OK... j'ai mis beaucoup trop de temps à reparler de Claudia Cardinale. Depuis sa disparition en septembre dernier, je n'avais pas pris soin d'ajouter à ce blog le moindre texte qui la concerne directement. L'actrice aurait eu 88 ans le 15 avril et mérite qu'on se souvienne d'elle. Cette chronique de "rattrapage" revient sur deux films et quelques liens.
La ragazza ou La jeune fille (La ragazza di Bube)
Film italien de Luigi Comencini / 1964
Un classique ? C'est possible, mais a priori pas le plus connu du cinéma italien - ni même d'ailleurs du monstre sacré qu'était son réalisateur. Malgré tout, j'ai trouvé son histoire des plus intéressantes ! Elle tourne autour du personnage de Mara, une jeune femme d'un petit village toscan. La belle, qui n'en est visiblement jamais sortie, est la fille aînée d'une famille pauvre. Tout commence vers l'été 1944. Le régime fasciste de Benito Mussolini a été renversé. Mara tombe rapidement amoureuse d'un homme qui, résistant communiste, a côtoyé son frère décédé. Problème: ce garçon lui avoue avoir participé à une expédition punitive menée auprès d'un gendarme des environs. Il a du sang sur les mains. Cela peut-il lui être un motif de condamnation dans le nouveau système judiciaire ? Peut-être et en tout cas, l'incertitude plane sur tout le film !
La ragazza n'est pas qu'une leçon d'histoire ou que le récit d'un procès. C'est d'abord le portrait d'une femme et de sa génération, soumises malgré elles à la grande difficulté de faire valoir leur idéal de bonheur et de liberté dans le contexte de l'après-guerre - a fortiori dans un pays considéré comme l'un des grands vaincus. Captivant, le récit se déroule progressivement sur quelques années (avec d'ailleurs quelques ellipses). Claudia Cardinale est toujours excellente et brille en nous démontrant que Mara, d'abord adolescente presque naïve, devient une jeune femme de son temps, au caractère trempé et indépendante, mais tourmentée par des sentiments parfois contradictoires. Un véritable personnage mélodramatique, en somme. Ce qui lui arrive pourrait vous surprendre. Merveilleusement filmée, la comédienne a aussi de bons partenaires masculins, l'Américain George Chakiris et le Franco-suisse Marc Michel. Un trio tout à fait émouvant... pour un film qui n'est JAMAIS larmoyant !
La ragazza ou La jeune fille (La ragazza di Bube)
Film italien de Luigi Comencini / 1964
Un classique ? C'est possible, mais a priori pas le plus connu du cinéma italien - ni même d'ailleurs du monstre sacré qu'était son réalisateur. Malgré tout, j'ai trouvé son histoire des plus intéressantes ! Elle tourne autour du personnage de Mara, une jeune femme d'un petit village toscan. La belle, qui n'en est visiblement jamais sortie, est la fille aînée d'une famille pauvre. Tout commence vers l'été 1944. Le régime fasciste de Benito Mussolini a été renversé. Mara tombe rapidement amoureuse d'un homme qui, résistant communiste, a côtoyé son frère décédé. Problème: ce garçon lui avoue avoir participé à une expédition punitive menée auprès d'un gendarme des environs. Il a du sang sur les mains. Cela peut-il lui être un motif de condamnation dans le nouveau système judiciaire ? Peut-être et en tout cas, l'incertitude plane sur tout le film !
La ragazza n'est pas qu'une leçon d'histoire ou que le récit d'un procès. C'est d'abord le portrait d'une femme et de sa génération, soumises malgré elles à la grande difficulté de faire valoir leur idéal de bonheur et de liberté dans le contexte de l'après-guerre - a fortiori dans un pays considéré comme l'un des grands vaincus. Captivant, le récit se déroule progressivement sur quelques années (avec d'ailleurs quelques ellipses). Claudia Cardinale est toujours excellente et brille en nous démontrant que Mara, d'abord adolescente presque naïve, devient une jeune femme de son temps, au caractère trempé et indépendante, mais tourmentée par des sentiments parfois contradictoires. Un véritable personnage mélodramatique, en somme. Ce qui lui arrive pourrait vous surprendre. Merveilleusement filmée, la comédienne a aussi de bons partenaires masculins, l'Américain George Chakiris et le Franco-suisse Marc Michel. Un trio tout à fait émouvant... pour un film qui n'est JAMAIS larmoyant !
(+)
En complément...
Cet opus fait par ailleurs l'objet d'une chronique de "L'oeil sur l'écran".
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Le réalisateur du film s'est attribué le rôle du principal personnage masculin. Au générique de début, vous découvrirez Claudia Cardinale juste après lui, grâce... au simple ordre alphabétique (c'est précisé !). Autant vous le signaler tout de suite: l'actrice n'est pas aussi centrale que j'avais pu l'espérer. Elle joue toutefois une partition déterminante pour le bon déroulé de l'intrigue, incarnant la femme de chambre dévouée d'une grande bourgeoise bientôt assassinée, dans un immeuble du centre de Rome. Le meurtre fait suite à un cambriolage survenu quelques jours plus tôt, dans un autre appartement du même bâtiment. La police, sur les dents, accuse vite la jeune servante et son fiancé d'avoir des choses à se reprocher. On découvre avec elle que l'affaire n'est pas seulement double, mais bien plus complexe qu'un crime crapuleux. Au sein de la petite communauté, les brebis galeuses côtoient des loups de basse moralité, bien cachés derrière leur argent...
