samedi 18 juin 2022

La visite du démon

Le dictionnaire des genres et mouvements que je possède dit du film d'horreur - je le cite - qu'il "donne à voir au spectateur une violence physique qui provoque en lui un puissant sentiment de répulsion". Aucun doute: sorti en 1973, L'exorciste entre dans cette catégorie. J'avais envie de le découvrir comme précurseur ou disons classique...

C'est fait ! Et je ne le regrette pas ! Je suis né... un an et un jour après sa première sortie sur les écrans américains, d'où un décalage certain avec ce que d'autres spectateurs auront ressenti à l'époque. J'aimerais commencer cette chronique en saluant l'excellent casting qui a été réuni pour nous terrifier. En tête d'affiche, le duo féminin composé par Ellen Burstyn et Linda Blair impressionne fortement. Juste derrière, je retiens Jason Miller et le très grand Max von Sidow dans le rôle de deux prêtres, dissemblables. Lee J. Cobb, en flic dépassé et pourtant insistant, est très bien, lui aussi. Efficacité garantie: le film a connu des suites, mais n'a pas besoin d'un remake.

L'intrigue est simple: une femme, Chris MacNeil, exerce la profession d'actrice et tente d'organiser sa vie avec sa fille Regan, 12-13 ans. Elle le fait seule comme parente, puisque le papa a pris des distances. Quelques domestiques ont la garde de la demoiselle, mais la mère surmenée s'inquiète un peu et s'imaginerait volontiers responsable des sautes d'humeur de la pré-adolescente. Des sautes d'humeur inédites, de fait, mais de plus en plus sérieuses - et fréquentes. Chris, qui consulte, entend dire que le cas de Regan est commun. Mais comme rien ne s'améliore, les analyses médicales se succèdent. Vous aurez déjà compris à la lecture du titre que la vérité est ailleurs. Partant de là, L'exorciste reste un film éprouvant, qui ne cède rien aux "bonnes moeurs" et m'a interrogé sur les limites des convictions humaines. Je crois que c'est pour ce radicalisme-là que je l'ai trouvé si fascinant ! Peut-être que les diamants noirs ne ternissent jamais...

L'exorciste
Film américain de William Friedkin (1973)

Au beau milieu d'une décennie féconde pour le cinéma du genre horrifique, cet opus se pose comme référence (quasi-)incontournable. C'est en tout cas comme tel que je l'ai apprécié et qu'il m'a régalé. L'année suivante, ce sera au tour de Massacre à la tronçonneuse d'introduire la peur dans les salles sidérées. Je garde une "affection" particulière pour le giallo italien et surtout le très baroque Suspiria...

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Et pour retrouver le film diablement efficace du jour...

Vous verrez: Pascale en parle à l'occasion d'un beau portrait chinois personnel et Ideyvonne pour mettre en avant l'aspect maquillage. Vincent, lui, confirme son statut d'oeuvre-culte de la décennie 1970. Princécranoir et Benjamin, enfin, en livrent une chronique "normale" !

Mise à jour (mercredi 9 août... 2023, 8h08):
L'annonce hier du décès de William Friedkin (à 87 ans) me rappelle que j'ai récemment eu une conversation autour du film... et appris que j'en ai vu la version "intégrale", sortie sur les écrans en 2001. Intéressés ? La page Wikipédia vous en dira plus long sur le sujet. Apparemment, Friedkin n'y tenait pas, mais s'était déclaré satisfait d'avoir fait plaisir au scénariste William Peter Blatty, auteur du roman dont le film est tiré - publié, lui, dès 1971 et qui connut un vif succès.

jeudi 16 juin 2022

Z comme...

Autant vous le dire: je n'étais pas chaud à l'idée d'aller voir Coupez !. J'ai changé d'avis pour accompagner un pote, Jérémy, et suis content d'avoir "tenté ma chance". La (seule) bande-annonce que j'avais vue était assez trompeuse, mais dans le bon sens du terme, en réalité. Bien ficelé, le film est un divertissement tout à fait correct, en fait...

