Vous aimez le cinéma de Robert Guédiguian ? J'entame cette semaine avec lui pour compléter de quelques lignes ma chronique parue samedi. Il se trouve que la Cinémathèque de Grenoble avait bien fait les choses pour sa rentrée automnale: elle a reçu le cinéaste et Ariane Ascaride ! Le duo a ainsi offert deux heures de son temps à un (très) large public...
Avant la projection de Marie-Jo..., Ariane Ascaride n'a dit qu'un mot rapide sur le film et parlé très franchement: "J'en ai chié pour le faire". C'est sur ce point que la discussion a repris après le générique final. L'occasion pour l'actrice de rappeler que ses deux partenaires masculins dans le film - Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin - sont ses amis. Jouer nue avec eux, devant la caméra de son mari, il fallait donc oser. Bon... ce n'était pas forcément beaucoup plus facile pour les hommes. Ariane Ascaride a raconté que "Dada" s'était malgré tout déshabillé avant même d'avoir sa première scène à tourner. Et Robert Guédiguian d'assurer que son pote s'était interrogé (à haute voix) sur la pertinence de filmer un ouvrier nu, "s'en prenant alors à ma conscience de classe !". Le réalisateur a obtenu gain de cause... et a semblé s'en amuser encore.
Ariane Ascaride a aussi parlé d'un personnage "compliqué" et capable d'aller toutefois au bout de sa passion. "Elle me renvoyait à moi-même. La morale nous conduit à faire des choix qu'on n'a pas envie de faire. Marie-Jo, elle, a un courage non-réfléchi, sans attitude intellectuelle. Elle est amoureuse de deux hommes, point. Je pense que c'est possible dans la vie... et que c'est un désespoir profond. Que les seuls moments où elle est bien, c'est quand elle fait l'amour". Puis, un très léger voile d'émotion dans la voix: "Je n'avais pas revu le film depuis longtemps. Excusez-moi de le dire, mais je crois que j'ai bien travaillé. J'ai lâché des choses et je crois que c'était nécessaire pour un tel personnage. Cher à mon coeur, oui... mais pas simple". Un moment très touchant suivi d'une nouvelle salve d'applaudissements. Ce qui n'était que justice.
Gentiment moqueur, Robert Guédiguian a ajouté: "Je crois plus simple de coucher avec des amis qu'avec des gens qu'on ne connaît pas". Beaucoup plus sérieux, il a évoqué "l'innocence des corps" et son souhait de "filmer les corps nus comme s'ils étaient habillés", dans leur entier. Après quoi, Ariane Ascaride et lui ont répondu à plusieurs questions liées à l'équipe réunie autour de leurs films. Le réalisateur a confirmé qu'elle permettait de faire les choses plus facilement et exprimé l'idée que le romantisme se rapproche de la révolution, citant des auteurs. Aparté de sa compagne: "Il fallait qu'il vous montre qu'il est intello". Réponse du tac au tac: "Non, les gens le savent !". Rires dans la salle. "C'est vrai que mes acteurs me font confiance, mais pas aveuglément. C'est parce qu'on fait les choses ensemble. Je suis un chef de troupe comme le disait Molière, sauf que je ne joue pas - fort heureusement ! Je suis un capitaine d'exploration. Les autres... montent sur le bateau".
Le cinéaste le constate aussi: "Nous confrontons nos histoires et nos vies à celles de la société française depuis quarante ans. C'est là une façon de faire que nous avons trouvée... ou plutôt qui nous a trouvés, nous. Nous n'avons pas cherché à fabriquer ce parcours: il s'est fait tout seul. On a fini par se dire qu'on y tenait, comme à un petit trésor... voilà. Parfois, on me fait d'autres belles propositions, mais je les refuse. Aujourd'hui, on sait toujours bien ce qui arrive à Gérard, à Jean-Pierre ou à ses gosses... et je dirais que nous sommes tous un peu co-auteurs. Par capillarité, disons, et même si on l'est certes pas techniquement". Ce raisonnement l'a conduit récemment à dire non à une possibilité pour tourner un film consacré à Léon Blum. Sans regret aucun, visiblement. Ariane Ascaride loue un sens des amitiés durables: "Robert a la capacité d'être très fédérateur. C'était comme ça avant qu'il fasse du cinéma ! Oui... sa troupe, au départ, ce sont ses copains du quartier de l'Estaque et les miens du Conservatoire de Paris. On parlait la même langue. Celle de Robert, nous sommes capables de la saisir". Et cela continue...
