affaire marche vite et tellement bien que, dès 1956, le commandant décroche, avec son acolyte et co-réalisateur Louis Malle, la Palme d'or du Festival de Cannes pour un documentaire (Le monde du silence). Ce que L'odyssée nous montre également, c'est le quotidien familial du grand explorateur. Au tout début, il est franchement harmonieux. Ensuite, il se dégrade beaucoup, le charisme de JYC étant insuffisant pour cacher longtemps sa déviance égocentrique, quasi-mégalomane. Las ! Le film ne parvient pas tout à fait à rendre cela intéressant. Disons que cela commence bien, mais que c'est à la fois très linéaire et un peu répétitif. Fidèle à la réalité peut-être, mais trop convenu...

Dommage, car, malgré tout, le long-métrage a certaines qualités. Lambert Wilson s'en sort très honorablement avec une personnalité complexe: il ne fait pas d'étincelles, mais je ne vois ici rien à redire sur cette sobriété. À ses côtés, Audrey Tautou et Pierre Niney livrent eux aussi une prestation décente. Bien sûr, leurs deux personnages sortent naturellement du lot, puisqu'ils permettent d'aborder le côté tragique de la famille Cousteau: il s'agit en effet de sa femme Simone et de son fils cadet Philippe, mort prématurément dans un accident d'avion. Autre aspect assez bien réussi du film: ses quelques scènes sous-marines. Bon... j'en ai vu de plus belles et j'ai découvert celles-là sur un écran télé, mais je ne veux pas être négatif là-dessus. Peut-être d'ailleurs que L'odyssée aurait été plus abouti et plus fort sur le plan émotionnel si la caméra avait mieux suivi les plongeurs. Tel qu'il est exprimé, le message écolo du long-métrage sonne creux. Résultat: je me suis senti un peu frustré, au final. Rien d'important. Quelque chose me laisse penser que vous pourriez vous y retrouver...

L'odyssée
Film français de Jérôme Salle (2016)

Je suis sévère avec mes trois étoiles. Elles reflètent mon léger dépit devant un film un peu trop sage pour vraiment traiter son sujet. Franchement, à la fin, je me suis dit qu'orienter le récit vers le destin du fils aurait été plus intéressant (ou un peu plus novateur, disons). Je vous suggère de retenir le positif et d'oublier le reste, si possible. Après, sur le fond des mers du monde, je recommande plutôt Océans.

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Et si, maintenant, vous tenez à remonter à bord...
Pascale
est là pour vous servir de capitaine, sans attendre la marée.

samedi 12 janvier 2019

Au tour des femmes

Il est anglais, il est noir et il s'appelle (vraiment !) Steve McQueen. Désormais, les habitués des salles obscures ne sont plus surpris d'entendre ce patronyme: ce réalisateur a une belle petite réputation. C'est pour lui que je suis allé voir Les veuves, son quatrième long. D'aucuns ont dit que c'était aussi le plus "consensuel". C'est vite dit...

Le film commence sur un (brillant) montage alterné. Un couple s'éveille dans un beau moment de tendresse et d'autres images montrent l'homme comme le chef d'une bande sur un braquage raté. Quatre gangsters laissent quatre femmes derrière eux: sans scène d'exposition complémentaire, le titre trouve aussitôt sa justification. Par la suite, Les veuves raconte comment de sages épouses revenues au célibat forcé s'arment et deviennent braqueuses à leur tour. Évidemment, je ne vous dis pas tout: c'est plutôt leurs motivations pour agir que le scénario explore - et c'est ma foi plutôt efficace. Tout cela révèle les côtés les plus sombres du Chicago contemporain ! Attention toutefois: le récit s'inscrit bien dans le cadre de la fiction. Sincèrement, je ne suis pas sûr que Steve McQueen ait voulu représenter une réalité quelconque. Je crois important de se souvenir que son film s'inspire d'une série britannique (sortie en 1983 et 1985).

