dimanche 26 juillet 2026

Continuons !

Pourquoi ce titre ? Parce que c'est ce que répète le général De Gaulle dans les deux films qui lui sont consacrés, à chaque fois qu'un obstacle nouveau apparaît sur la (très) longue route de la libération de la France. Ces deux films, j'ai profité de la Fête du cinéma pour les enchaîner. J'ajoute que la sortie du second a, semble-t-il, été avancée pour cela...

Sans surprise, De Gaulle - J'écris ton nom s'inscrit dans la continuité directe du premier volet. Il évoque longuement le travail administratif du grand Charles et de ses équipes pour élaborer des protocoles d'accord avec les Britanniques et les Américains qui replacent la France comme une nation souveraine quand la guerre sera enfin terminée. Guerre à laquelle, en toute logique, l'armée "rebelle" et la Résistance participent pour bouter l'occupant allemand hors du territoire national. Évidemment, en 1943 et 1944, tout cela fait l'objet de négociations multiples et d'autant plus âpres que notre pays est encore un empire colonial. Le théâtre des opérations s'étend bien jusqu'en Afrique du nord et même bien au-delà. Pas étonnant que le film nous fasse voyager ! Presque toujours en mouvement, il est de ce fait même fort intéressant.

Je n'en ai que peu parlé hier, mais sa mise en scène est spectaculaire. Loin des bureaux, le destin de notre pays s'est aussi écrit sur les champs militaires, et ce en dépit de l'armistice concédé par le maréchal Pétain dès juin 1940. Le conflit s'est poursuivi sur le sol d'autres territoires conquis de longue date, ainsi que le montre notamment les scènes mémorables des tous premiers instants du film. C'est aussi l'occasion d'applaudir Niels Schneider, à qui je donnerais - sans hésiter - le César du meilleur second rôle pour sa belle performance en Philippe Leclerc. L'acteur se montre des plus convaincants lors de séquences magistrales où son personnage harangue la troupe pour mieux la mener au combat. Sans exagérer, je crois pouvoir dire que je ne l'avais jamais vu aussi bon. Je suppose qu'il était habité par son rôle. Il m'a clairement em-bar-qué !

Autres prestations que je juge notables: celles d'Anamaria Vartolomei comme membre des Forces françaises de l'intérieur et de Félix Kyzyl dans le costume de Jean Moulin. Le film nous présente des parcours individuels, mais il fait preuve de pertinence et d'intelligence narrative en ne négligeant pas les dynamiques de groupe. Je n'hésiterai pas à dire que La bataille De Gaulle - j'écris ton nom est un grand film politique. Ce qu'il raconte de Giraud, officier supérieur que Churchill et Roosevelt ont failli imposer au pouvoir, passionne... et merci à Thierry Lhermitte ! Confrontée à la disparition possible de la France, ses anciens dirigeants écartés du pouvoir doivent faire table rase de leurs oppositions passées pour préserver (ou plutôt restaurer) l'essentiel: la cohésion d'une nation indépendante. Le tout en se méfiant d'alliés les regardant assez souvent de haut et sous la menace presque constante d'un ennemi implacable. Nous spectateurs avons la chance de disposer de cette "vision globale"...

La diplomatie de l'ombre apparaît donc désormais en pleine lumière. Bonne nouvelle: encore une fois, le film n'a rien d'une hagiographie facile. Respectueux des faits, il témoigne au contraire d'une complexité bienvenue - même s'il ne raconte certes pas TOUT ce qui s'est passé. Quelques épisodes de la vraie histoire me sont toutefois revenus en tête et j'aime autant vous l'avouer: j'en ai aussi découvert quelques-uns. Conséquence: les quelques petites libertés prises sur la stricte réalité historique ne m'ont absolument pas dérangé et me sont même apparues en bonne cohérence avec le reste. Bref... pas de quoi polémiquer, donc. Au contraire: il vaut mieux se réjouir que l'industrie cinématographique française sache encore proposer des productions de cette envergure. Qu'aucun troisième volet ne soit prévu est presque frustrant, au fond. Après tout, De Gaulle a été président de la République après la guerre et n'est mort qu'en 1970. La suite, vous la lirez dans les livres d'histoire !

La bataille De Gaulle - J'écris ton nom
Film français d'Antonin Baudry / 2026

Peut-être pas le long-métrage de l'année, mais une vraie belle réussite. Dans le droit fil du premier volet, ce second opus est arrivé en salles plus vite que prévu et aurait ainsi profité de l'élan "Fête du cinéma" pour conquérir de nombreux spectateurs. À mes yeux, c'est bien mérité et même s'il n'arrive pas à la hauteur de L'armée des ombres, dirais-je. Attention: ce classique, magistral, ne nous parle "que" de la Résistance !

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Une chose qu'il me semble juste de préciser...

L'intitulé de ce deuxième volet s'inspire d'un poème de Paul Éluard. Pourquoi ? C'est à vous de le découvrir au cinéma (ou en lisant le texte).

Et pour conclure, un petit point sur la critique...
La presse pro me semble avoir mieux accueilli cette seconde partie. Pascale, Princécranoir et Benjamin font part d'un avis positif, eux aussi. Et n'oubliez pas Dasola, qui a décidé de n'écrire qu'une seule chronique !

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