Le début est farfelu: imaginer que le tournage d'un film de zombies subisse l'attaque d'une troupe de morts-vivants et que le réalisateur laisse alors tourner sa caméra pour ENFIN saisir une peur authentique dans les yeux de ses acteurs, mouais... rigolo, certes, mais déjà vu. Cela dit, cette demi-heure initiale demeure très défendable d'un point de vue strictement technique: un plan-séquence à l'image granuleuse démontre que, derrière la caméra de Coupez !, Michel Hazanavicius reste un metteur en scène sûr de ses effets et plutôt talentueux. Ensuite, petit flashback: on revient en effet plusieurs mois en arrière pour découvrir l'origine de ces drôles de trente premières minutes. Sans vouloir trop en dévoiler, je vais tout de même vous confirmer que tout ce que vous aurez vu à ce stade est un film dans le film. Après cela, en somme, on vous propose d'en découvrir le making of tourné en direct. Intelligent, intéressant et encore plus drôle. Bravos !

On pourra toujours objecter que cette réussite n'est autre finalement que le remake d'un film japonais - sorti en 2017 et que je n'ai pas vu. Et/ou s'étonner que les personnages gardent (temporairement) le nom qu'ils portaient dans cette version nippone. Cela ne m'a pas dérangé. Quelque chose de décalé, ici, fonctionne vraiment à la perfection quand on se prend au jeu. Je me souviens avoir vu un spectacle d'Édouard Baer qui, comme ce film, commençait par un truc assez nul pour mieux, ensuite, nous cueillir par surprise. Ça passe ou ça casse. Coupez ! procède de la même audace et, à mon avis, la troupe d'acteurs s'est bien amusée. Il y a du beau monde: Bérénice Bejo, Romain Duris, Grégory Gadebois, Matilda Lutz, Jean-Pascal Zadi, Luàna Bajrami et Lyes Salem, entre autres. J'ai fini par en conclure que cet OFNI rendait hommage au cinéma, de manière aussi bizarre que sincère. Je vous assure d'une chose: il faut le voir pour le croire. Ma réticence initiale s'est largement envolée au fil de la projection. Comme quoi, le cinéma comique française est fort... de sa diversité !

Coupez !
Film français de Michel Hazanavicius (2022)

J'espérais qu'il garde son titre premier (Z comme Z), mais cet opus m'a assez plu pour que j'oublie ce parallèle facile avec le titre français du film japonais (Ne coupez pas !). La fille qui rivalise de hurlements avec celle de Massacre à la tronçonneuse donne une impression erronée ! Tout cela, c'est pour rire, comme avec Shaun of the dead ou The dead don't die. On peut préférer Dernier train pour Busan...

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Et maintenant, pour conclure...

Je tenais à saluer Pascale, qui, elle, est allée voir le film sans hésiter.

mardi 14 juin 2022

Un oeil sur Nick

Je crois que j'aurais mieux fait de céder à mon envie (certes fugace) d'aller voir son dernier film: Un talent en or massif. Vous dire du bien de Nicolas Cage après ma découverte du long-métrage présenté hier s'avère un peu plus ardu que prévu. L'acteur tourne si régulièrement que j'aurai peut-être d'autres occasions. Je ne suis pas aussi pressé...

L'ironie du truc ! Dans cet autre film dont je mentionne l'existence aujourd'hui, Nick joue son propre rôle et se réinvente en comédien surendetté, contraint d'accepter des films ineptes et sans envergure. Franchement, si c'est de l'autodérision, c'est génial et pas très loin d'un Joaquin Phoenix déguisé en vrai-faux rappeur au cours d'un break sans cinéma - ce dont je reparlerai un jour si l'occasion se présente...

Cage, c'est vrai, paraît avoir moins de talent que son jeune confrère. Alors qu'il approche gentiment de la soixantaine, ces films récents trouvent souvent (et au mieux) leur place au rayon des purs nanars. Pourtant, j'ai quelques bons souvenirs d'adolescence avec lui: je parie que beaucoup d'entre vous citeront Sailor & Lula, mais je penche plutôt du côté blockbusters: Rock, Les ailes de l'enfer et Volte-face. J'aimerais également revoir Kiss of death et découvrir Snake eyes. Peut-être que j'interroge mon amie Sylvie, qui est une vraie groupie !

