lundi 26 octobre 2026

Par-delà le déni

J'avais pris l'habitude de voir Adèle Exarchopoulos comme une actrice parmi les plus douées de sa génération. Ce qu'elle offre dans Garance m'invite à dire qu'elle est peut-être même l'une des meilleures actrices françaises "tout court", du haut et avec le talent de ses bientôt 33 ans. En tout cas, ce dont je suis certain, c'est qu'elle m'a à nouveau é-pa-té !

Dans ce film, elle joue donc Garance, une comédienne ultra-motivée qui, à Paris, espère percer durablement dans une compagnie théâtrale. Oui, mais... au terme d'une saison, son metteur en scène lui explique que la troupe l'apprécie, mais ne souhaite plus travailler avec elle. Hébétée, la jeune femme apprend alors qu'on lui reproche de trop boire et que ce comportement nourrit les inquiétudes de ses partenaires quant à sa capacité réelle à "faire le job" - un souci a priori légitime. Garance envoie alors paître ceux qui se présentent comme ses amis. C'est ainsi que commence son parcours de galère, d'autant plus pénible que la jeune femme minore souvent les conséquences de son addiction. La suite ? Il y aura des hauts, des bas, une histoire d'amour inattendue et plein d'obstacles sur le chemin de la guérison. Mais aussi des atouts...

Garance
est avant tout, je dirais, le portrait d'une femme qui se bat. Disons plutôt "qui va devoir se battre" et ne l'admet pas tout de suite. Pour ma part, oui, j'ai cru à cette histoire et à cette image que le film donne des conséquences de cette maladie mentale qu'est la dépression. Garance va mal, le comprend à peine et le tait: elle est dans le déni. Parsemé d'ellipses, le récit nous permet de découvrir son cheminement sur une période de huit ans. Et Adèle Exarchopoulos le rend crédible. Elle n'est pas la seule, d'ailleurs, et je vous laisse découvrir le rôle joué par Sara Giraudeau, qui assure admirablement sa partition, elle aussi. Techniquement, j'ai vraiment aimé le montage, de même que la bande originale du film (que d'aucuns considèrent pourtant truffée de clichés). Sorti de la salle du cinéma, j'avais le regard un peu embué: un signe révélateur de mon émotion - pour le coup des plus positives, cette fois. Il se pourrait donc que le film finisse dans mon top de l'année. À suivre !

Garance
Film français de Jeanne Herry / 2026

Ma "première rencontre" avec la réalisatrice - j'en reparlerai mercredi. Quatre étoiles et un p'tit bonus pour l'impeccable Adèle Exarchopoulos. Assurément, depuis La vie d'Adèle, elle a fait un sacré bout d'chemin ! La vision de l'alcoolisme qu'elle porte ici me semble plus juste que celle d'autres films comme Le bruit des glaçons ou Leaving Las Vegas. J'apprécie d'ailleurs que le récit ne parle pas uniquement de l'addiction.

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Film de femme, rôle de femme... et avis de femme ?

C'est possible, bien sûr, et vous pourrez en lire un (positif) chez Pascale.

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