vendredi 12 juin 2015

Vision de l'avenir

C'était un vendredi soir comme beaucoup d'autres: après une semaine intense au boulot, j'hésitais sur le film à choisir pour me détendre. C'est alors que je m'apprêtais à regarder un Polanski qu'un p'tit coup d'oeil à mon portable m'a fait prendre connaissance d'un texto envoyé par un copain. Moins d'une heure plus tard, j'étais dans un cinéma pour voir À la poursuite de demain. Ce bon vieux Roman attendra...

La première chose qui m'a marqué, dans ce film, c'est la narration. Sans être d'une originalité folle, elle s'avère suffisamment éclatée pour réclamer de notre part une attention soutenue. Je vais tâcher d'être plus clair en disant que les scènes qui s'enchaînent se déroulent à la fois dans le passé (1964), dans un temps qu'on peut imaginer comme étant le présent et, last but not least, dans un futur indéfini. Sans vous dévoiler les ressorts de l'intrigue, je crois pouvoir révéler qu'il sera bientôt question de voyages dans le temps, mais également des conséquences de nos actes d'aujourd'hui sur ce qui pourrait arriver - ou arrivera - demain. De manière quelque peu lourdingue parfois, mais visiblement sincère, le scénario brasse des thèmes vraiment classiques comme le courage, l'optimisme, la responsabilité, l'engagement ou même les sentiments. À la poursuite de demain reste un film Disney, n'est-ce pas ? La bonne vieille morale est sauve.

Je ne vais pas vous raconter d'histoire: je me suis plutôt amusé. Disons que je n'ai rien vu de fabuleux, mais qu'un tel programme convient bien à la vocation vide-neurones du vendredi soir. Le défaut principal du film est d'être un peu long: plus de deux heures en tout pour un récit de cet acabit, c'est légèrement démesuré, je trouve. Cela dit, les aficionados de George Clooney s'en satisferont sûrement. Je dois dire que je l'ai trouvé franchement cabot, mais plutôt sympa quand même d'avoir accepté de participer à cette curieuse aventure. Le reste du casting m'a paru un peu moins convaincant: Hugh Laurie fait difficilement oublier Dr House et Brittany Robertson a bien du mal à crédibiliser son personnage d'ado - il faut dire qu'elle a 25 ans. Raffey Cassidy s'en sort mieux en petite fille robot - un rôle touchant. À la poursuite de demain offre le meilleur avec son joli monde imaginaire, un peu d'humour et une scène haletante à la Tour Eiffel ! J'aime rester jusqu'au bout du bout des séances ciné: une habitude qui s'est vue récompensée, cette fois, par le chouette générique final.

À la poursuite de demain
Film américain de Brad Bird (2015)

Comme mon pote Jean-Mi, je le trouve "correct", mais trop enfantin. Une critique que j'ai lue sur le film en parlait comme d'un Matrix destiné à un public familial... et c'est assez juste. Certains blogueurs citent les productions Amblin en référence - là, ça me paraît exagéré. Nota bene: Brad Bird a débuté dans l'animation (cf. Le géant de fer). Deux de ses films ont eu l'Oscar: Les indestructibles et Ratatouille.

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8 commentaires:

Pascale a dit…

Oui d'excellentes choses mais l'insupportable Britt Robertson gâche un peu le voyage.
Mais il y a la subtile et merveilleuse Rafey Cassidy et sa belle relation avec George !
Film surprenant quand j'y repense.

tinalakiller a dit…

Tu connais déjà mon avis :o J'ai trouvé ce film assez moyen. C'est vrai que les scènes d'action sont réussies, les personnages sympathiques et attachants (et les interprétations plutôt bonnes), le message écolo a le mérite d'être différent des autres actuellement, le film est à l'origine original, probablement sincère mais c'est vraiment trop long à se mettre en place et la fin un peu trop niaise.

Martin a dit…

@Pascale:

Je vois que nous sommes d'accord sur Britt Robertson - tu es même plus sévère que moi. C'est certain que le film est surprenant et en ce sens réussi. La relation qui est tissée entre Rafey Cassidy et George Clooney est amenée de manière subtile, il est vrai. C'est beau !

Martin a dit…

@Tina:

Oui, je le connais, et pour cause ! Ce qui sauve le film, je trouve, c'est justement sa relative originalité. Pour une fois que Hollywood nous offre autre chose qu'une suite ou qu'une préquelle... sans ça, je pense que j'aurais moins aimé ce que j'ai vu. La sincérité du truc m'a permis de l'apprécier. Je me dis que ça aurait très bien pu être neuneu, venant de chez Disney. Là, on sent quand même de bonnes idées derrière les grosses ficelles.

tinalakiller a dit…

Oui, voilà je reconnais que ça fait du bien de voir autre chose que des remakes, sequels, reboots etc... Mais après l'originalité a ses limites je trouve, justement parce que je trouve un peu ringard...

Martin a dit…

Je comprends parfaitement ton point de vue, mais je ne trouve pas le film ringard. Naïf, peut-être.

2flicsamiami a dit…

Georges Clooney, cabot. C'est pas faux.
En tout cas, goûter un film aussi positiviste dans un contexte aussi triste, ça ne fait pas de mal à l'esprit.

Martin a dit…

Tout à fait, 2 flics, je pense la même chose: c'est aussi parce qu'il est optimiste que ce film se démarque et qu'il trouve une tonalité sympathique.