vendredi 31 mars 2017

Movie Challenge - Étape 1

Deux mois pile après m'y être lancé, l'heure est venue de vous faire un petit topo sur ma participation au Movie Challenge, initié par Tina et son amie Lily - je vous renvoie à mes explications du 31 janvier. J'avance, lentement mais sûrement, sur la grille de ce grand bingo cinématographique. Mais ce ne sera pas très facile de la compléter...

Je me suis demandé comment je devais présenter ce premier bilan d'étape. Et j'ai finalement décidé d'aller au plus simple, en découpant ma chronique en deux - "Cases cochées" et "Catégories à compléter". 

Et donc, les cases que j'ai déjà cochées sont...
9. Un film européen hors France,
Splendor

12. Un film d'action ou d'aventure,
Le voleur de Bagdad

15. Un film français,
Disparue en hiver

16. Un film qui est la suite d'un autre,
Les invasions barbares

18. Un film sorti cette année,
Ouvert la nuit

22. Une comédie,
La course à l'échalote

23. Une comédie musicale,
La La Land

25. Un film d'animation,
Le garçon et la bête

29. Un film en noir et blanc,
La forteresse cachée

30. Un film réalisé par une femme,
La forêt de Mogari

31. Un film d'un réalisateur asiatique,
La grande muraille

32. Un film d'horreur,
Suspiria

34. Un film LGBT - lesbien, gay, bisexuel ou transgenre,
Love is strange

37. Un film qui se déroule avant le 20ème siècle,
L'impératrice Yang Kwei Fei

38. Un film policier / thriller,
Angel heart - Aux portes de l'enfer

39. Un film feel good,
The walk - Rêver plus haut

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Et les catégories que je dois encore compléter sont...

1. Un film tiré d'une série ou qui en a inspiré une,
2. Un premier film,
3. Un film tourné dans un lieu où je suis allé,
4. Un film sorti l'année de mes dix ans,
5. Un film avec un acteur ou une actrice que je déteste,
6. Un remake ou un film qui a fait l'objet d'un remake,
7. Un film qui se passe dans le milieu sportif,
8. Un film de procès,
10. Un film qui a reçu la Palme d'or,

11. Un documentaire,
13. Un film qui a marqué mon enfance ou mon adolescence,
14. Un film que j'aime bien secrètement,
17. Un film engagé,
19. Un film qui m'a fait pleurer,

20. Un film qui m'a fait pleurer de rire,
21. Un film d'un réalisateur que j'adore,
24. Un film recommandé par quelqu'un,
26. Un film que mon père adore,
27. Un film adapté d'un livre que j'ai lu,
28. Un film ayant obtenu un Oscar,

33. Un film avec un mariage,
35. Un film avec un prénom dans le titre,
36. Un film que je dois voir depuis des années sans occasion,
40. Un film qui n'est pas sorti en salles en France.

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Et maintenant ?
Voilà, les ami(e)s ! Simple constat: j'ai encore du film sur la planche. Sauf imprévu, je publierai un autre point d'étape dans... deux mois !

jeudi 30 mars 2017

Une séparation

Allez, je le dis tout de suite: Love is strange ne m'a pas emballé. J'attendais mieux de ce long-métrage, chronique un peu conformiste de la vie d'un couple d'hommes d'âge mûr, juste mariés et qu'un sort contraire prive des bonheurs de la cohabitation. Les personnages secondaires m'ont paru crétins, à trop oublier cette tragédie intime...

C'est fort dommage, parce que, dans les premiers rôles, j'ai trouvé que John Lithgow et Alfred Molina étaient séduisants et convaincants. Un aveu: je ne les connaissais pas avant. Leur longue carrière passée m'avait absolument échappé. Bref... ma petite séance de rattrapage aura quand même été utile. Le seul truc, c'est que Love is strange m'a paru beaucoup trop linéaire, prévisible et presque à 100% orienté pour une démonstration d'inéluctable injustice. Les protagonistes m'ont semblé d'emblée résignés à leur triste destin, sans combattre réellement. Je respecte cette idée de dramaturgie, mais je reste sceptique sur son intérêt véritable. Ploum ploum ! Je passe à côté...

