mardi 23 septembre 2014

Ministère amer

Mes opinions politiques, je les garde pour moi. Mes goûts musicaux vont jusqu'au rap, mais avec modération. Si le titre de ma chronique vous a interpellé ce midi, c'est tant mieux: c'était bien son but ! Maintenant, je vous explique: l'amer ministère que je veux évoquer avec vous est celui d'un dénommé Daniel Barry, un prêtre catholique irlandais, personnage principal de Stella days, roman devenu film...

Le père Barry doute. Alors qu'il espérait être autorisé à finir sa vie d'études théologiques à Rome, son évêque le retient encore en Irlande pour l'édification d'une nouvelle église. Problème: l'institution-mère n'a guère de quoi financer le début des travaux et compte largement sur une souscription populaire pour régler le gros de la facture. Problème numéro 2: dans cette Europe des années 50, les paroissiens espèrent surtout pouvoir utiliser leurs économies pour améliorer doucement le confort de leurs foyers - avec en priorité l'eau courante froide et chaude, voire peut-être quelques appareils électroménagers. L'intrigue de Stella days, vous l'aurez compris, repose sur l'opposition classique entre les tenants d'une certaine tradition et les partisans d'un progrès supposé. Le tout dans un cadre original, vu de France...

Stella days n'est pas un chef d'oeuvre, non, mais un petit film sympa. Cette fois, mon attrait pour le regarder n'est pas venue du charme pourtant bien réel d'une reconstitution soignée. J'ai surtout eu envie de voir Martin Sheen endosser la soutane: dans son costume liturgique, l'acteur se montre d'une belle sobriété. Moins identifiable sous nos latitudes, à l'exception peut-être de Stephen Rea, le casting complémentaire joue correctement - sur la photo, Marcella Plunkett accompagne Garrett Lombard au centre et Trystan Gravelle à droite. J'aime apercevoir de nouvelles têtes ! Il faut ajouter encore que j'ai apprécié une autre idée de départ du film: faire financer l'église attendue... par la mise en place d'une salle de cinéma ! À vous désormais de voir, si le coeur vous en dit, cette balade irlandaise...

Stella days
Film irlandais de Thaddeus O'Sullivan (2012)

Coproduit par Arte, le long-métrage a été diffusé sur la chaîne un soir de l'été dernier. Il n'est jamais sorti dans les salles françaises. Dommage ! Il n'invente rien, mais lui offrir un petit créneau d'exploitation ne lui aurait sans doute pas fait de mal. Il y a beaucoup plus de cinéma dans d'autres productions, c'est vrai, mais on reste dans la lignée scénaristique d'un Ken Loach ou d'un The full monty...

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Je ne suis pas le seul à regarder les petits films Arte !

Aelezig le fait aussi: à vérifier sur "Mon cinéma, jour après jour".

2 commentaires:

tinalakiller a dit…

Un bon petit film même si on l'oublie vite. C'est un film vraiment adapté pour les amoureux de l'Irlande. Par contre, incompréhensible qu'il n'ait pas été diffusé dans les salles de ciné en France (surtout quand on voit certaines daubes qui passent au ciné...)

Laurent a dit…

Bonjour Martin
Je suis passé à côté de ce petit film et le regrette fort, au vu de ton article (génial, ton titre !)

Belle journée, camarade cinéphile.