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Il y aurait tant à dire et écrire encore...
OK... je n'ai retranscrit aujourd'hui qu'une petite vingtaine de minutes d'échanges ! J'aimerais y revenir, mais je ne peux rien vous promettre. Cela étant dit, je souligne que le nouveau long de Robert Guédiguian sort après-demain. Son titre: Une femme aujourd'hui. Les connaisseurs savent que l'actrice principale - Marilou Aussilloux - était déjà présente dans La pie voleuse, le précédent long-métrage du cinéaste marseillais.
Avant la projection de Marie-Jo..., Ariane Ascaride n'a dit qu'un mot rapide sur le film et parlé très franchement: "J'en ai chié pour le faire". C'est sur ce point que la discussion a repris après le générique final. L'occasion pour l'actrice de rappeler que ses deux partenaires masculins dans le film - Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin - sont ses amis. Jouer nue avec eux, devant la caméra de son mari, il fallait donc oser. Bon... ce n'était pas forcément beaucoup plus facile pour les hommes. Ariane Ascaride a raconté que "Dada" s'était malgré tout déshabillé avant même d'avoir sa première scène à tourner. Et Robert Guédiguian d'assurer que son pote s'était interrogé (à haute voix) sur la pertinence de filmer un ouvrier nu, "s'en prenant alors à ma conscience de classe !". Le réalisateur a obtenu gain de cause... et a semblé s'en amuser encore.
Ariane Ascaride a aussi parlé d'un personnage "compliqué" et capable d'aller toutefois au bout de sa passion. "Elle me renvoyait à moi-même. La morale nous conduit à faire des choix qu'on n'a pas envie de faire. Marie-Jo, elle, a un courage non-réfléchi, sans attitude intellectuelle. Elle est amoureuse de deux hommes, point. Je pense que c'est possible dans la vie... et que c'est un désespoir profond. Que les seuls moments où elle est bien, c'est quand elle fait l'amour". Puis, un très léger voile d'émotion dans la voix: "Je n'avais pas revu le film depuis longtemps. Excusez-moi de le dire, mais je crois que j'ai bien travaillé. J'ai lâché des choses et je crois que c'était nécessaire pour un tel personnage. Cher à mon coeur, oui... mais pas simple". Un moment très touchant suivi d'une nouvelle salve d'applaudissements. Ce qui n'était que justice.
Le cinéaste le constate aussi: "Nous confrontons nos histoires et nos vies à celles de la société française depuis quarante ans. C'est là une façon de faire que nous avons trouvée... ou plutôt qui nous a trouvés, nous. Nous n'avons pas cherché à fabriquer ce parcours: il s'est fait tout seul. On a fini par se dire qu'on y tenait, comme à un petit trésor... voilà. Parfois, on me fait d'autres belles propositions, mais je les refuse. Aujourd'hui, on sait toujours bien ce qui arrive à Gérard, à Jean-Pierre ou à ses gosses... et je dirais que nous sommes tous un peu co-auteurs. Par capillarité, disons, et même si on l'est certes pas techniquement". Ce raisonnement l'a conduit récemment à dire non à une possibilité pour tourner un film consacré à Léon Blum. Sans regret aucun, visiblement. Ariane Ascaride loue un sens des amitiés durables: "Robert a la capacité d'être très fédérateur. C'était comme ça avant qu'il fasse du cinéma ! Oui... sa troupe, au départ, ce sont ses copains du quartier de l'Estaque et les miens du Conservatoire de Paris. On parlait la même langue. Celle de Robert, nous sommes capables de la saisir". Et cela continue...
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Il y aurait tant à dire et écrire encore...
OK... je n'ai retranscrit aujourd'hui qu'une petite vingtaine de minutes d'échanges ! J'aimerais y revenir, mais je ne peux rien vous promettre. Cela étant dit, je souligne que le nouveau long de Robert Guédiguian sort après-demain. Son titre: Une femme aujourd'hui. Les connaisseurs savent que l'actrice principale - Marilou Aussilloux - était déjà présente dans La pie voleuse, le précédent long-métrage du cinéaste marseillais.




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