Ce coup d'épée dans l'eau fait que je n'ai plus trop de choses à mettre en avant pour la défense du film. Je peux facilement croire cependant que d'autres ciné-addicts l'aimeront mieux que moi. Je dois signaler pour leur gouverne que l'action se déroule à New York et que la ville est filmée de façon tout à fait reconnaissable (et plutôt belle). D'ailleurs, loin de mes bémols, je veux dire aussi que Love is strange a fait une belle carrière festivalière, en étant notamment présenté aux rassemblements de Sundance, Berlin et Deauville, courant 2014. D'aucuns pensent qu'il a ensuite été raccourci et, de fait, j'ai trouvé qu'il finissait assez abruptement. Bien... on dira donc que moi aussi !

Love is strange
Film américain d'Ira Sachs (2014)

Du même auteur, j'ai entendu parler de Brooklyn village, son film suivant. J'ai aussi lu quelques comparaisons avec le travail new-yorkais d'un certain... Woody Allen, rien que ça ! C'est exagéré ! Pour ramener les choses à leur mesure, je vous recommanderais plutôt de jeter un oeil à un petit film comme Ruth & Alex, modeste dans ses enjeux, mais je crois sincère. Et j'écoute vos suggestions...

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Hop ! Un nouveau pas pour le Movie Challenge...

C'est avec joie que je valide la catégorie n°34: "Un film LGBT".

Et hop ! Un petit saut à faire chez mes p'tits camarades...
Je vous renvoie aux avis exprimés par Pascale, Dasola et Sentinelle.

mardi 28 mars 2017

Rohmer à Séoul ?

Pour la seconde fois en un peu plus de huit mois, mon association cinéphile a retenu un film de Hong Sang-soo dans sa programmation. Désolé: je vais faire court. Yourself and yours, 18ème long-métrage du cinéaste sud-coréen, ne m'a pour tout dire ni déplu, ni emballé. Allez, je vais tout de même vous en toucher quelques mots rapides...

Chabadabada...
Par ce clin d'oeil ironique à Claude Lelouch, je veux juste vous dire que le film parle bel et bien d'un homme et d'une femme. L'histoire commence quand, après une violente dispute, Yeong-soo et Min-jeong se séparent, Monsieur accusant Madame de boire de gros volumes d'alcool en cachette, alors qu'elle avait promis d'arrêter. Calomnie ? Rien n'est sûr. Mais cette cause de rupture apparait plutôt faiblarde...

Et alors ? Qu'arrive-t-il ?
Je ne vais quand même pas tout vous dire ! Je veux juste indiquer sommairement qu'après la brisure du couple, la caméra nous propose de suivre les deux personnages séparément. Auprès de quelques amis supposés, Yeong-soo regrette de s'être emporté contre sa compagne. Min-jeong, elle, arpente les bistros et rencontre des gens qui croient la reconnaître. Elle raconte des bobards et les assure de leur erreur...

Et la forme, dans tout ça ?
Elle privilégie les (très) longues scènes dialoguées, en une succession de plans fixes: à gauche et à droite, mes voisins se sont endormis ! Quelques zooms (et/ou images fantasmées) viennent améliorer l'ordinaire, mais le film ne se distingue pas par son brio technique. Cela dit, je peux comprendre qu'on soit sensible à ce style particulier. Mon peu d'intérêt est plutôt à mettre au discrédit d'un scénario light.

Et donc ? C'est mon dernier mot ?
Non ! À ma grande surprise, le fin du film m'a plu, ce qui me conduit donc à relever ma note d'une demi-étoile. Une curieuse parabole autour des vertus comparées du melon et de la pastèque a fait naître sur mon visage un p'tit sourire, in extremis. Reste une impression d'avoir vu un film qui aurait aussi bien pu être une pièce de théâtre. Je le dis sans aucune rancune: j'attends autre chose du septième art.