Meurtre à l'italienne m'est apparu aussi, à sa façon, comme un film social, bien ancré dans son cadre urbain. Ce n'est pas que le monde rural soit forcément celui des victimes, non, mais celui des villes dissimule encore quelques privilégiés habités d'un sentiment d'impunité. Intègre, le flic se trouve obligé de fermer les yeux sur des pratiques héritées d'un autre temps, mais il n'accordera aucune seconde chance aux miséreux qui ont choisi la mauvaise façon d'améliorer leur destinée. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir un constat - plutôt amer - sur l'Italie des fifties. Et c'est de fait ce qui m'a tout particulièrement intéressé ! D'une durée proche de deux heures, le long-métrage s'avère très mobile et s'inscrit dans des décors variés (ou bien changeants, selon la météo). J'ai trouvé ce noir et blanc "classique" d'une grande beauté, à dire vrai. Je le rapproche de celui de certains films noirs hollywoodiens, arrivés un peu plus tôt dans l'histoire du cinéma. J'imagine que j'y reviendrai. Avant cela, j'insiste volontiers sur le qualité de ce second opus du jour. La richesse du septième art italien de cette époque me semble infinie...
(+)
En complément...
Je vous signale que "L'oeil sur l'écran" est de nouveau au rendez-vous. Même constat pour mes maîtres ès-cinéma italien, Eeguab et Vincent. Encore envie d'un autre avis ? Je vous suggère un détour par chez Strum.
Meurtre à l'italienne m'est apparu aussi, à sa façon, comme un film social, bien ancré dans son cadre urbain. Ce n'est pas que le monde rural soit forcément celui des victimes, non, mais celui des villes dissimule encore quelques privilégiés habités d'un sentiment d'impunité. Intègre, le flic se trouve obligé de fermer les yeux sur des pratiques héritées d'un autre temps, mais il n'accordera aucune seconde chance aux miséreux qui ont choisi la mauvaise façon d'améliorer leur destinée. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir un constat - plutôt amer - sur l'Italie des fifties. Et c'est de fait ce qui m'a tout particulièrement intéressé ! D'une durée proche de deux heures, le long-métrage s'avère très mobile et s'inscrit dans des décors variés (ou bien changeants, selon la météo). J'ai trouvé ce noir et blanc "classique" d'une grande beauté, à dire vrai. Je le rapproche de celui de certains films noirs hollywoodiens, arrivés un peu plus tôt dans l'histoire du cinéma. J'imagine que j'y reviendrai. Avant cela, j'insiste volontiers sur le qualité de ce second opus du jour. La richesse du septième art italien de cette époque me semble infinie...
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En complément...
Je vous signale que "L'oeil sur l'écran" est de nouveau au rendez-vous. Même constat pour mes maîtres ès-cinéma italien, Eeguab et Vincent. Encore envie d'un autre avis ? Je vous suggère un détour par chez Strum.
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Je n'en ai assurément pas fini...
Je pense revenir prochainement sur plusieurs autres films de la carrière de Claudia Cardinale. Mais je n'ai pas encore de date précise à donner...
Voici ceux que j'ai déjà chroniqués :
- Le pigeon (Mario Monicelli / 1958),
- Rocco et ses frères (Luchino Visconti / 1960),
- Cartouche (Philippe de Broca / 1962),
- 8 1/2 (Federico Fellini / 1963),
- Le guépard (Luchino Visconti / 1963),
- La panthère rose (Blake Edwards / 1964),
- Les professionnels (Richard Brooks / 1966),
- Il était une fois dans l'Ouest (Sergio Leone / 1968),
- Fitzcarraldo (Werner Herzog / 1982),
- Le ruffian (José Giovanni / 1983),
- Hiver 54 - L'abbé Pierre (Denis Amar / 1989),
- L'artiste et son modèle (Fernando Trueba / 2012).
Et une ultime précision pour aujourd'hui...
Un post de Vincent a réveillé mon envie d'évoquer cette grande dame. Wikipédia pourrait vous le confirmer: il me reste beaucoup à découvrir !
Je n'en ai assurément pas fini...
Je pense revenir prochainement sur plusieurs autres films de la carrière de Claudia Cardinale. Mais je n'ai pas encore de date précise à donner...
Voici ceux que j'ai déjà chroniqués :
- Le pigeon (Mario Monicelli / 1958),
- Rocco et ses frères (Luchino Visconti / 1960),
- Cartouche (Philippe de Broca / 1962),
- 8 1/2 (Federico Fellini / 1963),
- Le guépard (Luchino Visconti / 1963),
- La panthère rose (Blake Edwards / 1964),
- Les professionnels (Richard Brooks / 1966),
- Il était une fois dans l'Ouest (Sergio Leone / 1968),
- Fitzcarraldo (Werner Herzog / 1982),
- Le ruffian (José Giovanni / 1983),
- Hiver 54 - L'abbé Pierre (Denis Amar / 1989),
- L'artiste et son modèle (Fernando Trueba / 2012).
Et une ultime précision pour aujourd'hui...
Un post de Vincent a réveillé mon envie d'évoquer cette grande dame. Wikipédia pourrait vous le confirmer: il me reste beaucoup à découvrir !





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