Le format original ? Deux fois six épisodes de cinquante minutes. Adaptés ou entièrement réécrits ? Je n'ai pas cherché à le savoir. Resserré, le format cinéma me convient parfaitement et j'ai apprécié ce qu'est devenue cette matière première: un long-métrage soigné. Sans tomber dans l'excès de virtuosité, Steve McQueen et ses équipes techniques ont assez de talent pour emballer leur affaire proprement. Les acteurs évoluent alors en confiance, je suppose, et Les veuves brille également par son casting, grâce d'abord à son quatuor majeur. Viola Davis, Elizabeth Debicki, Michelle Rodriguez et Cynthia Erivo m'ont convaincu, chacune dans un registre (quelque peu) différent. Les hommes - des fripouilles ! - sont très bien aussi: Robert Duvall, Colin Farrell, Liam Neeson, Bryan Tyree Henry et Daniel Kaluuya. J'avoue: je connaissais les blancs, mais pas les noirs ! Dans la guerre qui oppose les couleurs, on nous invite à choisir la cause des femmes. Après tout, pourquoi pas ? C'est tendance. L'arrière-plan politique existe effectivement, mais, à mes yeux, ce n'est pas le sujet du film.

Les veuves
Film américano-britannique de Steve McQueen (2018)

Je n'ai pas vu Twelve years a slave, le film précédent du réalisateur. Son premier, Hunger, m'avait marqué, et le suivant, Shame, aborde frontalement un sujet tout à la fois pathétique et difficile à traiter. Steve McQueen prouve encore une fois qu'il est un cinéaste contemporain intéressant: il sait "fabriquer" de bons petits films. Ouais, ses braqueuses surpassent donc celles d'Ocean's 8. À suivre... 

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Vu en 2018, le film entre dans mon Movie Challenge...

Oui, à la case n°35: "Le film est tiré d'une série ou en a inspiré une".

Maintenant, vous préférez peut-être lire un avis féminin...

Je vous propose... d'en lire deux: celui de Pascale et celui de Dasola.

jeudi 10 janvier 2019

Regards sur l'Inde

J'ai le vague souvenir d'avoir lu un jour un roman de Satyajit Ray. Sauf erreur de ma part, ce devait être il y a une vingtaine d'années. Ce n'est qu'ensuite que j'ai appris que l'Indien était aussi cinéaste. Finalement, c'est... à la bibliothèque que j'ai vu deux de ses films récemment. Je saisis donc l'occasion d'écrire une chronique-diptyque !

Des jours et des nuits dans la forêt (1970)
Cet opus commence un peu comme le Délivrance de John Boorman. Cela dit, pas de confusion possible: il est arrivé deux ans plus tôt dans la chronologie du cinéma. Quatre hommes d'une classe favorisée partent ensemble en vacances à la campagne. Ils prennent leurs aises dans un hébergement qu'ils n'ont pas réservé, ce que la loi interdit pourtant, mais ils n'hésitent guère à soudoyer le gardien des lieux pour acheter son silence complice. Ce n'est que très moyennement qu'ils s'intéressent à celles et ceux qui forment leur voisinage immédiat. Quelle histoire ! J'ai vu un grand film social (et humaniste) dans ce que d'aucuns présentent plutôt comme un récit initiatique. Mon sentiment est en effet que, confrontés soudain à une misère qu'ils ne soupçonnaient pas, les quatre protagonistes principaux préfèrent encore détourner le regard. Même si quelques nuances peuvent tempérer ce bilan, je trouve le long-métrage assez sombre. Ce n'est pas un problème, au contraire: il n'en est que plus percutant !

Tonnerres lointains (1973)
On passe à la couleur, mais le ton reste le même: conspué en Inde pour l'image qu'il donne du pays, cet autre remarquable film repose pourtant sur une vérité historique, liée au second conflit mondial. Alors que le Japon mène une guerre de conquête, la province indienne du Bengale se retrouve coupée de ses habituels fournisseurs en riz. Conséquence aussi logique qu'effroyable: entre trois et cinq millions de personnes vont mourir de faim. Un sujet que Satyajit Ray aborde par petites touches, en concentrant son propos sur un jeune couple relativement favorisé (en tout cas, au départ). Avec une caméra délicate, il nous montre et démontre toute l'injustice d'une hiérarchie sociale basée sur les castes. Il nous rappelle également que la mort n'épargne personne et qu'à se croire trop pur, on se ment souvent. D'implacables constats que le film pose dans un cadre d'une beauté éblouissante, ce qui, par contraste, leur donne encore plus d'impact. Et la guerre, donc ? Ainsi que le titre le suggère, elle reste invisible...