Yourself and yours
Film sud-coréen de Hang Sang-soo (2016)

Toi-même et les tiens: même la traduction - approximative - du titre d'exploitation... en France (!) n'éclaire guère ma lanterne sceptique. Certains comparent ce cinéma à celui d'Eric Rohmer: je m'y retrouve davantage. Cela dit, je n'accroche pas des masses, donc. Du cinéma coréen qui m'a plu ? My sassy girl ou, bien plus trash, Mademoiselle. Mais le septième art, en Corée, parait aussi diversifié que le nôtre...

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J'ai tant à découvrir, encore...

En bonus, je ne saurais trop vous conseiller la lecture de l'ami Strum

lundi 27 mars 2017

Loin des tontons

J'ai déjà parlé de l'incroyable potentiel cinématographique du désert. Bon... très objectivement, le site de tournage de La route de Salina n'est pas tout à fait désertique, mais disons qu'il est vraiment reculé. L'île de Lanzarote, dans les Canaries, se fait passer pour la Californie. Surprise: derrière la caméra, on trouve un certain Georges Lautner...

Le pitch ? Jonas, un jeune hippie, sort de nulle part et arrive un jour dans la maison de Mara, qui vit seule avec Billie, sa fille, aussi jolie que revêche. Le brave garçon passe alors pour... le fils de la famille ! Mais, plutôt que de démentir ses hôtes, il profite de leur confusion initiale pour s'installer, mener une vie tranquille et céder finalement aux charmes de celle qui est donc censée être sa soeur. Je rassure aussitôt les âmes prudes: le côté sulfureux du métrage fait long feu. C'est plutôt un suspense diffus qui s'impose, à mesure que Jonas prend conscience que quelque chose ne tourne pas rond et tâche alors d'en savoir davantage sur ce Rocky qu'il a remplacé, pour ainsi dire...

Pour être honnête, malgré la présence sexy - ou même déshabillée ! - de la belle Mimsy Farmer, tout cela ne vole pas très haut. Les années passées depuis la sortie du film font que vous serez peut-être étonnés d'y voir aussi Rita Hayworth (âgée de 52 ans et qui paraît plus vieille). Quant à Robert Walker Jr, qui joue Jonas / Rocky, son talent relatif doit beaucoup à ses grands yeux bleus... pour le reste, bof bof bof ! Mais je ne veux rien exagérer: il se peut qu'un goût plus prononcé pour le cinéma vintage puisse rendre intéressant La route de Salina. Je n'ai pas passé un mauvais moment: j'attendais mieux, c'est tout. Bon point pour la BO signée Christophe, proche d'un trip pink-floydien.

La route de Salina
Film franco-italien de Georges Lautner (1970)

Sauf erreur de ma part, cet long-métrage correspond au seul tournage du réalisateur niçois en anglais, avec un groupe d'acteurs américains. Vous l'aurez compris: le titre de ma chronique rappelle Les tontons flingueurs, le film du cinéaste le plus connu, sorti sept ans plus tôt. J'avoue: je préfère ce registre... et surtout Ne nous fâchons pas ! Ou, proche de l'opus du jour, un film comme Le passager de la pluie.

samedi 25 mars 2017

Une terre sans dieu ?

Ceux d'entre vous qui me suivent régulièrement savent qu'il m'a fallu du temps avant d'apprécier réellement le cinéma de Martin Scorsese. La violence de ses films m'a longtemps rebuté. J'ai réalisé ensuite qu'elle n'était jamais vaine, ce qui m'a permis de "passer le cap". Mieux: j'attendais beaucoup de Silence, le dernier opus du cinéaste...

Avant de vous donner mon avis, quelques mots sur le pitch. Silence remonte le temps jusqu'au 17ème siècle, époque où le Japon ancien commerce avec l'Europe et, de ce fait, subit certaines influences. Quand le film commence, Sebastiao Rodrigues et Francisco Garupe, jeunes prêtres catholiques, apprennent que le père Ferreira, l'homme qui les a formés à la religion, a trahi sa mission d'homme d'église, abjuré sa foi, quitté l'habit et finalement adopté les us et coutumes d'un véritable potentat japonais. Ce à quoi ils refusent de croire. Aussi, il ne leur faut pas longtemps avant de se décider à se mettre en chemin pour retrouver leur coreligionnaire et découvrir la vérité...