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Oui, cela me semble une bonne idée, mais...
Avant cela, c'est à vous que je donne la parole, à charge... ou non. Vous manquez d'inspiration pour cela ? Je vous propose de me parler d'autres comédiens impopulaires et que, pourtant, vous aimez bien. Vous avez le temps d'y réfléchir: je ne publierai plus rien avant jeudi.

lundi 13 juin 2022

Des coups pour rien

Oh... mon... Dieu ! Allez savoir pourquoi, je me suis dit l'autre matin qu'il pourrait être sympa de réhabiliter ce bon vieux Nicolas Cage ! Dans mes souvenirs les plus lointains, l'acteur américain était moqué par son oncle - Francis Ford Coppola himself - pour son jeu exécrable. Cette fois, j'aurais mieux fait d'écouter le tonton. I'm so sorry, Nick...

ATTENTION SPOILER: dans Willy's Wonderland, Cage ne parle pas. J'insiste: aucune ligne de dialogue ne lui a été attribuée. Pas un mot. Jamais. Tout au plus quelques borborygmes à chaque canette de soda terminée... et c'est marre ! Le scénario ? La promesse d'un plaisir assumé pour les amoureux du cinéma de genre (dont je fais partie). Sur une route des État-Unis, Nick crève. Le dépanneur lui explique que les jeunes du coin en sont responsables: ils ont utilisé une rangée de clous dont le shérif se sert quand il doit faire ralentir un chauffard. Mais il y a une solution à ce problème: s'il veut qu'on répare sa voiture gratuitement, Cage peut faire le ménage dans un parc d'attractions désaffecté. Et devinez quoi ? Les automates du lieu prennent vie. Supposés divertir les visiteurs, ils préfèrent les tuer et les manger. C'est n'importe quoi ? Je confirme. Même pas geek: ridicule et piteux. Parfois, quand sa montre fait bip-bip, le héros s'arrête de bastonner avec les monstres, se ressert à boire et s'offre une partie de flipper. Franchement, la forme est correcte, mais tout le reste... aïe aïe aïe !

Willy's Wonderland
Film américain de Kevin Lewis (2021)

Je ne sais pas si c'est parce que la crise sanitaire est passée par là que ce machin n'est jamais sorti dans nos salles, mais je crois bien que, pour une fois, je ne vais pas râler contre le direct to video. Terminator ou Runaway ont de meilleures mécaniques déviantes. Maintenant, si vous tenez à voir une machine vivante dans un cadre de fête foraine, le mieux est de choisir Jumbo, tant que vous y êtes !

samedi 11 juin 2022

L'adieu aux armes ?

Quelqu'un aurait-il des nouvelles de George Clooney ? Il me semble que, depuis qu'il a eu des jumeaux en 2017, l'acteur se fait discret. Un film est sorti sur Netflix, un autre est attendu courant septembre dans les salles et c'est tout ! The American, objet de ma chronique d'aujourd'hui, date de 2010. Donc, vraiment, si vous avez des infos...

The American
adapte le roman éponyme de Martin Booth, un auteur britannique des plus prolifiques (1944-2004). Il décrit la vie atypique d'un tueur à gages, qu'un groupe d'adversaires débusque dans un coin isolé du nord de la Suède, le contraignant à s'enfuir jusqu'en Italie. Faux photographe en reportage, l'homme poursuit en fait son activité criminelle en concevant l'arme de l'assassinat que son commanditaire habituel prépare ailleurs - dans un endroit que l'on ne verra jamais. Avant de trop en dire, j'ajoute simplement que ce drôle de héros tente de tromper sa solitude dans les bras d'une jeune prostituée. Bien ! Désormais, je vais vous laisser découvrir seuls ce long-métrage peu bavard, à l'image bien évidemment du protagoniste principal. George Clooney impose un charisme du genre minéral: c'est suffisant. On est loin des blockbusters qu'il peut jouer parfois et tant mieux ! Qu'il soit venu tourner en Europe, dans la région de l'Aquila dévastée par un tremblement de terre, suscite déjà ma sympathie immédiate. What else ? Sans rien d'exceptionnel, le film reste agréable à suivre...

The American
Film américain d'Anton Corbijn (2010)

C'est un fait: on aurait pu attendre un peu mieux d'un réalisateur réputé pour ses talents de photographe. Se concentrer sur le scénario demeure une solution pour prendre plaisir à regarder ce (petit) film. Maintenant, si vous voulez plus d'action, Un homme très recherché du même cinéaste pourrait davantage vous convenir. À vous de voir. D'autres tueurs à gages ? Le rapace, Ghost Dog et Cible émouvante !

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Mon film du jour a suscité des réactions variées...

