jeudi 15 octobre 2026

Vivre et se taire

Cela fait maintenant plus d'un an que Claudia Cardinale nous a quittés. Sans compter ses rôles télévisés, on dépasse déjà la centaine de films quand on se penche sur sa carrière. Le mois dernier, j'en ai regardé un de la fin des années 60: La mafia fait la loi - un titre plus qu'explicite. Avec la belle, on retrouve aussi Franco Nero et l'Américain Lee J. Cobb !

1961. Sur une route de Sicile, un entrepreneur du BTP est assassiné. Bellodi, l'officier des carabiniers chargé de l'enquête, n'avance guère. Certes, il connaît la plupart des habitants du coin, mais il se heurte partout au silence. Même une femme dont le mari a soudain disparu refuse de parler de ce que le malheureux pourrait avoir vu ou entendu. La (relative) originalité du film consiste à placer représentants de la loi et suspects en face-à-face direct. Le village qui sert de cadre principal à l'intrigue compte ainsi une grande place sur laquelle le commissariat est placé juste pile devant la riche demeure du chef mafieux supposé. Ce gentil petit monde s'observe d'ailleurs constamment, à la jumelle. Plutôt apprécié en Italie, La mafia fait la loi dessine un portrait réaliste d'une population civile soumise à l'omerta. Il faut simplement y croire...

Au départ, il y avait un roman de Leonardo Sciscia (1921-1989), publié chez nous aux éditions Flammarion, et ensuite adapté par un réalisateur réputé, mais qui se frottait pour la première fois à un récit de ce genre. Tout cela n'a attiré en France qu'un peu plus de 141.000 spectateurs. Parfois, j'ai cru voir une pièce de théâtre... ou bien même un opéra. Une sensation étrange qui, je dois l'avouer, m'a un tantinet désarçonné. Autre "souci": je n'ai guère ressenti d'empathie pour les personnages. Serais-je trop peu méditerranéen ? C'est ma foi tout à fait possible. Certains critiques considèrent La mafia fait la loi comme le prototype d'autres productions qui arriveront plus tard, au cours de la décennie suivante. Et désolé: je n'en connais pas suffisamment pour le confirmer. C'est donc à vous de décider si le sujet pourrait vous intéresser - ou pas.

La mafia fait la loi
(Il giorno della civetta)
Film italien de Damiano Damiani / 1968
Ce "jour de la chouette" ne restera pas dans mes annales personnelles comme le grand film que j'aurais aimé découvrir. Rien de bien grave ! Des histoires de mafia, j'en verrai d'autres et sûrement de meilleures. Inutile de citer Le parrain en référence: le cinéma italien lui-même mérite qu'on s'y attarde. J'ai ainsi apprécié L'affaire Mori, un autre opus sur le crime organisé, à l'époque fasciste. Avec Claudia Cardinale, oui...

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Et maintenant, la parole est à la défense...

Intéressés ? OK. Je vous laisserai lire le plaidoyer de "L'oeil sur l'écran".

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