Autant l'écrire: Silence ne fait pas de cadeau aux âmes sensibles. C'est même, si j'ose écrire, un long chemin de croix. Assez conforme semble-t-il à la réalité historique, il montre (explicitement) la façon dont les Chrétiens étaient traités par les autorités japonaises d'alors. Tortures et exécutions sommaires: les scènes sont éprouvantes. Heureusement, sur le plan de la forme, la grammaire "scorsesienne" fait merveille: nettement moins tapageur que ses bandes-annonces officielles, le film offre une succession de plans absolument superbes. L'usage modéré de la musique et un gros travail sur l'ambiance sonore renforcent l'aspect immersif de l'expérience, avant même les images !

Martin Scorsese est connu pour la longueur de certains de ses films. Celui-là dure presque trois heures: le cinéaste prend tout son temps pour suggérer l'évolution de ses personnages - et notamment de l'un d'entre eux, mais je préfère ne rien dire de plus sur ce point précis. Certains spectateurs s'ennuieront peut-être. Pour être très honnête avec vous, cela n'a pas été mon cas, mais Silence a toutefois exigé de moi une certaine forme de concentration. Deux ou trois voix off successives livrent des éléments de compréhension: il convient donc d'être attentif pour ne pas perdre le fil. Oui, il y a quelques redites. Pour moi, elles s'effacent bien vite devant la grande beauté du film...

Pour le reste, j'étais ravi de revoir quelques acteurs que j'apprécie. Andrew Garfield tient la tête d'affiche, Liam Neeson joue un rôle secondaire important, mais il m'a surtout plu de croiser Adam Driver ! Le fait qu'aucun de ces prétendus jésuites portugais ne fasse usage de la langue lusophone ne m'a pas dérangé. Rien à reprocher non plus aux acteurs japonais, même si, malheureusement, je n'en ai reconnu aucun. Après la projection, j'ai été surpris d'apprendre que Silence avait été tourné à Taïwan et présenté au cours d'une avant-première mondiale... au Vatican ! Martin Scorsese le mérite, lui qui donne ici de la religion une vision intelligente et nuancée. La sienne, sûrement.

Silence
Film américain de Martin Scorsese (2016)

Ce très bel ouvrage nous renvoie évidemment aux questionnements du cinéaste. Je prends acte qu'il n'est ni prosélyte, ni blasphémateur. Cela me donne envie de voir La dernière tentation du Christ, l'autre de ses films qui parle de religion (avec aussi Kundun, peut-être). Constat: le fait religieux est aussi interrogé dans Habemus papam. Dans le cinéma français, il faut aussi citer Des hommes et des dieux.

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Une petite précision d'ordre littéraire...
Silence
- le film - est l'adaptation du livre d'un romancier japonais lui-même élevé dans la foi catholique: Shusaku Endo (1923-1996). Cette oeuvre écrite s'appuie d'ailleurs sur plusieurs personnages réels.

D'autres que moi ont-il aimé le film ?
Je vous laisse en juger chez Pascale, Dasola, Princécranoir et Strum.

jeudi 23 mars 2017

Sauver la princesse

J'ai une certaine attente quand je regarde un film d'Akira Kurosawa. Autant le dire tout de suite: La forteresse cachée m'a (un peu) laissé sur ma faim. Cet opus est souvent présenté comme la source d'inspiration de George Lucas pour la trilogie Star wars originelle. L'anecdote est un bon point de départ pour aller voir ça de plus près...