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Un petit bilan...

J'ai mis la même note aux deux films: elle témoigne de mon plaisir devant ces deux belles découvertes. Il est très souvent agréable d'appréhender l'oeuvre d'un grand cinéaste pour la première fois. Aujourd'hui, j'ai également le sentiment de mieux connaître le cinéma indien, au-delà des inénarrables productions à la sauce Bollywood. Clairement, je suis loin d'avoir tout vu. Satyajit Ray... j'y reviendrai !

Et en attendant...

Je vous encourage à faire aussi un petit tour du côté de chez Strum. Un plan B possible, si vous le souhaitez: consulter "L'oeil sur l'écran".

mercredi 9 janvier 2019

Cochonnerie

Je n'aurais jamais dû voir Pig, mais il a en fait croisé mon chemin début décembre, quelques jours avant une soirée de mon association. Ouais... sans cela, je ne pense pas que j'y aurais prêté attention. Maintenant, de là à dire que j'ai des regrets, il y a un pas important que je ne franchirai pas. Le film m'a un peu dérouté, mais pas déplu !

Nous sommes en Iran. Le scénario nous propose de faire connaissance avec Hasan Kasmai, un réalisateur de cinéma à qui les censeurs interdisent de travailler. En même temps, les quelques grands noms du septième art local vivent des heures sombres, un serial killer s'étant déjà amusé à décapiter certains d'entre eux ! Le brave Hasan n'a pas de chance: alors qu'il n'attend guère qu'une malédiction de plus pour regagner l'amour du public, l'assassin reste aux abonnés absents. Il faut donc bien que le cinéaste maudit continue de vivre, spectateur malgré lui d'une déchéance qui le conduit à ne tourner que des pubs. Je vous passe les détails: en fait, Pig est censé être une comédie. Las ! Je dois vous avouer qu'elle ne m'a pas franchement fait rire. Admettons que je sois passé à côté du délire: cela m'arrive, parfois...

Les connaisseurs et curieux pourront noter que le long-métrage a reçu une Amphore d'or, c'est-à-dire le premier prix du Festival du film grolandais ! Comme je vous l'ai dit au départ, je ne l'ai pas trouvé mauvais, mais peut-être un peu trop excentrique pour que j'y adhère totalement. En un mot, c'est l'incertitude qui s'impose à mon esprit. Du côté de la presse spécialisée, j'ai lu quelques avis très favorables et, à l'inverse, d'autres opinions tout à fait négatives. Pig divise ! Allez donc savoir ! Peut-être trouverez-vous que son côté grotesque est son plus bel atout, à moins que vous le jugiez assez dépaysant pour lui pardonner le caractère un peu flou de son intrigue principale. Désolé, les ami(e)s: aujourd'hui, je me suis décidé à ne pas trancher définitivement. Je peux tout de même ajouter que nous sommes loin des films iraniens habituellement diffusés en France, souvent fondés sur une critique du régime de Téhéran. Le reste ? À vous d'en juger...

Pig
Film iranien de Mani Haghighi (2018)

Ma note est révélatrice de mon indécision. Je verrai d'autres choses plus loufoques encore, sans doute, mais il semble que Mani Haghighi, qui en est à son septième film, aime brouiller les pistes: il le faisait déjà dans Valley of stars, son opus précédent. C'est un tueur en série dans le milieu du cinéma que vous cherchiez ? Une amie m'a rappelé que c'était le thème de La cité de la peur, le film de Les Nuls. Exact !

mardi 8 janvier 2019

Héros ordinaire

Revoir Jeux de guerre m'a permis, l'espace d'un instant, de rajeunir. Adolescent, j'avais une certaine admiration pour l'ami Harrison Ford. Ne croyez pas que je ne l'aime plus: c'est plutôt en termes d'intensité que mon intérêt pour lui a un peu baissé. Cette adaptation cinéma d'un roman de Tom Clancy aurait-elle changé la donne ? Pas certain...