Je vous laisse apprécier ce qu'on en a dit chez Pascale, Dasola et Lui.

jeudi 9 juin 2022

Seuls au monde

La coïncidence est amusante: je n'avais pas spécialement prémédité d'évoquer Le dernier combat aujourd'hui, mais il se trouve en réalité qu'il ferait un chouette diptyque avec le film que j'ai présenté mardi. Nous revoilà jetés dans un monde post-apocalyptique: seule la moitié masculine de l'humanité semble avoir survécu ! Un cauchemar ? Oui...

Ce long-métrage a lancé la carrière de Luc Besson. Les historiens retiennent qu'il fut (entre autres) récompensé au Festival du film fantastique d'Avoriaz, qui a fait autorité pendant deux décennies. C'est assez compréhensible, pour tout dire: même si le scénario s'avère relativement ordinaire, la forme, elle, sort résolument du lot. Dans la France de la première moitié des années 80, je peux supposer que le public des cinémas ne voyait pas un tel film chaque mercredi. Quarante ans plus tard, cette planète presque entièrement recouverte de sable m'a encore fait bonne impression, la photo noir et blanc ayant de plus tendance à l'embellir encore. Surprise: aucun dialogue n'émerge pour rapprocher les protagonistes, dans Le dernier combat. Deux d'entre eux parviennent à se dire bonjour - et rien de plus ! Seules leurs actions vous aideront à séparer les bons des méchants. J'ajouterai qu'aimer la science-fiction n'est pas indispensable. Mais...

Le dernier combat
Film français de Luc Besson (1983)

Soyons indulgent: c'est le travail d'un homme de 24 ans seulement ! Une note supérieure serait exagérée, une note inférieure trop sévère. Le réalisateur aura bien sûr des moyens beaucoup plus importants pour ses autres productions SF, Le cinquième élément et Valérian. D'aucuns estiment d'ailleurs qu'il y aura perdu une partie de son âme. N'étant pas très fan du personnage, il vaut mieux que je m'arrête là...

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Cela dit, si, de votre côté, vous aimeriez prolonger...

Je vous suggère de lire ce que Laurent et Vincent ont écrit sur le film.

mardi 7 juin 2022

Un reste d'humanité

Le nom de Takahide Hori ne vous est sans doute pas familier. Jusqu'alors, il me semble que ce Japonais était resté loin des radars européens. Il ne s'est fait remarquer que récemment, avec un film d'animation qui lui aura demandé sept ans de travail: Junk Head. L'équivalent de plus de 145.000 photos enchaînées: c'est de la folie...

Le scénario - que l'auteur a écrit lui-même, avant d'occuper nombre de postes utiles à la création - le scénario, disais-je, nous plonge dans un monde post-apocalyptique. L'humanité subit un vieillissement inéluctable: elle est devenue immortelle, mais a perdu sa capacité naturelle à se reproduire. On envoie un anonyme dans les profondeurs de la Terre pour comprendre comment procède une sous-espèce devenue monstrueuse et hostile aux êtres "normaux" (non-mutants). Certains de ses représentants semblent disposer d'un long appendice entre les jambes, qui favorise leur préservation. Si ce drôle de pitch attire votre attention, il est probable que vous aimerez Junk Head...

Pour être honnête, c'est surtout l'aspect technique qui m'a fasciné. J'ignorais tout du sujet quand je suis entré dans la salle de cinéma. J'avais l'impression que j'étais parti pour un film geek, ce qui suffisait à me motiver. Geek, Takahide Hori l'est sans doute un peu, sachant qu'ici, il est aussi décorateur, monteur, compositeur et doubleur. J'ajoute qu'il a appris le cinéma en autodidacte, en travaillant d'abord seul sur une première version du film, d'une durée d'une demi-heure. Ce n'est dès lors qu'au bout de quatre ans et après en avoir terminé qu'il a pu bosser sur le Junk Head désormais présent dans les salles obscures. D'après ce que j'ai lu, il aurait même refusé un pont d'or proposé par un studio américain pour conserver toute sa liberté artistique. C'est à partir de 2017 et dans de très nombreux festivals que le long-métrage a acquis la bonne réputation qui est la sienne aujourd'hui. Elle n'est pas usurpée, même si je dois bien reconnaître que le film n'est pas très adapté aux enfants - je vous aurai prévenus. Seule la fin un peu rapide étonne, mais il y aura peut-être une suite...