Nous revoilà donc en plein Japon médiéval ! Dans une énième guerre entre clans rivaux, Tahei et Matashichi, deux simples paysans, tentent de sauver leur peau et de fuir les combats pour vite rentrer chez eux. En chemin, ils... trouvent de l'or, rencontrent un homme taciturne bien plus fort et courageux qu'eux, et finissent également par faire la connaissance d'une princesse, menacée de décapitation par l'armée adverse, a priori triomphante. Une chose assez étonnante compte tenu du réalisateur: le ton de La forteresse cachée est badin. Blockbuster avant l'heure, le film aurait en fait été destiné à un public élargi, avant qu'Akira Kurosawa n'aborde des sujets plus personnels...

Entendons-nous bien: ce que j'ai vu n'est absolument pas mauvais. C'est - très probablement - le choix de faire de Tahei et Matashichi les personnages principaux qui m'a dérouté. Il est bien vrai cependant que ce n'est pas la seule fois où Akira Kurosawa a choisi d'adopter ainsi le point de vue des petites gens. Dans le cas présent, l'attitude geignarde et la couardise relative des deux larrons tranche toutefois avec le charisme et la noblesse des autres protagonistes. Il s'ensuit une impression de déséquilibre: La forteresse cachée m'a paru jouer sur plusieurs tableaux simultanément, sans réel point de vue établi. Quelques séquences remarquablement mises en scène et un cadre naturel exploité dans toute sa beauté m'ont cependant vite rappelé que je ne regarderai pas le premier film d'aventures japonais venu. Son (superbe) noir et blanc et une indéniable virtuosité technique ajoutent à l'émotion. George Lucas peut être fier de la comparaison !

La forteresse cachée
Film japonais d'Akira Kurosawa (1958)

Maintenant que je l'ai vu, je ne suis pas très étonné qu'on puisse considérer ce tout premier film en Cinémascope du maître japonais comme un opus "grand public". Je note qu'Akira Kurosawa reçut l'Ours d'argent au Festival de Berlin 1959 et que le film eut un vrai succès. Aussitôt après, le réalisateur créait sa propre société de production. Bon... j'ai préfèré Les sept samouraïs ou Le château de l'araignée...

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Un pas de plus pour le Movie Challenge...

C'est facile ! Je coche la case n°29: "Un film en noir et blanc".

Et, pour finir, un lien sur le blog d'un ami...
Je vous propose d'aller lire aussi ce que l'ami Eeguab a écrit.

mercredi 22 mars 2017

Un mot sur Naomi

Je vous ai parlé il y a pile un mois de La forêt de Mogari. Dernièrement, parce qu'il m'avait été demandé de le présenter publiquement, j'ai revu Still the water. J'ai aimé ces deux films japonais et ils m'amènent à évoquer leur réalisatrice: Naomi Kawase. Une signature que je vais essayer de suivre lors des années à venir...

Naomi Kawase est née le 30 mai 1969. Elle s'est d'abord fait connaître grâce à ses documentaires. Longs ou courts, elle en a réalisé douze entre 1992 et 2006. Beaucoup s'inspirent de sa vie, à ce qu'il paraît. J'apprécie d'ailleurs tout particulièrement le regard de la cinéaste. D'après ce que je crois avoir compris en regardant les deux films suscités, oeuvres de fiction, elle n'hésite jamais à introduire un peu de réalité dans son imaginaire. Elle dit aussi qu'en général, elle évite scrupuleusement d'établir des plans de tournage vraiment détaillés. Son idée est de garder la faculté de saisir l'émotion qui se présente inopinément. Une méthode que je trouve intéressante et séduisante !

Naomi Kawase est une habituée du Festival de Cannes: elle y a gagné la Caméra d'or en 1997 et le Grand Prix du jury dix ans plus tard. Augure favorable ? Certains médias spécialisés supputent qu'elle sera de retour sur la Croisette cette année, avec bien sûr un nouveau film. Il s'agirait d'une fiction, sous le titre Hikari (Lumière, en français). L'histoire tournerait autour de la rencontre d'un caméraman souffrant d'un trouble de la vue et d'une jeune femme déconnectée de la réalité. J'espère trouver d'autres infos plus concrètes d'ici quelque temps. Auparavant, un rappel: Naomi Kawase a un double record à battre. Son film précédent, Les délices de Tokyo, reste son plus gros succès au Japon... et en France (avec 300 429 tickets vendus chez nous). Avec un bouche-à-oreilles positif, je suis sûr qu'elle peut faire mieux !