Harrison Ford est Jack Ryan, un historien, mais aussi un ex-marine passé par les rangs de la CIA. Son profil de possible héros américain se confirme lorsqu'au cours d'un séjour à Londres, il est le témoin d'une attaque terroriste... qu'il fait alors capoter en s'interposant ! Côté pile, c'est positif: il a sauvé la vie d'un membre de la famille royale. Côté face, en revanche, ce grand acte de bravoure lui vaut une haine farouche de l'un des exécutants de l'attaque: un sale type identifié comme Sean Miller, combattant de l'indépendance irlandaise. Vous l'aurez compris: Jeux de guerre s'inscrit dans un contexte géopolitique quelque peu dépassé aujourd'hui. Peu importe, en fait...

En revoyant le film, j'avais l'espoir de bien m'amuser quand même. Malheureusement, compte tenu du nombre d'années qui sont passées depuis ma découverte, le plaisir de l'époque s'est un tantinet dilué. Dans le rôle du méchant, Sean Bean n'est pas en cause. On va dire que j'ai désormais vu trop de blockbusters similaires pour être dupe des grosses ficelles de Jeux de guerre. Dans le genre, il tient la route sans difficulté particulière, mais ça reste un spectacle très ordinaire. Pour tout dire, il s'est avéré moins haletant que dans mon souvenir. Cela étant précisé, je ne vais pas nécessairement renier mon intérêt passé: je suis malgré tout content de l'avoir revu. Instant nostalgie...

Jeux de guerre
Film américain de Phillip Noyce (1992)

Le temps passe vite: je n'ai pas retrouvé le sel de ma première fois. Ce n'est pas très grave: ce petit film aura au moins su me divertir. Précisions: il a connu une suite (Danger immédiat) et le personnage de Jack Ryan apparaît ailleurs (À la poursuite d'Octobre Rouge). Quant à Phillip Noyce, toujours actif à 68 ans, il a aussi réalisé Salt. Pour la cause irlandaise, voyez plutôt Shadow dancer et/ou Hunger !

lundi 7 janvier 2019

Une nouvelle amie

Pfiou ! Je me suis pas aperçu tout de suite que Souvenirs de Marnie pourrait bien être le tout dernier film produit par le studio Ghibli. Aujourd'hui, l'avenir de cette grande référence du cinéma d'animation japonais demeure tout à fait incertain. Je vais surveiller ça d'un oeil attentif. Auriez-vous d'ores et déjà des nouvelles ? Je reste à l'écoute.

En attendant, vous dire que Souvenirs de Marnie est plutôt sympa. Comme son titre ne l'indique pas, il met en scène une petite citadine prénommée Anna, que sa mère (adoptive) envoie chez une parente campagnarde pour l'aider à se sentir un peu plus à l'aise dans sa peau. De fait, très gentiment accueillie, la fillette s'épanouit dans ce cadre nouveau et, bientôt, elle y découvre une grande maison abandonnée. Elle finit alors par recontrer... Marnie, une autre fillette de son âge. Qui est-elle ? Un certain mystère plane sur le scénario: le révéler serait vous priver du plaisir que vous pourriez ressentir en regardant cet animé de votre côté. Reste donc à savoir si vous en avez envie...

Bien que nommé à l'Oscar, le film n'a pas véritablement fait recette. Au Japon, il est resté loin du succès escompté et des meilleurs scores précédemment établis par le studio Ghibli. Ici, en France, il n'a attiré qu'à peine 114.679 spectateurs dans les salles: oui, c'est très faible. Désolé: j'admets ne pas avoir d'explication à vous donner sur ce flop. Souvenirs de Marnie vaut sans nul doute une séance de rattrapage. Âmes sensibles, attention: avoir quelques mouchoirs à disposition pourrait s'avérer utile à la fin du programme. Pour ma part, j'ai aimé la façon dont il ajoute un peu de fantastique à une situation réelle relativement ordinaire. Et j'y vois une illustration du génie de Ghibli !