Junk Head
Film japonais de Takahide Hori (2020)

Je pensais me contenter de trois étoiles et demie, mais je choisis d'arrondir à l'étoile pleine supérieure pour saluer la grande originalité du projet et l'incroyable acharnement de l'auteur à le mener à bien ! Fouiller à nouveau dans mes souvenirs (et archives) me rappelle alors que Numéro 9 utilisait l'animation dans un cadre post-apocalyptique. Pour la technique, on peut préférer Monsieur Jack. Et Chicken run...

lundi 6 juin 2022

Coupure pub

J'avais prévu aujourd'hui de vous parler de musique, mais je reporte cette chronique à une autre date pour l'heure indéfinie. Je suis tombé sur une étude sur le placement de produits dont je crois intéressant de relayer quelques conclusions. Cela pourra m'inciter à être vigilant quant au contenu de toutes les images que je diffuse jour après jour !

Rappel pour les néophytes: le placement de produits est une technique commerciale qui consiste à "dissimuler" dans les images de nos films et séries divers objets de marque(s), les fabricants desdits objets finançant alors une part de la production audiovisuelle. J'avais appris que la sortie maintes fois retardée du dernier épisode de James Bond en avait contrarié quelques-uns, inquiets à l'idée que ce cher 007 n'exhibe que des modèles devenus obsolètes ! L'impact de la pub supporte mal les retards. Moi, je trouve cela assez drôle, en réalité...

N'en déplaise à Mike Myers et son Pepsi, seul le rival Coca-Cola pointe parmi les dix marques ayant eu le plus travaillé avec des placements de produits - à 1.570 reprises. La boisson gazeuse est quatrième derrière Nike (3.134 apparitions), MacBook (2.145) et iPhone (1.626). Dans la suite du classement, on peut retrouver Dell, Sony, Adidas, Microsoft, Hewlett-Packard et Microsoft Surface. L'étude révèle aussi que le secteur de l'habillement hors-chaussures tient le haut du pavé avec 5.844 vues, loin devant ceux des boissons sans alcool (5.029) et... des boissons avec alcool (4.822). Le reste est souvent l'affaire des technologies numériques et des grosses bagnoles, sans surprise...

Je termine avec le classement dix films les plus "gourmands"...
1. Josie et les Pussycats (109 placements),
2. Sex and the city / Ricky Bobby : Roi du circuit (89),
4. Ocean's 8 (76),
5. En cloque, mode d'emploi / Wall Street 2 (70),
7. Hackers (67),
8. The amazing Spider-Man (66),
9. Retour vers le futur (65),
10. Kingsman 2 / No pain no gain / Sex and the city 2 (63).

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Précision: cette chronique n'a pas été sponsorisée...

Ce n'est jamais le cas, de toute façon ! Et je dois ajouter que je suis troublé de voir l'un de mes films cultes dans le haut du classement ! Maintenant, je vous laisse la parole. Si vous aviez un commentaire...

samedi 4 juin 2022

Au pays du condor

La sensation de dépaysement qu'il est susceptible de me procurer constitue parfois la première base de mon envie de voir un film donné. Exemple récent: c'était le cas pour Utama - La terre oubliée. Récompensé au Festival de Sundance 2022, cet opus nous transporte jusqu'aux hauts plateaux boliviens. Une escapade pour moi nouvelle...

Pour le prix d'un ticket de cinéma, le voyage est plus qu'intéressant. L'intrigue, elle, est assez sommaire - sans que ce soit un problème. Sisa et Virginio vivent coupés du monde et affrontent une sécheresse durable, ce qui les oblige à rationner leur eau de manière drastique. Évidemment, il ne pousse pas grand-chose sur cette "terre oubliée". Même les lamas qu'élève le couple souffrent des chaleurs extrêmes. Quand Clever, leur petit-fils, vient leur rendre visite, Sisa et Virginio envisagent un départ vers la ville: elle n'a rien décidé, mais accepte d'en parler, tandis que lui refuse et s'enferme dans un silence obstiné. Utama... va alors nous placer en observateurs, une heure et demie durant. C'est une position dans laquelle je me sens bien, à vrai dire. Hé ! La possibilité de s'ouvrir à un pays méconnu n'est pas à négliger !