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Et maintenant, je vous donne la parole...

Connaissez-vous Naomi Kawase ? Avez-vous vu l'un de ses films ? L'avez-vous apprécié ? En un mot, les ami(e)s: je veux TOUT savoir !

lundi 20 mars 2017

Une fuite en poésie

C'est la première fois cette année: aujourd'hui, je vous conduis jusqu'en Amérique latine. Au départ, même s'il était bel et bien entré dans mes radars, je n'avais pas spécialement prévu de voir Neruda. Finalement, un concours de circonstances a fait que je l'ai présenté lors d'une soirée de mon association. J'ai donc pris la route du Chili...

Au mitan des années 40, soit un peu après la fin de la Seconde guerre mondiale, un dénommé Gabriel González Videla a pris les commandes du pays. Son ancien allié politique, le sénateur Pablo Neruda, tombe en disgrâce. Malgré sa notoriété de poète, il  passe pour un traitre politique et, à ce titre, se retrouve rapidement en cavale, poursuivi par une police secrète. Dans le film, pas du tout décidé à se laisser intimider, il fait des sauts de puce pour échapper à la répression. Fuir réellement dans un pays lointain est encore pour lui une option inimaginable. Bref... pas plus que le film, je n'ai envie de justifier mon propos par des éléments détaillés sur l'histoire récente du Chili. Neruda s'inspire certes de faits réels, mais il ose les mettre en scène de telle sorte que la vraisemblance ne compte plus guère. Étonnant !

Comme son réalisateur l'a de fait souligné lui-même, le long-métrage redistribue les cartes du genre et, d'abord récit politique, se montre tour à tour comme un film policier, une comédie ou un western. Régulièrement, en voix off, un narrateur donne également un sens très particulier aux images: il s'agit alors de livrer le point de vue imaginaire d'Oscar Peluchonneau, le flic qui traque le poète. L'abondance du texte exige une certaine concentration: il me faut vous confier qu'au départ, j'ai eu quelque difficulté à suivre - et ce d'autant que le film est beau et presque toujours en mouvement. Finalement, et bien que je ne parle pas espagnol, Neruda est parvenu à me faire entendre sa petite musique, pas très éloignée d'une forme de poésie. C'est un film comme je n'en ai pas vu beaucoup ! Un mot pour terminer sur les deux acteurs principaux: la proie Luis Gnecco est très bien, mais Gael Garcia Bernal est encore mieux en chasseur. Peut-être qu'en voyant le film, vous constaterez aussi que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles n'en ont l'air. Je n'en dis pas plus...

Neruda
Film chilien de Pablo Larraín (2016)

Du même réalisateur, je n'avais vu que No, un film très intéressant sur les derniers jours de la dictature d'Augusto Pinochet. Ces portes ouvertes sur l'Amérique du Sud valent le détour, sans être toutefois des incontournables à mes yeux. Je vous laisse également parcourir mon "Cinéma du monde" pour d'autres visions de ce que peut être aujourd'hui le cinéma chilien: La nana, Voix off, Poesía sin fin, etc...

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Et qu'en pensent donc mes petits camarades ?

Vous pouvez lire les avis de Pascale, Sentinelle, Strum et Eeguab.

dimanche 19 mars 2017

Déjà le printemps

Rassurez-vous: je sais très bien que nous sommes encore en hiver pour une journée. La saison du renouveau que j'annonce en titre concerne seulement le septième art: dès aujourd'hui et jusqu'à mardi inclus, on fête le Printemps du cinéma. Les 5.700 salles françaises participantes offrent un ticket "plein tarif" à quatre euros seulement !