Souvenirs de Marnie
Film japonais de Hiromasa Yonebayahsi (2014)

Je persiste: ce japanimé négligé par le public est une bonne pioche. Arrietty, un autre signé du même réalisateur, m'avait moins emballé. Maintenant, j'avoue que Le conte de la princesse Kaguya continue de planer au plus haut sommet de mes souvenirs de la catégorie. J'imagine que certains d'entre vous en sont restés aux chefs d'oeuvre de Hayao Miyazaki: Le voyage de Chihiro demeure un vrai classique !

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Vous ne vous contentez pas de mon avis ?

C'est votre droit ! Je vous invite cordialement à lire celui de Pascale.

dimanche 6 janvier 2019

Choc des cultures

Autant vous prévenir: la chronique que vous allez lire aujourd'hui témoigne de mon opinion sur le premier film d'une série de deux. J'espère bientôt voir le second volet de A bread factory et compléter mon propos d'un autre texte: cet épisode est sorti en salles mercredi. Le premier, lui, y circule depuis le 28 novembre dernier. Faut suivre !

L'usine à pains du titre n'en est plus une: cet ancien site industriel d'une petite ville américaine est devenu une sorte de centre culturel. Quand le film démarre, ses deux gestionnaires, Dorothea et Greta, manifestent, de peur que leurs maigres subventions soient coupées. De fait, dans leur environnement immédiat, un couple d'artistes chinois s'est installé, qui semble devoir attirer l'essentiel des subsides publics. Pour parler de cette délicate situation, A bread factory multiplie les personnages, mais aussi du coup, les points de vue. Collée aux uns et aux autres, la caméra saisit mille instants de vie ordinaire dans la communauté: c'est un peu difficile de s'y retrouver au départ, mais c'est de plus en plus évident par la suite, à mesure que l'on arrive à (re)connaître et à apprécier les divers protagonistes.

Cerise sur le gâteau: non content d'être pertinent, le long-métrage fait également preuve d'une bonne dose d'humour, tout en évitant avec intelligence le piège de l'outrance démagogique. Je ne crois pas qu'il puisse faire l'unanimité, mais ce qu'il nous dit du vivre ensemble mérite le détour. Une fois pris à l'hameçon, je ne me suis pas ennuyé. C'est d'autant plus notable que le film a été tourné en 24 jours seulement, sauf erreur de ma part, et avec une économie de moyens admirable - et davantage d'acteurs que de techniciens, par exemple ! A bread factory démontre ainsi avec éclat que le cinéma américain n'a pas forcément besoin d'être spectaculaire pour être touchant. Promis: à présent, je vais tout faire pour vous voir la seconde partie et vous en reparler bientôt. Mon association pourrait bien m'y aider...

A bread factory - Ce qui nous unit
Film américain de Patrick Wang (2018)

Un petit film, nous sommes d'accord, mais auquel j'ai bien accroché. Dans un tout autre genre, je vous rappelle que le même cinéaste avait auparavant réalisé Les secrets des autres, une autre histoire de communauté (familiale élargie, cette fois), sur une tonalité franchement plus dramatique d'abord. Il a une jolie palette d'auteur ! Les relations humaines sont rarement filmées avec une telle justesse.

samedi 5 janvier 2019

Et ça redémarre !

Quelle sera la tendance de l'année cinéma 2019 ? Il est bien trop tôt pour le dire. Je n'ai toutefois pas besoin d'attendre plus longtemps pour vous souhaiter un millésime pétillant, en salles et dans vos vies !

Une fois encore, et quels que soient les sujets qu'il abordera, j'espère que le septième art continuera de nous surprendre, de nous émouvoir et de nous émerveiller. Qu'il saura nous emmener ailleurs, souvent, nous alerter, parfois, et nous réconforter quand cela sera nécessaire. Combien de temps lui consacrerai-je ? Sans doute beaucoup. Je mise encore sur les échanges - sur les blogs et hors-ligne - pour alimenter ma cinéphilie. Que ma passion corresponde à une activité d'intérieur silencieuse ne veut assurément pas dire qu'il faut toujours se taire. Nous en reparlerons donc et, en attendant, à l'image de Tom Hanks dans Forrest Gump, je cours à votre rencontre. Film à venir demain !