L'an passé, elle avait réuni toutes les associations spécialisées de la ville et offert avec elles 24 heures de cinéma. La Cinémathèque de Grenoble n'a pas récidivé, mais a choisi de rendre hommage à Robert Guédiguian pour marquer d'une pierre blanche sa rentrée 2026-27, le mois dernier. Quatre films projetés et je suis allé voir Marie-Jo et ses deux amours...
À Marseille, Marie-Jo travaille dur comme ambulancière indépendante. Elle s'interroge sur ce que sa fille fera quand elle aura réussi son bac. Des études de droit, comme son petit copain ? Oui, c'est une possibilité. Quitter ainsi la maison familiale ? Une quasi-certitude. Les deux parents resteraient seuls. Daniel, le conjoint de Marie-Jo, ne s'en soucie guère et paraît prêt à aider les tourtereaux à s'installer dans un nouveau nid. Cet homme qu'elle a choisi, Marie-Jo l'aime comme au premier jour. Pourtant, elle mène aussi une vie parallèle avec Marco et fait l'amour avec lui, pilote expérimenté chargé de faire entrer les plus gros bateaux dans le Vieux Port. Elle lui rend visite, au moins deux fois par semaine. Ils sont donc trois acteurs formidables à se croiser dans cette histoire simple, la troupe du réalisateur: Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. Un plaisir de les revoir sur une copie 35mm sublime. Presque un quart de siècle sera passé depuis le tournage ! Et pourtant...
Pourtant, Marie-Jo et ses deux amours est resté un beau film, au récit emporté par le lyrisme revendiqué de son auteur. De somptueux plans parsèment cet opus (certains créés à partir d'images en surimpression). La musique, elle aussi, compte pour beaucoup dans la très vive émotion qu'il peut procurer. Le choix d'un mélange de morceaux contemporains et classiques s'avère tout à fait pertinent. Me faut-il évoquer la lumière qui inonde la pellicule ? Le soleil méditerranéen agit comme révélateur des sentiments complexes qui parcourent les personnages, âmes égarées en réalité assez comparables à celles dont regorge la tragédie grecque. C'est la magie du cinéma de Guédiguian: au fond, le cadre marseillais n'est jamais excluant. Ce qu'on y observe pourrait se passer ailleurs. Chacun jugera alors de l'intérêt de la chose selon sa propre sensibilité. La mienne - c'est un fait - est plutôt à son aise avec ce qui s'expose ici. La banalité de nos vies. Et, en toute humanité, la noblesse de nos corps.
Marie-Jo et ses deux amours
Film français de Robert Guédiguian / 2002
Après une telle découverte, j'ai presque envie de revoir Jules et Jim. L'amour à trois, c'est possible ? Peut-être, selon Butch Cassidy et le Kid. Mais pas besoin d'être aussi nombreux pour vivre une histoire tragique ! Robert Guédiguian s'est parfois éloigné de Marseille pour le démontrer sous d'autres cieux: je vous conseille de (re)voir son Twist à Bamako. Une ardente passion est aussi le coeur de Marius et Jeannette, bien sûr.
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Et afin de rester un instant dans la cité phocéenne...
Vous pourrez lire la chronique de "L'oeil sur l'écran", moins enthousiaste.
À Marseille, Marie-Jo travaille dur comme ambulancière indépendante. Elle s'interroge sur ce que sa fille fera quand elle aura réussi son bac. Des études de droit, comme son petit copain ? Oui, c'est une possibilité. Quitter ainsi la maison familiale ? Une quasi-certitude. Les deux parents resteraient seuls. Daniel, le conjoint de Marie-Jo, ne s'en soucie guère et paraît prêt à aider les tourtereaux à s'installer dans un nouveau nid. Cet homme qu'elle a choisi, Marie-Jo l'aime comme au premier jour. Pourtant, elle mène aussi une vie parallèle avec Marco et fait l'amour avec lui, pilote expérimenté chargé de faire entrer les plus gros bateaux dans le Vieux Port. Elle lui rend visite, au moins deux fois par semaine. Ils sont donc trois acteurs formidables à se croiser dans cette histoire simple, la troupe du réalisateur: Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan. Un plaisir de les revoir sur une copie 35mm sublime. Presque un quart de siècle sera passé depuis le tournage ! Et pourtant...
Pourtant, Marie-Jo et ses deux amours est resté un beau film, au récit emporté par le lyrisme revendiqué de son auteur. De somptueux plans parsèment cet opus (certains créés à partir d'images en surimpression). La musique, elle aussi, compte pour beaucoup dans la très vive émotion qu'il peut procurer. Le choix d'un mélange de morceaux contemporains et classiques s'avère tout à fait pertinent. Me faut-il évoquer la lumière qui inonde la pellicule ? Le soleil méditerranéen agit comme révélateur des sentiments complexes qui parcourent les personnages, âmes égarées en réalité assez comparables à celles dont regorge la tragédie grecque. C'est la magie du cinéma de Guédiguian: au fond, le cadre marseillais n'est jamais excluant. Ce qu'on y observe pourrait se passer ailleurs. Chacun jugera alors de l'intérêt de la chose selon sa propre sensibilité. La mienne - c'est un fait - est plutôt à son aise avec ce qui s'expose ici. La banalité de nos vies. Et, en toute humanité, la noblesse de nos corps.
Marie-Jo et ses deux amours
Film français de Robert Guédiguian / 2002
Après une telle découverte, j'ai presque envie de revoir Jules et Jim. L'amour à trois, c'est possible ? Peut-être, selon Butch Cassidy et le Kid. Mais pas besoin d'être aussi nombreux pour vivre une histoire tragique ! Robert Guédiguian s'est parfois éloigné de Marseille pour le démontrer sous d'autres cieux: je vous conseille de (re)voir son Twist à Bamako. Une ardente passion est aussi le coeur de Marius et Jeannette, bien sûr.
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Et afin de rester un instant dans la cité phocéenne...
Vous pourrez lire la chronique de "L'oeil sur l'écran", moins enthousiaste.


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