L'année dernière, cette opération rituelle et populaire avait permis d'écouler 2,5 millions de places, toujours à l'échelle du territoire national. Pour vous faire une idée, je précise qu'environ 213 millions de billets ont trouvé preneur tout au long de ce même millésime 2016. Sauf erreur de ma part, cette année, aucun véritable objectif chiffré n'a encore été annoncé. Bon, et alors ? Ce n'est pas très important. Méfiez-vous des statistiques précoces et allez plutôt voir des films ! Vous aurez bien le temps ensuite de calculer tout ce qui vous plaira...

Pour celles et ceux d'entre vous qui aimeraient avant tout le cinéma pour les acteurs, je signale que la promo de ce Printemps 2017 s'appuie sur un court-métrage de Félix Moati. D'une durée inférieure aux deux minutes, ce petit film met en scène deux jeunes comédiens qui me sont très sympathiques, Anaïs Demoustier et Guillaume Gouix. Pas de quoi se relever la nuit, mais pas de quoi rougir non plus. Consensuel, ce "clip" rappelle un vieux Woody Allen, mais son casting en incitera peut-être certains à donner sa chance au cinéma français. Je n'ai pas vraiment d'incontournable à vous conseiller aujourd'hui. Qu'importe vos choix à venir: je vous souhaite plaisirs et émotions...

vendredi 17 mars 2017

Là-haut

Je n'ai pas vraiment eu de surprise majeure en regardant The walk. Après coup, je me dis que le film devait être spectaculaire au cinéma et faire partie de ceux qui utilisent judicieusement l'effet 3D relief. Peut-être pas au point d'avoir des regrets: j'ai passé un moment agréable dans mon canapé et, pour tout dire, j'ai su m'en contenter...

Sous-titré Rêver plus haut, The walk condense un peu de l'existence du Français Philippe Petit. Né en Seine-et-Marne en août 1949, ce fils d'un ancien pilote militaire s'est fait connaître comme funambule ! J'évite d'entrer dans les détails: Wikipédia renseignera idéalement ceux d'entre vous qui veulent en savoir plus avant de lancer le film. Dans sa première partie, celui-ci évoque les années d'apprentissage. C'est plutôt bien ficelé, dans une ambiance à la Amélie Poulain. Joseph Gordon-Levitt regarde directement la caméra ou nous parle par la voix off: techniques ultra-explicites classiques du cinéma US. C'est très progressivement que le long-métrage va finir par décoller...

L'idée est alors de faire monter la mayonnaise pour nous permettre d'assister au plus incroyable "numéro" de Philippe Petit: son passage d'une tour du World Trade Center à l'autre, sur un fil, au petit matin du 7 août 1974. Ignorant encore les détails de cette folle expédition avant d'en découvrir les images reconstituées, je me suis laissé surprendre... et émouvoir ! Le fait que le site ait disparu aujourd'hui y est sûrement pour quelque chose, mais j'ai vu un bon film, aussi. Au-delà de ses défauts, il remplit son contrat de divertissement. Robert Zemeckis, qui ne me convainc pas toujours autant, retrouve son âme d'enfant avec The walk et oui, il a su m'emmener avec lui. Tant pis si son regard sur la France (et New York) est très candide ! Je crois que ce n'est pas une trahison de son sujet. Bien au contraire.

The walk - Rêver plus haut
Film américain de Robert Zemeckis (2015)

J'ai bien évidemment pensé aux attentats du 11 septembre 2001 devant ce film aux images incroyablement vraisemblables. J'y vois donc davantage une oeuvre touchante qu'un blockbuster ordinaire. J'aime quand le cinéma s'intéresse aux rêveurs: Into the wild demeure l'une de mes références, mais, pour rester positif, je cite aussi La vie rêvée de Walter Mitty ou bien Eddie the Eagle. Et vous ?

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Dans le droit fil du Movie Challenge...

Je remplis aujourd'hui son objectif n°39: "Un film feel-good".

Le film n'aurait-il pas fait recette ?
Je n'ai trouvé que Pascale pour en parler parmi mes amis blogueurs !