Le tournage a eu lieu au printemps, la seule période envisageable. Doté d'indéniables qualités plastiques, ce premier film est l'oeuvre d'un cinéaste qui a débuté par la photo. Le fruit également de travaux préparatoires très importants: "L'image me réussit beaucoup mieux que les mots. L'aspect visuel du film était si clair dans mon esprit que j'ai tout dessiné sur un storyboard", a dit Alejandro Loayza Grisi. Confiant en ses comédiens non-professionnels, il a habilement joué sur les silences pour accéder à l'intimité de ces personnes d'un âge avancé, qui se connaissent parfaitement et depuis très longtemps. Utama - en aymara, une langue de Bolivie - signifie "Notre foyer". Rassurez-vous: l'éventuelle dimension ethnologique du long-métrage n'est pas plombante et, en tout cas, ne le rend jamais inaccessible. Seule une petite partie des dialogues bilingues nous échappe un peu. Pas de quoi justifier que vous renonciez ici à votre prochaine séance !

Utama - La terre oubliée
Film bolivien d'Alejandro Loayza Grisi (2022)

Je suis très content d'être retourné en Amérique latine, un continent lointain que je n'avais plus visité au cinéma depuis novembre dernier. Malgré un (léger) manque d'originalité, ce film, partiellement financé par des producteurs uruguayens, mérite clairement qu'on s'y attarde. Dans le même esprit, j'avais beaucoup aimé La terre et l'ombre. Ixcanul aussi et même si, pour le coup, il parle plutôt d'autre chose...

jeudi 2 juin 2022

Hamlet revisité

Hé ! Après Shakespeare mardi, je vais parler de Hamlet aujourd'hui. Nul ne peut dire avec certitude que l'illustre prince danois a existé ailleurs que sous la plume du dramaturge anglais, mais il est le héros d'un film récent: The Northman, débarqué dans nos salles le 11 mai. De fait un peu trop explicite, la bande-annonce m'avait donné envie...

Nous voilà dans un château scandinave à la fin du 9ème siècle de l'ère chrétienne. Le roi Aurvendil rentre chez lui après de longues batailles. Rapidement, il se dit alors qu'il est plus que temps d'éduquer son fils unique - le fameux Amleth - pour qu'il se tienne prêt à lui succéder. Un rite initiatique plus tard, le souverain est tué dans un piège tendu par son frère. Le môme, lui, doit fuir pour ne pas y passer à son tour. Ni une ni deux, il se décide à traverser une partie de l'Atlantique nord à la rame, le temps d'envisager les contours de sa future vengeance. Autant vous le dire: The Northman ne fait JAMAIS dans la dentelle. Efficace (dans son genre), mais 100% bourrin. Je le savais d'avance...

Alexander Skarsgård, la montagne de muscles qui endosse ici le rôle principal, fait le job, et la jeune Anya Taylor-Joy apporte un soupçon de douceur bienvenu dans ce monde de brutes. Le reste du casting contient quelques perles: Nicole Kidman, Ethan Hawke, Willem Dafoe et même la chanteuse islandaise Björk, digne "régionale de l'étape". Le souci, c'est que The Northman est plus bling-bling que très réussi. Formellement, les images qu'il nous propose viennent étayer l'aspect épique et mythologique du récit, mais ce dernier reste assez convenu. C'est vrai aussi que je n'ai pas vu venir l'évolution du singulier rapport entre Amleth et sa mère - la seule chose qui m'a (un peu) surpris. "L'ensemble est exactement ce qu'on pouvait espérer... et pas assez". Qui le dit ? Les Fiches du cinéma. Avis que je partage. Sans rancune !

The Northman
Film américano-britannique de Robert Eggers (2022)

Le thème du chasseur de monstres devenu monstre n'est qu'effleuré. Si son aspect visuel ne le tirait pas vers le haut, cet homme du Nord n'aurait sûrement récolté que trois étoiles (voire moins, qui sait ?). Brut de décoffrage, le spectacle est sans complaisance: un bon point. Devant mon écran, par instants, j'ai repensé à Romulus et Remus. Autres temps, mêmes moeurs. Erik le Viking est vraiment plus zen...

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Si vous hésitez encore à aller voir le film...

Vous vérifierez que Princécranoir n'est pas plus enthousiaste que moi. Notez que je n'ai pas lu d'avis très positif chez mes p'tits camarades !